Venise 2017 : lever de rideau

Posté par kristofy, le 30 août 2017

Le soleil est déjà chaud sur la lagune, les membres des différents jurys sont arrivés sur le Lido, tout est prêt pour l’ouverture de cette 74e édition du Festival de Venise.

On se pose les questions qui sont dans l'air du temps, comme par exemple la présence dans un festival de films produits par Netflix ou d'épisodes d'une série télé... ou encore la représentation en compétition de films réalisés par une femme. A ce sujet, la présidente du jury Annette Bening n'est pas pour que ça soit un critère dans une sélection : «Je ne suis pas intéressée par une étiquette "film de femme" dans un festival, ce qui compte c'est qu'un femme réalisatrice puisse faire son film, et que ce film parle à un grand nombre de spectateurs.»

John Landis a lui la charge de présider le jury de sélection réalité virtuelle, inaugurée cette année : «Avec le cinéma tel qu'on le connaît c'est le réalisateur qui guide votre regard et décide de ce que vous voyez avec le montage. Dans un film en réalité virtuelle le spectateur peut aller regarder un peu partout autour de lui, c'est très différent. Je veux apprendre comment on peut jouer avec ça pour la narration d'une histoire.»

Les films en compétition :
L’Italie est présente avec 4 films : Ammore e Malavita de Antonio et Marco Manetti, Una famiglia de Sebastiano Riso (avec la présence de Patrick Bruel !), Hannah de Andrea Pallaoro (avec Charlotte Rampling et André Wilms) et The Leisure Seeker de Paolo Virzì  avec une dimension plus internationale puisque qu’il réunit Helen Mirren et Donald Sutherland.

Pour la France, c’est aussi 3 films qui d’ailleurs étaient prêts pour Cannes mais sans être retenus pour différentes raisons : La Villa de Robert Guédiguian (avec ses habitués Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Gérard Meylan, Jacques Boudet, Anaïs Demoustier…), Mektoub is Mektoub de Abdellatif Kechiche très attendu après sa palme d’or, et Jusqu'à la garde de Xavier Legrand (avec Denis Ménochet et Léa Drucker) encore auréolé de sa nomination à l'Oscar 2014 pour son court-métrage…

Hormis Three Billboards Outside Ebbing, Missouri de Martin McDonagh et Lean on Pete Andrew Haigh pour représenter le Royaume-Uni (mais avec des acteurs américains…), aucun autre pays européen ne figure en compétition. Ce qui laisse de la place pour par exemple L'Insulte de Ziad Doueiri et The Third Murder de Hirokazu Kore-eda.

Grosse présence américaine également avec notamment Downsizing de Alexander Payne (en ouverture), Bienvenue à Suburbicon de George Clooney, First Reformed de Paul Schrader, The Shape of Water de Guillermo Del Toro et Mother! de Darren Aronofsky…, et donc la présence attendue sur le tapis rouge de Matt Damon, Julianne Moore, Jennifer Lawrence, Javier Bardem, Ethan Hawke, Amanda Seyfried, Woody Harrelson… Il y aura 21 films en compétition, pas d’animation mais à noter la présence de 2 documentaires.

Des film hors-compétition de prestige :
Robert Redford et  Jane Fonda vont recevoir chacun un Lion d'Or pour l'ensemble de leur carrière en venant pour Our Souls at Night, et le réalisateur Stephen Frears recevra le prix ‘Glory to the Filmmaker’ en présentant Confident Royal (Victoria & Abdul). Il y aura également The Devil and Father Amorth de William Friedkin, The Private Life of a Modern Woman de James Toback, Zama de Lucrecia Martel, Piazza Vittorio de Abel Ferrara, le documentaire Jim & Andy: The Great Beyond : the story of Jim Carrey & Andy Kaufman… Ainsi que Le Fidèle de Michaël R. Roskam avec Matthias Schoenaerts et Adèle Exarchopoulos (déjà le film choisi par la Belgique aux Oscar), et le retour de Takeshi Kitano avec Outrage Coda.

Des sections parallèles curieuses :
Le cinéma français sera bien représenté à Venise avec dans l’une ou l’autre des différentes sections M de Sara Forestier, Les garçons sauvages de Bertrand Mandico, Espèces Menacées de Gilles Bourdos, Marvin d' Anne Fontaine… On pourra aussi y découvrir le nouveau film de Pen-ek Ratanaruang Samui Song et un portrait de la chanteuse du Velvet Underground dans Nico, 1988 de Susanna Nicchiarelli. Et donc cette année Venise lance une nouvelle section compétitive ’Venice Virtual Reality’ pour les films en réalité virtuelle.

Annette Bening, la présidente anti-Trump du Festival de Venise

Posté par vincy, le 5 juillet 2017

Le choix est audacieux, pour ne pas dire gonflé. Et réjouissant par la même occasion. Une femme. Une actrice respectée et même admirée. Une militante engagée. Bref une Américaine qui symbolise à elle-seule la lutte anti-Trump. Annette Bening sera la présidente du jury du 74e Festival de Venise (30 août-9 septembre). La dernière fois qu'une femme avait été à ce poste c'était en 2006 (Catherine Deneuve). Berlin avait quand même réussi à convaincre Meryl Streep d'être à la tête de son jury en 2016. On ne peut que se féliciter d'avoir été cherché une comédienne qui n'est pas dans la catégorie A des stars bankables, mais dont les choix de films révèlent une exigence que son talent enrichit largement. C'est l'une des plus brillantes actrices américaines, assumant ses rides, et capable de jouer avec naturel tout en nous bouleversant sans effets.

Bafta de la meilleure actrice pour American Beauty de Sam Mendes, deux fois récompensée par les Golden Globes en tant que meilleure actrice dans une comédie (Adorable Julia de Istvan Szabo et Tout va bien ! The Kids are All Right de Lisa Cholodenko), nommée aux Oscars pour Les Arnaqueurs, de Stephen Frears, American Beauty, Adorable Julia et Tout va bien ! The Kids are All Right, Annette Bening va célébrer ses 30 ans de carrière au cinéma l'an prochain.

Des studios aux films indépendants, Annette Bening a aussi brillé chez Milos Forman (Valmont), Mike Nichols (Bons baisers d'Hollywood, A propos d'Henry>), Barry Levinson (Bugsy, où elle a rencontré son mari, Warren Beatty), Rob Reiner (Le Président et Muss Wade), Tim Burton (Mars Attacks!), Neil Jordan (Prémonitions), Rodrigo Garcia (Mother and Child), Sally Potter (Ginger and Rosa), Michel Hazanavicius (The Search)...

Politiquement engagée

A l'affiche de 20th century Women qui lui valu sa 8e nomination aux Golden Globes (et qui fut une des polémiques de cet hiver quand on découvrit son absence aux nominations des Oscars), elle a trois films à venir: La mouette de Michael Mayer, avec Saoirse Ronan, Film Stars Don’t Die in Liverpool de Paul McGuigan, avec Jamie Bell, Life, Itself de Dan Fogelman, avec Olivia Wilde, Oscar Isaac, Samuel L. Jackson et Antonio Banderas.

Soucieuse de son indépendance, elle sait attaquer, y compris politiquement. Elle veut défendre le système de sécurité sociale américain et l'IVG, est soucieuse des plus fragiles, des minorités ou des familles monoparentales. "C’est un moment historique dans la vie de notre pays. La plupart d’entre nous a honte de ce qui est train de se passer. Cette politique est honteuse, elle est anti-américaine" expliquait-elle cet hiver. Mais elle profite de ses interviews pour marteler sa façon de penser et sur le féminisme. "S'il est plus facile d'être une femme en 2017 qu'il y a quarante ans, grâce aux progrès de l'éducation, il existe aujourd'hui une autre pression : on attend de nous que nous réussissions nos études, que nous ayons un bon travail, mais aussi que nous soyons de bonnes mères, de bonnes épouses, sexy et tout le temps heureuses. C'est trop !" affirmait-elle cet hiver dans Télérama.

Cannes 2015 – Les télex du marché: Natalie Portman en France, Bardem & Cruz, Béjo & Bellocchio, Firth & Law et La Mouette

Posté par vincy, le 14 mai 2015

marché du film - cannes

- Natalie Portman profite de sa venue au Festival de Cannes pour annoncer ses projets. La réalisatrice et actrice de A Tale of Love and Darkness (Hors compétition) tournera de nouveau en France, 21 ans après Léon plus précisément chez Rebecca Zlotowski (Belle Epine, Grand Central). Pour son prochain film, Planetarium, la cinéaste a aussi enrôlé Lily-Rose Depp, la fille de Vanessa Paradis et Johnny Depp. Drame se déroulant dans les années 30, le récit suit deux sœurs qui semblent posséder une capacité surnaturelle à entrer en contact avec des fantômes et croisent le chemin d'un producteur de films.

- Outre le prochain Besson, Valérian, EuropaCorp a annoncé un film sur Pablo Escobar, avec le duo espagnol, et couple à la ville, Javier Bardem et Penelope Cruz. Le biopic s'inspirera des Mémoires de Virginia Vallejo, non traduites en France, Amando a Pablo, odiando a Escobar. La journaliste avait notamment révélé avoir eu une relation avec le chef de cartel colombien dans les années 80, ce qui la conduisit à l'exil, après avoir du cesser son métier. Fernando Leon de Aranoa (a href="http://www.ecrannoir.fr/films/films.php?f=649">Les lundis au soleil devrait réaliser ce projet. Il est en sélection cette année à la Quinzaine des réalisateurs avec Perfect Day.

- Bérénice Béjo continue de tourner à l'étranger. Elle sera du prochain Marco Bellocchio, Fai bei sogni. Bellocchio vient de terminer L'ultimo vampiro? sans doute sélectionné à Venise cette année. Béjoy sera la compagne et le soutien moral d’un homme (Valerio Mastandrea) en lutte contre le traumatisme causé par la mort prématurée de sa mère quand il avait 9 ans. Il s'agit de l'adaptation du roman autobiographique du journaliste italien Massimo Gramellini, Fais de beaux rêves, mon enfant, paru en 2013 en France. Le tournage vient de commencer.

- Lionsgate a réalisé une des grosses acquisitions du marché en achetant les droits de distribution de Genius, pour un peu moins de 4M$. Ce drame en milieu littéraire oppose l'éditeur de F. Scott Fitzgerald et Ernest Hemingway, Max Perkins, au romancier Thomas Wolfe. Le premier sera incarné par Colin Firth et le second par Jude Law. Au casting on retrouvera aussi Laura Linney, Nicole Kidman (qui a déjà joué avec les deux comédiens), Guy Pearce (en Fitzgerald) et Dominic West (en Hemingway).

- La Mouette, le classique de Tchekhov maintes fois adapté au cinéma, va être de nouveau transposer sur grand écran, avec Saoirse Ronan, Annette Bening et Corey Stoll en vedettes. Le film sera réalisé par le metteur en scène de Boradway Michael Mayer et scénarisé par le dramaturge Stephen Karam.

2010 – Actrices : Annette Bening et Isabelle Huppert

Posté par vincy, le 31 décembre 2010

Deux femmes libres de leurs choix, deux comédiennes qui étalent leur talent (éclectique) dans des films où l'émotion s'est souvent mêlée au sourire, où la légèreté rendait grâce à leurs dons dramatiques.

Annette Bening, star du dernier Festival du film américain de Deauville, 52 ans, n'avait pas vécu une si belle année cinématographique depuis American Beauty. Cette perle cachée hollywoodienne, qui a tourné avec Forman, Frears, Nichols ou encore Burton, a su se régénérer en plongeant dans des rôles plus fins que lui offrait le cinéma indépendant. Mère lesbienne et intransigeante dans The Kids are all right, elle passe de la comédie à la tragédie, du show familial à la douleur intime, avec une aisance confondante qui lui vaudra sûrement une quatrième nomination aux Oscars. Dans Mother and Child, elle écrase ses concurrentes avec un personnage tendu, sec, peu aimable, qui découvre la douceur et la lumière.

Isabelle Huppert sait la capter, cette lumière. Une fois de plus, elle éclaire l'année du cinéma français, dans deux registres radicalement différents. De l'Afrique de White Material aux froides plages belges de Copacabana, d'un pays en guerre à la misère sociale, la véritable Reine Isabelle du cinéma français nous trouble, une fois de plus. Étrangère et familière. Dure et fêlée. Sombre et lumineuse. La vitalité de ses personnages (forts, sans concessions) renvoie à sa  curiosité cinéphilique (dense et sans limites car il faut ajouter le génial Fantastic Mr. Fox). Ainsi, dans Copacabana, l'un des meilleures films français de cette année, elle envoie balader toutes nos convenances au nom d'une bohème assumée en privilégiant la solidarité, le bonheur du présent, les sentiments impulsifs.

Comme Bening, elle envoie valser les carcans de la société. Avec elles, on a envie de danser.

Grand prix à Deauville, Mother and Child consacre Annette Bening

Posté par vincy, le 13 septembre 2010

Annette Bening dans Mother & Child

Elle était l'invitée d'honneur du Festival du cinéma américain de Deauville. Elle y présentait deux films : The Kids are all right, comédie de moeurs douce amère primée par un Teddy Award à Berlin et Mother and Child. Annette Bening est, sans aucun doute, la star du cinéma indépendant cette année, et en bonne place pour une future nomination aux Oscars (elle a déjà été nommée trois fois).

Car le film de Rodrigo Garcia (Les passagers), qui met aussi en vedette Naomi Watts, Samuel L. Jackson, Kerry Washington et Cherry Jones, vient de recevoir le Grand prix à Deauville. Contrairement à The Kids are allright, très joli succès de l'été aux USA, Mother & Child n'a pas rencontré son public (un million de $ au box office). Il lui faudra un palmarès étoffé pour séduire les professionnels hollywoodiens : un an après son avant-première mondiale à Toronto, il a voyagé à San Sebastian, Sundance et Dubai. Le film sort le 17 novembre en France.

Deauville a aussi récompensé The Myth of the American Sleepover (présenté à la Semaine de la critique à Cannes) et Winter's Bone (prix du jury ex-aequo).

Holly Rollers a reçu le prix révélation Cartier tandis que le prix de la critique internationale a échu à Buried, de Rodrigo Cortes.

Annette Bening, Terry Gilliam et Gregg Araki invités de Deauville

Posté par vincy, le 3 août 2010

Le festival du film américain de Deauville (3-12 septembre) a choisi une actrice épatante, Annette Bening, un réalisateur dément et grand public, Terry Gilliam, et un cinéaste culte et underground, Gregg Araki, comme invités d'honneur cette année. Chacun aura sa rétrospective.

Bening viendra en plus présenter en avant-première The Kids are all right, comédie dramatique sur l'homoparentalité et Teddy Award du dernier festival de Berlin, succès surprise du box office nord-américain cet été (déjà 10 millions de $ au box office dans un circuit de moins de 900 salles).

Araki se confrontera au public avec son Kaboom, qui avait fait sensation hors-compétition à Cannes, où il avait reçu le premier Queer d'or.

Notons aussi la présence de l'écrivain américain Joyce Carol Oates, qui viendra chercher le prix de littérature du festival à l'occasion de la nouvelle édition française de "Blonde", un roman sur Marilyn Monroe, publiée en juin chez Stock.

Anthony Hopkins s’attaque à deux mythes : Odin et Hemingway

Posté par vincy, le 6 novembre 2009

Sir Anthony Hopkins a rejoint le casting de Thor, nouveau superhéros hollywoodien. Le tournage commence cet hiver et il incarnera Odin, le père de Thor et de Loki, alias Chris Hemsworth et Tom Hiddleston. Natalie Portman jouera les amoureuses de Thor. Et Kenneth Branagh réalise le film de Paramount, dont la sortie est prévue le 20 mai 2011.

Son agent n'a pas démérité puisque le comédie a aussi signé pour interpréter l'écrivain Ernest Hemingway dans Hemingway and Fuentes. le film retrace la vie cubaine de l'auteur, avec son ami Gregorio Fuentes et notamment leurs parties de pêche.. Le scénario est écrit par la petite-fille d'Hemingway, Hillary. L'acteur Andy Garcia réalisera et sera Fuentes. La troisième femme d'Hemingway aura les traits d'Annette Bening.

D'ici là on verra Hopkins aux côtés de Benicio del Toro dans The Wolfman.