Festival du film fantastique de Bruxelles 2009 : palmarès

Posté par denis, le 22 avril 2009

Le Festival du film fantastique de Bruxelles a rendu son verdict. Le jury - Patrick Tatopoulos, Katsuhito Ishii, Lucky McKee et Pieter Van Hees  - a attribué Le corbeau d'or à Morse (Let The Right One In) de Tomas Alfredson. Le film scandinave a déjà tout raflé : prix du jury (Austin Fantastic fest, Fantasia Montréal), meilleur film étranger (Critiques de Boston, Festival du film de Calgary, Critiques de Chicago, Critiques de Floride, Critiques de Toronto) .. et même le Grand prix et le prix de la critique à Gérardmer, le Grand Prix à Neuchâtel et à Sitgès... Aucun festival spécialisé n'a résisté.

Un prix spécial du jury a été remis à Sauna de Antti-Jussi Annila. Un Corbeau d'argent pour le meilleur réalisateur a été décerné à Dennis Iliadis (The Last House on the Left, qui vient de sortir en France). Mention spéciale pour Jean Mach et Nicolas Alberny, grâce à leur audace visuelle et aux idées véhiculées dans 8th Wonderland.

Un jury thriller - Nadine Monfils, Angel Sala, Tumoas Riskala et Lars Diurlin - a récompensé The Chaser (Meilleur thriller) et Brian Cox (Mention spéciale pour son rôle dans Red). 

Un jury européen - Martien Uyttendaele, Véronique Pacco, Hicame Alaouis, Philippe Beck, Jean Boreux, Yann Guyonic, Dominique Standaert et Vincent Tavier - a donné un autre prix, le Méliès d'argent, à Sauna.

Enfin, le prix du public du 27e BIFFF a été gagné par Sexy Killer, de Miguel Marti.

Un palmarès assez prévisible mais, pour de nombreuses oeuvres, mérité.

BIFFF 2009, du sang pour bébé et des femmes pour Coffin Joe

Posté par denis, le 16 avril 2009

zedocaixo.jpgAprès un week-end plein de cauchemars, de course poursuite, de stoïcisme et d’échardes pour les non invités du Festival du film fantastique de Bruxelles, ce début de semaine nous a convié à quelques beaux morceaux de bidoches prénatales et post-natales, pour terminer dans la progéniture d’un vieux maître du grand guignol.
Un des grands problèmes du cinéma de genre, tout comme le cinéma en général d’ailleurs, est de parvenir à faire du neuf avec du vieux sans que cela sente trop le réchauffé. Et même si le talent est là, que la photographie est travaillée et que la caméra se met au service de l’histoire, la sensation d’avoir déjà vu ce film prédomine sans qu’il soit possible de s’en détacher. Ainsi de No-Do, très beau film espagnol autour d’une maison hantée, d’une femme hystérique et d’un complot catholique, surfant sur une esthétique proche de celle de L’orphelinat et des films de Guillermo del Toro. Mélange habile d’épouvante old school et d’effets numériques dernier cri, No-do ne parvient pas toutefois à se détacher de ses modèles malgré un gros travail sur l’image, mention toute particulière aux « images d’archive » saisissantes et nauséeuses. Le spectateur est pris à sursauter, mais l’histoire a déjà été rabattue maintes fois. Bref, encore un film qui aurait du voir le jour il y a dix ans. Même problème d’originalité mais pour des raisons différentes avec Visions de Luici Cecinelli.

Visions sans grâce et Grace bien vu 

Commençant comme un film d’action pour verser dans le thriller psychologique, Visions souffre d’un mélange trop voyant de Seven pour l’aspect profiler et de Saw pour l’idée des tortures. Le problème est encore plus accentué quand il pompe sans vergogne le twist de L’étrangleur de Boston, tandis que l’on peut découvrir l’identité du tueur au bout de 20 minutes.
On passera rapidement sur The stranger, film où il ne se passe rien, sur Outlander, gentil divertissement d’héroic-fantasy, et sur Red, adaptation éponyme du roman de Jack Ketchum calibré malheureusement pour la télévision, pour s’attarder sur ce qui reste les pelloches les plus intéressantes du festival jusqu’à aujourd’hui. Premier film avec un très petit budget filmé en bêta, Grace, réalisé par Paul Solet, brille par son histoire à fleur de peau d’une mère se cloîtrant dans sa maison afin de nourrir son enfant a priori mort-né. Minimaliste dans son traitement, le réalisateur se focalise sur son héroïne et raréfie les scènes sanglantes pour d’autant plus d’efficacité, Grace instaure un malaise palpable comparable à celui éprouvé à la vision de Dans ma peau. Par son ambiance post-traumatique, sa thématique organique et sa radicalité, on ne révélera pas la manière qu’à la mère de nourrir son enfant, ce long métrage tient le haut du pavé et prouve encore une fois qu’une bonne histoire et un savoir-faire sont les deux ingrédients pour un film réussi.

La dernière perle en date jusqu’aux prochaines projections est à chercher du coté du Brésil avec le retour à peine croyable de José Mojica Marins et son personnage de Coffin Joe, tueur-sorcier illuminé torturant et baisant à tout va. Quarante après Cette nuit ton âme m’appartiendra, le brésilien remet le couvert pour son plus grand plaisir avec Embodiment of evil, endossant sans complexe et sans se préoccuper de son grand âge le même déguisement pour terroriser la population. A mi-chemin entre Jodorowsky pour le mysticisme, Clive Barker pour le sadisme et Jess Franco pour les magnifiques créatures dénudées et torturées, JMM donne dans le surréalisme sauvage avec une joie communicative. Ce nouvel opus devrait sans nul doute rejoindre le statut culte de ses précédentes œuvres. En attendant son prochain retour dans quarante ans !

Vont arriver ces jours prochains le nouveau Star Trek, grand ratage, Flawless avec le grand Michael Caine, et le remake de La dernière maison sur la gauche. A suivre…

BIFFF 2009, au début tout va bien…

Posté par denis, le 14 avril 2009

humains.jpgChaud chaud les premiers jours du festival, ce week end ayant réservé son lot d’hémoglobine et de meurtriers en tout genre. Après des « Chroniques mutantes » bien bourrines et un slasher naturaliste déviant en la personne de Dying breed, la première grosse poilade, involontaire, fut découverte avec Humains. Survival français réalisé à quatre mains, ce long métrage accumule les tares et les erreurs sans jamais prendre conscience du naufrage total dans lequel il s’enlise. Porté par un Philippe Nahon qui malheureusement disparaît au bout de 20 minutes, il reste alors Dominique Pinon mais aussi Lorent Deutsch et Sara Forestier (sic), le spectateur a le droit à une ballade dans la foret suisse pour découvrir des traces d’ossements pouvant bouleverser toute l’histoire de l’humanité. Et c’est parti pour des dialogues aussi vides qu’ineptes, des péripéties pas crédibles une seule seconde, des monstres qui sortent tout droit de La guerre du feu, le tout magnifié par une mise en scène d’une ignorance abyssale. C’est bien simple, les plans de coupe sont parmi les pires jamais vu dans un film doté d’un budget conséquent, et la photo gagne à être dans un dépliant touristique. Et dire que ce film a le droit à une sortie en salles…

La suite de la programmation fut bien plus réjouissante avec le polar coréen The chaser, petite perle noire ébène malgré sa longueur, et Cold prey 2, slasher norvégien dont Ecran noir a déjà parlé lors du Festival du cinéma nordique à Rouen Puis vint la fameuse nuit horrifique où chaque fantasticophiles a pu s’en prendre plein les mirettes. Au choix My bloody valentine, remake très généreux en meurtres à la pioche, applaudi par le public même si au bout d’une heure et demi il aurait été de bon ton de venir à bout de cette histoire de minier fou. Sortant d’ici peu de temps sur nos écrans français, Meurtres à la St Valentin (traduction française) arrivera peut être à se faire une petite place au box office, ce remake étant calibré autant pour les jeunes que pour les nostalgique de l’original.

Un film de zombies nazis dans les montagnes norvégiennes, digne d’être diffusé un dimanche soir sur TF1

Arrive ensuite Splinter, variation sur la contamination à travers des échardes poussant à l’intérieur des corps. Petite production développant son histoire dans un seul décor, ce film offre quelques séquences peu ragoûtantes mais tourne rapidement à vide, la faute à un script pas assez développé et à une caméra qui, pour palier au manque de moyens, rend les séquences d’horreur quasi illisibles. Un p’tit direct-to-dvd à mater donc un samedi soir entre potes (d’ailleurs ça tombait bien on était samedi soir !).

Enfin la crème de la soirée, le film tant attendu, la pelloche de la mort qui tue avec un coup de tatane dans les parties, le merveilleux, l’incroyable, l’unique, oui ! vous aurez bien évidemment deviné, c’est Deadsnow, un film de zombies nazis dans les montagnes norvégiennes, digne d’être diffusé un dimanche soir sur TF1 tellement les zygomatiques et les intestins sont mis à contribution. En vrac : des courses de luge aux effets pyrotechniques hallucinants, des dialogues olympiens, du sexe scato, du démembrement propre et sanguinolent, du snowsurf, des sensations pures avec les produits laitiers, et encore d’autres trucs qui font de Deadsnow une bête de festival en fin de nuit mais qui, il est vrai, n’aura sûrement pas le droit à sa case horaire sur TF1. Pourtant tout le monde sait que ses dirigeants sont de grands défenseurs du bon goût…

Contrebalançant avec ses œuvres précédentes, la projection dimanche du dernier opus de Shinya « Tetsuo » Tsukamoto, Nightmare detective 2, confirma le goût du monsieur pour l’étrange et sa capacité à rendre un film éthéré voire lunaire. Confiné entre les rêves et la réalité, le réalisateur propose une réflexion passionnante sur la mort, la maternité et la conscience d’exister, grâce à une mise en scène confondant le spectateur dans ce qu’elle donne à voir et un acteur à mi chemin entre le zombie et le noctambule. Une bien belle curiosité atmosphérique avec un réel talent de mise en scène.

Dans les prochains jours sont à attendre un Rape and revenge, le dernier film de José Mojica Marins et d’autres surprises dont Ecran noir vous tiendra bien évidemment au courant.

Bruxelles c’est fantastique pour la 27ème fois…

Posté par denis, le 10 avril 2009

bifff_affiche.jpgEt c’est reparti pour un tour dans le pays de la frite et de l’humour décalé ! Du 9 au 21 avril, Bruxelles accueille une fois encore son fameux Festival International du Film Fantastique (BIFFF), avec tout plein de réjouissances, des trucs un peu bizarres, des machins biscornus, des geeks de tout poil et des films venant du monde entier. Le Festival s'est ouvert hier, à la cannoise, avec un film d'animation, Coraline.

Un aperçu ? La suite de Nightmare détective par le japonais fou Shinya Tsukamoto, les remakes de La dernière maison sur la gauche et de Meurtres à la Saint Valentin, les slashers venus du froid, Cold prey 2 et Dead in three days 2, une maternité éprouvante dans Grace, un road trip mystérieux dans Humains, une adaptation d’un roman de Jack Ketchum, Red, le nouveau maître du polar horrifique, l’avant-première très attendue Star Trek, le magnifique Morse, et encore plein d’autres pelloches aux séances de minuit tellement peu fréquentables que la salle va être pleine.

Car oui, seul léger bémol à cette 27ème édition, cette année il n’y aura qu’une salle de projection, ce qui pour un esprit de festival est assez dommageable. Mais cela n’empêchera en rien l’ambiance surchauffée et le bon esprit hantant Tour et Taxis. Car comme le rock’n roll, horror movies are not dead !

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Toutes les informations sur le site du festival

BIFFF 2008 this is the end…

Posté par denis, le 10 avril 2008

La fin du BIFFF approchait tandis que les fans patientaient. En effet, en cette veille de clôture le dernier film de Stuart Gordon, Stuck, était projeté en avant première. Connu pour ses délires sexe et gore du début de sa carrière, il a depuis quelques années modifié et affiné son style pour construire des films à portée sociale. Non qu’il se soit transformé en Ken Loach ou Mike Leigh, Gordon a opté pour un style visuel appauvri volontairement enfin de coller au plus près aux déliquescents modes de vie de ses concitoyens américains. Excepté Dagon, adaptation magnifique d’un récit de Lovecraft, Edmond, King of the ants et aujourd’hui Stuck sont des films utilisant les gimmicks des films d’horreur pour mettre en image l’horrible quotidien de l’individu lambda.

Ainsi Stuck est tiré d’un fait divers. Selon l’intéressé "c’est une  histoire vraie qui s’est passée il y a 7 ans , une infirmière  travaillant dans une  nursery a renversé un sans-abri,puis est rentré chez elle avec le blessé accroché à la voiture, puis a fait  l’amour avec son compagnon sans s’inquiéter de l’homme blessé. Contrairement au film, cet homme n’a pas survécu, alors que si l’infirmière l’avait amené à l’hôpital il s’en serait" sorti. A la lecture de ce fait divers Gordon fut atterré par un tel comportement. Je ne comprenais pas comment une femme qui d’habitue s’occupe des gens à pu faire une chose pareille. Rapidement il décida d’en tirer un film, modifiant seulement quelques éléments en imaginant comment cet homme aurait essayé de s’en sortir. Selon lui on doit se prendre en charge dans toutes les situations, surtout dans cette société où plus personne n’aide autrui, nous vivons dans une époque très égoïste donc nous devons survivre par tous les moyens.

A l’arrivée Stuck, malgré un début un peu lent, se met rapidement en place, ou plutôt dans le surplace, et écorche à vif l’égoïsme forcené d’une société qui n’a que faire de savoir si des cadavres s’amoncellent dans le garage du voisin. Comme le dit un des personnages, « ce ne sont pas nos affaires », même quand la vie d’un homme est en jeu. Se laissant aller à deux trois plans assez gores, le pauvre homme dans le pars brise est dans un très mauvais état et jamais Gordon ne fera un film dénué d’hémoglobine, Stuck insiste sur l’aberration de la situation jusqu’à la rendre drôle. 13 Beloved jouait aussi sur ce registre. A croire que plus l’on se penche sur les dérives du monde et plus le rire devient l’ultime bouée de sauvetage de l’individu. Ces aberrations font penser aux dramaturges scandinaves pour leur capacité à fouiller les tréfonds obscurs de l’âme humaine avec en filigrane un humour à froid. Rire du pathétique, sourire pour dédramatiser. Car en général cela se termine souvent mal. Et si Stuck rend justice à l’injustice, il n’en laisse pas moins une impression amère dans la bouche. Après le rebelle Carpenter, Joe Dante la tête brûlée et Romero l’éternel psychologue du vivant zombifié, il faudra dorénavant compter sur Gordon en tant que sociologue du pathétique horrifique.

Enfin, film de clôture censé peindre un imaginaire entre Jodorowsky et Bunuel, The Fall de Tarsem Singh échoue à emporter le spectateur loin des rivages narratifs et des histoires rationnelles malgré son postulat de départ. Dans un hôpital à Los Angeles vers 1940, une petite fille se voit racontée par un cascadeur cloué au lit une histoire de pirates et d’amour. Le film alternera entre ces deux mondes. Fort de son premier film, The Cell plongeait Jennifer Lopez dans l’esprit d’un serial killer, occasion pour le réalisateur de construire nombres de séquences dantesques dans un monde mental cauchemardesque et esthétiquement bluffant, Tarsem récidive dans un registre plus enfantin et s’abandonne dans une image léchée se voulant de véritables odes à l’imaginaire. Bien mal lui en prend, son film ne dépasse jamais le statut de pelloche boursouflée, où, se prenant pour le nouveau maître du conte-mystico-païen, tout est fait pour en mettre plein la vue à coup de paysages sortis de l’Eden et de costumes stylisés à outrance. Certes c’est très beau, mais l’histoire reste très plan-plan, tant dans l’hôpital que dans cette plate histoire d’amour (le monde imaginaire ici n’est pas très imaginatif), et surtout on ressent cette envie de la part du metteur en scène de plagier les grands maîtres psychédéliques sans avoir le discours approprié. Faire un beau film c’est bien, mais faut-il avoir encore quelques chose à dire sans que ce dit film paraisse pour un trip arty prétentieux. A aucun instant une quelconque émotion émerge de ce charabia faussement jodorowskien, et le film continue de dérouler sa logorrhée visuelle en arc-en ciel sans tenir compte de ce manque à ressentir. The Fall, oui, mais pas dans le sens où l’entendait le réalisateur.

Game in Thailand & Cottage in U.K.

Posté par denis, le 8 avril 2008

Le déferlement des productions fantastiques asiatiques au BIFFF est tel qu’il est maintenant habituel de redouter le pire, entre l’énième film de fantômes, de malédictions, ou d’horror-action mou du genou. D’autant plus que la Thaïlande n’est pas réputé pour son panel cinématographique exportable (si ce n’est un Ong Bak renvoyant Van Damme jouer avec ses petits soldats ou un Tropical malady enchanteur pas sa poésie naturaliste). Et à la vision de 13 Beloved, on ne peut que faire la révérence devant ce thriller psychologique et manipulateur, empruntant tout autant à The Game et à Saw et ne lâchant pas son spectateur jusqu’à la dernière seconde pour une conclusion malheureusement bien contemporaine. Un pauvre quidam a qui rien ne réussit se voit proposer un jeu en 13 épreuves qui, s’il parvient à les franchir, le rendront riche. A lui de savoir s’il acceptera de jouer jusqu’au bout. Si ce pitch n’a rien de très original, le traitement thématique quant à lui se démarque par un comique de situation parfois irrésistible entrecoupé de réflexions sur la place de l’homme dans cette société capitaliste. Est-ce que tout est consommable, que vaut l’homme dans une époque où le divertissement peut devenir meurtrier pour le simple plaisir du jeu (cette thématique fut abordé brillamment dans Le prix du danger et son remake Running man) sont des questions revenant sans cesse au fil des épreuves subies par le héros. Seront aussi égrenés des thèmes comme l’abandon des personnes âgées, la violence urbaine, le voyeurisme. Bref, c’est un portrait bien noir du monde que brosse le jeune réalisateur, mis en image avec intelligence, humour et énergie, et dont le savant mélange rend d’autant plus percutant le propos ( les scènes gores désamorcent d’ailleurs à chaque fois la noirceur du propos). Et le final, sans être un banal twist, débouche sur une morale imparable. 13 Beloved aurait donc beaucoup de chose à apprendre à de nombreuses productions occidentales ultra-balisées et codifiées. Que dire de plus, si ce n’est de lui souhaiter un distributeur français avant que les américains s’en emparent pour encore une fois en faire un remake.

Autre style plus léger mais versant avec allégresse dans les tripailles, The cottage est un film anglais appartenant au genre de la comédie horrifique qui, depuis le succès de Shaun of the dead, est de nouveau bien accueilli par les producteurs et le public. Et comme son aîné ou Severance, The cottage ne se veut rien d’autre qu’un hommage au genre, instillant ici où la des dialogues ciselées et des situations rocambolesques pour justement sortir du genre. Ainsi Shaun of the dead est initialement un film de zombies, Severance un survival, et The cottage un film de gangster. Sauf lorsqu’un fermier psychopathe se met en colère et décime tous ces intrus qui n’ont rien à faire en pleine campagne. Equilibrant parfaitement les ambiances, Paul Andrew Williams réussit un patchwork tout ce qu’il y a de plus réjouissant grâce au traitement de ses personnages et aux liens les unissant. L’humour reposera pour beaucoup sur la relation fraternelle, et les acteurs sont tous suffisamment pittoresques pour que leurs personnages ne soient jamais pris au sérieux. Et c’est après avoir décrédibilisé la pseudo tension du début du métrage que le réalisateur fait verser The cottage dans le gore horrifique avec ce mutant attardé découpant tout ce qui lui tombe sous la main. Le film ne fait pas peur, ce n’est pas le but, mais amuse énormément grâce à cet esprit B loufoque qui ne se prend pas au sérieux. Rire de bon cœur ... 

BIFFF 2008 the french touch is not dead

Posté par denis, le 7 avril 2008

Moment fort et attendu du BIFFF en cette belle journée pluvieuse et grise que fut ce samedi, Frontière(s) enthousiasma un public friand de pellicules extrêmes. Et c’est peu dire qu’avec Frontière(s) ils furent servis jusqu’à la dernière seconde. Porté par une mise en scène parfois tape-à-l’œil et actuelle (accéléré de l’image, saturation des couleurs), l’histoire jusqu’au-boutiste de cette famille consanguine de dégénérés nazis remue les tripes et ne fait pas de quartiers. C’est bien simple, depuis Massacre à la tronçonneuse, on n’avait pas vu un tel étalage de boucherie humaine et de complaisance dans la violence. Et cette complaisance serait gênante si elle ne servait le propos du film qui ne se veut que le portait de la dégénérescence humaine. Si le film de Xavier Gens n’est pas exempt de défauts, tics de mise en scène et découpage un peu brouillon des scènes d’action, il restera toutefois dans les annales du cinéma d’horreur pour sa scène du repas particulièrement malsaine et sa crudité bestiale.

La famille de Leatherface a enfin une petite sœur, et elle est française !

BIFFF 2008 expressionism kitsch and Roma

Posté par denis, le 6 avril 2008

Le suranné a toujours un goût de douce mélancolie qui ne demande qu’à réinvestir l’affect des spectateurs du BIFFF. Loin des grosses productions actuelles, avec SFX digitaux monstrueux et bande-son tonitruante, quelques films résistent à l’appel du toujours plus avec les nouvelles techniques, et préfèrent se tourner vers leurs aînés pour construire bout à bout des pelloches fleurant bon les eighties voire les sixties.

The Aerial

Commençons par The Aerial, film espagnol réalisé par Esteban Sapir, pamphlet sévère sur la colonisation des esprits dont l’esthétique rappelle autant les films de Murnau que ceux de Guy Maddin. Construit en ombres chinoises, en superposition de plans, en images irisées et sur des surimpressions de dialogues, The Aerial est un exercice de style surprenant, ne tombant jamais dans la démonstration de savoir-faire de son réalisateur mais appliquant par amour du cinéma les multiples techniques du langage cinématographique. On peut même oser faire le grand écart entre l’utilisation de ces dialogues incrustés dans l’image rappelant le Domino de Tony Scott et le maelstrom de plans se chevauchant digne de L’homme à la caméra de Dziga Vertov. D’ailleurs tout le spectre du cinéma expressionniste se retrouve dans le film, de l’utilisation des ombres et des lumières aux axes de caméra tarabiscotés, sans oublier les décors parfois en trompe-l’oeil et sentant bon le carton pâte sortis tout droit du Cabinet du Dr Caligari. Et tout cela ne serait qu’une suite de référence si The Aerial n’était pas aussi contemporain dans son propos et si humain dans le traitement de ses personnages. Une famille résiste à l’hégémonie du directeur d’une chaîne de télévision qui a asservit toute la population. Après avoir mangé leurs paroles, les habitants ne parlent plus, ce dictateur veut aussi s’approprier leurs mots et leurs pensées. « Il nous a pris la parole, mais ils nous restent encore les mots » dit le grand-père, décidé à ne pas se laisser abattre. A l’heure actuelle où Rupert Murdoch, Bouygues et autres oligarques des médias s’arrangent pour asseoir leurs pouvoirs, The Aerial est une excellente piqûre de rappel. Et puis souvenez vous, la fameuse Métropolis de Fritz Lang date de 1927. Pourtant son approche des classes sociales et sa démonstration de la manipulation des masses sont toujours aussi pertinentes au XXIème siècle. Métropolis, The Aerial, même combat et même croyance en l’image pour réveiller l’imaginaire. L’imaginaire, seul territoire encore inexploré par tous ces assoiffés du pouvoir.

Flick

Changement d’épaule avec Flick, film semblant sortir tout droit d’une petite production des années 80, avec zombie belliqueux et bande-son rock’n roll. Pour son premier film, le réalisateur a joué la carte de l’esthétique kitsch et pulp, avec moult éclairages flashys bleus verts rouges grimant son film comme une B.D. live. D’ailleurs l’insert de cases de B.D. pour les scènes d’action appuie son parti pris de réaliser un petit film héritier du cinoche d’exploitation monté avec trois francs six sous, et rappelant lors de quelques séquences un certain Evil Dead tant pour son personnage principal grimé en Ash que pour le rouge gore éclaboussant les murs. Pâtissant d’une histoire assez simpliste, le gentil Flick revient d’entre les morts habillé de son éternel costard à la Elvis pour se venger de ceux qui l’ont ridiculisé lors du bal quand il avait 20 ans, Flick se voit donc avec plaisir principalement pour les souvenirs qu’il réanime quand on découvrait en cachette ces petites VHS d’horreur sans grande envergure mais fabriquées dans le respect du genre. Et puis il ne faut pas oublier le caméo de Faye Dunaway en flic manchot combattant cet Elvis mort-vivant. Du cinoche d’antan quoi !

La trilogie d'Argento

Et nous arrivons maintenant à ce qui aurait du être la continuité par excellence d’un cinéma révolu, un cinéma bercé par Mario Bava et par l’esthétique baroque, transporté par une folie meurtrière et social, diabolique et surréaliste, ce cinéma d’antan que seuls les noms de Carpenter ou Argento peuvent ressusciter. Voilà maintenant plus de 25 ans que les fans d’Argento attendaient une suite à Inferno et Suspiria, plus d’un quart de siècle que l’on désirait voir le dernier épisode de sa fameuse trilogie sur les Trois Mères. Mais de la même manière qu’un grand cru devient du vin de sauce si l’on attend trop longtemps, Argento a laissé les années prendre le pas sur son imaginaire débridé, et ne livre aujourd’hui qu’une bien triste conclusion à ses deux précédents chefs d’œuvre.

Par où commencer tant la déception est grande. Abandonnant totalement ce qui faisait sa marque de fabrique, à savoir des éclairages oniriques jusque là inégalés et une utilisation quasi subliminale de la musique (ah la séquence dans l’appartement dans Inferno), Argento opte pour une approche réaliste afin de mieux plonger Rome dans un délire dionysiaque sombrant involontairement dans le Z grotesque. Une fois passé ce changement de cap desservant le film, les éclairages sont proches du téléfilm et les lieux ne sont jamais mis en valeur, il devient impératif de retrouver les ambiances ésotériques qu’Argento affectionnait tant. Nous sommes dans le monde de la sorcellerie et de la magie noire, où les apparences sont trompeuses et où la réalité se cache derrière l’invisible. Du moins c’est ce qu’Argento fait dire à l’un de ses personnages sans prendre lui-même en compte ces règles de base. Sans jamais accorder une quelconque concordance des lieux et des personnages, les acteurs apparaissent les uns après les autres pour la minute d’après se faire trucider, et les déambulations de la pauvre Asia ne sont compréhensibles que pour elle-même, le spectateur s’interroge sur ce qui défile devant ses yeux. Et plus le métrage avance et plus l’on se rend compte que le maître transalpin choisira à chaque fois les mauvaises directions pour construire son chant du cygne bien funeste. Il est pourtant évident que quelques signes cabalistiques et des demoiselles habillées en succubes ne suffisent pour construire et rendre crédible cette deuxième chute de Rome tant annoncée. Et si les meurtres sont suffisamment sauvages et balancés selon la régularité d’un métronome, sur ce point là Argento remplit plus que le cahier des charges et donne à voir éventrements, émasculation, égorgements en cascade et même une pénétration par arme blanche particulièrement sadique, ils ne viennent que compenser un manque dont le réalisateur semble bien avoir conscience sans pouvoir toutefois y remédier. Sa plus mauvaise idée sera alors l’utilisation d’éléments érotique pour donner le change. Des poitrines généreuses se dévoilent, des femmes font l’amour entre elles, la Mère en question se balade un sein dénudé. On se croirait être dans la pantalonnade ironique de La Neuvième porte de Polanski, et le comble est atteint lors de l’orgie finale, caricature involontaire d’un sabbat. Notre belle Mother of tears tombe alors dans les limbes d’un Z italien. On passera sur le jeu des acteurs, Asia trouve ici peut-être l’un de ses plus mauvais rôles, et la dernière scène du film, quasi insultante pour tous les fans du maître. Pourtant les épisodes réalisés par Argento pour les Masters of Horror avaient laissé espérer une résurrection improbable. Las. Cette troisième mère aurait mieux fait de ne jamais voir le jour.

BIFFF 2008, laugh dream and blood

Posté par denis, le 6 avril 2008

L’avantage du BIFFF est son ouverture à toute culture singulière, qui plus est quand celle-ci tranche dans le vif et abreuve les pupilles d’images frelatées à l’alcool de la folie.

Prenons la culture asiatique par exemple. Ne vous inquiétez pas, il n’est pas question ici de Wong Kar Waï ou d’Ang Lee, les films d’auteurs esthétisants risquant de se faire siffler dès les dix premières minutes. Non, ici la culture asiatique plébiscitée est à chercher du côté de Takashi Miike ou de Sono Sion, des réals déviants et stylistiquement créatifs n’ayant pas peur d’enfoncer des aiguilles sous les ongles. D’ailleurs cela tombe bien car Sono Sion y présente son dernier film, Exte-Hair extensions. Oui, vous avez bien lu, un film sur des extensions capillaires. Venu d’Europe cela semblerait ridicule, mais en provenance du Japon, rien ne peut sembler plus normal, d’autant que les cheveux ont beau dos depuis presque une dizaine d’années dans le fantastique nippon. Des cheveux gras, longs, noirs comme de l’ébène, appartenant à des spectres mécontents et qui sortent au choix d’une TV, d’un téléphone portable, d’une cassette vidéo, etc. Mais Sion, empêcheur de tourner en rond, utilise cette thématique capillaire pour la détourner de son usage habituel et en fait une métaphore, certes tirée par les cheveux, de la consommation de l’apparence. Bénéficiant d’un postulat surréaliste, une morte a la capacité de se laisser pousser les cheveux à un point tel qu’elle ferait passer le cousin Machin de La Famille Addams pour un chauve, Sion brosse le portrait d’une société japonaise en proie à son obsession de l’apparence. Epinglant au passage les relations tendues voire masochistes des membres d’une même famille, il donne à voir des scènes absurdes et tristes à la fois, où le désir d’être beau pénètre sous le derme et détruit l’enveloppe corporelle pour n’en faire qu’un support de l’esthétique. Et si quelques longueurs se font sentir, le final non-sensique est indispensable pour les zygomatiques. Exte aura peut-être la chance d’être diffusé dans une des éditions de L’étrange festival.

Autre production asiatique extrême, Gong Tau est un pur film d’horreur n’ayant que faire du bon goût. Film classé dans le cinéma de Category III – catégorisation qui correspond à une interdiction aux moins de 18 ans- Gong Tau compense son manque de moyens par une violence gore et graphique. Le réalisateur n’hésite pas à transformer un bébé en cadavre putrescent, à faire décoller la tête d’un sorcier qui s’envole par la suite dans les airs, ou bien encore à recueillir de l’huile de graisse humaine. Vous l’aurez compris, Gong Tau verse dans le grand guignol malsain, sans pour autant pâtir d’une réalisation dilettante. La pellicule est chiadée pour ce genre de métrage, et l’on est même surpris de déceler une ambiance à la Seven lorsque l’on s’aventure dans les appartements du tueur. Une curiosité, comme seule l’Asie peut en produire.

Changement de cap, changement de lieu et toujours le même esprit de folie avec Postal d’Uwe Boll, film germano-canadien ne rechignant pas à briser tous les tabous pour au final être un des films les plus politiquement incorrects que l’on ai vu depuis les ZAZ et autres productions Troma. L’histoire n’est qu’une excuse pour tirer à boulets rouges sur le puritanisme, la politique américaine, les cultes religieux j’en passe et des meilleurs afin de déclencher un fou rire toutes les dix secondes. Rien n’échappe à la moulinette de Boll, que ce soit les obèses, les handicapées, les musulmans, les nazis, les gourous, les blondes à forte poitrine ou le massacre d’enfants. C’est irrévérencieux, foutraque, ne cherchez pas à trouver un langage cinématographique cohérent car il n’y en a pas, et tout ce qu’il y a de plus politique malgré les apparences. Après Bourdieu et Baudrillard, voici la nouvelle critique, écrite au marteau-piqueur, de notre société contemporaine. A voir au premier comme au dixième degré.

Parmi toutes ces folies la programmation offre quelques moments de détente et de poésie, où l’enfance trouve encore sa raison d’être et où la magie de l’imaginaire nous libère de tant d’hémoglobine. Nevermore donc, film d’un jeune réalisateur ayant tout juste terminé ses études en cinéma, sous ses allures de conte, narre l’histoire du fils d’un pêcheur abandonné à son sort dès l’instant où son père sera emporté par les vagues. Minimaliste, la baraque du pêcheur est isolée au milieu des plages de sable, un arbre décharné trône au bord de la mer, lyrique et sombre, l’enfant est émerveillé par un cirque itinérant, thématique du monstre et des marginaux, et est terrifié par l’image du pasteur qui l’a recueilli, métaphore da la castration de l’enfance par les figures religieuses, Nevermore enchante pas sa simplicité et sa lumineuse pulsion de vie. D’une maîtrise technique étonnante, les paysages lunaires de la mer relèvent d’une ambition stylistique digne d’un Caro et Jeunet ou d’un Tim Burton, ce court film envoûte et laisse à présager d’un bel avenir à son jeune auteur. Espérons que le Goethe Institut, à qui l’on doit sa programmation dans le festival, pourra lui trouver un diffuseur en France.

BIFFF 2008, the show must go on

Posté par denis, le 3 avril 2008

Partagé entre les films hors compétitions, la compétition européenne, la compétition internationale et les petites productions fauchées décalées et transgressives, la programmation du BIFFF continue a accumuler grosses pochades, films intimistes et futurs classiques.

Petit débriefing sur cette première moitié de semaine avant d’attaquer les plats de résistance ce week-end. Les petites prod’ pour commencer, ancêtres des films d’exploitation qui ne verront probablement jamais le jour en notre beau pays. Ainsi The devil dared to me s’amuse à briser en morceaux des cascadeurs néo-zélandais dans un délire gore où le rire rime avec tripailles. Proches cousins des auteurs de Shaun of the dead, nous avons le droit ici à du rock’n roll à moustaches. Après Black Sheep, les néo-zélandais sont donc toujours aussi barrés, et pour preuve le titer du prochain film des réalisateurs Stapp et Heath : Vaseline Warriors V. Encore un futur classique de la poésie !

Nous retiendrons aussi le furieux remake de The wizard of gore de H.G. Lewis, pape du gore qui semble se ressusciter chaque année (tous ses classiques sont en train de se faire remaker), et qui aujourd’hui est interprété par le non moins furieux Crispin Glover. Acteur devenu culte grâce à ses interprétations fiévreuse et maladives, enter autre Willard ou Simon says, Glover porte le film sur ses épaules et offre un numéro dont lui seul à le secret. The wizard of gore ne passera jamais sur TF1, mais aurait peut être pu trouver sa place dans le regretté Quartier Interdit de Jean-Pierre Dionnet.

Nous passerons en revanche sur le prétentieux Eden log, essai de science-fiction sans queue ni tête où l’on suit Clovis Cornillac barbouillé de terre errer de couloirs obscurs en couloirs obscurs. Répétitif et ennuyeux. Dénué de prétention, le film espagnol Eskalofrio n’en est pas moins lui aussi ennuyeux à force de voir des feuilles et des arbres en plongée, contre-plongée, etc. Abordant le thème de l’enfant sauvage pour approfondir les mécanismes de la peur, le réalisateur Isidro Ortiz se perd dans des plans interminables en pleine nature et ne parvient pas à créer une empathie vis-à-vis de son personnage principal. Sur le même sujet on préférera Nell de Jodie Foster.

Autre film espagnol autrement plus étourdissant, le roublard Cronocrimenes de Nacho Vigalondo joue sur les paradoxes temporels et déstabilise à force de twists qui retombent à chaque fois sur leurs pattes sans jamais sombrer dans la manipulation visuelle. Réalisé avec peu de moyens, Cronocrimenes est l’exemple même de film qui doit sa réussite à une réalisation efficace, avec ses hors champs et ses ellipses maîtrisées. La multiplication des points de vue permet d’aborder l’idéologie d’un temps non linéaire et qu’il appartient à chacun de contrôler, tant est que cela soit possible. Entre un Jour sans fin pour la fracture temporel et Lost Higway pour son personnage qui n’est pas nécessairement celui qu’il pense être, Cronocrimenes est une bonne surprise.

D’identité il sera fortement question dans le très beau et psychologique The Broken de Sean Ellis, réalisateur remarqué de Cashback et qui aborde ici le doppelganger et son immersion dans le réel. Profitant d’une photo magnifique grise et léchée dans un Londres désincarné, Ellis tisse un nœud social autour de son héroïne ne reconnaissant plus son reflet dans un miroir ou s’interrogent sur la véracité de ses pairs. Jouant sur la perception de l’Autre comme possible inconnu, et donc comme menace, Ellis marche sur les traces d’Invasion of the Body Snatchers et développe un climat angoissant où les miroirs recèlent une existence en négatif. Ouvrant de nombreuse pistes, le réalisateur laisse l’ambiguïté planer sur le propos exact de son film. Critique d‘un appauvrissement affectif de l’humain, mise en boite d’un monde en miroir qui ne se reflète que dans sa propre vanité, pensée labyrinthique d’une existence qui se cherche et ne se trouve pas, The Broken distille le sentiment diffus que les choses peuvent nous échapper sans même que l’on s’en rende compte. En cela les doppelgangers en question sont particulièrement effrayant et sont peut être ce que leurs propriétaires originels auraient voulu être. Esthétiquement parfait, la saturation des couleurs et les teintes métalliques de l’image font penser à The Machinist et Crash, remarquablement mis en scène, la caméra filme l’intimité des personnages avec une distanciation trompeuse, The Broken dans ses non-dits et son absence de parti pris intrigue, questionne, et se termine sans rien avoir résolu. A l’époque actuelle où toute image est prémâchée, la démarche d’Ellis est suffisamment audacieuse pour être soulignée.

 

Et pour les prochains jours qu’est ce qu’il y a au menu ? Des films asiatiques barrés, des pellicules teutonnes esthétisantes ou ennemies du bon goût, une arlésienne, et un trip à la Guy Maddin. On vous tient au courant.