Cannes 70 : la comédie musicale sur le tapis rouge

Posté par cannes70, le 17 mars 2017

70 ans, 70 textes, 70 instantanés comme autant de fragments épars, sans chronologie mais pas au hasard, pour fêter les noces de platine des cinéphiles du monde entier avec le Festival de Cannes. En partenariat avec le site Critique-Film, nous lançons le compte à rebours : pendant les 70 jours précédant la 70e édition, nous nous replongeons quotidiennement dans ses 69 premières années.

Aujourd'hui, J-62.

C’était il y a quelques semaines : Damien Chazelle devenait le plus jeune cinéaste à recevoir un Oscar du meilleur réalisateur pour La La Land, juste après avoir égalé le record de 14 nominations et gagné 6 Golden Globes (réalisation, scénario, musique…). Médiatisé au-delà du possible, le film cartonne au box-office et va même faire chanter certains spectateurs dans les salles avec une ressortie en version karaoké !

Alors, bien sûr, La la land n'était pas à Cannes (il a fait l’ouverture de Venise), contrairement au premier film de Damien Chazelle (Whiplash) sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs. Pourtant, il sonne certes comme un hommage aux classiques américains du genre, mais il est surtout sous l'influence d'un film souvent cité par le réalisateur lui-même : Les parapluies de Cherbourg de Jacques Demy. Qui, lui, avait été sacré Palme d’or du Festival de Cannes 1964. Le genre de la comédie musicale qui semblait un peu tombé en désuétude revient donc sur le devant de la scène. En fait, ce n’est pas vraiment la première fois, et c’est d’ailleurs à Cannes que la comédie musicale a plusieurs fois fait son retour.

A noter d'ailleurs que le premier film musical "palmé" sur la Croisette, c'est Orfeu Negro de Marcel Camus, présenté en 1959. Cette année-là, cette adaptation d'une pièce de Vinícius de Moraes, qui revisite le mythe d'Orphée et Eurydice sur fond de Bossa Nova, l'emporte devant Les 400 coups de Truffaut, ou Hiroshima mon amour d'Alain Resnais.

Mais revenons-en à 1964. Le Festival de Cannes est donc "enchanté" par Les parapluies de Cherbourg : les dialogues en chanson de Jacques Demy ont été mis en musique par Michel Legrand, et en fait on y entend peu la voix des acteurs principaux (Catherine Deneuve, Nino Castelnuovo) qui sont doublés par de véritables chanteurs. La comédie musicale qui est souvent dans l’imaginaire fantaisiste est ici ancrée dans le réel : au début des années 60, un jeune homme doit partir faire la guerre en Algérie et quitter une jeune-fille enceinte avant d’être mariée…

Catherine Deneuve est l’actrice au parcours unique dans le genre de la comédie musicale au Festival de Cannes : après Les parapluies de Cherbourg en 1964, elle va chanter et danser dans Dancer in the dark du danois Lars Von Trier en compétition officielle en 2000. Le Palmarès sera au diapason : Palme d’or pour le film, doublé d’un prix d’interprétation de meilleure actrice pour Björk, personnage principal qui chante et compose chansons et musiques. Là encore, film musical rime avec drame, les épreuves les plus tragiques de l’héroïne Björk sont supportée par son amour des comédies musicales qu’elle se chante et danse dans sa tête.

Dans le film Catherine Deneuve accompagne Björk dans deux séquences musicales : Cvalda dans l’usine quand le bruit des machines devient un rythme qui devient une chorégraphie, et My favourite things à la chorale durant les répétitions d’un spectacle joyeux (chanson qui sera reprise larmoyante de désespoir par Björk seule dans sa cellule de prison). Dans Dancer in the dark, chaque séquence chantée et dansée est une échappatoire joyeuse et résignée pour supporter un moment réel pénible, et juste ensuite survient un nouveau drame encore plus tragique…

Après Dancer in the dark, souvenez-vous quel a été le film d’ouverture choisi l’année suivante ? Encore une comédie musicale !  Moulin Rouge de Baz Luhrmann est bien plus virevoltant, avec quantité de reprises de chansons pop (David Bowie, Elton John, Police…), mais son finale n’en reste pas moins (encore) la mort d’une histoire d’amour...

C’est en 2007 que la comédie musicale fait un beau retour en compétition à Cannes avec Les chansons d’amour de Christophe Honoré qui réunit Alex Beaupain à la composition des musiques et Chiara Mastroianni, la fille de Deneuve, à l'écran aux côtés de Ludivine Sagnier, Lous Garrel et Clotilde Hesme. Cette fois, il y a moins de chorégraphie mais tout autant de chansons qui forment des dialogues sur le trouble amoureux (et le deuil) entre un garçon qui aime deux filles dans un ménage à trois qui se complique quand il est lui-même aimé par un autre garçon… Le film repart bredouille, mais Christophe Honoré sera de retour en 2011 avec Les bien-aimés, présenté en clôture.  Un autre film musical dans lequel on retrouve... Catherine Deneuve. Comme pour boucler la boucle.

Cannes fera connaître dans quelques semaines quels seront les films qui seront sélectionnés pour cette 70 édition, mais, ici, on peut déjà vous pronostiquer que la comédie musicale fera de nouveau l’événement lors du Festival... 2018 : en effet, Léos Carax travaille en ce moment sur son prochain film Annette (avec Adam Driver et une actrice encore inconnue en remplacement de Rooney Mara et de Rihanna initialement attachées au projet) qui « sera envoûtant, noir et cruel, mais aussi drôle et joyeux et saura s’inscrire dans la riche histoire d’amour entre le cinéma, la musique et les voix » d’après ses propres mots. Gilles Jacob (ex président du Festival de Cannes) est déjà emballé par le scénario qu’il a lu : « Je pense que ça va être quelque chose ! Can't wait ». Nous non plus.

Kristofy d'Ecran-Noir

Deneuve et Dussollier se retrouvent grâce à Kheiron

Posté par vincy, le 7 mars 2017

Kheiron récidive. C'est assez logique. Après Nous trois ou rien (630 000 spectateurs, une nomination au César du meilleur premier film et un prix spécial du jury à Tokyo), l'humoriste était attendu. Son deuxième long métrage a pour le coup un casting inattendu: Catherine Deneuve et André Dussollier. Kheiron sera aussi devant la caméra, tout comme son épouse Leila Boumedjane. Mauvaises herbes sortira en 2018 a-t-il annoncé sur son compte Instagram, où il remerciait ses producteurs M6, Canal +, Studiocanal et Mars distribution.

Issu de l'écurie du Jamel Comedy Club, vu ensuite dans Bref., et également rappeur, le comédien est actuellement en tournée avec son spectacle "60 minutes avec Kheiron".

Mauvaises herbes est un film sur l'éducation. Pour l'instant nous n'en savons pas plus.

En revanche, ce que l'on peut dire est que le duo Deneuve-Dussollier se retrouvera 30 ans après leur première rencontre : ils ont tourné ensemble Fréquence meurtre d'Elisabeth Rappeneau, thriller sorti en 1988. Deneuve sera à l'affiche le 22 mars avec Sage femme (au côtés de Catherine Frot), plus tard dans l'année avec Tout nous sépare (aux côtés de Diane Kruger, Nicolas Duvauchelle et Nekfeu) et avec Bonne Pomme (où elle retrouve Gérard Depardieu).

Berlin 2017: Catherine Deneuve et Catherine Frot, des femmes pas si sages

Posté par vincy, le 15 février 2017

deneuve berlinale 2017 © vincy thomasA l'applaudimètre, ça ne fait aucun doute. Les festivaliers berlinois, lors de la projection officielle de Sage Femme (hors-compétition de cette 67e Berlinale, mais avec les honneurs du tapis rouge du Berlinale Palast), la Deneuve l'emporte largement sur la Frot. Au seul nom de Deneuve, avant la projection, le public s'est levé comme un seul homme pour une ovation. Les deux "cathoches" les plus populaires du cinéma français (mais pas dans la même catégorie côté aura internationale et cinéphilique) sont à l'affiche de cette comédie dramatique de Martin Provost.

Vivre libre

Le film a ce qu'il faut de bons moments, de répliques un peu vachardes et d'émotion manipulée pour toucher un public assez large. Bien sûr, c'est la présence de ce deux stars françaises qui a sans doute conduit à une sélection officielle de ce film mineur à la prestigieuse Berlinale, ne nous illusionnons pas. Le scénario suit un parcours attendu mais mal maîtrisé vers la fin. La mise en scène épuise ses audaces au premier tiers du récit.

Si l'histoire est plaisante, malgré ses sujets dramatiques (une maternité qui ferme, un cancer, des solitudes, n'en jetez plus), si certains dialogues sont drôles (le public allemand y réagissait avec joie), et si l'ensemble tend vers un discours anti-libéral économiquement mais ultra-libertaire individuellement, cela ne suffit pas à en faire autre chose qu'une œuvre populaire (ce qui n'est déjà pas si mal) sans réelle personnalité.

Deux comédiennes d'exception

Martin Provost s'essaie à la comédie-sociale-dramatique-réaliste (après des films d'époque) mais reste concentré sur ce qui l'intéresse depuis toujours, les femmes. Là, reconnaissons, qu'il est généreux. Avec deux actrices au tempérament si prononcé, aux personnalités (et au jeu) si différentes, et au charisme indéniable, il en profite largement.

Catherine Frot hérite d'un rôle en creux, très intérieur, presque ingrat si elle n'avait pas un si beau métier, et opère sa mue lentement. Terne, elle devient lumineuse avec talent et sans forcer.

Catherine Deneuve, à l'inverse, sans trop heureuse d'avoir un personnage aussi cyclothymique, des rires aux larmes, s'en donne à cœur joie avec cette Béatrice flambeuse, fumeuse, alcoolique, malade, seule, ayant brûlé la vie à ne vivre que le présent hors du réel.

Un voyage interrompu

Si les deux actrices semblent efficacement incarner ces deux femmes opposées avec une facilité déconcertante, c'est sans aucun doute grâce à leur expérience et leur savoir-faire. Personne ne gagne un match où les deux camps jouent leur très bon niveau, sans aller au-delà.

Ce qu'on retiendra surtout de Sage femme, c'est leur duo. L'alchimie douce qui s'incruste dans cette relation tendue par un passé commun compliqué. Le réalisateur n'a pas résisté à l'idée de les rendre complices et dépendantes l'une de l'autre, s'offrant même un baiser tendre et amical ou un massage apaisant entre "Yolande" et "Belle de jour". Hélas, Martin Provost ne va jamais plus loin et reste en surface dans cette liaison étrange et mystérieuse, comme s'il avait peur de vouloir embarquer deux immenses comédiennes hors des sentiers battus, leur ouvrant de nouveaux horizons.

C'est d'autant plus regrettable qu'on a le sentiment qu'elles étaient prêtent à aller beaucoup plus loin dans ce voyage commun...

Festival Lumière: Toujours surprenante, Catherine Deneuve dédie son prix « à tous les agriculteurs de France »

Posté par Morgane, le 17 octobre 2016

catherine deneuve prix lumiere 2016 © ecran noir / morgane postaire

Déjà sept jours passés au Festival Lumière et on se retrouve vendredi soir pour la traditionnelle soirée de Remise du Prix qui a lieu, comme chaque année, à l'amphithéâtre de la Cité Internationale. Arrivent alors pour le photo call Gustave Kervern, Pierre Lescure, Ludivine Sagnier, Gilbert Melki, Julie Depardieu, Jean-Paul Rouve, Park Chan-wook, Jerry Schatzberg, Eric Lartigau, Michel Hazanavicius, Marisa Paredes, Vincent Lindon, Roman Polanski, Bertrand Tavernier, Rod Paradot, Benoit Magimel, Emmanuelle Bercot, Quentin Tarantino, Lambert Wilson, Chiara Mastroianni et bien d'autres encore. Puis sous un tonnerre d'applaudissements et le crépitement des flashs, Catherine Deneuve fait son entrée sur la célèbre musique des Parapluies de Cherbourg.

Tout le monde s'installe, la grande dame (elle déteste qu'on l'appelle comme ça) de la soirée aux côtés de sa fille Chiara et de Roman Polanski, pas loin de Vincent Lindon et juste derrière Tarantino et Lambert Wilson. Bien entourée elle peut se laisser aller, alors qu'on le sait: Catherine D n'a jamais été très à l'aise avec les hommages.

catherine deneuve thierry fremauxThierry Frémaux monte sur scène pour "remettre un prix mais surtout célébrer quelqu'un que nous aimons!" Remerciements aux partenaires, aux cinéastes, acteurs et actrices venus de loin. A l'AFP plus tôt dans la semaine, le chef d'orchestre du festival avait expliqué ce que Deneuve avait apporté au cinéma: "Elle a montré que la liberté ne doit jamais se négocier. Sa liberté personnelle et artistique est immense. Sans jamais user du moindre artifice médiatique, elle est parvenue à affirmer une personnalité et une conduite, pour une carrière en tous points exemplaire. Elle a réinventé la condition de femme et redéfini les codes liés au star-system."

Les hommages et les cadeaux s'enchaînent. Thierry Frémaux lit un texte d'Arnaud Desplechin (Conte de Noël), retenu par le tournage de son prochain film. La plus internationale des lyonnaise Nathalie Dessay qui dit "quand j'étais petite je voulais faire Catherine Deneuve comme métier et ce soir j'en ai l'occasion" avant d'entonner une chanson des Parapluies de Cherbourg. Lambert Wilson, son partenaire dans Palais Royal!, s'empare également le micro pour chanter et se déhancher sur deux chansons des Demoiselles de Rochefort. Quentin Tarantino prend également la parole et se souvient. Il se souvient de Cannes 1994 lorsqu'il a reçu la Palme d'Or pour Pulp Fiction et que Catherine Deneuve était vice-présidente du jury. Bertrand Tavernier lui rend également un très bel hommage érudit et plein de poésie. Un haïku.

"Elle est le cinéma"

Mais la déclaration d'amour la plus émouvante est venue de la bouche et des yeux de Vincent Lindon qu'elle vient. Dans cette lettre, les mots sont magiques et quelques-uns nous restent en mémoire... "elle est toujours en mouvement. Elle incarne le cinéma, elle est le cinéma... On a toujours l'impression que vous sortez d'un film pour sauter dans un autre. Vous sortez des Parapluies de Cherbourg pour prendre le Dernier Métro et les stations défilent, Belle de Jour... et le conducteur de la rame est Jacques Demy... Gérard Depardieu a dit que Catherine Deneuve était l'homme qu'il aurait aimé être." Et ce voisin de la Place Saint-Sulpice où elle habite se rappelle: "Elle parle à toute allure comme s'il fallait se débarrasser au plus vite (...) les autres ont l'air un peu figé à côté, enfin pas tous, pas Gérard, pas Marcello", ajoutant, "Mademoiselle Deneuve vous êtes un peu plus qu'une femme (...) vous êtes tellement touchante, tellement originale, tellement rassurante."

Il évoque également l'amour de Catherine Deneuve pour l'horticulture car "rentrer à Paris sans une petite plante ça ne s'appelle pas voyager." Catherine Deneuve c'est "mettre de la vie partout, même là où il n'y en a pas... Votre vie passe avant le cinéma et c'est pour ça qu'au cinéma vous passez avant tout le monde."

"C'est assez bouleversant"

Sur scène Roman Polanski la serre dans ses bras avec un simple "Je t'aime" (plus de 50 ans nous sépare de leur film Répulsion) avant de lui remettre le 8ème Prix Lumière. Catherine Deneuve, quant à elle, est "ravie d'être ici" mais on sent qu'elle ne veut pas s'éterniser dans "cette situation exceptionnelle". "C'est assez bouleversant pour moi d'être ici ce soir, je vous remercie de m'avoir choisie, car après tout c'est un peu arbitraire de choisir une actrice." Et de finir ainsi: "dans tous les films que j'ai choisi de montrer à Lyon, il y a un film de Raymond Depardon qui s'appelle Profils paysans et je dédie ce soir ce prix que j'ai reçu à tous les agriculteurs de France." Iconoclaste, as usual. C'est sans doute le secret de sa longévité (60 ans depuis son premier film): une audace et une curiosité inégalées.

Quant au mot de la fin, c'est Tarantino qui le prononce, "Vive le Cinéma et vive la Catherine Deneuve!".

Festival Lumière: le choix de Jerry Schatzberg, la folie de Deneuve, le Buster de Keaton et le pape de Sorrentino

Posté par Morgane, le 16 octobre 2016

Ce qui caractérise le Festival Lumière c'est son éclectisme. On peut, en une semaine, passer d'un film de Marcel Carné à Very Bad Trip ou Les Bronzés font du ski (La Nuit bande de potes), d'Ettore Scola à Jacques Demy, de Catherine Deneuve à Gong Li, des amours de Tarantino à ceux de Tavernier, de Buster Keaton à Jerry Schatzberg, de Park Chan-wook à Dracula... En neuf jours on réalise donc de véritables grands écarts cinématographiques à vous donner le tournis.

Jerry Schatzberg sème la Panique à Needle Park

Panique à Needle Park (second film de Jerry Schatzberg après Portrait d'une enfant déchue et avant L'épouvantail, Palme d'or en 1973) est qualifié par Thierry Frémaux comme "l'un des plus grands surgissements à la fois à l'intérieur et à l'extérieur du Nouvel Hollywood!". Il était ici présenté en version restaurée.

Jerry Schatzberg, présent pour l'occasion, nous raconte une anecdote sur le choix de son acteur. "Quatre ans avant de réaliser mon premier film, j'ai vu, avec mon manager, Al Pacino à Broadway et je me suis dit que je voulais un jour travailler avec lui. Cinq ans après, j'avais donc tourné mon premier film mais j'étais très énervé car le laboratoire avait bousillé les six dernières minutes de mon film (Portrait d'une enfant déchue). Mon agent m'envoie à ce moment-là le script de Panique à Needle Park. Mais j'étais tellement en colère que je l'ai lu en diagonale et je l'ai refusé. Mon manager me parle aussi de ce script en me disant que Al Pacino voulait le faire. Je l'ai donc relu en imaginant Al Pacino dans le rôle principal. Je me suis excusé auprès du studio et j'ai dit que je voulais le faire avec Al. Mais la Fox ne veut pas de Al Pacino car elle le trouve trop vieux (31 ans à l'époque). On fait donc un casting, des essais. On était alors à New York et Robert de Niro se pointe au casting. Il était fantastique! mais pour moi il jouait le rôle, alors que Al était le rôle. Quelques jours après les essais, on me tape sur l'épaule. C'est Robert de Niro qui me dit: "Alors, on le fait ce film!?" Pris au dépourvu je lui ai donc dit la vérité. Il s'est alors retourné et est parti sans rien dire. Depuis on se croise de temps en temps, on se dit bonjour poliment mais c'est tout..." Voici donc la genèse du rôle qui a vraiment lancé la carrière de Al Pacino.

Panique à Needle Park, adaptation du roman de James Mills, est un film merveilleusement tragique qui se déroule à "Needle Park" (le parc des seringues). Plaque tournante new-yorkaise de la drogue, le film dépeint cette fin des années 60 où une pénurie d'héroïne crée un véritable vent de panique chez les toxicos. Acteurs professionnels et non professionnels se côtoient et donnent au film tout son réalisme, de l'achat au manque en passant par les injections et tout ce dont ils sont capables pour avoir une dose. Cette destruction semble inévitable pour tous ceux qui évoluent dans cet univers et c'est dans celui-ci que prend place l'histoire d'amour entre Bobby (Al Pacino), jeune héroïnomane adorable, et Helen (Kitty Winn) qui, errant dans les rues, retrouve goût à la vie grâce à Bobby. Mais entre la vie et la seringue, qui pèse le plus lourd?

Catherine Deneuve, malmenée par Polanski et abandonnée par Dupeyron

Parmi les 13 films de la filmographie, il y avait Repulsion (1965) de Roman Polanski. Régis Wargnier (avec qui elle a tourné Indochine) est présent pour nous dire quelques mots sur le film et son actrice. "Révélée dans les Parapluies de Cherbourg deux ans auparavant (1963) c'est déjà une audace d'avoir tourné une comédie musicale à même pas 20 ans. C'en est une autre également de tourner Repulsion à 22 ans et Belle de jour à 24. Elle est en réalité audacieuse dès son plus jeune âge! Polanski, dont c'est ici le troisième film, a passé son enfance dans le ghetto de Varsovie. Il a connu la guerre, les privations et c'est un être particulier qui traite souvent des maladies mentales. C'est courageux de la part de Catherine Deneuve qui, à 22 ans, se retrouve avec un homme très abîmé, Roman Polanski, enfermée dans un appartement londonien." Roman Polanski qui a dit d'elle: "Tourner avec Catherine Deneuve c'est comme danser le tango avec une cavalière farouche."

Carole partage un appartement à Londres avec sa soeur. Cette dernière part en vacances avec son amant et Carole se retrouve seule. C'est alors qu'elle a des hallucinations et sombre dans la folie.  Introvertie Carole ne supporte pas la présence des hommes. Attirée et à la fois dégoutée par le sexe, sa solitude se transforme en véritable scène d'horreur. La caméra de Polanski filme cette folie au plus près. Les sons sont stridents et obsédants (la sonnerie du téléphone, les gouttes d'eau), les gros plans sont nombreux, déformants et déformés afin d'introduire le spectateur dans le cerveau malade de Carole. Le lapin en décomposition, les pommes de terre qui pourrissent rajoutent à cette atmosphère de dégout qui entoure ce personnage si étrange. La folie monte peu à peu pour atteindre son paroxysme où plans et sons perturbants se mélangent sans répit, sans pause, sans souffle... Catherine Deneuve est ici hallucinante de justesse dans cette folie, n'en faisant jamais trop mais juste ce qu'il faut.

La séance d'après on a pu découvrir une toute autre Catherine Deneuve devant la caméra de François Dupeyron dans Drôle d'endroit pour une rencontre (1988), son premier long métrage. Elle campe ici une femme bourgeoise que son mari abandonne en pleine nuit sur une aire d'autoroute après une violente dispute. La voilà paumée, géographiquement perdue, mentalement déboussolée. Elle fait alors la rencontre de Charles (superbe et très touchant Gérard Depardieu) qui est occupé à démonter et remonter le moteur de sa voiture et veut à tout prix rester seul, même si au final c'est lui qui parle le plus... Drôle de rencontre, drôle de film que cette histoire qui se déroule entièrement entre deux aires d'autoroute. Sorte de huis clos nocturne à ciel ouvert, où les personnages alentour ne font finalement que passer, Deneuve et Depardieu dansent ici une valse qui ne se fait qu'à deux. On s'éloigne tout en se rapprochant peu à peu pour mieux s'éloigner ensuite... Les aires d'autoroute où l'on ne fait normalement que passer deviennent ici le décor qui accueille cette histoire d'amour naissante, ce jeu du "je veux, moi non plus" qui s'installe entre les deux personnages. Film au décor improbable et aux dialogues percutants, Drôle d'endroit pour une rencontre est une très belle découverte. Un des films préférés de Deneuve. Mais aussi un souvenir douloureux puisque le tournage fut assez éprouvant et l'ambiance plutôt tendue.

Buster Keaton et un piano

Le Festival Lumière c'est aussi une rétrospective Buster Keaton avec un ciné-concert à l'auditorium joué par l'orchestre national de Lyon, des projections et des programmes de courts-métrages accompagnés superbement au piano par Romain Camiolo, pianiste lyonnais.
Buster Keaton est né la même année que le cinématographe. Et son nom vient d'une chute qu'il a fait dans les escaliers à l'âge de 6 ans après laquelle le grand magicien Houdini s'était écrié "what a buster!" (quelle chute!). Tout le destinait donc...
Tous les films projetés durant le festival sont présentés dans leur version restaurée par les laboratoires de Bologne grâce au Keaton Project mené par la cinémathèque de Bologne et Cohen Films. Une très belle occasion de revoir, découvrir ou faire découvrir cet "homme qui ne riait jamais", son univers et pourquoi pas de partager cela avec petits et grands.

Sorrentino passe sur petit écran

Le Festival Lumière cette année ce n'est pas que du cinéma, c'est aussi une série. Celle réalisée par Paolo Sorrentino (Les Conséquences de l'amour, Il Divo, Le grande bellezza), The Young Pope, présentée en avant première mondiale à Venise, et qui sera diffusée sur Canal Plus à partir du 24 octobre.

Sorrentino présent pour l'occasion nous en dit quelques mots: "C'est un sujet qui me tenait à coeur depuis quelque temps. J'ai recueilli beaucoup de matériel mais trop important pour un seul film, donc on en a fait une série." La différence entre l'écriture cinéma/série, selon lui, est que "l'une est l'opposée de l'autre. Dans le cinéma on se concentre sur l'essentiel. Dans la série on joue la dilatation du temps, l'extension du sujet. Mais mon histoire vient du cinéma alors j'ai essayé de greffer à la série des concepts propres au cinéma. Dans les séries par exemple, ce qui fait défaut, ce sont les scènes cruciales qu'on n'oubliera jamais. j'ai essayé de les intégrer ici."

Les deux premiers épisodes projetés en avant-première sont visuellement sublimes. Chaque plan est pensé, chaque mouvement est voulu, chaque parole est pesée. L'histoire de ce jeune pape (Jude Law) pas vraiment comme les autres, qui fume, boit du cherry coke au petit déjeuner et veut imposer une idée bien précise de ce que sera son pontificat est assez attrayante et intrigante. Néanmoins il ne faudrait pas que la dilatation du temps et l'extension du sujet soient telles qu'elles perdent le spectateur. Toujours est-il que la fin du deuxième épisode est assez fracassante pour qu'on ait hâte de voir le troisième!

Quant à son prochain film, "j'espère le tourner l'année prochaine mais je n'arrive pas encore à comprendre quoi!"

Edito: Belles de jour comme de nuit

Posté par vincy, le 13 octobre 2016

Puisque, pour la première fois, une femme va recevoir le prestigieux Prix Lumière du festival du même nom qui se déroule à Lyon en ce moment, mettons-les à l'honneur. Car la femme n'est pas forcément gâtée par le cinéma. On le voit d'ailleurs très bien dans le documentaire de Bertrand Tavernier, président de l'Institut Lumière, Voyage à travers le cinéma français. Arletty ou Jeanne Moreau en filles légères mais délaissées; Brigitte Bardot en diablesse allumeuse; Blanchette Brunoy étranglée; Simone Signoret l'honneur bafoué; Emmanuelle Riva frustrée; Romy Schneider désœuvrée; Martine Carol qui se prend une claque... Franchement, qu'ont-elles fait pour mériter ça?

Bien sûr, avec le temps, l'émancipation des femmes, mais aussi la plus forte proportion de femmes dans la réalisation, le scénario et la production, les rôles ont évolué. On peut toujours caricaturer Adjani en folle ou Huppert en névrosée, les personnages sont bien plus variés et plus nuancés. Les femmes héritent même de rôles traditionnellement donnés à un mec y compris dans des blockbusters. Mais le phénomène est assez récent. On peut constater que la femme, aujourd'hui, a un statut social plus égalitaire (La fille inconnue, Aquarius, Toni Erdmann, Victoria, Bridget Jones) même si elle doit encore lutter contre le machisme ou la phallocratie. On peut observer qu'elle se défend bien toute seule (Divines, La taularde, Miss Peregrine ou Polina). La pute n'est plus le rôle à statuette comme l'était le boxeur du côté mâle.

Les femmes ne sont plus des potiches, des belles de jour, des belle-maman ou des Sirènes du Mississipi ou d'ailleurs. En 60 ans de carrière, Catherine Deneuve a d'ailleurs été toutes les femmes: la chieuse comme la fatale, la soumise comme la vampire, la dure comme la vulnérable, la maîtresse comme l'impératrice. Une partenaire de jeu qui a su rendre fragiles ses partenaires masculins. Une femme qui a toujours eu la parole assez cash. Un symbole d'un cinéma éclectique, des comédies aux drames, du film intimiste d'auteur aux productions à gros budgets. On l'a vue vieillir, passant de la douce demoiselle des Parapluies de Cherbourg à la grand-mère libre d'Elle s'en va. Retraitée ou royale, s'amourachant d'un gorille ou marié à un homme "enceint", elle a été capable de toutes les audaces. Deneuve a accompagné la libération de la femme, à sa façon, et pas seulement en signant le manifeste des 343.

La beauté de Deneuve fut à son sommet dans Le dernier métro, à la fin de sa trentaine, et dans Indochine, douze plus tard. Qu'y a-t-il de surprenant finalement? Dans ces deux rôles emblématiques d'une filmographie interminable et impressionnante, elle est farouchement indépendante, patronne dans un milieu d'hommes, résistante au chaos du monde, indifférente en apparence aux sentiments, capable de passions périlleuses. Elle est une femme comme on les aimera toujours, régnante et romantique, affirmant sa supériorité avec un charisme irrésistible et une séduction éclatante. Attirant ainsi toute la lumière...

Festival Lumière: Carné et sa gueule d’atmosphère, Deneuve et son Cake d’amour, Tarantino et sa Love Story

Posté par Morgane, le 11 octobre 2016

En trois jours, le Festival Lumière a déjà offert un nombre impressionnant de films et d'échanges!

Carné et son Hôtel du Nord ouvrent le bal

Samedi 8 octobre à 11h avait lieu la toute première séance de cette 8ème édition à l'Institut Lumière en présence de Thierry Frémaux et Bertrand Tavernier qui, n'ayant pu être là l'année dernière pour raisons de santé, fait son retour au Festival Lumière, notamment en présentant son documentaire Voyage à travers le cinéma français (3h12 d'anecdotes et d'extraits de films... notamment le film de Carné)

Véritable puits de science cinéphile, Tavernier a bien évidemment plusieurs anecdotes au sujet d'Hôtel du Nord qu'il se fait un plaisir de partager avec nous... Pour lui c'est certes un film célèbre mais qui n'a pas toujours été apprécié à sa juste valeur. Dans l'imaginaire commun (et même de ceux qui ne l'ont pas vu), Hôtel du Nord c'est en premier lieu sa fameuse réplique "Atmosphère, atmosphère mais est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère?" Il faut savoir que cette réplique est née d'un coup de sang de Henri Jeanson, co-scénariste du film avec Jean Aurenche, envers Marcel Carné. Tavernier la raconte très bien dans son documentaire. En effet, Jeanson était dans un état d'énervement contre Carné qui, au sujet des acteurs, lui disait toujours "fais-les marcher sur les pavés mouillés, ce sera bon pour l'atmosphère", "fais-leur faire ceci, ce sera bon pour l'atmosphère" etc... Comme quoi, une réplique devenue culte, ça ne tient pas à grand chose!
Bertrand Tavernier nous parle aussi d'Annabella (Renée dans le film) qui "a une grâce, une légèreté et une véritable façon de ne pas jouer qui est très moderne", la comparant finalement à Isabelle Huppert.
Et le cinéaste nous rappelle également que c'est un des rares films de l'époque (Hôtel du Nord dâte de 1938) qui évoque la guerre d'Espagne. Jeanson avait lui-même couvert la guerre d'Espagne avec Saint-Exupéry et était un homme engagé politiquement, condamné à plusieurs reprises pour anticolonialisme, incitation au meurtre, pacifisme et autre... C'est aussi Jeanson qui s'est battu pour imposer Arletty (Raymonde) et Louis Jouvet (M. Edmond), acteurs de théâtre, auprès de Marcel Carné, qui ne choisissait que des comédiens de cinéma. Enfin, Bertrand Tavernier termine ainsi: "Le travail de Carné est d'une force et d'une invention (17 jours de tournage seulement). Chaque plan est pensé, le découpage est d'une grande fluidité. Il ne savait peut-être pas travailler sur les scénarios mais il savait incarner le film dans la mise en scène!"

Les multiples facettes de Catherine Deneuve

Ce week-end j'ai également eu l'occasion de voir Catherine Deneuve, Prix Lumière 2016, dans deux rôles très différents: en vampire chez Tony Scott et en princesse chez Jacques Demy.
Les Prédateurs, film de 1983, plante le récit d'un couple de vampires interprétés par Catherine Deneuve et David Bowie. Elle, Miriam, est immortelle, mais son ami John est brutalement frappé de vieillissement accéléré. Roman de Whitley Strieber, Tony Scott en tire son premier long métrage qui sera présenté hors compétition à Cannes. Film très marqué eighties, Tony Scott vient du monde de la publicité et ça se voit. L'esthétique est très léchée et les costumes de Catherine Deneuve, dessinés spécialement par Yves Saint-Laurent, sont sublimes. La caméra flotte au gré des rideaux de cette immense maison qui semble hors de son temps et donne un caractère onirique au film dont on ne sait plus parfois s'il est un film ou un video-clip d'1h36. Les thèmes sont nombreux. Il y a bien sur celui du temps qui passe, de la quête éternelle de jeunesse, cette peur de vieillir et de mourir. Mais en filigrane c'est aussi un véritable film de son époque avec l'apparition du sida, cette médecine qui ne peut rien contre, et puis l'homosexualité féminine qui est assez peu représentée sur grand écran. Si ce film n'a pas reçu un bel accueil à sa sortie, il est finalement devenu un film emblématique de son temps, une sorte de référence ancrée dans son époque.

On change de registre avec Peau d'âne (1970). Sept ans après Les Parapluies de Cherbourg et trois ans après Les demoiselles de Rochefort, Catherine Deneuve signe de nouveau avec Jacques Demy pour leur troisième comédie musicale. Poétique, coloré (on voit du bleu Klein - des chevaux aux visages des serviteurs - dans tout le royaume), féérique, anachronique etc... les adjectifs sont fort nombreux et s'emmêlent pour décrire ce film atypique et hors du commun qui, 45 ans après, réussit encore à parler à tous. La magie opère aussi bien chez les bambins que chez les adultes chez qui il réveille leur âme d'enfant. Les décors et les costumes son splendides et d'une inventivité qui fait rêver tout un chacun. Gitt Magrini a ici réalisé un véritable travail de fée, notamment pour les trois robes couleur du Temps, de la Lune et du Soleil (celle couleur du Temps a été confectionnée dans une toile sur laquelle on projette, en 16mm, l’image mouvante d’un ciel bleu). Et que dire des chansons composées par Michel Legrand et écrites par Jacques Demy? Que ce soit celle du cake d'amour ou celle de la marraine la fée, elles nous trottent fort longtemps dans la tête. De ce film on retiendra un seul mot, MAGIE. Et il est certain que celle-ci opère dans cette belle adaptation du conte de Perrault.

Quand Tarantino vient nous parler de Love Story

Quentin Tarantino a donc proposé un cycle de ses films préférés de l'année 1970. Puis il a décidé d'établir ses quartiers à Lyon pour quelques jours pour notre plus grand plaisir. Et chaque jour c'est la petite surprise de savoir à quelle séance il sera. Dimanche il a présenté Hollywood Vixens de Russ Meyer et lundi soir il était à l'Institut Lumière pour la projection de Love Story d'Arthur Hiller. Jamais avare en discours, Tarantino nous parle du Nouvel Hollywood, du cinéma de genre qui a beaucoup influencé le reste du cinéma, du cinéma européen très populaire aux États-Unis en 1970-71-72. Puis vient la question de Thierry Frémaux, pourquoi Love Story? Car venant du réalisateur de Reservoir Dogs, Kill Bill, Boulevard de la mort, le choix peut sembler étonnant... "La réponse est simple, parce que j'aime ce film!". Mais on se doute bien que Tarantino ne va pas en rester là. Il nous explique alors qu'en 1970 c'était LE film le plus populaire et de loin! Son succès est basé sur quelque chose d'un peu particulier. "Erich Segal écrit le scenario puis fait un livre à partir du film. Étrangement la sortie du livre précède la sortie du film alors que le film a été réalisé avant l'écriture du roman. Toujours est-il que le roman est un succès phénoménal! Toutes les nanas entre 15 et 25 ans ont lu ce livre. Donc quand le film est sorti, toutes ces filles-là ont été le voir et ont emmené leurs fiancés avec elles d'où l'énorme succès du film..."

"Le cinéma de 1970 doit, certainement inconsciemment, s'affirmer pour passer d'une époque à une autre. 1970, c'est l'année où 3 films sur 4 se passent dans un campus et parlent de radicalisation politique. Alors certes Love Story se passe pour la moitié sur un campus mais c'est intéressant de voir à quel point ce film NE parle PAS de politique. Il est par cela totalement en dehors de l'esprit de l'époque."

Tarantino aime ce film également car "Ali McGraw (Jennifer Cavalleri), qui n'est certes pas une grande actrice, et Ryan O'Neal (Oliver Barret), qui n'est certes pas un grand acteur, ont ici une alchimie parfaite qui est une des raisons du succès de ce film. Arthur Hiller (le réalisateur) a compris cela très vite et les a filmés à l'européenne avec de grandes focales, peu de coupes et la technique du plan-séquence (ce que l'on retrouve dans Le Boucher de Claude Chabrol". Et justement le Charbol fait partie des films choisis par Tarantino pour sa rétrospective seventies.

Festival Lumière 2016: Quelques heures avant la première séance

Posté par Morgane, le 8 octobre 2016

Alors que le Village du Festival était inauguré vendredi 7 octobre dans la soirée, la première projection a eu lieu ce matin à 11h avec Hôtel du Nord de Marcel Carné, de quoi mettre de l'atmosphère , le Festival débutera officiellement ce soir avec sa cérémonie d'ouverture qui, comme chaque année, aura lieu à la Halle Tony Garnier.

En 7 éditions, Thierry Fremaux et Bertrand Tavernier ont réussi à revêtir ce jeune festival du 7ème Art d'une magnifique étoffe. La programmation est toujours aussi passionnante et éclectique (des classiques de Marcel Carné et Julien Duvivier aux films de genre de Park Chan-wook, la palette est large).

Les salles sont parties pour être combles pendant 10 jours (de nombreuses séances sont déjà complètes avant l'ouverture) et les invités sont de plus en plus nombreux.

Certains sont même devenus des habitués comme Mister Quentin Tarantino qui, après avoir reçu le Prix Lumière en 2013, a proposé une rétrospective de ses films préférés réalisés uniquement durant... l'année 1970. La liste était semble-t-il bien longue et les organisateurs ont dû la réduire à 14 titres!

Mais cela ne suffisait pas au cinéphile hors pair qu'est Tarantino qui nous fait la surprise de revenir au festival. Il sera présent dès la cérémonie d'ouverture durant laquelle sera projeté Butch Cassidy et le Kid de Georges Roy Hill, un de ces films préférés, et animera également une master class le mercredi 12 octobre suivie de la projection de la Palme d'or M*A*S*H. Vu son appétit cinéphile boulimique, il sera certainement présent lors d'autres projections du festival et sera la cerise sur la gâteau pour certains spectateurs chanceux. On peut d'ailleurs imaginer qu'il soit là pour le sacre de Catherine Deneuve, prix Lumière 2016, qui était co-présidente du jury au Festival de Cannes quand il a reçu la Palme d'or pour Pulp Fiction.

Ils sont cette année encore fort nombreux à venir présenter des films (certains pour la première fois, d'autres en habitués du festival) et animer des master class: Gong Li, Walter Hill, Jean-Loup Dabadie, Gaspard Noé, Vincent Lindon, Park Chan-wook et donc, la grande Catherine Deneuve qui animera une master class vendredi 14 octobre au théâtre des Célestins et se verra remettre le Prix Lumière de cette 8eme édition! C'est la première femme à recevoir cet honneur.

Dans quelques heures le clap d'ouverture retentira pour cette 8eme édition d'un festival qui ne cesse de grandir et reste malgré tout un festival pour les spectateurs avant tout... Bon festival à tous!

Silence éternel pour la chanteuse et doubleuse Anne Germain (1935-2016)

Posté par vincy, le 14 septembre 2016

La chanteuse et choriste Anne Germain est décédée mardi 13 septembre à l'âge de 81 ans.

Cette grande voix du doublage français avait fait notamment ses vocalises dans des dessins animés comme Les Aristochats où elle était l'exquise Duchesse, Mary Poppins, Robin des Bois ou Un violon sur le toit... Elle avait aussi enregistré les génériques des émissions TV "L'Ile aux enfants" et "Les Visiteurs du Mercredi".

En 1964, Anne Germain avait participé aux choeurs de la célèbre chanson "Douliou Douliou Saint-Tropez" pour le film Le Gendarme de Saint-Tropez. Mais c'est elle était surtout connue pour avoir doublé Catherine Deneuve pour le chant dans Les Demoiselles de Rochefort et Peau d'âne de Jacques Demy. Leurs voix étaient assez proches, Anne Germain pouvait poussé la note assez haut avec un timbre cristallin.

Anne Germain et son époux Claude ont été parmi les membres fondateurs des Swingle Singers, groupe de jazz vocal des années soixante, aux côtés de Christiane Legrand, sœur du compositeur Michel Legrand, compositeur des films musicaux de Jacques Demy (tout se recoupe). Son époux compositeur des principales musiques des films de Jean Yanne. La chanteuse a joué les choristes et chanteuses pour des chansons du film Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil.

Enfin, rappelons qu'elle a aussi prêté sa voix à Laura Antonelli dans Les Mariés de l'An II pour chanter l'hymne "Gloire à la République, mort à tous les fanatiques".

Deneuve et Depardieu pour la 9e fois à l’écran

Posté par vincy, le 11 août 2016

Catherine Deneuve et Gérard Depardieu seront pour la neuvième fois réunis à l'écran dans un film dont le tournage commencera le 22 août dans la région parisienne.

Bonne Pomme sera une "comédie poétique" réalisée par Florence Quentin et produite par Dominique Besnéhard.

Catherine Deneuve  incarnera une tenancière d'auberge et Gérard Depardieu un garagiste. ils seront entourés de Chantal Ladesou et de Guillaume de Tonquédec.

Le duo a déjà partagé l'affiche de Je vous aime, Le dernier métro, Le choix des armes, Fort Saganne, Drôle d'endroit pour une rencontre, Les temps qui changent, Potiche et Astérix et Obélix: Au service de sa majesté.

Florence Quentin, scénariste de La Vie est un long fleuve tranquille, Tatie Danielle et Le Bonheur et dans le pré, a déjà réalisé J'ai faim, Olé et Leur Morale... et la nôtre.

Bonne Pomme sera en salles l'année prochaine.