Un remake pour « Boire et déboires »

Posté par vincy, le 4 août 2018

Ce n'est pas vraiment le remake que l'on attendait. Boire et déboires (Blind Date en vo), la comédie de Blake Edwards (1987) avec Bruce Willis et Kim Basinger, devrait faire l'objet d'une nouvelle version a confirmé Sony Pictures. Deux scénaristes sont déjà à la manœuvre, Chris Hazzard et Michael Fontana.

Les producteurs de Game Night et de la prochaine version de The Predator, Davis Entertainment, prévoient une histoire réactualisée.

Boire et déboires est davantage un film culte qu'un film mémorable. Il a plusieurs particularités malgré tout: ce fut le premier rôle au cinéma de Willis, un an avant le premier Die Hard, alors connu pour son personnage de David Addison dans la série Clair de lune (Golden Globe du meilleur acteur au passage). Basinger, à l'époque, était la star montante ayant enchaîné un James Bond, une comédie de Blake Edwards (déjà), un drame sportif avec Robert Redford, un drame de Robert Altman et surtout le sulfureux 9 semaines et demi. Enfin pour Edwards, ce sera son dernier succès populaire, avec une recette nord-américaine équivalente à des films comme Wall Street, Le dernier empereur et Full Metal Jacket, sortis la même année.

La comédie mélancolique et romantique est l'histoire d'un banquier de Los Angeles qui doit conclure un très gros contrat avec un riche homme d'affaires japonais, très strict et traditionaliste, au cours d'un dîner organisé par son patron. Il recherche alors une compagne pour la soirée. Sur les conseils de son frère et de sa belle-sœur, il jette son dévolu sur Nadia, qui sort tout juste d'une rupture sentimentale avec un riche avocat qui continue de la harceler. Il faut juste que Nadia ne boive pas. Et en effet, dès la première coupe, tout part en vrille...

Les reprises de l’été: Dennis Hopper, Blake Edwards et Nicolo Ferrari

Posté par vincy, le 18 juillet 2018

The Last Movie (Director's Cut) de Dennis Hopper (1971)

L'histoire: Une équipe de cinéma est venue tourner un western dans un village péruvien niché dans les Andes. Une fois le film terminé, tous les Américains s’en vont, à l’exception de Kansas, l’un des cascadeurs, qui souhaite prendre du recul vis-à-vis d’Hollywood et s’installer dans la région avec Maria, une ancienne prostituée. Les choses dégénèrent lorsque les habitants décident de tourner leur propre film : les caméras, les perches et les projecteurs sont faux, mais la violence qu’ils mettent en scène est elle bien réelle. Kansas va se retrouver héros malgré lui de cette « fiction »…

Pourquoi il faut le voir? Après le succès d'Easy Rider en 1969; Dennis Hopper se lance dans une production beaucoup plus ambitieuse, qui sera récompensée au Festival de Venise, mais qui connaîtra un fiasco commercial suffisamment énorme pour que le comédien ne tourne plus pendant 9 ans. Universal avait laissé le "Final Cut" au cinéaste. Désorientés par le film, les pontes du studio ont abandonné la distribution et tous les droits du film, qu'ils ont cédé au réalisateur, qui ne peut tirer que quelques copies pour le présenter dans des festivals. Film rare, c'est ici la version originale qui ressort. Avec 40 heures de rush, il lui avait fallu une année pour monter son film. C'est aussi ici qu'on voit pour la première fois Jris Jristofferson. Et on remarque la présence de Samuel Fuller dans l'un des rôles principaux. Le film maudit n'est pas un chef d'œuvre mais son côté expérimental, chaotique, violent, confus et les splendides paysages péruviens, peuvent aussi être vius comme une mise en abyme d'une Amérique et d'un Cinéma condamnés à l'extinction.

The Party de Blake Edwards (1968)

L'histoire: Hrundi V. Bakshi est figurant d'une importante production hollywoodienne. Mais il met un temps inifini à mourir sous les balles de l'ennemi, ce qui provoque l'ire du réalisateur. A la fin de la séquence, la production se met en place pour l'explosion d'un décor imposant : un fort reconstitué. Mais ce serait sans compter le lacet d'Hrundi. celui-ci le refait en appuyant son pied sur le déclencheur de dynamite. Le fort explose sans qu'on ait pu tourner une seconde de film. Il est viré.
Le cinéaste appelle son producteur et lui demande de ne plus jamais employer ce maladroit. Celui-ci lui promet et note son nom sur un bout de papier, que sa secrétaire va prendre pour le patronyme d'un invité oublié à sa fameuse party.

Pourquoi il faut le voir? "Film quasi expérimental (y compris dans sa réalisation), il s'agit sans doute d'un délire les plus fous et les plus absurdes du 7ème art". Ainsi commence notre critique du film, excellent antidépresseur dopé par un Peter Sellers prodigieux. Là aussi il s'agit d'une destruction de cinéma (juste le décor) et d'un cataclysme qui cause gags et farces cultes. Blake Edwards est à son top avec cette comédie démente qui parodie Antonioni et copie Tati. Contrairement aux drôleries de l'époque, celle-ci se base sur un humour où l'image vaut milles répliques (même si certaines sont cultissimes). Improvisées et filmées en plans séquences, les scènes s'emboitent ainsi dans un grand capharnaüm, pour ne pas dire un joyeux bordel dévastateur. The Party est devenue au fil des années une référence, sans doute aussi la quintessence du génie de Sellers (avec Dr Folamour). De nombreux sketches ou films font référence à un des ingrédients de ce cocktail explosif de la comédie américaine.

Laura nue de Nicolo Ferrari (1961)

L'histoire: Laura, belle et jeune Italienne, épouse Franco pour se plier aux convenances. Très vite, elle s'ennuie dans son ménage et, n'éprouvant aucun amour pour son mari, va chercher le bonheur auprès d'autres hommes. C'est ainsi qu'elle rencontre Marco, un jeune professeur qui devient rapidement son amant...

Pourquoi il faut le voir? La version restaurée de ce film permet aussi de découvrir un cinéaste, âgé de 90 ans aujourd'hui, oublié du cinéma italien. A l'époque, Laura nue avait subit les critiques virulentes de l'église catholique face à ce portrait de femme plutôt politique. Outre la beauté de Giorgia Moll (Le Mépris de Godard, deux ans plus tard), on remarque avant tout son personnage qui hésite à rentrer dans l'âge adulte (autrement dit, mariage, maternité etc...), malgré un petit ami bellissimo (Nino Castelnuovo, amoureux transi de Deneuve dans Les parapluies de Cherbourg trois ans plus tard). Si elle se marie logiquement avec lui, elle devra se confronter à un dilemme, en rencontrant un autre bello ragazzo (Tomas Milian, qu'on verra aussi bien chez Antonioni, Bertolucci, Audiard, Reed, et The Last Movie de Dennis Hopper), dont elle devient la maîtresse. On comprend que ce ne soit pas très catholique. Mais c'est en fait sublimement sensible et assez sensuel. Nicolo Ferrari met ainsi en face à face une société conventionnelle ennuyeuse et une liberté amoureuse stérile, l'amour et le désir, l'émancipation féminine et l'indépendance sexuelle. C'est finalement un regard sur une détresse existentielle, si on voit au delà des plans fortement érotisants de l'héroïne.

William Peter Blatty, père de « L’Exorciste », est mort (1928-2017)

Posté par vincy, le 13 janvier 2017

L'auteur du roman L'Exorciste, et scénariste de l'adaptation réalisée par William Friedkin en 1973, William Peter Blatty, est mort le 12 janvier à l'âge de 89 ans. Né le 7 janvier 1928 à New York, il a écrit une quinzaine de thrillers entre 1960 et 2016, ses Mémoires et une autobiographie.

Bien entendu, il restera à jamais celui qui inventa l'histoire de L'Exorciste, devenu l'un des films les plus terrifiants de l'histoire du cinéma. C'est aujourd'hui encore l'un des dix plus gros succès au box office américain. Avec le dollar actuel, il aurait rapporté 941M en Amérique du nord! Le film a été dix fois nommé aux Oscars (dont meilleur film, ce qui en fit le premier film d'horreur nommé dans cette catégorie) et a récolté deux statuettes (dont l'Oscar du meilleur scénario / adaptation pour Blatty). Le scénariste a aussi gagné le Golden Globe du meilleur scénario.

L'auteur était aussi scénariste, notamment pour Blake Edwards (Quand l'inspecteur s'emmêle, Qu'as-tu fait à la guerre Papa?, Peter Gunn, détective spécial et Darling Lili), Arthur Hiller (Promise Her Anything), J. Lee Thompson (l'adaptation de son roman John Goldrab, Please come Home, devenu pour le cinéma L'encombrant Monsieur John) ou Boris Segal (Le Survivant).

Il a aussi réalisé deux films : The Ninth Configuration, en 1980, d'après son roman Twinkle, Twinkle, "Killer" Kane, thriller surréaliste avec Stacey Keach, qui lui valu un Golden Globe du meilleur scénario et une nomination au Golden Globe du meilleur film dramatique. Un échec en salles mais le film est devenu culte avec le temps. Dix ans plus tard, il tourne, L'Exorciste, la suite (d'après son roman Legion), troisième opus de la franchise, avec George C. Scott. Le succès n'est pas au rendez-vous ni du côté des critiques ni du coté du public. Si Hollywood a régulièrement puisé dans L'Exorciste et ses suites littéraires, ou simplement en utilisant les personnages du roman, William Peter Blatty ne sera plus impliqué dans ces productions, les considérant même comme humiliantes.

Robert Vaughn (1932-2016), un acteur si spécial nous quitte

Posté par vincy, le 11 novembre 2016

Robert Vaughn, né le 22 novembre 1932 à New York, est mort des suites d'une leucémie le 11 novembre 2016, quelques jours avant son 84e anniversaire. Encore un qui n'aura pas survécu à l'élection de Donald Trump. Vaughn était très engagé politiquement, songeant même à une carrière au sein du parti Démocrate.

Acteur majeur du cinéma américain, même s'il a surtout hérité de second-rôles, il a été une star du petit écran. Diplômé de journalisme, il a poursuivi ses études dans le théâtre. Il a même obtenu un diplôme de communication à l'Université en 1970, alors que sa carrière était déjà bien lancée au milieu des années 1950.

Robert Vaughn sera remarqué dans Ce monde à part en 1959, avec Paul Newman, puis dans Les Sept Mercenaires en 1960, aux côtés de Yul Brynner et de Steve McQueen. Avec Ce monde à part, il décroche une nomination à l'Oscar du meilleur second-rôle masculin. Il hérite surtout du personnage de Napoleon Solo dans la série puis dans les films Des agents très spéciaux, qui le rendirent populaire. Il retrouve Steve McQueen dans le cultissime Bullitt de Peter Yates (1968) où il incarne le douteux sénateur Walter Chalmers. Robert Vaughn est aussi de l'aventure Jules César, de Joseph L. Mankiewicz, avec Marlon Brando, et du casting de stars de La Tour Infernale, film référence dans le genre catastrophe (où il croise de nouveau Steve McQueen). On passera sur L'invasion des soucoupes volantes (avec Christopher Lee) et le nombre incalculable de séries B qui ont dilué son talent (Superman 3, Delta Force, L'Attaque des morts-vivants). Heureusement, on peut aussi percevoir son talent pour la dérision dans S.O.B., comédie américaine de Blake Edwards, avec Julie Andrews et William Holden.

Sa gueule si reconnaissable l'avait souvent conduit à être du côté des salauds ou des pas nets. C'est d'autant plus regrettable qu'il était très doué pour la comédie et son éclectisme, du film de guerre au film SF en passant par le mélo, révélait un acteur brillant sachant manier l'ambigüité.

La télévision aura été plus généreuse. Elle lui a permit d'incarner plusieurs présidents américain (Franklin D. Roosevelt, Harry S. Truman, Woodrow Wilson). Il a également été le jury numéro 9 de Douze hommes en colère au théâtre au Royaume Uni en 2013. Jusqu'à cette date là, il n' avait jamais quitté les plateaux ou la scène. So Long, Robert.

La Cinémathèque française, voyages à Métropolis et chez Tim Burton

Posté par vincy, le 28 août 2011

Pour l'année 2010/2011, la Cinémathèque française va nous en mettre plein les yeux. Après le triomphe de l'exposition Stanley Kubrick (un record de 140 000 visiteurs!), la Cinémathèque proposera des voyages autour du monde : USA, Italie, Japon, Outre-mer, Estonie, Japon, Hong Kong, Israël, Egypte, Argentine,...

Voici un choix non exhaustif et subjectif de la part de la rédaction : les 7 événements à ne pas manquer.

Blake Edwards (24 août -17 octobre) : le prince de la comédie américaine élégante récemment disparu (voir actualité du 16 décembre 2010)a les honneurs d'une rétrospective, qui voit défiler la Panthère rose, Boire et déboires, The Party, La grande course autour du monde, Le jour du vin et des roses, S.O.B., Victor Victoria et le mythique Diamants sur canapé.

Shirley Maclaine (29 août - 5 septembre) : hommage à l'une des reines du cinéma américain, conjointement à celui du Festival de Deauville. La soeur de Warren Beatty reste l'une des rares comédiennes à avoir su traverser les époques. Au programme, Bienvenue Mister Chance, Comme un torrent, La garçonnière, Irma la Douce, Mais qui a tué Harry? (un Hitchcock délicieux), Tendres passions, La rumeur...

Metropolis (19 octobre -29 janvier) : le film culte de Fritz Lang avait fait l'objet d'une projection en plein air Porte de Brandebourg lors de la Berlinale 2010. Voici l'exposition qui était, à l'époque, au Musée du cinéma de Berlin, à la fois making of du film et de sa restauration. A cela s'ajoutera une rétrospective Fritz Lang, des conférences (dont l'une sur l'invention du décor), une lecture, un cycle Cités futuristes (d'Akira à Total Recall), une sortie DVD de Metropolis et deux livres (Fritz Lang au travail, Metropolis). / voir aussi notre actualité du 13 février 2010

Steven Spielberg : avec deux films cette année, la Cinémathèque ne pouvait pas passer à côté du cinéaste. Pour Cheval de guerre, une rétrospective, qui sera inaugurée en sa présence, est prévue. Spielberg lancera ainsi les festivités de ses 40 ans de cinéma (Duel), en attendant un livre-anthologique prévu avant l'été.

Alain Cavalier : le succès de Pater légitime d'autant plus le cycle qui lui sera consacré au printemps. Le cinéaste libre fera une "conversation informelle" avec les cinéphiles et permettra de (re)découvrir ses oeuvres intimes souvent passées inaperçues, mais aussi ses films "plus classiques" qui ont bâti sa réputation. Il sera là tous les jours pour dialoguer avec le public.

Tim Burton (7 mars 2012) : première étape de la tournée mondiale de l'exposition lancée au Museum of Modern Art de New York avec succès (700 000 visiteurs!), "L'art dans tous ses états" sera l'un des événements culturels de l'année. Toutes les facettes de l'artiste seront dévoilées : photographe, illustrateur, scénariste, ... le décor sera encore au coeur de cette exposition phare qui revisitera ses films et son univers. Une Master class avec Burton est programmée, en plus de l'intégrale des films et d'une carte blanche!

Bernardo Bertolucci : l'un des derniers géants du cinéma italien mérite cette rétrospective. En sa présence, "il maestro" reviendra sur cet itinéraire peu conformiste, son engagement politique et social... il parlera aussi sans doute de son nouveau film en 3D, moins d'un an après sa Palme d'or d'honneur à Cannes (voir actualité du 11 mai 2011).

et aussi : la France de l'outre-mer au cinéma, le cinéma fantastique français, les 100 ans du cinéma estonien, un hommage à Nanni Moretti (en sa présence), la musique de films avec Gabriel Yared, une rétrospective Robert Altman, une histoire du cinéma égyptien, un cycle Kiyoshi Kurosowa, Serge Daney... et un colloque international sur le cinéma numérique les 13 et 14 octobre ("Quel avenir pour les Cinémathèques?").

Peter Falk rejoint les anges (1927-2011)

Posté par vincy, le 24 juin 2011

L'acteur Peter Falk, connu mondialement pour son personnage cathodique de l'inspecteur Columbo, est mort aujourd'hui. Grand ami de John Cassavetes, dont il fut l'acteur (dans quatre de ses films) et le producteur, il a tourné pour Nicholas Ray, Frank Capra, Blake Edwards (en sous-fifre de Jack Lemmon dans La grande course autour du monde), Sydney Pollack... Il fut deux fois nommé aux Oscars pour le meilleur second rôle masculin : Milliardaire d'un jour (de Capra) et Crime, société anonyme (Murder Inc, de Burt Balaban et Stuart Rosenberg).

Peter Falk a longtemps souffert de son imperméable de flic qui lui a rapporté une fortune. Cela ne l'a pas empêché de jouer chez William Friedkin, Robert Aldrich, Rob Reiner, Walter Hill. Il a touché à tous les genres, du burlesque au polar. C'est évidemment dans Les ailes du désir de Wim Wenders qu'il fut le plus éblouissant. C'est cette oeuvre en noir et blanc qui nous a montrés à quel point le cinéma était passé à côté de son talent. 35 ans de Colombo (1968-2003) auront eu raison de lui.

Borgne, atteint de démence et d'alzheimer (mis sous curatelle), il avait aussi écrit un livre de souvenirs, Juste une dernière chose… (Michel Lafon), il évoque surtout sa grande passion pour la scène théâtrale et son métier de comédien.

25 nouveaux classiques entrent à la Bibliothèque du Congrès Américain

Posté par vincy, le 29 décembre 2010

À peine disparus, de nombreux talents cinématographiques ont le droit au Panthéon. Irvin Kershner, Leslie Nielsen, Blake Edwards voient leur talent récompensé de manière posthume. La Bibliothèque du Congrès a intégré 25 nouveaux films du patrimoines, tous formats confondus, dans son Registre National, sorte d'Archives prestigieuses permettant de conserver les oeuvres les plus précieuses. Il faut dire que la 90% productions d'avant les années 20 ont disparu, et 50% des productions des années 20 à 50 sont perdues.

Cette année, les années 70 sont particulièrement bien représentées, tout comme les grands succès populaires.

- Le Lys de Brooklyn (1945), premier film d'Elia Kazan, conte de fée sentimental adapté d'un roman de Betty Smith. Un Oscar.

- Y-a-t-il un pilote dans l'avion? (1980), de Jim Abrahams, Jerry et David Zucker, avec Leslie Nielsen, Peter Graves et Lloyd Bridges. Et une histoire de gladiateur.

- Les Hommes du Président (1976), d'Alan J. Pakula, adapté des Mémoires des reporters qui ont découvert le scandale du Watergate, avec Dustin Hoffman et Robert Redford. Quatre Oscars.

- Le serment de Rio Jim (1914), de Reginald Baker. Premier film du cowboy William S. Hart.

- Cry of Jazz (1959), d'Edward Bland. Moyen métrage documentaire en noir et blanc sur les faubourgs afro-américains de Chicago.

- Electronic Labyrinth: THX 1138 4EB (1967), soit le court métrage universitaire de George Lucas, qui en fit un long produit par Coppola, THX 1138.

- Star Wars V : L'Empire contre-attaque, d'Irvin Kershner. Un triomphe mondial, deux Oscars et les vrais débuts d'une saga (et de son culte).

- L'Exorciste (1973), de William Friedkin. La quintessence du film d'horreur. Outre l'énorme succès, il a reçu 10 nominations aux Oscars (deux statuettes, dont le scénario!). Un record pour le genre.

- The Front Page (1931, de Lewis Milestone. Trois nominations aux Oscars pour cette comédie qui fut l'une de celles à installer les fondements du scénario à l'américaine. Pas moins de sept remakes ont été tournées (petits et grands écrans).

- Grey Gardens (1976), documentaire façon cinéma vérité d'Albert et David Maysles. Projeté à Cannes, il fut transposé en comédie musicale à Broadway, en pièce de théâtre, et en téléfilm pour HBO.

- I Am Joaquin (1969). Court métrage de Luis Valdez adapté d'un poème de Rodolfo "Corky" Gonzales, appartenant à al culture populaire des Chicanos d'Amérique.

- Une riche affaire (1934). Troisième comédie avec W.C. Fields à entrer dans la patrimoine américain. celui-ci fuit une source d'inspiration pour les Blues Brothers.

- Let There Be Light (1946), documentaire sur 75 soldats et leurs traumas, de John Huston produit pour le gouvernement américain.

- Solitude (1928). L'un des rares films américains du savant et cinéaste hongrois Paul Fejos. Ce film est considéré comme son chef d'oeuvre et est resté l'un de ses plus grands succès.

- Au crépuscule de la vie (1937). Drame de Leo McCarey sur un vieux couple ruiné par la dépression économique.

- Malcolm X (1992), biopic de Spike Lee sur l'activiste le plus controversé des années 50 et 60, avec Denzel Washington dans le rôle titre.

John McCabe (1971), soit un western de Robert Altman avec Warren Beatty et Julie Christie et trois chansons de Leonard Cohen.

- Newark Athlete (1891). Film expérimental qui fut l'un des premiers réalisés dans les laboratoires d'Edison.

- Our Lady of the Sphere (1969). Court métrage animé (et expérimental) de Lawrence Jordan, utilisant des fonds colorés et des collages en mouvements.

- La Panthère rose (1964). Premier film de la franchise. Énorme succès pour cette comédie de gags loufoques mise en scène par Blake Edwards. Première collaboration avec le génial Peter Sellers en Inspecteur Clouseau. Et première apparition de la fameuse panthère en dessin animé dans les génériques de début et de fin. Doit-on mentionner la musique de Mancini?

- Preservation of the Sign Language (1913) est un film étonnant de deux minutes, en langage des signes, et défendant les droits des malentendants.

- La Fièvre du samedi soir (1977), disco-movie de John Badham.  Le pantalon patte d'éph et moule burnes de John Travolta (nommé à l'Oscar quand même), la musique qui fait bouger le popotin, les chansons hurlées par des castrats. Le public s'est rué. Une suite a été tournée. Et une soixante de films lui ont fait référence depuis.

- Study of a River (1996). Court métrage sur le fleuve Hudson à travers les saisons.

- Tarantella (1940), de Mary Ellen Bute. Cinq minutes colorées et avant-gardistes qui mélangent une animation abstraite avec de la musique contemporaine. Pionnier dans le genre.

Blake Edwards (1922-2010) : fin de « Party »

Posté par vincy, le 16 décembre 2010

Il avait une marque de fabrique. La comédie chic, élégante, enchaînant les gags les plus farces, les situations les plus improbables, des plans toujours soignés. Il savait aussi choisir ses stars. Blake Edwards (de son vrai nom William Blake Crump) a vécu une belle vie. Né en plein été 1922 au fin fond de l'Oklahoma, il est décédé aujourd'hui, au début de l'hiver 2010. 88 ans jusqu'au dernier clap. Et pour une fois, il n'y a aucun délire. Julie Andrews est veuve.

On lui doit une série de succès (pour ne pas de triomphes populaires), de films cultes, d'oeuvres respectées. Certes cela faisait 15 ans qu'il ne tournait plus, mais il a donné de son humour durant 40 ans.  Si les Oscars l'ont snobé (une seule nomination en tant que scénariste), ils se sont rattrapés en 2004 avec un Oscar d'honneur bien mérité, remis par Jim Carrey. Il laisse derrière lui un César (meilleur film étranger avec Victor Victoria), un Donatello (meilleur scénariste, pour le même film), plusieurs prix et nominations glanées ici et là, quelques statuettes pour l'ensemble de sa carrière et deux prix du meilleur scénario de la Writer Guild of America (Quand la Panthère rose s'en mêle, Victor Victoria) parmi huit nominations. Côté réalisateurs, ses confrères de la Director's Guild avait nommé Diamants sur Canapé (alias Breakfast at Tiffanny's) et en 1993, ils lui donnèrent un prix spécial.

La comédie est considérée comme un sous-genre, mais dans son cas, il fait partie de ses cinéastes qui ont donné leurs lettres de noblesse au cinéma de dérision. Héitier des Preston Struges, Leo Carrey, Howard Hawks, Billy Wilder, Blake Edwards a mis en scène Audrey Hepburn, Cary Grant, Tony Curtis, Jack Lemmon (son comédien favori), Natalie Wood, Bruce Willis, Kim Basinger, Julie Andrews, Burt Reynolds, David Niven, William Holden, Omar Sharif, Rock Hudson...

Avec un grand père grand réalisateur de films muets et un père chargé de production et premier assistant réalisateur, il passe logiquement derrière la caméra. Son premier long métrage date de 1955, Bring your smile around.

Le récemment disparu Tony Curtis devient vite sa star fétiche. Il tourna la plupart de ses premiers films avec lui. En 1959, il l'enrôle dans la Marine, aux côtés de Cary Grant, et forment un duo de tonnerre dans Opérations Jupons, une histoire de sous-marin rose durant la seconde guerre mondiale côté Pacifique, avec un gros cochon, des soutien-gorges et une armada d'emmerdements.

Mais c'est en 1961 qu'il trouve les premières formes de respect avec Diamants sur Canapé, adaptation d'un roman de Truman Capote. La fameuse scène où Audrey Hepburn, merveilleuse ingénue, frivole et romantique, où l'actrice , avec ses lunettes noires, boit son café et croque dans un donut devant les vitrine du bijoutier Tiffany, est devenue une référence (jusqu'à Desplechin qui utilisera un plan similaire dans Rois et Reine). Edwards a cet art de délirer avec classe, de se complaire dans la débauche et les désastres avec une décence assumée.

Le succès du film le pousse à passer au drame. Le jour des vins et des roses lui vaut un succès critique avec une histoire d'alcoolisme. À raison d'un film ar an, il enchaîne des films inégaux. Mais il croise une pépite. Une des premières franchises du cinéma depuis Tarzan, et à l'époque de James Bond : La panthère rose. Une musique de Mancini, un générique en animation, une histoire de casse avec un détective loufoque. Le tour est joué. Non seulement il cartonne au box office, mais il rencontre surtout Peter Sellers, à qui il met un imper et un bob et le métamorphose en Inspecteur Clouseau. Les gaffes de l'un et la maîtrise délicate de l'autre font une alchimie détonante. Il en réalisera huit épisodes.

blake edwards et peter sellersEn 1965, il filme une infernale course de voiture entre le diabolique Jack Lemmon, l'angélique Tony Curtis, la sublime Natalie Wood. La Grande course autour du monde révèle surtout une scène de tarte à la crème extrême. Mais c'est en 1968 qu'il entre dans la légende du 7e art avec The Party. Il laisse Peter Sellers en roue libre dans cette moquerie sur Hollywood et les mondanités (qui d'autre savait aussi bien filmer les pince-fesses?), nous offre une soirée mousse d'anthologie, un poulet qui se niche dans une coiffe, un rouleau de PQ interminable, des éléphants et leur pesant de gags. Les bévues de l'acteur indien joué par Sellers provoquent un délire hilarant et interminable.

Certes ils se sont fâchés sur la fin. Edwards lui reprochait son manque de professionnalisme et surtout d'envie. Il l'insérera quand même, de manière posthume dans A la recherche de la panthère rose en 1982. Pas rancunier. ils se devaient tant.

Hélas après, Edwards céda à des facilités, cumula les échecs (Darling Lili), s'attira les moqueries (Elle, avec Bo Derek), le mépris (S.O.B. pourtant très drôle par son cynisme). On pouvait croire à son déclin. Le nouveau cinéma américain le laissait sur le carreau. Les comédies avaient moins de place qu'auparavant. Surtout, hormis Burt Reynolds, il n'y avait pas stars charismatiques qui fassent rire dans les années 70. Il se rassure avec ses Panthère rose. Heureusement, 10, lui redonne espoir. Il est l'un des plus gros succès du box office de l'année 1979.

Et puis, un chant du cygne. Un scénario brillant, dans l'air du temps (rappelez vous Tootsie). Une actrice vénérée depuis Mary Poppins, Julie Andrews, qu'il a rencontré chez leur psychanalyste. Ils se sont mariés en 1969. Une réalisation utilisant à merveille tous les codes de la comédie classique américaine, mêlant vaudeville et quiproquos, enter Lubitsch et Wilder. Victor Victoria est sans aucun doute l'un de ses trois plus grands films, avec Diamants sur canapé et The Party. Une chanteuse se travestit en homme qui se fait prendre pour une femme, afin de pouvoir faire son métier dans un Paris des années folles.

Il réalisera encore quelques comédies romantiques, inégales. Boire et déboires, là encore un sujet sur l'alcoolisme, est sans doute le plus charmant de ses derniers films. On pourrait retenir aussi Switch, qui là encore traitait de l'identité sexuelle. Il adorait déguiser les hommes en femmes. Son humour "britannique".

Mais c'est une réplique française qui servira de conclusion. Dans Victor Victoria, il y a un bel adieu. "Au revoir". "Me too".