Une pétition pour défendre les cinéastes émergents

Posté par vincy, le 1 décembre 2017

Il y a déjà plus de 1500 signataires à la pétition "Faisons le pari de la jeune création cinématographique !".

"Année après année, les financements privés, principalement issus des chaînes de télévision, se sont raréfiés, se portant d’abord sur les auteurs déjà reconnus, les valeurs les plus sûres, les genres les plus porteurs" se plaignent jeunes rééalisateurs et cinéastes confirmés qui ont signé l'appel, parmi lesquels Marie Amachoukeli, Jacques Audiard, Lucas Belvaux, Julie Bertuccelli, Bertrand Bonello, Pascal Bonitzer, Catherine Corsini, Claire Denis, Yann Gonzalez, Robert Guédiguian, Agnès Jaoui, Cédric Klapisch, Tonie Marshall, Katell Quillévéré, Pierre Salvadori, Céline Sciamma, ou encore Rebecca Zlotowski, mais aussi des scénaristes, producteurs et techniciens du cinéma.

Précarisation

Rappelant qu'à Cannes, la Caméra d’or (prix du meilleur premier film) a récompensé trois fois en quatre ans le jeune cinéma français, ils interpellent la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, en signalant que "ce sont justement les premières œuvres et les projets les plus audacieux, ceux sur lesquels il est le plus risqué de « parier », qui sont aujourd’hui grandement fragilisés, jusqu’au seuil de la précarité pour certains." Ajoutant: "le plafonnement des aides publiques affecte violemment la fabrication, l’imaginaire, l’ambition artistique et visuelle des projets : équipes techniques réduites, figuration inexistante, temps de tournage de plus en plus contraints, scénarios élagués…Cette précarisation s’étend sans cesse et bride l’éclosion d’une nouvelle génération d’auteurs, d’acteurs, de techniciens."

Changement de la politique d'aides

"L’absence d’une chaîne de télévision en pré-financement - ou la faiblesse des montants proposés - génère presque automatiquement une majorité de financements publics, plafonnés à 60% pour les films à petit budget. L’absurdité du système pousse ces films à renoncer à certaines aides, notamment au crédit d’impôt" constatent-ils.

Les signataires proposent d'autoriser "un maximum de 70 % d’aides publiques dans le budget de ces films" , soit un coût financier marginal puisque très peu de films sont concernés. Ils demandent "une plus grande égalité entre les films face au crédit d’impôt, un dispositif fiscal qui devrait être ouvert à tous, sans aucune exception."

Actuellement, la réglementation française limite à 50% le seuil d'aide publique à la production (60 % pour les premiers et deuxièmes films, et pour ceux dont le budget est inférieur à 1,25 million d'euros). Ce dispositif est issu d'une règle européenne mais chaque Etat membre peut l'adapter.

La pétition accompagne un amendement (permettant le relèvement de la limite de l'aide publique) au Projet de loi de financer, déposée par la députée parisienne Brigitte Kuster (Les Républicains). Il a reçu un " avis défavorable " du ministre de l'action et des comptes publics Gérald Darmanin. Il ne reste qu'à espérer qu'un sénateur prendra le relais...

Cannes 2017: la Palme d’or pour The Square, le Grand prix pour 120 BPM

Posté par vincy, le 28 mai 2017

Le jury de Pedro Almodovar avait la lourde responsabilité d'effacer le Palmarès incompréhensible et hors sol de l'an dernier.

Pas forcément dans l'ordre pronostiqué, les gagnants sont des habitués de Cannes pour la plupart. Mais avouons que les films distingués sont aussi ceux que nous avons préféré. Diane Kruger dans In the Fade ? Le choix était tellement évident. Les scénarios des très sombres Mise à mort du cerf sacré et You Were Never Really Here ? C'est sous estimé l'interprétation et la mise en scène de ces deux films, mais les voir au palmarès nous réjouit. Le fait que l'immense Joaquin Phoenix remporte le prix d'interprétation masculine pour You Were Never Really Here donne au film de Lynne Ramsey un double prix qui compense largement son absence dans le haut du tableau. Avec le prix de la mise en scène pour Sofia Coppola (Les proies), ce sont deux femmes cinéastes qui ne transigent pas avec leur style qui sont honorées.

Le jury a opté pour des films radicalement différents. Faute d'amour (Prix du jury), 120 battements par minute (Grand prix du jury) et The Square (Palme d'or). De notre côté, on aurait opté pour une autre hiérarchie (la palme pour le français, le grand prix pour le russe), au moins il n'y a pas eu de faute de goût véritable, évinçant les films ratés. On peut juste regretter l'absence de films que nous avons appréciés, notamment Good Time ou Okja (Netflix repart bredouille).

On reste surpris malgré tout de la Palme d'or pour Ruben Östlund. Le cinéaste suédois a certes gardé son style inimitable. Mais son film, imparfait et attachant, plein de contradictions, et surtout terriblement égoïste, est à moitié convaincant (notamment à cause d'une dernière heure trop didactique qui alourdit son film et dilue son ton). On peut comprendre qu'un tel sujet (l'individualisme) ait fédéré les jurés. Tout comme on est ravi de voir qu'un film aussi bouleversant que 120 BPM ait été reconnu à sa juste mesure, avec un sujet comme le SIDA. Tout comme le splendide formalisme de Faute d'amour ait réussi à séduire malgré la dureté de son thème.

De ces trois films il reste d'ailleurs des images marquantes: une bataille de capote dans The Square, une Seine de sang dans 120 BPM ou un gamin qui hurle de douleur en silence quand ses parents s'engueulent dans la pièce d'à côté.

Tous les prix remis à Cannes

Enfin, Nicole Kidman a reçu le Prix du 70e anniversaire. Présente deux fois en compétition, et deux autres fois en sélection officielle, elle était la star de cette année. Et permet à Coppola et Lanthimos d'être primés une deuxième fois indirectement.

La Caméra d'or récompense pour la deuxième année consécutive, et la troisième fois en quatre ans, une réalisatrice française. Jeune femme, présenté à Un certain regard, réussit avec peu de moyens, une actrice formidable (Laetitia Dosch) et une histoire d'émancipation, à faire vibrer le spectateurs en partageant les moindre soubresauts de son héroïne.

Cannes 2017: Qui est Taylor Sheridan ?

Posté par vincy, le 27 mai 2017

Taylor Sheridan, c'est le talent brut américain. Un touche-à-tout venu du Texas. A 47 ans - il a fêté son anniversaire au Festival il y a six jours - il est connu comme acteur en second-rôle, scénariste de premier plan et le voilà réalisateur. Wind River est son premier film. Un thriller présenté à Un certain regard, où un homme, Cory, traumatisé par la mort de sa fille, travaille comme chasseur de coyotes et autres prédateurs. La poisse : il trouve le corps violé d'une adolescente dans une région désertée, une réserve amérindienne, et décide d'aider un agent du FBI à trouver le coupable. Le film, avec Jeremy Renner dans le rôle principal, et Elizabeth Olsen, a déjà été présenté à Sundance cet hiver.

Avant de concourir à la prestigieuse Caméra d'or cannoise, Taylor Sheridan a parcouru un long chemin chaotique. En tant que comédien, il a joué les rôles secondaires dans des épisodes de série, de Walker, Texas Ranger à Docteur Quinn, femme médecin en passant par Star Trek: Enterprise, New York Police Blues, Les Experts: Manhattan. Malgré sa belle gueule et son regard perçant, sa carrière ne décolle pas avant 2005, quand il incarne Danny Boyd, en cousin d'un gangster et trafiquant de drogue maffieux irlandais, dans la série Veronica Mars. Mais c'est en flic dans trois saisons de Sons of Anarchy qu'il est acquiert enfin une certaine notoriété.

Au cinéma, en revanche, c'est disette. Il tourne en 2003 dans White Rush, de Mark L. Lester, polar inédit en salles, et ne retrouve le grand écran qu'avec Comancheria (High or Hell Water), présenté l'an dernier à Un certain regard, dont il a signé le scénario.

Car, voyant sa carrière de comédien faire du sur place, il décide de se lancer dans l'écriture de scénarios. Et pas des moindres. On lui doit Sicario, réalisé par Denis Villeneuve et en compétition au Festival de Cannes en 2015. Une autre histoire de drogue, de Texas et de flics, avec un FBI sans foi ni loi et des immigrés clandestins venus du Mexique. Pour le film, il se documente énormément, effectue un véritable travail journalistique et montre comment cette frontière bientôt murée est devenue une zone de non-droit. Le film reçoit trois citations aux Oscars et le scénariste est nommé aux prix de la Writers Guild of America. Il a écrit la suite, Soldado, centrée sur le personnage interprété par Benicio del Toro.

Comancheria, réalisé par David Mackenzie, est par conséquent son deuxième scénario. Il l'avait écrit quelques années avant Sicario. Le script figurait sur la fameuse Black List, ces pépites que personne n'osent produire. Un autre récit texan, avec deux frères qui braquent des banques pour rembourser une dette. C'est le bingo. Quatre nominations aux Oscars, dont celle du meilleur film et du meilleur scénario original, deux nominations aux Golden Globes, dont une pour Sheridan à titre de scénariste et une nouvelle nomination aux prix de la Writers Guild of America.

Depuis deux ans, Taylor Sheridan ne chôme pas (il a même écrit le téléfilm Yellowstone, autour d'une famille du Montana qui se bat pour sauver son ranch). Il a été enrôlé pour écrire le remake de Maryland, le film d'Alice Winocour, présenté en 2015 à Un certain regard.

Il aime les histoires simples, les paysages arides, les personnages tourmentés et solitaires. Taylor Sheridan impose son style, en ancrant des récits réalistes et contemporains dans un cadre finalement on ne peut plus classique entre film noir et western. Un Texan qui a rêvé de la lumière et l'a trouvée dans l'ombre de l'écriture.

Cannes 2017: les jurys d’Un certain regard, des Courts métrages et de la Cinéfondation et de la Caméra d’or enfin révélés

Posté par vincy, le 14 mai 2017

On s'inquiétait un peu. A trois jours du lancement du 70e Festival de Cannes, il manquait les membres de trois jurys majeurs. C'est chose faite en ce dimanche présidentiel.

"Après le Jury des films en compétition, présidé par Pedro Almodóvar et dont la composition a été révélée le 25 avril dernier", voici ceux qui seront aux côtés des présidents Uma Thurman (Un Certain Regard), Sandrine Kiberlain (Caméra d’Or) et Cristian Mungiu (Courts métrages et Cinéfondation).

Jury d'Un certain regard

Uma Thurman (présidente), actrice américaine ; Mohamed Diab, réalisateur égyptien ; Reda Kateb, acteur français ; Joachim Lafosse, réalisateur belge ; Karel Och, directeur artistique du Festival International de Karlovy Vary.

Jury des Courts métrages et de la Cinéfondation

Cristian Mungiu (président), réalisateur, scénariste et producteur roumain ; Clotilde Hesme, actrice française ; Barry Jenkins, réalisateur et scénariste américain (oscarisé avec Moonlight) ; Eric Khoo, réalisateur, scénariste, producteur singapourien ; Athina Rachel Tsangari, réalisatrice, scénariste et productrice grecque.

Jury de la Caméra d'or

Sandrine Kiberlain (présidente), actrice et chanteuse française : Patrick Blossier, chef opérateur français ; Elodie Bouchez, actrice française ; Guillaume Brac, réalisateur et producteur français ; Thibault Carterot, président de M141, société de Post-Production ; Fabien Gaffez, écrivain et critique de cinéma ; Michel Merkt, président suisse.

Cannes 2017: Sandrine Kiberlain présidera le jury de la Caméra d’or

Posté par vincy, le 11 avril 2017

sandrine kiberlainPour le 70e Festival de Cannes, Sandrine Kiberlain présidera le Jury de la Caméra d’or, qui récompense une première œuvre issue de la Sélection officielle, de la Quinzaine des Réalisateurs ou de la Semaine de la Critique.

César du meilleur espoir féminin (En avoir (ou pas) de Laetitia Masson en 1996) puis César de la meilleure actrice (9 Mois ferme d'Albert Dupontel en 2014 ), la comédienne (et chanteuse) s'est illustrée à travers des rôles éclectiques au cinéma dans Les patriotes (Prix Romy-Schneider), A vendre, Betty Fisher et autres histoires, Tout va bien on s'en va, Un héros très discret, Le septième ciel, Mademoiselle Chambon ou encore Elle l'adore, cumulant ainsi six nominations aux César. Elle aussi été primée à Montréal, Chicago et Angoulême, en plus d'obtenir un Molière de la révélation théâtrale il y a 20 ans. Elle a ainsi oscillé entre les univers variés d'Edouard Moliaro, Jacques Audiard, Benoît Jacquot, Pascal Bonitzer, Jeanne Labrune, Pierre Salvadori, Jean-Paul Rappeneau,, Nicole Harcia, Maïwenn, Serge Bozon, Alain Resnais ou Bruno Podalydès.

Ses succès les plus populaires sont assez récents (Le petit Nicolas, Les femmes du 6e étage, 9 mois ferme, Les gamins et Un balcon sur la mer sont tous sortis ces dix dernières années). L'an dernier elle était formidable dans Quand on a 17 ans d'André Téchiné. Elle est attendue en 2017 chez Erick Zonca et Sophie Fillières.

Sandrine Kiberlain a déjà été jurée à Cannes, en 2001 et a monté les marches trois fois en compétition et une fois à Un certain regard.

La Caméra d'or sera décernée le 28 mai prochain.

Cannes 70 : Caméra d’or, l’avoir… ou pas

Posté par cannes70, le 12 mars 2017

70 ans, 70 textes, 70 instantanés comme autant de fragments épars, sans chronologie mais pas au hasard, pour fêter les noces de platine des cinéphiles du monde entier avec le Festival de Cannes. En partenariat avec le site Critique-Film, nous lançons le compte à rebours : pendant les 70 jours précédant la 70e édition, nous nous replongeons quotidiennement dans ses 69 premières années.

Aujourd'hui, J-67.


En février dernier, la réalisatrice et scénariste hongroise Ildikó Enyedi obtenait l'Ours d'or à Berlin pour son cinquième long-métrage, On Body and Soul. Il y a presque trente ans, en 1989, elle recevait la caméra d'or des mains de Raf Vallone lors du 42e festival de Cannes, pour son premier film  Mon XXe siècle. Entre les deux récompenses, elle a présenté deux films à Venise, un à Locarno, et a notamment été membre du jury au festival de Berlin. Elle a également connu une longue traversée du désert (elle n'avait pas tourné pour le cinéma depuis 1999) avant ce retour triomphal.

Un destin étonnant, dont on a eu envie de se demander s'il est singulier dans l'histoire de la Caméra d'or, ou au contraire plutôt exemplaire. Que deviennent en effet ces cinéastes distingués dès leurs premiers pas dans le long métrage et dont on pourrait dire que les meilleures fées (qui ont pour noms Michel Deville, Abbas Kiarostami, Agnès Varda ou encore Wim Wenders) se sont penchées sur leur berceau ?

Un prix de cinéphiles


C'est Gilles Jacob qui a l'idée, en 1978, de créer un prix pour distinguer le meilleur premier film toutes sélections confondues (y compris Cannes Classic et, jusqu'à sa suppression, la section Perspective du cinéma français). Au départ, ce sont les critiques présents qui votent, puis à partir de 1983, un  jury spécifique est constitué, en majorité de journalistes, de critiques et de "cinéphiles". Il se dote en 1987 d'un président du jury (c'est le compositeur Maurice le Roux qui inaugure la fonction) et se professionnalise peu à peu (la dernière mention d'un juré "cinéphile" remonte à 2005).

Dès le départ, il y a derrière cette récompense symbolique la volonté de rappeler que Cannes ne peut pas seulement être le lieu du couronnement et de la validation, mais doit également chercher à être celui de la découverte et du renouveau. C'est dans cette optique qu'est créée cette même année la section Un Certain regard  (destinée à l'origine à promouvoir des œuvres singulières et des auteurs en devenir), puis en 1998 la Cinéfondation qui invite des films d'école.

Ceux qui l'ont eue... et les autres


Près de 40 ans après la remise de la première Caméra d'or (pour Alambrista ! de Robert Malcom Young), on a largement le recul nécessaire pour constater que les différents jurys ont parfois révélé des cinéastes devenus incontournables, mais aussi que certains lauréats auront été les hommes (ou les femmes - elles ont réalisé ou coréalisé 14 longs métrages récompensés sur les 40) d'un seul film. Sans doute parce qu'une Caméra d'or, comme la plupart des prix couronnant des premières œuvres, est toujours en partie un pari sur l'avenir. Il y a finalement peu de réalisateurs, aujourd'hui habitués cannois, qui aient remporté cette récompense : ni Wong Kar wai sélectionné en 1989 pour As tears go by, ni Jacques Audiard (Regarde les hommes tomber en 1994), ni Quentin Tarantino (Reservoir dogs en 1992), ni Xavier Dolan (J'ai tué ma mère en 2009), ni même Steven Soderbergh (Sexe, mensonges et video en 1989) qui, lui, a eu directement la palme d'or... excusez du peu !

Lire le reste de cet article »

« Elle » décroche trois Prix Lumières 2017

Posté par vincy, le 30 janvier 2017

La 22ème cérémonie des Lumières de la presse internationale a eu lieu lundi soir au même moment que la soirée du Syndicat français de la critique cinéma. En soi, c'est une drôle d'idée. Imagine-t-on, les Golden Globes en même temps que la soirée du National Board of Review?
En tout cas, les deux cérémonies se sont accordées à choisir Elle comme meilleur film français de l'année.
L'unanimité autour de ce thriller sadomasochiste présenté à Cannes en compétition l'an dernier pourrait conduire à un grand chelem avec les César, où il est nommé 11 fois.

Elle a donc été couronné le titre suprême mais aussi le prix du meilleur réalisateur pour Paul Verhoeven et le prix de la meilleure actrice pour Isabelle Huppert.

Trois autres films ont été à la fête lors de la soirée. Ma Vie de Courgette de Claude Barras a remporté logiquement le prix du meilleur film d'animation, mais il a également été couronné pour le scénario de Céline Sciamma. La mort de Louis XIV repart avec le prix du meilleur acteur pour Jean-Pierre Léaud et le prix de la meilleure image pour Jonathan Ricquebourg. Enfin, Divines a aussi été doublement récompensé avec le prix du premier film et le prix de la Révélation féminine pour ses deux actrices Oulaya Amamra et Déborah Lukumuena.

Damien Bonnard a, de son côté, été distingué comme meilleure révélation masculine pour son rôle dans Rester vertical. Le film tunisien de Mohamed Ben Attia, Hedi, un vent de liberté, a reçu le prix du meilleur film francophone tandis que celui du meilleur documentaire est revenu Voyage à travers le cinéma français de Bertrand Tavernier. Enfin c'est Ibrahim Maalouf qui a gagné le prix de la musique pour Dans les forêts de Sibérie.

Deux hommages ont été rendus: à Marion Cotillard et à Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes. Il y avait bien un air cannois qui soufflait à Paris puisque six des huit films récompensés lundi 30 janvier étaient sur la Croisette en mai.

Cannes 2016: Ken Loach reçoit sa deuxième Palme d’or

Posté par vincy, le 22 mai 2016


Cette année, il y avait deux sortes de films en compétition au 69e Festival de Cannes: ceux qui observaient le monde, sans oublier de nous faire sourire ou de nous séduire, et ceux qui plombaient le moral avec une vision dépressive ou hystérique des rapports humains. Clairement, le jury a choisi la seconde catégorie, oubliant les amples, beaux ou audacieux Aquarius, Toni Erdmann, Elle ou encore Rester vertical.

Non cette année, le jury a aimé le drame social le plus sombre, les émotions manipulées, des scénarios très classiques et souvent balisés. On se félicitera de prix de la mise en scène pour Assayas (pas de jaloux dans son couple puisque Mia Hansen Love a remporté le prix équivalent à Berlin en février dernier). Deux prix pour Farhadi c'est aussi un film en moins de récompensé. Une deuxième Palme pour Ken Loach, grand monsieur et grand cinéaste, n'est pas honteuse mais son film est mineur et bien moins subtil que la dénonciation de la mondialisation dans Toni Erdmann ou la consécration de la résistance dans Aquarius.

Alors voilà, on vous aimait bien membres du jury. Votre délibération a été passionnelle, très très longue. Mais on préférera notre palmarès, car ce sont ces films qui nous resteront en mémoire, plus que les vôtres, à quelques variantes près.

Palme d'or: Moi, Daniel Blake de Ken Loach (Royaume Uni)

Grand prix du jury: Juste la fin du monde de Xavier Dolan (Canada)
Mise en scène: Cristian Mungiu (Baccalauréat, Roumanie) et Olivier Assayas (Personal Shopper, France)
Interprétation masculine: Shahab Hosseini dans Le client (Iran)
Interprétation féminine: Jaclyn Jose dans Ma'Rosa (Philippines)
Scénario: Asghar Farhadi pour Le client (Iran)
Prix du jury: American Honey d'Andrea Arnold

Palme d'or du court métrage: Timecode de Juanjo Gimenez (Espagne)
Mention spéciale Court métrage: A moça que dançou com o diabo de Joao Paulo Miranda Maria (Brésil)

Caméra d'or: Divines d'Houda Benyamina - Quinzaine des réalisateurs (France)

Cannes 2016: les jurys d’Un certain regard, des Courts-métrages et de la Cinéfondation et de la Caméra d’or

Posté par vincy, le 28 avril 2016

marthe keller amnesia

Des femmes au pouvoir au 69e Festival de Cannes. Les trois jurys d'Un Certain regard, de la sélection des Courts-métrages et de la Cinéfondation et de la Caméra d'or (qui concerne les premiers films de toutes les sélections) seront présidés par Marthe Keller, Naomi Kawase (lire notre actualité du 15 mars dernier et Catherine Corsini.

Un Certain Regard
Présidente Marthe KELLER, actrice (Suisse)
Céline SALLETTE, actrice (France)
Ruben ÖSTLUND, réalisateur (Suède)
Diego LUNA, acteur, réalisateur, producteur (Mexique)

Le Jury Un Certain Regard décernera ses prix parmi les 18 films en compétition lors de la cérémonie de Clôture le samedi 21 mai.

Courts métrages et Cinéfondation
Présidente Naomi KAWASE, réalisatrice & écrivain (Japon)
Marie-Josée CROZE, actrice (Canada, France)
Jean-Marie LARRIEU, réalisateur & scénariste (France)
Radu MUNTEAN, réalisateur & scénariste (Roumanie)
Santiago LOZA, réalisateur & auteur dramatique & écrivain (Argentine)

Le Jury aura à décerner trois prix parmi les 18 films d’étudiants d’écoles de cinéma présentés dans la Sélection Cinéfondation. Les Prix de la Cinéfondation seront annoncés par le Jury, vendredi 20 mai, lors d’une cérémonie Salle Buñuel qui sera suivie de la projection des films primés. Ce même jury devra également désigner la Palme d’or du Court métrage parmi les 10 films sélectionnés en Compétition. La Palme du Court sera remise lors de la cérémonie de Clôture du Festival de Cannes le dimanche 22 mai.

Caméra d’or
PrésidenteCatherine CORSINI (réalisatrice, Société des Réalisateurs de Films - SRF)
Jean-Christophe BERJON (Syndicat Français de la Critique de Cinéma - SFCC)
Alexander RODNYANSKY (personnalité invitée – Producteur, Russie)
Isabelle FRILLEY (Fédération des Industries du Cinéma, de l’Audiovisuel et du Multimédia - FICAM)
Jean-Marie DREUJOU (Association Française des directeurs de la photographie Cinématographique - AFC)

La Caméra d’or rassemble les premiers films issus de la Sélection officielle, de la Semaine de la Critique et de la Quinzaine des réalisateurs. Elle sera remise lors de la soirée de Clôture du Festival de Cannes le dimanche 22 mai.

Saint-Jean-de-Luz 2015, gazon bénit pour les jeunes cinéastes

Posté par vincy, le 6 octobre 2015

Pour la 2e édition du nouveau festival international du film de Saint-Jean-de-Luz (6-10 octobre), c'est Josiane Balasko qui préside le jury. La réalisatrice, scénariste et actrice (qui aura peut-être un jour un César d'honneur pour avoir été l'une des rares femmes à signer des succès au box office français) est entourée d'Olivier Marchal, Manu Payet, Claude Perron, Julia Piaton, du compositeur Alexi Rault, et du producteur Gilles Sacuto.

Le programme comporte plusieurs avant-premières nationales, à commencer par le film d'ouverture, Taulardes, d'Audrey Estrougon avec Sophie Marceau, Marie Denarnaud et Anne Le Ny.

La clôture sera assurée par le film de Christian Carion, En mai fais ce qu'il te plaît, avec August Dhiel, Olivier Gourmet et Mathilde Seigner.

Hors-compétition, le FIF présentera Le nouveau de Rudi Roeberg, récemment récompensé à San Sebastian et qui pourrait être le succès surprise de la fin d'année et Comment c'est loin de et avec Orelsan.

En compétition, la cité basque accueillera 10 films.

A peine j'ouvre les yeux de Leila Bouzid (France) - Label Europa Cinémas à Venise 2015

Béliers de Grimu Hakonarson (Islande) - Prix Un certain regard à Cannes 2015

Je suis un soldat de Laurent Larivière (France) - présenté à Un certain regard à Cannes 2015

Je vous souhaite d'être follement aimée d'Ounie Lecomt (France)

La terre et l'ombre de César Augusto Acevedo (Colombie) - Caméra d'or au Festival de Cannes 2015

Les anarchistes d'Elie Wajeman (France) - présenté à la Semaine de la Critique à Cannes 2015

Les cowboys de Thomas Bidegain (France) - présenté à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes 2015, Prix Michel d'Ornano à Deauville 2015

Les ogres de Léa Fehner (France)

Nahid d'Ida Panahandeh (Iran) - Prix de l'avenir Un certain regard à Cannes 2015

Un otoño sin Berlin de Lara Izagirre (Espagne) - présenté au Festival de San Sebastian 2015