Cannes 2017: Les deux lauréats du Trophée Chopard

Posté par vincy, le 25 mai 2017

Anya Taylor-Joy et George MacKay ont reçu, des mains de Charlize Theron, les Trophées Chopard 2017, qui récompense chaque année au Festival de Cannes, la nouvelle garde du cinéma international.

Cette année, après délibération du jury composé de l'actrice Salma Hayek, des réalisateurs Lori McCreary et Garth Davis, de Caroline Scheufele, co-présidente de la maison de joaillerie, et du journaliste Steven Gaydos, les choix de sont portés sur une actrice américaine et un acteur britannique.

Anya Taylor-Joy, 21 ans, a été remarquée dans le récent succès de M. Night Shyamalan, Split. Elle vient de tourner Marrowbone, thriller horrifique de Sergio G. Sánchez. Elle devrait incarner Magik dans X-Men: The New Mutants et est annoncée au générique du crossover Split/Oncassable, Glass. Enfin, Kristin Scott Thomas l'a enrôlée pour son premier film en tant que réalisatrice, The Sea Change.

George MacKay, 25 ans, a été l'une des révélations de Captain Fantastic aux côtés de Viggo Mortensen, présenté l'an dernier à Un certain regard, après avoir brillé à la Quinzaine des réalisateurs en 2014 dans Pride. Il sera lui aussi au générique de Marrowbone. Son agenda est chargé: il tourne actuellement Ophelia de Claire McCarthy, où il incarne Hamlet. Trois autres de ses films sont en post-productions: Where Hands Touch, Ghost Stories et le musical Been So Long.

Cannes 2017: Qui est Angourie Rice ?

Posté par cynthia, le 24 mai 2017

Elle a 16 ans à peine. La première fois que la jeune Angourie Rice frappe les yeux du grand public, c'est à Cannes, l'an dernier pour le film The Nice Guys de Shane Black aux côtés de Ryan Gosling et Russell Crowe. Sa prestance sur le tapis rouge est si douce qu'on a été facilement conquis par ses yeux limpides. Son émotion habite l'actrice à l'écran. Mais là c'était nous qui étions émus de voir cette adolescente parmi les grands du cinéma. Angourie Rice, actrice australienne née en 2001 à Melbourne, fait ainsi une entrée fracassante en incarnant la fille de Ryan Gosling.

Angourie Rice tourne pourtant depuis qu'elle est enfant. A 12 ans, elle est au générique du thriller apocalyptique australien de Zak Hilditch, These Final Hours, présenté à la Quinzaine des réalisateurs en 2014 (mais inédit en salles). La même année, elle joue dans les séquences live du film d'animation Sur la terre des dinosaures. On la croise ensuite dans Nowhere Boys : Le Livre des Ombres de David Caesar. Autant dire qu'elle débute.

Du haut de son mètre cinquante-sept, fille de cinéaste et d'actrice et écrivaine, connue dans son pays pour sa participation à des pubs, et formée par une série de courts métrages, c'est une enfant de la balle.

Cette année, elle va littéralement être sous les feux des projecteurs. D'abord sur la Croisette avec Les Proies (en compétition) de Sofia Coppola aux côtés de Nicole Kidman, Kristen Dunst et Elle Fanning (rien que ça) avant de séduire le grand public dans le prochain Spider-man: Spider-man: Homecoming, qui sort en juillet. De quoi aussi se faire connaître du grand public tout en tapant dans l'œil des producteurs internationaux. Angourie Rice n'a pas fini de faire parler d'elle puisqu'elle est aussi à l'affiche d'un film australien, Jasper Jones, aux côtés de Hugo Weaving et Toni Collette.

Cannes en Séries : Quand le « P’tit Quinquin » ravit la Croisette

Posté par wyzman, le 23 mai 2017

Si l'édition 2014 du Festival de Cannes a été marquée par la présidence de Jane Campion (seule réalisatrice à avoir remporté la Palme d'or) et le prix du jury ex-æquo pour Xavier Dolan (Mommy) et Jean-Luc Godard (Adieu au langage), revenons sur le cas P'tit Quinquin.

Écrite, réalisée et montée par Bruno Dumont, cette mini-série a été présentée à la Quinzaine des réalisateurs - en séance spéciale. Et alors que la polémique autour de la non-sortie d'Okja en salle est toujours d'actualité, notons qu'à l'époque personne n'avait bronché face à cette projection d'une œuvre qui ne serait jamais montrée au cinéma.

Cela étant dit, P'tit Quinquin avait pour elle d'être portée par un casting d'acteurs non-professionnels au talent certain et dont la Croisette raffole. Plus encore, il s'agissait d'une production française signée par un réalisateur qui a reçu deux fois le Grand prix du jury en compétition ! Et si le festival de Cannes continue de vouloir assumer son rôle de plus grand festival de cinéma international du monde, difficile de passer outre son petit côté chauvin. Et à un moment où les nouvelles manières de faire du cinéma étaient discutées, la présence d'une mini-série avait quelque chose de novateur.

Centrée sur les péripéties d'un adolescent vivant dans le Pas-de-Calais, P'tit Quinquin est parvenue à mélanger les genres, policier et comédie. Un mix qui, s'il est le plus souvent rentable du côté des productions de TF1 ou France 3, est rarement gage de qualité. Mais Arte a (plus que) bien fait les choses en laissant carte blanche à Bruno Dumont. L'an dernier, il est par ailleurs revenu au festival de Cannes avec Ma Loute, un film nommé neuf fois aux derniers César. Cette année, il est de nouveau à la Quinzaine, Jeannette, l'enfance de Jeanne d'Arc.

Si quelques spectateurs ont pu regretter que P'tit Quinquin véhicule certains clichés concernant les gens du Nord, la série a été un carton d'audience pour Arte. Plus encore, la presse l'a adorée. Et pour les organisateurs du festival, c'était sans doute tout ce qui comptait : rester à la pointe de la découverte avec un programme (certes produit pour la télévision) mais de grande qualité.

Et avant le lancement du premier festival international des séries (le "Cannes du petit écran"), la Croisette se tourne cette année encore vers le petit écran. Eh oui, pour rappel, les deux premiers épisodes de la saison 3 de Twin Peaks seront diffusés le vendredi 26 mai à 16 heures et l'intégrale de la saison 2 de Top of the Lake le samedi 27 dès 13 heures. Malgré le fait que la saison 2 de P'tit Quinquin ne sera sans doute jamais projetée en avant-première au festival de Cannes, nous pouvons tout de même remercier ses programmateurs d'avoir ouvert leur sélection et permis aux critiques du monde entier de faire la connaissance de Bruno Dumont dans un autre registre que celui qu'on lui cinnaissait ! Comme quoi, derrière chaque polémique peut se cacher une bonne nouvelle...

Cannes 70 : Atom Egoyan, tisser sa toile

Posté par cannes70, le 6 avril 2017

70 ans, 70 textes, 70 instantanés comme autant de fragments épars, sans chronologie mais pas au hasard, pour fêter les noces de platine des cinéphiles du monde entier avec le Festival de Cannes. En partenariat avec le site Critique-Film, nous lançons le compte à rebours : pendant les 70 jours précédant la 70e édition, nous nous replongeons quotidiennement dans ses 69 premières années.

Aujourd'hui, J-42. Et pour retrouver la totalité de la série, c'est par .


Année 2014. Captives du réalisateur canadien Atom Egoyan est en compétition à Cannes. C'est la 6e fois que le réalisateur canadien est en lice pour la Palme d'or. Il fait en quelque sorte figure d'habitué, même s'il a presque toujours été oubliés dans les palmarès. Ce ne sera malheureusement pas mieux cette fois-ci. Pire, comme cela arrive régulièrement pendant le Festival, Captives ne séduit pas la presse et Egoyan se retrouve rejeté avec un film qui démontre, pourtant plus que jamais, ce que signifie être Cinéaste.

Captives représente en effet une œuvre somme dans la filmographie du réalisateur, l’aboutissement d’un travail artistique pluriel : ses films (longs et courts métrages), certes, mais aussi ses mises en scène d’opéra, ses installations et projets vidéos. Tout ce travail vient imprégner son œuvre toute entière. Captives est un film qui rend compte de cette logique.

Dès l’âge de quinze ans, Egoyan écrit des pièces de théâtre, ce qu’il continue à faire à l’université où il rencontre le compositeur Mychael Danna, avec qui il formera un duo de choc complémentaire et interdépendant tout au long de sa carrière. Venir du théâtre leur permet, lors de leurs premiers pas au cinéma, respectivement en tant que réalisateur et compositeur, de jouir d’une grande liberté d’exploration. Ils développent ensemble un langage cinématographique musical commun, dont témoignent l’ensemble des films du cinéaste.

"Je conçois ma façon de filmer en laissant un espace pour la musique."

L’opéra, auquel il dédie une grande part de son travail de création, et son intérêt pour la musique de films, de ses films, amènent Atom Egoyan à prendre connaissance de la façon dont la musique permet de raconter une histoire. Cet apport musical permet au cinéaste de développer un sens et une maîtrise accrue de la narration au cinéma. Il va plus loin en prenant soin de laisser à la musique une place importante lors de la réalisation et du montage du film, un espace nécessaire et essentiel à la compréhension du récit. La musicalité de son écriture se retrouve de film en film et devient un élément majeur pour la réception de son œuvre. De Speaking parts à Captives, en passant par Exotica et De beaux lendemains, la musique de Mychael Danna participe à la compréhension des récits et films du cinéaste.

Captives : Une jeune fille, Cassandra, est retenue captive par un homme, Mika, membre d’un réseau pédophile. Le temps passe et la police piétine laissant Tina, la mère de Cassandra, dans une vie en suspens. Matthew, le père de l’enfant, quant à lui, continue à arpenter les routes à la recherche de sa fille perdue. Avec le temps, des indices viennent indiquer que Cassandra est toujours en vie.

Captives propose d’aller au-delà de ses précédentes propositions de cinéma. La Flûte Enchantée [1], l’opéra composé par Mozart sur un livret signé Schikaneder offre des clés très importantes pour saisir les différents niveaux d’interprétation du film. Mozart et Schikaneder s’inspirent en premier lieu de trois contes pour écrire leur opéra : Lulu ou la flûte enchantée ; Nadir et Nadine et Les garçons sages, trois récits où des hommes retiennent prisonnière une jeune fille dans l'idée d'assouvir leur désir sexuel et leur soif de pouvoir.

Deux mondes en concurrence


La Flûte Enchantée : Le Prince Tamino est envoyé par la Reine de la Nuit afin d’aller délivrer sa fille Pamina des prisons du mage Sarastro. Guidé par les trois Dames de la Reine, Tamino sera accompagné de Papageno, un oiseleur haut en couleur. A Papageno revient un carillon et à Tamino une flûte magique – deux instruments qui les aideront dans leur périple. Truffé de mises à l’épreuve, le parcours de Tamino pour délivrer et conquérir Pamina se charge de symboles qui, de scène en scène, les mènent vers l’amour et la lumière.

La Flûte enchantée représente d’après les propos d’Atom Egoyan, deux mondes, « l’un en apparence d’illumination rationnelle», (ce n’est pas sans rappeler qu’Ignaz Von Born, franc-maçon ayant en partie inspiré le personnage de Sarastro, était membre de « l’Ordre des Illuminés »), représenté par Sarastro et ses initiés avec leur culte secret, et l’autre sur « un monde de superstitions et de magie représenté par la Reine de la nuit», mère de Pamina, au royaume de la nuit.

Dans Captives, ces deux mondes sont présents : l’un est le monde de « noirceur suprême et de contrôle » représenté par Mika et ses initiés avec leur réseau pédophile secret, et l’autre est le monde de magie et de conte enneigé de Tina (la mère de Cass) mais aussi de Matthew (le père de Cass). Mika détient captive Cassandra. Il vie à travers l’obsession qu’il a développée pour le personnage de la Reine de la nuit. Mika écoute et chante l'air de la Reine de la nuit, cherchant ainsi à devenir lui-même le eprsonnage. Le film commence d’ailleurs sur une scène très claire où il regarde, sur un des écrans placé en hauteur sur un mur de sa maison, un extrait de l’opéra, le moment où la mère se lamente du kidnapping de sa fille. Il finira par devenir la Reine de la nuit après l’enlèvement de l’enquêtrice, lorsqu’il lui apparaîtra chantant cet air de la reine.

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[20 ans de festival] Cannes 2016 : 2014-2015 – Désaccords hiérarchiques

Posté par vincy, le 22 mai 2016

Les deux dernières années, nous avons manifesté notre désaccord profond avec les choix du jury. Ce ne sera ni la première ni la dernière fois, mais généralement, ça s'alterne. L'enchaînement nous contrarie.

En 2014, Mommy de Xavier Dolan, Mr Turner de Mike Leigh, Les nouveaux sauvages de Damián Szifron, Timbuktu d'Abderrahmane Sissako et surtout Still the Water de Naomi Kawase restent parmi nos grands ou beaux souvenirs de spectateurs. Et pourtant, nous n'avons pas toujours défendu le cinéma de Kawase, mais là elle nous avait mis à terre, et en pleurs. Ignorée par le jury. Alors, certes, Mr. Turner et Mommy ont été au palmarès mais, pour le reste, on a vite compris que le jury de Jane Campion était adepte de films froids et grandiloquents à l'instar de cette tragédie shakespearienne boursoufflée (Winter Sleep de Nuri Bilge Ceylan) ou de cette fable naturaliste sans émotion (Les Merveilles d'Alice Rohrwacher).

C'est tout le problème que l'on vit à Cannes. Quels films défendre? Un cinéma pas forcément facile à aborder au nom du droit à exister ou un cinéma d'auteur qui peut devenir aussi populaire.

C'est souvent sur ce déséquilibre que nos avis divergent. Même si parfois, le formalisme pure, l'innovation de la narration (Oncle Boonmee par exemple) nous séduisent.

L'an dernier, cependant, nous n'avons pas mieux compris les choix du jury des frères Coen. Dheepan, sérieusement, Palme d'or, ça nous a fait presque rire. Le plus mauvais film de Jacques Audiard supplante Carol et son émotion tendue, Le fils de Saul (certes Grand prix) et son audace formelle (en plus de son sujet saisissant), The Assassin (certes prix de la mise en scène), plus beau film de la décennie, Au-delà des montagnes, qui en dit davantage sur notre monde que le parcours nihiliste du personnage de chez Audiard, The Lobster, portrait jouissif d'une société qui impose sa manière de vie avec des raisonnements binaires...

Il est trop tôt pour savoir ce qu'on retiendra réellement de ces deux éditions. Mais, au-delà des désaccord avec le jury, on sait qu'il y a peu de désaccords avec la sélection. Depuis 20 ans, on constate qu'à la fin de chaque année, parmi nos dix, quinze films préférés, une grande partie était à Cannes. Et c'est pour cela qu'on y revient chaque mois de mai. En mai, on voit ce qui nous plaît.

Prix Magritte 2016 : 10 nominations pour « Le tout nouveau testament » de Jaco van Dormael

Posté par kristofy, le 15 janvier 2016

Avant les César en France, la 6ème cérémonie des Magritte du cinéma se déroulera à Bruxelles le 6 février : c’est le rendez-vous des récompenses pour les films belges francophones. Cette année la soirée se déroulera sous la présidence de Marie Gillain.

L’ensemble des nominations  en catégories artistiques et techniques distinguent déjà 6 favoris :
- 4 nominations pour Melody de Bernard Bellefroid (avec Lucie Debay, aussi dans la liste des révélations pour un César, sorti en France le 6 mai)
- 6 nominations pour Préjudice d’Antoine Cuypers (avec Nathalie Baye, sortie en France à venir ce 3 février)
- 7 nominations pour Je suis mort mais j’ai des amis de Stéphane et Guillaume Malandrin (avec Bouli Lanners et Wim Willaert, sorti en France le 22 juillet)
- 8 nominations pour Alleluia de Fabrice Du Welz (une petite bizarrerie calendaire après avoir été découvert à La Quinzaine des Réalisateurs de Cannes en 2014, sorti en France en novembre 2014),
- 9 nominations Tous les chats sont gris de Savina Dellicour (avec le duo Bouli Lanners et Anne Coesens)
- 10 nominations Le tout nouveau testament de Jaco van Dormael (à La Quinzaine des Réalisateurs de Cannes 2015, sorti en France le 2 septembre). Le film est aussi le plus gros succès belge en France avec plus de 800000 entrées.

Lors de l'édition 2011, Jaco van Dormael avec reçu la plupart des Magritte pour son Mr. Nobody (meilleur film, réalisateur, scénario, image, montage, musique), mais cette année il devra partager quelques statuettes avec d'autres... Pour mémoire, les années suivantes les meilleurs films/réalisateurs ont été en 2012 Les géants de Bouli Lanners (film, réalisateur, second rôle féminin, image, musique); en 2013 A perdre la raison de Joachim Lafosse (film, réalisateur, actrice); en 2014 c'était le film animé Ernest et Célestine de Stéphane Aubier, Vincent Patar et Benjamin Renner (film, réalisateur); et l'année dernière Deux jours, une nuit de Jean-Pierre et Luc Dardenne (film, réalisateur, actrice, acteur).

Pour ce qui est de la catégorie meilleure actrice, les nominées figurent à l’affiche d’œuvres qui curieusement ne sont pas en catégorie meilleur film : Annie Cordy pour son rôle dans Les souvenirs, Veerle Baetens dans Un début prometteur, Yolande Moreau pour Le voyage en Chine (qui est aussi dans la catégorie second rôle pour Le tout nouveau testament), et Christelle Cornil pour Jacques a vu. Pour le meilleur acteur on retrouve Jérémie Renier pour Ni le ciel ni la terre, François Damiens pour La famille Bélier, Bouli Lanners pour Tous les chats sont gris et Wim Willaert pour Je suis mort mais j’ai des amis. On note que Benoît Poelvoorde est paradoxalement oublié...

Voici les principales catégories et leurs nominations :

Meilleur film : Je suis mort mais j'ai des amis de Guillaume Malandrin & Stéphane Malandrin, Le tout nouveau testament de Jaco Van Dormael, Melody de Bernard Bellefroid, Préjudice de Antoine Cuypers, Tous les chats sont gris de Savina Dellicour
Meilleur premier film : L'année prochaine de Vania Leturcq, Préjudice de Antoine Cuypers, Tous les chats sont gris de Savina Dellicour
Meilleur réalisateur : Fabrice Du Welz (Alleluia),  Jaco Van Dormael (Le tout nouveau testament), Bernard Bellefroid (Melody), Savina Dellicour (Tous les chats sont gris)

Meilleur film étranger en coproduction :
La famille Bélier de Eric Lartigau, Le chant de la mer de Tomm Moore, Marguerite de Xavier Giannoli, Ni le ciel ni la terre de Clément Cogitore
Meilleur film flamand: Brabançonne de Vincent Bal, Cafard de Jan Bultheel, D'Ardennen de Robin Pront, Waste Land de Pieter Van Hees
Meilleur scénario original ou adaptation : Alleluia, Je suis mort mais j'ai des amis, Le tout nouveau testament, Préjudice

Meilleure actrice : Christelle Cornil, Yolande Moreau, Annie Cordy, Veerle Baetens
Meilleur acteur : Wim Willaert, François Damiens, Jérémie Renier, Bouli Lanners
Meilleure actrice dans un second rôle : Helena Noguerra, Yolande Moreau,  Anne Coesens, Babetida Sadjo
Meilleur acteur dans un second rôle : Marc Zinga, Laurent Capelluto, David Murgia, Arno Hintjens
Meilleur espoir féminin : Stéphanie Van Vyve, Pili Groyne, Lucie Debay, Manon Capelle
Meilleur espoir masculin : David Thielemans, Benjamin Ramon, Romain Gelin, Arthur Bols

Meilleure image: Alleluia, Le tout nouveau testament, Préjudice : Frédéric Noirhomme
Meilleur son: Alleluia, Je suis mort mais j'ai des amis, Le tout nouveau testament
Meilleurs décors: Alleluia, Je suis mort mais j'ai des amis, Tous les chats sont gris
Meilleurs costumes: Je suis mort mais j'ai des amis, La dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil, Tous les chats sont gris
Meilleure musique: Alleluia, Le tout nouveau testament, Melody
Meilleur montage: Alleluia, Je suis mort mais j'ai des amis, Tous les chats sont gris
Meilleur documentaire: Bureau de chômage de Anne Schitz et Charlotte Grégoire, I don't belong anywhere - Le cinéma de Chantal Akerman de Marianne Lambert, L'himme qui répare les femmes de Thierry Michel, La nef des fous de Patrick Lemy et Eric D'Agostino
Meilleur court métrage de fiction : Jay parmi les hommes de Zeno Graton, L'ours noir de Méryl Fortunat-Rossi & Xavier Seron (le premier long-métrage de Xavier Séron Je me tue à le dire avec Jean-Jacques Rausin vient d'ailleurs d'être primé au festival de Palm Springs, sortie courant 2016), Tout va bien de Laurent Scheid

Xavier Dolan s’insurge, Netflix s’excuse, le Web s’enflamme

Posté par wyzman, le 6 janvier 2016

Le web ne parle que de ça depuis deux jours : le réalisateur canadien Xavier Dolan s'est légèrement fâché contre Netflix UK. La raison ? Son dernier film, Mommy, était diffusé sur le site de streaming au mauvais format (1:85 au lieu de 1:1). Certains parmi vous seraient tentés de dire que ce n'est pas bien grave, mais qui a vu Mommy sait que ce "petit" changement est inacceptable, injustifiable, impardonnable. Alerté par certains abonnés du service de streaming, le réalisateur de Tom à la ferme n'a pas hésité un seul instant avant d'écrire une lettre qui a été rendue publique sur Twitter. Pour les non-anglophones, une traduction est disponible sur Le Huffington Post.

"Qui vous a donné le droit d'ainsi réévaluer mes choix, et par quelle abstraite compétence en avez-vous examiner l'impact sur mon film et le public ? (…) Vous n'avez pas réalisé ce film. Vous ne l'avez pas écrit. Vous ne l'avez pas produit. (…) Vous pouvez recadrer et distordre comme bon vous semble vos propres productions, mais ne touchez pas à mon film" écrit le jeune homme de 26 ans. Et bien évidemment, à ce moment-là, impossible de ne pas le soutenir. Tout comme il est impossible de ne pas être déçu par Netflix qui, jusqu'ici, s'était toujours montré comme le site sur lequel les œuvres sont traitées avec le respect qu'elles méritent. Alors que s'est-il passé ? A quel moment décide-t-on de gâcher le Prix du Jury du festival de Cannes 2014 ? Quel est le malin assez bête pour penser que personne ne verrait la différence ?

La réponse est simple : personne. Comme l'explique Xavier Dolan par la suite sur Twitter "Netflix UK a réglé le problème. Cela n'a jamais été leur intention de streamer Mommy dans le mauvais format, juste une erreur technique" avant d'ajouter "Netflix UK s'excuse d'avoir mal interprété la situation". Voilà qui est dit, le malentendu est réglé, les angles ont été arrondis. Tout le monde peut circuler, il n'y a définitivement plus rien à voir. Malheureusement, le garçon que l'on adore depuis J'ai tué ma mère a beau tweeter vite, le web est plus rapide que son ombre. Médias traditionnels ou pure players se sont faits plaisir ! Télérama parle de "coup de gueule", Libération laisse entendre que "Netflix maltraite un film de Xavier Dolan", GQ assure que ce dernier a "fait plier Netflix" quand Vanity Fair évoque un "massacre". Et dans le reste du globe, même son de cloche ! Pour Indie Wire, "Xavier Dolan se déchaîne sur Netflix" quand Screen International affirme que le Canadien "a écrasé Netflix UK".

Vous l'aurez compris, pour générer des clics, certains sont prêts à tout, même aux plus gros raccourcis et à des hyperboles honteuses. Il est évident qu'en s'adressant à Netflix via Twitter, le réalisateur de Mommy savait précisément quel type de buzz il allait créer. Mais nous sommes tout de même en droit de regretter une chose : au moment d'évoquer les excuses du service de streaming et l'humilité de Dolan, il n'y a plus personne. Soudainement, certains sites se font beaucoup plus timides quitte à ne même pas évoquer cet aspect du malentendu. Et comme c'est souvent le cas sur Twitter, et plus généralement sur les réseaux sociaux, au moment de parler de clash, il y a du monde au balcon. Mais en cas de réconciliation, c'est pause pipi pour tout le monde. Morale : avant de publier, certains devraient vraiment penser à appuyer sur "Supprimer".

Mon film de l’année 2015: Mad Max: Fury Road de George Miller

Posté par geoffroy, le 25 décembre 2015

Mon coup de cœur est en fait un double coup de cœur. De deux cinémas diamétralement opposés qui, au détour d’une même thématique élevée au rang de profession de foi, se croisent comme pour mieux se contempler. Car et au-delà de leur forme, de leur agencement ou de leur proposition narrative bien distincts, mon choix se justifie avant tout par le geste qui les a enfantés.

La quête, alors identique, émane d’un besoin viscéral d’existence via un enracinement aussi bien géographique – topologique – qu’ontologique. L’un et l’autre se fondent pour ne plus former qu’un paysage-monde à l’étalement infini. À la fureur du premier répond la méditation du second dans une même communion avec l’espace arpenté. Ce faisant, les deux films créent les conditions d’un territoire cinématographique totale à la puissance d’invocation rare.

Alors oui, pour toutes ces raisons Mad Max : Fury road de George Miller et Jauja de Lisandro Alonso sont mes deux coups de cœur de cette année.

Les critiques de New York succombent au charme de Carol

Posté par vincy, le 2 décembre 2015

Todd Haynes réussit à faire presque aussi bien qu'en 2002 avec Loin du Paradis quand il avait emporté 5 prix à l'issue des votes du cercle des critiques de New York (film, réalisateur, scénario, image - déjà Edward Lachman - et les deux seconds rôles). Cette année, avec Carol, il obtient l'image, le scénario, la réalisation et surtout le titre de meilleur film. Carré d'as. Autant dire qu'il rafle l'essentiel et que Carol est définitivement dans les starting blocks pour les Oscars (l'an dernier Boyhood avait raflé trois prix dont film et réalisateur avant de devenir l'un des films les plus primés de la saison).

Notons aussi une sorte de razzia franco-cannoise (Le fils de Saul, Timbuktu et Sils Maria, tous produits en France), qui, avec Vice-Versa, donne ainsi 8 prix, indirectement aux sélections de Thierry Frémaux.

Meilleur film: Carol
Meilleur réalisateur: Todd Haynes (Carol)
Meilleur acteur: Michael Keaton (Spotlight)
Meilleure actrice: Saoirse Ronan (Brooklyn)
Meilleur film d'animation: Vice-Versa
Meilleur documentaire: In Jackson Heights
Meilleur scénario: Phyllis Nagy (Carol)
Meilleure image: Edward Lachman (Carol)
Meilleur second-rôle masculin: Mark Rylance (Le Pont des espions)
Meilleur second-rôle féminin: Kristen Stewart (Sils Maria)
Meilleur film étranger: Timbuktu
Meilleur premier film: Le fils de Saul
Prix spécial: William J. Becker (1927-2015), patron du distributeur Janus Films
Prix spécial: Ennio Morricone (pour la musique de The Hateful Eight)

Independent’s Spirit Awards: Carol, Spotlight, Beasts of No Nation, Anomalisa et Tangerine grands favoris

Posté par vincy, le 25 novembre 2015

Carol est en tête des nominations aux Independent's Spirit Awards avec 6 nominations, devançant ainsi Beasts of No Nation et Spotlight (5 chacun), Tangerine et Anomalisa (4 chacun).

Pour ces Oscars du cinéma indépendants, qui seront remis le 27 février, le choix est donc ouvert entre le film de Todd Haynes en compétition à Cannes (avec prix d'interprétation et Queer Palm à la clé),  le film de guerre de Cary Joji Fukunaga, doublement récompensé à Venise, l'histoire vraie primée par un Pulitzer adaptée par Thomas McCarthy, lui aussi doublement primé à Venise et et grand gagnant des Gotham Awards, le micro-budget filmé avec un iphone de Sean Baker, prix du jury à Deauville, et le dessin animé de Charlie Kaufman, Grand prix à Venise.

En clair, comble de l'ironie, le festival de Sundance, temple des révélations du cinéma indépendant américain, a été clairement ignoré cette année. Bien sûr certains des films présentés à Sundance grappillent quelques nominations, mais on peut en dire autant de films présentés ailleurs comme Mediterranea et It Follows (Semaine de la critique à Cannes), Room (Telluride et Toronto), Love & Mercy (Toronto et Berlin), The Look of Silence (Venise)... Quatre des cinq films en langue étrangères viennent tout droit de la Croisette. L'autre de la Lagune. Les cinq sont des coproductions ou productions françaises, dont Bande de filles, réalisée par Céline Sciamma, et Mustang et Le Fils de Saul, signés de deux réalisateurs ayant fait leurs études en France.

Autre particularité, le renouvellement. Les cinq acteurs principaux en finale n'ont jusque là jamais été nominés en premier ou en second rôle, et aucun ne fait parti du gratin hollywoodien. Côté seconds rôles masculins, en revanche, trois d'entre eux ont déjà été cités par le passé. Pour les actrices, on note d'abord la double nomination pour les deux interprètes de Carol, Cate Blanchett et Rooney Mara. On salue aussi la première nomination pour deux comédiennes transsexuelles (Kitana Kiki Rodriguez et Mya Taylor). Certes, Brie Larson a déjà été nominée et Cate Blanchett a été récompensée en 2007 (second rôle) et 2013 (rôle principal), en plus d'une nomination en 2004 (second rôle). Mais pour les trois autres, c'est bien une première toutes catégories confondues. En second-rôle, on constate ce même renouvellement puisque seule Jennifer Jason Leigh a déjà été nominée (2 fois en tant qu'actrice, une fois comme second rôle, une fois comme productrice/réalisatrice et une fois comme scénariste), en plus de partager son trophée pour un prix récompensant un casting (2009).

Meilleur film
Anomalisa
Beasts of No Nation
Carol
Spotlight
Tangerine

Meilleur réalisateur
Sean Baker, Tangerine
Cary Joji Fukunaga, Beasts of No Nation
Todd Haynes, Carol
Charlie Kaufman & Duke Johnson, Anomalisa
Tom McCarthy, Spotlight
David Robert Mitchell, It Follows

Meilleur scénario
Charlie Kaufman, Anomalisa
Donald Margulies, The End of the Tour
Phyllis Nagy, Carol
Tom McCarthy & Josh Singer, Spotlight
S. Craig Zahler, Bone Tomahawk

Meilleur premier film
The Diary of a Teenage Girl
James White
Manos Sucias
Mediterranea
Songs My Brothers Taught Me

Meilleur premier scénario
Jesse Andrews, Me and Earl and the Dying Girl (This is not a Love Story)
Jonas Carpignano, Mediterranea
Emma Donoghue, Room
Marielle Heller, The Diary of a Teenage Girl
John Magary, Russell Harbaugh, Myna Joseph, The Mend

Meilleur acteur
Christopher Abbott, James White
Abraham Attah, Beasts of No Nation
Ben Mendelsohn, Mississippi Grind
Jason Segel, The End of the Tour
Koudous Seihon, Mediterranea

Meilleure actrice
Cate Blanchett, Carol
Brie Larson, Room
Rooney Mara, Carol
Bel Powley, The Diary of A Teenage Girl
Kitana Kiki Rodriguez, Tangerine

Meilleur second rôle masculin
Kevin Corrigan, Results
Paul Dano, Love & Mercy
Idris Elba, Beasts of No Nation
Richard Jenkins, Bone Tomahawk
Michael Shannon, 99 Homes

Meilleur second rôle féminin
Robin Bartlett, H.
Marin Ireland, Glass Chin
Jennifer Jason Leigh, Anomalisa
Cynthia Nixon, James White
Mya Taylor, Tangerine

Meilleur documentaire
(T)error
Best of Enemies
Heart of a Dog
The Look of Silence
Meru
The Russian Woodpecker

Meilleur film étranger
Un pigeon perché sur une branche philosophait sur l'existence...
L'étreinte du serpent
Bande de filles
Mustang
Le fils de Saul

Meilleure image
Beasts of No Nation
Carol
It Follows
Meadlowland
Les chansons que mes frères m'ont apprises

Meilleur montage
Heaven Knows What
It Follows
Manos Sucias
Room
Spotlight

Prix John Cassavetes (Meilleur film avec un budget inférieur à $500,000)
Advantageous
Christmas, Again
Heaven Knows What
Krisha
Out of My Hand

Prix Robert Altman Award (Meilleur casting)
Spotlight

Prix Kiehl’s Someone to Watch
Chloe Zhao (productrice, réalisatrice, scénariste Les chansons que mes frères m'ont apprises)
Felix Thompson (réalisateur, scénariste King Jack)
Robert Machoian & Rodrigo Ojeda-Beck (réalisateurs, scénaristes, God Bless the Child)

Prix des Producteurs -Piaget
Darren Dean (Tangerine)
Mel Eslyn (Lamb)
Rebecca Green & Laura D. Smith (It follows)