Edito: Combat épique

Posté par redaction, le 20 juillet 2017

C'est finalement le grand conflit de l'année: Netflix face au cinéma. Christopher Nolan, dont le film Dunkerque semble être un chant du cygne pour le 70mm, a donné son avis sur le sujet lors d'une interview à Indiewire.

"Netflix a une étrange répugnance à soutenir la sortie de films au cinéma. Ils ont cette politique insensée de rendre tout simultanément disponible en ligne lors de la sortie, ce qui est un modèle évidemment intenable pour des sorties au cinéma. Du coup, ils ne sont même pas dans le jeu, et je pense qu’ils ratent une énorme opportunité." Il prend l'exemple d'Amazon: "On peut remarquer qu’Amazon est très satisfait de ne pas faire la même erreur:lLes cinémas ont une fenêtre de tir de 90 jours avant de passer en streaming . C'est un modèle parfaitement viable." Pour lui, "l'investissement que Netflix met dans des réalisateurs et des projets intéressants serait plus admirable si ce n'était pas utilisé comme un étrange moyen d'influence pour écarter les salles de cinéma. C'est vain."

Pourtant Netflix continue de grandir avec son modèle. Le cap des 100 millions d'abonnés dans le monde a été dépassé. Martin Scorsese est l'une de leurs dernières grosses prises, avec The Irishman qui réunit Al Pacino, Robert de Niro, Harvey Keitel et Joe Pesci. Dernière gros coup qui date d'hier: Sandra Bullock avec son projet Bird Box, réalisé par Susanne Bier. Deux projets auxquels s'ajoutent Bright avec Will Smith, Outlaw King avec Chris Pine et le prochain Dan Gilroy avec Jake Gyllenhaal.

La technique de carnet de chèque semble fonctionner. Même sans l'attrait des salles de cinéma (et donc des Oscars, du box office, etc...).

En France, face à un Canal + affaiblit, Orange a décidé de passer à la vitesse supérieure. En créant la semaine dernière Orange Content, qui rassemble Orange Studio et les chaînes OCS, le groupe cherche à investir davantage dans le cinéma et les séries (100 millions d'euros sur 5 ans pour les séries tout de même), que ce soit en coproduisant ou en acquérant les droits de distribution. Pour ça Orange va renforcer son partenariat avec Canal +, mais aussi signer un accord exclusif avec UGC Images. Par ailleurs, Orange Studio ouvrira à la rentrée 2017 un nouveau département de ventes internationales et UGC Images lui confiera la commercialisation internationale de l’ensemble de ses films dès l’an prochain.

Cela suffira-t-il? Tout est question d'offre. Si les films et les séries sont à la hauteur, le consommateur aura le choix entre une offre européenne et la plateforme Netflix plutôt américaine. Netflix a juste une longueur d'avance (mais un cash-flow en berne). Et avec tous ces concurrents, le téléspectateurs s'y perd (et ne peut pas forcément payer plusieurs abonnements). Ce qui séduit chez Netflix, malgré son obsession de l'exclusivité qui sort les films du circuit classique, c'est bien de choisir les plus grands auteurs, les plus grandes stars. Et ça fonctionne: Netflix comme l'un de ses films, Okja, étaient parmi les 10 films et sujets les plus mentionnés sur les réseaux sociaux durant le Festival de Cannes.

Edito: Canal confidentiel

Posté par redaction, le 6 juillet 2017

C'est paradoxal l'information. Enfin la communication. Canal Plus essaye de survivre. Non pas que le groupe soit menacé d'extinction mais les affaires ne vont plus aussi bien. Entre l'arrivée de Netflix, qui séduit par son bas tarif, l'excécrable saison télévisuelle de ses émissions en clair, les sanctions à répétition contre son produit phare sur C8, la désastreuse image véhiculée par son patron et qui a terni trente ans de gloire cathodique, Canal Plus n'a plus l'esprit cool, hype, glam d'avant.

Les projets ne manquent pas pour revitaliser l'ancienne star que le monde nous enviait. A commencer par un lifting de Dailymotion, une nouvelle politique tarifaire, des partenariats stratégiques pour être mieux diffusé. Et puis, Maxime Saada, directeur général du groupe, demande à travers une interview que la chronologie des médias soit adaptée à l'époque.

"Notre demande principale, c'est que l'on ramène le délai actuel de diffusion des films sur Canal+ de dix mois à six mois après la sortie en salles. Au moment où les Netflix et Amazon prennent des positions dominantes, cette mesure nous paraitraît un geste fort. Nous voudrions également que les acteurs vertueux du PAF, qui payent leurs impôts en France, qui respectent les quotas, bénéficient d'avancées notables. Et que les moins vertueux (c'est-à-dire les Netflix, iTunes, SFR…) en soient écartés. Au nom de l'équité. Il y a enfin un autre dossier que nous allons mettre sur la table du nouveau gouvernement, c'est celui du piratage. La France est championne du monde dans le domaine. La perte pour le seul groupe Canal+ est de 500.000 abonnés! Il existe pourtant des parades efficaces, qui ont fait leur preuve en Allemagne et au Portugal, où chaque fraudeur identifié est mis à l'amende. Nous réclamons un dispositif législatif à l'identique. Sachez qu'un grand succès comme Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu a été piraté 4,2 millions de fois avant d'être diffusé sur notre antenne. C'est inadmissible" explique-t-il dans le JDD.

Canal Plus a des atouts pour faire pression: sa part dans le financement du cinéma français et dans la création de fictions.

Malheureusement, le message est brouillé depuis deux jours. Canal Plus voulait frapper les esprits (du PAF). C'est surtout l'esprit Canal qui a frappé en plein pif.  Neuf sociétés de gestion de droits d'auteur ont décidé de poursuivre le groupe pour "défaut de paiement des auteurs", une décision unilatérale prise par le big boss Vincent Bolloré. Canal+ a cessé tous paiements de droits d’auteurs depuis le 4e trimestre 2016, afin de faire des économies.

La ministre de la Culture a rappelé que Canal - premier financeur du cinéma et l’un des principaux financeurs de la production audiovisuelle - joue "un rôle particulier dans l’écosystème de la création française". Soulignant: "En conséquence, aucune stratégie de réduction des coûts, fût-elle justifiée par la volonté d’améliorer la situation financière, ne saurait exonérer une entreprise des obligations qui découlent de ses contrats avec les sociétés d’auteurs".

Cette politique qui touche les auteurs, toujours les moins bien lotis dans les devis ou le paiement des factures, est incompréhensible. Surtout quand le groupe cherche à vouloir modifier la chronologie des médias ou vouloir faire pression sur le gouvernement pour la lutte contre le piratage. Ainsi, le message de Maxime Saada s'est perdu dans le brouillard crypté des déclarations sans portée car l'urgence est ailleurs, et en clair: Canal Plus risque gros à ne pas rémunérer les centaines d'auteurs qui nourrissent son antenne. On peut toujours se plaindre qu'un Apple, Netflix ou Amazon ne soient pas "vertueux". Encore faut-il être vraiment vertueux soi-même.

Cannes 2016 sera beaucoup moins Canal Plus

Posté par vincy, le 12 mars 2016


Depuis hier soir, la rumeur circulait sur les réseaux sociaux. Le site Puremedias.com a crevé l'abcès qui enflait: Canal Plus à Cannes, ce sera Canal Moins.

Grosses pertes financières

Contrairement à ce qu'avait annoncé le directeur de la chaîne il y a quelques temps, Maxime Saada, la chaîne partenaire du Festival de Cannes va fortement réduire la voilure. Objectif: réduire au maximum les coûts. Le Conseil de surveillance de Vivendi avait alerté le 19 février dernier que le groupe "n’avait pas les moyens de supporter indéfiniment les pertes des chaînes Canal+ en France" qui se sont aggravées cette année pour atteindre 265 millions d'euros.

Service minimum à Cannes

A l'écran, il n'y aura finalement ni l'émission cinéma Le Cercle, dont deux numéros étaient prévus, ni Ali Baddou en seconde partie de soirée (on savait déjà que Le Grand Journal n'y serait pas, et avec le changement d'horaires des Guignols, il était évident que les marionnettes n'en seraient pas).

Aussi Canal Plus ne diffusera que les deux cérémonies (ouverture et clôture) animées par Laurent Lafitte, fortement remaniées et disposant d'un budget plus important, et des duplex avec Le Grand Journal pour la montée des marches quotidiennes.

Sur la Croisette, le régime est aussi sec. Terminée la fameuse soirée Canal sur les hauteurs du vieux Cannes. L'un des plus importants rendez-vous mondains du Festival n'aura donc pas lieu. Mais c'est la fermeture du Patio Canal +, espace privé et "oasis" sur le port à deux pas du Palais, qui inquiète le plus. Ce lieu privatif était le QG des professionnels et artistes (et pas seulement français) pour échanger ou monter des projets. C'est aussi là que la rentrée télévisuelle de Canal Plus se négociait. La décision est symbolique quand il s'agit du premier partenaire du cinéma français.

Canal+ et les chaînes du bouquet Ciné+ représentent ensemble 20 % du financement global des films français, en préachetant une centaine de films chaque année pour les œuvres d’expression originale française. Mais le nombre de films préachetés et le volume global de préachats stagnent. En 2005, Canal+ préachetait 120 films (pour 126 millions d’euros) contre 103 films en 2014 pour 135,88 millions d’euros. Idem pour sa filiale Ciné+ dont l’investissement décroit depuis cinq ans (83 films pour 15 millions d’euros en 2014).

Faut-il que les professionnels du cinéma s'inquiètent?

Depuis la reprise en main ferme de la chaîne par Vincent Bolloré, les mauvais signaux s'enchaînent pour le cinéma français, qui craint un désengagement de Canal Plus dans la production des films d'auteurs, très dépendants de ses finances. D'autant que la chaîne a peu de marge par rapport à ses obligations: elle doit consacrer à l'acquisition de droits de diffusion d'œuvres cinématographiques européennes et d'expression originale française respectivement au moins 12 % et 9 % de leurs ressources totales. La fermeture du Patio, c'est une manière de dire que Canal Plus ne veut plus être au centre du jeu du 7e art français. Ce n'est pas juste une question d'austérité budgétaire, mais bien un effet d'affichage majeur durant le plus grand festival (et marché) du film de la planète. C'est une manière de dire que le cinéma n'est plus une priorité pour Canal, qui préfère mettre son argent ailleurs.

Car le cinéma n'est plus le motif principal pour s'abonner. Les séries (où la concurrence est très vive avec l'arrivée de Netflix, entre autres) et le sport (où Canal Plus a perdu quelques gros appels d'offres récemment) sont bien plus porteurs. Alors que les recettes déclinent, que le modèle économique est égratigné, Vincent Bolloré cherche à investir dans des contenus déclinables sur plusieurs supports et permettant une diffusion plus globale (y compris internationale). Ces derniers temps, le groupe Vivendi, qui possède 100% de Canal Plus mais aussi Dailymotion, opte plutôt pour le secteur des jeux vidéos et chercherait à se désengager de Universal Music.

Certes, en perdant de gros paquets d'abonnés (plus de 400 000 l'an dernier selon la presse) et avec des audiences moribondes sur certaines tranches en clair, la chaîne doit se réinventer. L'esprit Canal est dépassé.

Le partenariat avec le Festival de Cannes était-il nécessaire?

Ça n'a pas empêché Canal Plus de reconduite son partenariat avec le Festival de Cannes pour cinq ans, surenchérant sur l'offre de France Télévisions. Mais était-ce finalement si stratégique de le conserver dans ces conditions? Le Festival savait-il que Canal Plus allait se désengager du Festival aussi bien sur le petit écran que sur la Croisette? Selon Puremedias.com, le Festival aurait exigé de la chaîne cryptée  un dispositif différent cette saison, en raison de la faiblesse des audiences du Grand Journal qui porte habituellement la manifestation. C'est sur cette base que Maxime Saada avait annoncé un dispositif plus "cinéma" et assez ambitieux. Complètement mis à terre, ce dispositif conduira-t-il le Festival à renégocier le partenariat et pourquoi pas le dénoncer? Difficile de le dire puisqu'on ignore les obligations réelles qui lient la chaîne au Festival. Il n'est pas interdit d'imaginer que la chaîne misera plutôt sur le site web dédié au Festival afin de donner plus de force à ses contenus sur les réseaux.

Une présence toute relative

Ironie du sort, tandis que Canal Plus a préféré tout supprimé, France Télévisions risque de proposer plus de temps d'antenne sur le Festival que la chaîne "officielle". Cependant, relativisons tout ça. La présence médiatique à Cannes ne subira que peu d'impact avec 4000 journalistes du monde entier présents sur la Croisette. La soirée Canal ne manquera pas plus que ça quand une une demi douzaine d'évènements ont lieu ce même soir, sans compter les bars et lieux privés qui accueillent festivaliers et "people". Quant au Patio, aussi impressionnant soit-il, il n'était qu'un des lieux privilégiés des professionnels qui ont le choix entre les suites de Palace réservées par les vendeurs, agents et distributeurs ou les espaces (notamment sur certaines places) où l'on peut tranquillement déjeuner en plus de rencontrer ses confrères ou futurs partenaires.

Un choix de raison salutaire

Pour le public, l'absence du Grand Journal en face du Martinez manquera certainement. Mais ce Grand Journal était aussi très critiqué par le choix de ses invités, plus souvent des personnalités "people" que des artistes de cinéma venus présenter un film. Pour la profession, cela ne changera pas grand chose. Aucun journaliste n'utilisait Canal Plus comme source d'information par exemple. Et nul ne doute que les cadres de la chaîne en charge du cinéma ou la filiale StudioCanal seront au rendez-vous.

On pourrait même affirmer que Canal Plus a sans doute eu raison de prendre ces décisions. Depuis quelques années, les grands sponsors du Festival avaient déjà été conduits à être moins présents en terme d'affichage (qui, à une époque, défigurait la Croisette). Canal Plus ne fait que suivre le mouvement, avec quelques années de décalage.

Laurent Lafitte, MC du Festival de Cannes 2016

Posté par vincy, le 10 mars 2016

Le pensionnaire de la Comédie Française Laurent Lafitte sera le Maître de Cérémonie de la 69ème édition du Festival de Cannes. L'annonce a été faite sur la chaîne du groupe Vivendi qui diffuse les deux cérémonies.

Espérons pour les producteurs qu'ils n'ont pas vu son One-Man-Show où il faisait un sketch fou autour d'un fist-fucking... A moins qu'il aient apprécié son humour grinçant façon À votre écoute, coûte que coûte sur France Inter.

Lafitte succède à Lambert Wilson, qui a animé les deux cérémonies précédentes. Parmi les autres hommes ayant eu cet honneur, il y a eu Vincent Cassel et Edouard Baer. Les deux cérémonies d'ouverture et de clôture sont plutôt présentées par des femmes: Jeanne Moreau (trois fois, un record), Carole Bouquet, Sabine Azéma, Isabelle Huppert, Kristin Scott Thomas, Virginie Ledoyen, Charlotte Rampling, Monica Bellucci, Laura Morante, Cécile de France, Diane Kruger, Mélanie Laurent, Bérénice Bejo et Audrey Tautou.

Laurent Lafitte a été récemment à l'affiche de Papa ou maman, gros succès public, L'Art de la fugue et Boomerang. Il sera sur les écrans cette année dans Elle de Paul Verhoeven, pressenti pour être sur la Croisette. Il va tourner L'Extraordinaire Voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea de Marjane Satrapi.

11 chiffres à retenir sur le Cinéma à la télévision

Posté par vincy, le 4 novembre 2014

publicité canal +plus avatarSelon le CNC, l’offre de cinéma progresse à la télévision. Alors que Canal +, partenaire incontournable du cinéma célèbre ses 30 ans aujourd'hui, le CNC a publié les chiffres de 2013 (Le document dans son intégralité) concernant l’offre de films sur les chaînes nationales françaises gratuites.

Grâce à la TNT, le 7ème art a connu une renaissance sur le petit écran.

3,7 millions de spectateurs en moyenne sur les chaînes nationales (France 2, France 3, TF1, M6). Cette diminution par rapport à 2012 (231 000 spectateurs perdus) touche avant tout les films français. On est surtout très loin de la moyenne des années 2004-2007 (4,8 millions de téléspectateurs). Mais n'empêche pas le cinéma de redevenir une valeur sûre dans un PAF très fragmenté. De plus, les films inédits enregistrent une audience moyenne supérieure aux autres (4,2 millions de téléspectateurs), même si, là aussi, on constate un déclin par rapport aux années 2004-2007 (5,4 millions de téléspectateurs). Quatre films ont dépassé les 8 millions de téléspectateurs en 2013 (tous sur TF1, lire notre actualité du 30 décembre 2013).

+ 15,9%: 2 129 œuvres cinématographiques différentes ont été diffusées contre 1 837 en 2012. Dont 44,6% sur les chaînes nationales publiques (France Télévisions, Arte et LCP-AN) qui ont diffusé 950 œuvres, soit 65 films de plus qu’en 2012. France 3 et France 4 ont cependant réduit leur offre (respectivement de 26 et 9 films). Les chaînes nationales privées gratuites (TF1, qui revient au niveau de 2010 avec 13 films de plus mais reste très loin de 2005 avec 43 films de moins, M6, stable mais très en dessous de son record de 2005 avec une perte de 68 films, et les chaînes privées gratuites de la TNT) ont programmé 1 219 films en 2013 (+227 films par rapport à 2012).

429 films diffusés sur Arte, la fenêtre la plus cinéphile du PAF (et un record historique pour la chaîne). 51 titres de plus en 2013. Double exploit: Arte diffuse des films art et essai et des films du patrimoine, tout en réussissant à fédérer des audiences qui dépassent souvent le million de téléspectateurs. Arte se distingue en diffusant avant tout des films européens (179) et français (123), loin devant des films américains (101). Et contrairement aux préjugés, Arte diffuse majoritairement des films de moins de 10 ans (58,5%) et une grosse partie d'inédits (46,9%).

1 061 œuvres cinématographiques différentes (dont seulement 96 inédits) pour un total de 2 007 diffusions ont trouvé leur place sur les chaînes de la TNT privée gratuite. C'est une hausse de 243 films (+29,7%). En 2008, l'offre ne représentait que 630 films. Notons que certaines de ses chaînes diffusent davantage de films que des chaînes comme France 3 ou M6. D8 (154 films), TMC (153 films), NT1 (151 films, dont 45,7% déjà diffusés en 2012), HD1 (141 films) et W9 (131 films dont 51,1% de films déjà diffusés en 2012) sont ainsi de gros pourvoyeurs de films sur le petit écran, et souvent avec succès . Le cinéma américain est dominant avec 46,1% des films diffusés. Par ailleurs, Gulli, HD1 et NT1 sont celles qui ont proposé le plus de films inédits.

377 films et 1936 diffusions pour Canal +. Une légère hausse (+6 titres) mais elle est trompeuse. En 2006, la chaîne cryptée proposait 462 films! et 2079 diffusions. Parmi les films diffusés 50,9% sont français, 36,1% sont américains, un écart qui s'est réduit de près de 9 points! Autre particularité, Canal + diffuse 97,9% de films de moins de 10 ans et 89,7% d'inédits.

34,7% des films programmés par les chaînes nationales gratuites en 2013 ont déjà diffusés en 2012. En 2006, cette proportion n'était que de 9,6%!

11,4% des films ont été diffusés sur deux ou trois chaînes différentes à quelques mois d’intervalle en 2013. Cette pratique est également en hausse.

12,1% . C'est la part de films inédits programmés sur les chaînes nationales gratuites, soit un total 483 films, le niveau le plus haut de la décennie.

1 963 diffusions en première partie de soirée. Merci la TNT privée gratuite et les chaînes HD.

412. C'est le nombre de films européens diffusés en 2013. C'est un record depuis 2005! 59 films n'étaient ni français, ni européens, ni américains (loin du record de 2010 avec 75 films). Le cinéma français continue de dominer légèrement le cinéma américain avec 845 oeuvres cinématographiques nationales contre 813 venues des USA. L'écart se réduit au fil des années cependant. En 2005, les films français représentaient 49,1% de l'offre (31,2% étaient américains, 16,7% européens). En 2013, les films français n'occupaient que 39,7% des diffusions (38,2% de films américains, 19,4% européens).

58% des films diffusés l'an dernier étaient vieux de plus de 10 ans. Ainsi les films datant de la période 1983-2003 étaient quasiment aussi nombreux que ceux de la période 2003-2003.

Les petites ambitions cinématographiques de Netflix

Posté par vincy, le 2 octobre 2014

michelle yeoh tigre et dragon

Netflix s'est fait connaître avec les séries (House of Cards). Mais la société américaine a aussi des ambitions dans le cinéma. En annonçant à deux jours d'intervalle deux partenariats exlcusifs de production cinématographique, le "leader mondial de la TV en streaming" (50 millions d'utilisateurs selon ses propres chiffres) affiche ses velléités.

Netflix proposera ainsi le 28 août 2015 la suite de Tigre et Dragon ( Crouching Tiger Hidden Dragon 2: The Green Destiny). Le film sortira en simultané dans les salles IMAX et sur le petit écran, dans tous les pays où le service est présent. Modérons le coup d'éclat : en France, avec la règlementation sur la chronologie des médias, une sortie simultanée en SVàD et sur grand écran est impossible - il ne sera donc disponible qu'en SVàD; et aux Etats-Unis, deux grands circuits de salles (Regal et Cinemark) ont déjà refusé de sortir le film dans leurs salles Imax s'il sort en même temps en SVàD.

Le film, produit par Miramax, est réalisé par Yuen Wo-ping et seule Michelle Yeoh reprend du service dans un casting où l'on retrouve Harry Shum Jr. et Donnie Yen.

Ensuite, ce matin, Netflix a envoyé un communiqué indiquant qu'elle diffusera quatre films produits et interprétés par Adam Sandler, l'un des comédiens les plus populaires aux Etats-Unis (même si son étoile pâlit au box office ces dernières années). Ils seront destinés exclusivement aux utilisateurs de Netflix. "Quand on m'a proposé de faire quatre films, j'ai tout de suite dit oui parce que Netflix c'est trop de la balle! En avant le streaming!" a lancé Adam Sandler. En dehors de Copains pour toujours et de sa suite, Sandler a surtout connu d'importantes déconvenues au box office. Son dernier film Blended n'ayant rapporté que 46M$ et Crazy Dad à peine 37M$. Pour Sandler, c'est une manière de reconquérir son public, plus apte à s'amuser de ses frasques en vidéo le samedi soir. Pour Netflix, c'est l'assurance de proposer des comédies populaires.

Mais pas de quoi faire bondir les utilisateurs français, public ingrat qui n'a jamais vraiment été séduit par l'humour de Sandler.

Loin d'être encore une menace pour ses concurrents français

Ce n'est pas encore avec ces deux premières annonces que Netflix va jouer les perturbateurs dans l'industrie du cinéma - tout comme il n'a pas encore révolutionné l'industrie des programmes pour la télé et internet. Pas de quoi faire peur non plus, en France, au contributeur historique du cinéma français, Canal +. Et quand bien même, Netflix France annoncerait de telles ambitions, il faudrait que la société se plie aux règles de la concurrence et interviennent sur plusieurs films locaux par an.

En s'installant au Luxembourg, comme Apple et Amazon, Netflix y gagne fiscalement et financièrement, c'est certain, et s'enlève de nombreuses contraintes juridiques, c'est évident. Mais le groupe doit contribuer au financement de la production audiovisuelle française en devant verser 2% de son chiffre d'affaires en France au Centre national du cinéma et de l'image. Et Netflix devra payer la TVA à partir du 1er janvier sur ses recettes françaises. En revanche, il ne peut solliciter aucune aide à la production.

Pour l'instant Netflix échappe à l'impôt français sur les sociétés, à l'obligation de signalétique d'âge et aux quotas (60% de contenus européens et 40% de contenus français dans son catalogue). Il ne doit pas non plus s'assurer que 12% de ses recettes proviennent de visionnage de programmes français.

La solution pour remédier à cette distorsion de concurrence ne peut venir que de la nouvelle Commission européenne, qui doit poursuivre le travail de la précédente en obligeant tout diffuseur à respecter les règles du pays auxquels sont destinés les contenus. Si un contenu est diffusé ou consommé en France, le groupe devra respecter les lois françaises.

Même la nouvelle ministre de la Culture et de la Communication, Fleur Pellerin, s'est résolue à ce principe. Jusque là, cette spécialiste du numérique avait, diplomatiquement, chercher à ne pas de fâcher avec les multinationales du Net.

"C'est une situation qui ne doit pas se régler en vilipendant les sociétés qui font ce choix, puisque c'est un choix de rationalité économique", mais en "faisant en sorte qu'on harmonise les conditions fiscales au niveau européen", avait-elle déclaré il y a un mois. Elle va désormais plus loin : "L'avantage concurrentiel qu'ils en retirent doit par conséquent être neutralisé", désignant Netflix, débarqué en France le 15 septembre, sans jamais le citer.

En deux semaines, le réseau français compterait plus de 100 000 utilisateurs en France (Canal + en revendique près de 10 millions et son service de SVàD CanalPlay environ 500 000). Le chiffre peut paraître impressionnant : mais n'oublions pas que l'offre est gratuite pour le premier mois d'abonnement. Reste à savoir combien de téléphages paieront entre 8 et 12 euros par mois pour voir les films et séries de Netflix.

Festival de Cannes : Pierre Lescure, Président +, Gilles Jacob, Président d’Honneur

Posté par vincy, le 14 janvier 2014

pierre lescure à cannesCannes +? Pierre Lescure, 68 ans, a été élu président du Festival de Cannes. C'était plus ou moins prévisible depuis les révélations de la fin de semaine dernière. L'ancien patron de Canal +, partenaire officiel du Festival grâce à lui, décroche donc l'un des fauteuils les plus convoités dans le monde du cinéma. Un ami des médias, du 7e art et des actrices : ce fan de pin-ups et de juke box va sans doute vouloir y mettre sa patte. On attendra 2015 pour le savoir.

Le communiqué indique que "dans sa séance du 14 janvier, le Conseil d’Administration du Festival de Cannes a procédé à l’élection de son futur président. Monsieur Gilles Jacob a confirmé qu’il quitterait la présidence à compter du 1er juillet 2014, à la suite du 67e Festival de Cannes. L’élection s’est déroulée, conformément aux statuts, par vote à bulletin secret et a porté à la présidence du Festival de Cannes Monsieur Pierre Lescure à l’unanimité des votants. Il prendra ses fonctions le 1er juillet prochain."

Le communiqué ajoute que "le Conseil d’Administration du Festival de Cannes a par ailleurs nommé Gilles Jacob Président d’Honneur du Festival." C'était bien le moins.

Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication, a félicité Pierre Lescure pour son élection : "La Ministre se réjouit vivement de ce choix pour le plus prestigieux festival cinématographique au monde, qui participe du rayonnement de la France." Elle a adressé également "un message d'entière confiance à toute l'équipe du Festival de Cannes, sous l'impulsion de Gilles Jacob, acteur déterminant dans l'histoire et la grandeur du Festival, et du délégué général Thierry Fremaux, qui poursuit avec bonheur, année après année, l'écriture de cette manifestation cinématographique, si chère au cœur des Français et plus largement à tous les spectateurs et cinéphiles du monde."

Frédérique Bredin, Présidente du Centre National du Cinéma et de l'image animée, qui se réjouit de cette élection à l’unanimité, veut croire que "Pierre Lescure, saura mettre au service du Festival, sa force de vision, sa passion du cinéma, sa dimension internationale."

Pierre Lescure en dix dates

1945. Naissance le 2 juillet à Paris.
1965. Présentateur à RTL.
1972. Présentateur du journal de la nuit sur la 2e chaîne de l'ORTF.
1974. Rédacteur en chef-adjoint d'Europe 1.
1981. Créateur de Les Enfants du rock, directeur de la rédaction sur Antenne 2.
1983. Participe au lancement de Canal +. Directeur en 1984 à l'ouverture de la chaîne. Directeur général en 1986.
1995. P-DG du groupe Canal +. Codirecteur général de Vivendi Universal de 2000 à 2002.
2008. Producteur et directeur des opérations du théâtre Marigny à Paris.
2012. Participe au comité de soutien pour la candidature de François Hollande à l'élection présidentielle.
2013. Remise du rapport «Acte II de l'exception culturelle à l'ère du numérique» qu'il préside. Ce rapport a notamment enterré Hadopi.

La colère de François Dupeyron : un « système totalitaire », des « producteurs incultes »

Posté par vincy, le 12 septembre 2013

françois dupeyron jean pierre darroussinMon âme par toi guérie est le nouveau film de François Dupeyron, adapté de son propre roman, Chacun pour soi Dieu s'en fout (2009). Le film sort le 25 septembre dans les salles françaises et est en compétition au festival de San Sebastian.

Pourtant, longtemps, le réalisateur de La chambre des officiers (en compétition à Cannes en 2001), Drôle d'endroit pour une rencontre et Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran a failli ne jamais réaliser ce film.

Plutôt qu'une interview ou une note d'intention, le réalisateur a préféré tirer un signal d'alarme sur l'état de la production française aujourd'hui dans son dossier de presse. En colère, et même amer, le cinéaste-écrivain l'est assurément. Il rend hommage à Paulo Branco, "le premier producteur indépendant que je rencontre".

Extraits.

Les chaînes de TV aux abonnées absentes
"La dernière fois qu’une chaîne publique a mis de l’argent dans un de mes films, c’est en 2003. Ca va faire dix ans qu’on me refuse tout ! Je viens d’en prendre conscience cette semaine, les années ont passé, je ne m’en suis pas rendu compte. Dix ans ! C’est pas rien dix ans !... Regarde ta vie, remonte dix ans en arrière et tire un trait, poubelle, tu effaces ! Je ne suis pas resté sans rien faire, j’ai écrit huit, dix scénarios, j’ai eu des avances sur recettes, je les ai perdues. J’ai écrit quatre romans… Et maintenant, je suis sec, ils ont gagné, mais ils n’auront pas ma peau. En dix ans, j’ai réussi à faire deux films, Inguélézi, et Aide-toi le ciel t’aidera, avec l’avance sur recettes et Canal. Mais depuis 2007 chez Canal, c’est niet ! Je suis marqué au rouge. « Dupeyron, on aime beaucoup ce qu’il fait, mais pas ça. » C’est le refrain, dès que je l’entends, je crains la suite. Alors, puisqu’on ne veut plus de moi, je me tire. Et personne ne s’en apercevra parce que le monde n’a pas besoin de moi pour tourner, et c’est très bien comme ça."

Son nouveau film, refusé partout
"J’ai l’avance, j’ai la région, et puis c’est tout. La 2, la 3, Arte, Canal, ont dit non. Je l’ai réécrit, représenté. Deux fois non. Orange me dit que peut-être si j’ai un distributeur… C’est bidon, je n’y crois pas, et de toute façon tous les distributeurs à qui on l’a présenté ont dit non."
"Céline [Sallette] a fait lire le scénario à une jeune productrice – c’est pour te dire qu’elle est motivée – la productrice lui a envoyé le scénario à la gueule, « Qu’est-ce que c’est cette merde ? ». Comme ça… « Cette merde ! » T’imagines pas ce que je me prends dans la gueule. Tu veux que je te dise mon année ? Celle que je viens de passer ? Toute mon activité professionnelle ?... J’ai eu deux rendez-vous, dans la même semaine, avec deux producteurs, pour deux projets. Le mercredi avec l’un, pour l’histoire du type qui a un don. Il a relu le scénario et il a coché les gros mots. Oui, les gros mots !... Il a tourné les pages et il m’a demandé, « ça, on peut l’enlever ? » Oui… j’ai dit oui à tout. Des gros mots ! (...) Le lendemain, j’ai rendez-vous avec l’autre producteur, l’histoire du déserteur, en 14… Rebelote, il a tourné les pages lui aussi. « Ça, on peut l’enlever ? » Oui… encore les gros mots ! Un type qui boit du matin au soir, au front, en 14 !… Et tout ça parce que tu présentes un scénario à la 2 ou la 3 avec un gros mot qui traîne, oh malheur ! Tu dégages… Ils ont un tel pouvoir que règne une petite terreur. Voilà toute mon année. J’ai enlevé des gros mots. Dix ans qu’on me refuse tout et maintenant les gros mots… "

Remise en question
"Toutes ces dernières années, j’ai essayé un peu de comprendre, je me suis dit qu’ils avaient peut-être raison, que mes scénarios étaient trop ci, ça. J’ai essayé plusieurs styles, plusieurs genres. Et j’ai compris qu’il n’y a rien à comprendre. J’ai perdu mon temps. Depuis quelques années, la mode est aux fiches de lecture. Je ne sais pas qui lit, des jeunes gens sans doute, pas très bien payés. J’en ai demandé deux, pour deux scénarios, pour voir… Deux fois, j’ai eu droit à « Sujet non traité. » Je n’invente pas, « Sujet non traité ». Etait-ce le même lecteur ? Voilà où on en est. Tu ouvres le coffret des Césars, à part trois ou quatre films, tous les autres se ressemblent. Mais le sujet est traité. Merde, le cinéma, c’est pas ça ! C’est même tout le contraire…"

Un système soviétique où la Télé a droit de censure
"Je suis déconnecté, je ne suis plus en phase avec ce petit monde, ces gens, les producteurs à genoux, qui ont peur. On ne fait rien avec la peur, rien que de la merde. Moi, j’ai découvert la vie avec le cinéma, j’ai découvert les hommes, les femmes. J’entrais dans les films… comme j’entre ici pour te rencontrer, on se parle, je suis toi, tu es moi, ça circule… C’est pas cet infantilisme ! Sujet non traité ! Les gros mots ! Les gros mots ! Tu sais ce qui m’est venu en écoutant Forman parler du cinéma tchèque des années soixante ? Eh bien, on y est en plein. Regarde le bonus de Au Feu Les Pompiers, il parle de notre cinéma. Tu remplaces le Parti par la Télé, et c’est bon. On est dans un système soviétique, la Télé dit oui, tu fais le film, elle dit non…" "Je vois des producteurs qui se disent « producteurs indépendants ». Ils sont tous dépendant de la télé, et aujourd’hui des distributeurs. Des producteurs, il n’y en a qu’un, la Télé, le Parti. On est dans un système qui porte un nom, un putain de gros mot, « totalitaire », pas creux pas vide, qui fait son sale boulot. On ne serait pas en démocratie, on dirait censure. "

Inculture générale
"Il y a deux ans, j’ai fait une note d’intention pour un scénario qu’on proposait à Arte. J’ai eu le malheur de citer Tarkovski pour faire comprendre je ne sais plus trop quoi. Malheur ! le retour a été cinglant, « Non Tarkovski, c’est pas possible. » Arte ! la chaîne culturelle – Arte n’a jamais mis un centime dans un de mes films – Ecoute Forman, il parle d’inculture… écoute l’interview de Langlois dans le bonus de l’Atalante, ce doit être dans les années 70. Il emploie le même mot, « des producteurs incultes »."

Au placard
"J’ai dédié ce film à Michel Naudy. Michel était un très bon ami, il a mis fin à ses jours le 2 décembre, il était journaliste à France 3, au placard depuis dix sept ans… Nous sommes en France en 2012. Dix sept ans de placard ! avec un salaire, mais sans emploi. "

Emmy Awards : Claire Danes, la résurrection avec Homeland

Posté par vincy, le 24 septembre 2012

Certes, à 32 ans, Claire Danes est loin d'être une de ces actrices déchues après avoir frôlé la gloire de manière précoce. Mais l'Emmy Award de la meilleure actrice pour son interprétation dans la série Homeland (actuellement diffusée sur Canal +) qu'elle a reçu cette nuit à Los Angeles la replace sous le feu des projecteurs après des années de disette au cinéma.

Rappelons-nous : cette jeune fille fit son apparition dans Les quatre filles du docteur March, à 15 ans, aux côtés de Kirsten Dunst et Winona Ryder. Joli succès au box office (27e de l'année). Elle enchaîna avec quelques jolis mélos comme Le Patchwork de la vie (avec Winona de nouveau et Anne Bancroft), Week-end en famille (de Jodie Foster, avec Robert Downey Jr.) et fut révélée par Baz Luhrmann grâce à sa version pop de Romeo + Juliet, 21e plus gros succès de l'année dans le monde. DiCaprio fut alors enrôlé par James Cameron dans Titanic. Danes fut tentée par des projets d'auteurs comme Oliver Stone (U-Turn), Francis Ford Coppola (L'idéaliste), Bille August (Les Misérables). Aucun ne trouva réellement son public. Danes fut vite concurrencée par de jolies et jeunes comédiennes.

En 2002, elle joue la fille de Meryl Streep dans Les heures (The Hours), second-rôle noyé dans un panthéon de comédiennes plus brillantes les unes que les autres. Ecrasée, la jeune Danes ne profite pas du succès du film. Elle s'essaie au blockbuster (Terminator 3) mais là ce sont les effets spéciaux et Schwarzzy qui font oublier sa présence. Beaucoup de ses films ne rapportent même pas 10 millions de $ au box office US. En 2005, avec Esprit de famille, dans le rôle principal, elle tente un retour. Le public suit, sans plus, et la critique n'a d'yeux que pour ses partenaires Sarah Jessica Parker et Rachel McAdams.

Trop lisse? Pourtant elle essaye tout, même l'horrible Stardust, film fantastique avec casting étoilé. Quasiment son plus gros triomphe international. Elle tourne également avec les plus grandes comédiennes, des cinéastes cultes comme Richard Linklater, des films de genre. Rien ne fonctionne. le public n'accroche pas, ne la retient pas.

Et puis Howard Gordon (Buffy contre les vampires, 24 heures chrono) et Alex Gansa (Dawson, 24 heures chrono, Entourage, Numb3rs) décident d'adapter une série TV israélienne, Kidnapped, qui deviendra Homeland aux USA. Les producteurs recrutent Claire Danes avant tous les autres membres du casting.

Le petit écran l'aura ainsi sauvé. 1,7 millions d'américains ont vu le dernier épisode de la première saison (la deuxième débute cette semaine aux USA) sur la chaîne Showtime. En France, Canal + a commencé la diffusion de la série ce mois-ci et le premier épisode a été vu par 1,3 millions d'abonnés.

Le conte de fée pour Danes commence dès janvier avec le Golden Globe de la meilleure actrice dans une série TV dramatique. Avec un Emmy Award en plus, Danes s'est, enfin, imposée dans le système hollywoodien. En agent de la CIA souffrant de troubles bipolaires, traumatisée par le 11 septembre, l'actrice a trouvé le rôle de sa vie. Celui qu'elle méritait de l'avis de tout le monde. Quel film aurait pu lui proposer un rôle aussi complexe? C'est la deuxième fois que Claire Danes réalise le doublé Golden Globe/Emmy, deux ans après son incarnation de Temple Grandin, scientifique autiste, dans un téléfilm.

Le cinéma voudra-t-il bien la récupérer? Pour l'instant, elle n'a qu'un long métrage en projet, As cool as I am de Max Meyer, avec James Marsden.

Deneuve se fait allumer par le CSA pour une cigarette (et on recherche des partenaires pour son prochain film)

Posté par vincy, le 7 décembre 2011

Catherine Deneuve, qui tourne actuellement sous la direction de Yannis Smaragdis God loves caviar, avait joué les marraines de l'émission Le petit journal sur Canal +, présenté par Yann Barthès. C'était le 29 août.

On y parlait chaussures, un peu du film Les bien-aimés, qui servait de prétexte à l'entretien, et surtout cigarettes. L'actrice est de plus en plus remarquée avec une cigarette électronique dans les conférences de presse. Mais Barthès devait vendre sa nouvelle émission, impertinente. Il lui propose donc de fumer une véritable cigarette : les volutes apparaissent clairement. C'est évidemment prohibé par la Loi Evin. Cette séquence est assimilée à une publicité vantant le tabac. C'est même une apologie quand il s'agit d'une star. Fait aggravant : Barthès s'en grillait une aussi. Le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel a donc sanctionné la chaîne pour cette propagande.

La provocation a ses limites...

Deneuve sera à l'affiche du prochain Astérix, en Reine d'Angleterre. Elle tournera ensuite Elle s'en va, d'Emmanuelle Bercot. le tournage aura lieu au printemps 2012 dans les Pays de la Loire. Le casting est en cours. Bercot a réalisé des films comme La puce, Backstage et a coscénarisé avec Maïwen le film Polisse. La production "recherche des hommes et des femmes de tous milieux et tous âges pour interpréter des rôles aux côtés de Catherine Deneuve, rôle principal du film. Si vous êtes intéressés, vous pouvez envoyer votre photo avec vos noms et prénoms, date de naissance, adresse, mail et téléphone à l'adresse : courriel."