Box office 2008 (5) : un bilan en demi-teinte en France comme aux Etats-Unis

Posté par vincy, le 9 janvier 2009

Pour conclure notre bilan en chiffres de l'année 2008, concentrons-nous sur les deux marchés qui nous importent : la France et les Etats-Unis.

En France, on se félicitera des 188,8 millions d'entrées. Dopée par les Ch'tis, la fréquentation a augmenté de 6,7% par rapport à 2007, ce qui ne fait que rattraper le niveau de 2006. On reste loin du niveau de 2004 (196 millions d'entrées). La aute au seul piratage (450 000 téléchargements quotidiens estimés) ou à une offre décevante et mal régulée?

Car seuls trois films dépassent les 5 millions d'entrées (contre six l'an dernier) et une pléthore de productions, en passant le cap du million de spectateurs, ne rentrent pas forcément dans leurs frais. Retirons les Ch'tis, et l'on constate que l'année était en fait médiocre. Globalement, 2008 ressemble à 2007, avec moins de films phénomènes et plus de "succès" éphémères (18 français millionnaires contre 11 l'an dernier).

La part de marché des films français s'établit ainsi à 45%, son score le plus elevé depuis 1984 et un record en Europe. Mais là encore les Ch'tis déforment la réalité. Sans le film de Dany Boon, la part de marché n'aurait été que de 38%, un socre plus en phase avec les années précédentes.

Aux Etats-Unis, le box office est officiellement stable, grâce à la hausse des tarifs des billets de cinéma : 9, 59 milliards de dollars contre le record de 9,66 milliards en 2007. En fait, il y a bien une baisse de la fréquentation avec 1,35 milliards de spectateurs contre 1,4 milliards l'année précédente. On est ainsi très loin des 1,57 milliards de tickets vendus en 2002. Le marché s'est contracté autour de nombreux films. En 2008, 3 films ont passé le cap des 300 millions de $ et 6 celui des 200 millions de $, contre, respectivement, en 2007, 4 films et 11 films. Le succès de Batman, là aussi, déforme la réalité, en devenant le film le plus populaire de la décennie, devant Shrek 2.

Aux USA, les frères Coen et leur Burn After reading sont en tête du Box office des films indépendants (50e du classement). Aucun film français n'est dans le Top 150. En France, tous les films du Top 75 sont français ou américains. Entre les murs (21e) domine les petites productions dans le box office annuel.

Box office 2008 (4) : Mamma Mia!, comédie la plus populaire

Posté par vincy, le 7 janvier 2009

C'est la seule comédie à être dans le Top 10 mondial cette année : Mamma mia! , adaptation du spectacle musical de Broadway créé à partir des chansons d'Abba, a ramassé 573 millions de $ (dont 96 millions rien qu'au Royaume Uni, où il est leader tous genres confondus). Les ventes en DVD suivent le même chemin.

Son plus proche rival, et champion nord-américain du rire, c'est une adaptation de série TV : Sex & the City le film, avec ses 415 millions de $ a eu le panache nécessaire pour transformer l'essai et être très profitable pour les producteurs.

Nul doute que dans les deux cas cela donnera des idées aux studios qui veulent limiter de plus en plus les risques.

Dans le top 25 mondial, on note dans l'ordre Max la menace, Bienvenue chez les Ch'tis (plus de 3 millions de spectateurs hors de France), Ce qui se passe à VegasRien que pour vos cheveux et Tonnerre sous les Tropiques.  Pas vraiment à la fête cette année, le rire est surtout local : la plupart des comédies qui ont marché ont surtout fait rire dans leur propre pays. Sandler, Carrell ou Stiller font la moitié et même plus de leur box office aux USA.

Ce qui n'est pas le cas de Mamma Mia! . Comme La Momie 3, le film dépend essentiellement (75%) des marchés internationaux. En France, le film a séduit 1,5 millions de spectateurs, se situant ainsi dans le bas du top 25, loin derrière des comédies françaises mais aussi derrière Sex & the City le film et Vicky Cristina Barcelona.

Box office 2008 (2) : 51 films au dessus des 100 millions de $ dans le monde

Posté par vincy, le 4 janvier 2009

Au 30 décembre 2008, 51 films avaient cumulé plus de 100 millions de $ de recettes dans le monde, dont quatre films étrangers. Cette preuve de la suprématie américaine dans la diffusion audiovisuelle mériterait davantage que des discours politiques stériles ou des mesurettes fiscales intraeuropéennes. Hollywood se flatte d'avoir récolté 9,9 milliards de $ en salles, simplement sur les marchés internationaux (c'est à dire hors Amérique du nord) : un record. De fait, une très large majorité de films rapportent plus de 60% de leurs recettes à l'exportation.

8 films ont récolté plus de 500 millions de $ dans les salles mondiales : Batman The Dark Knight (997 millions de $), Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal, Kung-Fu Panda, Hancock, Iron Man, Mamma Mia!, Quantum of Solace et Wall-E. En attendant certainement l'arrivée de Madagascar 2 dans ce club élitiste. Indiana Jones reste le film le plus exporté, devant Batman.

Parmi les statistiques idiotes, on note onze suites, deux remakes, six dessins animés, et seulement dix sept film ayant rapporté davantage en Amérique du Nord qu'à l'étranger.

Parmi les quatre films "barbares" qui osent truster les meilleures places du box office, il y a évidemment Bienvenue chez les Ch'tis. Avec 228 millions de $ à date (le film a aussi cartonné en Belgique, en Allemagne et en Italie), le film est 20e, entre Max la Menace et Jumper. Ensuite, il y a le japonais Ponyo sur la falaise, pas encore sorti en salles en dehors du Japon et de l'Asie, 28e avec ses 169 millions de $. Astérix aux jeux Olympiques a quand même encaissé 131 millions de $ (40e). Dernier film étranger, le chinois John Woo et son épopée historique Red Cliff, pas encore sortie en dehors de l'Asie, ayant déjà empoché 118 millions de $ (43e).

D'ici la fin du mois de janvier, une dizaine de films, dont Twilight, sorti durant le fêtes devrait rejoindre cette liste, qui ne comprend pas les films bollywoodiens.

2008 : le top 5 de Claire

Posté par Claire Fayau, le 26 décembre 2008

claire fayau1. Wall-E : mon chouchou toute catégorie (d’ailleurs c’est la sonnerie de mon téléphone portable, c’est dire.). Pour la prouesse visuelle. Pour l’histoire avec des robots attachants (autant que les voitures de Cars ou les rats de Ratatouille). Pour le message  philo-écolo mais pas culpabilisant.

2. Be kind rewind : Surprenant, réconfortant tout en étant nostalgique, avec une BOF qui fait envie  et un Jack Black impayable. En prime, une petite réflexion sur la création et le cinéma, qui donne envie de faire ses propres films "suédés". Le meilleur Gondry !

3. Be Happy : Son titre explicite en fait une ode à la joie de vivre. Le personnage de Poppy (qui veut dire coquelicot ou pavot dont provient l’opium…) déclenche des crises de rire. Super instit un peu "fofolle", Sally Hawkins fait rire, sourire, s’émouvoir et réfléchir, aidée par des second rôles sont excellents .

4. Batman The Dark Knight : Mega blockbuster, reussi, sombre et faisant réfléchir aux concepts philo-sociologiques  sur le bien et le mal. On s'en prend plein les yeux.

5-Mamma mia : Fan des comédies musicales, et du groupe ABBA, je vois le film comme une gourmandise… avec deux  belles cerises sur le gâteau : Colin Firth et Pierce Brosnan. Ou un remake de Muriel’s Wedding  pour le coté mariage et… ABBA. D’accord, certaines scènes sont de la pure guimauve, l’histoire est réduite au strict minimum, les acteurs ridicules chantent faux (préférez l’original). Mais les acteurs - et du coup  les spectateurs - s’amusent comme des petits fous !

Coté film français, celui qui m’a marquée : Bienvenue chez les Chtis. Un film qui fait du bien en temps de crise.
En accessit, je rajouterai l’univers déjanté d’ A bord du Darjeeling Limited de Wes Anderson.

Le film le plus attendu de 2009 :  L'Etrange histoire de Benjamin Button :  La Nouvelle-Orléans, F. Scott Fitzgerald, Brad Pitt et Cate  Blanchett (déjà réunis dans Babel).

Yahoo! France reflète vos désirs, vos envies, vos fantasmes…

Posté par vincy, le 18 décembre 2008

Le buzz de Yahoo ! France ce n'est rien d'autre que les dix mots clés les plus recherchés sur le 2e moteur de recherche français. Les crises internationales, financières ou géopolitiques, dominent l'actualuté. Obama est le Roi en politique. On apprend aussi que l'iPhone est plus tendance que Barbie, la Wii et les Converse. Malgré ses échecs, Laure Manaudou met K.O. lees footballeurs. L'OM d'ailleurs, et le PSG, pourtant pas champions de France, taclent l'OL. Secret Story remporte la palme de l'audience sur les télé-crochets. Plus belle la vie reste la série la plus populaire, et la seule française du classement. Rihanna bat Madonna. Et côté cinéma???

En people, seule la comédienne Angelina Jolie (4e) prend sa place au milieu des Carla Bruni, Paris Hilton, Eva Longoria (plus "tv" que "ciné") et autre Lindsay Lohan. Le sexe, le souffre, les "losers", ça marche encore.  Du coup Jolie est Reine dans la catégorie actrices et acteurs, devant Scarlett Johansson, Jessica Alba, Eva Longoria, Marion Cotillard, Megan Fox, Salma Hayek, Louise Bourgoin, Vanessa Hudgens... et Zac Efron, seul mec du Top 10! A croire que seuls les hommes surfent sur Internet, à la recherche des bimbos du moment. Car, hormis Jolie, Johansson et Cotillard, aucune actrice classée n'a eu de succès cette année. On voit bien que la plastique, même chez Efron, est l'intérêt public n°1.

Pour les films, High School Musical est leader, assez logiquement puisque deux de ses vedettes sont activement "recherchées". Suivent les deux prix d'excellence critique, Wall-e et Batman, devant Iron Man, Bienvenue chez les ch'tis (seulement 5e), Disco (incroyablement 6e), Indiana Jones, James Bond, L'incroyable Hulk et Kung-Fu Panda. Deux films français seulement, deux dessins animés, et un ordre qui n' a rien à voir avec le box office.

Les 50 ans du cinéma marocain : un pays qui manque de salles

Posté par vincy, le 23 novembre 2008

blog_marrakech1.jpgPour ses cinquante ans, le cinéma marocain a profité du Festival international du film de Marrakech (FIFM) pour établir son bilan. Cetes le Festival, à l'origine destiné pour défendre le cinéma africain et arabe, est devenu un instrument marketing pour la ville de Marrakech et le Royaume du Maroc. Une vitrine luxueuse (et coûteuse) où l'on invite médias français et stars hollywoodiennes.

Pourtant, Marrakech mériterait de promouvoir davantage le cinéma maghrébin et d'attirer l'aspect industriel de la profession. Car le Maroc manque de salles. Au point que les quotidiens nationaux peuvent aficher la programmation des quelques multiplexes sur une demi page (Megarama est présent à Casablanca et Marrakech). Les sorties sont presque simultanées avec l'Europe, et les films américains se taillent la part du lion d'un marché qui se réduit année après année. Les Marocains préfèrent regarder la télévision. Il y a trente ans, 40 millions de spectateurs allaient dans les salles chaque année, il n'en reste plus que quatre millions. La faute aux chaînes étrangères et aux antennes satellites. Pendant le Ramada, la prgrammation cinéma est si intense que tous les blockbusters hollywoodiens remplissent les écrans.

Peu de nouvelles salles se son construites, beaucoup ont disparu, et la vétusté de la plupart des cinémas n'incite pas à séduire un public en voie d'occidentalisation. Le Maroc ne compte que 90 écrans (130 de moins en trente ans), soint trois fois moins qu'en Afrique du Sud ou en Egypte. Il y aurait un manque de 150 salles.

Une association "Sauvons les salles de cinéma au Maroc" est née il y a un an (voit leur site : savecinemainmarocco.com), dans ce même Festival du film de Marrakech. L'associationveut que le cinéma redevienne un vecteur régional de culture et d'ouverture, tout en sensibilisant les citoyens sur l'état désastreux de l'exploitation cinématographique locale. L'Eden de Marrakech, avec le soutien de l'Unesco, sera le premier chantier de réhabilitation lancé par l'association.

Hélas, depuis un an, une salle (à El Jadida) à été complètement détruite, après cinq ans de fermeture, et quatre ont baissé le rideau (deux à Fès, une à Al-Hoceima, une autre à Casablanca).

Le cinéaste Ahmed El Maânouni évoquait en avril dernier au quotidien L'Humanité ce problème de chaînon manquant pour favoriser la croissance d'un cinéma nord-africain. "Il y a (...) le problème du piratage. On peut acheter Bienvenue chez les Ch’tis pour un euro. Il y a deux multiplexes au Maroc dont un tenu par un Français, Claude Lemoine, à Casablanca. Le second est à Marrakech. Il me semble que ceux qui analysent mal la situation disent que le cinéma ne se porte pas bien à cause des multiplexes. Or, il en faudrait beaucoup plus car cela permet une offre de films variée avec un accueil marchand qui fait venir le client. Nous en sommes réduits à ça. On a besoin des petites salles de quartiers et de multiplexes."

Loft d’Erik van Looy : quand un thriller flamand captive le public belge

Posté par MpM, le 28 octobre 2008

Loft d’Erik van LooyPour son premier week-end sur les écrans belges, Loft, du réalisateur Erik van Looy (La mémoire du tueur), a attiré 126 400 spectateurs, soit plus de la moitié du total des entrées. Il se place ainsi directement en 3e position du classement annuel des films nationaux les plus populaires, juste après Moscow, Belgium de Christophe van Rompaey et Samson en Gert: Hotel Op Stelten de Bart Van Leemputten.

Loft est un thriller mettant en scène cinq hommes mariés qui découvrent, dans la luxueuse garçonnière où ils invitent leurs maîtresses, le cadavre d’une femme qu’ils ne connaissent pas. Le film, projeté sur 32 écrans, a dû bénéficier de séances supplémentaires pour répondre à l’afflux de spectateurs. Aucune sortie n'est pour le moment prévue en France de ce qui s'annonce comme le Bienvenue chez les Chtis (avec probablement moins de bons sentiments et plus de suspense inquiétant) de nos voisins belges.

Les « Oscars » européens se préparent

Posté par vincy, le 5 octobre 2008

Les "European Film Awards" ont toujours du mal à s'imposer, jamais cités dans les dossiers de presse, rarement mentionnés sur les affiches, valorisés ad minima dans les articles de presse. Si l'échec populaire et médiatique est patent, il faut au moins reconnaître que, cinématographiquement, l'audace est de mise. Ils viennent de révéler les quatre films en course pour le prix de la meilleure première oeuvre et, reconnaissons, qu'il y a une volonté de primer des cinémas singuliers : Hunger, de Steve McQueen (Royaume Uni), Premières neiges, de Aida Begic (Bosnie Herzégovine), Tulpan, de Sergey Dvortsevoy (Kazakhstan), tous trois primés à Cannes, mais aussi Tatil Kitabi, de Seyfi Teoman (Turquie).

Pour les nominations dans les autres catégories, la France a présenté Bienvenue chez les Ch'tis, Un conte de noël, Entre les murs et La graine et le mulet. On note que de nombreux films "cannois" sont dans le "pipeline" comme Moscow, Belgium, Delta, Gomorra, Il Divo, Home, O'Horten, Le silence de Lorna, Valse avec Bashir, Trois singes, Wolke 9...
Parmi les grands cinéastes en lice pour la nomination au prix du meilleur réalisateur, on note la présence de Nikita Mikhalkov, Mike Leigh, Andrzej Wajda, Sergei Bodrov.

On sait déjà que Dame Judi Dench, oscarisée, jamesbondisée, shakespearisée, sera honorée d'un prix spécial pour l'ensemble de sa carrière. De même les fondateurs du Dogme danois, créé en 1995, lancé sur les écrans en 1998 avec Festen et Les Idiots, seront récompensés d'un prix pour leur contribution au cinéma mondial. Thomas Vinterberg, Lars Von Trier, Kristian Levring et Soren Kragh-Jacobsen seront, à coup sûr, les vedettes de cette 21e cérémonie, qui aura lieu cette année, le 6 décembre, à Copenhague.

Batman remporte le million

Posté par MpM, le 19 août 2008

Batman The Dark KnightDu jamais vu en France : un épisode de Batman franchit la barre du million d’entrées dès le premier week-end ! Soit l'équivalent des deux tiers des entrées totales de l’opus précédent (Batman begins, 1,506 million) et près de la moitié du score réalisé par Tim Burton en 1989 (Batman, 2,168 millions), jusqu’à présent tenant du titre. Autant dire que ça s’annonce très bien pour l’homme chauve-souris qui accumule les records : 4e place pour les meilleures premières séances Paris 2008, 4e démarrage premier jour 2008 (derrière Bienvenue chez les Ch'tis, Astérix aux Jeux Olympiques et Hancock) et 5e démarrage Week-end 2008.

On est apparemment loin du raz-de-marée provoqué par le film aux Etats-Unis (2e plus grosse recette en dollars courants au bout de cinq semaines d’exploitation), mais chez nous, où la franchise n’a jamais suscité l’enthousiasme lucratif d’un Spiderman ou Superman, un tel score est loin d’être négligeable. Il est notamment révélateur de l’extraordinaire attente suscitée par le film et de l’excellent buzz qui a entouré sa sortie. Si le bouche-à-oreilles fonctionne, le phénomène pourrait d’ailleurs perdurer, d’autant que The Dark Knight n’est désormais plus menacé que par la sortie de Babylon AD, dernier blockbuster de l’été. Le plus ironique dans tout ça reste finalement le fait que ce soit le volet le plus sombre de la série qui ait remporté la plus large adhésion.

Piratage : propagande ou réelle peur?

Posté par vincy, le 7 août 2008

Ah ces médias officiels et officiellement libéraux (comprendre la presse quotidienne économique) : ils se sont régalés dès ce matin à brandir la menace du piratage. L'Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle a publié la première étude mesurant "précisément" les statistiques de piratage de films. Cette Alpa qui veut alpaguer les corsaires du clic est une vieille association de 23 ans, créée par le Ministère de la Culture et celui de la Justice, financée par les professionnels du cinéma  et présidée par le P-DG de Gaumont. Il y a plus neutre. Sise dans les très chics quartiers du VIIIe arrondissement de Paris, cette Alpa a un site internet qui ne contient que ses contacts et son logo. On fait mieux en guise de transparence.

Alors, certes, l’Alpa a déclenché le signal d’alarme, voudrait que le train s’arrête, parlant de « péril ». L’étude porte sur la période novembre 2007 / juin 2008. Les chiffres son évidemment balancés aux médias pour faire paniquer les professionnels et pointer du doigt les méchants internautes.

De façon grossière, on nous dit « autant de films piratés que d’entrées payées ». Pourtant si l’on sait calculer les chiffres reçus on note 14,1 millions de téléchargements en juin + 62 millions de téléchargements de janvier à mai, soit 76 millions d’actes de piratages. Contre près de 100 millions de vendus. Bien sûr, ça ne retire en rien l’effarante donnée de 450 000 téléchargements illicites par jour en France.

Mais il faut relativiser certaines données et s’inquiéter pour d’autres. Car finalement cela impacte davantage sur le marché du DVD, en chute libre, que sur les entrées, plutôt dynamiques malgré la crise économique. D’abord les films américains s’octroient une part de marché bien plus importante chez les pirates (66%) que chez les spectateurs. Les blockbusters sont made in USA, avec en tête des daubes comme Transformers et Next, mais aussi American gangster, Bee Movie et No country for Old men, tous au dessus de 2 millions de clics. C’est d’autant plus inquiétant que le film des Coen est très loin d’avoir obtenu ce nombre de spectateurs en salles. De même, la part de marché des films européens est de 12% chez les pirates, ce qui n’a rien à voir avec la moyenne de 4% annuelle dans les salles.

Autant de clics pour Bienvenue chez les Ch'tis que pour Persépolis
Mais bizarrement les films français sen tirent bien. Seulement 19% de part de marché sur les ordinateurs contre 40% en moyenne sur les grands écrans. Le plus gros « hit » est évidemment Bienvenue chez les Ch’tis avec 682 000 téléchargements, soit 3,5 % des entrées du film ! De même les 206 000 clics de Disco ou 287 000 clics de La Môme sont très loin des 2,5 millions de clics pour le film oscarisé des Coen mais aussi de leurs scores au box office. A la rigueur le producteur de Survivre avec les loups a raison d’avoir la rage : 149 000 téléchargements pour 650 000 entrées… Pire, Persépolis accumule 675 000 curieux en ligne pour à peine deux fois plus de fidèles des salles obscures.

Mais attention, rien ne dit que ces pirates n’achètent pas le DVD ou ne vont pas aussi voir le film en salles. Il faudra surtout croiser les chiffres de la VOD avec la prochaine étude pour voir si la tendance est à la hausse ou à la baisse.
Enfin, plutôt que de se focaliser sur les Top 10 des œuvres les plus téléchargées, peut-on s’interroger sur les motifs des « pirates » et de se demander comment faire pour les attirer à voir un film brésilien ou japonais sur un ordinateur plutôt que d’aller le voir en salles ?