Après Arletty, Moïse Maatouk s’attaque à Bardot

Posté par vincy, le 21 octobre 2011

Le cinéaste tunisien Moïse Maatouk aime les icônes. Deux films sur Arletty (Les 80 ans d'Arletty, Arletty raconte Arletty), un sur Sarah Bernhardt et un autre sur Michel Simon... Et maintenant, le documentariste va s'attaquer à Brigitte Bardot.

Selon Le Film Français, l'ancienne star a donné son accord pour ce film, Bardot par Bardot, prévu pour la télévision (52 minutes) comme pour le cinéma (88 minutes). Comme Arletty, Bardot refuse d'être à l'image et, par conséquent, accompagnera les images d'archives avec sa voix en off.

Le film sera produit par la société du réalisateur, Les productions de La Baleine.

Brigitte Bardot, 76 ans, a commencé sa carrière en 1952 et y a mis un terme en 1973. Au cinéma, révélée par Et Dieu créa la femme de Roger Vadim, elle tourna, entre autres, avec René Clair, Robert Wise, Claude Autant-Lara, Julien Duvivier, Henri Verneuil, Henri-Georges Clouzot, Louis Malle, Jean-Luc Godard, Edouard Molinaro et Michel Deville. Elle fut aussi une chanteuse pop à succès grâce à sa collaboration avec Serge Gainsbourg mais aussi des duos avec Annie Girardot, Guy Marchand, Darry Cowl et Sacha Distel.

Dernier tango pour la belle indomptable Maria Schneider (1952-2011)

Posté par geoffroy, le 6 février 2011

Au-delà de l’hommage unanime rendu à Maria Schneider, décédée jeudi 3 février à l’âge de 58 ans des suites d’un cancer, Ecran Noir voulait revenir sur le rôle emblématique qu’elle aura tenu très jeune (19 ans) dans le chef-d’œuvre de Bertolucci, Le Dernier tango à Paris (1972). Si l’ensemble de la presse n’aura quasiment parlé que de son interprétation au détour d’une scène (celle de la sodomie), il ne faudrait pas réduire l’actrice à ce seul rôle. Malgré quelques errances, elle tourna avec Michelangelo Antonioni dans Profession : Reporter (1975, le seul film qui lui ressemble, selon elle), René Clément dans La baby-sitter (1975), Philippe Garrel dans Voyage au jardin  des morts (1978, une invitation au rêve), Daniel Duval dans La dérobade (1979), Werner Schroeter dans Weisse Reise (1980), Jacques Rivette dans Merry Go-Round (1983), Luigi Comencini dans L’Imposteur (1983), Cyril Collard dans Les Nuits fauves (1992),  Bertrand Blier dans Les Acteurs (2000, où elle y joue son propre rôle), ou plus récemment Cliente (2009) de Josiane Balasko. Cette liste, bien trop courte pour une telle actrice, aura démontré avec brio son goût pour la liberté et les expériences cinématographiques intenses."Mes rôles sont des psychanalyses" avouait-elle.

Sa vie privée a certes compliqué son parcours. Fille du mannequin Marie-Christine Schneider et de l'acteur Daniel Gélin (qui ne l'a pas reconnue) qu'elle ne rencontra qu'à l'âge de 16 ans, cette femme révoltée, avide de rencontres, elle avait souffert de ce manque de père. Elle se dispersa vite vers une liberté artistique : dessins (vendus sur les terrasses de cafés), mannequinat (sans passion) et surtout cette attirance viscérale vers le jeu, cette deuxième vie où l'on peut vite se perdre. Admiratrice de Brigitte Bardot (qui l'a hébergée durant deux ans, lui offrant son réseau en guise d'amitié), elle n'en avait pas la beauté, mais possédait le même goût de l'indépendance. Après le Tango sulfureux, elle débutera sa liaison destructrice avec la drogue, s'enfuira en Californie et au Mexique. Se perdra. Ses relations avec les cinéastes n'étaient pas moins simples. Elle accepte La ronde d'Otto Shenk par cupidité (une fortune pour dix jours de tournage), retarde la production en cours du René Clément parce qu'elle se fait internée par solidarité avec une copine, se fait licencier au bout de deux jours de Cet obscur objet du désir de Luis Bunuel (elle sera remplacée par Angelina Molina et Carole Bouquet), envoie sur les roses Joseph Losey pour Les routes du sud (elle fume des cigarettes illicites tandis que lui boit comme un trou).

Une jeunesse volée, une actrice violée

Mais l’art est ainsi fait que tout ramène Maria vers ce fameux tango, ode à l'ivresse des corps et le tourbillon des sensations émotives. En effet, comment ne pas parler de Jeanne – l’héroïne au visage angélique du Dernier tango à Paris – lorsque l’on veut témoigner son amour du 7e art. Il est des rôles magnifiques à l’aura vénéneuse qui, non content de marquer une carrière, la réduisent également à néant. Jeanne est de ceux-là. Indubitablement. Sauf que le rôle est arrivé trop tôt sur les frêles épaules d’une Maria Schneider qui, dix ans plus tard, confiais : "J'étais jeune, innocente, je ne comprenais pas ce que je faisais. Aujourd'hui, je refuserais. Tout ce tapage autour de moi m'a déboussolée". Le cadeau d’une carrière prometteuse fut donc empoisonné. Lettres vengeresses, appels téléphoniques menaçants, plaisanteries sans tacts. Sans avoir eu la volonté de lui nuire, le cinéaste italien reconnu, quelques années plus tard, l’avoir piégé lors de cette fameuse scène de sodomie, devenue culte, avec sa motte de beurre faisant office de lubrifiant improvisé (ceci dit, c'est un ingrédient classique quand on manque de gel). Bertolucci raconta au New York Magazine que Maria « criait, en partie parce qu’elle se sentait révoltée par moi et Marlon (Marlon Brando), qui faisait office de figure paternelle et la protégeait souvent. Je crois qu’elle s’est sentie trahie par nous, mais je ne vois pas comment j’aurais pu tourner la scène différemment. Je crois que si je lui avais dit, il aurait été très difficile d’obtenir ce genre de violence dans cette scène. En fait, si je lui avais dit, je ne vois pas comment elle aurait accepté ». Schneider se "sentait violentée". "Mes larmes dans le film étaient vraies." Aujourd'hui, le cinéaste a des remordes. "Sa mort est survenue trop vite, avant que j'aie pu l'embrasser tendrement, lui dire que je me sentais lié à elle comme au premier jour et, au moins une fois, lui demander pardon."

L’incroyable succès du Dernier tango à Paris (5,15 millions d'entrées en France, 3e sur le podium de l'année) fit de Maria Schneider une icône de la révolution sexuelle. Celle d’une époque, d’un film, d’un rôle, d’une scène. Entre scandale et interdiction, la tourmente emporta la belle jusqu’à oublier qu’elle tenait tête, farouchement, au légendaire Brando post-Parrain. Ce n’est pas rien et surtout loin de la bimbo torride que certains producteurs véreux voulaient nous vendre. Avec le recul nous nous disons que le long-métrage de Bertolucci fut une opportunité, certes douloureuse et chaotique, vers un ailleurs remplit de rencontres passionnantes. De ce cinéma exigeant à la hauteur d’un talent rare, figure fugace, belle, aérienne, touchante. Et chacune de ses interprétations l’éloignait un peu plus chaque jour du vacarme d’un film à scandale lui ayant volée sa jeunesse d’actrice à la naïveté douce.

Elle s'était éloignée de la drogue, avait trouvé l'amour (au féminin), n'avait jamais pu tourner le film dont elle rêvait. Une grande actrice s’est éteinte. L’esprit d’un cinéma transfrontalier, et de transgression, aussi.

Ecran Noir et les 75 ans de B.B.

Posté par vincy, le 25 septembre 2009

brigitte bardotNous avions Jeanne, Catherine, Danielle... Mais pas Brigitte. Longtemps Ecran Noir n'a pas voulu du mythe B.B. dans ses pages. A cause de ses propos racistes, de sa proximité avec le Front National, de ses prises de positions rétrogrades. Mais comment éviter B.B. quand on parle quotidiennement de cinéma, de 7e art, de ces mythes, stars et icônes qui rendent ce loisir plus fascinant que les autres, cet object culturel plus désirable que n'importe lequel ?

Brigitte Bardot a 75 ans ce 28 septembre. Cela fait 36 ans qu'elle a pris sa retraite artistique, après 21 ans de carrière, 80 chansons, 50 films, des milliers de photos. Depuis elle écrit, défend les animaux, se marie moins souvent.

Ecran Noir inaugure à partir de cette semaine un portrait-fleuve de la comédienne. Un feuilleton à suivre régulièrement...

Il y a une grosse actualité Bardot cet automne. La femme française la plus populaire dans le monde durant les années 50 et 60 reste une star.

A Boulogne Billancourt, près de Paris, du 29 septembre au 31 janvier (Espace Landowski), se tiendra l'exposition "Brigitte Bardot, les années insouciance". En une vingtaine de sections, sont retracées les diverses facettes du mythe Bardot, en phase avec la libérayion de la femme, grâce à des extraits de films, des photos inédites, des portraits peints de Van Dongen, Avedon ou de Warhol ... (Renseignements et réservations).

D'ici là, Serge Moati évoquera le culte Bardot avec l'inusable Henry-Jean Servat dans sa nouvelle émission, "Cinémas", sur France 5, le 26 septembre à 17h55.

Enfin, après son concert privé aux Trois Baudets, la chanteuse Marie-France continuera de visiter Bardot, en reprenant une partie, rare, de son répertoire. Elle sera en concert à l'Archipel (le 3 octobre) puis au Centre Pompidou (le 28 octobre). L'album ("Marie-France visite Bardot") sera disponible en téléchargement dès le 16 octobre et en CD le 2 novembre.

Un nouveau film pour célébrer les 75 ans de Bonnie and Clyde

Posté par vincy, le 5 avril 2009

bonnie and clydeTout le monde connaît la chanson de Gainsbourg & Bardot. Et puis, évidemment, le film avec Warren Beatty et Faye Dunaway. Enorme succès mondial, Bonnie & Clyde est rentré dans l'histoire du 7e Art grâce à sa violence exacerbée dans l'assault final. Et peut-être aussi parce que les deux acteurs étaient parmi les plus beaux du cinéma à cette époque. 10 nominations aux Oscars pour ce film d'Arthur Penn, classé dans la catégorie des classiques, même 42 ans après.

Bonnie et Clyde sont ressuscités aux Etats-Unis à l'occasion des 75 ans de l'embuscade qui a conduit à leur fin brutale. C'était le 23 mai 1934. En Amérique, on s'apprête à préparer les commémorations. Tous les ans, des Américains viennent célébrer ce mythe qualifié de "Roméo et Juliette du Midwest". Deux nouveaux livres seront publiés. Mais surtout Hollywood va produire une version actualisée avec Hilary Duff et Kevin Zegers (le fils de Felicity Hoffman dans le très beau Transamerica). De quoi vouloir séduire la génération 2.0?

L'intention n'est pas artistiquement infondée. Après tout, le mythe Bonnie & Clyde est né en pleine Grande dépression économique. Cette histoire romantique a fait vibrer une Amérique gangrénée par les gangsters. Cela fait écho avec cette même Amérique en crise financière, dont le cancer est, ce coup-ci, du côté du système bancaire.

Hilary Duff et Kevin Zegers pour remplacer Faye Dunaway et Warren Beatty?! 

Mais pourquoi prendre deux comédiens inexpérimentés et peu connus en dehors des magazines people pour faire une nouvelle version de cette histoire culte? Interrogée sur le choix d'Hilary Duff pour le rôle de Bonnie, Faye Dunaway s'est offusquée : "Ils auraient pu au moins engager une vraie comédienne". Avec moins de classe, Duff a rétorqué : "la remarque n'était pas utile, mais je serai aussi cinglée qu'elle si j'avais son physique à son âge." Une élégance rare. Duff oublie deux choses : on ne reste pas jeune et jolie très longtemps, même à Hollywood, et Faye Dunaway reste l'une des plus grandes comédiennes américaines de ses 40 dernières années. On en reparlera donc dans 40 ans.

La tournage de The Story of Bonnie and Clyde commence ce mois-ci, et pourrait sortir d'ici la fin de l'année. Ecrit et réalisé par Tonya S. Holly, dont c'est le troisième film, il ne s'agit pas d'un remake. On annonce même une fin avec une suprise, un "twist".

De toute façon, le film d'Arthur Penn avait déjà excessivement romancé cette histoire, jusqu'à rendre glamour deux criminels qui ressemblaient à des gamins, petits poids plumes physiquement. Alors pourquoi ne pas la transformer davantage?

Serge Gainsbourg, une vie héroïque : Brigitte Bardot

Posté par vincy, le 19 février 2009

brigitte bardotlaetitia casta

Joann Sfar vient de commencer, avec un peu de retard, le tournage de Serge Gainsbourg, une vie héroïque. Le film sortira l'année prochaine. En attendant de vous dévoiler le projet dans son ensemble, Ecran Noir vous propose une série qui révèle le casting. On commence par la plus grande des stars, Brigitte Bardot.

De 1952 à 1973, elle fut l'une des comédiennes les plus populaires de la planète. Ecran Noir y reviendra à l'occasion de ses 75 ans. Avec Gaisnbourg, c'est une alchimie évidente d'un point de vue artistique. Leurs duos sont inoubliables : Harley Da vidson, Bonnie and Clyde, Je t'aime ... moi non plus, Bubble Gum ou encore Comic Strip.

Laetitia Casta, autre mythe de la culture française, a été choisie pour l'incarner.

Qui est Louise Bourgoin?

Posté par vincy, le 18 août 2008

bourgoin1.jpgAriane a changé de prénom. Elle est devenue Louise. Si Ariane évoque une fusée ou un fil, jolies images, Louise fait référence à la Miss Brooks, coupe brune au carré. Pas tout à fait 27 ans. La bretonne est blonde, ancien mannequin, parfois posant nue, diplômée des beaux-Arts et devient finalement, à 23 ans, animatrice.

Elle passe par le câble avant de devenir Miss Météo sur Canal + dans Le Grand Journal. Sexy, elle le garantit sur facture. Pour l'esprit Canal, en revanche, elle ne sera jamais aussi drôle que Dominique Farrugia. C'est à cause de cette émission qu'elle s'oblige d'abord à faire des blagues qui tombent souvent à plat avant de nous parler de la pluie et du beau temps. Mais avec sa candeur tout passe... Elle est beaucoup plus convaincante quand il s'agit d'allumer les invités... Surtout on l'oblige à changer de prénom. De peur de la confondre avec une chroniqueuse vedette de l'émission, prénommée elle aussi Ariane. Elle choisit Louise, en hommage à la plasticienne Louise Bourgeois.

Toutes les bonnes choses ayant une fin, la Louise quitte l'émission pour se consacrer à son nouveau dada... Julien Doré (la nouvelle star 2007). Mais surtout, le cinéma attiré par son très joli sourire, son regard coquin, sa pêche  désinhibée et son corps séduisant, l'enrôle. Dans La fille de Monaco, d'Anne Fontaine, réalisatrice explorant les troubles causés par le sexe, Bourgoin incarne... une présentatrice météo ! "Ambitieuse, culottée, sexy, incontrôlable." Comme elle ? En tout cas arriviste, prête à tout, même à coucher. On la voit donc en tentatrice, parfois nue (encore), surjouant la bimbo cruche, aguichant Luchini qui n'en demandait pas temps de se croire irrésistible.
bourgoin2.jpg "Après m'avoir remarquée sur Canal Plus où je présente la météo, Fabrice Luchini a suggéré mon nom à Anne Fontaine. Au départ, elle a un peu hésité à me confier le rôle parce que je n'avais aucune formation, ni aucune expérience de comédienne. Je lui ai répondu que je savais très bien mentir ! Elle a ensuite eu peur que le personnage soit trop outrancier pour moi. Du coup, je lui ai montré des extraits d'une émission pour les 11-17 ans que j'animais il y a quelques années sur la chaîne du câble Filles TV : j'étais habillée en rose bonbon dans un décor zébré et léopard où je passais mon temps à interpeller les téléspectatrices sur un ton très accrocheur. Elle m'a alors dit que j'étais capable d'interpréter le rôle..."

Evidemment le marketing est malin. D'un côté les médias féminins et people en font une vedette montante (comme à une époque De Fougerolles ou Giocante). Omniprésente dans des rubriques aussi variées que les vedettes à la plage ou le visage à suivre. De l'autre côté agent et attachés de presse forcent la comparaison avec Bardot (rien que ça). Elle est pressentie pour incarner BB dans le biopic sur Gainsbourg.