Barry Jenkins (« Moonlight ») adapte James Baldwin

Posté par wyzman, le 11 juillet 2017

Après avoir reçu l'Oscar du meilleur film, le réalisateur de Moonlight est de retour derrière la caméra pour le grand écran. En effet, Variety vient de révéler qu'il serait en discussion pour adapter le roman Si Beale street pouvait parler (If Beale Street Could Talk)de James Baldwin, l'auteur mis en lumière récemment par Raoul Peck dans le documentaire I am not your Negro.

If Beale Street Could Talk (parue en 1975 en France et qui va être réédité chez Stock en septembre) raconte la course contre la montre que traverse une jeune épouse, Tish, 19 ans et enceinte, lorsque le père, qu'elle veut épouser, est accusé à tort de viol. Elle décide de prouver son innocence avant la naissance de leur enfant.

Après le succès de Moonlight (Oscar du meilleur film, 65M$ au box office dans le monde), Barry Jenkins a récemment trouvé le temps de réaliser deux épisodes de Dear White People, la série de Netflix adaptée du film éponyme et qui vient d'être renouvelée.

Après Detroit de Kathryn Bigelow, prévu dans les salles cet été, l'adaptation de If Beale Street Could Talk par Barry Jenkins deviendrait le second projet d'Annapurna en tant que producteur et distributeur.

Damien Chazelle va faire swinguer le petit écran

Posté par cynthia, le 30 avril 2017

Alors que le 25 avril a été décrété aux États-Unis comme étant la journée de La La Land (oui vous avez bien lu), son célèbre réalisateur et accessoirement plus jeune oscarisé de l'histoire, travaille sur un projet pour le petit écran. Cette nouvelle série s'intitule The Eddy et racontera les déboires des patrons et des employées d'un club de jazz à Paris.

Selon le magazine The Hollywood Reporter, Damien Chazelle s'est associé au scénariste Jack Throne (Harry Potter et l'enfant maudit sur les planches), à Alan Poul (Six Feet Under) ainsi qu'à Glen Ballard (à qui l'on doit certains succès d'Alanis Morissette et de Michael Jackson).

Le projet n'a pas encore de maison de production, mais vu le succès de ses films, nul doute que les maisons vont se bousculer pour faire partie du projet (Amazon ? Netflix ? HBO ?)

Comme un génie n'arrive jamais seul, Barry Jenkins (Moonlight) va aussi réaliser une série pour Amazon (espérons que les scénarios ne soient pas mélangés comme les enveloppes à la dernière cérémonie des Oscars).

Est-ce qu'un réalisateur oscarisé peut cartonner avec une série ? Nous y croyons !

Barry Jenkins revient à la série pour Amazon et Netflix

Posté par wyzman, le 28 mars 2017

Deuxième personnalité noire après Steve McQueen à réaliser un film oscarisé, Barry Jenkins a actuellement le vent en poupe. Pour cause, son film Moonlight a fait un joli succès outre-Atlantique, y rapportant plus de 18 fois son budget (en France, le film a dépassé les 525000 entrées). Sacré meilleur film dramatique aux derniers Golden Globes, Moonlight fait désormais partie de l'histoire. Une raison pour laquelle Barry Jenkins peut désormais se concentrer sur des projets divers. Et c'est bien ce qu'il compte faire dès ce printemps.

Déjà auteur d'un épisode de la série Futurestates en 2011, Barry Jenkins sera prochainement de retour du côté du petit écran si l'on peut dire puisque Variety a annoncé qu'il allait écrire et réaliser la mini-série The Underground Railroad. Basé sur le roman éponyme de Colson Whitehead, la série d'Amazon narre les péripéties de Cora, une esclave d'une plantation de coton en Géorgie qui découvre l'existence d'un chemin de fer souterrain et organise sa fuite.

Couronné du National Book Award 2016, l'équivalent américain de notre prix Goncourt, The Underground Railroad (à paraître en France) a activement été soutenu par Oprah Winfrey et promu par Barack Obama himself. Bien qu'aucune date de mise en production ne soit pour l'heure annoncée, cela ne saurait tarder. Mais avant de découvrir cette série produite conjointement par Pastel Productions (la boîte de Barry Jenkins) et Plan B Entertainment (celle de Brad Pitt), vous noterez que Barry Jenkins a eu le temps de réaliser un épisode de la série de Netflix Dear White People, adaptée du film du même nom. La saison 1 de Dear White People sera mise en ligne le 28 avril.

Calvin Klein s’offre les acteurs de Moonlight

Posté par wyzman, le 1 mars 2017

Long métrage le plus récompensé de l'année, Moonlight n'a pas manqué de marquer l'histoire du cinéma américain dimanche soir en remportant l'Oscar du meilleur film (face à Premier contact, Fences, Tu ne tueras point, Comancheria, Les figures de l'ombre, La La Land, Lion et Manchester by the Sea). Et si la fin de la soirée a été on ne peut plus mouvementée (personne n'oubliera le couac dinal), l'équipe de Moonlight a de quoi se frotter les mains cette semaine.

Il y a quelques heures, la marque américaine Calvin Klein a en effet dévoilé les premiers clichés de sa nouvelle campagne Calvin Klein Underwear sur lesquels figurent les quatre acteurs principaux du film de Barry Jenkins : Mahershala Ali (43 ans), Trevante Rhodes (27 ans), Ashton Sanders (21 ans) et Alex Hibbert (12 ans). Présents ensemble sur le tapis rouge de la 89ème cérémonie des Oscars, les trois derniers acteurs qui campent Chiron avaient déjà fait le bonheur des photographes en arborant de sublimes costumes… Calvin Klein !

Simplement baptisée "Revelation", la campagne printemps 2017 de la marque est déjà partout sur la toile. Connue pour sa grande sensibilité, il va sans dire que le nouveau directeur artistique de Calvin Klein, Raf Simons, signe ici un très beau coup marketing. Eh oui, Calvin Klein s'offre en parallèle le premier acteur de confession musulmane à être oscarisé, Mahershala Ali. Un fait qui pourrait sembler anodin si, entre le début de la tournée promotionnelle de Moonlight et les Oscars 2017, Donald Trump n'était pas devenu président des Etats-Unis ! Pour rappel,  Mahershala Ali, Trevante Rhodes, Ashton Sanders et Alex Hibbert succèdent à des stars telles que Mark Wahlberg, Kellan Lutz, Mehcad Brooks et Jamie Dornan.

Oscars 2017: La La Land, Moonlight, deux enveloppes et un addict aux tweets

Posté par cynthia, le 1 mars 2017

Dans la nuit de dimanche à lundi, le plus grand malaise de l'histoire des Oscars a eu lieu au Dolby Theater. Non ce n'est pas Jennifer Lawrence qui s'est encore cassée la figure, c'est bien pire: ils ont annoncé le mauvais gagnant. Alors si vous vivez dans une grotte et que vous n'avez pas vu cet accident industriel, on vous rappelle les faits.

Le pataquès sur scène devant les caméras

La cérémonie touche à sa fin lorsque Faye Dunaway et Warren Beatty, le duo de Bonnie & Clyde (ça finissait mal d'ailleurs ce film) sont appelés à annoncer le grand gagnant, soit l'Oscar du meilleur film. Silence dans la salle, Warren ouvre l'enveloppe, semble mal à l'aise, regarde son amie, regarde l'enveloppe, regarde de nouveau son amie qui termine par lui lancer un "Non mais vas-y" avant d'hésiter (deux fois), de regarder le papier de la discorde puis l'actrice à ses côtés. N'en pouvant plus, Faye lui arrache l'enveloppe, mot devenu très tendance, et annonce le titre du film qu'elle voit: "La La Land!" Damien Chazelle sert dans ses bras avec fougue sa petite copine, toute l'équipe saute de joie et monte sur scène. Les producteurs Jordan Horowitz, Fred Berger, Marc Platt remercient tout le monde. Mais soudainement, alors qu'il discute avec Ryan Gosling, Horowitz déboule devant le micro. Il a entendu quelque chose et balance dans la confusion la plus totale: "Les gars, il y a eu une erreur! Moonlight c'est vous qui avez gagné ! Ce n'est pas une blague !" Alors que tout le monde s'attend à ce qu'il découpe son Oscar tel Adele avec son Grammy, afin de le partager avec l'équipe de Moonlight, le producteur de La La Land arrache la nouvelle enveloppe que l'on vient de donner à Warren Beatty pour montrer à la caméra et à l'assistance que c'est bien le film de Barry Jenkins qui est marqué sur le carton... Le temps que l'équipe de La La Land se mette en retrait, que Jimmy Kimmel intervienne un peu hagard, que Warren Beatty explique sa confusion, et que l'équipe de Moonlight monte sur scène et reçoive ces applaudissements: le mal était fait.

Choc dans l'assemblée nous avons eu le droit aux meilleures réactions de l'histoire du septième art, entre Ryan Gosling qui pouffe de rire sur scène (on adore), l'équipe de Moonlight où chacun se maintien la poitrine, Dwayne Johnson qui lève tellement son sourcil que ce dernier s'est réfugié en son crâne, Casey Affleck aussi mal à l'aise que lorsqu'il a été accusé d'agressions sexuelles ou encore Michelle Williams et Meryl Streep la bouche bloquée dans un "WHAT"! En 89 ans, c'était une première. Tout a foiré.

Pendant ce temps, dans les coulisses...

Dans les coulisses, Jimmy Kimmel prépare sa sortie avec Matt Damon. Il est tranquille mais l'acteur lui dit qu'il a entendu le régisseur parler d'erreur sur le gagnant. Kimmel ne comprend pas tout de suite, de son propre aveu, et son ami Damon le pousse à aller sur scène pour calmer l'effervescence.

Damien Chazelle sert dans ses bras le réalisateur de Moonlight (mais quel homme ce Damien) avant de s'éclipser, le regard sombre, avec son équipe de la scène. Warren Beatty s'excuse en expliquant qu'il avait la précédente enveloppe dans les mains (Oscar à Emma Stone pour LA LA LAND) et non celle qu'il devait avoir. Or, Emma Stone (grande fan de Moonlight), lors de son interview en backstage, explique qu'elle était très excitée pour Moonlight "car c'est le meilleur film de tous les temps" et qu'elle s'est mise sur le côté tout en tenant dans ses mains le carton où était inscrit son nom. "J'étais ultra-excitée pour Moonlight et je tenais la carte avec mon nom en tant que meilleure actrice tout ce temps! Je n'ai pas envie de commencer une histoire ou quoique ce soit mais je veux juste préciser que j'avais cette carte dans les mains! Du coup je ne sais pas ce qui s'est passé et j'ai vraiment eu envie de vous en parler en premier!"

Donc, DOUX JESUS que s'est-il passé? Un complot afin de discréditer le film hollywoodien par excellence que tout le monde voyait gagner? Miles Teller aurait-il jeter un sort à Damien Chazelle après avoir été évincé du projet La La Land?

Selon d'autres rumeurs et même si Emma Stone affirme avec force qu'elle avait son carton, l'un des responsables des enveloppes, Brian Cullinan, à ce poste depuis 4 ans, était plus occupé à tweeter des photos avec les lauréats (qu'il a retiré par la suite, comme par hasard) qu'à surveiller le bon échange des papiers sacrés. Quand on vous dit que les réseaux sociaux sont un fléau! Mais désormais on en a la preuve: Variety a réussit à obtenir des photos de Brian Cullinan en coulisses durant toute cette séquence.

Le distrait

En fait il y a deux piles d'enveloppes : pour chacune des catégories, il y a deux cartons si vous préférez. L'une à la gauche de la scène, l'autre à la droite. Selon par où entrent les remettants. Le rigoureux cabinet PwC, en charge de l'opération "enveloppe", ne s'était jamais trompé pourtant en 83 ans. C'est arrivé ce soir là. Quelqu'un, distrait par son narcissisme, a confondu de pile. Mais immédiatement, Cullinan et sa collègue Martha Ruiz, qui connaissent par cœur la liste des vainqueurs, comprennent qu'il y a une erreur. Martha Ruiz ouvre alors l'enveloppe de sa pile pour vérifier que c'est normalement Moonlight le gagnant. Et Cullinan a alors prévenu toute la production. Cela a quand même pris deux minutes entre La La Land de Dunaway et Moonlight de Horowitz.

Avec ce scandale, soit le moment le plus dingue de toute l'histoire de l'académie, les Oscars ont réussi à faire parler d'eux alors que c'est le film le moins coûteux de l'histoire de la récompense qui a été primé. PwC a évidemment pris l'entière responsabilité de son erreur. Cela a empêché Jimmy Kimmel de faire son épilogue avec Matt Damon. En revanche, les internautes ont très vite détourné ce moment, de M. Night Shyamalan qui avoue avoir écrit la fin de cette cérémonie, à Kimmel qui confesse qu'un tel final ne s'était jamais vu à la TV depuis l'épilogue de Lost, en passant par ceux qui ont parodié le carton.

L'académie s'est excusée. Une enquête est en cours. Des têtes vont tomber. Pendant ce temps, on peut dire que la victoire de Moonlight a été un peu volée (le temps des discours a été fortement réduit) et que le triomphe de La La Land a été amoché.

Oscars 2017: Moonlight triomphe, La La Land et Manchester by the Sea rayonnent

Posté par vincy, le 27 février 2017

Il y avait une revendication anti-Donald Trump dans l'air. Hollywood est entré en résistance. "Puissiez-vous toujours avoir le courage d'affronter vos peurs" le disait si bien le réalisateur Alan Barillaro, auteur du court de chez Pixar, Piper, en gagnant son Oscar. Dans un registre plus léger, Jimmy Kimmel s'inquiétait: "Ça fait plus de 2 heures qu'on a commencé et Trump a pas fait un seul tweet sur les Oscars... Ça commence à m'inquiéter !". Il lui a donc envoyé un court tweet au président où "Meryl Streep lui disait bonjour", en référence au tweet de Trump considérant Streep "surévaluée". Kimmel en a fait son "running gag" puisqu'il avait déjà balancé plus tôt dans la soirée: "Dès le début de sa carrière, Meryl Streep a été médiocre. Elle a déçu dans 50 films et c'est sa 20ème nomination !" (bon en même temps celle de cette année était peut-être un peu superflue).

Mais Kimmel aussi pointé avec ironie la polémique de l'an dernier sur des Oscars jugés trop blancs: "J'aimerais remercier le président Trump. L'année dernière, on pensait tous que c'était les Oscars qui étaient racistes !"

Accident en direct

Oscars so white? Oubliez-ça! Pour une fois, les Oscars ont sacré, Moonlight, un premier film, avec un casting 100% black et une histoire gay! Le combo total! "Il y a une époque où je pensais que ce film était impossible ! Merci beaucoup" a clamé le cinéaste Barry Jenkins. Bon, on va passer sur l'erreur la plus dingue de l'histoire des Oscars: Warren Beatty et Faye Dunaway présentent l'Oscar du meilleur film. Beatty a un moment d'hésitation, trouvant sans doute étrange ce qu'il lit. Dunaway clame La la Land. L'équipe de Chazelle exulte et monte sur scène! Manque de bol, ce n'était pas la bonne enveloppe ("Ce n'est pas une blague!"). Un accident industriel. C'est bien Moonlight qui l'emporte et un producteur de La La Land, très digne, très classe tend l'Oscar à Barry Jenkins, qui n'en revient pas, assis dans la salle.
On retire tout ce qu'on a dit sur Hollywood qui préfère se regarder dans un miroir et oublie de récompenser des films qui regardent le monde. Pour le coup, cet Oscar du meilleur film est un vrai "face palm" ou une réaction à Trump et à ceux qui l'an dernier accusaient les Oscars de racisme.

Un américain musulman pour la première fois

Dans la catégorie du meilleur second-rôle, ce sont deux afro-américains pour deux films centrés sur des afro-américains, et leurs conditions de vie dans une Amérique qui ne leur fait pas de cadeaux, qui ont gagné. Viola Davis réalise ainsi l'exploit d'être la première interprète afro-américaine à avoir emporté un Emmy, un Tony et un Oscar. Outre l'Oscar du meilleur second-rôle pour Mahershala Ali (et premier acteur musulman à être ainsi lauréat d'un Oscar ce qui a du rendre Trump plus rouge que d'habitude), Moonlight a aussi remporté l'Oscar de la meilleure adaptation. L'auteur de la pièce originelle Tarell Alvin McCraney a d'ailleurs dédié "ce prix à toute la communauté LGBT !" Les minorités assument face à cette Amérique qui tente de revenir en arrière.

Un doublé rare grâce à Farhadi

Et que Le client décroche l'Oscar du meilleur film en langue étrangère (certes les quatre autres nommés n'étaient pas ni meilleurs ni moins bons) et on ne pourra qu'y voir une contestation affichée au Muslim ban du président des Etats-Unis, qui a empêché Asghar Farhadi d'aller sur la scène des Oscars pour la deuxième fois, cinq ans après celui qu'il a reçu pour Une séparation. Boycottant la cérémonie au nom des habitants des sept pays interdits d'entrée aux USA, il a rappelé que les films étaient fait pour partager les valeurs humanistes et abolir les frontières. Il devient le sixième réalisateur à gagner plus d'une fois cet Oscar (après Vittorio De Sica (1948, 1950, 1965, 1972), Federico Fellini (1957, 1958, 1964, 1975), Ingmar Bergman (1961, 1962, 1984), René Clément (1951,1953) et Akira Kurosawa (1952, 1976)).

Le plus jeune cinéaste oscarisé

Cette année, les Oscars ont éparpillé leurs récompenses entre de nombreux films tout en privilégiant Tu ne tueras point, Moonlight, Manchester by the Sea et bien sûr La La Land, qui ont tous gagné plus d'une statuette. Comme si les meilleurs films de l'année avaient chacun leurs propres qualités. De la technique pour le film de Mel Gibson, le scénario et l'acteur pour Manchester by the Sea. Casey Affleck a ainsi logiquement été sacré meilleur acteur, après avoir raflé à peu près tous les prix depuis novembre. la musique et la réalisation pour La La Land, qui récolte 6 Oscars! Damien Chazelle devient le réalisateur le plus jeune à recevoir l'Oscar du meilleur réalisateur, by the way. Dommage qu'il ait fait un discours si banal... Comme on s'y attendait, Emma Stone rapporte elle aussi un Oscar de la meilleure actrice, empêchant Isabelle Huppert de faire son grand chelem américain. "J'ai encore beaucoup à apprendre mais cette statuette c'est un symbole pour poursuivre ce voyage" a rappelé la jeune actrice.

Ce fut donc un palmarès sans réelle surprise, mais assez équilibré pour cette 89e Cérémonie des Oscars, et la preuve, une fois de plus, que les films d'auteur ont réellement dominé l'année hollywoodienne. C'est d'autant plus une bonne nouvelle que chacun des gagnants a été rentable pour leurs producteurs et même, pour certains, de véritables succès publics. On peut regretter que plus les Oscars majeurs passaient, plus les discours s'affadissaient, avec des tonnes de remerciements personnels. La fin de la soirée était ainsi une suite de consécrations attendues, sans la verve de Jimmy Kimmel ou l'engagement des speechs des premiers gagnants.

Mais Kimmel a été bon jusqu'au bout. Profitant de l'incident sur l'Oscar du meilleur film, il a eu la bonne vanne pour conclure: "Je savais que j'allais foirer... Je vous promets de ne plus jamais revenir !"

Meilleur film: Moonlight
Meilleur réalisateur: Damien Chazelle pour La La Land

Meilleure actrice: Emma Stone dans La La Land
Meilleur acteur: Casey Affleck dans Manchester by the Sea
Meilleur second-rôle féminin: Viola Davis dans Fences
Meilleur second-rôle masculin: Mahershala Ali dans Moonlight

Meilleur film en langue étrangère: Le client d'Asghar Farhadi
Meilleur film d'animation: Zootopie de Byron Howard, Rich Moore et Clark Spencer
Meilleur court métrage d'animation: Piper d'Alan Barillaro et Marc Sondheimer
Meilleur documentaire: O.J.: Made in America d'Ezra Edelman et Caroline Waterlow
Meilleur court métrage documentaire: The White Helmets d'Orlando von Einsiedel et Joanna Natasegara
Meilleur court métrage fiction: Mindenki (Sing) de Kristof Deak et Anna Udvardy

Meilleur scénario: Kenneth Lonergan (Manchester by the Sea)
Meilleure adaptation: Barry Jenkins et Tarell Alvin McCraney (Moonlight)
Meilleure musique: Justin Hurwitz (La La Land)
Meilleure chanson: "City of stars" (La La Land)

Meilleure image: Linus Sandgren (La La Land)
Meilleur montage: John Gilbert (Tu ne tueras point)
Meilleurs décors: David Wasco, Sandy Reynolds-Wasco (La La Land)
Meilleurs costumes: Colleen Atwood (Les animaux fantastiques)
Meilleurs maquillages et coiffures: Alessandro Bertolazzi, Giorgio Gregorini, Christopher Allen Nelson (Suicide Squad)
Meilleur montage (son): Sylvain Bellemare (Premier contact)
Meilleur mixage (son): Kevin O'Connell, Andy Wright, Robert Mackenzie, Peter Grace (Tu ne tueras point)
Meilleurs effets visuels: Robert Legato, Adam Valdez, Andrew R. Jones, Dan Lemmon (Le livre de la jungle)

Spirit Awards 2017 : Moonlight au sommet, Isabelle Huppert dans les étoiles

Posté par wyzman, le 26 février 2017

A quelques heures des Oscars 2017, le deuxième long métrage de Barry Jenkins vient de réaliser une magnifique razzia aux Spirit Awards. Eh oui, la cérémonie qui récompense le meilleur du cinéma indépendant n'est pas passée à côté de Moonlight, le film le plus récompensé de l'année qui traite notamment des tourments intérieurs d'un jeune homme noir tentant de comprendre sa sexualité. Déjà récompensé du Golden Globe du meilleur film dramatique en janvier dernier, cette pépite est nommée pas moins de 8 fois aux Oscars de ce soir.

Élu meilleur film de l'année face à American Honey, Chronic, Jackie et Manchester by the Sea, Moonlight a également permis à son réalisateur, Barry Jenkins, de repartir avec le Graal de sa catégorie. Sans surprise, Casey Affleck a été nommé meilleur acteur pour son rôle dans Manchester by the Sea tandis qu'Isabelle Huppert s'est offerte la statuette de meilleure actrice pour son incroyable performance dans Elle. Dans le reste du palmarès, on retiendra bien évidemment The Witch, nommé meilleur premier film, Toni Erdmann, meilleur film étranger et O.J. : Made in America, meilleur film documentaire.

A quelques heures des Oscars, toute l'équipe de Moonlight peut donc sourire. Avec six trophées (dont le prix Robert Altman décerné à l'ensemble du casting), il y a fort à parier que le film ne repartira pas les mains vides du Dolby Theatre de Los Angeles. Par ailleurs, vous êtes cordialement invités à venir célébrer le cinéma américain et les Oscars en notre compagnie ce soir au Club de l'Etoile !

Meilleur film

Moonlight / American Honey Chronic / Jackie / Manchester by the Sea

Meilleur réalisateur

Barry Jenkins - "Moonlight" / Andrea Arnold –”American Honey” / Pablo Larraín –”Jackie”  / Jeff Nichols –”Loving” / Kelly Reichardt –”Certain Women”

Meilleur acteur

Casey Affleck –”Manchester by the Sea” / David Harewood –”Free in Deed” / Viggo Mortensen –”Captain Fantastic” / Jesse Plemons –”Other People” / Tim Roth –”Chronic”

Meilleure actrice

Isabelle Huppert –”Elle” / Annette Bening –”20th Century Women” / Sasha Lane –”American Honey” / Ruth Negga –”Loving” / Natalie Portman –”Jackie”

Meilleur acteur dans un second rôle

Ben Foster –”Hell or High Water”/ Ralph Fiennes –”A Bigger Splash” / Lucas Hedges –”Manchester by the Sea” / Shia LaBeouf –”American Honey” / Craig Robinson –”Morris from America”

Meilleure actrice dans un second rôle

Molly Shannon –”Other People” / Edwina Findley –”Free in Deed” / Paulina García –”Little Men” / Lily Gladstone –”Certain Women” / Riley Keough –”American Honey”

Meilleur scénario

Barry Jenkins et Tarell Alvin McCraney –”Moonlight” / Mike Mills –”20th Century Women” / Taylor Sheridan –”Hell or High Water” / Ira Sachs et Mauricio Zacharias –”Little Men” / Kenneth Lonergan –”Manchester by the Sea”

Meilleur premier scénario

Robert Eggers –”The Witch” / Chris Kelly –”Other People” / Adam Mansbach –”Barry” / Stella Meghie –”Jean of the Joneses” / Craig Shilowich –”Christine”

Meilleur premier film

“The Witch” / “The Childhood of a Leader” / “The Fits” / “Other People” / “Swiss Army Man”

Meilleur film documentaire

“O.J.: Made in America” / “13th” / “I Am Not Your Negro” / “Cameraperson” / “Sonita” / “Under the Sun”

Meilleure photographie

James Laxton –”Moonlight” / Ava Berkofsky –”Free in Deed” / Lol Crawley –”The Childhood of a Leader” / Zach Kuperstein –”The Eyes of My Mother” / Robbie Ryan –”American Honey”

Meilleur montage

Joi McMillon et Nat Sanders –”Moonlight” / Matthew Hannam –”Swiss Army Man” / Jennifer Lame –”Manchester by the Sea” / Jake Roberts –”Hell or High Water” / Sebastián Sepúlveda –”Jackie”

Meilleur film étranger

“Toni Erdmann” (Allemagne/Roumanie) / “Aquarius” (Brésil) / “Chevalier” (Frèce) / “Trois souvenirs de ma jeunesse” (France) / “Under the Shadow” (Iran/UK)

Prix Robert Altman

Moonlight

Prix John Casavetes

Spa Night / Free in Deed / Hunter Gatherer / Lovesong / Nakom

Moonlight complètement altéré par la censure indienne

Posté par wyzman, le 23 février 2017

A quelques jours des Oscars, le second film de Barry Jenkins est au cœur d'une bien triste polémique. Un utilisateur de reddit a récemment mis en lumière la censure dont Moonlight est actuellement victime en Inde. En effet, le Central Board of Film Certification (soit l'office de régulation et de censure du cinéma indien) a tout simplement modifié un nombre considérable de scènes du film.

Centré sur le parcours d'un jeune garçon noir qui tente de comprendre sa sexualité, le film qui a reçu pas moins de 8 nominations aux Oscars n'a visiblement pas plu aux censeurs dans son état d'origine. Vraiment pas plu ! Ainsi, les mots "bitch", "bitches", "motherfucker" et "dick" ont été assourdis. De plus, la scène au cours de laquelle l'un des protagonistes a un rapport sexuel avec une jeune fille de son école a été coupée, tout comme le rapport sexuel largement suggéré de deux garçons sur la plage.

Dans un pays où même un simple baiser peut choquer les censeurs (ce qui explique pourquoi dans Lion, le couple Dev Patel/Rooney Mara ne s'embrasse pas, par respect pour le public indien, selon son réalisateur), on comprend que cela les révulse...

Mais ce n'est pas tout ! Le CBFC a également pris la peine d'ajouter des spots alertant contre le méfaits du tabagisme avant et au milieu du film et des messages statiques lorsque les personnages fument à l'écran.

L'homosexualité étant toujours un sujet tabou et un crime passible de la prison à vie en Inde, il va sans dire que la sortie de Moonlight ne pouvait avoir lieu sans incident. Néanmoins, les censeurs ont ici complètement altéré le sens et la beauté de Moonlight. Privé de scènes-clés et d'un langage nécessaire à l'appréhension du personnage, le public indien risque d'avoir bien du mal à comprendre la complexité du film et les enjeux de la troisième et dernière partie.

Pragmatique, un autre utilisateur de reddit a tenté la comparaison avec John Wick 2 et écrit ainsi : "toute la violence gratuite [de John Wick 2] est présente dans son ensemble. Le [CBFC] a cette étrange habitude de couper des injures et des scènes intimes mais un gars tué après un coup de fusil de chasse dans sa bouche ? C'est tout à fait acceptable !"

Pour rappel, Moonlight est le film le plus récompensé de l'année. Il a récemment reçu le Golden Globe du meilleur film dramatique et pourrait faire, on l'espère!, une petite razzia aux Oscars de dimanche soir.

Le film que j’attends le plus en 2017 : Moonlight de Barry Jenkins

Posté par wyzman, le 29 décembre 2016

Bien que Moonlight dispose d'un confortable mini-buzz depuis plusieurs mois, c'est finalement le chapô d'un article du Huffington Post qui m'a contraint à m'intéresser pleinement au deuxième film de Barry Jenkins. "Le film n'explore pas seulement ce que cela signifie d'être un homme noir et gay, mais d'être un homme." A un moment où les polémiques autour de la diversité s'enchaînent à une vitesse ahurissante, dire que je suis impatient de découvrir Moonlight (ou l'histoire du passage à l'âge adulte d'un jeune homme noir et gay) serait un bel euphémisme.

L'une des premières raisons, c'est son caractère unique. Eh oui, à mieux y regarder, il n'existe à ce jour aucun film traitant principalement des problèmes d'un homme noir et gay sur plusieurs années. Cela peut paraître anodin, mais après une belle année 2016 en ce qui concerne la cause LGBT et 8 années de présidence Obama, 2017 ne pourrait pas mieux commencer à mes yeux qu'avec la sortie de Moonlight. Parce que l'homosexualité a déjà été régulièrement été traitée au cinéma par le biais de personnages blancs, Moonlight me rend également très réticent. Quand on sait que la recherche Google gay+black+movie ne mène qu'à des articles sur Moonlight ou des sites pornographiques, qui ne le serait pas ?

La violence y sera-t-elle gratuite ? Les personnages noirs secondaires seront-ils des stéréotypes ? Les prix me sembleront-ils mérités ? Moonlight sera-t-il à la hauteur de mes attentes ? Parviendrai-je à m'identifier à un quelconque personnage ? Serai-je touché par cette histoire ? Autant de questions que je me pose depuis plusieurs semaines et qui resteront certainement sans réponse jusqu'au 1er février, date de sortie du film en France. Cela étant dit, la question que je me pose le plus souvent est la suivante : à un moment où tous mes amis (queer et/ou blancs) sont capables de citer des personnages qui leur ont servi de modèles et au moins un film qui leur a ouvert les yeux, Moonlight et son héros Chiron auront-ils cet effet sur mois ?

Encensé par la critique, Moonlight est de toutes les cérémonies : Hollywood Film Awards, Gotham Awards, New York Film Critics Circle, British Independent Film Awards, Los Angeles Film Critics Association, American Film Institute, Boston Online Film Critics Association, Boston Society of Film Critics, Critics Choice Awards, Chicago Film Critics Association, etc. A l'heure actuelle, le seul film capable de barrer la route de Moonlight aux Oscars 2017 s'appelle... La La Land !