Deauville Asia 2012 : le prix Action Asia attribué à Wu Xia

Posté par kristofy, le 12 mars 2012

Depuis 2004, le Festival Asiatique de Deauville s’est attaché (en plus de la compétition officielle) au genre "film d’action" au sens large (polar, combats, guerre…) avec la compétition Action Asia.

Jusque-là, le jury "Action asia" comptait dans ses rangs des personnalités réputées pour leur proximité avec les films d’action (Xavier Gens, Jan Kounen, Marc Caro, Eric Serra, Franck Vestiel, Fred Cavayé, Cut Killer …), et presque chaque année, c’est naturellement le film le plus spectaculaire et le plus novateur qui s’imposait comme lauréat : Ong-Bak de Prachya Pinkaew, Arahan de Ryoo Seung-wan, A bittersweet life de Kim Jee-woon, Dog bite dog de Cheang Soi, The chaser de Na Hong-jin...

Toutefois, cette année, le jury Action Asia composé d'Isabelle Nanty, Arié Elmaleh, Didier Long, Fabienne Babe et Bruno Wolkowitch a choisi Wu Xia de Peter Ho-Sun Chan qui n’est pas tellement original, aux dépends du film favori The Raid de l’Indonésien Gareth Huw Evans qui sera parmi les films les plus frappants de l’année...

Retour sur une sélection Action Asia 2012 qui se partage entre grands noms qui déçoivent quelque peu et premières œuvres plutôt impressionnantes.

Dans les espoirs déçus, il y a les combats dérivés du kung-fu :

Wu Xia (déjà découvert à Cannes) de Peter Ho-Sun Chan avec Donnie Yen, avec une histoire calquée sur History of violence de David Cronenberg, n’offre jamais les étincelles que l’on pouvait attendre de la réunion de ses deux experts en film d’action. Le duo avait d'ailleurs déjà collaboré ensemble sur Bodyguards and Assassins (d’ailleurs sélectionné à Deauville en 2010). Au regard des productions respectives de Peter Ho-Sun Chan et de Donnie Yen, Wu Xia apparaît comme un film mineur de leur filmographie.

De la même façon, The sorcerer and the white snake avec Jet Li est un film assez convenu de fantasy, où un moine va tenter d’empêcher les conséquences néfastes d’une romance entre un démon-serpent ayant l’apparence d’une femme et un humain. Force est de constater que les effets spéciaux modernes ne se conjuguent pas très bien avec ce style de récit tombé un peu en désuétude...


The sword identity de Xu Haogeng évoque deux guerriers au sabre non-conventionnel défiés par les gardiens des traditions de quatre écoles de kung-fu sur le thème ‘les arts martiaux et les arts militaires sont deux choses différentes’. The sword identity ne propose aucun enjeu et le film peine à trouver son identité…

Les films de guerre ont fait meilleure impression avec un savoir-faire indéniable pour les batailles :

War of the arrows fait s’affronter les coréens Joseon et leurs ennemis de Mandchourie en 1636. Ces derniers déportent un groupe de prisonniers dont une femme tout juste mariée, dont le frère est un archer particulièrement adroit à l’arc qui va les contrecarrer. C’est un film de divertissement spectaculaire avec beaucoup de qualités (des poursuites, des duels, de la romance…) mais pas assez d’originalité au vu des nombreuses productions coréennes de ce type...

Le taïwanais Wei Te-Sheng fait quant à lui très fort avec une (très) longue épopée guerrière qui tient autant de Braveheart que de Avatar : il s’agit du soulèvement de tribus de Taïwan en 1930 contre l’occupant japonais. Warriors of the rainbow – Seediq Bale est un film d’action qui parle de résistance face à un pays colonisateur, thème très fédérateur. Ici, une tirade contre les ‘bienfaits civilisateurs’ des japonais fait écho aux différentes brimades subies par les autochtones qui sont obligés de travailler dur à déplacer des rondins d’arbre.

Ceux qui étaient considérés comme des sauvages vont se révolter contre les japonais, et quelque 300 guerriers insaisissables vont mettre en déroute les armées du Soleil Levant. Les japonais organisent leur riposte avec des bombes quand les tribus avec leurs flèches se préparent au sacrifice… Warriors of the rainbow – Seediq Bale est une grande épopée guerrière inspirée d’évènements réels avec beaucoup de séquences épiques. Ce film de Wei Te-Sheng est devenu l'un des plus gros succès taïwanais (il est sorti en 2 parties, le film dure 4h30), il devrait nous arriver directement en dvd (en version réduite de 2h35) à l’automne 2012.

Le grand favori était le film The Raid, et la première projection a fait applaudir plusieurs fois le public habituellement très silencieux. Un groupe de policiers se lance à l’assaut de l’immeuble réputé intouchable d’un trafiquant de drogue. Ils sont une petite vingtaine à investir les lieux défendus par une centaine de résidents organisés et armés… Les policiers se retrouvent bloqués et encerclés dans un piège où à chaque étage des tueurs ont pour mission de les éliminer. Des exécutions brutales en guise d’introduction indiquent que The Raid sera plutôt brutal, puis il y aura une succession de combats violents avec beaucoup de ‘pencak silat’ (art martial indonésien).

The Raid aligne les séquences de bravoure (par exemple un policier avec une matraque seul dans un couloir contre une quinzaine de tueurs armés de machettes) où le côté "bourrin" des combats est contrebalancé par la réalisation de l’ensemble très fluide. La force de The Raid est d’assumer de façon volontaire son côté film d’exploitation avec beaucoup de combats sauvages et une mise en scène digne des meilleurs polars. Le réalisateur Gareth Huw Evans a réussi à réaliser le genre de film que de nombreux réalisateurs d’action fantasmaient de faire, nul doute que The Raid va devenir une nouvelle référence.

Deauville Asia 2012 : la compétition est ouverte

Posté par kristofy, le 8 mars 2012

Le 14e Festival Asiatique de Deauville se déroule jusqu'au 11 mars, avec la venue de deux invités prestigieux : le Thaïlandais Pen-Ek Ratanaruang, qui présentera son nouveau film Headshot, et le Japonais Kiyoshi Kurosawa, à qui est rendu un hommage, et qui reviendra sur sa carrière lors d’une masterclass.

Les fidèles de Deauville vont regretter la réduction du nombre de projections (il y a une salle en moins) et la presque disparition de la section Panorama qui faisait pourtant découvrir quantités de nouveaux films en avant-première.

Restent la compétition officielle et la compétition Action Asia, soit une quinzaine de films très variés venus d'Iran, de Chine, du Japon, de Corée du Sud, de Thaïlande, des Philippines...

Le président du jury est Elia Suleiman et il est entouré des actrices Dominique Blanc, Isild Le Besco, Corinne Masiero, l’acteur Tahar Rahim, le musicien Alex Beaupain, le scénariste Gilles Taurand, et des réalisateurs Jean-Pierre Limosin, Olivier Ducastel et Jacques Martineau.

La cérémonie d’ouverture a tout d'abord été le moment d’une pensée particulière pour les Japonais victimes il y a tout juste un an d’un terrible séisme aux conséquences tragiques.

Ensuite, les festivaliers ont pu découvrir le film d’ouverture, qui ouvre également la compétition : The sun-Beaten path du chinois Sonthar Gyal (notre photo), qui est une première réalisation.

On y découvre un jeune homme aux cheveux hirsutes qui marche sur la route en refusant obstinément d’être emmené par les véhicules qui y roulent. Un vieil homme veut l’accompagner à pied sur son chemin mais, très vite, on comprend que cette errance est une pénitence pour le jeune homme qui se sent responsable de la mort de sa mère…

La compétition compte plusieurs autres premiers films mais aussi d’autres déjà attendus comme 11 flowers de Wang Xioshuai ou Himizu de Sono Sion.

Vesoul 2012 : retour sur le palmarès qui couronne August drizzle

Posté par redaction, le 22 février 2012

Après une semaine de compétition, de rencontres et de découvertes en tous genres, la 18e édition du festival des cinémas d'Asie de Vesoul (FICA) s'est achevée mardi soir avec l'annonce du palmarès et la projection en avant-première du nouveau film de Wang Quan'An, Apart together. Le jury international présidé par Atiq Rahimi, et réunissant Ermerk Chinarbaev, Nestor O. Jardin et Latika Padgaonkar, a choisi de remettre le Cyclo d'or 2012 au Sri-lankais Aruna Jayawardana pour August drizzle, également couronné du prix NETPAC.

Le film se déroule dans la campagne sri-lankaise où le soleil assèche toute chose. On y suit la vie d'une femme dans son activité d'entrepreneur de pompes funèbres, reprise après la mort de son père. Rejetée par la communauté de son village du fait de cette profession habituellement masculine, l'héroïne tente de mener à bien le projet de construction d'un crématorium, utile pour le village mais qui risque de ruiner son concurrent. Sous un aspect physique peu charmeur, la jeune femme rêve malgré tout d'amour, de mariage, d'enfants... même si le destin en a décidé autrement.

August drizzle se caractérise par des images pas du tout racoleuses, et au contraire belles dans leur capacité à nous montrer la dure réalité quotidienne de cette communauté. Et puis il y a cette femme dont on s'écarte, qui abandonne un à un ses rêves de bonheur personnel, mais si forte dans la poursuite de son projet, et qui a su émouvoir et séduire public et jurés.

Le Grand prix du jury international va lui à Dance town de Jeon Kyu-hwan (Corée), qui surprend par son observation du genre d’accueil que peut offrir la Corée du Sud à une réfugiée de Corée du Nord. La jeune femme est observée et guidée de manière assez pressante quand elle n’est pas surveillée de manière oppressante. Le réalisateur Jeon Kyu-hwan propose un film à l’aspect moins cinématographique que son précédent (Animal Town, déjà présenté à Vesoul, qui avait fait une très favorable impression), comme si l’esthétique de l’image était diminuée par la dureté de son contenu. On y voit surtout une grande ville qui n’intègre pas vraiment une personne étrangère, ni même ses habitants quand ils sont très âgés ou handicapés. Ces solitudes qui se croisent parfois ne semblent jamais entrevoir la perspective d'une amélioration de leur sort. A noter que le film a également convaincu le jury INALCO, qui lui décerne son prix coup de cœur.

Le jury international a également choisi de distinguer Le temps dure longtemps de Őzcan Alper et Nino de Loy Arcenas. Si le premier tranchait incontestablement sur le reste de la compétition, par ses qualités cinématographiques et la force de son propos (les génocides kurdes et arméniens), on peut en revanche être plus surpris par le succès du second (qui a également reçu le coup de coeur Guimet), mélo familial formaté à l'esthétique de série télévisée.

Final Whistle de Niki Karimi (photo de droite) récolte quant à lui trois prix mérités (Prix Emile Guimet, Prix INALCO et Prix du jury lycéen). Le film débute avec une réalité qui nous est familière (l'actrice/réalisatrice Niki Karimi qui travaille sur un film) comme pour nous faire croire à la réalité du scénario : une femme est prête à vendre un de ses organes dans l’espoir de réunir assez d’argent pour éviter que sa mère ne soit condamnée à mort.

Dans le film on se déplace beaucoup d’un endroit à un autre et souvent en voiture, la caméra est toujours en mouvement pour suivre les personnages et en même temps pour placer le spectateur en position de témoin. Bien qu’il s’agisse d’une fiction on est alors happé par une impression de réel, et on va découvrir progressivement le drame qui a eu lieu. L'occasion de partager avec le spectateur plusieurs questions sur la justice ou les droits des femmes en Iran.

Return ticket de Teng Yung-Shing (mention spéciale NETPAC), sur des ouvrières chinoises qui aspirent à retourner dans leur ville natale pour le Nouvel An,  et Khalifah de Nurman Hakim (prix du public), qui aborde la question de l'intégrisme religieux en Indonésie, se partagent les autres récompenses de la compétition long métrage tandis que Les origines de la pomme de Catherine Peix (prix du public) et Parvaz, l'envol de Reza d' Ali Badri (prix du jury jeunes) sont distingués dans la compétition documentaire.

Une partie des films primés seront repris comme chaque année à l'auditorium du Musée des Arts Asiatiques Guimet de Paris du 18 au 20 avril 2012. Et pour la prochaine édition du FICA, il faudra attendre la semaine du 5 au 12 février 2013.

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Le palmarès complet

Cyclo d'or
August drizzle de Aruna Jayawardana (Sri Lanka)

Grand Prix du Jury International
Dance town de Jeon Kyu-hwan (Corée)

Mentions spéciales :
- Nino de Loy Arcenas (Philippines)
- Le temps dure longtemps de Őzcan Alper (Turquie)

Prix du Jury NETPAC
August drizzle de Aruna Jayawardana (Sri Lanka)

Mention spéciale NETPAC
Return ticket de Teng Yung-Shing (Taïwan/Chine)

Prix Emile Guimet
Final whistle de Niki Karimi (Iran)

Coup de cœur Guimet
Nino de Loy Arcenas (Philippines)

Prix INALCO
Final whistle de Niki Karimi (Iran)

Coup de cœur INALCO
Dance town de Jeon Kyu-hwan (Corée)

Prix du public long métrage de fiction
Khalifah de Nurman Hakim (Indonésie)

Prix du Jury Lycéens
Final whistle de Niki Karimi (Iran)

Prix du public du film documentaire
Les origines de la pomme de Catherine Peix (Kazakhstan-France).

Prix Jury Jeunes
Parvaz, l'envol de Reza d' Ali Badri (Iran-France)

Crédit photos : Michel Mollaret

Vesoul 2012 : trois questions au cinéaste taïwanais Teng Yung-shing

Posté par MpM, le 21 février 2012

En lice pour le Cyclo d'or 2012, Return ticket du cinéaste taïwanais Teng Yung-shing raconte l'existence d'ouvrières chinoises de la province d'Anhui, venues travailler à Shanghai, et impatientes de retourner dans leur village natal pour célébrer le Nouvel An. Une histoire typiquement continentale, donc, pourtant produite par le spécialiste de l'identité taïwanaise, le maître Hou Hsiao-Hsien.

Ecran Noir : Contrairement aux films taïwanais que l'on a l'habitude de voir en France, Return ticket ne traite pas directement de Taïwan et de son identité, mais d'une situation typiquement chinoise. Est-ce parce que vous trouvez que le cinéma taïwanais est trop tourné vers lui-même et son histoire ?

Teng Yung-shing : C'est naturel que les cinéastes parlent de l'endroit d'où ils viennent et où ils vivent. Mais pour moi, ce qui compte n'est pas tant l'endroit que les gens. Il se trouve que j'habite à Shanghai depuis six ans, donc l'histoire du film est celle des gens autour de moi.

EN : Quel a été le cheminement du film ?

TYS : Tous les personnages que l'on voit, ce sont des femmes un peu âgées qui habitent autour de chez moi. J'ai donc voulu faire un documentaire sur elles. Plein d'histoires ont surgi. A partir de ces expériences vécues, on a commencé à bâtir une histoire. A part les trois personnages principaux, les autres acteurs sont d'ailleurs des gens du quartier ! En tant que cinéaste, je n'avais pas envie d'utiliser ma propre vie. Pour moi, le plus important était d'aborder la question du retour, du fait de rentrer chez soi. Mais ce qui m'entourait est naturellement entré dans le film.

EN : Le film a une esthétique spéciale, avec des teintes bleutées, des images peu éclairées, et une ambiance sonore presque joyeuse...

TYS : J'ai fait ce choix esthétique avant tout pour des raisons réalistes. Ces femmes gagnent très peu d'argent donc elles n'allument qu'une seule lampe, ce qui donne ces teintes sombres. En revanche, la musique est plus légère car même si les personnages ont une vie difficile, elles sont heureuses. Je voulais éviter d'avoir une position trop misérabiliste et au contraire dédramatiser la situation.

Vesoul 2012 : rencontre avec Tran Anh Hung

Posté par kristofy, le 19 février 2012

Le FICA de Vesoul s’attache à mieux faire découvrir le cinéma des pays francophones d’Asie, et cette année, c’est le réalisateur franco-vietnamien Tran Anh Hung (ci-contre, et ci-dessous avec le réalisateur japonais Kore-Eda)  qui est invité. Dès son premier film, Tran Anh Hung s'est fait connaître et surtout reconnaître pas seulement comme un nouveau talent à suivre mais déjà comme un cinéaste qui va compter.

L’odeur de la papaye verte reçoit le prix de la Caméra d’or au festival de Cannes en 1993 et le César de la meilleure première œuvre, et il concourt à l’Oscar du meilleur film étranger. En 1995, son second film Cyclo gagne le Lion d’or au festival de Venise, en 2000 il est de retour à Cannes avec A la verticale de l’été, et en 2010 de nouveau à Venise pour La ballade de l’impossible.

Ce sont ces quatre films que Vesoul a programmés, une initiative d’ailleurs très appréciée par le public car chaque séance affichant complète, il a fallu en organiser des supplémentaires.

EN : Dans L’odeur de la papaye verte on est plongé dans le Vietnam pourtant le film n’a pas été tourné là-bas mais en studio en France, pour quelle raison ?

TAH : Le tournage en studio, c’est une erreur que nous avons faite, mais heureusement on a réussi à restituer parfaitement le Vietnam. En fait c’était mon premier film mais aussi le premier de mon producteur ce qui fait qu’on manquait un peu d’expérience, on manquait aussi d’un manque de connaissance du Vietnam.

On avait pensé à recréer le décor, on a commencé à raser un endroit pour poser une chape de béton où construire dessus. Seulement on n’avait pas anticipé l’extrême lenteur du Vietnam, et on s’est rendu compte que si on continuait à cette vitesse là alors le tournage ne pourrait pas commencer avant la saison des pluies, ce qui serait catastrophique. Le décor je le voulais en extérieur là-bas et pas en studio pour hériter de la lumière naturelle et de la végétation, mais vraiment ça ne pouvait pas être possible.

EN : Le film suivant Cyclo est tourné lui sur place au Vietnam, et il a gagné le Lion d’or au festival de Venise. Pourtant il y a eu des soucis de censure de la part de Vietnam, d’où vient ce décalage d’appréciation ?

TAH : En fait le Vietnam a vu le film comme quelque chose qui pouvait abîmer l’image de leur pays, voilà. Ils ont considéré que Cyclo noircit la société vietnamienne. Le film a eu de belles critiques de journalistes occidentaux, avec dedans cet aspect du banditisme, et ça n’a pas plu à la censure idéologique du Vietnam, il y a eu quelques reproches. Mais c’était le moment où les dvd piratés au Vietnam sont apparus, et le film existait normalement dans les bacs des magasins vidéo.

EN : Pour adapter en film un roman aussi dense que La ballade de l’impossible de Murakami Haruki comment se fait le choix des passages à supprimer ou à écourter ?

TAH : Ce sont des choses qui se font naturellement. Je me suis donné comme ligne directrice le développement de la psychologie du personnage Watanabe et je voulais que le spectateur soit le plus proche possible de ça. Je voulais que le spectateur puisse être dans la tête et dans le cœur de Watanabe. Tout ce qui pouvait distraire ou emmener le spectateur loin de cette ligne, je le supprimais du livre.

EN : Vous travaillez sur plusieurs projets de nouveaux films dans différentes langues, mais le prochain serait un retour en France ?

TAH : Oui, mon prochain film sera français, je ne peux pas dire grand-chose dessus encore sauf qu’il s’agit de l’adaptation d’un livre absolument magnifique. Quand je l’ai lu, c’est devenu tellement évident que je devais en faire un film, il n’y a eu aucun obstacle pour que je l’adapte. J’espère accélérer mon rythme de travail, pour ne pas espacer de trop d’années mon dernier film et le prochain. Il y aura comme un retour aux sources car ça sera aussi les retrouvailles avec mon producteur historique des trois films vietnamiens, et je pense que les choses iront plus vite.

EN : Le FICA de Vesoul a choisi de présenter vos films presque comme une forme de rétrospective, quand vous regardez en arrière, quel sentiment avez-vous ?

TAH : Ce n’est pas un secret, j’ai commencé par refuser tout d’abord. Pour moi l’œuvre est comme un corps qui n’a pas encore toutes ses jambes ni tout ses bras, j’ai trouvé que c’était un peu tôt. Quand je suis ici, je suis content de rencontrer le public de Vesoul autour de ces films, ils affichent complet, ce qui me surprend et me fait très plaisir, mais je pense que j’ai encore quelques films à donner pour que le panorama soit assez complet pour un vrai corps avec tout ses membres.

Lire l'intégralité de l'interview

Crédit photo : Michel Mollaret

Vesoul 2012 : Regard sur le cinéma kazakh avec Ermek Chinarbaev

Posté par kristofy, le 18 février 2012

Le Kazakhstan semble doublement loin, à la fois  géographiquement et cinématographiquement. Si le cinéma kazakh est méconnu faute, la plupart du temps, d’arriver jusqu’à nous, le FICA, lui, n’hésite pas aller le chercher depuis déjà plusieurs éditions.

Cette année, Vesoul propose ainsi un Regard sur le cinéma du Kazakhstan avec près d’une vingtaine de film. Le plus ancien date de 1938, il s’agit de Amangueldy de Moisei Levin qui, bien qu'il ait été initié par les soviétiques, est considéré comme le film dramatique fondateur du cinéma kazakh avant Les chants d’Abai de Pesni Abaya. Vesoul programme aussi deux films de Abdulla Karsakbaev dont On m’appelle Koja (prix spécial du jury à Cannes en 1967), deux films de Chaken Aïmanov, plusieurs films qui évoquent la guerre et d’autres qui témoignent de la vitalité de la Nouvelle Vague kazakh.

Cette année le jury de la compétition présidé par Atiq Rahimi (documentariste et romancier, prix Goncourt 2008) compte dans ses rangs le cinéaste kazakh Ermek Chinarbev, lui-même auréolé d’un beau palmarès : La Vengeance était au festival de Cannes en 1989, Ma vie sur le bicorne a gagné le Léopard d’or au festival de Locarno en 1993. Son film Lettres à un ange resté inédit en France est présenté cette année en première à Vesoul, ce qui a été l’occasion d’un débat avec les spectateurs à propos du cheminement de sa création.

Lettres à un ange est une histoire à tiroirs rythmée par différentes ‘lettres’ vidéo (sur la danse, l’amitié, l’argent, l’amour, la famille…) de l’héroïne. Celle-ci raconte différentes versions (aussi bien pour elles que pour les spectateurs) de ses différentes relations amoureuses avant un drame lourd de conséquences. La narration tout comme la forte impression laissée par l’actrice Aiganym Sadykova amène le spectateur à se demander si cette femme est un monstre ou pas.

Le réalisateur Ermek Chinarbev revient sur cette création si particulière : « J’ai commencé il y a quelques années à rêver d’une femme très belle qui raconterait différentes petites histoires sur elle, en plusieurs langues et dans plusieurs pays. C’était devenu nécessaire de la voir sur un écran pour qu’elle existe, mais c’est difficile de faire un film. Un jour, j’ai raconté ça à une femme qui m’a recontactée une année après pour parler de la production de ce projet, je ne sais pas pourquoi mais on a fait ce film. Pour trouver l’actrice j’ai auditionné deux fois Aiganym Sadykova sans être persuadé qu’elle était le personnage, mais à une troisième audition avec un partenaire homme, alors là ça m’est paru évident. Sur le tournage elle a d’ailleurs manipulé en quelque sorte les trois autres acteurs, et ils sont devenu tout les trois amoureux d’elle. Je pense tout le temps à cette femme du film. A la question ‘est-elle un monstre?’, on me fait à chaque fois des réponses différentes. Même John Malkovitch a voulu m’expliquer le film. Je me pose moi-même toujours cette question, d’ailleurs, j’y pense tout le temps. »

Crédit photo : Michel Mollaret

Vesoul 2012 : Dance Town, avec Oh Seong-tae, a ouvert la compétition

Posté par kristofy, le 18 février 2012

Le 18ème Festival international des cinémas d'Asie (FICA) de Vesoul, ce sont aussi des films en avant-première en compétition pour le Cyclo d’or. Cette compétition a débuté avec un réalisateur coréen encore inconnu en France mais déjà bien connu des festivaliers de Vesoul : Jeon Kyu-hwan qui avait été récompensé ici en 2010 pour Animal Town. Son dernier film était au festival de Berlin et il tourne déjà en ce moment son prochain film !

Il s’était lancé dans un trilogie explorant le thème de la ville, et c’est le troisième, Dance Town, qui a donc ouvert la compétition 2012. La particularité de ces trois films est que dans chaque histoire on retrouve dans un rôle différent l’acteur Oh Seong-tae. Ce dernier imagine d'ailleurs que Jeon Kyu-hwan voit en lui comme un alter-ego à multiples facettes... Venu spécialement à Vesoul, il s’est prêté aux questions-réponses avec les spectateurs.
Dance Town nous fait suivre l’arrivée en Corée du Sud d’une femme qui a fui la Corée du Nord. Pour éviter arrestation et exécution, pour motif de possession de produits étrangers interdits, son mari a réussi à la faire s’échapper. Elle se retrouve alors seule à Séoul sans nouvelles de son mari bloqué au Nord, elle devient une réfugiée qui doit s’adapter à une nouvelle vie…
Le réalisateur Jeon Kyu-hwan voulait moins parler de la relation entre les deux pays de Corée que de l’arrivée d’un étranger dans une grande ville. Ses trois films (Mozart Town, Animal Town, et maintenant Dance Town) s’attachent à la vie dans une grande ville avec le point de vue d’une personne qui y est étrangère. Pour ce qui est d’une personne nord-coréenne réfugiée, celle-ci est d’abord interrogée et aussi surveillée un moment pour deux raisons, d’abord la crainte d’une intrusion d’un agent espion de Corée du Nord et aussi pour le cas ou le réfugié aurait des difficulté à s’adapter à la vie sud-coréenne.

"Le nombre de réfugiés augmente de plus en plus, et leur arrivée n’est pas toujours la bienvenue parfois à cause de quelques jalousies puisque le gouvernement les aide en leur fournissant un logement", explique Oh Seong-tae. "En majorité, les Coréens espèrent une réunification des deux pays ennemis. Le cinéaste lui ne souhaite pas que Dance Town soit vu comme un film politique, il s’agit d’abord d’un personnage d’une femme de Corée du Nord réfugiée en Corée du Sud à Séoul. Si l’histoire se passait dans une autre ville, ça aurait été un autre genre d’étranger. Son sujet, comme dans ses premiers films, est la ville racontée par des gens en souffrance."

Crédits photos : Kristofy et Michel Mollaret

Berlin 2012 : avec 10+10, le cinéma taïwanais en pleine forme

Posté par MpM, le 15 février 2012

Traditionnellement, la soirée Taïwan de Berlin est l'occasion de constater le dynamisme et la vitalité de l'une des cinématographies les plus riches du continent asiatique. On y fait le point sur les projets en cours (une grosse vingtaine, sans compter les films déjà en production), les succès au box-office, et l'émergence d'une nouvelle génération de cinéastes.

On y croise également quelques réalisateurs : Hou Hsiao-Hsien (Les fleurs de Shanghai, Millenium mambo...), Chu Yen-ping (Just call me nobody, The funny couple...), Wei Te-sheng (Cape n°7, Seediq Bale), Sylvia Chang (20 : 30 : 40, Tempting heart...)... Le tout dans une ambiance conviviale et même légèrement euphorique.

Il faut dire que la commission du film de Taipei a tout pour se réjouir. Cette année, quatre longs métrages taïwanais sont officiellement sélectionnés par la Berlinale, ce qui leur offre une visibilité significative, renforcée par la présence d'une quinzaine de compagnies taïwanaises au Marché du film.

Sans oublier l'événement de la quinzaine, la présentation en section Panorama du film 10+10 qui réunit vingts cinéastes taïwanais. Cette oeuvre collective sur l'identité du pays aborde les multiples facettes de Taïwan, de sa belle époque à ses problèmes actuels d'immigration ou de violence, en passant par un certain art de vivre et un humour véritablement à part. Comme le souligne Hou Hsiao-Hsien, initiateur du projet, et auteur de l'une des plus belles séquences, "tout le monde a sa propre originalité et ses propres pensées sur Taïwan, ce que le film reflète. Les différents films qui le composent montrent les éléments qui sont à l'origine de la naissance et de la vitalité du pays."

On perçoit notamment l'un des grands défis de Taïwan, la pression exercée par la Chine voisine. "Il y a beaucoup de pression et tout le monde la sent", confirme Wang Shau-di (Fantôme où es-tu ?). "Mais après avoir vu le film, j'étais fier de constater que nous avons réussi à travailler ensemble dans un environnement libre."

L'ombre de la Chine, bien sûr, plane sur le film et sur le cinéma taïwanais en général. Mais Sylvia Chang et Cheng Wen-tang (The passage, Summer's tail...) en tempèrent la portée : "La pression de la Chine est importante et c'est un grand marché. Mais certains réalisateurs s'en moquent et font avant tout ce qu'ils veulent", assure le réalisateur. "Je dirais que l'influence s'exerce dans les deux sens" renchérit l'actrice-réalisatrice.

D'ailleurs, la plupart des segments de 10+10 laissent de côté l'encombrant voisin chinois, préférant vanter la liberté et la créativité du pays, s'inspirer de sources plus anciennes ou au contraire de l'actualité.  Comme souvent dans ce type de projet, tout n'est pas inoubliable, et certaines références sont difficiles à comprendre pour un spectateur occidental non rompu aux subtilités du pays, mais la juxtaposition de ces points de vue variés et complémentaires donne une œuvre hétéroclite et contrastée, riche en détails et en sensations, que l'on imagine à la fois à l'image du pays, et de son cinéma.

Deauville Asia 2011 : rencontre avec Kim Jee-Woon

Posté par kristofy, le 13 mars 2011

I saw the devilKim Jee-Woon était déjà venu à Deauville pour A Bittersweet Life, il avait d’ailleurs remporté le prix Action Asia. Son nouveau film I saw the devil a gagné la plupart des prix du dernier festival fantastique de Gérardmer, il sortira en salles sous le titre J’ai rencontré le diable (photo de gauche).

Le 13ème Festival du Film Asiatique de Deauville organise un regard sur le travail de Kim Jee-woon en proposant l’intégralité de ses six films  ainsi qu'une master-class avec le public.

Les festivaliers ont été ravis de l’avant-première de J’ai rencontré le diable. En un mot : de l’ultra-violence, certes, mais qui passe car filmée avec une pointe d’exagération, ajoutée au retour de l’acteur Choi Min-Sik dans peut-être son rôle le plus impressionnant, ce qui donne un nouveau chef d’œuvre de film noir. Comme dans la plupart de ses films, Kim Jee-woon se saisit d’un genre pour en détourner les règles ou pour les dépasser.

Moments choisis de la rencontre avec le réalisateur coréen (photo de droite) :

Un réalisateur par accident

A un moment de ma vie je n’avais aucun emploi depuis longtemps, je me suis séparé de ma petite copine, j’ai eu un accident de Kim Jee wonvoiture et je devais donc trouver de l’argent. J’ai écrit un scénario que j’ai envoyé à un concours, et il a été choisi et primé. Je ne l’avais pas écrit pour devenir réalisateur de film mais pour gagner un peu d’argent pour l’accident que j’ai causé. Ce scénario était tellement particulier qu’on m’a proposé de le réaliser, et c’est devenu The Quiet family. C’est après que le cinéma m’est devenu aussi indispensable que l’air que je respire, ça m’empêche de me suicider et de manger seul tous les jours.

Un esthète de l’image…

Quand j’étais petit j’aimais dessiner des bandes-dessinées, ce qui n’est pas considéré comme un métier. Mon père avait déchiré mes dessins et je recomposais tout comme du montage. A la place d’une toile, je dessine en quelque sorte sur des écrans. Quand je fais des films, j’ai quelques références photographiques. Pour Deux sœurs par exemple, c’était une photo de deux filles de dos, main dans la main dans une prairie. Ce qui m’intéressait, c’était avant et après cette image fixe. Dans la photo, rien ne se dégageait de sombre ni de triste, mais c’est ce j’ai imaginé. Pour A Bittersweet life, c’était un tableau de Edgar Hopper où il y avait un homme de dos seul, et c’est presque un film sur le dos d’un homme…

Un univers esthétique et sensoriel…

Deux soeursLe storyboard, pour moi, est une base, une route pour que les voitures roulent. Mais je m’imprègne de tous les éléments du décor et de la lumière, accessoires et costumes,  pour organiser sur le moment mes cadres. Ce qui relie comédie et horreur, ce sont des choses imprévisibles qui arrivent. Finalement c’est assez sain. Dans le thriller comme dans l’horreur, l’important c’est de préparer le spectateur avec quelques bases, j’amène le suspense, on sait que quelque chose va arriver, le battement de cœur se fait de plus en plus vite. La vitesse est intimement liée à l’arrivée du suspense, que ce soit la vitesse d’un mouvement de caméra ou la durée d’un plan. Pour Deux sœurs (photo de gauche), le suspense ne vient pas de la petite fille qui tremble de peur mais de ce qui se passe hors cadre qu’on ne voit pas. Le mise en scène, c’est surtout ce qui ce passe dans le cadre et hors cadre. Pour A Bittersweet life, c’est comment utiliser l’espace en apportant quelque chose de nouveau. Au lieu de se battre avec une matraque, c’est plutôt un bâton en feu. La caméra qui est fixée dans une scène au personnage ou à la voiture en mouvement ça apporte quelque chose de nouveau et d’inhabituel. Darren Aronofsky l’a fait dans Requiem for a dream. Un bon réalisateur est quelqu’un qui cherche toujours les problèmes, à résoudre avec son équipe et ses acteurs.

Des influences occidentales et orientales…

Pour A Bittersweet life, c’est Jean-Pierre Melville et un peu Kill Bill, pour Le Bon la brute le cinglé (photo de droite), ce sont les western de Sergio Leone et les arts martiaux asiatiques (nda : une adaptation non-avouée du film Shanghai Express de Sammo Hung ?). Les westerns, c’est des actions lentes, un genre de plus en plus distant avec le public d’aujourd’hui, ma version avec Le Bon la brute le cinglé est un western "kimchi" qui redynamise ce genre. On voulait des scènes d’action très spectaculaires mais on n’avait pas le matériel hollywoodien, pas de flying-caméra alors la caméra était portée par le caméraman qui suivait les acteurs dans leurs cascades dans les airs. Ce n’est pas un visuel lisse comme Spiderman, c’est plus brut et en même temps plus intéressant.

Un projet de film américain…

Mon prochain film devrait être The Last stand, le projet est lancé avec un studio américain et avec l’acteur Liam Neeson, son agenda est très chargé alors ce n’est pas sûr. J’imagine que si les Américains m’ont appelé c’est pour mon style. J’ignore si je devrais me battre pour imposer ce que je veux, on verra comment ça évolue. Je change de genre parce que je m’ennuie et pour explorer un bittersweet lifeautre genre, en fait j’ai soif de me débarrasser du film que je fais pour aller vers un autre. Quand je tournais Deux sœurs je voulais faire un film d’homme alors j’ai réalisé A Bittersweet life (photo de droite), c’est un film avec beaucoup de choses intériorisées et j’ai eu envie d’extérioriser et j’ai fait Le Bon la brute le cinglé, après je voulais revenir à une explorations de tourments intérieurs et voila J’ai rencontré le diable.

I saw the devil…

A propos des scènes de violence, j’essaie de faire en sorte que le spectateur ne se détourne pas une seconde, le secret réside dans ce qui lie une séquence à une autre. En Corée, j’ai eu quelques problèmes de restrictions pour l’exploitation du film à propos de la violence de certaines scènes et la sortie du film a dû être repoussée. J’ai rencontré le diable c’est aussi ma réaction aux autres films de vengeance où ça ne va pas jusqu’au bout, avec un côté moral du personnage qui réalise la vanité de sa vengeance ou qui sauve son âme… Dans mon film, au contraire, on voit qu’il devient un monstre en chassant un autre monstre.

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J’ai rencontré le diable de Kim Jee-Woon
avec Choi Min-Sik et Lee Byung-Hun
sortie française prévue le 6 juillet

Crédit photo : Christophe Maulavé

Deauville Asia 2011 : Hommage à Hong Sang-Soo

Posté par kristofy, le 11 mars 2011

Hong Sang-soo et Amos GitaiLe Festival asiatique de Deauville a rendu hommage au réalisateur coréen Hong Sang-Soo (notre photo, avec Amos Gitai), dont l’intégralité des films sont projetés ici. Celui dont on dit que les films ont des parfums proches de Eric Rohmer a même tourné un des ses films à Paris, et presque chaque année il se remet derrière la caméra pour raconter une nouvelle variation d’histoire d’amour impossible où d’ailleurs l’univers du cinéma est presque toujours présent.

Le jour où le cochon est tombé dans le puits (1996) : une jeune ouvreuse de cinéma est amoureuse d’un écrivain qui a pour maîtresse une femme mariée.

Le pouvoir de la province de Kangwon (1998) : une jeune femme part en vacances au lendemain d’une histoire d’amour avec un professeur d’université marié.

La vierge mise à nu par ses prétendants (2000) : une jeune productrice entretient une relation amoureuse complexe et bercée d’illusions avec un galeriste.

Turning gate (2002) : un comédien dont la carrière ne décolle pas décide d’aller rendre visite à un vieil ami qui lui présente une jeune femme qui tombe immédiatement amoureuse de lui.

La femme est l’avenir de l’homme (2004) : un jeune professeur d'art plastique retrouve un ami cinéaste sans le sou qui revient des Etats-Unis, ils partent sur les traces du souvenir d’une jeune fille dont ils étaient amoureux quelques années auparavant.

Conte de cinéma (2005) : les trajectoires de deux hommes et d’une femme se croisent et s'éloignent en un jeu de miroirs dont le cinéma est le pivot.

Woman on the beach (2006) : un réalisateur prépare son nouveau film, comme il n’arrive pas à en terminer le scénario il demande à un ami de partir en voyage avec lui.

Night and day (2008) : un peintre coréen à succès doit fuir son pays pour échapper à une arrestation et s’envole pour Paris, il erre perdu sans but dans les rues jusqu’au jour où il rencontre une jeune coréenne étudiante en art.

Les femmes de mes amis (2009) : un réalisateur de films art et essai est invité comme membre du jury d’un festival, il s’endort tous les jours devant les films et passe ses nuits à boire.

Hahaha (2010) : un réalisateur revoit un ami et ils découvrent qu’ils se sont rendus récemment dans la même petite ville en bord de mer.

Oki’s movie (2010) : quatre histoires courtes sur l’évolution de deux relations liées à la même femme mais aussi sur la nature du cinéma, les complications de l’amour et la difficulté de communiquer sincèrement.

« Je pense que notre travail à nous cinéastes est de raconter des histoires universelles à travers le prisme de microcosmes ». C’est avec ces mots que le président du jury Amos Gitaï a remis un lotus d'honneur à Hong Sang-Soo.

A noter : juste après Deauville, le réalisateur sera à Paris pour la rétrospective qui se tient à la Cinémathèque Française du 14 au 28 mars. Il y aura également une leçon de cinéma en sa présence.

Crédit photo : Christophe  Maulavé