« Three Billboards Outside Ebbing, Missouri » triomphe à Toronto

Posté par vincy, le 17 septembre 2017

Three Billboards Outside Ebbing, Missouri a remporté le très convoité prix du public au festival de Toronto qui s'est achevé ce dimanche 17 septembre. Il succède ainsi à 12 Years A Slave, Le discours d'un roi, Slumdog Millionaire, American Beauty, tous oscarisés, ou La La Land, Room, The Imitation Game, Happiness Therapy, Precious et Tigre et Dragon, tous finalistes aux Oscars.

Une semaine après son Prix du scénario à Venise, le film de Martin McDonagh s'était aussi fait remarqué pour l'interprétation de Frances McDormand, qui semble être promise de nouveau à être nommée à un Oscar (dix ans après sa nomination pour L'affaire Josey Aimes et 20 ans après avoir gagné cette statuette pour Fargo). Woody Harrelson et Sam Rockwell sont aussi au générique de ce polar, programmé pour le 17 janvier 2018 en France. Il raconte l'histoire d'une femme qui déclare la guerre à la police raciste et corrompue de sa ville suite au meurtre de sa fille.

Les deux autres films plébiscités par le public torontois sont I, Tonya, biopic sur la patineuse Tonya Harding, incarnée par Margot Robbie, réalisé Craig Gillespie et Call Me By Your Name, de Luca Guadagnino, avec Armie Hammer et Timothée Chalamet. Cette romance entre un jeune homme de 17 ans et un ami de ses parents lors de vacances d'été sur la Riviera italienne avait été l'un des films les plus remarqués à Sundance en janvier et à Berlin en février.

Côté documentaires, le public torontois a choisi Visages, Villages d'Agnès Varda et JR, présenté hors compétition au dernier Festival de Cannes.

Parmi les autres prix, Les affamés du québécois Robin Aubert, avec Marc-André Grondin, et Luk'Luk'I de Wayne Wapeemukwa ont remporté respectivement le prix du meilleur film canadien et du meilleur premier film canadien. Le prix FIPRESCI de la critique internationale dans la section découverte a été décerné à l'iranien Ava de Sadaf Foroughi, et dans la section Présentations spéciales à El autor (The Motive) de Manuel Martín Cuenca, d'après le roman de Javier Cercas. Le film est en compétition au prochain festival de San Sebastian.

L'Australien Sweet Country, autre film récompensé à Venise (Prix du jury), a été distingué du prix du jury de la sélection Platform.

Cannes 2017: Qui est Esther Garrel ?

Posté par cynthia, le 18 mai 2017

Dans la famille Garrel, je voudrais la fille... Être "une fille de" au sein d'une famille de cinéma ne facilite pas forcément la tâche. Ce n'est pas parce que l'on tombe dans la marmite du septième art que tout est facile, la preuve avec la jolie Esther Garrel, en vedette du film de son père L'amant du jour, présenté cette année à la Quinzaine des réalisateurs.

Petite-fille de Maurice Garrel, fille du réalisateur Philippe Garrel et de la comédienne Brigitte Sy, sœur de l'acteur Louis Garrel, Esther est la digne descendante d'une longue lignée d'artistes du grand et petit écran. N'allez pas croire que la douce brunette a fait ça par facilité: au contraire elle a dû se battre pour s'imposer dans le métier: "C'est à la fois tellement génial au quotidien et tellement dur à porter. À un moment donné, j'étais obsédée par ça!" confiait-elle à un magazine français.

L'actrice de 26 ans a tracé sa route seule avec ce poids sur les épaules. Même si ses premiers pas furent derrière la caméra de son père, c'est en solitaire qu'elle crève l'écran en 2011 dans L'Apollonide: Souvenirs de la maison close de Bertrand Bonello, en compétition à Cannes, en 2011. Cela fait déjà plus de dix ans qu'elle tourne. Pour son père, dans un court de son frère mais aussi avec des petits rôles dans La belle personne de Christophe Honoré, qu'elle a obtenu grâce au directeur de casting Richard Rousseau qui l'a contactée sur Myspace, Un chat un chat de Sophie Fillières, un téléfilm de Marion Vernoux (Rien dans les poches) et un court de Valeria Golino.

Une envie de s'affranchir

C'est d'ailleurs à partir de 2011 que tout s'enchaîne. Cette année là, on la croise aussi à Cannes pour17 filles de Delphine Coulin et Muriel Coulin ("C'est la première fois que je me suis sentie aussi à l'aise sur un plateau") et l'année suivante, à la Quinzaine, dans Camille redouble de Noémie Lvovsky. Elle y revient avec La Jalousie, signé de son père, puis en compétition avec Marguerite et Julien de Valérie Donzelli. Elle tourne aussi pour sa mère (L'Astragale), Romain Goupil (Les Jours venus). Esther, entre quelques courts métrages (dont Après Suzanne, en compétition à Cannes l'an dernier et nommé aux César cette année), fait confiance aux cinéastes de demain comme Caroline Deruas (L'indomptée, sorti en février), Luca Guadagnino (dans le film italo-américain Call Me By Your Name, présenté à Sundance et Berlin cet hiver) ou Nathan Silver (dans le film indé américain Thirst Street, qui vient d'être projeté à Tribeca).

A petits pas, elle se construit son propre itinéraire, fait de curiosités et d'audaces, sans frontières et s'éloignant progressivement de l'envahissant patronyme. Dans Clap Mag, elle avouait à propos de sa filiation : "En fait, je ne sais pas vraiment en quoi ça m'a aidé. Je pense que ça m'a plutôt pas mal desservi."

C'est d'ailleurs, peut-être, sans doute, pour cela que son plus beau personnage est celui de Jeunesse, de Justine Malle, une autre fille de, celle du cinéaste Louis Malle. Dans une interview, elle expliquait: "Dès la première lecture de ce scénario, tout m'est apparu fluide et évident. J'aimais la manière qu'avait Justine de parler d'une première expérience amoureuse au cœur d'un drame. Et je me suis vite trouvé beaucoup de points communs avec mon personnage. Comme elle, j'ai un grand frère et une petite sœur, un père cinéaste. Comme elle, je connais ce désir de se sortir de cet atavisme familial."