Cannes 2019 : une 58e Semaine de la critique riche en promesses

Posté par MpM, le 22 avril 2019

Pour cette 58e Semaine de la Critique, les deux comités de sélection, sous la houlette du délégué général Charles Tesson, ont retenu 11 longs métrages (parmi 1050 films visionnés) dont 7 en compétition et 4 en séances spéciales, et 15 courts métrages (parmi 1605 films) dont 10 en compétition et 5 en séances spéciales.

On remarque la présence en ouverture du deuxième long métrage de Franco Lolli (Litigante), réalisateur qui avait déjà été sélectionné à la Semaine avec Gente de bien en 2014 et à la Quinzaine en 2012 avec le court métrage Rodri. Autres séances spéciales, le premier long métrage de la comédienne Hafsia Herzi (Tu mérites un amour) et celui d'Aude Léa Rapin (Les héros ne meurent jamais), dont on avait remarqué les courts Ton coeur au hasard et Que vive l'Empereur.

La compétition réunit cinq premiers longs métrages et les deuxièmes de Lorcan Finnegan (Without name, jamais sorti en France) et Hlynur Pálmason (Winter Brothers, sorti en 2018). Certains réalisateurs en lice sont pourtant loin d'être des inconnus, puisque l'on retrouve Sofía Quirós Ubeda (Ceniza negra, issu du programme "Next Step" de la Semaine de la Critique) qui était en compétition courts métrages en 2017 avec le magnifique Selva et Jérémy Clapin et son fameux J'ai perdu mon corps dont nous vous avons déjà parlé à plusieurs reprises. Il avait lui aussi été sélectionné en compétition courts métrages en 2008 avec Skhizein. Il permet d'ailleurs d'apporter un peu d'animation dans une sélection qui, côté courts métrages, en manque singulièrement.

Dans la compétition courts métrages, justement, figurent notamment les nouveaux films de Valentina Maurel, révélée par la Cinéfondation en 2017 avec Paul est là, où elle avait d'ailleurs remporté le premier prix, Camille Degeye (Journey through a body) dont on avait vu Burûq et L'esseulé, Sofia Bost (Swallows) avec Dia de festa ou encore Cecilia de Arce (Une sur trois, Les nouveaux mondes) avec Mardi de 8 à 18.

Hors compétition, c'est le retour de Moin Hussain (Naphta), sélectionné en 2017 avec Real Gods require blood et de Cristèle Alves Meira (Semaine 2016 avec Champ de vipères) pour Invisible Hero, mais aussi de Pia Borg (Demonic), qui était à la Cinéfondation en 2014 avec Footnote. Enfin, le réalisateur japonais Katsuya Tomita, dont on a notamment vu Bangkok nites et Saudade, est présent avec le moyen métrage Tenzo tandis que Brandon Cronenberg (Antiviral) signe un très court de 9 minutes : Please Speak Continuously and Describe Your Experiences as They Come to You.

Compétition longs métrages
Abou Leila de Amin Sidi-Boumédiène
Ceniza Negra (Cendre Noire) de Sofía Quirós Ubeda
Hvítur, Hvítur Dagur (A White, White Day) de Hlynur Pálmason
J'ai perdu mon corps de Jérémy Clapin
Nuestras Madres (Our Mothers) de Cesar Diaz
The Unknown Saint (Le Miracle du Saint Inconnu) de Alaa Eddine Aljem
Vivarium de Lorcan Finnegan

Compétition courts métrages
Dia de festa (Jour de fête) de Sofia Bost
Fakh (The Trap) de Nada Riyadh
Ikki illa meint de Andrias Høgenni
Journey Through a Body de Camille Degeye
Kolektyvinai sodai (Community Gardens) de Vytautas Katkus
Lucía en el limbo de Valentina Maurel
The Manila Lover de Johanna Pyykkö
Mardi de 8 à 18 de Cecilia de Arce
She Runs de Qiu Yang
Ultimul Drum Spre Mare (Le dernier Voyage à la mer) de Adi Voicu

Film d'ouverture
Litigante de Franco Lolli

Film de clôture
Chun jiang shui nuan (Dwelling in the Fuchun Mountains) de Gu Xiaogang

Cannes 2019: les courts métrages en compétition et la sélection Cinéfondation

Posté par MpM, le 19 avril 2019

Cette année, le comité de sélection du Festival de Cannes a reçu 4240 courts métrages pour la course à la Palme d'or et 2000 pour la Cinéfondation (la compétition des films d'école). Dans la dernière ligne droite, ils sont respectivement 11 et 17 à avoir obtenu leur ticket pour la Croisette. Des chiffres vertigineux, qui témoignent de l'énorme travail réalisé par les équipes de sélection.

Dans la compétition courts métrages, on note une augmentation du nombre de films sélectionnés (ils étaient seulement 8 en 2018 et 9 en 2011). Côté nationalité, on remarque deux entrées françaises : le documentaire Le Grand saut de Vanessa Dumont et Nicolas Davenel et le film d'animation L'Heure de l'ours d'Agnès Patron (qui avait coréalisé Chulyen, histoire de Corbeau avec Cerise Lopez en 2015) et deux coproductions avec la France : The Van de Erenik Beqiri (Albanie) et La distance entre nous et le ciel de Vasilis Kekatos, à qui l'on doit également Le silence des poissons mourants (Grèce). Les autres pays en lice sont l'Argentine (avec deux films), les États-Unis (avec une star derrière la caméra, Chloë Sevigny), la Finlande, Israël, la Suède et l'Ukraine.

De son côté, la Sélection Cinéfondation a choisi 14 fictions et 3 animations venues principalement de l’Europe Centrale et Orientale, et dont six écoles sont invitées pour la première fois (Hongrie, Slovaquie, République tchèque, Autriche, Pologne...). La France est présente avec deux films : Mano a mano de Louise Courvoisier (CinéFabrique) et Rosso : a true lie about a fisherman d'Antonio Messana (La Fémis).

La Palme d'or sera remise par le jury présidé par Claire Denis lors de la cérémonie de clôture du festival. Les trois Prix de la Cinéfondation seront remis (toujours par le jury de Claire Denis) lors d’une cérémonie précédant la projection des films primés le jeudi 23 mai.

Courts métrages

THE VAN de Erenik BEQIRI (Albanie, France)
ANNA de Dekel BERENSON (Ukraine, Royaume-Uni, Israël)
LE GRAND SAUT de Vanessa DUMONT et Nicolas DAVENEL (France)
LA DISTANCE ENTRE NOUS ET LE CIEL de Vasilis KEKATOS (Grèce, France)
ALL INCLUSIVE de Teemu NIKKI (Finlande)
WHO TALKS de Elin ÖVERGAARD (Suède)
L’HEURE DE L’OURS d'Agnès PATRON (France)
BUTTERFLIES de Yona ROZENKIER (Israël)
MONSTRE DIEU d'Agustina SAN MARTÍN (Argentine)
WHITE ECHO de Chloë SEVIGNY (Etats-Unis)
LA SIESTA de Federico Luis TACHELLA (Argentine)

Cinéfondation

AMBIENCE de Wisam AL JAFARI (Dar al-Kalima University College of Arts and Culture, Palestine)
MANO A MANO de Louise COURVOISIER (CinéFabrique, France)
ONE HUNDRED AND TWENTY-EIGHT THOUSAND de Ondrej ERBAN (FAMU, République Tchèque)
JEREMIAH de Kenya GILLESPIE (The University of Texas at Austin, États-Unis)
PURA VIDA de Martin GONDA (FTF VŠMU – Film and Television Faculty, Academy of Performing Arts, Slovaquie)
ADAM de Shoki LIN (Nanyang Technological University, Singapour)
NETEK de Yarden LIPSHITZ LOUZ (Sapir College, Israël)
SOLAR PLEXUS de David MCSHANE (NFTS, Royaume-Uni)
ROSSO : A True Lie About a Fisherman de Antonio MESSANA (La Fémis, France)
AS UP TO NOW de Katalin MOLDOVAI (Budapest Metropolitan University, Hongrie)
FAVOURITES de Martin MONK (Filmakademie Wien, Autriche)
ROADKILL de Leszek MOZGA (University of the Arts London, Royaume-Uni)
THE LITTLE SOUL de Barbara RUPIK (PWSFTviT, Pologne)
HIEU de Richard VAN (CalArts, États-Unis)
BAMBOE de Flo VAN DEUREN (RITCS, Belgique)
COMPLEX SUBJECT de Olesya YAKOVLEVA (St. Petersburg State University of Film and Television, Russie)
ALIEN de YEON Jegwang (Korea National University of Arts, Corée du Sud)

Revival à Orléans du Festival de Cannes 1939

Posté par vincy, le 3 avril 2019

cannes 1939Et si on rééditait la première édition du Festival de Cannes? Non pas celle de 1946, mais celle de 1939, qui n'a jamais eu lieu à cause du déclenchement de la Seconde guerre mondiale.

Orléans accueillera du 12 au 17 novembre un "revival" du Festival de Cannes de 1939. Il s'agit de célébrer les 80 ans du Festival et d'un hommage à Jean Zay, l'un de ceux qui ont créé le Festival, afin de rivaliser avec la Mostra de Venise, à l'époque dans l'Italie fasciste de Mussolini.

Jean Zay, enfant d'Orléans, a été ministre de l’Education nationale et des Beaux-arts du Front populaire, et imaginé cette manifestation diplomatique et culturelle. C’est sous la direction du DG des Beaux-Arts, Georges Huisman, que le Festival s’organise. Malheureusement, le Festival, alors programmé pour le 1er septembre 1939. Or, l'Allemagne choisit ce jour-là pour envahir la Pologne. Deux jours plus tard, la France et le Royaume-Uni entrent en guerre.

Louis Lumière, 75 ans, devait être le président d'honneur du Festival qui était prévu pour durer près de trois semaines. De son côté, Jean Zay n'a jamais vu le Festival puisqu'il a été exécuté en 1944. Il est entré au Panthéon en 2015.

25 des 38 films sélectionnés devraient être projetés à Orléans. Des films pressentis pour Cannes 1939, les plus célèbres étaient sans aucun doute Le Magicien d'Oz et le Bossu de Notre-Dame. Mais la sélection comprenait des films de Cecil B. De Mille, Julien Duvivier, Christian-Jaque, Ivan Pyriev, Zoltan Korda...

A Orléans, on pourra revoir ou découvrir Mr Smith au sénat de Franck Capra, Elle et Lui de Leo McCarey, L'Homme du Niger de Jacques de Baroncelli, La France est un empire, documentaire de Jean d'Agraives, La Taverne de la Jamaïque d'Alfred Hitchcock ou même Alexandre Nevski de Sergueï Eisenstein, pourtant éliminé de la sélection par les Russes. Outre l'immense travail de recherche, il reste à gérer les questions de droits et retrouver des films "disparus".

Organisé par le comité Jean Zay, présidé par l'essayiste et journaliste Antoine de Bæcque, et sans lien avec le Festival de Cannes, ce Festival aura aussi son jury, dont les premiers noms seraient Lazlo Nemes, Pascale Ferran, Julie Bertucelli,, Amos Gitai et Yannick Haenel.

Le Festival, doté de 500000€ d'aides, se déroulera au Théâtre d’Orléans, au cinéma Les Carmes et au Bouillon. Une dimension pédagogique et un colloque international accompagneront aussi l'événement.

Cannes 2019: Claire Burger, marraine de Visions sociales

Posté par vincy, le 26 mars 2019

Cette semaine, la réalisatrice Claire Burger sort son premier film en solitaire, cinq ans après Party Girl, coréalisé avec Marie Amachoukeli et Samuel Theis, Caméra d'or au Festival de Cannes. C'est ça l'amour arrive au cinéma auréolé de quatre prix aux Arcs (dont meilleur film) et un prix à Venise (Meilleur film aux Venice Days).

Elle reviendra à Cannes cette année en tant que marraine de la sélection Visions sociales, dont ce sera la 17e édition. Elle y présenetra ses deux films.

Cette année, la sélection, qui se déroule à Mandelieu-La Napoule, proposera une rencontre avec Robert Guédiguian et un focus sur le cinéma méditerranéen comportant 16 films.

Sofia de Meryem Benm’Barek
Ceux qui travaillent d’Antoine Russbach
Sibel de Ça?la Zencirci et Guillaume Giovanetti
Fiore gemello de Laura Luchetti
Le jour où j'ai perdu mon ombre de Soudade Kaadan
Chjami è rispondi d’Axel Salvatori-Sinz
Amal de Mohamed Siam
Le silence des autres d’Almudena Carracedo et Rober Bahar
Tel Aviv on Fire de Sameh Zoabi
Hawaii de Jesús del Cerro
Before Father Gets Back de Mari Gulbani
Makhdoumin, chacun sa bonne de Maher Abi Samra
The Reports on Sarah and Saleem de Muayad Alayan
Her Job de Nikos Labôt
Benzine de Sarra Abidi
Wardi de Mats Grorud

Le Palais des festivals de Cannes va être agrandi

Posté par vincy, le 14 mars 2019

Le maire de Cannes, David Lisnard a profité de la conférence de presse de Canneseries à Paris, hier, pour confirmer la transformation du "Bunker", surnom du Palais des Festivals, qui accueille, entre autre la sélection officielle du Festival du film.

Le palais a déjà subit pas mal d'évolutions, notamment en façade. Des dalles blanches, plus de vitres, tout le rend plus lumineux. Mais on y est à l'étroit avec la croissance constante du nombre d'accrédités.

Aussi le Palais va être agrandi. Le conseil municipal cannois a validé les aménagements (62M€) qui permettront d'installer une nouvelle salle de cinéma et de spectacle polyvalente de 500 places sur le toit-terrasse.

Plusieurs parties du Palais vont être rénovées. Mais il faudra patienter. Les chantiers ne devraient pas débuter avant 2021 pour une livraison en 2024. Ce sera le 77e Festival de Cannes.

Dernier tango pour Bernardo Bertolucci (1941-2018)

Posté par vincy, le 26 novembre 2018

Le réalisateur italien Bernardo Bertolucci est mort à Rome à l'âge de 77 ans, ont rapporté ce matin les médias italiens.

L'un des grands maîtres du cinéma italien, né le 16 mars 1941, a connu une consécration mondiale avec sa fresque Le dernier empereur en 1987: Oscar du meilleur film, du meilleur réalisateur, du meilleur scénario (au total 9 Oscars), 4 Golden Globes, un César du meilleur film étranger, 3 BAFTAs... Il a été nommé deux autres fois aux Oscars, dans la catégorie du meilleur scénario adapté avec Le conformiste (deux fois primé à Berlin), et dans la catégorie réalisateur pour Le Dernier Tango à Paris.

Bertolucci, Palme d'honneur à Cannes en 2011, Lion d'or d'honneur à Venise en 2007 et European Film Award d'honneur en 2012, a écrit et réalisé 25 films - y compris documentaires - entre 1962 et 2012, signant notamment de belles épopées internationales (1900, Un thé au Sahara, Little Buddha) et des œuvres plus intimes et romantiques (Beauté volée, Innocents, Moi et toi) ou dramatiques et politiques (Le conformiste, La Tragédie d'un homme ridicule, La stratégie de l'araignée).

Donnant un nouveau souffle au cinéma italien dès la fin des années 1960, cherchant différentes voies narratives, en s'éloignant du néo-réalisme et s'approchant d'un cinéma plus clinique, Bertolucci était un esthète et un explorateur (son dernier film a été tourné en 3D). Son aura a cependant été entachée ces dernières années par les révélations de l'actrice Maria Schneider (Le dernier tango) sur les conditions de tournage d'une scène de sexe avec Marlon Brando, qu'elle a subit (à juste titre) comme un viol. La manipulation du cinéaste, avec la complicité de la star américaine masculine, ont été violemment critiquées depuis quelques années, accusant Bertolucci d'avoir détruit la jeune femme. Dans son dernier livre, Tu t'appelais Maria Schneider (Grasset), la journaliste Vanessa Schneider rédige un hommage à sa cousine comédienne, où elle détaille les séquelles psychologiques et artistiques de cette séquence sodomite humiliante.

Le succès du film est en fait un cauchemar pour l'actrice, qui ne s'en remettra jamais. Brando sort du tournage exsangue. Ce Dernier tango va hanter longtemps Bertolucci, jsuqu'à détruire sa réputation vers la fin de sa vie. C'est ironique finalement.

Car en effet, il aimait lui aussi déboulonner les statues, particulièrement celles des Commandeurs, qu'il soit un militant politique héroïque ou un empereur chinois historique. Il interroge finalement la vérité et le mensonge, l'artifice et le romantisme, la honte des uns et la gloire des autres. Là c'est le fantôme de Maria qui a renversé l'icône.

Dans ses jeux de miroirs, le cinéma de Bertolucci cherche des tonalités tantôt sensuelles tantôt oniriques, épurées ou baroques, passant de l'opéra à une nocturne. En bousculant ses personnages, qu'ils soient un occidental dans une culture orientale ou un fasciste refoulé et lâche, en les confrontant au plaisir, au crime ou à la pauvreté extrême, le réalisateur stylise une révolution intime qui rend la classe moyenne monstrueuse et les puissants intouchables.

Obsessions et dilemmes

Le fils du poète Attilio Bertolucci et frère du cinéaste Giuseppe Bertolucci, il a surtout été le cinéaste italien qui s'est emparé de la Nouvelle vague française. Innocents est une histoire de trouple en plein Mai 68 - le sexe et la révolution, deux de ses obsessions - et un énorme clin d'œil à Bande à Part et Godard. Bertolucci aimait transgresser. Il voulait choquer le bourgeois, bouleverser l'ordre social. A la fois idéologiquement et sans doute pour se rebeller contre son éducation. L'ancien assistant de Pier Paolo Pasolini (ami de son père) sur Accatone et co-scénariste d'Il était une fois dans l'Ouest de Sergio Leone, était un marxiste, fasciné par l'Histoire et le communisme (Le dernier empereur et 1900 en sont les plus belles preuves épiques).

Mais qu'on soit jeune étudiant ou patron d'usine, veuf partagé entre les pulsions sexuelles ou l'aspiration à mourir ou empereur de naissance impuissant à résister aux flux de l'Histoire, le cinéma de Bertolucci est avant tout celui des dilemmes: ses personnages sont toujours partagés entre deux mondes, deux visions, deux sentiments. Leur quête existentielle ou identitaire, amoureuse ou intellectuelle, est le moteur de tous ses récits, fondés sur les conflits (parents/enfants, patron/ouvrier, mari/femme, pouvoir/exploité...), en bon marxiste.

Malgré cela, sa filmographie, après Le dernier empereur et son sacre mondial, évolue vers de nouveaux horizons. Il ne délaisse pas le libertinage et ce libéralisme des mœurs qui le tentent tant, il n'abandonne pas la chair et le désir (Beauté volée, Shandurai) ni les idéaux dans un monde où le communisme s'efface. Il est même assez nostalgique d'une Révolution, qui n'a finalement pas eu lieu, mais dont il s'est approché, pour ne pas dire avec laquelle il a flirté. Ses derniers films sont davantage dans la réconciliation (rien que dans les titres de ses films). Après la douce mort d'Un thé au Sahara, on le suit dans chemins de sagesse de Siddhartha dans Little Buddha, pour aboutir à une folle utopie érotisante et cinéphile dans The Dreamers (Innocents) et un mélange d'espoir et de dignité dans son ultime œuvre, Moi et toi.

Le réalisateur aimait chercher ses limites, montrer les lignes rouges (et parfois les dépasser). Adversaire de la censure, combattant des films à message, nostalgique d'une rêverie communiste, il espérait que sa génération allait changer le monde. De la même manière qu'il essayait de changer le cinéma. Il voulait expérimenter formellement mais il poursuivait surtout l'envie de aire un cinéma aussi sincère qu'intelligent, même si, en apparence, cela semblait plastique, méniéré, esthétisé. Il en reste finalement un cinéma qui fait une équation entre la transmission et l'héritage. Les personnages y sont déjà condamnés, enfermés dans leur statut (social, personnel, psychologique). Ils sont "conditionnés" et la fin n'est jamais très claire. "J'aime que les fins de films soient ambigües, parce que c'est ainsi dans la vie réelle" disait-il.

Cannes 2018 : le prix Cannes Soundtrack décerné à Roma Zver et German Osipov pour L’été

Posté par MpM, le 30 mai 2018

Remis chaque année au compositeur d'un film en compétition officielle au Festival de Cannes, le prix Cannes Soundtrack 2018 a été décerné à Roma Zver et German Osipov pour le film Leto (L'été) de Kirill Serebrennikov. Les deux musiciens, membres du groupe russe Zveri fondé en 2001, sont partie prenante du film en tant que producteurs musicaux. En outre, Roma Zver interprète l'un des rôles principaux, celui de Mike Naumenko, leader du groupe de rock'n roll russe Zoopark dans les années 80.

Il s'agit de la 8e édition de Cannes Soundtrack, créé dans le but de mettre en lumière la musique de film qui n'est actuellement pas récompensée par les jurys des différentes sections.  Parmi les lauréats des dernières années, on retrouve Mark Snow pour Vous n’avez encore rien vu, Lim Giong pour The Assassin, Cliff Martinez pour The Neon Demon et Daniel Lopatin, alias Oneohtrix Point Never, pour Good Time.

Il sera possible de découvrir le film de Kirill Serebrennikov le 5 décembre prochain sur les écrans français. Le réalisateur russe, lui, est toujours assigné à résidence, officiellement accusé d'avoir détourné des fonds publics, mais payant surtout pour ses nombreuses critiques à l’égard du régime et ses œuvres n’ayant pas l’heur de plaire au régime.

Cannes 2018 : Cannes en orbite avec « Le Cinquième Élément »

Posté par kristofy, le 19 mai 2018

Puisque cette 71e édition nous emmène dans les étoiles avec l’avant-première mondiale de Solo: A Star Wars Story, nouvel épisode de l'univers étendu de la saga Star Wars, présenté hors compétition, et la projection de 2001, l'Odyssée de l'espace de Stanley Kubrick dans une nouvelle copie 70 mm restaurée (sans modification numérique de l'oeuvre de 1968) à Cannes Classics, profitons-en pour un petit tour d’horizon des « Space opéras » qui ont eu les honneurs de la sélection officielle.

Cannes ce n'est à priori pas le lieu où on s'imagine voir un film de vaisseau spatial et de bataille intergalactique, et pourtant certains gros films de science-fiction ont bel et bien décollé depuis la croisette.
Par exemple, retour en 1997...

C'était le mercredi 7 mai 1997, en début de soirée pour la cérémonie d'ouverture du Festival de Cannes, les photographes crépitent car l'équipe du film arrive en smoking : il y a la star américaine Bruce Willis, notre réalisateur-star Luc Besson, et cette grande fille à la robe plus que minimaliste dont on apprendra rapidement le nom : Milla Jovovitch. Les invités et les festivaliers trépignent d'impatience avant de découvrir ce film futuriste, Le Cinquième Elément, parce que la rumeur en a déjà fait le film événement de l'année. En fait, partout en France, il y a déjà cette grande affiche multicolore avec la mention "ouverture officielle Cannes 1997". Le film sort d'ailleurs le même jour dans les salles et le public se presse depuis le début de la journée. Avant même cette cérémonie, les premiers retours à Cannes sont très élogieux : Luc Besson a déjà gagné son pari. Deux jours après, le 9 mai, le film sort aux Etats-Unis et s'impose à la 1e place du du box-office : "le film européen le plus cher de l'histoire" est aussi "la nouvelle oeuvre du réalisateur français qui ose défier les Américains sur leur propre terrain", Luc Besson et les équipes de Gaumont sont ivres.

Luc Besson était déjà le réalisateur qui avait conquis non seulement la France mais plus largement le monde : il avait derrière lui les succès à l'international de Le Grand Bleu en 1988 (déjà en ouverture de Cannes, mais avec un accueil plutôt décevant), Nikita en 1990 et de Leon en 1994. Le Cinquième Elément devenait en quelque sorte le couronnement de sa carrière.

Il avait déjà écrit la base de cette histoire futuriste en 1975 (à 16 ans) : un certain 2300 Zaltman Bléros y gagnait un voyage vers Fhloston Paradise et tombait amoureux d'une Sabline : une vingtaine d'année plus tard, c'est devenu Korben Dallas qui récupère dans son taxi volant Leeloo pour aller chercher quelque chose sur Fhloston Paradise car Zorg et le Mal menacent de tout détruire... La préparation du film démarre au début des années 90 (juste après Nikita) : des dessinateurs sont rassemblés pour imaginer le design visuel comme Moebius et Jean-Claude Mézières (dont l'oeuvre Valérian inspire déjà Luc Besson, qui en fera un film 20 ans après), mais aussi Jean-Paul Gaultier pour les costumes. Tout s'arrête car c'est beaucoup trop cher et trop compliqué. Tant-pis, le cinéaste s'investit dans un nouveau projet plus léger avec son acteur fétiche Jean Réno : ça sera le film Léon, et encore un succès. La production du Cinquième Elément reprend, le scénario est affiné, les dessins deviennent des décors et des costumes, la star Bruce Willis dit oui, c'est toujours le budget le plus cher et le tournage va se dérouler pendant 21 semaines aux studios de Pinnewood et en Mauritanie.

Ce 7 mai 1997 au soir, le palais du Festival de Cannes vient de passer 2 heures au 23e siècle avec Bruce Willis blond, Milla Jovovitch rousse, Gary Oldman et une mèche hitlérienne, une diva bleue, des voitures volantes, des Mondoschawans, des Mangalores, et beaucoup sont un peu amoureux de Leeloo. La cérémonie fut suivie d'une fête immense avec un défilé de personnages avec les costumes du film et un concert.

Comme en écho de cette ouverture exceptionnelle, il y aura cette année à Cannes une nouvelle projection du Grand Bleu sur la plage (30 ans après avoir ouvert l'édition de 1988), et Gary Oldman viendra (21 ans après Le Cinquième Elément) pour une masterclasse.

Cannes 2018 : la révolution égyptienne avec « 18 jours, film collectif »

Posté par MpM, le 18 mai 2018

Puisqu'on célèbre cette année les 50 ans de mai 68, et l'anniversaire de ce festival qui n'eut pas lieu, c'est l'occasion d'explorer les rapports de Cannes avec la Révolution. Sur la croisette, où les spectateurs défilent en smoking et robes de soirées, où un simple selfie est jugé "irrespectueux", et où toute la société festivalière est organisée en castes strictes, les mouvements de révolte et de contestation eurent souvent les honneurs d'une sélection. C'est là tout le paradoxe d'une manifestation très attachée à ses traditions, et qui n'a pourtant cessé de montrer, défendre et encourager ces moments de l'Histoire où des hommes et des femmes ont pris leur destin en mains.

En 2011, l'actualité la plus récente s'invite sur la Croisette. 18 jours, co-réalisé par dix réalisateurs égyptiens (Sherif Arafa, Yousry Nasrallah, Mariam Abou Ouf, Marwan Hamed, Mohamed Aly, Kamla Abou-Zikri, Chérif Al-Bendari, Khaled Marei, Ahmad Abdalla et Ahmad Alaa), raconte en dix chapitres la Révolution égyptienne qui vient de se tenir du 25 janvier au 11 février, et a abouti au départ du président Housni Moubarak, après 30 années de pouvoir sans partage.

Le projet s'est monté très vite, à l'issue d'une seule réunion de préparation. Les réalisateurs étaient libres de choisir leur sujet, tout en veillant à une certaine "cohérence thématique", et en respectant les consignes de tournage : deux jours de tournage maximum, avec des caméras numériques. Aucun budget n'a été alloué au film. "Pas de budget, c'est notre budget" a été la devise des producteurs.

Les dix courts métrages ont ainsi été tourné dans l'urgence (certaines images avaient été filmées au cœur des manifestations, avant même que le projet ne soit lancé), avec l'envie de témoigner de manière un peu brute des réalités de la Révolution. Chaque film aborde ainsi à sa manière la révolution en train de se produire : un couple sur le point de rompre à cause du contexte de révolte, la vision des événements depuis un salon de coiffure ou un établissement psychiatrique, la révolution en ligne avec un jeune homme qui vit le Printemps arabe sur son ordinateur, l'arrestation d'un leader révolutionnaire, les tentatives de deux marginaux de profiter du mouvement pour s'enrichir...

Avec ses scènes immersives au milieu de la foule, ses plans larges sur la place Tahrir occupée, sa manière de montrer l'impact du collectif sur les destins personnels, 18 jours propose un instantané précieux d'un moment finalement très bref, mais fondamental, de l'Histoire égyptienne. En l'invitant dans la foulée en séance spéciale, le Festival de Cannes affirme son désir de rester en prise avec l'actualité, et la volonté qui a toujours été la sienne de témoigner de son époque.

Au moment de la projection, des polémiques viennent gâcher la fête : Marwan Hamed et Sherif Araf sont accusés d'avoir collaboré avec le régime de Moubarak (en 2006, Sherif Arafa a filmé une interview de Moubarak et Marwan Hamed a réalisé une pub pour le Parti national démocratique de Moubarak). Tous les deux ont aussi réalisé des films critiques comme L’Immeuble Yacoubian pour Marwan Hamed et Terrorisme et Kébab pour Sherif Arafa. Yousri Nasrallah prend la défense de ses confrères en écrivant notamment ce commentaire sous un article des Inrocks qui les incrimine : "Le fait est que Marwan Hamed était avec nous (les manifestants anti-Moubarak) depuis le 28 janvier, et j’ai vu Sherif Arafa sur la place dès le 1er février. Il faut pouvoir vivre avec l’idée que certains cinéastes et intellectuels de talent puissent changer de cap, même à la dernière minute (qui n’est pas le cas de ces deux cinéastes, puisque Marwan était là dès le début et c’est lui qui, le 29 janvier, sur la place Tahrir, nous a proposé de tourner ces courts-métrages)."

La polémique s'essouffle, reste le film qui sort en salles le 7 septembre 2011. La révolution égyptienne, elle, connaît l'épilogue que l'on sait. Mais l'énergie et la réalité des événements sont fixées pour toujours, et Cannes a contribué à ce que le monde en prenne connaissance.

Quinzaine 50 : un florilège de 49 années de cinéma en liberté – partie 2, après Deleau

Posté par redaction, le 18 mai 2018

Héritière directe de ceux qui voulaient affranchir le cinéma de ses chaînes en 1968, la Quinzaine célèbre cette année sa 50e édition. L'occasion d'une promenade à son image - en toute liberté, et forcément subjective - dans une histoire chargée de découvertes, d'audaces, d’enthousiasmes, de coups de maîtres et de films devenus incontournables.

En partenariat avec Critique-Film. Retrouvez tout le dossier ici.

Plus d'un millier de longs-métrages ont été programmés en quarante-neuf éditions de la Quinzaine. Nous avons invité divers rédacteurs, critiques et autres amoureux du cinéma à évoquer en quelques lignes des films qui ont marqué l’Histoire de la Quinzaine ou qui les touchent, qui sont devenus de grands classiques du cinéma ou simplement de leur histoire personnelle. Des œuvres qui ont su émouvoir, faire frémir et réfléchir, nous ont poussé à nous interroger sur le sens de la vie et du monde, sur notre rapport aux autres et à nous-mêmes en apportant leur pierre à un renouveau de la grammaire cinématographique ou avec des ambitions formelles plus modestes. Multiplicité de formes et d’expressions, de styles et de propos, pour un voyage purement subjectif dans les 49 premières sélections de la Quinzaine.

Voici donc notre florilège de plusieurs dizaines de titres découverts à la Quinzaine par Pierre-Henri Deleau et ses successeurs Marie-Pierre Macia, François Da Silva, Olivier Père, Frédéric Boyer puis Edouard Waintrop qui quitte ses fonctions cette année. Il est évidemment trop tôt pour dire ce que nous réserve Paolo Moretti l'an prochain mais nous restons curieux de découvrir ce qui nous sera proposé en mai 2019. Nous sommes déjà impatients…

1999

Charisma de Kiyoshi Kurosawa

Charisma c’est cet arbre dont une minuscule communauté d’excentriques reclus dans une forêt se dispute la légitimité : l’arbre maintient-il la forêt en vie ou l’empoisonne-t-elle au contraire ? Mais cet arbre, cette forêt et cette communauté ne sont peut-être après tout que la triste rêverie de cet officier de police qui n’a pu empêcher un massacre, lui qui croyait qu’il pouvait sauver et les otages et le preneur d’otage. Dans son exil, il renouvellera sa question : ne peut-on sauver et la forêt et l’arbre ? Film de l’étrange, maillon immanquable entre un Cure plus inspiré du thriller et un Kairo plus intimiste, Charisma ne trouvera son pendant que bien plus tard, avec Le Secret de la Chambre Noire où il est également question de plantes et de poison. La nature chez Kiyoshi Kurosawa, humaine ou végétale, peut être destructrice : la fantasmagorie sera toujours salvatrice. (Cécile Brou)

Haut les coeurs ! de Sólveig Anspach

La Quinzaine a présenté le premier et le dernier long métrage (posthume) de Solveig Anspach. Tout un symbole… Dans Haut les cœurs, il est question de maladie et de désir d’enfant, de vie et de mort. Une œuvre forte, violente, dont le propos interpelle. Dix-sept ans plus tard, L’effet aquatique, plus lumineux et gai, est lui aussi un hymne à la vie et à l’amour qui rappelle que Solveigh Anspach n’avait pas son pareil pour croquer les petits riens de l’existence, les liens qui se nouent, le hasard qui frappe. (Marie-Pauline Mollaret, Ecran Noir)

Virgin Suicides de Sofia Coppola

Évoquer le premier long métrage de Sofia Coppola ne va pas sans évoquer la notoriété du groupe Air et de l’actrice Kirsten Dunst, rendue célèbre par ce film aussi envoûtant que dérangeant. Critique douce-amère de l'Amérique conservatrice bien pensante, incarnée par des adultes visiblement dépassés par la lucide effronterie des adolescentes évanescentes, on n’oubliera pas qu’il s’agit avant tout d’une histoire tragique délicatement contée par un petit groupe de garçons impuissants et malheureux de n’avoir jamais pu percer les secrets de la féminité. (Cécile Brou)

2001

Les Harmonies Werckmeister de Béla Tarr

Et dire que la sélection officielle est passée à côté de ce chef d’œuvre absolu de Béla Tarr dans lequel une petite ville hongroise semble frappée de folie suite à l’arrivée d’un cirque qui présente une baleine naturalisée. Fable cosmique et existentialiste désespérée, Les Harmonies Werckmeister est une plongée sidérante dans un monde en décomposition avancée que subliment l’esthétisme du noir et blanc et les longs travellings aériens du cinéaste. (Marie-Pauline Mollaret, Ecran Noir)

2002

Le Voyage de Morvern Callar de Lynne Ramsay

C’est l’histoire d’une jeune femme dont la vie bascule brutalement : son petit ami s’est suicidé en lui laissant son roman inédit. Mais au lieu de faire son deuil, elle ne dit rien à personne et fait mine de continuer avec sa vie. Lynne Ramsay, dont c’est seulement le deuxième long métrage, observe son héroïne à distance, et la suit dans ce qui est en réalité une traversée du vide, une plongée dans un monde soudain privé de sens, avant, on le pressent, un apaisement progressif. (Marie-Pauline Mollaret, Ecran Noir)

2003

Pas de repos pour les braves d'Alain Guiraudie

Ce merveilleux conte absurde, où le personnage principal ne peut plus dormir, sous peine de mourir, est l’occasion d’une formidable galerie de portraits loufoques et poétiques dans un Sud-Ouest de western où les villes s’appellent Oncongue ou Bouénozères. Alain Guiraudie s’amuse comme un petit fou, brouille les pistes, force le trait, nous perd en route, puis nous rattrape, médusés et ravis, avant de repartir gaiement pour de nouvelles montagnes russes romanesques et saugrenues. (Marie-Pauline Mollaret, Ecran Noir)

Interstella 5555: The 5tory of the 5ecret 5tar 5ystem de Kazuhisa Takenouchi

Avec Leiji Matsumoto (dessinateur d’Albator) au graphisme et le groupe Daft Punk à la musique (album Discovery), cet Interstella 5555 est probablement l’un des films les plus hype présenté à la Quinzaine. L’histoire (des musiciens sont enlevés pendant un concert puis emmenés sur terre où ils deviennent des stars à la merci d’un tyran mégalo) est un prétexte savoureux pour aborder des thèmes chers au groupe et au réalisateur : le star-system, l’industrie du disque ou encore le space opera mélancolique. Le tout truffé de nombreuses références (de 2001 Odyssée de l’espace à Goldorak) qui en décuplent la puissance d’évocation. (Marie-Pauline Mollaret, Ecran Noir)


2004

The Taste of tea d’Ishii Katsuhito

Le cinéma a souvent narré l’histoire de moults familles dysfonctionnelles, ce qui n’est pas le parti pris de The Taste of tea, se savourant comme un mochi acidulé, à déguster avec un moka bien frappé ! Les différentes générations d’Haruno vivant sous le même toit déploient chacune leur singularité et chaque membre de la famille poursuit son idéal ou sa quête avec extravagance. C’est avec légèreté que le réalisateur s’est prêté à un récit choral fantaisiste, où chacun décline sa vision du bonheur, humoristique et candide, sous les notes enjouées du groupe Little tempo, réputé pour ses steel-drums aux sonorités reggae dans l’archipel nippon. Toutes ces trajectoires empruntent des voies d’accomplissement plus ou moins inattendues et prennent des formes oniriques ou incongrues, ce qui rend le film visuellement rafraîchissant et ludique. Ce dernier a permis aussi d’assoir la notoriété de certains acteurs : Tadanobu Asano, figure incontournable du cinéma d’auteur, ainsi qu’ Anna Tsuchiya, consacrée « idol » J-rock début des années 2000. (Celia, www.cinemacoreen.fr)

2006

Bug de William Friedkin

Une femme seule, vivant dans la crainte de voir réapparaître son ancien mari violent, rencontre un homme solitaire dont elle apprécie la sensibilité. Mais d’étranges insectes viennent perturber ce bonheur parfait. En pleine forme, William Friedkin dénonce et instrumentalise tout à la fois une théorie du complot qu’il pousse à son paroxysme. Dans ce thriller anxiogène et minimaliste, l’ennemi est sans conteste intérieur et le plaisir (masochiste) du spectateur décuplé. (Marie-Pauline Mollaret, Ecran Noir)

Lire le reste de cet article »