Pippo Delbono en rétrospective au Centre Pompidou

Posté par vincy, le 5 octobre 2018

Du 5 octobre au 5 novembre, les Cinémas du Centre Pompidou mettront en lumière l'œuvre de Pippo Delbono, à travers une installation ("L'esprit qui ment"), une rétrospective et des performances. Il s'agit de la première rétrospective intégrale en France pour le comédien, réalisateur et metteur en scène italien.

Artiste pluridisciplinaire, créateur de sa propre compagnie au milieu des années 1980, Pippo Delbono a commencé avec des captations au Centre Pompidou dans le cadre de la manifestation Vidéodanse. Depuis 2003, il réalise également des films, qui relèvent autant du journal filmé que de la fiction. Guerra, son premier long métrage, est sélectionné à la 60ème Mostra de Venise et reçoit le prix David di Donatello (César italien) du meilleur documentaire. En 2006, il signe un film biographique, Grido. En 2009, le festival de Locarno rend un hommage important à Pippo Delbono et présente tous ses films, dont La Paura, filmé avec un téléphone portable, et Questo buio feroce, réalisés la même année. Amore Carne, en 2011, sélectionné à la 68ème Mostra et au Festival de Nyon – Visions du réel, puis Sangue, en 2013, sélectionné à DocLisboa et primé à Locarno, poursuivent son introspection itinérante, entre fiction et journal personnel. Son dernier film, Vangelo, en 2016, a été présenté à Venise dans la sélection Venice Days.

Encore largement méconnu, le cinéma de Pippo est un cinéma indépendant, intime, humaniste, iconoclaste. Il a aussi été comédien pour Bernardo Bertolucci (Moi & Toi), Peter Greenaway (Goltzius et la Compagnie du Pélican<.a>), Valeria Bruni-Tedeschi (Un château en Italie) ou encore Yolande Moreau (Henri). En parallèle Pippo Delbono proposera d'ailleurs cinq performances autour du travail avec le texte, la voix, la musique et enfin le corps en étant rejoint par les acteurs qu’il aime et avec lesquels il travaille depuis de nombreuses années, mais aussi des invités inédits tels Valeria Bruni-Tedeschi, Yolande Moreau ou encore Sophie Calle.

On l'a aussi vu dans A Tramway in Jerusalem d'Amos Gitai, sélectionné à Venise cette année, Rendez-vous à Atlit de Shirel Amitay, United Passions de Frédéric Auburtin, et Amore de Luca Guadagnino.

C'est l'intégrale cinématographique qui sera présentée à Beaubourg. Et comme pour chaque rétrospective, Pippo Delbono a également réalisé un nouveau court métrage inédit dans la cadre de la série "Où en êtes-vous?".

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Masterclasse du cinéaste iranien Amir Naderi au Centre Pompidou

Posté par vincy, le 13 avril 2018

Le cinéma iranien est en fête ce printemps en France. Alors qu'Asghar Farhadi fera l'ouverture, en compétition, du prochain festival de Cannes, et que le nouveau film de Jafar Panahi, Three Places, sera lui aussi en compétition sur la Croisette, le Centre Pompidou, depuis le 5 avril propose une rétrospective du cinéaste Amir Naderi, en plus d'une sélection de films illustrant le cinéma moderne iranien.

Amir Naderi, pour la première fois en France, fera une masterclasse samedi 14 avril à 17h à Beaubourg. Entrée libre pour info. Elle sera animée par notre confrère Jean-Michel Fredon, ancien red'chef des Cahiers du cinéma. La masterclasse sera diffusée en direct sur le site web et sur la chaîne YouTube du Centre Pompidou.

Pour prolonger cette "leçon de cinéma", les cinéphiles peuvent voir demain La Montagne, son dernier film, qu'il présentera en compagnie de l'acteur principal du film Andrea Sartotetti (vu dans la série "Romanzo Criminale"). Le film avait été présenté à Venise en 2016. Entre la masterclasse et la projection, les fans du réalisateur pourront voir le film commandé par Pompidou dans le cadre d'une collection spécifique, "Où en êtes-vous?". Naderi a réalisé un court métrage à Los Angeles où il vient de terminer son dernier film, Magic Lantern.

Amir Naderi a ouvert son cycle avec Le coureur jeudi 5 avril, sans aucun doute son chef d'oeuvre datant de 1985, en compagnie de son acteur principal Madjid Niroumand. Ce dernier n'a tourné qu'un seul autre film, L'eau, le vent, la terre, réalisé par Amir Naderi en 1988.

Le coureur, qui sera de nouveau projeté les 6 et 16 juin, est emblématique de son œuvre. Le réalisateur y suit l'existence d'un gamin, sans attaches, errant dans une ville portuaire du Golfe persique, qui, entre débrouilles et volonté de s'affranchir de sa condition, repousse ses limites physiques en courant, pour rattraper un voleur, un train ou pour le plaisir. L'acmé du film  est un final où le montage (visuel) et le mixage (sonore) mélangent une course pour atteindre le premier un gros bloc de glaçe, à proximité des flammes d'une raffinerie et la récitation de l'alphabet au milieu d'éléments naturels déchaînés. le feu, la glace, l'eau, le vent: derrière ce naturalisme, il y a ce qui dessine toute l'œuvre de Naderi, un formalisme qui mue selon les lieux et les périodes. Le coureur, par son aspect autobiographique, film sensoriel où l'on ressent la canicule poussiéreuse comme le rafraîchissement des glaçons, a cette vertu d'être une ode au rêve (celui de l'envol, de l'exil) et de ne jamais se complaire dans le misérabilisme. La libération du garçon est accompagnée par l'élévation du film vers ce final "eisensteinien".

C'est là la beauté du cinéma iranien, et de celui de Naderi en particulier: des allégories symphoniques où une action simple, une situation banale sont transcendées par la magie du cinéma et de toutes ses possibilités, sans effets spéciaux.

Amir Naderi et le cinéma moderne iranien au Centre Pompidou

Posté par vincy, le 21 mars 2018

Alors que le nouveau film de Jafar Panahi est attendu à Cannes dans quelques semaines, les Cinémas du Centre Pompidou vont braquer les projecteurs sur Amir Naderi et le cinéma moderne iranien du 5 avril au 17 juin.

Après feu Abbas Kiarostami et Jafar Panahi, le Centre Pompidou rend hommage à Amir Naderi, né en 1946, et "figure phare de la modernité iranienne avec la première rétrospective intégrale française de l’auteur". La rétrospective comprendra aussi bien ses longs métrages primés en festival (de Turin à Nantes en passant par Venise) que ses nombreux inédits. Le cinéaste viendra présenter en personne dix de ses films.

En parallèle, le Centre Pompidou offre un panorama du cinéma moderne iranien (1962-1992), à travers la projection de 20 films de 14 cinéastes : Abbas Kiarostami, Mohsen Makhmalbaf, Sohrab Shahid Saless, Bahman Farmanara, Ebrahim Golestan, Bahram Beyza’i, Naser Taqva’i… "Certains de leurs films sortent pour la première fois d’Iran et représentent un cinéma dont la puissance créatrice, la singularité et l’ancrage moderne sont encore très méconnus" précise l'institution.

Alors que l'Iran continue de restreindre la liberté de filmer avec une censure toujours très présente et des condamnations ou sanctions visant des cinéastes (le dernier en date étant Mohammad Rasoulof), découvrir (ou revoir) ces témoignages fictifs ou documentaires sur un pays et son peuple à travers le regard de réalisateurs parfois méconnus.

Une rétrospective Christian Petzold aux Cinémas du Centre Pompidou

Posté par vincy, le 23 novembre 2017

Du 23 novembre au 14 janvier prochain, les Cinémas du Centre Pompidou organisent une rétrospective du cinéaste allemand Christian Petzold. Alors que l'Allemagne traverse l'une de ses plus graves crises politiques depuis la fin de la seconde guerre mondiale, il est particulièrement pertinent de voir ou revoir les films de ce cinéaste du présent qui a tant su filmer l'Allemagne contemporaine, en lui donnant un visage: celui de la sublime Nina Hoss, égérie indissociable de son cinéma.

Regarder l'Allemagne. Connu en France pour ses deux derniers films, Barbara et Phoenix, il est l'un des réalisateurs allemands à avoir émerger après la réunification. Son premier long date de 1995 (Pilotes). 14 films plus tard, collaborant pour tous ses scénarios avec le documentariste et essayiste de cinéma Harun Farocki, disparu en 2014 et laissant le réalisateur orphelin, Christian Petzold cherche une nouvelle voix. Depuis Phoenix, il n'a réalisé que deux épisodes pour une série policière (qui seront diffusés le 28 novembre et le 12 décembre au Goethe Institut). Mais il revient sur les plateaux de tournage cette année avec Transit, qui porte bien son nom. Un film de transition ou même de renaissance, tourné loin de son pays, à Marseille, sans Harun et sans Nina. Transit, avec Paula Beer (Frantz) et Franz Rogowski (Victoria), devrait sortir l'année prochaine dans les salles.

Le cinéma de Petzold, plutôt dramatique, a d'abord été un cinéma d'observation: capitalisme, terrorisme, consumérisme, ... il aime filmer les codes et les règles de gens réunis par un même objectif, que ce soit l'extrême gauche (Contrôle d'identité), les financiers (Yella, Dangereuses rencontres), la voiture comme symbole existentiel (Wolfsburg). Ce regard social sur une Allemagne où la culture de l'argent l'emporte souvent sur les relations humaines n'est pas absent de ses deux films qui l'ont fait connaître en France. Barbara et Phoenix sont pourtant différents car ils portent en eux une dimension romanesque dans un cadre historique et fictif.  Il y a toujours ce lien entre les deux Allemagnes, celle d'avant et celle d'après, celle de l'Est et celle de l'Ouest. Mais peut-être que le vrai fil conducteur de son œuvre est ailleurs: ses personnages aspirent souvent à changer de vie, à trouver une certaine liberté dans un monde qui les oppresse le plus souvent.

Les cinémas du Centre Pompidou présenteront Dangereuses rencontres, film inédit de 2001, en ouverture de cette rétrospective, qui est accompagnée d'une exposition sur Harun Farocki. Christian Petzold fera une masterclass dimanche après midi (qui sera diffusée en direct sur YouTube). 8 films seront présentés avec le réalisateur du 24 au 27 novembre, dont Barbara le vendredi soir.

Et il ne faudra surtout pas manquer la séance de Phoenix le mercredi 29 novembre, où il sera accompagné de Nina Hoss.

6 événements de la rentrée à ne pas rater: le culte Harmony Korine

Posté par vincy, le 19 août 2017

Rétrospective et exposition "Harmony Korine"
Centre Pompidou, Paris 4e
du 6 octobre au 5 novembre 2017

En présence du réalisateur himself, le Centre Pompidou a décidé de consacrer sa grande rétrospective à un cinéaste à part, décalé, culte: Harmony Korine. Une grande exposition présentée pour la première fois dans une institution en France réunira un ensemble de ses peintures, photographies et installations créées depuis l'adolescence.

Korine sera également présent pour accompagner de nombreuses séances qui lui sont dédiées ainsi que des événements live, dont un DJ set durant la Nuit Blanche le 7 octobre et une rencontre le 8 octobre. Au programme, les spectateurs pourront revoir ses longs métrages - Gummo, Julien Donkey-Boy, Mister Lonely, Trash Humpers, Spring Breakers - les films qu'il a scénarisé pour Larry Clark - Kids, Ken Park -, ses courts et moyens métrages - A Bundle a Minute, Visual Mafia, Fight Harm, Korine Tap, Crutchnap, Mac and Plak, Blood of Havana, Act Da Fool, Curb Dance, Umshini Wam, Caput, Snowballs, The Lotus Community Workshop: The Fourth Dimension -, ses clips (Sonic Youth, Cat Power, Rihanna...), publicités et réalisations pour la télévision. Et bien entendu, comme pour chaque rétrospective à Beaubourg, un film de commande exclusif: "Où en êtes-vous, Harmony Korine?".

On peut ajouter au programme une carte blanche au réalisateur avec The Outsiders, Les nains aussi ont commencé petits, Pixote, la loi du plus faible, Les Amants du Pont-Neuf et Scum.

Un livre, coédité par les Éditions Rizzoli, la Gagosian Gallery et les Éditions du Centre Pompidou, abordera les différents aspects de son univers visuel.

"Ce que moi j’essaie de faire, c’est de vous faire ressentir quelque chose. Je n’essaie pas de dire quelque chose en particulier, peut-être que le film, lui, dit quelque chose et c’est très bien. À partir des personnages et de ce qu’ils racontent, ce que j’essaie d’obtenir est davantage une expérience physique : une sensation de malaise, de confusion, de transcendance, de stupéfaction, de gêne, d’humour. J’aime que ces sensations arrivent les unes après les autres, très rapidement de façon à ne jamais vous laisser en paix" rappelle le réalisateur.

Rétrospective João Pedro Rodrigues à Pompidou: des places à gagner!

Posté par redaction, le 2 décembre 2016

Ecran Noir vous fait gagner 2 "pass intégral" et trois places pour deux personnes pour la séance de votre choix afin de profiter ou découvrir les films de João Pedro Rodrigues, dont l'œuvre est mise à l'honneur dans une rétrospective inédite au Centre Pompidou, jusqu'au 2 janvier prochain.

Le cinéaste de L'ornithologue, Odete, O Fantasma et de La dernière fois que j'ai vu Macao est sans aucun doute l'un des cinéastes les plus intrigants et les plus iconoclastes de sa génération.

Pour gagner ces places, il suffit de trouver dans l'entretien qu'il a accordé à Ecran Noir la réponse à la question suivante: à quelle date fête-t-on saint Antoine au Portugal?

En plus de la réponse, n'oubliez pas de mentionner vos prénom et nom et votre adresse postale en nous écrivant à redaction@ecrannoir.fr.

João Pedro Rodrigues en version intégrale au Centre Pompidou

Posté par vincy, le 25 novembre 2016

joao pedro rodrigues

18 films mais aussi deux courts où il n'est qu'acteur, quatre films dont il a encadré le travail issus de l'école du Fresnoy, une installation et un livre: jusqu'au 2 janvier 2017, le Centre Pompidou déroule le tapis rouge au cinéaste portugais João Pedro Rodrigues.

La rétrospective commence ce vendredi 25 novembre avec la projection des deux derniers films du réalisateur: Où en êtes-vous, João Pedro Rodrigues ?, autoportrait de 21 minutes réalisé sur une commande du Centre Pompidou, et L’Ornithologue, qui sort en salles mercredi. Léopard d’argent du meilleur réalisateur au Festival de Locarno, le film vient aussi d'être plébiscité au Festival Chéries-Chéris où il a remporté le Grand prix du jury et le Prix du public.

Cette séance d'ouverture sera suivie du vernissage de l’installation Santo António, de João Pedro Rodrigues et de son complice toujours João Rui Guerra da Mata. Après le Mimesis Art Museum en Corée du Sud et le Radcliffe Institute aux États-Unis, cette création de 2013 sera montrée pour la première fois en Europe. "Si on ne me commandait pas ces installations, je ne les aurai pas faites" avoue le cinéaste.

João Pedro Rodrigues a commencé en étant assistant-réalisateur et monteur pour Pedro Costa, Rita Azevedo Gomes et Maria de Medeiros avant de tourner son premier court métrage en 1997. Il fête ses 50 ans cette années et aborde les 20 ans de sa carrière. Deux caps. Son cinéma est sauvage et libre, sexuel et mélancolique, fantastique et poétique, et ses personnages, entre errance et solitude, obsessions et angoisses, se transforment sous nos yeux. Il revendique l'audace et la singularité, refuse tout formatage, comme il nous l'a expliqué dans un entretien à Ecran Noir.

"Ça fait du sens que ça tombe maintenant"

"J'ai déjà eu des rétrospectives, notamment aux Etats-Unis et dans quelques festivals" nous explique-t-il. "Mais je n'ai jamais fait une rétrospective comme ça, aussi complète, où j'accompagne les films" précise le cinéaste. "C'est drôle parce que ça tombe à mes 50 ans. Et quand on passe les décades, on regarde un peu en arrière. J'ai fait L'Ornithologue, et même si ce n'est pas un film autobiographique, il y a beaucoup de moi. Pompidou m'a demandé de faire un film et c'est un autoportrait. Ça fait du sens que ça tombe maintenant" selon lui.

Le cinéaste présentera les projections de ses films. En bonus, le Centre Pompidou organise une rencontre le 10 décembre à 16 h, avec un concert de la violoncelliste Séverine Ballon une séance de signature pour le livre d'entretiens Le jardin des fauves.

Filmographie de João Pedro Rodrigues
- 1988 Le Berger
- 1997 Joyeux anniversaire !
Voici ma maison
- 1999 Voyage à l’Expo
- 2000 O Fantasma
- 2005 Odete
- 2007 China, China (coréalisé avec João Rui Guerra da Mata)
- 2008 Camouflage Self-Portrait
- 2009 Mourir comme un homme
- 2011 Aube rouge (coréalisé avec João Rui Guerra da Mata)
- 2012 Matin de la Saint-Antoine
La dernière fois que j’ai vu Macao (coréalisé avec João Rui Guerra da Mata)
- 2013 Le Corps du roi
Mahjong (coréalisé avec João Rui Guerra da Mata)
Allegoria della prudenza
- 2014 Iec Long (coréalisé avec João Rui Guerra da Mata)
- 2016 L’Ornithologue
Où en êtes-vous, João Pedro Rorigues ?

Tous les nuages et les images de Jafar Panahi au Centre Pompidou

Posté par vincy, le 7 octobre 2016

jafar panahi

A partir d'aujourd'hui, vendredi 7 octobre, et jusqu'au 13 novembre, les cinémas du Centre Pompidou proposent une rétrospective intégrale et une exposition autour du cinéaste iranien Jafar Panahi. La rétrospective passera par Bruxelles et Genève cet automne. L'événement est réellement exceptionnel.

Condamné à résidence depuis 2010, avec interdiction de filmer durant vingt ans, pour avoir participé à de nombreuses manifestations suite à la victoire controversée de Mahmoud Ahmadinejad aux élections présidentielles et pour avoir assisté à une cérémonie organisée à la mémoire d'une jeune manifestante tuée, le réalisateur a traversé une période de dépression avant de renaître par l'image (et obtenir en 2015 un Ours d'or pour Taxi Téhéran). " Je n’ai pas tout de suite compris l’ampleur de la condamnation, ce que ces interdictions signifiaient pour moi. Heureusement, les caméras numériques et les autres facilités offertes par la technologie permettent de filmer sans avoir besoin de demander des autorisations, de manière discrète et bon marché. J’ai pu me remettre à filmer."

L'exposition Nuages est une série de 26 photographies inédites. Jafar Panahi a commencé photographier des nuages, de la fenêtre de son appartement puis à l'occasion de ses déplacements en Iran. C'est la première fois que ses photographies sont exposées: 19 d'entre elles rejoindront les collections du musée. "Je dispose donc de beaucoup de temps libre. Un jour où je tournais en rond, j’ai regardé par la fenêtre de mon appartement et j’ai vu les nuages. […] J’ai pris mon appareil et j’ai commencé à les photographier. J’ai aimé le résultat et j’ai continué" explique-t-il à Jean-Michel Frodon.

Le moment fort sera sans aucun doute la rencontre virtuelle le 22 octobre (à 17 heures) entre Jafar Panahi et Jean-Michel Frodon, coauteur du livre (avec Clément Chéroux), Jafar Panahi, images / nuages. Le cinéaste offre également au Centre Pompidou un court-métrage en forme d'autoportrait, en exclusivité, qui rejoint la collection "Où en êtes-vous?" du musée. Il sera projeté durant la soirée d'ouverture, en présence de sa fille Solmaz Panahi et de son collaborateur Pooya Abbasian.

Mais assurément, le cadeau du Centre Pompidou est de proposer la filmographie intégrale du cinéaste - Le ballon blanc, Ceci n'est pas un film, Le cercle, Hors-jeu, Le miroir, Pardé, Sang et or, Taxi Téhéran - y compris les courts et moyens métrages (souvent inédits) - L'accordéon, L'ami, Le dernier examen, Deuxième regard, Les têtes blessées, Untying the Knot.

Intégrale Jean-Marie Straub et Danièle Huillet au Centre Pompidou

Posté par MpM, le 16 juin 2016

Straub et HuilletJusqu'au 3 juillet, le Centre Pompidou propose une rétrospective intégrale de l'oeuvre foisonnante de Jean-Marie Straub et Danièle Huillet, figures majeures du cinéma contemporain à qui l'on doit plus d'une quarantaine de films (Chronique d’Anna Magdalena Bach, De la nuée à la résistanceLothringen !, Amerika - Rapports de classe...) depuis leurs débuts dans les années 50. Les films réalisés par Jean-Marie Straub depuis le décès de Danièle Huillet en 2006 (Corneille-Brecht, Kommunisten...) sont également présentés, dont certains sous forme d'installation.

Les adjectifs qui reviennent le plus souvent pour qualifier l'oeuvre de ce véritable couple de cinéma sont "engagée", "libre" ou encore "exigeante", soulignant les caractéristiques de leur "méthode" consistant en une "mise en espace sonore et visuelle d’œuvres littéraires (Brecht, Corneille, Barrès, Pavese) et musicales (Schönberg)". "La recherche essentielle de la forme s’opère sous nos yeux et se joue dans la découpe scrupuleuse des plans, le cisèlement de la langue, l’opacité des silences et des tunnels « au noir », à l’intérieur desquels la conscience politique semble toujours se régénérer. Faire vibrer la langue est l’essence même du projet. Le texte, déclamé par des « récitants », se connecte aux éléments, flotte dans l’air et imprègne les sens" écrit également la critique Sandrine Marques dans le catalogue.

De son côté, le philosophe Jacques Rancière donne quasiment une méthode pour regarder, appréhender et apprécier les films de Straub et Huillet : "Regarder un film, c'est quelque chose qui vient au bout d'un certain temps, il n'y a aucune évidence sensible ou visible là-dedans. La vision « normale » d'un film zappe 80% des éléments - l'histoire, le sens, tout est tellement médiatisé qu'on n'a pas besoin de regarder partout -, alors que les films des Straub supposent qu'on doive pratiquement intégrer tous les éléments de chaque plan. En un sens, on peut qualifier ce cinéma d'exemplaire car tout y est sensible, mais c'est précisément ce qui est déroutant."

Pour l'occasion, deux films signés par le couple rejoignent la collection du centre Pompidou : Introduction à la « Musique d’accompagnement pour une scène de film » d’Arnold Schoenberg (1972) et Toute révolution est un coup de dés (1977) et deux films inédits, Pour Renato (2015) et Où en êtes-vous, Jean-Marie Straub ? (2016), sont  également projetés en avant-première.

Une table ronde est par ailleurs organisée ce samedi 18 juin en présence de Jean-Marie Straub et des plus fins connaisseurs du travail de Danièle Huillet et Jean-Marie Straub qui donneront à revoir et à entendre sa puissance et son importance dans l’histoire de la création contemporaine. La rencontre sera suivie d'une séance de signature du livre collectif L’Internationale straubienne (Éditions de l’Œil, en coédition avec le Centre Pompidou) qui réunit les réponses de critiques, collaborateurs, artistes ou amis "des Straub-Huillet" à la question : "Quel est votre Straub/Huillet de chevet ?".

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Rétrospective intégrale Straub et Huillet au Centre Pompidou
Jusqu'au 3 juillet
Infos et programme

Les promenades de Teo Hernandez au Centre Pompidou

Posté par vincy, le 16 avril 2016

Durant tout ce week-end du 15 au 17 avril, les Cinémas du Centre Pompidou proposent un cycle de 5 séances autour du cinéaste mexicain Teo Hernandez, "Mesures de miel et de lait sauvage".

Programmés à l'occasion de la numérisation des films rares de ce cinéaste oublié, on peut y voir Estrellas de Ayer (1969), Salomé (1976), L'eau de la Seine (1982), Corps aboli (1978), Gong (1980), Jours de février (1990), Promenades (1987) ou encore Mesures de miel et de lait sauvage (1981) et Chutes de Lacrima Christi (1979).

Teo Hernandez a réalisé plus d’une centaine de films de la fin des années 1960 à sa disparition prématurée en 1992. Cofondateur du collectif MétroBarbèsRochechou Art, l’artiste mexicain est devenu l'une des figures les plus connues du cinéma expérimental français des années 1970 et 1980, notamment en mélangeant le cinéma et corps, la poésie et les gestes. Son imaginaire baroque et métissé se prolonge ainsi dans des compositions formelles et nerveuses.

Le cycle sera aussi l'occasion de découvrir sa vision de Paris, de ses quartiers populaires ou de ses friches oubliées et de sa périphérie, qui ont été le sujet même de nombreux films.
Son cinéma déroute forcément, tant l'oeuvre est foisonnante et originale. Il utilisait même les chutes de ses bobines, affirmant que "Ce n’est pas tricher que de montrer des chutes, et même des amorces d’un film, mais le contraire : on réintègre le film dans sa totalité."

L’écrivain et critique Dominique Noguez a affirmé que l'esthétique si particulière de Teo Hernandez est "au premier rang, au rang où se tiennent Gómez de la Serna ou Cocteau, Utrillo ou Pollock, Ophuls ou Man Ray."

Cette "langue de Teo" se prolongera dans un séminaire à la Villa Vassilieff du 19 au 23 avril 2016 dans le cadre du Pernod Ricard Fellowship.