bilan 2008 » Le Blog d'Ecran Noir

Top 10 2008 : la déception de la VoD

Posté par vincy, le 5 mars 2009

Satellifax a publié un classement qui va prendre de l'importance : les films les plus vus en VoD (Vidéo à la demande) en 2008 en France.

On y retrouve 4 films français parmi les dix films les plus "achetés" mais aussi un dessi animé, trois suites, aucun film art et essai. C'est évidemment une déception puisque l'acte à l'achat (4 euros en moyenne) devrait permettre l'audace dans le choix des films.

Loin de là, et au contraire, comme le marché de la vidéo ou les diffusions télé, la VoD ne fait qu'accentuer les succès des films les plus populaires. Hormis le magnifique Ratatouille, Ecran Noir n'aurait consellé que Die Hard 4. tous les autres ont reçu zéro, une ou deux étoiles par nos critiques. C'est dire la faiblesse artistique des 10 films qui ont dominé la VoD l'an dernier.

Alors certes, le leader est un petit géant puisque les Ch'Tis n'a été acheté que par 94 000 téléspectateurs. mais il serait bon que ldes diffuseurs fassent d'énormes efforts ergonomiques et pédagogiques pour inciter les consommateurs à profiter d'un choix souvent masqué par les gros hits en exclusivité.

1. Bienvenue chez le Ch'tis

2. Astérix aux jeux Olympiques

3. Ratatouille

4. Disco

5. Taken

6. Je suis une légende

7. 99 Francs

8. Benjamin Gates et le livre des secrets

9. Transformers

10. Die Hard 4

Le DVD en chute, le Blu-Ray ne sauve rien

Posté par vincy, le 21 janvier 2009

dvdJanvier est le mois de la galette. Tout dépend de quelle galette il s'agit. Après le bilan toujours déprimant des ventes de CD musicaux, les chiffres de ventes de DVD n'ont pas de quoi réjouir davantage.

-7,5%. En valeur. Le volume ne baisse "que" de 5,5%. La baisse des tarifs n'a rien changé : le marché s'effondre avec une dégringolade d'un tiers des ventes en quatre ans, après une très forte croissance. Cela ne représente plus que 1,4 milliard d'euros... La faute au piratage, sans doute, mais plus généralement à l'évolution du numérique, que ce soit la multiplication des programmes télévisés, les outils d'enregistrement, et surtout la concurrence des jeux vidéos.

Ne parlons pas du pouvoir d'achat.

Bien sûr le format Blu-ray a limité la casse. Sans ce nouveau support, la chute aurait été de 10%. Le Blu-ray a vu ses ventes multipliées par quatre. Pas de quoi sauver les meubles. Pour accélérer le passage à ce standard, Disney veut lancer une opération promotionnelle couplant les DVD et les Blu-ray, durant six mois. Amazon brade les Blu-ray durant les soldes. Paramount essaie de rattraper le temps perdu à refuser le format en proposant de plus en plus de titres. Sony tente d'une manière ou d'une autre de convaincre les consommateurs, via la X Box notamment.

D'autant que rien ne dit que le Blu-Ray s'imposera. 3,5% du marché avec ses 1,72 millions d'unités vendues. Il y avait 10 000 titres en DVD pour 700 en Blu-Ray fin 2008. Et Toshiba prépare la riposte avec des films sur carte mémoire. Un marché potentiel mais encore réduit avec 50 millions d'euros de ventes et locations dématérialisées, soit à peine 4% du marché.

On voit bien que le piratage n'est pas seul en cause.

La solution la plus pragmatique est sans doute dans le projet de loi gouvernementale bousculant la chronologie des médias. Le CNC propose en effet de raccourcir les délais entre la sortie des films en salles et leur exploitation en DVD/Blu-ray, en VoD et en diffusion TV. Les délais actuels (6 mois pour un DVD, un an pour une chaîne cryptée) ne satisfont plus les professionnels confrontés à une augmentation du nombre de film et une réduction du temps d'exploitaton.

Il ne faudrait plus que quatre mois entre la sortie en salles et l'exploitation en DVD ou en VoD.

Maintenant, un DVD, sans bonus réel, à 19 euros, reste un produit trop cher. Il faudra donc davantage que de simples ajustements juridiques ou d'améliorations techniques pour affronter cette mutation qui a transformé le marché musical, en attendant celui du livre et des médias.

Bilan 2008 : les exportations du cinéma français, record en trompe l’oeil

Posté par vincy, le 17 janvier 2009

vin diesel babylon a.d.Cela faisait quinze ans que le cinéma français n'avait pas été aussi populaire à l'étranger. Le chiffre définitif sera connu en mai, sachant que des entrées en Amérique du Sud et en Asie ne sont pas encore comptabilisées. Cependant, avec 78 millions de spectateurs hors de France, c'est presque autant que le nombre de spectateurs en France pour des films français (82 millions). C'est surtout une belle hausse de 16% comparée à l'an dernier, même si ce genre de chiffres n'a pas beaucoup de signification tant les films sortent en décalé. Par exemple, Entre les murs commence tout juste sa carrière aux USA et Mesrine ou Largo Winch ne sont pas encore sortis hors territoires européens francophones. A l'inverse, les "hits" à l'export sont sortis sur tous les territoires, et, donc, ont fait le plein.

On constate de toute façon une bonne santé du cinéma produit en France, pas forcément en langue ou de culture française. De 38 millions d'entrées en 2000, aujourd'hui le résultat est plus que doublé. Le record précédent était de 76 millions de spectateurs, en 2005, grâce au succès de La marche de l'Empereur, notamment en Amérique du Nord, avec une version complètement remaniée pour la sortie internationale. En 2005, surtout, les films français avaient séduit davantage à l'étranger que dans leur propre pays.

Cette année, l'industrie peut remercier les productions "hollywoodiennes" anglophones, produites par l'ex génération montante, autrefois associée, Besson et Kassovitz. En ce sens, ceux qui ont "digéré" les méthodes des studios américains, ont réussi leur pari, assouvi leurs ambitions, et trusté les meilleures places.

Kassovitz est médaille d'or et fera taire ceux qui ont méprisé Babylon A.D. Le film a attiré 10 millions d'entrées dans le monde. Cela ne suffit pas à le rendre rentable, mais cela conforte l'idée, qu'un blockbuster, même français, a un fort potentiel mondial.

Langman, médaillé d'argent, peut aussi ricaner face aux critiques sur son Astérix aux Jeux Olympiques. La franchise a fait largement mieux en dehors de nos frontières. Avec 9,1 millions d'entrées, principalement en Europe et au Québec, le héros gaulois reste une solide star dans les salles, même avec une production décevante. Faut-il une surenchère dans les budgets pour arriver à de telles fins?

Luc Besson suit avec deux de ses productions anglo-saxonnes. Taken, avec Liam Neeson, a conquis 8,8 millions d'otages et Le Transporteur 3 a véhiculé 7,3 millions de spectateurs vers les salles. Des quatre films les plus vus, ce dernier est celui qui peut encore grimper dans le box office, n'ayant pas encore achevé sa carrière internationale.

A l'inverse, des films comme Persépolis (1,3 millions) et Caramel (1,2 millions) ont prolongé leus beaux scores de 2007, confirmant l'intérêt pour des films d'auteur, généreux, cosmopolites. La graine et le mulet a ainsi charmé 720 000 spectateurs dans le monde et continue de remplir ses quelques salles à New York et Los Angeles. Entre les murs, pas encore complètement déployé, a été cherché 625 000 spectateurs. La plus belle surprise devrait être Il y a longtemps que je t'aime, bénéficiant de très jolies fréquentations au Royaume Uni et aux Etats-Unis, avec déjà 1 million d'amoureux dans le monde. Pas mal pour un premier film réalisé par un écrivain. On peut aussi trouver notable les 4,2 millions de curieux qui ont découvert en version originale sous titrée ou version locale folklorique Bienvenue chez les Ch'tis. Rien qu'en Allemagne, ils ont déjà été un million, et ce n'est finit. Pourtant, le nombre d'entrées en Allemagne, mais aussi en Russie, est en diminution.

Cependant, l'Europe reste le plus gros marché avec 60% des entrées. Mais, les Etats-Unis reste le pays le plus important, avec 17,8 millions d'entrées, principalement grâce à Besson et Kassovitz. Les films d'auteur qui ont le mieux fonctionné son Persépolis, il y a longtemps que je t'aime, et ces dernières semaines Conte de Noël (200 000 spectateurs au total dans le monde à date).

On peut aussi voir les choses différemment. Avec 353 productions hexagonales sorties à l'étranger, et seulement onze ayant dépassé le million d'entrées, la contraction de la fréquentation autour de quelques films semble la tendance lourde, uelque soit le marché, et les producteurs.

Un bilan contrasté pour les audiences TV du cinéma

Posté par vincy, le 14 janvier 2009

bidochons telespectateursEn 2008, douze films se classent parmi les cent meilleures audiences de la télévision. Onze films étaient diffusés sur TF1 et un sur France 2. On devrait se réjouir puisqu'en 2007, seuls neuf films, tous sur TF1, avaient réussi à se glisser dans le Top 100 de l'audimat annuel.

Cependant 2007 avait été la pire année pour le cinéma à la télé : il était donc difficile de faire pire. Et pourtant, 20 films avaient séduit plus de 8 millions de téléspectateurs cette année-là, contre douze seulement en 2008. L'arrivée de la TNT a réduit les audiences en général des grandes chaînes, qui s'accaparent les gros rendez-vous cathodiques. L'an dernier, La grande vadroulle était le neuvième et dernier film à se classer dans le Top 100 général avec 9,1 millions de téléspectateurs. Cette année, Le collectionneur, douzième et dernier film à se classer dans le Top 100, n'a réunit que 8,0 millions de télespectateurs. Globalement, un million de cinéphiles ont déserté les chaînes généralistes lors des soirées cinéma.

Cela se voit notamment avec le résultat des Bronzés. Leader de l'année, Les Bronzés 3 (11,2 millions de téléspecteurs), est la troisième meilleure audience de l'année, derrière deux matchs de football. Preuve de l'attracativité de la case cinéma. Mais cette case ets fragile : c'est la seule fois où un film a fait plus de 40% de part d'audience (47,4% exactement), alors que huit matchs de football ont réussit cet exploit. Les bronzés font du ski réalise la deuxième meilleure audience, avec 10,5 millions de fans. Franchise éternelle, mais en forte baisse. La précédente diffusion des Bronzés font du ski, en 2006, avait rassemblé 12,4 millions de fidèles, et une part d'audience de 43,2% (contre 37% en 2008). On voit bien la friabilité de cette audience...

Ce qui ne change pas, c'est le genre. En 2007, huit comédies et un dessin animé monopolisaient les douze audiences les plus fortes. En 2008, huit comédies et un dessin animé trustaient le Top 12 du cinéma. Les comédies françaises ont d'ailleurs le vent en poupe, toujours. Quand ce n'est pas Veber (2007), c'est le Splendid.

Cette année, Hollywood aura brillé grâce à La Légende de Zorro et Benjamin Gates et le trésor des templiers, diffusé opportunément lors de la sortie du deuxième épisode. Le Monde de Nemo est le seul dessin animé à avoir fédéré les publics. Chabat, Lemercier, Veber restent des valeurs sûres et font bien que leur résultats en salles. Camping a du ravir France 2, puisque la chaîne publique, avec ce film médiocre, réalise sa meilleure performance tous genres confondues, devant la pièce de héâtre "Fugueuses". Le collectionneur est le seul thriller à avoir fait vibrer les foyers. Après les bons scores de La recrue et de SWAT tireurs d'élite en 2007, on se dit que le public aime les séries B hollywoodiennes...

Reste que le cinéma reste une programmation primordiale pour les chaînes : Arte réalise souvent ses meilleures audiences avec des films de patrimoine ; les chaînes de la TNT ont des résultats largement satisfaisants grâce à des rediffusions ; M6 fait souvent mieux avec une comédie hollywoodienne qu'avec un programme comme La nouvelle star. Même en baisse, le 7e art tient une place àpart, résistant tant bien que mal aux séries TV (Les experts, Esprits criminels, DR Hous eet Julie Lescat pour 2008 et au foot (L'Euro en tête).

1. Les bronzés 3 (TF1) - 11,22 millions

2. Les bronzés font du ski (TF1) - 10,47 millions

3. Astérix et Obélix contre  César (TF1) - 10,13 millions

4. La légende de  Zorro (TF1) - 8,82 millions

5. Benjamin Gates et le Trésor... (TF1) - 8,70 millions

6. Prête moi ta main (TF1) - 8,53 millions

7. Palais Royal (TF1) - 8,41 millions

8. Le monde de Némo (TF1) - 8,36 millions

9. La doublure (TF1) - 8,30 millions

10. Camping (F2) - 8,24 millions

11. Ce que veulent les femmes (TF1) - 8,01 millions

12. Le collectionneur (TF1) - 8,00 millions

Box office 2008 (5) : un bilan en demi-teinte en France comme aux Etats-Unis

Posté par vincy, le 9 janvier 2009

Pour conclure notre bilan en chiffres de l'année 2008, concentrons-nous sur les deux marchés qui nous importent : la France et les Etats-Unis.

En France, on se félicitera des 188,8 millions d'entrées. Dopée par les Ch'tis, la fréquentation a augmenté de 6,7% par rapport à 2007, ce qui ne fait que rattraper le niveau de 2006. On reste loin du niveau de 2004 (196 millions d'entrées). La aute au seul piratage (450 000 téléchargements quotidiens estimés) ou à une offre décevante et mal régulée?

Car seuls trois films dépassent les 5 millions d'entrées (contre six l'an dernier) et une pléthore de productions, en passant le cap du million de spectateurs, ne rentrent pas forcément dans leurs frais. Retirons les Ch'tis, et l'on constate que l'année était en fait médiocre. Globalement, 2008 ressemble à 2007, avec moins de films phénomènes et plus de "succès" éphémères (18 français millionnaires contre 11 l'an dernier).

La part de marché des films français s'établit ainsi à 45%, son score le plus elevé depuis 1984 et un record en Europe. Mais là encore les Ch'tis déforment la réalité. Sans le film de Dany Boon, la part de marché n'aurait été que de 38%, un socre plus en phase avec les années précédentes.

Aux Etats-Unis, le box office est officiellement stable, grâce à la hausse des tarifs des billets de cinéma : 9, 59 milliards de dollars contre le record de 9,66 milliards en 2007. En fait, il y a bien une baisse de la fréquentation avec 1,35 milliards de spectateurs contre 1,4 milliards l'année précédente. On est ainsi très loin des 1,57 milliards de tickets vendus en 2002. Le marché s'est contracté autour de nombreux films. En 2008, 3 films ont passé le cap des 300 millions de $ et 6 celui des 200 millions de $, contre, respectivement, en 2007, 4 films et 11 films. Le succès de Batman, là aussi, déforme la réalité, en devenant le film le plus populaire de la décennie, devant Shrek 2.

Aux USA, les frères Coen et leur Burn After reading sont en tête du Box office des films indépendants (50e du classement). Aucun film français n'est dans le Top 150. En France, tous les films du Top 75 sont français ou américains. Entre les murs (21e) domine les petites productions dans le box office annuel.

Box office 2008 (4) : Mamma Mia!, comédie la plus populaire

Posté par vincy, le 7 janvier 2009

C'est la seule comédie à être dans le Top 10 mondial cette année : Mamma mia! , adaptation du spectacle musical de Broadway créé à partir des chansons d'Abba, a ramassé 573 millions de $ (dont 96 millions rien qu'au Royaume Uni, où il est leader tous genres confondus). Les ventes en DVD suivent le même chemin.

Son plus proche rival, et champion nord-américain du rire, c'est une adaptation de série TV : Sex & the City le film, avec ses 415 millions de $ a eu le panache nécessaire pour transformer l'essai et être très profitable pour les producteurs.

Nul doute que dans les deux cas cela donnera des idées aux studios qui veulent limiter de plus en plus les risques.

Dans le top 25 mondial, on note dans l'ordre Max la menace, Bienvenue chez les Ch'tis (plus de 3 millions de spectateurs hors de France), Ce qui se passe à VegasRien que pour vos cheveux et Tonnerre sous les Tropiques.  Pas vraiment à la fête cette année, le rire est surtout local : la plupart des comédies qui ont marché ont surtout fait rire dans leur propre pays. Sandler, Carrell ou Stiller font la moitié et même plus de leur box office aux USA.

Ce qui n'est pas le cas de Mamma Mia! . Comme La Momie 3, le film dépend essentiellement (75%) des marchés internationaux. En France, le film a séduit 1,5 millions de spectateurs, se situant ainsi dans le bas du top 25, loin derrière des comédies françaises mais aussi derrière Sex & the City le film et Vicky Cristina Barcelona.

Box office 2008 (3) : Batman domine l’année des super-héros

Posté par vincy, le 5 janvier 2009

Partout dans le monde, les spectateurs ont préféré les super-héros aux comédies, films fantastiques, thrillers ou même dessins animés. Personnages fédérateurs, récupérés par des cinéastes inventifs ou des scénaristes imaginatifs, ils ont triomphé au box office international, nord-américain ou et dans une certaine mesure français. Ainsi aux USA, les quatre premières places sont possédées par Batman, Iron Man, Indiana Jones et Hancock. James Bond est 9e, Hulk 14e, Wanted 15e.

A l'international, Batman et Indiana Jones triomphent sans concurrence réelle. Hancock (4e), Iron Man (5e), James Bond (7e) permettent aux héros de s'arroger la moitié des dix films les plus vus de l'année sur la planète. The Mummy (12e), Wanted (13e) et Hulk (16e) complètetent le Top 20. Soit plus de 4,5 milliards de $ de recettes pour tous ces films!

En Allemagne, James Bond (2e) et Hancock (4e) sont devant Batman et Indiana Jones (6e et 7e). Au Royaume-Uni, James Bond (2e) double Batman (3e), Indiana Jones (4e), et deux Will Smith, Je suis une légende (6e) et Hancock (7e).

En France, la production locale Astérix aux Jeux Olympiques l'emporte mais Indiana Jones (4e), James Bond (5e), Hancock (9e) et Batman (10e) montrent la vigueur du genre. Batman a même signé son plus gros succès historique pour la franchise.

Box office 2008 (2) : 51 films au dessus des 100 millions de $ dans le monde

Posté par vincy, le 4 janvier 2009

Au 30 décembre 2008, 51 films avaient cumulé plus de 100 millions de $ de recettes dans le monde, dont quatre films étrangers. Cette preuve de la suprématie américaine dans la diffusion audiovisuelle mériterait davantage que des discours politiques stériles ou des mesurettes fiscales intraeuropéennes. Hollywood se flatte d'avoir récolté 9,9 milliards de $ en salles, simplement sur les marchés internationaux (c'est à dire hors Amérique du nord) : un record. De fait, une très large majorité de films rapportent plus de 60% de leurs recettes à l'exportation.

8 films ont récolté plus de 500 millions de $ dans les salles mondiales : Batman The Dark Knight (997 millions de $), Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal, Kung-Fu Panda, Hancock, Iron Man, Mamma Mia!, Quantum of Solace et Wall-E. En attendant certainement l'arrivée de Madagascar 2 dans ce club élitiste. Indiana Jones reste le film le plus exporté, devant Batman.

Parmi les statistiques idiotes, on note onze suites, deux remakes, six dessins animés, et seulement dix sept film ayant rapporté davantage en Amérique du Nord qu'à l'étranger.

Parmi les quatre films "barbares" qui osent truster les meilleures places du box office, il y a évidemment Bienvenue chez les Ch'tis. Avec 228 millions de $ à date (le film a aussi cartonné en Belgique, en Allemagne et en Italie), le film est 20e, entre Max la Menace et Jumper. Ensuite, il y a le japonais Ponyo sur la falaise, pas encore sorti en salles en dehors du Japon et de l'Asie, 28e avec ses 169 millions de $. Astérix aux jeux Olympiques a quand même encaissé 131 millions de $ (40e). Dernier film étranger, le chinois John Woo et son épopée historique Red Cliff, pas encore sortie en dehors de l'Asie, ayant déjà empoché 118 millions de $ (43e).

D'ici la fin du mois de janvier, une dizaine de films, dont Twilight, sorti durant le fêtes devrait rejoindre cette liste, qui ne comprend pas les films bollywoodiens.

Box office 2008 (1) : Cartoons, DreamWorks conforte sa place de leader…

Posté par vincy, le 3 janvier 2009

Aux USA, Wall-E emporte clairement la première place des dessins animés les plus vus (et les plus appréciés) de l'année. Pourtant, et le symbole n'est pas mineur, Disney n'est plus le leader mondial du genre cette année. DreamWorks lui a volé la place depuis quelques années.

Au niveau mondial, Kung-Fu Panda est le troisième film le plus vu de l'année (632 millions de $ de recettes), derrière Batman et Indiana Jones. Wall-E est deuxième (507 millions de $) et Madagascar 2, autre cartoon DreamWorks, troisième (460 millions de $). Mais la carrière de celui-c est loin d'être finie et le film devrait battre le robot de Pixar au finish. En France, Madagascar 2 a même réussi l'exploit d'être le film américain le plus populaire de l'année, devant Indiana Jones et James Bond, et le dessin animé le plus vu, devant Kung-Fu Panda et Wall-E. Clairement DreamWorks est devenu roi dans le genre, onze ans après leur premier long métrage (en 2D).

L'année 2008 aura été particulièrement profitable pour le secteur : on dénombre plusieurs blockbusters internationaux. Horton (297 millions de $, Fox), Ponyo sur la falaise (168 millions de $ seulement en Asie), Bolt (140 millions de $ sur quelques territoires, Disney) ou Les Chimpanzés de l'Espace (64 millions de $, Fox). En France, en revanche, aucune production locale n'a attiré plus de 500 000 spectateurs, laissant l'animation aux mains des distributeurs hollywoodiens.

Disney n'est plus roi en son royaume depuis 2004

De plus en plus, le marché international se concentre autour des productions de DreamWorks, Disney et la Fox. Miyazaki (distribué par Disney de toute façon) reste l'exception qui confirme la règle...Si au début des années 2000, Warner, Paramount et Sony essayèrent de s'imposer dans le genre, ils ne réussirent jamais à déloger le triumvirat, ni à atteindre leurs chiffres au box office international. Jusqu'en 2003, Disney règnait sans partage, ou presque. Shrek menaçait déjà en 2001 le dessin animé maison, Monstres et cie. En 2002, L'âge de glace (Fox) triomphait de tous mais Disney, avec trois films danimation restait le maître en son royaume. En 2003, Disney continuait son emprise sur les publics du monde entier avec Nemo et deux autres cartoons. Mais depuis 2004, Disney a un genou à terre. L'ogre Shrek a tout dévoré. Ainsi, en 2004, 2005 et 2007, et donc en 2008, Dreamworks devient le n°1 du film d'animation. En 2006, la suite de L'Age de glace, dessin animé le plus vu cette année là, permet à la Fox de devenir le champion de l'animation. Depuis Nemo, e fait, Disney n'a jamais trouvé la parade pour reconquérir sa pôle position dans le secter. Toujours 2e, côté films comme côté distributeurs.

2008 : le top 5 de Vincy

Posté par vincy, le 30 décembre 2008

Ecran Noir revient, auteur par auteur, à ses coups de coeur de l’année passée… (le classement est ici par ordre chronologique des sorties)

vincy thomas by françois lebel2008 aura marqué les cinéphiles par une certaine vitalité, mélangeant de plus en plus les codes et les genres, se régénérant dans un désir de cinéma plus audacieux. Le 7e art est toujours porté par ce subtil équilibre où, dans un bilan, la force intense du cinéma israëlien coexiste avec la suprématie au box office d'un groupe comme Pathé.

Ecran Noir a donc défendu L'échange comme Louise Michel, descendu Disco comme Sex & the City le film. Les top 5 de nos auteurs se suivent, se ressemblent parfois. J'aurais aussi placé Into the Wild, Le bon la brute et le cinglé, Il Divo, Batman the Dark Knight, Un conte de Noël et Vicky Cristina Barcelona tant ces films m'ont procuré un immense plaisir de spectateur. A ce titre, le plus désopilant sera venu de Norvège avec La nouvelle vie de Monsieur Horten. Mais j'ai préféré opter pour cinq films significatifs, c'est-à-dire qui donnent un sens au cinéma, une voie pour sa propre vie, quand on est simple spectateur...

1. There Will be Blood. Une fresque où la foi et le fric coulent dans les veines d'une oeuvre fiévreuse et tragique. Sa folie puise ainsi dans les deux mamelles d'une Amérique viscéralement violente mais aussi capable de se réinventer, jusque dans son cinéma dit "académique". Paul Thomas Anderson signe là un film magistral, décryptant les maux d'un monde obsessionnel.

1. Wall-E. Dans cette fable écologique, anti-consumériste et romantique, Pixar raconte, en se moquant de notre civilisation, une histoire d'amour universelle qui touche les plus insensibles. Surtout, la grâce de la mise en scène et l'enchantement du scénario déclenchent un attachement imprévisible pour une fiction complètement irréaliste. Nous n'avions pas ressenti cette émotion enfantine et naïve depuis E.T.

3. Be Happy. Dans ce monde chaotique, en pleine crise économique, en pleine déperdition humaine, cette comédie dramatique de Mike Leigh a réchauffé les coeurs et agrandit les sourires. Avec un personnage qui pratique la "positive attitude" sans se forcer, juste parce que "la vie est belle", on renoue aussi avec cette envie de croire en un monde plus solidaire, et pas forcément dévoré par les crédits et la cupidité.

4. Entre les murs. Si le film fait débat, tant mieux. Si le professeur/auteur/acteur agace, ça fait partie du je(u). Ca veut dire que le cadavre bouge encore. Dans notre société amorphe, où les idées sont massacrées par la télé, les réformes manipulées par les paroles, il est sain de voir qu'un film peut encore secouer les préjugés. Celui-ci est alerte, vif, intelligent, ancré dans son temps, loin d'être manichéen, et même divertissant. Jusque là tout va bien, mais on sait que la haine n'est pas loin.

5. The Visitor. A l'image de son personnage central, il est arrivé discrètement et frappe les esprits aussi fortement qu'on joue du djembé. Ce conte de l'amitié ordinaire est la parabole parfaite de ce qui est arrivé cette année : une Amérique intellectuelle, WASP, endormie, aveugle même, s'est réveillée, a tissé des liens avec les jeunes et les autres ethnies, et s'est révoltée en votant Obama. Ici, pas de miracle, et c'est ce qui est bien, mais un sursaut civique qui rend ce film généreux. los abrazos rotos penelope cruz pedro almodovar

Bonus : vu en 2007, véritable coup de coeur, sorti en 2008. Juno. La chronique douce amère et drôle sur cette jeune fille mère a ensoleillé l'hiver dernier. Une écriture subtile qui fait l'éloge de la curiosité, de la responsabilité et d'une certaine crudité ont fait de ce "combat" contre les idées préconçues, déjouant la normalité attendue, et ainsi la moralité si conventionnelle.

Le film le plus attendu de 2009 : Los abrazos rotos (Les étreintes brisées), soit le nouveau film de Pedro Almodovar. Une oeuvre dédiée au cinéma, à la mort, à la renaissance, où la confession se confond avec l'intimité. Avec Pénélope Cruz, en blonde.