Carton plein pour Lion et Nicole Kidman aux Oscars australiens

Posté par vincy, le 7 décembre 2017

Le cinéma australien a décerné ses prix cette semaine. Et le favori de la compétition des Australian Academy of Cinema and Television Arts Awards (AACTA Awards) a tout raflé.

Lion de Garth Davis a été le grand vainqueur de cette soirée en récoltant quasiment tous les trophées: meilleurs film, réalisateur, scénario adapté, acteur (Sunny Pawar), second-rôle masculin (Dev Patel), second-rôle féminin (Nicole Kidman), image, montage, musique, son, décor et costumes. 12 prix pour 12 nominations. Les deux autres prix ont été décernés à Ali's Wedding (scénario original) et Emma Booth dans Hounds of Love (actrice).

Nicole Kidman a d'ailleurs fait coup double avec la catégorie télévision. Elle a reçu le prix de la meilleure actrice invitée ou en rôle de soutien pour sa participation à Top of the Lake: China Girl. La saison 2 de la série de Jane Campion a aussi raflé le prix de la meilleure série dramatique, de la meilleure actrice (Elisabeth Moss), du meilleur acteur invité ou en rôle de soutien (Ewen Leslie). Seuls Jane Campion dans la catégorie meilleur réalisateur et David Dencik dans la catégorie meilleur acteur ont du concéder la victoire respectivement à Glendy Ivin et au grand Hugo Weaving, tous deux récompensés pour la série Seven types of ambiguity, également primée pour son scénario, son image et son montage.

Kidman n'avait pas reçu de prix dans son pays depuis 1987 (meilleure actrice dans une série pour Vietnam) malgré quatre nominations.

Cannes 70 : l’émergence d’un nouveau cinéma australien

Posté par cannes70, le 16 mai 2017

70 ans, 70 textes, 70 instantanés comme autant de fragments épars, sans chronologie mais pas au hasard, pour fêter les noces de platine des cinéphiles du monde entier avec le Festival de Cannes. En partenariat avec le site Critique-Film, nous lançons le compte à rebours : pendant les 70 jours précédant la 70e édition, nous nous replongeons quotidiennement dans ses 69 premières années.

Aujourd'hui, J-2. Et pour retrouver la totalité de la série, c'est par .


1971. Cette année-là, au 25e Festival international du Film de Cannes, on trouve dans le jury Sergio Leone, Luchino Visconti reçoit un prix spécial, à la fois pour son adaptation de Thomas Mann Mort à Venise et pour l'ensemble de son oeuvre, tandis que Riccardo Cucciolla remporte le prix d'interprétation pour son rôle dans Sacco e Vanzetti.  On trouve en compétition tout un tas de nationalités différentes : des Italiens comme on vient de le voir, mais aussi des Français - tels Jean-Paul Rappeneau pour Les mariés de l'an II, Louis Malle pour Le souffle au cœur -, un Hongrois (Károly Makk avec Amour, dont on vous parlait il y a quelques mois), ou encore des Américains dont Jerry Schatzberg venu présenter Panique à Needle Park. Mais cette année-là, c'est le cinéma australien dont la présence va être signifiante, même s'il ne remporte aucun prix.

Cannes 1971 : l'émergence d'un nouveau cinéma


En effet, cette année-là sont présents Réveil dans la terreur (qu'on trouve aussi sous son titre original, Wake in fright, ou encore sous le nom de Outback), et La Randonnée (Walkabout). Deux films qui vont, inconsciemment, définir un tout nouvel élan dans l'industrie cinématographique du pays, deux témoins d'une contre-culture naissante, paradoxalement réalisés par un Canadien (Ted Kotcheff) et par un Anglais (Nicolas Roeg).

Ils s'attachent à mettre en scène l'outback, zone désertique qui forme la plus grande partie du territoire australien. Un environnement dans lequel on retrouve des animaux plus ou moins dangereux pour l'homme : des serpents, des kangourous, ou même des dromadaires (autrefois importés par des colons afghans). Cet environnement qui semble définir les hommes qui y sont soumis, même un cinéaste plus classique comme Peter Weir dans Pique-nique à Hanging rock le mettra en scène ; excepté qu'aux jeunes Australiennes à la culture anglo-saxonne, Roeg et Kotcheff préfèrent explorer des personnalités plus typiquement australiennes, qu'il s'agisse des Aborigènes, qui ont dû subir le joug des colons anglais, ou des citadins alcooliques et violents qui peuplent les villes perdues en plein désert.

Pourtant Wake in fright, malgré son importance dans le cinéma australien et dans son renouveau, est longtemps resté invisible. S'il a bien été accueilli lors de sa projection à Cannes, et est resté cinq mois à l'affiche dans l'unique cinéma parisien qui le projetait, il est ensuite tombé dans l'oubli. Pas distribué, ou alors dans des copies abîmées et censurées, il a été entièrement restauré en 2009, puis est revenu, triomphalement, à Cannes en 2014, avant d'être édité en DVD et Blu-ray.

La nouvelle vague (encore une)


En effet, une décennie après la Nouvelle Vague originelle - la française -, bien avant la roumaine ou encore la coréenne , et plus ou moins en même temps que l'allemande, s'est formée la Nouvelle Vague australienne. Alors que la production cinématographique nationale dans les années 60 était peu abondante, de nombreux réalisateurs se sont formés à la télévision, de plus en plus populaire, mais aussi grâce à des initiatives du gouvernement.

En résulte un nouveau souffle pour le cinéma australien au début des années soixante-dix. Si l'on en croit l'encyclopédie Tout sur le cinéma, aux éditions Flammarion, deux styles de films se distinguent alors : d'un côté, des séries d’exploitation, violentes, de l'autre des plus grosses productions, plus prestigieuses. Pourtant, en regardant de plus près des représentants de ces deux styles, la différence est assez ténue. Prenons Wake in fright (1971, Ted Kotcheff) et Pique-nique à Hanging Rock (1975, Peter Weir) : tous deux sont à première vue assez éloignés. D'un côté, une descente en enfer imbibée de violence et d'alcool, de l'autre un film en costume avec des jeunes filles. Cependant, les deux cinéastes ont beau adopter deux formes drastiquement opposées, ils évoquent les mêmes thèmes, qui semblent définir ce nouveau cinéma australien : la violence des rapports humains et la relation conflictuelle avec une nature à la fois libératrice et prédatrice.

Le cinéma australien, au-delà de cette vague des années 70, est dans son ensemble un cinéma qu'on voit peu. On trouve d'ailleurs très peu d'ouvrages, et aucun en français, sur le sujet de ce cinéma australien des années 1970 - ni même sur les décennies suivantes. Il faut dire que les réalisateurs australiens les plus connus ont mené une carrière internationale, et ont peu livré de films purement australiens après leurs premiers grands succès. Difficile en effet de considérer le Australia de Baz Luhrmann comme un film à l'identité australienne marquée ; idem pour les plus grands succès de Peter Weir, même si la nature dans Les chemins de la liberté est à la fois une ennemie et une alliée. Crocodile Dundee, plus gros succès du cinéma national, met lui en scène l'outback et les aborigènes ... mais pas sûr qu'il le fasse avec finesse !

À Cannes même, la représentation du cinéma australien reste modeste. En 1980, Jack Thompson, légende du cinéma australien, reçoit un prix du second rôle pour Héros ou Salopards (Breaker Morant), en 1994 la Quinzaine des Réalisateurs invite Muriel pour son mariage et révèle deux grandes actrices (Toni Collette et Rachel Griffiths) et plus récemment en 2015, George Miller se réinvente en ajoutant un nouvel opus à sa saga fétiche avec Mad Max Fury Road, présenté hors-compétition mais si bien reçu que le réalisateur devint le président du jury un an plus tard. En manque de représentants marquants côté cinéastes aujourd'hui en dehors de ses nombreux visages familiers devant la caméra (Nicole Kidman, Naomi Watts, Hugh Jackman, Geoffrey Rush, Cate Blanchett...) parfois emportés par les sirènes du cinéma international au détriment des productions locales, le cinéma australien n'a plus la veine créative des années 70 et dans une moindre mesure des années 80, pourtant on espère encore qu'une nouvelle nouvelle vague australienne nous séduise et nous offre à nouveau de belles images de cinéma comme il nous en fut alors proposé.

Nicolas Santal de Critique-Film

Mel Gibson grand vainqueur des Oscars australiens

Posté par redaction, le 8 décembre 2016

Tu ne tueras point a tué la concurrence. Le film de Mel Gibson, qui connaît un beau succès en salles aux Etats-Unis comme en France, a remporté neuf prix aux Australian Academy of Cinema and Television Arts Awards, les Oscars australiens: meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur (Andrew Garfield), meilleur second-rôle masculin (Hugo Weaving, pour la seconde année consécutive), meilleur scénario, meilleure image, meilleur montage, meilleur son et meilleur montage. Une razzia pour un film que personne n'a vu venir.

Tu ne tueras point, histoire imaginée au début des années 200, premier film du réalisateur Gibson depuis 2006, a une autre particularité. Tous les personnages sont américains mais un seul acteur est du casting est américain, le rôle principal est interprété par un britannique tandis que le reste des comédiens sont tous australiens.

Le film avait reçu une longue standing ovation au dernier festival de Venise et a été cité parmi les dix meilleurs films de l'année du National Board of Review.

Autant dire qu'il ne restait que quelques prix à distribuer cette nuit à Sydney: Odessa Young, meilleur actrice et Miranda Otto, meilleur second rôle féminin , toutes deux pour The Daughter, également récompensé pour son scénario adapté ; le prix de la meilleure musique est revenu à Tanna et celui des costumes a été décerné à Girl Asleep.

Un prix pour l'ensemble de sa carrière à distingué Paul Hogan, aka Crocodile Dundee.

George Miller, Président du jury du 69e Festival de Cannes

Posté par vincy, le 2 février 2016

Ni Palme, ni Ours, ni Lion. Et pour cause, le président du jury du 69 e Festival de Cannes (11-22 mai) n'a jamais été en compétition dans l'un des trois grands festivals de la planète. Il est d'un autre monde. George Miller, réalisateur, scénariste et producteur australien, down under ,présidera donc les destinées des films en compétition du Festival. Un maître du genre, prince des blockbusters, qui a su insuffler sa touche personnelle au fil des décennies.

A Cannes l'an dernier, son Mad Max: Fury Road avait suscité, avec bruits et fureur, l'enthousiasme des cinéphiles, hors compétition. Depuis l'oeuvre pétaradante a pioché pas mal de prix auprès des syndicats et cercles de critiques et Miller a décroché une nomination à l'Oscar du meilleur réalisateur. L'Oscar, il en a déjà un grâce à un film d'animation, Happy Feet, comédie musicale environnementaliste déjantée et empathique.

Recevant son invitation cannoise, George Miller a déclaré : "Quel immense plaisir ! Être au cœur de ce Festival chargé d'histoire qui dévoile les joyaux du cinéma mondial, débattre des heures passionnément avec mes compagnons de Jury, c'est un grand honneur. Je ne manquerais ça pour rien au monde !"

Visionnaire, créateur d'univers, vacillant entre le cinéma d'action et les films familiaux, entre l'apocalypse rock n'roll et la fable irrévérencieuse, Miller est l'un des grands cinéastes venus d'Australie dès la fin des années 70, aux côtés de Peter Weir, Bruce Beresford et Phillip Noyce. Il a réalisé son premier film, Violence in the Cinema, part 1, en 1971. Le court métrage remporte deux alors prix de l'Australian Film Institute.

En 1979, naît Mad Max et révèle un certain Mel Gibson: road-movie, western, science-fiction se mélangent dans un cirque ultra-violent qui donnera trois autres films, trois gros succès populaires: Mad Max 2 : le Défi en 1981, Mad Max au-delà du Dôme du Tonnerre en 1985 et donc le désormais culte Mad Max: Fury Road en 2015.

Oeuvre spectaculaire et jubilatoire

En 1983, aux côtés de John Landis, Steven Spielberg et Joe Dante, le cinéaste réalise le dernier segment de La Quatrième Dimension (Twilight Zone: The Movie). Et en 1987, il s'aventure dans la comédie fantastique et faustienne avec Les Sorcières d'Eastwick, là encore un succès en salles, avec Nicholson, Sarandon, Cher et Pfeiffer. Il change de registre en 1992 avec un drame intimiste et familial, Lorenzo, porté par Susan Sarandon et Nick Nolte. Il s'agit de son seul échec public mais c'est aussi sa première nomination aux Oscars (pour le scénario). Il adapte et produit en 1995 Babe - Le cochon devenu berger (réalisé par Chris Noonan,) qui récolte sept nominations aux Oscars (dont Meilleur film et Meilleure adaptation pour Miller).

Puis, Miller s'offre un immense break. On ne le revoit qu'en 2006, avec son premier film d’animation Happy Feet (Oscar du Meilleur film d’animation), où des pingouins font des claquettes sur la banquise sur des airs de pop/rock endiablée). Happy Feet 2 suivra en 2011.

L'an dernier, avec le quatrième Mad Max, il fait la synthèse entre ses préoccupations écologiques dans ce monde post-apocalyptique et ses opinions féministes et anti-totalitaristes dans un barnum visuel épatant. Le film est dix fois nominé aux Oscars 2016, notamment pour le Meilleur film et pour le Meilleur réalisateur. Au total ses films ont rapporté plus de 600 millions de $ au box office nord américain.

"A 70 ans, George Miller est internationalement plébiscité pour son œuvre spectaculaire et jubilatoire autant que pour son éclectisme, son inventivité et son audace. Avec lui, c’est la grande tradition du cinéma de genre qui sera mise à l’honneur. Et c’est aussi un cinéphile généreux et un homme d’une grande qualité que le Festival de Cannes 2016 accueillera" explique le communiqué du Festival.

C'est la première fois qu'un Australien préside le jury cannois.

Festival Lumière – Jour 2 : le Bubby de Rolf De Heer et le King de Martin Scorsese

Posté par Morgane, le 14 octobre 2015

Deuxième jour du festival Lumière à Lyon. De l'Australie à New York, on se dépayse en quelques heures.

Bubby le bad boy australien

Aujourd'hui direction la salle obscure du Cinéma Opéra pour découvrir Bad Boy Bubby (1993) de Rolf De Heer présenté ici en avant-première avant sa ressortie en salles le 11 novembre prochain. Le pitch attire, intrigue (un enfant sauvage de 35 ans, enfermé depuis sa naissance, fait pour la première fois l'expérience du monde extérieur…), tout comme la bande-annonce.

Rolf De Heer est là en personne, fraîchement débarqué de Tasmanie, pour nous présenter son film. Il a aussi inauguré sa plaque rue du Premier Film hier après-midi. C'est un cinéaste australien majeur. Il réalise des films très politiques, abordant notamment la thématique aborigène - The Tracker, 10 canoës, 150 lances et 3 épouses et Charlie's Country. Les deux derniers ayant été présentés et primés à Cannes dans la section Un Certain Regard. Son travail a donc marqué l'Histoire du cinéma australien de par ses thématiques qui font encore polémique dans les débats nationaux (la politique, les aborigènes, les marginaux…).

Ce film a été tourné à Adelaide il y a de cela 23 ans et l'on peut noter une anecdote peu commune : il y a eu 32 directeurs de la photographie sur ce film. Pourquoi? Rolf De Heer nous explique: "C'est compliqué! Quand j'ai commencé à travailler sur ce film, 11 ans avant de le faire, je pensais que ce serait mon tout premier film et je n'avais donc aucune attente en ce qui concernait le financement. Je pensais alors devoir tourner les week-end et travailler la semaine pour le financer. Je pensais également qu'il faudrait deux ou trois ans pour filmer et le problème serait que je ne pourrai pas garder la même équipe aussi longtemps. J'ai alors résolu ce problème dans le script même. J'ai enfermé mon personnage!!! J'ai retiré tout l'extérieur pendant 35 ans. Une fois libéré, tout ce qu'il voit, il le voit pour la première fois et ça pouvait donc ressembler à n'importe quoi. J'ai alors eu l'idée de prendre un chef opérateur différent pour chaque lieu que Bubby va découvrir.

Mais 11 ans plus tard, Bad Boy Bubby est en réalité le quatrième film que je réalise. On a un budget correct et je peux donc filmer en une seule fois. Mais j'ai conçu le film avec l'idée de tous ces chefs opérateurs alors je décide quand même de le faire ainsi. Ce qui s'est avéré une belle idée avec trois résultats inattendus : On ne voit pas qu'il y a 32 directeurs de la photographie différents. À chaque nouveau chef opérateur une nouvelle et terrible énergie émergeait! Et avec cette idée, les financeurs nous prenaient pour des dingues et nous ont donc foutu la paix durant le tournage!"

Quant au côté culte de son film, y avait-il pensé? "Non. La réussite de ce film est quelque chose de très inattendu. C'est le public qui fait d'un film un film culte!" Le film a gagné 4 "Oscars" australiens (dont meilleur réalisateur, meilleur scénario et meilleur acteur) et trois prix à Venise (Grand prix spécial du jury, Prix FIPRESCI)?

"Bubby, pas fait pour l'extérieur"

Rolf De Heer nous souhaite donc une bonne projection, les lumières s'éteignent et l'on plonge au coeur de cette expérience peu banale. Dès les premières images le spectateur est happé par cet univers glauque dans lequel Bubby est enfermé par sa mère depuis 35 ans. Une unique pièce sombre, des cafards qui rasent les murs, un chat martyrisé, une relation mère/fils plus qu'incestueuse, le décor est posé et on sait d'ores et déjà que ce film ne nous laissera pas indifférent.

Puis le monde de Bubby s'élargit quand il finit par sortir de sa prison mais l'univers qu'il découvre n'en est pas moins sordide et absurde. Le film oscillant entre folie et scènes totalement surréalistes est tout à la fois dérangeant et émouvant. Les quelques longueurs que l'on peut éprouver dans la deuxième partie du film ne lui retire pas son côté ovni qui nous met une bonne claque. Bad Boy Bubby appartient à ses films qui marquent, qui dérangent et dont on ressort soulagés qu'il soit fini tout en étant à la fois fascinés…

Scorsese et sa Valse des pantins

Le temps de prendre l'air quelques minutes et on replonge de suite dans la salle du Cinéma Opéra pour découvrir cette fois la Valse des pantins (The King of Comedy, 1982) de Martin Scorsese.

C'est Delphine Gleize, réalisatrice notamment de La permission de minuit avec Vincent Lindon, qui vient présenter le film.

Elle nous explique qu'à sa sortie le film avait été un échec commercial car, comparé à Raging Bull, film précédent du réalisateur, celui-ci apparaît trop classique. Le film est alors soutenu par la presse mais boudé par le public. Pourtant le film, sélectionné en compétition à Cannes, a reçu le prix du scénario aux British Awards et le titre de meilleur film de l'année par les Critiques de cinéma de Londres.

Selon elle, il y a dans ce film "trois grands numéros d'acteurs : Robert De Niro, Jerry Lewis et la révélation du film, Sandra Bernhard, mélange de Mick Jagger et Courtney Love, qui est l'incarnation même du corps de l'acteur qui parle. Elle est fascinante et traduit à elle seule la folie du New York du tout début des années 80."

"Mieux vaut être Roi d'un soir que Charlot toute sa vie"

L'ambiance est ici un peu plus détendue que dans Bad Boy Bubby même si le thème de la folie y est également abordé.

Robert De Niro y campe Rupert Pupkin (alias The King) dans un rôle bien loin de ceux qu'il a tenu jusqu'alors dans les films de Scorsese (Mean Streets, Taxi Driver, New York, New York ou encore Raging Bull). Il est ici un comique, adorateur de Jerry Langford (Jerry Lewis), star du stand-up, prêt à tout pour percer. À tel point que son obsession tourne réellement à la folie.

Martin Scorsese aborde son sujet sous l'angle de la comédie mais celle-ci est noire. On ne sait parfois si l'on doit rire ou pleurer, aussi amusés que attristés par ce personnage de comique. Ce film donne l'occasion à Scorsese de montrer une autre facette du New York fou des années 80... Comme une suite à New York, New York. Il porte là un regard cruel sur le monde du show-business. Et encore une fois, plus dure sera la chute pour celui qui s'approchera trop du soleil...

Cate Blanchett passe à la réalisation

Posté par redaction, le 22 juillet 2015

Cate Blanchett Deauville © ecran noirC'est au tour de Cate Blanchett de passer derrière la caméra. Alors qu'on lui connait quelques ambitions dans la production, la voici qui passe à la réalisation. Pour la télévision.

Selon Variety, l'actrice doublement oscarisée, développe et réalisera une série TV australienne, Stateless. Il s'agit de l'histoire tragique et réelle de Cornelia Rau, qui avait défrayé la chronique en 2004. Cette citoyenne australo-allemande s'est évadée d'un hôpital psychiatrique,  diagnostiquée comme bipolaire t même schizophrène, avant de se retrouver piégée dans un imbroglio médical et juridique. Portée disparue, elle fut finalement retrouvée emprisonnée illégalement depuis 10 mois. Sa détention a donné lieu à une enquête concernant 200 personnes illégalement incarcérées par le gouvernement australien. Elle avait été suspectée d'être une immigrante clandestine alors qu'elle refusait de révéler sa véritable identité.

Pour Blanchett, ce sera une manière de s'exercer à ce nouveau métier puisqu'elle souhaite réaliser elle-même l'adaptation du roman d'Herman Koch, Le dîner, dont elle a acquis les droits en 2013. le script est écrit par Oren Moverman. Le dîner a déjà été adapté récemment, en Italie, par Ivano de Matteo, sous le titre Nos enfants.

Avec sa société Dirty Films, l'actrice a déjà produit deux films, dans lesquels elle apparaissait:  Carol, le film de Todd Haynes qui sortira en janvier 2016 en France, et Little Fish de Rowan Woods, sorti en 2005, inédit en France mais lauréat de 5 "Oscars" en Australie.

Cannes 2015: Carte postale d’Australie

Posté par vincy, le 23 mai 2015

cinéma en plein air à Broome en Australie

C'est loin l'Australie. Il n'y a même pas de vols directs en provenance d'Europe. Cela n'empêche pas de voir de plus en plus de films en provenance de ce pays-continent. D'autant plus qu'il souffle un vent nouveau du côté des auteurs.

Cependant, tout n'est pas rose "Down Under". Le pays est un coproducteur international important, un lieu de tournage pour Hollywood. Mais à peine 50 films (les très grandes années) y sont produits. La part de marché des films australiens est même famélique, dépassant rarement les 10%. Le dernier gros triomphe date de 1986 avec Crocodile Dundee. Bien sûr quelques films ont fait exception plus récemment, comme Australia, Happy Feet ou Moulin Rouge! Des arbres qui cachent le désert.

On est loin du faste des années 75-95, avec des succès comme Mad Max, Babe, Muriel's Wedding, Priscilla folle du désert et des auteurs exportés à Hollywood tels Peter Weir, George Miller, Phillip Noyce, Russell Mulcahy, Bruce Beresford, Alex Proyas et Fred Schepisi. Sans oublier le chef opérateur de Wong Kar-wai, Christopher Doyle (récompensé à Cannes par le Grand prix de la Commission Supérieure Technique pour In the Mood for Love).

Depuis quelques années, le cinéma australien, vieux de 109 ans, connaît une véritable renaissance et une reconnaissance internationale. Ainsi, Warwick Thornton ramène au pays une Caméra d'or en 2009 avec Samson et Delilah. Une première depuis 1996 et Love Serenade de Shirley Barrett. Le vétéran Rolf de Heer a été récompensé deux fois à Un certain regard, en 2006 et l'an dernier. De Justin Kurzel à David Michôd, d'Andrew Dominik à James McTeigue, une nouvelle génération apparaît sur les écrans, principalement dans des films de genre.

De 1990 à 2025, une histoire d’amour et ses conséquences par Jia Zhangke

Posté par vincy, le 2 mars 2015

jia zhangke tao zhao

Jia Zhangke, dont le dernier film - A Touch of Sin - avait remporté le prix du scénario au Festival de Cannes en 2013, s'active actuellement sur son nouveau film, Shan He Gu Ren (Mountains May Depart).

Cette coproduction internationale (Chine/Japon/France) est l'histoire d'une bouleversante histoire d’amour dans une Chine bousculée par ses mutations économiques. Le récit se déroule sur différentes périodes, à partir des années 1990.

"Ce sera la première fois que je mettrai en présence dans un même film passé, présent et futur. Les réalités sociales ne seront présentes qu’en arrière-plan, à peine perceptibles, tandis que je mettrai en évidence, au premier plan, ces instants difficiles mais incontournables que tout individu est amené à vivre, quelle que soit l’époque dans laquelle il vit" précise le réalisateur.

Tao Zhao, son épouse et sa muse, y tient le rôle principal. Elle y incarne une femme qui tombe amoureuse de Dong. Le jeune couple se sépare quand Tao décide de se marier à un riche exploitant de mine. Des années plus tard, de nos jours, Dong, sur son lit de mort, la revoit. Elle est divorcée et son fils est parti en Australie. Le film s'achève en 2025, avec ce fils, exilé loin de son pays d'origine dont il ne se souvient pas.

Le film, dont le projet avait été révélé au marché du film cannois l'an dernier, est produit, entre autres, par MK2, Office Kitano et Arte. C'est aussi la première fois que Jia Zhangke tourne à l'extérieur de la Chine.

Nicole Kidman, Hugo Weaving et Guy Pearce réunis dans un film australien

Posté par vincy, le 20 octobre 2013

nicole kidmanUn film australien s'offre un casting hollywoodien. D'origine australienne précisons-le. Strangerland va réunir Nicole Kidman, Hugo Weaving et Guy Pearce d'après le magazine Variety.

Ce drame à suspens retrace l'histoire d'un couple dont les enfants, des adolescents, ont disparu dans l'Outback australien.

Réalisé par Kim Farrant (à qui l'on doit le documentaire Naked on the Side), l'histoire a été imaginée par la scénariste pour la TV Fiona Seres il y a quelques années ; une nouvelle version a été coécrite avec le réalisateur de court-métrage Michael Kinirons. Screen Australia envisage déjà le potentiel du film en ciblant un grand festival pour son lancement en 2015 (comprendre Berlin, Venise ou Cannes) et servir ainsi de vitrine au cinéma australien.

Kidman semble vouloir revenir à son cinéma d'origine puisque d'ici la fin de l'année, elle sera à l'affiche du film australien Railway Man, de Jonathan Teplitzky, aux côtés de Colin Firth. Elle vient également d'achever le thriller de Rowan Joffe, Before I Go to Sleep, toujours avec Colin Firth, Grace de Monaco d'Olivier Dahan et tourne actuellement Paddington, un film familial avec, encore Colin Firth. Enfin, elle est attendue sur Queen of Desert, le prochain Werner Herzog, avec James Franco et Robert Pattinson, où elle remplace son amie Naomi Watts, iniitalement prévue.

Hugo Weaving, éternel méchant du cinéma hollywoodien depuis Matrix, continue les aventures du Hobbit. Quant à Guy Pearce, vu récemment dans Iron Man 3, il vient de finir le tournage de The Rover, avec Robert Pattinson (lire notre actualité du 4 mai 2012).

DreamWorks prépare un dessin animé rock et irrévérencieux

Posté par vincy, le 8 juin 2013

DreamWorks Animation a annoncé jeudi soir le lancement d'un nouveau projet, non prévu dans son "line-up". Larrikins sera une comédie rock (musicale donc) avec pour vedettes des animaux et pour décor le "bush" australien". C'est le compositeur, acteur, et auteur Tim Minchin qui se collera à l'adaptation de cette histoire imaginée par Harry Cripps (auteur de la série Supernova).

Larrikins (qui est un mot d'argot australien pour signifier anticonformisme) sera le récit d'un bandicoot lapin (ou bilby, sorte de marsupial du désert) qui vit dans le cocon familial. Mais lorsqu'il s'aventure à l'extérieur, il se retrouve dans un autre monde, tout en musique et très irrévérencieux.

Minchin avait déjà créé Matilda The Musical, primé aux Olivier Awards (meilleur nouveau spectacle musical) et actuellement nommé pour 12 Tony Awards. Il a interprété Judas dans Jesus Christ Superstar, on l'a aussi vu dans la série Californication. Cela fait 12 ans qu'il enregistre des disques aux chansons satiriques.

Par ailleurs, DreamWorks a signé hier un partenariat avec le chinois Wanda pour de futurs projets communs. DreamWorks a déjà installé un studio en Chine (Oriental, à Shanghai). Le premier projet chinois sera Tibet Code, une saga qui se déroule dans le Tibet du IXe siècle.