Cannes en Séries : Quand HBO emporte la Palme d’or!

Posté par wyzman, le 18 mai 2017

Alors que Netflix provoque une sérieuse polémique à Cannes et que David Lynch et Jane Campion présentent leur dernière série en date, voici en cinq films la preuve que Cannes a toujours été ouvert aux productions du petit écran.

Distribué par HBO Films et largement inspiré du court métrage éponyme d'Alan Clarke, Elephant demeure aujourd'hui encore l'un des meilleurs films de Gus Van Sant. Présenté en compétition lors du festival de Cannes 2003, son dixième long-métrage était reparti avec la Palme d'or et le Prix de la mise en scène. Un sacré palmarès pour un film qui revient sur le drame de Columbine.

Souvenez-vous, en avril 1999, le Colorado était à la Une des journaux après qu'une fusillade a éclaté dans un  lycée, causant la mort de douze élèves et professeur et qui était l'oeuvre de deux adolescents. Ces derniers s'étaient suicidés juste après. Si au départ Elephant devait faire un carton sur le petit écran en étant diffusé comme n'importe quel téléfilm de la chaîne qui produit Game of Thrones, Westworld et Big Little Lies, c'est finalement en salles qu'il connut un véritable succès. HBO ne le diffusera d'ailleurs sur petit écran que bien plus tard. Car avant cela, cette pépite du cinéma indépendant devra se contenter d'une sortie dans 6 salles américaines. Mais produit pour 3 millions de dollars, le film en rapporta 10 - dont 8,7 à l'international ! En France, il avait attiré près de 750000 spectateurs.

Producteur depuis 1983, HBO Films a accouché de Maria, pleine de grâce de Joshua Marston, Idlewild Gangsters Club de Bryan Barber et Sex and the City 2 de Michael Patrick King. Malheureusement, le miracle Elephant ne s'est pas reproduit depuis. Les projets Generation Kill et The Pacific ont directement été annoncés comme des mini-séries et Ma vie avec Liberace, pourtant présenté en compétition officielle en 2013, n'a disposé que d'une diffusion à la télévision aux Etats-Unis, car il était perçu comme "trop gay" pour trouver son public en salles…

Mais pour Gus Van Sant, ce passage par le petit écran avec Elephant fut une bénédiction. Après cela, ont suivi pas moins de cinq sélections au festival de Cannes (Last Days, Mala Noche, Paranoid Park, Restless, Nos souvenirs), une nomination aux Oscars (Harvey Milk) et une place au panthéon des réalisateurs de séries. En 2011, il réalise ainsi le pilote de la série Boss pour Starz et cette année, il a  fait le bonheur de la chaîne ABC en acceptant de diriger les deux premiers épisodes de la série LGBTQ When We Rise.

Près d’un milliard d’entrées au box office européen en 2016

Posté par vincy, le 16 mai 2017

Le cinéma en Europe est en forme. C’est moins le cas du cinéma européen. Comme tous les ans avant Cannes, l’Observatoire européen de l’audiovisuel dévoile les chiffres officiels de l’année précédente, soit la fréquentation et les recettes de l’année 2016.

En 2016 dans l’Union européenne (UE), les recettes brutes des salles ont légèrement baissé à 7,04 milliards d’€, alors que la fréquentation a atteint 991 millions de billets vendus, son plus haut niveau depuis 2004. Ce sont les films familiaux (et animés) Comme des bêtes et Le monde de Dory qui ont dominé les classements de l’UE.

Cependant, la part de marché des films européens a légèrement reculé à 26,7 % alors que la production est en hausse avec 1 740 longs métrages.

La fréquentation proche du milliard d’entrées

991 millions de billets de cinéma ont été vendus dans les 28 États membres de l’UE en 2016 selon les estimations de l’OEA, soit 13,3 millions de plus qu’en 2015.
Les marchés en croissance sont la République Slovaque (+22,8%), la Roumanie (+16,7%), la Pologne (+16,6%), la Hongrie (+12,3%), la Slovénie (+11,6%), la Lituanie (+10,1%), la Croatie (+9,1%), l’Estonie (+6,4%), la Lettonie (+6,2%), l’Espagne qui semble avoir inversé sa courbe déclinante depuis la crise financière (+6,1%). Hors UE, la Russie, la Norvège et la Géorgie affichent une insolente santé. Les marchés allemand (-13%) et belge (-8,2%) ont en revanche soufferts, tout comme le marché Suisse (-6,7%)..
Sur les 38 pays européens (y compris hors UE), la France reste leader avec 212,7 millions de spectateurs devant la Russie, le Royaume Uni, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, la Turquie et la Pologne. Notons au passage qu’il y a désormais plus d’entrées au cinéma en République Tchèque qu’en Autriche et au Portugal.

Des recettes en baisse mais à un niveau toujours très haut

Malgré cette croissance soutenue, les recettes brutes des salles cumulées ont baissé de 2,3 % par rapport au record de 2015 avec 7,04 milliards d’€. En cause : la baisse du prix moyen du billet dans certains marchés comme l’Italie, l’Espagne et la Belgique, ainsi que la diminution des recettes brutes des salles en Allemagne et, amplifiée par la dépréciation de la livre sterling, celles au Royaume-Uni.

Cependant, les recettes brutes des salles ont augmenté fortement en France, en Pologne (+17,6 %), en République tchèque (+20,5 %) et en République slovaque (+22,3 %). Ce qui ne compense pas la baisse enregistrée en Allemagne (-12,3 %) ou en Belgique (-10,9 %).

Le prix moyen du billet dans l’UE a ainsi diminué pour la première fois au cours des cinq dernières années, passant de 7,4 € à 7,1 €.

Hors UE, les recettes brutes des salles en Fédération de Russie ont augmenté de 7,4 % à 47,5 milliards de roubles grâce à la reprise de la hausse de la fréquentation des cinémas (194,7 millions de billets vendus), confirmant ainsi sa position de deuxième plus grand marché européen en termes d’entrées, toujours après la France. Malgré une légère diminution de la fréquentation, les recettes brutes des salles ont également continué à augmenter en Turquie pour atteindre leur niveau le plus élevé des dernières décennies (+1,5 %).

Une domination hollywoodienne irrésistible

Les films d’animation familiaux Comme des bêtes et Le monde Dory se sont placés en tête des classements de l’Union européenne en 2016. Assez logiquement ce sont deux films consensuels hollywoodiens qui ont su fédérer tous les publics. L’année 2016 a d’ailleurs permis de redonner un bol d’air aux studios américains (en 2015, trois films avec plus 38 millions de tickets avaient écrasé le marché). Si cette année, aucun film ne franchit les 30 millions de spectateurs, beaucoup plus de titres ont su attirer un vaste public.

Les films d’animation familiaux sont les grands vainqueurs de l’année avec 8 titres parmi les 20 champions du box office : Zootopia (22,3 millions d’entrées), Le livre de la jungle (20,5 millions) et L’âge de glace: les Lois de l'Univers (15,5 millions) en tête. De même on remarque la forte présence des franchises avec 15 films parmi les 20 films les plus populaires dont Les animaux fantastiques (23,4 millions d’entrées), Rogue One, spin off de Star Wars sorti à la fin de l’année (21,7 millions), Deadpool (19,8 millions) et Suicide Squad (16,7 millions). Disney et ses filiales règnent en maître ici comme ailleurs. D’autant que le studio de Mickey classe un Captain America, Star Wars : le réveil de la force (sorti en 2015) et Vaiana, soit un total de 9 films, loin devant Warner Bros qui n’en classe que trois. Un seul film d’auteur sauve la face de cette industrialisation, The Revenant avec 19 millions de spectateurs.

Les films européens à la ramasse

Bridget Jones’s Baby est devenu le plus grand succès cinématographique européen avec 16,3 millions de billets vendus dans l’UE en 2016. C’est d’ailleurs le seul film européen à avoir réellement transcendé les frontières, aidé par un personnage populaire et les succès des épisodes précédents. La comédie italienne Quo vado? (9,5 millions de billets) est le seul autre film européen à se classer parmi les 20 films les plus populaires, profitant de son immense succès dans son pays. Aucun autre film européen n’ayant réussi à vendre plus de 5 millions de billets dans l’UE en 2016. Et ce ne sont pas les deux coproductions américano-européennes (Les animaux fantastiques, Inferno) qui amélioreront ce constat.

Par conséquent, la part de marché des films américains, estimée de 67,4 % en 2016, contre 63,1 % l’année précédente, fait mécaniquement chuté la part de marché des films européens. Et ce, qu’ils soient produits en Europe avec des capitaux américains (de 7,1 % à 3,6 %) ou purement européens (de 27,0 % à environ 26,7 %, soit le deuxième niveau le plus bas des cinq dernières années).

Il y a quelques exceptions pour les parts de marchés des films nationaux : en Turquie (53,4%), France (35,3 %), au Royaume Uni (34,9%), en République tchèque (29,5 %), en Italie (29,1 %) et en Finlande (28,9 %). Et il y a des pays où les films locaux représentent moins de 5% de parts de marché : Autriche, Bulgarie, Croatie, Hongrie, Irlande, Portugal et Roumanie.

7 productions et coproductions françaises

La France reste la championne au niveau européen avec 6 films dans le Top 20 européen (dont un seul qui n’est pas une comédie, Chocolat), en plus d’une coproduction franco-belge. Les quatre films britanniques ont tous été soutenus par des studios ou producteurs américains, preuve de la dépendance du cinéma anglais. L’Allemagne classe trois films, l’Italie deux, la Pologne et une coproduction nordique un chacun et l’Espagne s’offre un Almodovar toujours populaire (2,1 millions de fans) et une coprod US familiale, A Monsters calls.
Il faut constater que le problème provient de la diffusion du cinéma européen. Sur les 9 films ni français ni américano-britanniques, cinq ne sont jamais sortis en France.

Toujours plus de films

Les niveaux de production de l’UE ont de nouveau enregistré une légère hausse, confirmant la tendance à la croissance de ces dernières années. On est passé de 1 663 à 1 740 longs métrages produits en 2016 (+4,7 % par rapport à 2015), soit un nouveau record : sont 65 % de fictions et 35% de documentaires.

Jude Law s’empare de la baguette de Dumbledore

Posté par cynthia, le 12 avril 2017

À vos baguettes les "potterheads"... Nous connaissons enfin l'identité de l'acteur qui incarnera Dumbledore jeune dans la suite des Animaux fantastiques. Et ce sera Jude Law. Autant dire qu'après avoir porté la tenue du pape dans la série Young Pope, la longue robe de sorcier ne va pas trop perturber l'acteur, qu'on verra bientôt dans Le Roi Arthur: la légende d'Excalibur.

Dans cette suite des Animaux Fantastiques (toujours quelques décennies avant les aventures de Harry Potter), David Yates reviendra derrière la caméra tandis que Johnny Depp (même si les fans ne sont pas d'accord) continuera à incarner le méchant Grindelwald (seul amour d'Albus Dumbledore), né en 1883 et mort en 1998.

Rappelons que c'est Richard Harris qui a tenu le rôle du célèbre sorcier aux lunettes demi-lune dans les deux premiers opus de Harry Potter avant de mourir en 2002 et d'être remplacé par Michael Gambon. Dumbledore (1881-1997) est un sang-mêlé.

Avant de choisir Jude Law, les studios avaient pensé à Benedict Cumberbatch, Mark Strong (Mad Men), Jared Harris (The Crown) ou encore Christian Bale (éternel Batman dans nos cœurs).

Le premier volet des Animaux Fantastiques a récolté plus de 813 million de dollars au box-office. La production du deuxième volet débutera cet été pour une sortie en 2018. Suivront reois autres films de la franchise, tous les deux ans.

Cannes 2017: Sandrine Kiberlain présidera le jury de la Caméra d’or

Posté par vincy, le 11 avril 2017

sandrine kiberlainPour le 70e Festival de Cannes, Sandrine Kiberlain présidera le Jury de la Caméra d’or, qui récompense une première œuvre issue de la Sélection officielle, de la Quinzaine des Réalisateurs ou de la Semaine de la Critique.

César du meilleur espoir féminin (En avoir (ou pas) de Laetitia Masson en 1996) puis César de la meilleure actrice (9 Mois ferme d'Albert Dupontel en 2014 ), la comédienne (et chanteuse) s'est illustrée à travers des rôles éclectiques au cinéma dans Les patriotes (Prix Romy-Schneider), A vendre, Betty Fisher et autres histoires, Tout va bien on s'en va, Un héros très discret, Le septième ciel, Mademoiselle Chambon ou encore Elle l'adore, cumulant ainsi six nominations aux César. Elle aussi été primée à Montréal, Chicago et Angoulême, en plus d'obtenir un Molière de la révélation théâtrale il y a 20 ans. Elle a ainsi oscillé entre les univers variés d'Edouard Moliaro, Jacques Audiard, Benoît Jacquot, Pascal Bonitzer, Jeanne Labrune, Pierre Salvadori, Jean-Paul Rappeneau,, Nicole Harcia, Maïwenn, Serge Bozon, Alain Resnais ou Bruno Podalydès.

Ses succès les plus populaires sont assez récents (Le petit Nicolas, Les femmes du 6e étage, 9 mois ferme, Les gamins et Un balcon sur la mer sont tous sortis ces dix dernières années). L'an dernier elle était formidable dans Quand on a 17 ans d'André Téchiné. Elle est attendue en 2017 chez Erick Zonca et Sophie Fillières.

Sandrine Kiberlain a déjà été jurée à Cannes, en 2001 et a monté les marches trois fois en compétition et une fois à Un certain regard.

La Caméra d'or sera décernée le 28 mai prochain.

Edito: Le cinéma n’est pas mort, vive le cinéma!

Posté par redaction, le 23 mars 2017

Il n'y a aucune raison d'être désespéré. Malgré les smartphones, malgré les séries, malgré le prix du billet de cinéma, le film en salles rapporte encore beaucoup d'argent. Et attire les masses. Rien qu'hier, La Belle et la bête a séduit près de 270000 français et Sage femme a conquis plus de 60000 spectateurs. Pour la 18e édition du Printemps du cinéma, ce sont 2,78 millions de cinéphiles qui sont entrés dans une salle en trois jours, soit 13% de plus que l'an dernier.

Et au niveau mondial, c'est un record qui a été enregistré en 2016 avec un box office global estimé à 38,6 milliards de dollars (sur 164000 salles répertoriées), et ce, malgré une stagnation des recettes en Chine. En Amérique du nord, la fréquentation est stable et les recettes sont en légère hausse grâce aux spectateurs cinévores (11% de la population des Etats-Unis et du Canada sont des spectateurs fréquents et ils représentent 48% des tickets vendus). La bonne nouvelle est que le cinéma américain a réussi à inverser la tendance du vieillissement des spectateurs. Les jeunes, et notamment cette fameuse génération des "millenials" qui aime tant les jeux vidéos et Youtube, ne s'empêche pas d'aller voir un bon gros film pop-corn, avec une moyenne de 6,5 films par an (en légère hausse). En fait les cinémas américains voient plutôt moins de quadras et de retraités. Peut-être une question d'offre?

Mais attention: les recettes sont en baisse en Europe, au Moyen-Orient, en Afrique et surtout en chute en Amérique latine. La hausse du box office international (71% des recettes globales) provient essentiellement de la zone Asie/Pacifique.

On peut quand même être soulagé de voir que le grand écran reste un loisir populaire et en vogue. Il a des atouts: des salles toujours plus modernes et confortables, des abonnements permettant de réduire le prix du billet tout en fidélisant le spectateur, des fauteuils et du son qui s'adaptent très bien à des films à sensation. Cependant, c'est bien la diversité des films qui reste la condition indispensable pour conserver ce pouvoir d'attraction, et s'adresser à tous les publics. Et si en France, cette variété est plutôt bien assurée grâce à une production dynamique (mais peut-être pas assez exigeante), il s'installe une disparité sérieuse et inquiétante, dans tous les pays, y compris l'Hexagone, entre les grosses productions et les films du milieu pour ne pas parler des premiers films et des petits budgets, quand il s'agit de marketing et de distribution.

Cannes 70 : les Palmes d’or, bonheurs et malheurs au box office

Posté par vincy, le 14 mars 2017

70 ans, 70 textes, 70 instantanés comme autant de fragments épars, sans chronologie mais pas au hasard, pour fêter les noces de platine des cinéphiles du monde entier avec le Festival de Cannes. En partenariat avec le site Critique-Film, nous lançons le compte à rebours : pendant les 70 jours précédant la 70e édition, nous nous replongeons quotidiennement dans ses 69 premières années.

Aujourd'hui, J-65.

En 70 ans, les films récompensés par le prix suprême de la compétition du Festival de Cannes - d'abord le Grand Prix jusqu'en 1955 et de 1964 à 1974 puis la Palme d'or de 1955 à 1963 et depuis 1975 - ont connu des destins très divers en salles.

Aux Etats-Unis, seulement trois films, tous américains, ont été des grands succès publics : Fahrenheit 9/11, Pulp Fiction et Apocalypse Now. Quelques-uns s'en sont sortis honorablement au box office (La leçon de Piano, All That Jazz, Le Pianiste, Taxi Driver, Sexe mensonges et vidéos) mais la plupart ont rapporté moins de 2 millions de $ de recettes.

Mais prenons la France, pays cinéphile et pays hôte, autrement dit celui qui médiatise le mieux le prix cannois, comme instrument de mesure.

Les plus grands succès sont anciens : Le troisième homme, Le salaire de la peur, Quand passent les cigognes sont les seuls films à avoir séduit plus de 5 millions de spectateurs. Si on met la barre à 3 millions, on peut ajouter Le monde du silence, La loi du seigneur, Orfeu negro, Le Guépard, Un homme et une femme, M.A.S.H., et Apocalypse Now (qui date de 1979!). Mais durant cette période "faste", il y a aussi eu de sérieux flops en salles: cinq films avant 1979 ont attiré moins de 250000 spectateurs, soit autant que depuis 1979. C'est en fait le nombre de gros succès qui a diminué depuis les années 1980.

En effet, depuis La Leçon de Piano et Pulp Fiction (1993 et 1994 respectivement), seul un film (américain) a passé la barre des 2 millions d'entrées, le documentaire de Michael Moore, Fahrenheit 9/11. Et depuis le début du millénaire, on compte 4 millionnaires "seulement" dont trois productions françaises.

Il est indéniable que l'impact d'une Palme est moindre aujourd'hui, si on prend les données brutes. En moyenne, un film palmé attire deux fois moins de spectateurs qu'il y a 40 ans. Mais on peut aussi relativiser. Sans Palme, quel film turc, chinois, serbe, danois, roumain ou thaïlandais aurait atteint les scores de Winter Sleep, Adieu ma concubine, Papa est en voyage d'affaires, Pelle le Conquérant, 4 mois 3 semaines et 2 jours ou Oncle Boonmee ? Grâce à une Palme d'or, des cinéastes comme Haneke, Loach, Moretti, Leig ou Cantet ont élargi grandement leurs publics. Bien sûr il y a des contre-performances : Dheepan, qui fut le pire échec de Jacques Audiard, par exemple.

Cependant on ne peut pas juger la qualité des Palmes avec le seul baromètre des entrées. D'autant que d'autres films primés à Cannes ont cartonné en salles, sans être palmé. Mais surtout parce que ça ne viendrait pas à l'idée de minorer une Palme "pas très populaire" pour les frères Coen, Abbas Kiarostami , Cristian Mungiu, Theo Angelopoulos, Luis Bunuel ou Andrzej Wajda.

Mais globalement, pour des films d'auteur, voire pointus, l'effet Palme d'or se fait ressentir à chaque fois, si on prend en compte l'évolution d'un marché qui se contracte pour diverses raisons (arrivée de la télévision dans les années 1960, des multiplexes dans les années 1990, de la vidéo à la demande dans les années 2010). En dehors du prestige pour le cinéaste et les producteurs, des éventuelles récompenses glanées par la suite, le film palmé bénéficie d'un "label" qui lui permet de séduire un public curieux qu'il n'aurait sans doute pas touché sans cette récompense. Si on peut critiquer les choix du jury de l'an dernier - la Palme pour Moi Daniel Blake, le Grand prix pour Juste la fin du monde - les deux films ont été les plus "populaires" en salles parmi tous les films de la compétition. Même si le Grand prix a dépassé la Palme en nombre d'entrées.

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Ma vie de Courgette continue sa récolte de prix

Posté par vincy, le 11 mars 2017

Le film d'animation franco-suisse Ma vie de Courgette a reçu deux nouvelles récompenses au Cartoon Movie Tributes. Grand prix et prix du public à Annecy, deux fois césarisé (meilleur film d'animation et meilleure adaptation), primé à Angoulême, San Sebastian, Bratislava, Varsovie, Zurich, aux European film awards, aux prix Lumière, et duo révélations des Trophées du Film Français, le film de Claude Barras continue de récolter les honneurs puisque vendredi 10 mars il a reçu deux prix professionnels au Cartoon Movie, le forum européen du cinéma d'animation, à Bordeaux.

Il a été distingué par le prix du producteur européen de l’année (Rita productions, Blue Spirit Productions et Gebeka Films) et le prix du réalisateur européen de l’année. Et indirectement, même le troisième prix lui a été décerné puisque Angel film, société danoise, a été honoré du prix du distributeur européen de l’année. Le distributeur est spécialisé dans les films d’animation qui sortent dans les pays scandinaves de Ernest et Célestine à... Ma vie de Courgette.

Présenté en avant-première mondiale à la Quinzaine des réalisateurs en mai dernier, le film, nommé aux Oscars, a attiré plus de 770000 spectateurs en France et environ 80000 entrées dans le reste du monde.

Dopé par John Wick 2, Keanu Reeves retrouve son sex-appeal à Hollywood

Posté par vincy, le 3 mars 2017

130 millions de $. C'est ce qu'a rapporté dans le monde le deuxième opus de John Wick. C'est 40 millions de $ de plus que le premier film. Autant dire que Keanu Reeves, bientôt 53 ans, retrouve des couleurs. C'est son plus gros hit en Amérique du nord depuis The Day the Earth Stood Still en 2008.

Pas étonnant que les studios s'intéressent de nouveau à lui. Il est en négociations finales pour être la tête d'affiche du thriller romantique Siberia de Matthew Ross (Frank & Lola). Le scénario est écrit par Scott B. Slith (Un plan simple) et raconte l'histoire d'un diamantaire américain qui va vendre en Russie un diamant bleue à l'origine discutable. Lors de la vente, il tombe amoureux d'une propriétaire d'un café en Sibérie. Leur passion va hélas être confrontée à une somme de trahisons...

Keanu Reeves discute aussi pour partager le générique avec Isla Fisher de The Starling, de Dome Karukoski (qui vient de finir Tom of Finland), comédie dramatique écrite par Matt Harris, et longtemps parmi les meilleurs scénarios de la fameuse "Black List" (ces scénarios jugés excellents mais jamais produits). Reeves et Fisher interpréteraient un couple marié ayant perdu leur enfant. L'épouse, choisissant de s'isoler dans un institut thérapeutique pour lui permettre de surmonter son deuil, laisse son mari seul à la maison. Il décide alors de lui construire un magnifique jardin, malgré ses tourments et une agressivité refoulée.

D'ici là, Keanu Reeves sera en salles avec To The Bone, un drame présenté à Sundance et vendu à Netflix, avec Lily Collins. Il a aussi accepté d'être la star de Rally Car, un film sur une course de voitures en Chine réalisé par Olvier Megaton et a tourné le thriller SF Replicas, de Jeffrey Nachmanoff.

César / Oscars: Moins d’audience à la TV mais plus de salles pour les lauréats

Posté par vincy, le 28 février 2017

jerome commandeur jimmy kimmelIls ont été césarisés ou oscarisés: Elle, Divines et Moonlight vont essayer de profiter de leur statut de lauréat dès demain dans les salles. Même si dans les deux cas, l'audience TV n'était pas au rendez-vous.

Côté César, Canal+ n'est que 4e de la soirée (retransmise en clair et sur Dailymotion) avec 1,9 million de téléspectateurs, soit 10,5% du public. On est loin du score de l'an dernier (2,5 millions de téléspectateurs, 11,9% de PDA). C'est l'audience la plus faible depuis 2010.

Côté Oscars, pour ABC ce n'est pas mieux. Avec 32,9 millions de téléspectateurs et une PDA d'environ 22%, c'est la plus faible audience depuis 2008. Selon Nielsen, c'est principalement les habitants des grandes métropoles qui ont regardé la cérémonie (New York, Chicago et la Californie).

Dans tous les cas, français comme américain, la formule semble s'user. Après tout, combien attendent le lendemain pour voir les "meilleurs moments" (gaffes ou gags) sur leur smartphone?

Cependant, les lauréats vont quand même essayer de profiter de cet effet d'aubaine.

Elle de Paul Verhoeven, César du meilleur film et de la meilleure actrice, sorti le 25 mai dernier et déjà disponible en vidéo à la demande, avait déjà bénéficié d'une ressortie en salles mi-janvier à l'occasion du festival Télérama, pile-poil au moment des révélations de ses nominations aux César et aux Oscars. Grâce à cette sortie, il s'était ajouté 50000 spectateurs en plus dans son escarcelle. Le film totalise aujourd'hui 603000 entrées, toujours diffusé dans 80 salles. Dès le mercredi 1er mars, Elle sera projeté sur 125 écrans.

Divines d'Houda Benyamina, César du meilleur premier film, du meilleur espoir féminin et du meilleur second-rôle féminin, lui aussi disponible en vidéo à la demande. Tout comme Elle, il est ressorti en salles lors du festival Télérama. Avec seulement 321000 entrées au compteur, c'est sans doute lui qui a le plus à gagner. Le film devrait passer de dix salles à une quarantaine de copies.

Enfin, Moonlight, Oscar surprise du meilleur film, mais également Oscar de la meilleure adaptation et Oscar du meilleur second-rôle masculin, va doubler son nombre de copies en passant de 148 salles à 346. Il a déjà séduit 280000 spectateurs. Il peut espérer dépasser les 500000 entrées. C'est, malgré tout, la troisième année consécutive qu'un lauréat de l'Oscar du meilleur film ne dépassera pas le million de spectateurs en France. Ce film produit pour 1,5 million de $ (le plus petit budget récompensé par un Oscar du meilleur film dans l'histoire de la cérémonie!) a rapporté 22M$ au box office nord-américain. Par anticipation, le distributeur A24 avait ajouté 130 copies dès vendredi dernier. Pour l'instant Moonlight est avant-dernier sur les 40 dernières années: seul Démineurs, en 2009, avait récolté moins de recettes (17M$ au total). Le tout est de savoir si cet Oscar permettra au film de Barry Jenkins de dépasser Birdman, The Artist et Spotlight, tous autour de 40-45M$ (et bons cancres dans la liste des films oscarisés).

Edito: 2016, Terminus! Tout le monde descend!

Posté par redaction, le 23 février 2017

On en a (presque) fini avec 2016. Le week-end qui vient va sacrer les "meilleurs" films français côté Cesar et les "meilleurs" film américains côté Oscars. 2017 a pourtant déjà bien commencé avec les festivals de Sundance et de Berlin.

On se le dit chaque année, ce n'est pas trop tôt. Deux mois que l'année est révolue, que les Top 10 ont disparu. Bien sur, il reste un film parmi les huit nommé aux Oscars qui n'est pas encore sorti. Quelques films cannois issus d'Un Certain regard, de la Quinzaine des réalisateurs et de la Semaine de la critique attendent leur programmation en salles.

On a envie de se projeter en 2017, mais 2016 nous tire par le mollet. Tardivement, donc, les votants d'ici et d'ailleurs, récompensent des films qui ont de moins en moins besoin de ces statuettes dorées.

Côté Oscars, si on prend le box office comme étalon, Moonlight, Lion et Manchester by the Sea ont le plus à gagner. Ils sont encore en salles et n'ont pas rapporté plus de 50M$. Pour La La Land ou Premier Contact, respectivement 340M$ et 200M$ dans le monde, cela leur donnera surtout un titre de plus ou une aura de prestige. Pour des comédiens, cela peut être une consécration comme une malédiction, l'opportunité de voir sa carrière décoller ou de sceller à jamais sa filmographie sur un dernier bon film. C'est ce que nous vous expliquerons avec le débat que nous organisons, Ecran Noir, Toute la culture et Les Ecrans, dimanche soir au Club de l'Etoile.

Côté César, le distributeur devra ressortir le film en salles puisqu'ils ont déjà tous plus ou moins disparu des écrans. Il y aura certainement quelques milliers de spectateurs à séduire. Aucun des films nommés n'a dépassé les 700000 entrées. Un certain potentiel existe. mais comme ils sont tous déjà disponibles en DVD ou VàD, cela risque surtout de profiter au "home cinema" plutôt qu'aux salles de cinéma. Finalement, ce sont bien les Oscars qui pourraient avoir un véritable impact puisque les deux tiers des nommés sont encore bien présents dans les cinémas. Un paradoxe: les César n'ont plus vraiment d'utilité commerciale, en plus d'être souvent décriés pour leurs choix, et les Oscars continuent d'être "bankable" pour les vainqueurs.

Une chose est certaine, lundi matin, nous en aurons fini avec le crû 2016. Il nous lâchera les baskets. Même si, pour certains, la course aux prix de l'année prochaine a déjà commencé.