Cannes 2017: la Palme d’or pour The Square, le Grand prix pour 120 BPM

Posté par vincy, le 28 mai 2017

Le jury de Pedro Almodovar avait la lourde responsabilité d'effacer le Palmarès incompréhensible et hors sol de l'an dernier.

Pas forcément dans l'ordre pronostiqué, les gagnants sont des habitués de Cannes pour la plupart. Mais avouons que les films distingués sont aussi ceux que nous avons préféré. Diane Kruger dans In the Fade ? Le choix était tellement évident. Les scénarios des très sombres Mise à mort du cerf sacré et You Were Never Really Here ? C'est sous estimé l'interprétation et la mise en scène de ces deux films, mais les voir au palmarès nous réjouit. Le fait que l'immense Joaquin Phoenix remporte le prix d'interprétation masculine pour You Were Never Really Here donne au film de Lynne Ramsey un double prix qui compense largement son absence dans le haut du tableau. Avec le prix de la mise en scène pour Sofia Coppola (Les proies), ce sont deux femmes cinéastes qui ne transigent pas avec leur style qui sont honorées.

Le jury a opté pour des films radicalement différents. Faute d'amour (Prix du jury), 120 battements par minute (Grand prix du jury) et The Square (Palme d'or). De notre côté, on aurait opté pour une autre hiérarchie (la palme pour le français, le grand prix pour le russe), au moins il n'y a pas eu de faute de goût véritable, évinçant les films ratés. On peut juste regretter l'absence de films que nous avons appréciés, notamment Good Time ou Okja (Netflix repart bredouille).

On reste surpris malgré tout de la Palme d'or pour Ruben Östlund. Le cinéaste suédois a certes gardé son style inimitable. Mais son film, imparfait et attachant, plein de contradictions, et surtout terriblement égoïste, est à moitié convaincant (notamment à cause d'une dernière heure trop didactique qui alourdit son film et dilue son ton). On peut comprendre qu'un tel sujet (l'individualisme) ait fédéré les jurés. Tout comme on est ravi de voir qu'un film aussi bouleversant que 120 BPM ait été reconnu à sa juste mesure, avec un sujet comme le SIDA. Tout comme le splendide formalisme de Faute d'amour ait réussi à séduire malgré la dureté de son thème.

De ces trois films il reste d'ailleurs des images marquantes: une bataille de capote dans The Square, une Seine de sang dans 120 BPM ou un gamin qui hurle de douleur en silence quand ses parents s'engueulent dans la pièce d'à côté.

Tous les prix remis à Cannes

Enfin, Nicole Kidman a reçu le Prix du 70e anniversaire. Présente deux fois en compétition, et deux autres fois en sélection officielle, elle était la star de cette année. Et permet à Coppola et Lanthimos d'être primés une deuxième fois indirectement.

La Caméra d'or récompense pour la deuxième année consécutive, et la troisième fois en quatre ans, une réalisatrice française. Jeune femme, présenté à Un certain regard, réussit avec peu de moyens, une actrice formidable (Laetitia Dosch) et une histoire d'émancipation, à faire vibrer le spectateurs en partageant les moindre soubresauts de son héroïne.

Cannes 2017 – les lieux du festival : bienvenue au Vertigo!

Posté par vincy, le 26 mai 2017

C'est le lieu le plus "off" mais pas le moins "in". Depuis la disparition du Zanzibar, rue d'Antibes, à deux pas des marches du Théâtre Debussy, le Club 7 a repris le flambeau. ici pas de bière en extérieur pour papoter être journalistes des films du festival, ou débattre, comme c'était le cas avec le bar "gay" cannois. Le Club 7 a été investit par l'équipe de la Queer Palm. Il ouvre tard le soir, et encore plus tard quand il est privatisé pour des équipes de films.

Au départ, il s'appelait la Dame de Pique. Il est devenu le Vertigo. Mais le concept est le même. Un club avec un bar au milieu, vite cerné par les buveurs, un petit espace lounge où on peut s'assoir, de la musique et des lumières de boîte de nuit, une scène, par laquelle il faut passer pour aller aux toilettes. Et pendant le show, pas question d'avoir envie de faire pipi. On ne danse plus sur la scène, on regarde la scène.

© vincy thomasLà, des hommes travestis font des playbacks de chanson pop connues. Ça amuse tout le monde, femmes et hommes, hétéros et homos. Du distributeur palmé au journaliste d'un grand média de la presse écrite, de l'attaché de presse qui veut décompresser au stagiaire de la boîte de production qui a donné rendez-vous sur Grindr, en passant par quelques personnalités qui viennent faire escale entre deux soirées (Xavier Dolan par exemple).

Le Vertigo est un mélange de genres. Un peu kitsch. Un peu hype. Un peu secret, caché au fond d'une impasse). Un peu connu (on y fait même la queue à partir de deux heures du matin). On y discute, on y drague, on s'y amuse. C'est aussi là, qu'après la remise de la Queer Palm, on célèbre la fin du festival, avant la remise du Palmarès officiel.

Jusqu'à l'an dernier, Miss Koka, assise sur un tabouret au bar, ou debout sur scène, à balancer ses vannes, faisait le show à elle toute seule. On ne peut pas parler du Vertigo sans l'évoquer. Cette Miss connue de tous sur la Côte d'Azur s'appelait Philippe Frédière. Il est mort cet hiver. Les nuits au Vertigo ne sont plus vraiment pareil cette année.

Cannes 2017 – les lieux du festival : bienvenue au Petit Majestic

Posté par MpM, le 24 mai 2017

Ici, c'est un peu le QG des festivaliers, l'endroit où l'on passe après la projection du soir dans l'espoir de croiser des connaissances. Il faut savoir que le bar en lui-même n'est pas très grand, et n'a rien de particulièrement attractif (hormis sans doute ses tarifs, bien éloignés du Majestic officiel auquel il fait référence).

Qu'importe, les consommateurs envahissent les deux rues avoisinantes en une marée humaine compacte dans laquelle on distingue parfois une célébrité (à défaut de retrouver facilement ses amis).

Cannes 2017 – les lieux du festival : bienvenue dans l’espace VIP du Miramar

Posté par MpM, le 23 mai 2017

Mais que se passe-t-il dans ces lieux clos et gardés où il faut montrer patte blanche avant d'entrer ? Aujourd'hui on vous emmène dans l'espace VIP du Miramar, la salle de projection de la Semaine de la Critique. Un endroit simple et convivial où les invités peuvent tranquillement s’asseoir et siroter un verre en attendant le début de la séance.

Sur les murs, on peut admirer des panneaux mettant en lumière les courts métrages sélectionnés. C'est là aussi qu'ont lieu les photocalls des équipes avant de monter en scène. Rien de si exceptionnel, au fond.

Mais ne soyez pas trop déçus, ce n'est pas tant le lieu qui compte, que ceux qui y défilent. Et en l'occurrence, cet espace VIP a eu l'occasion d'accueillir son lot de célébrités, de Kirsten Dunst à Jeff Nichols, de James Franco à Laetitia Casta, en passant par Chloë Sevigny et Alejandro González Iñárritu. Et sans compter celles de demain.

Cannes 2017 : Qui est Aurélia Petit ?

Posté par MpM, le 23 mai 2017

Aurélia Petit fait partie de ces comédiennes polyvalentes qui ont commencé avec le spectacle vivant avant de rejoindre le cinéma et la télévision. Elle passe ainsi une année à l'École du passage de Niels Arestrup (une école de théâtre dont le but est de transmettre et d’approcher le jeu d'une façon différente), avant de s'essayer au théâtre de rue, au cabaret et même au cirque.

On la voit sur scène dans des spectacles de Gérard Desarthe, Cie Sentimental Bourreau, Christophe Salengro, Jérôme Bel, Nicolas Bigards, Philippe Decouflé... Puis le petit et le grand écran l'appellent. Elle sera dans Le dernier chaperon rouge de Jan Kounen, Chacun cherche son chat de Cédric Klapisch ou encore La nouvelle Eve de Catherine Corsini.

Elle apparaît également chez Michel Gondry (La science des rêves), Benoit Delépine et Gustave Kevern (Louise Michel), Jean-Michel Ribes (Musée haut, musée bas), René Féret (Comme une étoile dans la nuit)... Elle tourne beaucoup, souvent des seconds rôles, voire des personnages secondaires qu'elle parvient à camper en une scène, une réplique, un regard.

On se souvient d'elle en caissière de station service attachante dans Tournée de Mathieu Amalric (2010), en riche parisienne snob dans Le Beau monde de Julie Lopes-Curval, mais aussi en juge dans L'enquête de Vincent Garencq, et en mère dépassée par la violence des sentiments qui unissent ses enfants dans Marguerite et Julien de Valérie Donzelli. Sans oublier son rôle inoubliable de mannequin dans la parodie de Télé-achat de Groland !

En 2016, Aurélia Petit figurait au casting de Personnal shopper d'Olivier Assayas, présenté en compétition. Cette année, elle est de retour sur la Croisette pour Les enfants partent à l'aube, un court métrage prometteur signé Manon Coubia, dont elle tient le rôle principal. L'occasion de confirmer la puissance de son jeu tout en nuances et en subtilité, ainsi que sa présence indéniable, presque magnétique. Et donc indispensable.

Cannes 2017 – les lieux du festival : bienvenue sur la plage Nespresso

Posté par MpM, le 22 mai 2017


Contrairement à ce que son nom indique, on ne boit pas que du café, sur la plage Nespresso ! C'est là que se tiennent certaines des plus fameuses soirées du Festival, et notamment celles de la Semaine de la Critique.

Mais c'est aussi là que les chefs font leur cinéma ! Chaque soir, un grand chef propose cette année encore un dîner inspiré par l'univers d'un réalisateur, de Pedro Almodovar à Claude Sautet, en passant par Matteo Garrone.

En journée, les journalistes en quête d'un havre de paix peuvent aussi y effectuer leurs interviews ou profiter tranquillement de l'espace wifi. Parce que travailler les pieds dans l'eau ou dans un transat sur le sable, c'est un des (nombreux) petits plaisirs coupables de Cannes.

Cannes 2017 – les lieux du festival : bienvenue à la plage Majestic

Posté par MpM, le 21 mai 2017

C'est l'une des plus belles plages de la Croisette, avec son ponton, ses différents espaces couverts et découverts et son accès direct à l'agora. L'un des rares lieux de réception cannois où l'on ne se marche pas les uns sur les autres et où il est facile de profiter de la vue comme du buffet.

Située juste à côté du palais, elle reçoit logiquement les soirées officielles, et notamment la désormais célèbre Welcome Party mise en place par Thierry Frémaux l'an dernier, et à laquelle sont conviés non pas les stars, pour une fois, mais les journalistes et festivaliers.

Concert, barbecue, ciel étoilé, bonne humeur de rigueur, les pieds dans l'eau ou dans le sable, sur le dance floor ou dans un canapé moelleux, la soirée 2017 avait tout prévu pour lancer avec faste les festivités du 70e. La plage, elle, se préparait dès le lendemain pour de nouvelles libations. Jusqu'à l'aube, pour les dix jours suivants.

Cannes 2017 – les lieux du festival : bienvenue au palais

Posté par MpM, le 20 mai 2017

Centre névralgique du Festival gentiment surnommé le "bunker", le Palais des Festivals réunit une partie du marché (au sous-sol), la salle de presse, les espaces Nespresso (café gratuit en vue), des terrasses enchanteresses, les casiers des journalistes, les bureaux administratifs, plusieurs salles de projection, une cantine secrète et des raccourcis connus des seuls habitués.

On peut y passer des journées entières sans sortir, le temps étant uniquement rythmé par les vagues de spectateurs arrivant du grand auditorium lumière, en smoking ou non en fonction des heures. Un peu loin de l'idée qu'on peut se faire de Cannes, mais bien plus proche de la réalité laborieuse d'un Grand Festival de cinéma en allégorie de la fourmilière qui ne dort jamais.


Cannes 2017 – les lieux du festival : bienvenue dans une file d’attente

Posté par MpM, le 19 mai 2017

Lieu cannois par excellence : à moins d'être Gilles Jacob, Pedro Almodovar ou Thierry Frémaux, difficile d'y échapper. Même les "entrées VIP" bouchonnent aux heures d'affluence...

Surtout cette année ! Avec les nouvelles mesures de sécurité, impossible d'aller où que ce soit sans avoir préalablement piétiné au minimum 30 minutes à partir de l'ouverture des portes. La cause ? Le "parcours de sécurité" qui oblige chaque festivalier à passer d'abord un portique de sécurité (oui, oui, comme à l'aéroport) pendant qu'un(e) charmant(e) garde fouille votre sac (attention, les bonbons sont interdits, "ils pourraient servir de projectiles"... Quand on pense qu'à une époque lointaine et révolue, ce sont des tomates que les festivaliers mécontents jetaient sur l'écran...).

Ensuite, il faut se soumettre au scanner portatif (oui, oui, même si vous n'avez pas sonné au moment du portique, ce qui plonge les festivaliers dans des abimes de perplexité : que peut donc repérer le détecteur portatif que ne voit pas le portique ? Et d'ailleurs, est-ce qu'ils fonctionnent vraiment, ces portiques ? Vu que même leurs utilisateurs semblent ne pas leur faire confiance, on s'interroge). Et ensuite, enfin, le saint Graal, la salle.

Enfin, ça, c'est dans le meilleur des cas. Car si l'on ajoute à la sécurité les problèmes de contenance (beaucoup de festivaliers, pas assez de places) et d'horaires (les séances qui commencent avec 15 minutes de retard, ça la fout mal), cela accentue nettement le risque d'être refoulé. De ce fait, le festivalier acharné arrive de plus en plus tôt afin de mettre toutes les chances de son côté.

Il n'y a d'ailleurs qu'ici où attendre deux heures pour voir un film d'1h30 est non seulement courant, mais même complètement entré dans les mœurs. Y compris le fait d'attendre une heure et de partir au bout de dix minutes. Allez comprendre... Cela dit, chacun met à profit comme bon lui semble ce temps libre un peu forcé : que ce soit en mode social (faire connaissance avec ses voisins), stakhanoviste (en profiter pour écrire ses articles ou passer ses coups de fil), méditatif (hop, une sieste discrète planqué derrière ses lunettes de soleil) ou gourmand (vite, une glace !), il y a forcément une manière d'attendre qui vous convient.

Et s'il y avait seulement les films... mais on attend aussi pour avoir une place en salle de presse, boire un café en terrasse, manger un sandwich douteux à côté du palais, aller aux toilettes, entrer dans une soirée select, et même réussir à s'y faire servir un verre. Petite consolation, voir des files de festivaliers sur leur 31 faisant le pied de grue en bas des marches est assez priceless.

Cannes 2017 : Qui est Laure Calamy ?

Posté par MpM, le 19 mai 2017

Si Laure Calamy est si (trop) rare au cinema, c'est qu'elle avant tout comédienne de théâtre, formée au conservatoire national de Paris sous la direction de Daniel Mesguich et Catherine Hiegel. C'est là qu'elle fait la connaissance de Vincent Macaigne qu'elle retrouvera à plusieurs reprises au cours de sa carrière. Il la met ainsi en scène en 2012 dans Au moins j'aurai laissé un beau cadavre d'après Shakespeare, ainsi que dans le court métrage Ce qu'il restera de nous. Logiquement, elle figure également à l'affiche de son premier long métrage, Pour le réconfort, présenté en séance spéciale à l'ACID 2017.

Mais Laure Calamy a fait avant cela bien d'autres belles rencontres : au théâtre, elle joue chez Olivier Py (Au monde comme n'y étant pas, Orlando ou l'impatience), Léna Brabant (Bonjour - Où sont les mamans ?, Les Inséparables), Clément Poirée (Kroum, l'ectoplasme, Dans la jungle des villes, Homme pour Homme) ou encore Pauline Bureau (La Disparition de Richard Taylor, Modèles).

Au cinéma, elle multiplie les courts métrages (Superdog de Thomas Bardinet, La Contre-allée de Cécile Ducrocq, Vous m'éblouissez de Marie Madinier, Clitopraxis d'Emmanuel Laborie...) et, surtout, tient en 2011 l'un des rôles principaux du moyen métrage Un monde sans femmes de Guillaume Brac (face à Vincent Macaigne, décidément). Cela lui vaut une certaine reconnaissance (y compris un prix d'interprétation féminine à Pantin et à Belfort) et une belle visibilité. Elle devient peu à peu l'un de ces visages souvent aperçus au détour d'une scène ou d'un plan et qui savent capter la lumière en un instant.

On la retrouve entre autres chez Bruno Podalydès (Bancs publics), Pascal Chaumeil (Un plan parfait), Albert Dupontel (Neuf mois ferme), Audrey Dana (Sous les jupes des filles), Lucie Borleteau (Fidelio, l'odyssée d'Alice) et Thomas Bidegain (Les cowboys) mais aussi dans la série Dix pour cent (saisons 1 et 2) où elle est Noémie Leclerc, l'assistante drôlissime de l'agent artistique Mathias Barneville (interprété par Thibault de Montalembert). Elle est actuellement à l'affiche de Aurore, aux côtés d'Agnès Jaoui.

On apprécie son apparent franc-parler, sa spontanéité, et son côté solaire, aussi. C'est d'ailleurs sûrement ce qui a décidé Léa Mysius à lui confier le rôle de la mère dans Ava, un premier long métrage sélectionné à la Semaine de la critique cette année. Ni mère indigne ni mère coincée, elle y incarne avec justesse ce personnage d'habitude mal aimé du cinéma, celle d'une femme de bientôt 40 ans, mère de deux enfants, et qui ne veut pour autant renoncer ni à sa féminité, ni à sa liberté. Un rôle qui met en valeur sa spontanéité et sa sensualité, sans chichis. Et si ce mois de mai 2017 imposait son nom dans tous les esprits ? Doublement présente à Cannes, l'actrice a en tout cas deux fois plus de chance d'y rencontrer un succès amplement mérité.