Bertrand Mandico prépare son nouveau film

Posté par vincy, le 27 avril 2019

Bertrand Mandico se lance dans son nouveau long-métrage. Le réalisateur des Garçons sauvages, sorti en février 2018 en France, du court-métrage Ultra-Pulpe (vu au cinéma l'été dernier avec deux autres courts sous le nom d'Ultra-rêve) et croisé en tant qu'acteur dans Un couteau dans le cœur de son ami Yann Gonzalez (en compétition à Cannes) se lance donc dans une nouvelle aventure avec Ecce Films. La société d'Emmanuel Chaumet a accompagné Les Garçons sauvages mais aussi de nombreux films remarqués comme Victoria, La bataille de Solférino, Théo et Hugo ou Bêtes blondes.

Paradis sale, le titre de son nouveau film, vient d'obtenir l'avance sur recettes du CNC avant réalisation, le 16 avril, aux côtés de Mathieu Gerault, Leyla Bouzid, Marie Dumora, Mahamat-Saleh Haroun et Christine Dory.

Selon Le Film français, l'histoire se déroule dans un futur chimérique sur une planète d’une autre galaxie, After Blue, planète vierge où seules les femmes peuvent survivre au milieu d’une flore et d’une faune inoffensives. Au générique, on retrouvera Vimala Pons et Elina Löwensohn, deux de ses comédiennes des Garçons sauvages.

En début d'année, le réalisateur s’est essayé pour la toute première fois au clip-vidéo avec le morceau Niemand de Kompromat.

2018 dans le rétro : nos 15 courts métrages français préférés

Posté par MpM, le 2 janvier 2019

Si depuis fin décembre, les classements des films sortis en 2018 fleurissent un peu partout, le format court n'y est que trop rarement représenté. D'où l'envie de proposer un tour d'horizon forcément hyper subjectif des courts métrages qu’il fallait absolument voir l'année passée. Pour commencer, voici donc les quinze (autres) films français qui ont marqué 2018 !

Le baiser du silure de June Balthazard


Ce documentaire poétique commence comme un épisode d’histoire naturelle autour du silure, un poisson quasi mythique qui vit en profondeur et peut dépasser la taille de l'être humain. Puis les données scientifiques laissent peu à peu place à une réflexion plus philosophique. Le silure, considéré par certains comme nuisible et invasif, apparaît comme le symbole de cet « étrange étranger » qui cristallise les peurs et les fantasmes de l’être humain. Se reflète alors en ce paria des cours d’eau l’histoire ancestrale de notre rapport à l’altérité.

Le bel horizon de Jean-Baptiste Huber


Des moutons, une bergère, des chiens. En fond sonore, des tintements et des échos de voix. Vision bucolique et quasi documentaire des bêtes en route pour les alpages, sagement, en un troupeau bien compact. Puis vient soudainement cette voix-off posée, presque trop calme, qui semble réciter un conte pour enfants. Elle plonge pourtant le film à la fois dans la vision utopique d'un monde où les moutons décideraient de se rebeller contre l'homme, et dans un essai politique ironique et mordant qui dresse un parallèle de plus en plus signifiant entre ces sages moutons qui vont doucement à l'abattoir, et nous, malheureux humains qui ne faisons guère mieux. Si le dispositif est minimaliste, toute la puissance du film est dans son texte coup de poing et dans son geste de cinéma pur.

La chanson de Tiphaine Raffier


En voix-off, la narratrice nous l'explique : elle n'a pas vécu la catastrophe, mais c'est elle qui va nous la raconter. Prévenus, on s'attend désormais à tout. Mais probablement pas à ce qui nous attend réellement. Dans une ville étrange (Val d'Europe, ville artificielle entièrement créée par l'homme, située à quelques encablures de Disneyland), un groupe de copines prépare un concours de sosies. Brutalement, l'une d'entre elles décide d'écrire ses propres chansons, inspirées des objets du quotidien. Leur amitié ne se remettra pas de cet insupportable écart à la ligne qu'elles s'étaient fixées.

Tiphaine Raffier adapte son propre spectacle et propose un film foisonnant d’idées de cinéma, de chemins de traverses et d’absurdités étonnantes. C’est totalement foutraque, parfois maladroit, et sûrement trop long. Mais on se délecte de cette tonalité qui semble toujours « à côté » et dresse ainsi le tableau réjouissant d’une société empesée, contrainte à l’obéissance et à l’imitation, comme elle-même artificiellement conçue à priori par des gens qui n’ont pas à y vivre, et dans laquelle la moindre étincelle créative, la moindre tentative d’essayer quelque chose de nouveau, est considérée comme une provocation.

La chute de Boris Labbé


Ceux qui lisent régulièrement notre site l'auront compris, voilà l'un de nos favoris de l'année, sorte de tourbillon visuel qui emporte le spectateur dans un déchaînement de sensations visuelles comme décuplées par la musique monumentale de Daniele Ghisi. Tout à l’écran semble en perpétuel mouvement : le tourbillon des anges qui fondent sur la terre, l’éternel cycle de la nature, le feu de l’enfer qui engloutit tout sur son passage. Même la caméra s’envole, redescend, nous emmène toujours plus loin dans le panorama sidérant qui prend vie sous nos yeux. Difficile de résumer ou décrire l’ampleur formelle et narrative de ce film-somme qui semble porter en lui toute l’histoire de l’Humanité. Il nous laisse pantelant face à notre propre interprétation, plongés dans un univers de songe et de cauchemar qui s’avère à la fois terrifiant et sublime. Boris Labbé poursuit son travail autour des motifs de la boucle et de la métamorphose avec cette œuvre complexe et unique qui brouille les notions réductrices d’animation, d’art contemporain et de recherche expérimentale pour ne garder que ce qui compte vraiment : le plaisir pur du cinéma.

D'un château l'autre d'Emmanuel Marre


Après le succès de son court métrage précédent, Le film de l’été, notamment couronné du prix Jean Vigo en 2017, Emmanuel Marre change de registre avec une œuvre que l’on jugera plus singulière, et de fait plus subtile. Un jeune homme, Pierre, 25 ans, étudiant (boursier) à Sciences Po, y promène son incertitude entre les deux tours de la présidentielle 2017, du meeting d’Emmanuel Macron à celui de Marine Lepen. Il loge chez Francine, une vieille dame handicapée. Entre eux se tissent des liens ténus, et surtout une forme de dialogue qui vient éclairer les questionnements de Pierre, et ceux de l’époque tout entière.

Avec sa forme hybride (fiction/documentaire, super 8/ téléphone portable) et son personnage principal qui ne se sent jamais vraiment à sa place, D’un château l’autre capte la vulnérabilité cachée des temps. La réalité derrière les certitudes de façades et les grands idéaux péremptoires. Comme si, au milieu du cirque politique de l’entre-deux-tours, Emmanuel Marre filmait un tout petit îlot d’humanité résistante, mais aussi une forme de transmission tacite. Ce n’est pas en regardant le monde tourner que l’on changera les choses, dit en substance Francine qui exporte les jeunes générations à l’action. On dirait bien que les événements actuels essayent de lui donner raison.

Etreintes de Justine Vuylsteker


Ce premier film réalisé en France avec la technique de l'écran d'épingles depuis la disparition de ses créateurs Alexandre Alexeïeff et Claire Parker au début des années 80, est une rêverie mélancolique sublimée par la délicatesse du trait et le romantisme fragile de sa musique (signée Pierre Caillet). Justine Vuylstekeer y revisite dans un jeu intime et sensuel de noirs, de blancs et de gris, le motif universel du désir et des élans amoureux. Avec son personnage principal, on ressent les complexes élans du coeur et le douloureux ballet des remords et des regrets. Etreintes agit alors comme un miroir dans lequel les spectateurs projettent et découvrent leurs propres sentiments magnifiés.

Guaxuma de Nara Normande


Délicat et sincère, Guaxuma est un court métrage intime qui raconte à la première personne les souvenirs d'enfance de la réalisatrice, et surtout la profonde amitié qui la liait à son amie Tayra. Réalisé presque entièrement avec la technique du sable animé (en tout trois techniques différentes sont à l'oeuvre pour donner vie aux personnages et aux décors), il évoque la douceur des paradis perdus, les petits bonheurs de l'enfance et les aléas de l'adolescence, avant de se voiler peu à peu d'une mélancolie contagieuse et profonde.

Je sors acheter des cigarettes d’Osman Cerfon


Dans un graphisme simple qui va droit à l'essentiel, Osman Cerfon met en scène Jonathan, un adolescent de 12 ans qui habite avec sa sœur et sa mère dans un appartement où les placards et les tiroirs dissimulent des hommes qui ont tous le même visage. Le réalisme brut du début laisse ainsi peu à peu place à cette métaphore visuelle pour raconter le sous-texte de l’intrigue, et extérioriser les sentiments qui animent le personnage. Ce mélange d’humour et d’étrangeté est le cocktail idéal pour évoquer l’éternelle recherche d’un père absent, figure à la fois honnie et fantasmée, qui hante au sens propre la vie du jeune garçon. Les détails (le jeu des 7 familles, par exemple) apportent systématiquement un contrepoint doux-amer à ce qui se révèle peu à peu comme un récit intime puissant, aux accents aussi subtils que bouleversants.

Moi votre ami de Camille Polet


On est conquis presque malgré soi par ce beau film bienveillant qui évoque avec simplicité et justesse l'amitié, le temps qui passe, les regrets et la mélancolie. Le personnage principal, Fred, est un cinquantenaire un peu fatigué qui fait des chantiers pour vivre, tout en préparant une audition importante. Avec un vieil ami, il se souvient du passé, dans des scènes désarmantes de justesse et d'émotion. Même la séquence des retrouvailles avec le fils échappe à tous les clichés du genre. On s'attache tant au personnage, joliment incarné par le comédien Philippe Polet, qu'on voudrait le suivre au-delà de cette chronique ultra-sensible.

La nuit des sacs plastiques de Gabriel Harel


Peut-être l'une des propositions les plus folles de l'année : un film de genre qui réinvente le motif traditionnel de l'invasion (ici, des sacs plastiques) en jouant habilement sur le contraste entre la situation horrifique (les attaques à proprement parler) et l'interminable logorrhée du personnage féminin principal, obsédée par son désir d'enfant. Le mélange de rotoscopie et d'animation 2D traditionnelle produit un film étonnamment ancré dans la réalité, dont le basculement dans le fantastique et l'horreur est une belle démonstration d'humour noir. Ce qui n'empêche pas un sous-texte écologique plutôt flippant, l'Humanité se retrouvant plus ou moins condamnée à périr par le plastique, ou à fusionner avec lui.

Pauline asservie de Charline Bourgeois-Tacquet


Et si la meilleure comédie de l’année était un court métrage ? Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas autant ri que devant cette pépite ultra-contemporaine, aux dialogues ciselés comme dans le meilleur de la comédie américaine classique, très librement inspirée des Fragments d’un discours amoureux de Roland Barthes. Anaïs Demoustier, débit de mitraillette et fougue irrésistible, y est époustouflante en jeune femme obnubilée par un texto qui n’arrive pas. Que celui où celle qui n’a jamais connu pareille situation lui décoche la première menace de ghosting.

Retour et Last year when the train passed by de Pang-Chuan Huang


Considérons comme un diptyque les deux films du réalisateur Pang-Chuan Huang, ancien étudiant au Fresnoy. Le premier, couronné à Clermont Ferrand en février dernier, raconte en parallèle un mystérieux voyage en train vers l’Est, censé ramener le narrateur chez lui, et un autre périple, effectué des années plus tôt par un autre jeune homme pris dans la tourmente de l’Histoire. Le second, sélectionné à Locarno, est comme une suite étrange qui vient combler l'impossibilité sur laquelle nous laissait Retour : celle de rallier Taïwan par train depuis la France.

Malgré tout, le réalisateur a pris le train sur l'île, et est revenu, un an plus tard, interroger les habitants dont il avait photographié les maisons : « Que faisiez-vous l’an dernier quand j’ai pris cette photo du train qui passait devant votre maison ? » Le récit intime au coeur du premier film débouche ainsi sur une série de portraits touchants et sensibles qui livrent quelques bribes d'un quotidien on ne peut plus "normal" : en un an, les joies et les peines, la vie et la mort, sont passées dans chacune des maisons photographiées par le réalisateur.

Swatted d'Ismaël Joffroy Chandoutis

Ce documentaire venu du Fresnoy utilise des vidéos youtube et des images vectorielles issues d'un jeu vidéo pour raconter un phénomène de cyber-harcèlement qui touche les joueurs en ligne aux Etats-Unis : le swatting, consistant à usurper l'identité d'un gamer, puis appeler les secours en son nom en inventant l'histoire la plus sanglante (et la plus crédible) possible afin de faire débarquer le Swat (unité d'élite spécialisée dans les assauts) chez lui, armé jusqu'aux dents. Mêlant témoignages des joueurs et images virtuelles, il démontre la porosité des frontières entre la réalité et la fiction. La violence acceptable et apprivoisée du jeu semble en effet déborder brutalement dans le monde réel, le transformant en un lieu hostile et menaçant où la vie des protagonistes est cette fois véritablement en danger.

Le film participe ainsi d'une réflexion ultra-contemporaine sur l'incursion d'une violence, jusque-là cantonnée au périmètre de la fiction et des informations télévisées, dans notre quotidien le plus banal : dans la rue, dans une salle de concert, et jusque dans son salon. Non seulement il n'est plus possible de penser la violence comme on en avait l'habitude, notamment en la tenant à distance, mais surtout, il est devenu impossible de penser les images en termes binaires : d'un côté la réalité et de l'autre la fiction. Cette hybridation finit par envahir Swatted, qui nous propose la vision d'un monde entièrement virtuel, comme si on était soudainement incapable de voir la réalité autrement que sous le prisme de la "matrice", semblable à la trame d'un jeu vidéo.

Le tigre de Tasmanie de Vergine Keaton


Encore un film dont on vous aura parlé tout au long de l'année, dès sa découverte en février dernier à Berlin. Logique pour cette oeuvre fulgurante et radicale dont on n'a toujours pas fini de faire le tour, même après de multiples visions. A l'écran, les images (réelles, mais rotoscopées) d’un thylacine (également connu sous l’appellation Tigre de Tasmanie) alternent avec celles d'un glacier (recomposé à partir de multiples fragments d'images de glaciers) en train de fondre sous nos yeux.

La musique envoûtante et puissante signée Les Marquises résonne, accompagnant avec force ces images hypnotiques de la glace, puis de sa fusion avec la lave, et du déchaînement de la nature, ainsi que les allers et retours du tigre qui semble littéralement danser en rythme dans sa cage, avant de se coucher, comme abattu. On est à la fois bouleversé et sidéré par l’absolue beauté de la nature en action, qui déconstruit tout sur son passage, avant de recombiner ses différents éléments en une autre forme de paysage. La lave en fusion se mue en une nuée d’étoiles, de nouvelles splendeurs apparaissent, et le tigre peut se remettre à danser. Comme s'il avait survécu à sa propre extinction (le dernier représentant de l'espèce a disparu en 1936), l'animal se multiplie même à l'écran, et laisse alors entrevoir un avenir possible à inventer.

Ultra pulpe de Bertrand Mandico


Tourné dans la foulée des Garçons sauvages, auquel il emprunte quelques actrices (Elina Löwensohn, Vimala Pons, Pauline Lorillard), le nouveau court métrage de Bertrand Mandico est comme une orgie d'images et de références cinématographiques qui emportent le spectateur dans un incontrôlable tourbillon de sensations, de situations étranges en répliques fulgurantes, de plans ultra travaillés à des passages presque insoutenables. Sur cette fête de fin de tournage se téléscopent en effet des souvenirs et des fantasmes, des scènes de films et des cauchemars éveillés, qui rendent hommage aux codes de la science fiction et du cinéma de genre, et bien sûr aux actrices. Esthétiquement, Mandico n'en finit plus de confirmer sa place de cinéaste expérimentateur pour qui la forme est forcément apparente, ultra recherchée, presque outrée, qui donne à voir l'envers du décor dans un grand cri d'amour aux artifices magiques du cinéma.

Enfin, à noter que certains films ayant connu une belle carrière en 2018 figuraient dans notre classement 2017 !

Trois films récompensés par le jury du Prix Louis-Delluc

Posté par vincy, le 12 décembre 2018

Ni Douleur, ni Frères Sisters, ni Mademoiselle de Joncquières, ni Prière, ni comédie, ni film flyé. Le prix Louis-Delluc 2018 a été décerné à Plaire, aimer et courir vite de Christophe Honoré, qui était en compétition à Cannes en mai dernier, tout en repartant bredouille. Le 11e long métrage du réalisateur avait séduit 206000 spectateurs. C'est de loin le plus important prix qu'a reçu Honoré dans sa carrière cinématographique. Etre sélectionné à Cannes donne une véritable chance à un film puisque c'est la 7e fois en dix ans qu'un film présenté sur la croisette remporte le prix.

Le Prix Louis-Delluc du premier film a distingué deux films ex-aequo: Jusqu'à la garde de Xavier Legrand et Les garçons sauvages de Bertrand Mandico, tous deux présentés à Venise en 2017.

Ce qui donne un palmarès assez "queer" avec deux films sur le genre et l'identité LGBT (sans doute pour se rattraper de ne pas avoir récompensé 120 BPM l'an derner). Mais aussi un palmarès où la "famille" est explosée, décomposée ou recomposée. Le plus surprenant est sans aucun doute que, formellement, l'audace cinématographique est davantage du côté des deux Louis-Delluc du premier film que du Louis-Delluc "classique".

Cannes 2018: Le prix France Culture Cinéma des étudiants pour « Les garçons sauvages »

Posté par vincy, le 14 mai 2018

Le prix France Culture Cinéma des étudiants a été attribué à Bertrand Mandico pour Les garçons sauvages, premier long métrage sorti en février dernier. Le cinéaste présente son nouveau moyen métrage, Ultra Pulpe, de Bertrand Mandico à la Semaine internationale de la critique à Cannes cette année.

Il était face à Félicité d’Alain Gomis, Le jeune Karl Marx de Raoul Peck, Une saison en France de Mahamat-Saleh Haroun et Mister Universo de Tizza Covi et Rainer Frimmel.

Le prix France Culture Cinéma Consécration a été décerné à Claire Denis pour l’ensemble de son œuvre.

Quant à l'International Students Award UniFrance-France Culture, il revient à Stéphane de Freitas et Ladj Ly pour le film À voix haute, qui était en sélection face à L’amant d’un jour de Philippe Garrel, De toutes mes forces de Chad Chenouga, Marvin d’Anne Fontaine et Paris pieds nus de Fiona Gordon et Dominique Abel.

Cannes 2018 : la croisette côté courts

Posté par MpM, le 12 mai 2018

Puisque l’on vient (aussi) à Cannes pour y faire des découvertes, impossible de négliger l’offre de courts métrages présents sur la Croisette cette année, et qui réserve à la fois des retrouvailles avec des réalisateurs confirmés et des rencontres déterminantes.

Il y a cinq lieux pour voir des courts métrages sur la Croisette : à la Semaine de la Critique (10 films en compétition et 3 en séance spéciale), à la Quinzaine des Réalisateurs (10 films en compétition dont un moyen métrage de 44 minutes), en compétition officielle (8 Films), à la Cinéfondation, la compétition des films d’école (17 films) et au short film corner, où sont disponibles en visionnage à la demande tous les courts métrages qui y ont été soumis.

Parmi les réalisateurs déjà identifiés, il y a bien entendu Marco Bellocchio, de retour à la Quinzaine avec La lotta. On notera aussi la belle séance spéciale de la Semaine de la Critique qui réunit Bertrand Mandico (dont on vient de découvrir le premier long métrage, Les Garçons sauvages) avec Ultra pulpe, le cinéaste grec Yorgos Zois (Casus Belli, Interruption) avec Third kind et Boris Labbé (Orogenesis) avec La chute dont nous vous parlions dans notre Focus sur l’animation.

En vrac, on retrouvera également les nouveaux films de Jacqueline Lentzou (Hector Malot - The Last Day Of The Year - son précédent Hiwa était à Berlin) à la Semaine de la Critique, Raymund Ribay Gutierrez en compétition officielle (Judgment - après Imago, déjà présenté à Cannes), Celine Held et Logan George également en section officielle (Caroline - on les avait repérés au festival du film fantastique de Strasbourg avec Mouse), Carolina Markowicz (O Orfao - après le film d'animation Tatuapé Mahal Tower, qui a fait le tour du monde) ou encore Juanita Onzaga (Our song to war - après The Jungle Knows You Better Than You Do, prix du jury international à Berlin) toutes deux à la Quinzaine.

Parmi les découvertes, il faudra suivre de près le film chilien El verano del leon electrico de Diego Cespedes à la Cinéfondation, le (très) jeune réalisateur portugais Duarte Coimbra à la Semaine de la Critique avec Amor, Avenidas Novas, le moyen métrage qui s'annonce assez déjanté La Chanson à la Quinzaine (l'adaptation par Tiphaine Raffier de son spectacle du même nom) ou encore la comédie Pauline asservie de Charline Bourgeois-Tacquet avec Anais Demoustier à la Semaine. Sans oublier tous les films d’animation que nous avions détaillés lors du Focus.

L’année dernière, trois courts métrages présentés à Cannes ont ensuite connu une carrière exceptionnelle : The burden de Niki Lindroth von Bahr (qui a remporté des prix partout où il est passé, y compris le prix du court métrage de l'année), Los Desheredados de Laura Ferres (primé à Cannes puis nommé aux European Awards) et Pépé le morse de Lucrèce Andreae (César du meilleur court métrage d'animation). Ne ratez pas ceux qui leur succéderont cette année.

Cannes 2018 : une 57e sélection européenne et prometteuse pour la Semaine de la critique

Posté par MpM, le 16 avril 2018

Les deux comités de sélection de la Semaine de la Critique, sous la houlette du délégué général Charles Tesson, ont retenu cette année 13 courts métrages (sur 1500 visionnés) et 11 premiers et deuxièmes longs métrages (sur 1100) qui composeront le programme de cette 57e édition. Une édition qui s'annonce particulièrement tournée vers l'Europe, avec 10 longs métrages et 10 courts produits ou co-produits par un pays européen, dont la Grèce, la Finlande, le Portugal, l'Islande, la Pologne, la Suisse ou encore la Hongrie.

En compétition, on retrouve 5 premiers films, dont le très attendu documentaire animé Chris the Swiss dont nous vous parlions à l'occasion du dernier Cartoon Movie. La réalisatrice Anja Kofmel y explore les circonstances (obscures) dans lesquelles son cousin journaliste est mort pendant la guerre en Yougoslavie. On est également curieux de découvrir le premier film de Gabriel Abrantes (co-réalisé avec Daniel Schmidt), que l'on avait remarqué avec ses courts métrages, et notamment le programme sorti en salles sous le titre Pan pleure pas. En compétition, deux autres réalisateurs sont particulièrement attendus : Benedikt Erlingsson, dont on avait tant aimé Of horses and men, et Agnieszka Smoczynska, qui avait impressionné avec The lure.

Côté séances spéciales, on retrouve le premier film de Paul Dano en ouverture et le deuxième d'Alex Lutz en clôture, mais aussi le deuxième long métrage de Guillaume Senez (Keeper) et une séance de courts métrages qui réunit des auteurs déjà très remarqués puisqu'on y retrouve Bertrand Mandico (quelques semaines seulement après son premier long Les garçons sauvages), Yorgos Zois (Casus Belli, Interruption) et Boris Labbé dont le précédent film Orogenesis figurait dans nos dix courts métrages français ayant marqué l'année.

En compétition courts métrages, on peut noter la présence de la réalisatrice grecque Jacqueline Lentzou (sélectionnée à Berlin en 2017 avec Hiwa, dont nous vous parlions ici), de Mikko Myllylahti, scénariste d'Olli Mäki, récompensé à Cannes en 2016, ou encore de l'actrice Anaïs Demoustier, à l'affiche de Pauline asservie de Charline Bourgeois-Tacquet.

Compétition longs métrages
Chris the Swiss d'Anja Kofmel
Diamantino de Gabriel Abrantes & Daniel Schmidt
Egy Nap (Un jour) de Zsófia Szilágyi
Fuga (Fugue) de Agnieszka Smoczynska
Woman at War de Benedikt Erlingsson
Sauvage de Camille Vidal-Naquet
Sir de Rohena Gera

Compétition courts métrages
Amor, Avenidas Novas de Duarte Coimbra
Hector Malot - The Last Day Of The Year de Jacqueline Lentzou
Exemplary citizen de Kim Cheol-Hwi
Pauline asservie de Charline Bourgeois-Tacquet
La Persistente de Camille Lugan
Rapaz de Felipe Gálvez
Schächer de Flurin Giger
Tiikeri de Mikko Myllylahti
Un jour de mariage de Elias Belkeddar
Ya normalniy de Michael Borodin

Film d’Ouverture
Wildlife de Paul Dano

Séances spéciales longs métrages
Nos Batailles de Guillaume Senez
Shéhérazade de Jean-Bernard Marlin

Séance spéciale courts métrages
La Chute de Boris Labbé
Third Kind de Yorgos Zois
Ultra Pulpe de Bertrand Mandico

Film de Clôture
Guy de Alex Lutz

19 éditeurs au 5e Salon de l’Edition DVD indépendante

Posté par vincy, le 24 novembre 2016

Le 5e Salon de l’Édition DVD Indépendante se déroulera les 3 et 4 décembre prochains au Cinéma La Clef à Paris. Le salon est sur entrée libre et gratuite. Au total, 19 éditeurs de DVD seront présents, des projections et des dédicaces accompagneront l'événement.

Aloest Distribution, Artus Films, Blaq Out, Contre-Allée, Docks 66, Ed Distribution, KMBO, Le Chat qui Fume, Les Documents Cinématographiques, Les Films du Whippet, Les Mutins de Pangée, Lobster Films, Malavida, Potemkine, Re:Voir, Survivance, Tamasa, The Ecstasy of Films et Urban Distribution présenteront leurs catalogues et leurs nouveautés, à des tarifs préférentiels.

Seront projetés Bahador et des courts issus du coffret "Les pionniers de l'animation", films d'animation pour les enfants (Les films du Whippet/Lobster Fims) ; Themroc de Claude Faraldo, avec Michel Piccoli (Tamasa) ; Le sociologue et l'ourson, documentaire très approprié ces temps-ci d'Etienne Chaillou et Mathias Théry (Docks 66) ; D'une pierre deux coups de Fejria Deliba (Blaq Out). L'entrée pour les porjections est à 6€50.

Parmi les dédicaces ont notre celles de Mathias Théry et Fejria Deliba, mais aussi celles de Jean Marboeuf (Pétain, Tamasa), Bertrand Mandico (coffret Mandico in the Box, Malavida), Tommy Weber (Tête de chien, Quand je ne dors pas chez Contre-Allée) et Jill Coulon (Tu seras sumo, Aloest distribution).

Partenaire du salon, Ecran Noir vous fait gagner des DVD cette semaine. Pour être parmi les chanceux, il suffit de répondre à cette simple question par courriel: après un félin, un paon ou encore une pieuvre, quel animal cette année a été choisi pour illustrer l'affiche?

Cannes : l’atelier de la Cinéfondation soutient 15 projets

Posté par MpM, le 25 avril 2009

cannes_blog1.jpgCréé en 2005, l’Atelier de la Cinéfondation a pour but d’accompagner des cinéastes (ayant déjà fait leurs preuves par le passé) dans la genèse de leur nouveau film. La sélection se fait parmi des projets aboutis bénéficiant au minimum de l’appui d’un producteur et d’une partie du financement nécessaire. Chaque année, ce sont ainsi 15 réalisateurs qui profitent du Festival de Cannes pour rencontrer des partenaires potentiels venus du monde entier et, très souvent, mettre la dernière main à leur projet de long métrage. En effet, après avoir fait partie de l’Atelier, les lauréats mettent en moyenne moins d’un an pour débuter le tournage de leur film.

Nombre d’entre eux ont d’ailleurs été présentés à Cannes par la suite comme Elève libre de Joachim Lafosse, Home de Ursula Meier ou Salamandra de Pablo Aguero. Des réalisateurs confirmés tels que Bertrand Bonello, Lou Ye ou Tsai Ming-Liang sont également passés par ce programme qui réaffirme la volonté du Festival de Cannes de ne pas seulement être une vitrine de la production cinématographique mondiale, mais bien un acteur à part entière de cette production. En plus de l’Atelier, la Cinéfondation propose également une résidence permettant d’accompagner des cinéastes dans l’écriture d’un long métrage et une sélection de courts métrages projetés dans le cadre du Festival qui met en lumière chaque année une vingtaine de cinéastes à suivre.

Parmi les heureux élus de l’Atelier 2009, on retrouve la Libanaise Danielle Arbid (Dans les champs de bataille, Un homme perdu), le Marocain Faouzi Bensaidi (Mille mois) et l’Argentin Diego Lerman (Tan de repente) mais aussi plusieurs auteurs de courts métrages travaillant sur leur premier long, à l’image du Français Bertrand Mandico. Les budgets prévisionnels, dont certains sont déjà complétés pour le tiers, voire la moitié, vont de 310 000 à 3,2 millions d’euros.

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Découvrir les projets de l'Atelier 2009.