Edito: « Je suis une femme, tu sais… »

Posté par redaction, le 11 janvier 2018

Depuis quelques années, les femmes récompensées par le Cecil B. DeMille Award, prix qui récompense l'ensemble d'une carrière remis aux Golden Globes, font le buzz. On se souvient de Jodie Foster qui y a fait son coming-out et exposé une famille homoparentale, ou de Meryl Streep qui a fait vibrer le public avec son discours anti-Trump et pro-immigration. Oprah Winfrey, icône télévisuelle, productrice engagée, actrice trop rare, n'a pas manqué l'occasion dimanche soir à Los Angeles.

Elle a frappé fort. Pas seulement sur le fond, avec une speech fortement politisé, avec un point de vue féminin et afro-américain, invoquant l'assistance à ne pas lâcher l'affaire #MeToo et à rejoindre l'initiative #TimesUp. C'est la forme qui est à retenir aussi. 3 des 10 minutes de sa prise de parole sont devenues virales dès le lundi, dans le monde entier, fédérant progressistes, féministes et cinéphiles. Alors que France Gall venait de mourir, elle criait un énorme Résiste! Oprah libre dans sa tête.

Il n'en fallait pas moins pour que les médias et la politique s'en mêlent. Jusqu'à Donald Trump. Et pour cause, tout le monde s'est emballé: Oprah Présidente! entendait-on. Après tout la Maison Blanche a accueilli un acteur de série B et loge actuellement un animateur de télé-réalité. Alors pourquoi pas la papesse de la télévision américaine? Peu importe l'expérience politique aux Etats-Unis. Une campagne américaine se fait sur trois éléments: le fric (elle en a), la notoriété médiatique (elle est championne) et une histoire (côté storytelling on peut difficilement faire mieux). De là à la voir gagner des primaires puis le vote national, il y a quand même pas mal d'étapes. Mais l'emballement est là. D'une part les progressistes, de New York à Hollywood, sont traumatisés par la défaite d'Hillary Clinton, et ressentent un vide gigantesque qu'aucun candidat démocrate ne semble combler aujourd'hui. En l'absence de leader politique de du centre et de gauche, la politique ayant horreur du vide, Oprah est une idole idéale. D'autre part, ils sont toujours stupéfaits par l'incompétence et les délires du président actuel, renforcés par la sortie cette semaine du livre de Michael Wolff, Fire and Fury, qui dépeint un Trump immature, obsédé sexuel, anti-minorités, misogyne, et décliniste.

Là vous vous dîtes: il est temps de parler de la polémique qui déchire la France, avec en guest-star Deneuve (signataire d'une tribune très contestée, renommée "Tribune Deneuve" alors qu'elle a été écrite par cinq écrivaines et journalistes au QI plutôt élevé). Non, on ne va retenir qu'une phrase de cette tribune, qui n'a rien à voir avec le sexe mais avec la politique: "[La femme] peut veiller à ce que son salaire soit égal à celui d’un homme".

Depuis plusieurs années, Jennifer Lawrence, Jessica Chastain, Meryl Streep et cie se battent pour un salaire égal à Hollywood. Une femme en Occident gagne 15% de moins en moyenne selon une récente étude de l'OCDE. 10% en France, 19% aux Etats-Unis et au Canada, 20% au Royaume Uni, 22% en Allemagne: les écarts sont toujours présents et méritent un combat inlassable pour une véritable égalité des sexes face aux salaires. Oprah ou un(e) autre aux USA, Macron ou Merkel ou May ou Trudeau devraient en faire leur fer de lance et corriger cette injustice.

Selon USA Today, Mark Wahlberg aurait touché 1,5 million de dollars pour la reprise du tournage de Tout l'argent du monde début décembre, quand Ridley Scott a décidé d'effacer Kevin Spacey en le remplaçant par Christopher Plummer. Ce" refilmage" de toutes les scènes en dix jours a nécessité aussi la présence de l'actrice quatre fois nommé aux Oscars (et nommée aux Golden Globes pour son rôle dans ce film) Michelle Williams. Sauf que Williams n'a touché que le minimum syndical soit 1000$, pour la même durée et avec les mêmes contraintes. Dans le genre grand écart salarial et inégalité entre sexe, on peut difficilement faire pire. Wahlberg a touché 1500 fois plus que Williams, ou, autrement dit il a coûté 15% du budget de ces nouvelles prises quand elle n'a pris que 0,01% du devis final. Même si on rapportait ça à la valeur marchande des deux comédiens (Wahlberg a rapporté en moyenne 71M$ par films, Williams 27,5M$), l'écart serait d'environ trois dollars rapportés pour un dollar, certainement pas 1500 dollars encaissés pour un dollar.

Comme le dit Oprah, Time's up! Il serait temps d'en finir avec cette insupportable minoration du rôle des femmes et cette survalorisation des hommes. Comme le chantait France Gall: "Et je suis sûr quand je me bats, je me bats autant que toi, Je ne baisse pas les bras, Pour les choses auxquelles je crois..."

Golden Globes: Le prix Cecil B. DeMille pour Oprah Winfrey

Posté par vincy, le 14 décembre 2017

Oprah Winfrey sera la récipiendaire du prestigieux Cecil B. DeMille Award à la 75e cérémonie des Golden Globes, succédant ainsi à Meryl Streep.C'est le légendaire Morgan Freeman qui a fait l'annonce. On pourrait y voir une nouvelle surprenante tant l'une des femmes les plus riches et les plus populaires Outre-Atlantique est surtout connue pour ses émissions télévisées, fortement prescriptrices. Sa carrière cinématographique reste mineure dans son parcours.

Mais Oprah Winfrey est aussi chef d'entreprise, éditrice, mécène, actrice et productrice: la présidente de la Hollywood Foreign Press Association (HFPA), qui organise les Golden Globes, a souligné qu'elle a soutenu des personnages féminins forts à l'écran comme en dehors, incarnant même une figure de modèle pour les femmes et les jeunes filles durant plusieurs décennies. Il n'empêche: de tous les lauréats du prix Cecil B. DeMille, c'est celle qui a la filmographie la plus courte.

Avec Harpo Films, Oprah Winfrey produit des séries comme Greenleaf et Queen Sugar, des films comme Les recettes du bonheur ou Precious. En tant que comédienne au cinéma, on l'a découverte dans un rôle poignant de La Couleur pourpre de Steven Spielberg il y a 32 ans. On l'a aussi remarquée dans Beloved, Le majordome, Selma, et sera à l'affiche d'Un raccourci dans le temps (Wrinkle in Time) de Ava DuVernay. Pour le petit écran, elle a fait sensation cette année dans The Immortal Life of Henrietta Lacks.

Oprah Winfrey a été nommée aux Oscars comme productrice pour Selma et comme actrice dans un second-rôle pour La Couleur pourpre (qui lui a valu sa seule nomination aux Golden Globes à date). Elle a reçu un Jean Hersholt Humanitarian Award en 2012.

Meryl Streep recevra le Cecil B. DeMille Award aux Golden Globes

Posté par vincy, le 3 novembre 2016

Il est presque étonnant que nous ayons du attendre 2017 pour voir Meryl Streep sur la liste prestigieuse des Cecil B. DeMille Awards, l'équivalent d'un golden Globe d'honneur pour l'ensemble d'une carrière. S'il y a bien une actrice américaine qui pouvait y prétendre c'est elle. Ce sera le cas cette année puisque l'Association des correspondants de la presse étrangère à Hollywood l'a choisie pour succéder à Denzel Washington, George Clooney, Jodie Foster, Robert De Niro, Martin Scorsese et autres Woody Allen. Elle recevra son prix lors de la 74e cérémonie des Golden Globes le 8 janvier prochain.

Il n'est pas impossible qu'elle soit en plus nommé dans la catégorie meilleure actrice de comédie/musical avec son rôle dans Florence Foster Jenkins. Car Meryl Streep a plusieurs records à son actif: 8 Golden Globes (de 1979 à 2011), 29 nominations, deux fois doublement nommée la même année (en 2002 et 2008). Elle déteint aussi le record de nominations aux Oscars (19, pour trois obtenus). On pourrait ajouter deux prix BAFTA, un prix d'interprétation à Cannes en 1989 et un autre à Berlin en 2003.

En 2017, elle fêtera aussi ses 40 ans de cinéma (Julia, de Fred Zinnemann). C'est la première fois depuis Jodie Foster (en 2013) qu'une femme est ainsi honorée par les journalistes étrangers basés à Los Angeles. Et depuis que ce prix existe, créé en 1952, c'est seulement la 14e personnalité de sexe féminin à recevoir le Cecil B. DeMille Award.

Le Cecil B. DeMille Award 2016 pour Denzel Washington

Posté par vincy, le 17 novembre 2015

Aux Golden Globes 2016, Denzel Washington recevra le prestigieux Cecil B. DeMille Award pour l'ensemble de sa carrière. C'est la troisième fois qu'un artiste afro-américain reçoit ce prix.

La 73e cérémonie qui se tiendra le 10 janvier récompensera une carrière exceptionnelle. Denzel Washington, qui aura tout juste 61 ans quand il recevra son prix, a gagné deux fois le Golden Globe (meilleur second rôle en 1990 pour Glory et meilleur acteur dans un drame en 2000 pour The Hurricane) et nommé 5 autres fois (Cry Freedom, Malcolm X, Training Day, American Gangster, Flight). L'acteur a également gagné un oscar du meilleur acteur en 2002 (Training Day) et un Oscar du meilleur second rôle masculin en 1990 (Glory).

Ce prix tient également compte de la valeur au box office du récipiendaire. 5 de ses films ont dépassé les 100M$ au box office nord américain (L'Affaire Pélican, The Equalizer, Remember the Titans, Safe House, American Gangster), auxquels on ajoutera des succès internationaux comme Philadelphia, Inside Man, Déjà vu et Unstoppable.

Il est également un des rares comédiens à avoir reçu des nominations aux Emmy Awards, aux Tony Awards et aux Grammy Awards, respectivement pour la télévision, le théâtre et la musique.

Le Prix Cecil B. DeMille a récompensé ces dernières années George Clooney (2015), Woody Allen (2014), Jodie Foster (2013), Morgan Freeman (2012), Robert De Niro (2011), Martin Scorsese (2010), Steven Spielberg (2009), Warren Beatty (2007), Anthony Hopkins (2006), Robin Williams (2005), Michael Douglas (2004), Gene Hackman (2003), Harrison Ford (2002), Al Pacino (2001) et Barbra Streisand (2000).