Posté par Claire Fayau, le 3 mars 2009
Rebootage en mode sans échec ?
"Cesse de me faire perdre mon temps. Monte dans l'Eva. Ou bien va-t-en !"
L'histoire : Une catastrophe d'une ampleur sans précédent s'est abattue sur notre planète, causant la mort de la moitié de la population et laissant le monde meurtri à tout jamais. Après cet évènement terrible que l'histoire retiendra sous le nom de "Second Impact", les survivants reprennent peu à peu leur vie quotidienne. C'est alors qu'un adolescent de 14 ans, Shinji Ikari, est convoqué à Tokyo 3 par son père. Conduit au quartier général de la NERV, une organisation ultra secrète, il doit prendre les commandes d'une arme humanoïde gigantesque, l'Eva-01...
Ce qu'on en pense : A l'origine, Evangelion (un récit de science fiction sur fond d'apocalypse et de manipulations génétiques) est une série culte des années 90 en 26 épisodes qui a donné lieu à deux films d'animation. Son succès, dû à un dosage parfait entre symbolique religieuse, bagarres entre géants robotiques qui donnent le tournis et conflits intérieurs, a convaincu le studio Gainax de lancer un nouveau remake ou plutôt une "remise à jour" de son titre culte, sous la forme de quatre longs métrages à sortir entre 2007 et 2009. Ce projet, "Rebuild of Evangelion", a pour but de moderniser l’œuvre des années 90 mais aussi de changer les deux fins existantes : celle de la série et celle du film The End of Evangelion (Death and rebirth n'en ayant pas vraiment). Et c'est surtout cela que les fans attendent : une nouvelle fin, complètement inédite et, on l’espère, plus satisfaisante.
Pour entamer cette renaissance, l'épisode introductif, Evangelion : 1.0 You are (not) alone, suit une intrigue similaire au film Death and Rebirth et aux six premiers épisodes de la série. Si le visuel général reste identique (les personnage ont les expressions typiques des mangas), l'animation est nettement plus fluide, avec de nouveaux effets spéciaux. Les néophytes, eux, risquent d'être désarçonnés. Car le nouveau film, notamment la première heure, ressemble à un condensé des épisodes de la série (avec peu d'explications et un rythme soutenu), proposant une fin ouverte et des dialogues parfois très jargonnant ("entry plug", " LCL" , "AT field"...)
Cependant, la nouvelle génération de spectateurs ne devrait pas être totalement rebutée, notamment grâce au processus d'identification avec le héros qui découvre lui aussi les choses au fur et à mesure. En plus, ce qui s'avère rapidement palpitant, ce sont les sentiments très profonds, les questions existentielles et métaphysiques et les contradictions qui tenaillent les différents personnages. Comme une excellente "piqure de rappel" pour les fans, et une bonne accroche pour les autres... Deux regrets cependant : aucune reprise de la musique classique qui constituait un vrai bonus dans les précédents opus (Où sont l' Ode à la joie, Les canons de Pachelbel ou même Fly me to the moon ?) et une attente interminable avant de nous présenter le personnage d'Asuka, sorte de "troisième mousquetaire" d'Evangélion...
On sent que le scénariste et coréalisateur, Hideaki Anno, s'est attaché à poser les bases de la saga pour mieux captiver son public et lui donner envie de découvrir la suite de l'histoire... C'est réussi, d'autant qu'on nous promet dans le dossier de presse qu'il y aura une vraie progression, et surtout de l'inédit ! Test grandeur réelle lors de la prochaine mise à jour, Evangelion 2.0 - You can (not) advance.
Tags liés à cet article: animation, animé, asie, Death and rebirth, evangelion, Evangelion 2.0 - You can (not) advance, Evangelion : 1.0 You are (not) alone, Hideaki Anno, Rebuild of Evangelion, The End of Evangelion.
Publié dans Critiques, Films |
Posté par MpM, le 3 octobre 2008
Après avoir longtemps méprisé l’univers du manga et des animés, le cinéma s’est rendu compte (il y a peu) du potentiel d’inspiration, voire de renouvellement, que représente le genre, et a entrepris lentement mais sûrement d’en piller les monuments (on attend les versions "live" d’Akira et d’Evangelion). Comme en contrepoids, le Festival de Locarno, associé pour l’occasion au Musée du Cinéma de Turin, a lui décidé de rendre hommage à ce courant artistique plus ancien et plus varié qu’il n’y paraît. C’est ainsi qu’est né le projet "Manga Impact", une rétrospective et une exposition conjointe autour du cinéma d’animation japonais et de son univers dessiné, qui se tiendront du 5 au 15 août 2009 à Locarno, puis du 16 septembre au 15 novembre 2009 à Turin. Le programme complet se dévoilera peu à peu sur le site internet spécialement dédié à l’événement (www.mangaimpact.com) et un livre de référence fera la synthèse de tous ces contenus.
Toutefois, on sait déjà qu’une sélection d’œuvres issues de l’animé (courts et longs métrages, mais également séries télévisées) devrait permettre de (re)découvrir les œuvres marquantes du XXe siècle, tandis qu’une exposition présentera tout ce qui constitue l’univers du manga, des planches de bandes dessinées aux magazines, en passant par des objets dérivés, des stations de jeux vidéo et des exemples de jeu de rôle. L’occasion de revenir sur les origines graphiques et esthétiques du manga mais également sur ses multiples formes, styles et genres. La bande dessinée japonaise (et son dérivé animé) est en effet extrêmement fragmentée, s’adressant à des public ciblés (adultes, adolescents, jeunes filles, enfants, gays, …) avec des intrigues qui peuvent être tour à tour érotiques, historiques, sentimentales, violentes ou même introspectives et poétiques. Une richesse et une complexité dignes que n’importe quel art millénaire, et qui méritaient bien qu'un grand festival international de cinéma leur rende honneur.
Tags liés à cet article: akira, animation, animation japonaise, animé, Bande dessinée, evangelion, exposition, festival, italie, Japon, livre, locarno, manga, manga impact, rétrospective, suisse, turin.
Publié dans Festivals, Projet, tournage |
Posté par MpM, le 31 janvier 2008
Premier coup de coeur du festival, cet animé de Koichi Chigira, adapté d'un roman à succès de la littérature japonaise, séduit par la fluidité de son graphisme, notamment l'utilisation du mouvement pour recréer de effets de mise en scène traditionnelle, et son sens de la narration. Véritable enchantement visuel (on passe du monde coloré et gai de 'Vision' à la réalité terne et froide de 'Reflet', en passant par les moments d'épreuve franchement glauques et sombres), il nous emporte dans une suite d'aventures jamais niaises ni faciles, mais toujours fascinantes.
Comme souvent dans le manga ou l'animation asiatique, le coeur du film s'avère par ailleurs une réflexion douce amère sur la question du destin. Peut-on modifier le cours de son existence à n'importe quel prix ? A-t-on le droit d'exiger le bonheur au détriment de celui des autres ? La prise de responsabilité et le choix du meilleur chemin possible font partie du voyage, forcément initiatique, mais sans la lourdeur morale qui caractérise souvent les dessins animés occidentaux à destination des plus jeunes. Ici, le public adulte y trouve lui aussi son compte, émerveillé par les prouesses esthétiques comme par la cohésion de ce monde complexe et chatoyant.
Tags liés à cet article: adaptation, animé, asie, Japon.
Publié dans Critiques, Festivals, Vesoul |