Deneuve, Magimel et De France tournent chez Bercot

Posté par vincy, le 14 octobre 2019

Ce sera le troisième film de Catherine Deneuve (après Elle s’en va et La Tête haute) et de Benoît Magimel (après La Tête Haute et La Fille de Brest) sous la direction d'Emmanuelle Bercot. De son vivant sera aussi l'occasion pour la réalisatrice de filmer pour la première fois Cécile de France.

Selon Le Film français, le tournage de ce film produit par Les Films du Kiosque a début en fin de semaine dernière. Le tournage doit durer neuf semaines. Le casting comprend également Gabriel Sara, le médecin oncologue américain qui a inspiré le sujet.

La cinéaste continue ainsi son exploration des zones grises du système de santé en France tout en creusant son thème privilégié: la libération des êtres. Le journal professionnel explique que le film raconte le déni d’un fils condamné trop jeune par la maladie. Une mère refuse cette fatalité, inacceptable. Un médecin lutte pour faire son travail. Durant une année, il va falloir apprendre à mourir de son vivant.

Le film sera distribué par Studiocanal.

Venise 2019 : Joker, J’accuse et Marriage Story favoris de la presse

Posté par kristofy, le 7 septembre 2019

Ce 76e Festival de Venise se dirige vers sa clôture avec en point de mire la traditionnelle "cerimonia di premiazione" soit l’annonce du palmarès et du Lion d’or qui succèdera à deux films mexicains, La forme de l'eau en 2017 et Roma en 2018. Les membres du jury présidé par Lucrécia Martel vont devoir défendre leurs films préférés et convaincre les autres, car aucun titre n’est favori pour l'unanimité.

La compétition était riche de 21 films dont un film d’animation, un documentaire, deux longs réalisés par une femme et deux films diffusés uniquement sur Netflix.

On y a vu un mélange de grands noms connus  (Hirokazu Kore-eda, James Gray, Noah Baumbach, Roman Polanski, Pablo Larrain, Todd Philipps, Olivier Assayas, Steven Soderberg, Roy Anderson, Atom Egoyan, Lou Ye, Ciro Guerra...)  et de talents émergeants. Certains films sont handicapés par une durée beaucoup trop longue qui n’était pas assez justifiée par leur histoire comme l’animation No 7 Cherry Lane de Yonfan (125 minutes), A herdade (Le Domaine) de Tiago Guedes (164 minutes), The painted bird de Vaclav Marhoul (169 minutes)… Surtout il va falloir départager un grand nombre de films reconstituant l'Histoire (la seconde guerre mondiale reste inspirante pour les cinéastes).

Chaque jour, à la Mostra, comme à Cannes et à Berlin, une publication fait état d’un tableau des étoiles qui synthétise une moyenne de notes par un panel de la presse italienne et internationale,  avec une notation sur 5.

Pour les journalistes italiens seuls deux films ont été très largement appréciés avec un 4/5: Joker de Todd Philipps et J’accuse de Roman Polanski. Marriage Story de Noah Baumbach suit de près avec 3,5/5.

Pour la presse internationale Marriage Story de Noah Baumbach a séduit aussi avec un 4/5, devançant J’accuse (3,7/5) et Joker (3,4/5). Il en ressort que Wasp Network de Olivier Assayas a été plutôt froidement accueilli (injustement ?) avec une note parmi les plus basses, et que Ad Astra de James Gray ne fait pas consensus (3,3/5 pour l’international, 2,7/5 pour les italiens).

De manière générale seul un tiers des films présenté en compétition ont une note moyenne tirée vers le haut, le tout restant assez disparate. Tout le monde s’accorde pour trouver Joker très réussi (et c’est le cas), et pour apprécier J’accuse sans tenir compte du passé judiciaire de Polanski (et c’est tant mieux). Toutefois tout ceci n’est pas vraiment un indicateur: le palmarès est très ouvert et il y aura donc des surprises, surtout avec un jury aussi éclectique et technique: Lucrétia Martel, cinéaste argentine plutôt radicale, Piers Handling (critique et historien canadien), Mary Harron (réalisatrice), Stacy Martin (actrice franco-britannique), Rodrigo Prieto (directeur de la photographie mexicain), Shinya Tsukamoto (réalisateur japonais), et Paolo Virzi (réalisateur italien).

Quelques films séduisent par leur forme, d’autres plutôt par la portée politique de leur histoire. Et puis il y a ceux qui marquent pour les personnages, leur incarnation et donc les acteurs qui les interprètent. Pour les prix d’interprétation, il y a des noms qui se détachent de manière assez évidente : Mariana Di Girolamo dans Ema de Pablo Larrain, Eliza Scanlen et Toby Wallace dans Babyteeth de Shannon Murphy, Mark Rylance dans Waiting for the Barbarians de Ciro Guerra et évidemment Joaquin Phoenix dans Joker et Catherine Deneuve dans La vérité, tous deux chouchous de la critique anglo-saxonne.

Joker de Todd Philipps est bel et bien un des grands favoris, et il est aussi probable que le palmarès va compter avec La vérité de Hirokazu Kore-eda,  The Painted bird de Vaclav Marhoul, Martin Eden de Pietro Marcello, et The Perfect candidate de Haifaa Al-Mansour dans cette édition ouverte, mais décevante. Car, pour la plus haute récompense, le Lion d’or, bien malin celui qui devinera le vainqueur.

Deauville 2019: Catherine Deneuve, Johnny Depp, Kristen Stewart et Sophie Turner sur les planches

Posté par vincy, le 4 septembre 2019

Catherine Deneuve, à l'affiche cette semaine de Fête de famille, et qui vient de présenter La vérité en ouverture du festival de Venise, sera la présidente du jury du 45e Festival du cinéma américain  de Deauville, qui s'ouvre ce 6 septembre (pour se terminer le 15 septembre). Le jury sera composé d'Antonin Baudry, Claire Burger, Jean-Pierre Duret, Valeria Golino, Vicky Krieps, Gaël Morel, Orelsan, Nicolas Saada et Gaspard Ulliel. Le jury révélation, présidé par Anna Mouglalis, réunira Damien Bonnard, Marie-Louise Khondji et Roman Kolinka.

En dehors de son palmarès, Deauville remettra plusieurs prix honorifiques. Johnny Depp, Pierce Brosnan, Geena Davis, Sienna Miller et Kristen Stewart recevront un Deauville Talent Award, Sophie Turner sera la lauréate du prix Nouvel Hollywood, le nouveau film d'Olivier Assayas, Cuban network, en compétition à Venise, recevra le prix du 45e Festival du cinéma américain  de Deauville, tandis que Les Misérables de Ladj Ly, prix du jury à Cannes, sera distingué par le Prix d'Ornano-Valenti.

La compétition confrontera Bull d'Annie Silverstein, Ham on Rye de Tyler Taormina, Judy and Punch de Mirrah Foulkes, Knives and Skin de Jennifer Reeder, Mickey and the Bear d'Annabelle Attanasio, Port Authority de Danielle Lessovitz, Share de Pippa Bianco, Skin de Guy Nattiv, Swallow de Carlo Mirabella-Davis, The Climb de Michael Angelo Covino, The Lighthouse de Rogers Eggers, The Peanut Butter Falcon de Tyler Nelson et Michael Schwartz, The Wolf Hour d'Alister Banks Griffin et Watch List de Ben Rekhi.

Deauville présentera en avant-première American Skin de Nate Parker, American Woman de Jake Scott, Angry Birds: copains comme cochons de Thurop Van Orman, Charlie Says de Mary Harron, Cuban Network d'Olivier Assayas, Greener Grass de Jocelyn Deboer et Dawn Luebbe, Heavy de Jouri Smit, JT Leroy de Justin Kelly, Music of My Life de Gurinder Chadha, Seberg de Benedict Andrews, Terre maudite de Emma Tammi, The Hummingbird project de Kim Nguyen, Une vie cachée de Terrence Malick, Waiting for the barberians de Ciro Guerra, et, en ouverture, Un jour de pluie à New York, de Woody Allen.

Enfin dans la section Les Docs de l'Oncle Sam, on pourra voir 5B de Paul Haggis et Dan Krauss, Apollo 11 de Todd Douglas Miller, Making Waves - The Art of Cinematic Sound de Midge Costin, Memory - the Origins of Alien d'Alexandre O. Philippe, Miles Davis: Birth of the Cool de Stanley Nelson, Tout est possible de John Chester et Tout peut changer de Tom Donahue.

Venise 2019: Hirokazu Kore-eda en ouverture

Posté par vincy, le 18 juillet 2019

Palme d'or l'an dernier à Cannes avec Une affaire de famille, Hirokazu Kore-eda revient cette année à Venise en faisant l'ouverture de la 76e Mostra (28 août-7 septembre). La vérité est son premier film français, avec Catherine Deneuve, Juliette Binoche, Ethan Hawke et Ludivine Sagnier.

Le réalisateur s'est dit très honoré. "Nous avons tourné ce film en dix semaines l'automne dernier à Paris. Le générique est prestigieux mais le film en lui-même est une petite histoire familiale dans une maison. J'ai essayé de faire vivre mes personnages dans ce petit univers, avec leurs mensonges, leur fierté, leurs regrets, leur tristesse, leur joie et de leur réconciliation" explique-t-il. Comme le souligne Alberto Barbera, c'est à la fois la rencontre entre deux grandes actrices du cinéma français, un film sur la complexité des relations mère-fille et une réflexion sur le métier d'acteur.

Le film sera en compétition. La vérité sera distribué par Le Pacte le 22 janvier 2020.

Berlinale 2019: Adam McKay et André Téchiné, le vice sans la vertu

Posté par vincy, le 12 février 2019

Deux des rares films de la sélection officielle de la 69e Berlinale signés par des cinéastes connus et récompensés abordent l’Etat islamique.

Vice d’Adam McKay en retrace les origines. Avec son cinéma mashup - reportage, fiction, satire et politique -, ce film d’infotainment suit le parcours de Dick Cheney, étudiant raté et mec médiocre, qui a su et pu grimper les échelons jusqu’à là vice-présidence américaine sous George W. Bush. D’où le titre, Vice.

Qu’on peut aussi interpréter autrement : le vice, celui qui lui permet sournoisement et malicieusement de s’imposer sans scrupules comme le président bis. De ses calculs explosera la guerre en Irak, deuxième session, et le désir de revanche de certains au Moyen-Orient. Trop occupé avec Saddam Hussein, proie exutoire, trop concentré à cacher ses mensonges et ses erreurs, trop obsédé à réussir sa propagande anti Al-Qaida, le brillant stratège laissera échapper un monstre. Il a semé les graines bien fertiles de cet Etat Islamique devenu au fil des attentats en Occident la bête noire à abattre, prolongeant sans fin le conflit au Moyen-Orient.

La suite, on la trouve dans le film d’André Téchiné, L’adieu à la nuit. Ou plutôt le bonjour au brouillard. Ce drame reprend les trois axes des films du réalisateur: les liens du sang, la transgression et la faute souvent morale et induisant toujours la notion de responsabilité.

Une grand-mère est coincée dans un dilemme personnel lorsqu’elle découvre que son petit-fils va partir en Syrie combattre aux côtés de l’Etat islamique. Nous sommes plus de dix ans après la fin de l’ère Cheney. Désormais de jeunes occidentaux sont enrôlés, consentants, pour faire la guerre aux sociétés occidentales, « pourries » par la luxure, l’individualisme et le consumérisme. On en revient aux vices.

Il n’y a pas forcément de vertu. Les deux films ne sombrent pas dans la leçon moralisatrice ou le happy end réconciliateur ou salvateur.

Cheney (Christian Bale) survit mais il n’a jamais été président et subit la colère profonde de l’une de ses filles adorées. Muriel (Catherine Deneuve) perd ses repères et semble ne plus sortir de la nuit qui obscurcit ses pensées.

En dialoguant involontairement et sous des formalismes très différents - l’un avec une maitrise très hollywoodienne de la narration par le montage, l’autre avec un savoir-faire à la française qui se repose sur le scénario et les acteurs - Vice et L’adieu à la nuit montre comment la puissance d’un homme (aiguisée par l’ambition de son épouse) peut avoir des répercussions dramatiques sur des familles  à l’autre bout du monde, des années plus tard.

Vice démontre la capacité d’action de la politique. L’adieu à la nuit expose les conséquences de ces mêmes politiques.

Le citoyen lambda peut en effet s’estimer victime.

Nos films les plus attendus en 2019 (2/3)

Posté par redaction, le 5 janvier 2019

Première partie
Troisième partie

Cette année, les fans de Xavier Dolan seront aux anges. Lui qui navigue entre les océans hollywoodiens et les mers auteurisantes, va faire un doublé en tant que cinéaste avec Ma vie avec John F. Donovan, présenté à Toronto en septembre dernier (13 mars), et Matthias et Maxime, qui pourrait être à Cannes, Venise ou Toronto. On le verra aussi dans Boy Erased le 27 mars, film de Joel Edegerton avec Lucas Hedges, Russell Crowe et Nicole Kidman et dans Ça: Chapitre 2 le 19 septembre.

2019 sera aussi le retour des grands maîtres, ces vétérans auréolés de grands prix et d'honneurs, ou ces habitués des festivals de catégorie A, et notamment trois chouchous cannois: Jim Jarmusch avec un film de zombies et un casting chic dans The Dead don't die (Bill Murray, Adam Driver, Tilda Swinton, Steve Buscemi, Tom Waits, Chloë Sevigny, Caleb Landry Jones, Selena Gomez, Danny Glover), Arnaud Desplechin avec un retour à domicile grâce à Roubaix, une lumière (et un générique assez inédit pour le cinéaste: Léa Seydoux, Sara Forestier, Roschdy Zem et Antoine Reinartz), ou encore Kleber Mendonça Filho, qui revient trois ans après Aquarius, toujours avec Sonia Braga (mais aussi l'Allemand Udo Kier) dans Bacurau.

Assurément, Quentin Tarantino nous fait saliver avec une histoire inspirée du meurtre de Sharon Tate, la femme de Polanski, avec Brad Pitt et Leonardo DiCaprio au milieu d'un casting composé de Margot Robbie, Kurt Russell, Al Pacino, Dakota Fanning, Timothy Olyphant, James Marsden, Tim Roth, Emile Hirsch ou encore Damian Lewis. Once Upon A Time In Hollywood sort le 14 août.

Et puisqu'on parle de Polanski, le cinéaste franco-polonais sortira le 4 décembre sa version de l'Affaire Dreyfus, avec Jean Dujardin, dans J'accuse. Autre palme d'or, Terrence Malick, avec Radegund, un biopic en pleine Seconde guerre mondiale (et Matthias Schoenaerts en tête d'affiche). Et n'oublions pas le tout juste palmé Hirokazu Kore-eda, qui a terminé cet automne son premier tournage à l'étranger, en France, avec La vérité, en compagnie de Deneuve, Binoche et Hawke.

On verra d'ailleurs Juliette Binoche dans Celle que vous croyez (27 février) de Safy Nebbou et, espérons-le dans Le Quai de Ouestreham, d'après le récit de Florence Aubenas, réalisé par Emmanuel Carrère.

Catherine Deneuve sera également à l'affiche de plusieurs films, navigant entre Julie Bertuccelli (La dernière folie de Claire Darling, 6 février), avec sa fille Chiara Mastroianni, son fidèle André Téchiné (L'adieu à la nuit, 24 avril), avec Kacey Mottet Klein, et peut-être Cédric Kahn (Joyeux anniversaire), avec son amie Emmanuelle Bercot.

Car le cinéma français, on le voit bien, continue d'exercer son pouvoir de séduction. Pas mal de films attisent la curiosité par la promesse d'un exercice formellement un peu différent ou un sujet un peu décalé. Comme Le daim où Jean Dujardin, encore lui, et Adèle Haenel plongent dans les délires de Quentin Dupieux. Puisqu'on parle d'animal, on célèbrera Mon chien stupide, soit les retrouvailles d'Yvan Attal et de Charlotte Gainsbourg sur grand écran le 30 octobre. Pas moins barré, le 17 avril, Raoul Taburin, d'après la BD poétique de Sempé, avec Benoît Poelvoorde, Edouard Baer et Suzanne Clément. Le 1er mai, on explorera l'univers de Jonathan Vinel et Caroline Poggi (Ultra-rêve) avec Jessica For Ever. Plus réaliste, quoique, Alice et le maire (18 septembre), promesse d'une alliance politique entre le réal Nicolas Pariser et un trio inédit: Fabrice Luchini, Anaïs Demoustier, Nora Hamzawi . Luchini, qu'on verra aussi dans l'adaptation du roman de David Foenkinos, Le mystère Henri Pick, avec Camille Cottin et Alice Isaaz (6 mars), nouveau film feel-good de Rémi Bezançon.

Et puisqu'on est dans les écrivains à prix littéraires, le Goncourt 2016, Chanson douce, de Leila Slimani, sera adapté par Lucie Borleteau, avec Karin Viard et Leïla Bekhti (27 novembre).

Des adaptations attendues, il y en aura et dans tous les genres. Côté série TV, on a hâte de voir Downton Abbey le 25 septembre, côté thriller best-seller, il y aura évidemment, en octobre, The Woman in the Window de Joe Wright, avec Amy Adams, Gary Oldman et Julianne Moore. Côté littérature best-seller, ce sera Le Chardonneret (20 novembre), avec Ansel Elgor et Nicole Kidman. Côté jeunesse/fantasy, le nouveau Kenneth Barnagh Artemis Fowl le 14 août ciblera ceux qui ne veulent pas voir le Tarantino. Sans oublier en dessin animé, le Joann Sfar Petit Vampire (18 décembre), ou La Famille Addams (4 décembre) et surtout La fameuse invasion des Ours en Sicile (9 octobre), d'après le roman éponyme de Dino Buzzati.

L'animation sera surtout une histoire de suites cette année: Dragons 3, La Reine des neige 2, Ralph 2.0, Lego 2 et Toy Story 4. Pas de prises de risques...

Première partie
Troisième partie

Catherine Deneuve, 75 ans, un « Nobel des arts », un Kore-eda et un (très) beau livre

Posté par vincy, le 25 octobre 2018

C'est un peu Japonismes dans la carrière de Catherine Deneuve. L'actrice vient de fêter ses 75 ans à Tokyo avec le Praemium Imperiale dans la catégorie Théâtre et Cinéma, prix considéré comme le "Nobel des Arts", pour couronner plus de 50 ans de carrière. Ce déplacement au Japon coïncide avec le tournage en France du nouveau film de Hirokazu Kore-eda, La vérité.

Pour ce projet qu'il a en gestation depuis une quinzaine d'années, le réalisateur, Palme d'or cette année à Cannes, a débuté les prises de vues depuis une semaine et a libéré l'actrice pour qu'elle aille recevoir son prix. ""J'aime son univers, j'aime la façon dont il traite les rapports des adultes et des enfants", a expliqué l'actrice au cours de la conférence de presse prévue à Tokyo. Deneuve y a détaillé son rôle: "Cette femme que je joue est une actrice avec des qualités, c'est certain, mais avec des défauts assez énormes d'égoïsme, d'égocentrisme et des relations compliquées avec sa fille qui vit aux Etats-Unis". "Evidemment c'est très, très loin de moi donc j'ai vraiment l'impression de jouer un rôle de composition".

"C'est un cinéaste dont j'ai presque tous les films, sur trois-quatre ans, on s'est vu plusieurs fois. Après avoir été au Japon, il est venu pour la soirée qu'on avait donné pour moi là-bas, donc ça nous a rapprochés. J'aime énormément ses films, c'est un univers qui me touche beaucoup. Quand j'ai su qu'il envisageait, peut-être, de tourner un film avec moi j'étais évidemment extrêmement heureuse et surprise lorsque j'ai su que ça se passerait en France" a-t-elle précisé sur RTL.

Le film sortira l'année prochaine. Catherine Deneuve fait face à Juliette Binoche, qui y joue sa fille, pour la première fois. "Kore-eda ne savait pas non plus que j'avais envie de tourner avec Juliette Binoche et que ça ne c'était jamais produit" a-t-elle avoué.

Elle a également confié qu'elle a "un projet de film" dans l'archipel. "Ce serait un film français mais qui se tournerait entièrement au Japon".

Enfin, cette semaine sort chez Gallimard, le beau-livre illustré, Catherine Deneuve, film par film, avec des textes signés Isabelle Giordano. Cet ouvrage passe en revue la carrière de l'actrice, de ses premiers films jusqu'aux prochains (hormis le Kore-eda), en rappelant pour chacun l'importance dans le cinéma ou la carrière de l'actrice, abondamment documenté avec des extraits de presse ou d'interviews de l'époque, des textes de l'actrice issus de ses livres ou des citations de grands cinéastes à son propos, de Truffaut à Scorsese. Un beau cadeau de noël pour les fans, même s'ils manquent cruellement quelques films dans cette hagiographie visuelle. Giordano essaie tout au long du livre d'explorer le mystère de sa fascination, au-delà de la beauté photogénique de la comédienne, et de prouver, sans trop avoir à se forcer, pourquoi elle est un monument du 7e art, qui méritait bien le Praemium Imperial.

Cinéma sur scène: Chicago, Peau d’âne, We Will Rock You et… Jean-Paul Gaultier!

Posté par vincy, le 7 octobre 2018

Le cinéma continue d'inspirer le théâtre. On ne compte plus le nombre d'adaptations de films sur les planches chaque année. La particularité pour la saison qui vient de commencer est que les quatre plus importants spectacles musicaux de la rentrée ont tous le cinéma dans le sang.

Chicago est un musical dès son origine. Créée en 1975 par Bob Fosse (Cabaret) et Fred Ebb, avec des paroles de Fred Ebb et une musique de John Kander, le drame musical a été transposé au cinéma en 2002, film oscarisé réalisé par Rob Marshall avec Catherine Zeta-Jones, qui lui valu un Oscar, Renée Zellweger, Richard Gere et Queen Latifah. Le spectacle revient, depuis deux semaines et jusqu'en juin prochain, au Théâtre Mogador, là où se sont déjà joués Le Roi Lion, Grease, Sister Act ou encore Mamma Mia!. Véritable réussite en terme de qualité, porté par une belle distribution, le show déroule cette histoire à l'humour noir où le glam, les égos et le meurtre font bon ménage.

Peau d'âne, à l'origine un conte de Charles Perrault, est devenu un film culte de Jacques Demy en 1970, avec Catherine Deneuve, Delphine Seyrig, Jacques Perrin et Jean Marais. Les musiques de Michel Legrand ont beaucoup contribué à son succès à travers le temps. Du 14 novembre au 17 février prochain, une "féérie musicale" s'installe au Théâtre Marigny, avec la participation de Claire Chazal, mais, surtout, toujours les musiques de Michel Legrand. De quoi chanter de nouveau la Recette pour un cake d'amour et Amour, amour.

C'est la star posthume de la saison: Freddie Mercury. Il sera sur grand écran avec le biopic qui lui est consacré, Bohemian Rhapsody, en salles le 31 octobre, avec Rami Malek dans le rôle du chanteur de The Queen. Mercury est partout puisque, de son côté, We Will Rock You investit les planches: la comédie musicale est produite par Robert De Niro et basée sur les chansons de Queen a été écrite par l'auteur et comédien anglais Ben Elton avec les membres restants du groupe Queen, Brian May et Roger Taylor. Elle tourne depuis 2002 dans le monde entier (28 pays, 16 millions de spectateurs) et arrive enfin en France cette année, au Casino de Paris. Elle s'y joue depuis la fin septembre, adaptée en français. 20 chansons du groupe composent cette histoire futuriste. Le musical pourrait être l'un des prochains à être adapté au cinéma.

Enfin, il y a le Jean-Paul Gaultier Fashion Freak Show aux Folies Bergères, qui semble conquérir la presse intello (Le Monde), séduire un public nombreux, confirmant la popularité internationale du styliste. Ni revue, ni musical, ce spectacle biographique (de son nounours à Madonna en passant les années Sida) et exubérant n'a a priori rien à voir avec le cinéma. Les musiques, les défilés, tout nous renvoie avec bonheur dans les années 1980 et 1990. Pourtant sur scène, le 7e art n'est pas absent avec la présence de Catherine Deneuve, Rossy di Palma, Alex Lutz, Antoine de Caunes, Valérie Lemercier et surtout Micheline Presle. C'est d'ailleurs sa fille, la césarisée Tonie Marshall, qui a mis en scène ce show paillettes et cuir, années Palace et époque Rita Mitsouko. Débuté officiellement cette semaine, cette "extravaganza" se jouera au moins jusqu'à la fin de l'année, et plus si affinités avec le public.

Burt Reynolds, populaire et séducteur, nous quitte (1936-2018)

Posté par vincy, le 6 septembre 2018

C’est un des acteurs les plus populaires du cinéma américain qui vient de s’éteindre. Burt Reynolds est décédé à Jupiter (ça ne s’invente pas) en Floride ce 6 septembre à l’âge de 82 ans. Il était né le 11 février 1936.

Alors qu’il a été le champion du box office américain dans les années 1970, il n’a été nommé qu’une seule fois aux Oscars, en 1998, pour son rôle secondaire de réalisateur et producteur de film X dans Boogie Nights de Paul Thomas Anderson. Les Golden Globes l’avait sacré en second rôle pour ce même film, après l’avoir nommé deux autres fois pour The Longest Yard en 1974 et pour Starting Over en 1979 (à chaque fois en meilleur acteur de comédie).

Merci Brando

C’est peu dire qu’il fut respecté pour les recettes qu’il accumulait et beaucoup moins pour son talent. Le public ne s’en souciait pas. Il fut cinq fois récompensé par les People’s Choice Award comme acteur favori de l’année. Il a aligné d’énormes cartons en salles : Delivrance, The Longest Yard, Silent Movie, Hooper, The Cannonball run, The Best Little Whorehouse in Texas, avant de voir le public se désintéresser de lui dès 1983.

Une décennie flamboyante pour ce sportif qui rêvait de devenir footballeur professionnel, destin contrarié par une blessure. Il s’oriente vers la police quand, à l’Université, Watson B.Duncan III, professeur de théâtre, croit en son talent et lui offre un rôle dans une pièce.

Parallèlement à une riche décennie en séries télévisées, notamment en incarnant un amérindien dans Gunsmoke, ses premières armes au cinéma sont des films modestes, westerns spaghettis et autres séries B. C’est John Boorman qui l’expose en pleine lumière et fait de lui une star en lui offrant l’un des rôles principaux de Delivrance, aux côtés de Jon Voight. Boorman avait proposé le personnage de Reynolds à Marlon Brando, qui se trouvait trop vieux pour le rôle. Le film étant assez fauché, les comédiens durent faire leurs propres cascades. Et Reynolds y prendra goût pour ses films suivants. Film culte, la brutalité et la sauvagerie de ce « survival » en ont fait l’in des grands classiques du cinéma américain.

L'acteur le plus populaire des seventies

On est en 1972. Sa belle gueule, son corps athlétique (dont il savait s'amuser) font vite des étincelles. Par contraste. Les cinéastes émergents – Scorsese, Coppola, Spielberg… - ont peu d’affinités avec les bourreaux des cœurs. Redford et Newman choisissent essentiellement des grands drames populaires de qualité. Burt Reynolds a cet avantage d’occuper un créneau assez disponible : la comédie et l’aventure. Il tourne pourtant des films très variés, avec quelques grands noms du cinéma. The Longest Yard de Robert Aldrich n’est pas loin d’un film avec Pierre Richard. Aldrich le redirige dans La cité des dangers (Hustle), film noir et sensuel avec Catherine Deneuve. On le voit ensuite chez Peter Bogdanovich (At Long Last Love), Stanley Donen (Lucky Lady), Mel Brooks (Silent Movie), ou encore Alan J. Pakula (Starting Over). De la pure comédie ou de la comédie de mœurs, tout lui va. Il réalise même deux films (Gator, 1976, et la comédie noire The End, 1978).

Son plus gros hit reste Smokey and the Bandit (Cours après moi shérif !) qui eut le droit à deux suites médiocres, sorte d’équipée sauvage et burlesque, un peu crétine, où les « contrebandiers » sont les héros et les shérifs de sombres abrutis. Le film fut la 2e plus grosse recette aux Etats-Unis en 1977, derrière La Guerre des étoiles. Il recruta une fois de plus sa compagne de l’époque, l’actrice oscarisée Sally Field (avec qui il tourna trois autres films).

Le long déclin

Sa réputation de tombeur est accentuée par le choix de ses partenaires féminines, parmi les actrices les plus courtisées d’Hollywood, de Jill Clayburgh à Julie Andrews. Mais il manque tous les grands cinéastes et passe à côté de la mutation d’Hollywood et l’arrivée de l’ère des blockbusters. Le comédien n’a pas encore dit son dernier mot avec les années Reagan. Don Siegel s’essaie à la comédie policière (Rough Cut). En tête d’un casting quatre étoiles, de Roger Moore à Jackie Chan en passant par Farrah Fawcett, il devient pilote de course dans la distrayante Équipée du Cannonball (et sa suite, moins intéressante). Avec Dolly Parton, en mère maquerelle, il joue les shérifs au grand cœur dans La Cage aux poules (The Best Little Whorehouse…), où la chanteuse country inaugure I Will Always Love You. Blake Edwards en fait son Homme à femmes. Et puis de polars en comédies mal écrites (sauf peut-être Scoop, un peu au dessus du lot), sa carrière décline jusqu’à toucher le fond en 1996, avec Demi Moore, dans Striptease qui leurs valent une razzia de Razzie Awards. Il valait un million de dollars par film dans les 70s et 20 ans plus tard on pouvait l’avoir pour 100000$.

L'homme qui a refusé Star Wars et James Bond

Malgré Boogie Nights, qui prouva s’il le fallait, qu’il était un bon comédien, avec une certaine audace, il ne retrouva aucun rôle majeur par la suite, même s’il n’a cessé de travailler (avec Renny Harlin et Mike Figgis, en apparaissant dans des caméos, ou pour le petit écran). On ne voyait en lui qu’une espèce disparue d’un cinéma un peu honteux. On le cantonnait inconsciemment dans le registre des vedettes has-been, avec ou sans moustache (et sur le tard avec barbe). Il a aussi refusé des rôles qui auraient pu donner un tout autre visage à sa carrière comme Tendres passions, qui valu finalement un Oscar à Jack Nicholson. Mais il a aussi refusé Han Solo et James Bond.

Tarantino, épilogue manqué

Burt Reynolds vieillissait pourtant bien. Il avait ouvert un théâtre dans sa ville de Jupiter. Certes, il jouait dans des films qui passent rapidement en salles comme Shadow Fighter, dans le milieu de la boxe, sorti en mars aux USA. Il continuait de tourner. Il a terminé la comédie de Stephen Wallis, Defining Moment, prévue pour Noël. Mais ironiquement, il avait enfin trouvé un grand cinéaste avec Quentin Tarantino qui devait lui offrir un rôle dans Once Upon a Time in Hollywood, aux côtés de DiCaprio et Pitt. Malheureusement, les scènes n'avaient pas été tournées.

Le dernier film où il était à l’affiche était celui d’Adam Rifkin (en salles le 30 mars derniers aux USA). Il incarnait une ancienne star de cinéma qui devait faire face à sa réalité : une gloire déclinante et le temps qui passe. Presque autobiographique ? Ironiquement, ce film s’intitule The Last Movie Star. Personne ne l’a vu. Mais on sent que Burt Reynolds n’a pas fait les choses au hasard pour clore sa longue filmographie. Hormis cet acte manqué avec Tarantino qui aurait couronné une longue carrière à Hollywood.

200 personnalités lancent un appel contre « un cataclysme planétaire »

Posté par vincy, le 3 septembre 2018

200 personnalités ont signé l'appel publié dans Le Monde aujourd'hui lancé par Juliette Binoche et de l’astrophysicien Aurélien Barrau pour une action politique ferme et immédiate face au changement climatique. Parmi les signataires du monde entier, on retrouve Adjani, Almodovar, Baye, Boorman, Campion, Cotillard, Cronenberg, Cuaron, Dafoe, Delon, Deneuve, Faithfull, Fiennes, Frémaux, Hawke, Huppert, Jaoui, Kapoor, Marceau, Rampling, Robbins, Rossellini, Santoro, Satrapi, Scott Thomas, Sissako, Stewart, Tarr, Trintignant, Turturro, Viard, Wenders ou encore Jia Zhang-ke.

Tribune. Quelques jours après la démission de Nicolas Hulot, nous lançons cet appel : face au plus grand défi de l’histoire de l’humanité, le pouvoir politique doit agir fermement et immédiatement. Il est temps d’être sérieux.
Nous vivons un cataclysme planétaire. Réchauffement climatique, diminution drastique des espaces de vie, effondrement de la biodiversité, pollution profonde des sols, de l’eau et de l’air, déforestation rapide : tous les indicateurs sont alarmants. Au rythme actuel, dans quelques décennies, il ne restera presque plus rien. Les humains et la plupart des espèces vivantes sont en situation critique.
Il est trop tard pour que rien ne se soit passé : l’effondrement est en cours. La sixième extinction massive se déroule à une vitesse sans précédent. Mais il n’est pas trop tard pour éviter le pire.
Nous considérons donc que toute action politique qui ne ferait pas de la lutte contre ce cataclysme sa priorité concrète, annoncée et assumée, ne serait plus crédible.
Nous considérons qu’un gouvernement qui ne ferait pas du sauvetage de ce qui peut encore l’être son objectif premier et revendiqué ne saurait être pris au sérieux.
Nous proposons le choix du politique – loin des lobbys – et des mesures potentiellement impopulaires qui en résulteront.
C’est une question de survie. Elle ne peut, par essence, pas être considérée comme secondaire.
De très nombreux autres combats sont légitimes. Mais si celui-ci est perdu, aucun ne pourra plus être mené.

Isabelle Adjani, actrice ; Laure Adler, journaliste ; Pedro Almodovar, cinéaste ; Laurie Anderson, artiste ; Charles Aznavour, chanteur ; Santiago Amigorena, écrivain ; Pierre Arditi, acteur ; Niels Arestrup, acteur ; Ariane Ascaride, actrice ; Olivier Assayas, cinéaste ; Yvan Attal, acteur, cinéaste ; Josiane Balasko, actrice ; Aurélien Barrau, astrophysicien (Institut universitaire de France) ; Nathalie Baye, actrice ; Emmanuelle Béart, actrice ; Xavier Beauvois, cinéaste ; Alain Benoit, physicien (Académie des sciences) ; Jane Birkin, chanteuse, actrice ; Juliette Binoche, actrice ; Benjamin Biolay, chanteur ; Dominique Blanc, actrice ; Gilles Boeuf, biologiste ; Mathieu Boogaerts, chanteur ; John Boorman, cinéaste ; Romane Bohringer, actrice ; Carole Bouquet, actrice ; Stéphane Braunschweig, metteur en scène ; Zabou Breitman, actrice, metteuse en scène ; Nicolas Briançon, acteur, metteur en scène ; Irina Brook, metteuse en scène ; Valeria Bruni Tedeschi, actrice, cinéaste ; Florence Burgat, philosophe ; Gabriel Byrne, acteur ; Cali, chanteur ; Sophie Calle, artiste ; Jane Campion, cinéaste ; Isabelle Carré, actrice ; Emmanuel Carrère, écrivain ; Anne Carson, auteure et professeure ; Michel Cassé, astrophysicien ; Laetitia Casta, actrice ; Bernard Castaing, physicien (Académie des sciences) ; Antoine de Caunes, journaliste, cinéaste ; Alain Chamfort, chanteur ; Boris Charmatz, chorégraphe ; Christiane Chauviré, philosophe ; Jeanne Cherhal, chanteuse ; François Civil, acteur ; Hélène Cixous, écrivaine ; Isabel Coixet, cinéaste ; Françoise Combes, astrophysicienne (Collège de France) ; François Cluzet, acteur ; Gregory Colbert, photographe, cinéaste ; Bradley Cooper, acteur ; Brady Corbet, acteur ; Béatrice Copper-Royer, psychologue ; Marion Cotillard, actrice ; Denis Couvet, écologue ; Camille Cottin, actrice ; Clotilde Courau, actrice ; Franck Courchamp, écologue (Académie européenne des sciences) ; Nicole Croisille, chanteuse ; David Cronenberg, cinéaste ; Alfonso Cuaro, cinéaste ; Willem Dafoe, acteur ; Philippe Decouflé, chorégraphe ; Sébastien Delage, musicien ; Vincent Delerm, chanteur ; Alain Delon, acteur ; Catherine Deneuve, actrice ; Lire le reste de cet article »