Parvana de Nora Twomey triomphe aux Emile Awards 2018

Posté par MpM, le 11 décembre 2018

Pour sa 2e édition, la cérémonie des Emile Awards, les récompenses de l'animation européenne, a vu le triomphe de Parvana, une enfance en Afghanistan de Nora Twomey, qui remporte 4 trophées, dont celui de la meilleure réalisation. La cinéaste en a profité pour délivrer un message aux jeunes réalisatrices présentes dans l'assemblée : "N'écoutez jamais les voix qui disent que vous ne pouvez pas y arriver, parce que vous pouvez ! Je souhaite voir plus de films politiques comme ceux qui étaient nommés dans notre catégorie [Another day of life, Funan, Teheran Tabu] et plus d'héroïnes comme Parvana !"

A côté de la fable sensible sur l'Afghanistan en guerre, c'est le très attendu récit intime de Denis Do sur la vie au temps des khmers rouges, Funan, qui repart avec deux prix, dont meilleur scénario, tandis qu'Another day of life de Raul de la Fuente et Damian Nenow, qui suit le reporter polonais Ryszard Kapuscinski au cœur de la guerre civile angolaise. est couronné pour sa musique. Probablement victime d'une très grosse année de l'animation européenne, et du succès écrasant de Parvana, d'ailleurs présenté en avant-première lors de la première édition des Emile Awards, le splendide Chris the Swiss d'Anja Kofmel repart quant à lui bredouille.

Côté courts métrages, Ce magnifique gâteau ! d'Emma De Swaef et Marc James Roels ajoute un nouveau titre à son palmarès, tandis que (Fool Time) Job de Gilles Cuvelier dont nous vous avons régulièrement parlé tout au long de l'année est distingué pour ses décors et le design de ses personnages.

A signaler enfin que le Danemark rafle la mise dans la catégorie programmes de télévision et film de commande.

La soirée, qui se tenait à Lille, dans le cadre confortable du Nouveau siècle, a été ponctuée par plusieurs interludes, et notamment deux morceaux interprétés par le compositeur Vincent Courtois et le musicien Daniel Erdmann ainsi que par un hommage touchant à Clare Kitson, honorée par le Lotte Reiniger Lifetime Achievement Award. L'auteure et ancienne programmatrice qui a fait de Channel 4 un leader de l'animation a commencé par s'excuser du Brexit, avant d'affirmer modestement qu'elle avait surtout "eu de la chance", son poste à Channel 4 lui ayant permis de soutenir, financer et promouvoir l'animation britannique et mondiale pendant une décennie.

C'est le très psychédélique Yellow submarine de George Dunning, un long métrage coloré et absurde mettant en scène les Beatles, qui a joyeusement clôturé la soirée. Le film, qui fête son 50e anniversaire, reste d'une modernité étonnante, avec une animation qui foisonne de gags visuels, une histoire ultra simpliste aux ressorts alambiqués, des dialogues bourrés de jeux de mots plus ou moins décalés, et bien sûr les inégalables chansons du groupe, de Lucy in the sky à Nowhere man, en passant par When I'm 64 ou Eleonore Rigby.

Tout le palmarès

Meilleure réalisation pour un long métrage
Nora Twomey pour Parvana, une enfance en Afghanistan (Irlande / Luxembourg / canada)

Meilleur scénario pour un long métrage
Denis Do et Magali Pouzol pour Funan (France)

Meilleur storyboard pour un long métrage
Giovanna Ferrari, Julien Regnard et Stuart Shankly pour Parvana, une enfance en Afghanistan (Irlande / Luxembourg / canada)

Meilleure animation de personnage pour un long métrage
Fabian Erlinghäuser, John Walsh, Lorraine Lordan, Jeremy Purcell, Viktor Ens, Nicolas Debray, Geoff King et Emmanuel Asquier-Brassart pour Parvana, une enfance en Afghanistan (Irlande / Luxembourg / canada)

Meilleurs décors et design de personnage pour un long métrage
Ciaran Duffy, Reza Riaihi et Sandra Andersen pour Parvana, une enfance en Afghanistan (Irlande / Luxembourg / canada)

Meilleure musique  pour un long métrage
Mikel Salas pour Another Day of Life (Pologne)

Meilleur sound design pour un long métrage
Nicolas Leroy, Michel Schillings et Nicolas Tran Trong pour Funan (France)

Meilleure réalisation pour un court métrage
Emma De Swaef, Marc James Roels pour Ce magnifique gâteau ! (Belgique / France / Pays-Bas)

Meilleurs décors et character design pour un court métrage
Gilles Cuvelier pour (Fool) Time Job (France)

Meilleure réalisation pour un film étudiant
Anna Mantzaris  pour Enough (Grande-Bretagne)

Meilleure réalisation pour un film de commande
Magnus Igland Møller pour A most precise and nuanced look into the life of the man, legend and visionary - Martin Luther (Danemark)

Meilleure réalisation pour un programme de télévision

Christian Bøving-Andersen et Eva Lee Wallberg pour The Heroic Quest of the Valiant Prince Ivandoe (Danemark)

Meilleur scénario pour un programme de télévision
Kim Fupz Aakeson et Ida Mule Scott pour Vitello - Vitello Gets a Yucky Girlfriend (Danemark)

Meilleur storyboard pour un programme de télévision
Kenneth Ladekjær et Eva Lee Wallberg pour The Heroic Quest of the Valiant Prince Ivandoe (Danemark)

Meilleure animation de personnage pour un programme de télévision
Tina Lykke Thorn, Henrik Sønniksen, Mikkel Vedel et Eva Lee Wallberg pour  The Heroic Quest of the Valiant Prince Ivandoe (Danemark)

Meilleurs décors et design de personnage pour un programme de télévision
Mikkel Sommer et Birk Von Brockdorff pour The Heroic Quest of the Valiant Prince Ivandoe (Danemark)

Meilleure musique pour un programme de télévision
Yan Volsy et Pablo Pico pour Un homme est mort (France)

Meilleur sound design pour un programme de télévision
Célia Sayaphoum pour Athleticus - Middle-distance running (France)

Notre guide pour le 16e carrefour du cinéma d’animation

Posté par MpM, le 10 décembre 2018

Dans son éditorial en ouverture du programme du 16e Carrefour du cinéma d'animation qui commence ce mercredi 12 décembre, le directeur des programmes du forum des images Fabien Gaffez souligne à quel point ce festival fut précurseur pour sortir le cinéma d'animation "des ornières du "dessin animé" (comprendre : cette chose divertissante pour les enfants)".

Si quinze ans plus tard la situation reste contrastée (on entend encore, régulièrement, et de la part de gens par ailleurs tout à fait sensés, les pires clichés sur le cinéma d'animation), le Carrefour poursuit son sillon en offrant le bel écrin du Forum à toutes les formes de cinéma animé, longs et courts métrages, documentaires et fictions,  cinéma d'auteur et films pour jeune public. Pour vous aider à ne rien rater, Ecran Noir vous a concocté un guide des principaux événements de cette édition 2018.

* Seder masochism de Nina Paley :  le film incontournable

S'il ne devait y en avoir qu'un, ce serait évidemment ce film déjanté et hilarant, extrêmement brillant dans son propos, qui véhicule un discours politique fort à travers le rite du Seder (propre à la fête de Pessah dans la religion juive) qui consiste à "revivre" l'exode du peuple juif guidé hors d'Egypte par Moïse. La réalisatrice, qui se représente sous la forme d'une chèvre, converse avec son père (sous la forme de Dieu le père, avec barbe et moustache, et œil de la providence sur le front). Leur dialogue est extrait d'une conversation qu'ils ont eue en 2011, peu de temps avant sa mort, et qu'elle avait opportunément enregistrée. Interviennent également Moïse, Aaron et l'ange de la mort, ainsi que des prophètes réunis autour d'un banquet, et quantité d'autres symboles religieux et patriarcaux toujours utilisés à bon escient, c'est-à-dire de manière à produire le rire et la réflexion.

Pas encore convaincus ? Ajoutons à cela qu'il s'agit aussi d'une comédie musicale mêlant le chant folklorique américain "This land is your land" (sur des scènes joyeuses de gens qui s’entretuent en boucle), "The things we do for love" de 10CC qui accompagne, notamment, des scènes d'explosions et des vues des attentats contre le World Trade Center en 2001 et le fameux duo "Paroles, Paroles" d'Alain Delon et Dalida pour illustrer les rapports entre les religions et les femmes (avec Alain Delon en Dieu, et Dalida en Déesse).

* Les courts d'école : la jeune création prometteuse

Quoi de mieux que les courts métrages réalisés par les étudiants en animation pour se faire une idée de la richesse de la production contemporaine, et du véritable vivier de talents que recèlent les écoles françaises ? A travers quatre programmes, le festival propose ainsi un panorama de la jeune création, dont le poétique Baransu d'Alice Lahourcade qui raconte la rencontre entre deux yokais (esprits japonais) en utilisant les codes du théâtre kabuki, le touchant Hedgehog (de Vaibhav Keswani, Jeanne Laureau, Colombine Majou, Morgane Mattard, Kaisa Pirttinen, Jong-ha Yoon), qui met en scène un petit garçon se réfugiant dans son savoir encyclopédique sur les hérissons, ou encore l'amusant Thermostat 6 (de Maya Av-Ron, Mylène Cominotti, Marion Coudert, Sixtine Dano), dans lequel une petite fuite d'eau révèle la propension d'une famille à vivre en-dehors de toute réalité.

* Mirai ma petite soeur de Mamoru Hosada : la séance à voir en famille

Ce n'est pas si souvent qu'on peut aller au cinéma avec ses enfants sans s'endormir discrètement devant des programmes pas vraiment conçus pour des adultes. Avec Mirai ma petite sœur de Mamoru Hosada, grands et petits passent un beau moment de cinéma, portés par les minuscules mais attachants enjeux familiaux du récit et l'animation libre et pleine d'ampleur du réalisateur japonais.

* Les courts métrages français professionnels : les fondamentaux


On ne peut pas se proclamer amateur de cinéma d'animation si l'on ne s'intéresse pas un minimum au court métrage, qui est comme toujours le plus formidable des terrains d'expérimentation et d'audace. C'est dans le format court que l'on voit émerger des auteurs singuliers, exigeants, inspirés, qui bousculent nos certitudes et nos attentes pour tracer leur propre chemin. Outre les incontournables de l'année, comme Le tigre de Tasmanie de Vergine Keaton, La nuit des sacs plastiques de Gabriel Harel ou Je sors acheter des cigarettes d'Osman Cerfon, on découvrira au Carrefour Moutons, Loup et Tasse de thé… de Marion Lacourt et Riviera de Jonas Schloesing en work in progress !

* Focus sur le studio d'animation Miyu productions : les scoops potentiels

Pour tout connaître du beau travail réalisé par le studio Miyu depuis sa création en 2009, avec notamment des courts métrages comme Nothing happens de Michelle et Uri Kranot et Egg de Martina Scarpelli, mais aussi découvrir des images inédites de leurs projets en cours, parmi lesquels Saules aveugles, femme endormie de Pierre Földes dont nous vous parlions il y a quelques jours.

* L'extraordinaire voyage de Marona d'Anca Damian : le Work in progress pour les impatients


On vous a déjà parlé du nouveau film d'Anca Damian (Le voyage de M. CrulicLa montagne magique) qui s'annonce comme une fresque virtuose et intense racontant à la première personne l'histoire tragique de son héroïne, une petite chienne qui a connu plusieurs foyers. Cette fois, le Carrefour propose l'occasion exceptionnelle de découvrir en avant-première des images du film commentées par la réalisatrice elle-même. Histoire de patienter jusqu'à sa sortie courant 2019 (après une première mondiale dans un grand festival international ?).

* Masterclass Richard Williams : la rencontre culte

Cet animateur, réalisateur et producteur d’animation est célèbre pour avoir animé la panthère rose dans Quand la panthère rose s’emmêle (1976) et dirigé l’animation de Qui veut la peau de Roger Rabbit (1988), qui lui a valu deux Oscars. Pour les plus connaisseurs, son long métrage inachevé The Thief and the Cobbler: A moment in Time (présenté lors du Carrefour) est une oeuvre culte. Lors de sa masterclass, il évoquera en compagnie du spécialiste de l'animation Alexis Hunot les temps forts de sa carrière, extraits et exemples à l'appui.

* Focus sur l'oeuvre de Jonathan Hodgson : la rétrospective indispensable

Lors d'une séance en présence du réalisateur, le public pourra découvrir le travail de Jonathan Hodgson, fer de lance de l'animation britannique, dont l'oeuvre se nourrit de "graphisme et de collages au service d'une narration choc". Qu'il mélange animation et prise de vues réelles comme dans son film Camouflage (2001) ou adapte un texte de Charles Bukowski (The Man with the beautiful eyes, 1999), c'est un auteur en perpétuelle recherche qui tente de se renouveler en permanence. On pourra en avoir un aperçu au travers de la douzaine de films présentés (dont certaines commandes) ainsi que de son dernier court métrage Roughouse, également présenté en compétition.

* Funan de Denis Do : l'avant-première inratable


Couronné à Annecy, Funan est le récit sensible et pudique du quotidien sous le régime des khmers rouges. Un jeune couple de déportés, contraints aux durs travaux agricoles, se retrouve séparé de son fils, envoyé dans un camp pour enfants. N'étant jamais à charge, si ce n'est contre le système lui-même, le film montre à la fois les gestes cachés de solidarité (deux cadres aident fugacement le couple de protagonistes, les membres de la famille essayent de rester soudés) et l'impossibilité de cette solidarité dans un contexte où se joue, à chaque instant, la survie de chacun. Son écriture sobre et sa mise en scène ample et subtile évitent le misérabilisme comme le spectaculaire, pour un résultat visuellement et émotionnellement impressionnants.

A noter que plein d'autres avant-premières valent le déplacement, comme Another day of life de Raul de la Fuente et Damian Nenow (sortie le 23 janvier 2019), Tito et les oiseaux de Gabriel Bitar, Gustavo Steinberg et André Catoto Dias (24 avril 2019), Wardi de Mats Grorud (27 février 2019), Virus tropical de Santiago Caicedo de Roux (pas encore de date de sortie) ou encore Le Château de Cagliostro, le premier long métrage d'Hayao Miyazaki, pour la première fois sur les écrans français le 23 janvier 2019.

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16e Carrefour du cinéma d'animation
Du 12 au 16 décembre
Infos et programme sur le site du Forum des Images

Les critiques de Los Angeles plébiscitent Roma et Burning

Posté par vincy, le 10 décembre 2018

Le cinéma étranger a eu les faveurs des critiques de Los Angeles. Avec Roma, le mexicain Alfonso Cuaron a ainsi reçu deux prix, dont celui du meilleur film, tout en étant finaliste dans deux autres catégories. Cuaron réalise l'exploit de recevoir pour la 2e fois ce prix, 5 ans après Gravity. Il rejoint ainsi Ang Lee, Alexander Payne, Steven Spielberg, Martin Scorsese, Milos Forman et Clint Eastwood dans ce tableau d'honneur des cinéastes doublement primés par les LAFCAA.

Le sud-coréen Lee Chang-dong, avec Burning, a reçu deux prix lui aussi, tout en étant finaliste dans la catégorie meilleur film. La Palme d'or japonaise Une affaire de famille et le cinéaste nippon Hayao Myazaki ont également été distingués.

L'autre vainqueur de la soirée est Netflix avec les prix pour Roma mais aussi le prix du meilleur documentaire et une mention pour le film posthume restauré d'Orson Welles.

On retrouvera la plupart de ces films et personnalités récompensées aux Oscars. : parmi les meilleurs films récompensés, Les démineurs, Spotlight et Moonlight ont reçu l'Oscar du meilleur film.

Meilleur film: Roma (finaliste: Burning)
Meilleur réalisateur: Debra Granik pour Leave No Trace (finaliste: Alfonso Cuaron pour Roma)
Meilleur acteur: Ethan Hawke pour First Reformed (finaliste: Ben Foster pour Leave No Trace)
Meilleure actrice: Olivia Colman pour La Favorite (finaliste: Toni Collette pour Hereditary)
Meilleur second-rôle masculin: Steven Yeun pour Burning (finaliste: Hugh Grant pour Paddington 2)
Meilleur second-rôle féminin: Regina King pour If Beale Street Could Talk (finaliste: Elizabeth Debicki pour Les veuves)
Meilleur scénario: Nicole Holofcener et Jeff Whitty pour Can You Ever Forgive Me? (finaliste: Deborah Davis et Tony McNamara pour La favorite)
Meilleur film d'animation: Spider-Man New Generation (finalistes: Les indestructibles 2)
Meilleur film en langue étrangère ex-aequo: Burning, Une affaire de famille
Meilleur documentaire: Shirkers (finaliste: Minding the Gap)
Meilleure image: Roma (finaliste: If Beale Street Could Talk)
Meilleur montage: Minding the Gap (finaliste: Roma)
Meilleure musique: If Beale Street Could Talk (finaliste: First Man)
Meilleurs décors: Black Panther (finaliste: La Favorite)

Prix pour l'ensemble de sa carrière: Hayao Miyazaki
Prix Douglas Edwards pour un film expérimental: The Green Fog
Prix Nouvelle génération: Chloe Zhao
Mention spéciale: The Other Side of the Wind d'Orson Welles

Yvan Attal et Amandine Fredon vont animer Le petit Nicolas

Posté par vincy, le 30 novembre 2018

C'est un des personnages atemporels de la culture française depuis 1956 (même s'il est né dans un canard belge). Le Petit Nicolas, dessiné par jean-Jacques Sempé et scénarisé par René Goscinny, a déjà été adapté en série animée (2009, en jeu vidéo (2013) et en films en prises de vues réelles en 2009 (59M$ de recettes dans le monde, 5,5 millions d'entrées en France) et en 2014 (22M$ de recettes dans le monde, 2,5 millions d'entrées en France), à chaque fois réalisés par Laurent Tirard.

Cette fois-ci Le petit Nicolas, sa famille et sa bande vont prendre vie en long métrage animé coréalisé par Yvan Attal et Amandine Fredon. Pour Attal, qui a déjà réalisé cinq longs métrages (dont Le Brio l'an dernier, succès populaire et nommé aux Césars), ce sera une première incursion dans le monde de l'animation. Amandine Fredon a réalisé la série animée Tu mourras moins bête (31 épisodes).

Le petit Nicolas : parfum d'enfance sera coscénarisé par Anne Goscinny, la fille de René, et Michel Fessler (Hanuman, T'choupi, La marche de l'empereur, Ao le dernier Néandertha...).

Le pitch: Il était une fois un petit garçon d’encre noire, reconnaissable à ses yeux rieurs et à son beau sourire en coin, partant à la conquête de millions de lecteurs. Penchés sur une feuille blanche, Jean-Jacques Sempé et René Goscinny donnent vie à ce petit garçon au pull rouge, le Petit Nicolas. Au fil du récit, le petit garçon se glisse dans l’atelier du dessinateur et de son scénariste, et les interpelle avec drôlerie. Sempé et Goscinny répondent aux interrogations de l’enfant par des confidences et des anecdotes. Sous la plume et les mots des auteurs, le Petit Nicolas découvre qu’il a une maison, des parents, une grand-mère, une maîtresse à l’école et de nombreux copains. Puis, vient le temps des vacances au bord de la mer et là c’est chouette! Au fur et à mesure des aventures de Petit Nicolas et de ses copains, Sempé et Goscinny se dévoilent et racontent une enfance pleine de rêves et d’émotions joyeuses.

Jeune création : les lauréats 2018 de la Fondation Gan pour le Cinéma

Posté par MpM, le 29 novembre 2018

©Régis d'Audeville

Depuis sa création en 1987, la Fondation Gan pour le Cinéma distingue chaque année des projets de longs métrages (premier et deuxième) auxquels elle apporte une aide financière de 53 000 euros (50 000 pour le producteur, 3000 pour le réalisateur).

Ont ainsi été accompagnés Raymond Depardon (La captive du désert), Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro (Delicatessen), Tran Ahn Hung (L'odeur de la papaye verte), Catherine Corsini (Les amoureux), Christine Carrière (Rosine), Bruno Dumont (La vie de Jésus) ou encore Meryem Benm’Barek pour Sofia, sélectionné et récompensé à Un certain regard à Cannes en 2018, et Jean-Bernard Marlin pour Shéhérazade, sélectionné à la Semaine de la Critique 2018.

La fondation s'enorgueillit aujourd'hui d'un beau palmarès, avec près de 5000 scénarios lus, 190 réalisateurs aidés (dont seulement un quart de réalisatrices), 90% de films tournés, et un tableau d'honneur qui cumule 35 César, 20 prix à Cannes et plus de 450 récompenses dans les festivals français et étrangers. Autant dire que les lauréats 2018, annoncés lors la traditionnelle Soirée des lauréats le lundi 26 novembre, viennent de rejoindre un club très privé placé sous les meilleurs auspices.

C'est le président du jury de l'Aide à la Création, Christophe Honoré (lauréat en 2000 pour 17 fois Cécile Cassard), qui a annoncé les 4 heureux élus, choisis parmi 114 scénarios.

- Guillaume Bonnier pour Tout le monde m'appelle Mike (premier long métrage), produit par Spectre Productions

Un film qui a séduit le jury par "sa force de conviction". Il raconte l'histoire d'une famille qui voyage sur un voilier. Au moment de traverser le golfe d’Aden, arpenté par des pirates somaliens, ils invitent Mike, un jeune homme dont ils ne savent rien, à venir avec eux. Au casting de ce que le réalisateur présente comme un western, Anaïd Demoustier, Damien Chapelle et Abderissaak Mohamed.

- Romain de Saint-Blanquat pour La Morsure (premier long métrage), produit par Easy tiger

Cette histoire d'une jeune fille qui fait le mur, persuadée qu'il ne lui reste plus qu'une nuit à vivre, a fait l'unanimité auprès du jury. "Ce que promet le scénario nous a emballés" a confié Christophe Honoré. Romain de Saint-Blanquat, qui s'était fait connaître avec son court métrage de fin d'études auto-produit Pin ups, développe en parallèle une série qu'il a coécrite, Carolus magnus.

- Rachel Lang pour Mon légionnaire (deuxième long métrage), produit par Chevaldeuxtrois

Un projet dont le jury a apprécié "la maturité", proposé par la réalisatrice de Baden baden, long métrage remarqué à Berlin en 2016. On y suit des légionnaires et leurs épouses, qui apprennent pour les uns à survivre en milieu hostile, et pour les autres à vivre avec l’absence et l'éloignement.

- Vincent Le Port pour Bruno Reidal (premier long métrage), produit par Capricci Production

L'histoire vraie d'une jeune séminariste qui a tué un enfant au début du XXe siècle, avant de se rendre à la police. Le film se base sur ses mémoires, qui contiennent des phrases comme : « Quoique je fasse, les scènes de meurtre sont pour moi pleines de charme… » "C'est probablement le film le plus imprudent des quatre" a souligné Christophe Honoré. Vincent Le Port avait reçu le prix Jean Vigo du court-métrage en 2016 pour Le Gouffre.

Enfin, le prix spécial, qui est remis par la Fondation elle-même, a été attribué au projet Le sommet des Dieux, premier long métrage d'animation en solo du réalisateur Patrick Imbert (qui avait co-réalisé Le grand méchant renard et autres contes et Ernest et Célestine), coproduit par Julianne Films et Folivari. Il s'agit de l'adaptation ambitieuse du manga du même nom de Jirô Taniguchi et Baku Yumemakura.

Autant de films que l'on suivra avec beaucoup de curiosité, mais en réfrénant un peu notre impatience, car les quatre lauréats en prise de vues réelles devraient tous être tourné courant 2019 (avec des sélections cannoises en 2020 à la clef ?) tandis que le long métrage d'animation est attendu pour 2021.

Pourquoi il ne faut pas rater Les contes merveilleux par Ray Harryhausen

Posté par MpM, le 28 novembre 2018

Ray Harryhausen est célèbre dans le monde entier pour ses effets spéciaux impressionnants dans des films comme Le monstre des temps perdus d'Eugène Lourié (1953), Le 7e voyage de Sinbad de Nathan Juran (1958) ou encore Le choc des titans de Desmond Davis (1981). Sa technique, consistant à animer image par image les créatures fantastiques et à les projeter ensuite dans les prises de vue réelle, a inspiré des réalisateurs tels que Steven Spielberg, James Cameron, Guillermo del Toro ou encore Tim Burton, ainsi que de nombreux spécialistes des effets spéciaux.

Phil Tippett a notamment repris et amélioré le système mis au point par Harryhausen dans la première trilogie de Star Wars. De nombreux films rendent également hommage aux créatures inventées par l'animateur dans les années 50, tels que les dinosaures de Jurassic Park ou les squelettes de Pirates des caraïbes, et surtout le monstre le plus célèbre du cinéma japonais, Godzilla, sorti un an après Le monstre des temps perdus qui racontait déjà l'arrivée d'un dinosaure marin dans une ville côtière, et dont la Toho s'est très largement inspirée.

A la fin des années 40, puis au début des années 50, Ray Harryhausen réalise plusieurs courts métrages en alternance avec son travail pour Monsieur Joe et Le monstre des temps perdus. Il s'attache au format du conte, entièrement réalisé en stop-motion, avec des marionnettes articulées, et développe ses propres techniques d'animation et de mise en scène. Cinq films, qui étaient jusque-là inédits en France, sortent enfin sur grand écran grâce à un partenariat entre Carlotta Films et la fondation Ray & Diana Harryhausen : Le Petit chaperon rouge (1949), Hansel et Gretel (1951), Raiponce (1951), Le Roi Midas (1953) et Le Lièvre et la tortue (commencé par Harryhausen en 1952 et achevé par Mark Caballero et Seamous Walsh en 2002, sous la houlette du maître).

Ces contes enfantins recèlent déjà toute la prouesse de Harryhausen à donner vie aux objets et aux êtres inanimés : l'affolement de la grand-mère du Petit chaperon rouge est communicatif, on croit percevoir les efforts de la tortue à chaque pas (Le Lièvre et la tortue), et l'amour rayonne littéralement du couple de Raiponce tandis que la terreur d'Hansel et Gretel est presque palpable.

Le cinéaste, qui aimait improviser en animant, choisit de recourir à une voix-off, plutôt qu'à des dialogues, ce qui a tendance à figer légèrement les récits, tout en restant fidèle à la forme originelle de ces fables faites pour être racontées. C'est d'ailleurs parfaitement adapté à un très jeune public qui a besoin d'être pris par la main, quitte à ce que le texte soit parfois légèrement redondant avec l'image.

Pourtant, ce qui séduit évidemment le plus à la vision de ces contes, ce sont les mouvements de caméra (eux-aussi réalisés image par image) qui apportent un énorme dynamisme à chaque film. Harryhausen affectionne tout particulièrement les effets de "zoom" et de "dezoom", ainsi que le jeu des accélérations et des ralentissements. Il varie ainsi sans cesse les niveaux de plans, créant par ces simples mouvements une attente, et un suspense supplémentaires. On est également subjugué par les effets de transformation des objets en or dans Le Roi Midas, ou par l'apparition soudaine de la maison de pain d'épices dans Hansel et Gretel. Autant d'éléments qui témoignent déjà de la virtuosité et de l'ingéniosité de Harryhausen.

Enfin, quelques clins d’œil parsemés ici et là devraient faire le bonheur des adultes qui auront la riche idée de découvrir ce programme (avec ou sans enfants), comme l'apparition soudaine du personnage de Nosferatu (on ne vous dira pas quand) ou encore l'envolée (au sens propre) de ce prétentieux de lièvre à la fin du Lièvre et la tortue. Mais bien sûr, l'émotion est elle aussi au rendez-vous, car ce n'est pas tous les jours qu'on peut assister aux débuts d'un grand maître de l'animation et du cinéma en général.

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Les contes merveilleux de Ray Harryhausen
En salles à partir du 28 novembre

Le cinéma d’animation épate la galerie

Posté par MpM, le 23 novembre 2018


Vue de la galerie Miyu, 18 passage du chantier

Après avoir prouvé qu'il n'était pas un genre mineur, et qu'il pouvait tout à fait s'adresser à un public spécifiquement adulte, le cinéma d'animation s'échappe désormais de la salle obscure pour s'exposer en pleine lumière dans une nouvelle galerie qui lui est entièrement dédiée, la galerie Miyu.

A l'origine, Miyu est une société de production et de distribution spécialisée dans le court métrage d'animation avec une ligne très axée sur le cinéma d'auteur (on lui doit entre autres Je sors acheter des cigarettes d'Osman Cerfon, prix Emile Reynaud 2018, et Nothing happens de Michelle et Uri Kranot, prix André Martin 2017).

Grâce à la persévérance de son fondateur Emmanuel-Alain Raynal, la société s'est donc également dotée depuis le 17 novembre d'une galerie consacrée à l'animation d'auteur, internationale et contemporaine, qui propose à la fois des expositions temporaires in situ, des expositions itinérantes "clefs en mains" (dont une consacrée à La jeune fille sans mains de Sébastien Laudenbach, qui montre notamment l'étendue de son travail préparatoire), des activités hors les murs (à la demande) et même une galerie en ligne !


Simone Massi, "Amal et olivier" (Samouni Road, Stefano Savona, Picofilms, Alter ego, Dugong films, 2018)

La galerie physique, située au 18 passage du Chantier dans le XIe arrondissement de Paris, accueille jusqu'au 30 janvier une exposition consacrée aux images réalisées par Simone Massi pour les séquences animées du long métrage de Stefano Savona, Samouni Road. Un travail remarquable qui met en valeur la technique particulière de l'artiste : partir d’une surface entièrement noire et faire apparaître la lumière en grattant la matière. Les visages sont d'une expressivité déroutante, avec des personnages qui semblent planter leur regard dans le nôtre. Tout est saisissant, presque envoûtant, dans ces images qui existent bien au-delà du contexte du film de Savona.

En ligne, on trouve des œuvres de treize artistes internationaux (le chiffre est appelé à augmenter au gré des envies et des rencontres) qui sont à la fois des auteurs confirmés comme Georges Schwizgebel, Sébastien Laudenbach ou Florence Miailhe et des créateurs plus émergents tels que Alice Saey ou Kevin Manach et Ugo Bienvenu. On y trouve également deux cinéastes majeurs dont Ecran Noir vous a déjà parlé : Boris Labbé et Vergine Keaton, avec des pépites qui promettent de prolonger le plaisir pris en regardant leurs films...


Florence Miailhe, "La Rixe" (Au premier dimanche d'août, Les Films de l'Arlequin, 2002), exposition "French kiss"

Trois expositions in situ sont prévues pour cette première saison, et plusieurs itinérantes devraient voir le jour dans les mois à venir. Sans compter les expositions hors les murs, dont la première a déjà eu lieu à Viborg, au Danemark, autour du thème "French kiss". C'est que la matière ne manque pas, tant le monde de l'animation fourmille de créativité et d'auteurs. Une occasion en or de rencontrer Cécile Noesser, la gérante et co-fondatrice de la galerie Miyu, afin de parler de ce lieu atypique et singulier, né à une époque charnière pour le cinéma d'animation.

Ecran Noir : Une galerie entièrement consacrée au cinéma d'animation, c'est inhabituel !

Cécile Noesser : Oui, on est les premiers en Europe ! Il y en a une autre qui existe à Tokyo, c'est la galerie du réalisateur japonais Koji Yamamura. Dans son temps libre, il a ouvert un petit espace ouvert au public,  en bas de chez lui, où il vend des œuvres d'artistes dans la même ligne que nous. Il y a une vraie parenté avec cette galerie qui s'appelle "Au praxinoscope", en français dans le texte, en hommage au cinéma des premiers temps. Et puis c'est à peu près tout.

Bien sûr, il y a la galerie Artludik, qui défend plutôt une ligne entertainment, avec un paysage qui va du jeu vidéo à la bande-dessinée en passant par l'animation, mais une galerie dédiée entièrement aux auteurs de films d'animation, finalement on est les seuls avec Koji Yamamura.

EN : Comment l'idée a-t-elle germé ?

CN : Il y a une matière graphique qui est impressionnante, inépuisable, et c'est une frustration trop grande, quand on connait l'animation, de ne pas avoir plus accès à ces œuvres qui, jusqu'à présent, étaient considérées uniquement comme des étapes de travail avant le produit final, c'est-à-dire le film. Or ce sont des œuvres à part entière ! Il y a des auteurs qui sont reconnus depuis très longtemps pour leur travail graphique. Par exemple Georges Schwizgebel et Florence Miailhe qui travaillent la peinture animée, sont exposés depuis très longtemps dans le monde entier. C'est une vraie reconnaissance de leur travail, mais très partielle. Et c'est aussi très rare.

Il y a donc un continent de création à montrer, valoriser, explorer. L'envie vient de là. Il y a une deuxième raison qui est dans la continuité, c'est l'idée qu'il y a des trésors de création notamment dans le court métrage et qu'ils restent assez méconnus, malgré un grand dynamisme dans les festivals et même dans les émissions de télévision comme Court-circuit sur Arte. Il y a une ébullition autour de ces films-là, mais qui reste dans un cercle de cinéphilie et d'amateurs d'animation. On aimerait bien que ce continent créatif explose à la vue du grand public et du cercle du monde de l'art en général. Qu'ils reconnaissent cette partie de la création comme faisant partie du monde des arts visuels à part égale avec l'illustration, l'art contemporain, la bande dessinée...

EN : C'est aussi une manière de réaffirmer l'importance de l'animation, souvent considérée comme un genre mineur, moins "noble" que les autres.

CN : L'animation continue à pâtir du ghetto jeunesse d'une part et du ghetto "télé" d'autre part, puisque quantitativement, le plus gros de la production animation, c'est le dessin animé pour la télé. Par contre, il y a une énorme créativité du côté du court métrage, qui est reconnue dans le monde entier, qui commence à poindre dans le long métrage à travers des chefs d'oeuvre comme La Tortue rouge et La jeune fille sans mains. Donc c'est vrai que la galerie, c'est aussi une forme de signal pour dire que l'animation est également de l'art et doit être reconnue comme tel. On espère que ce sera un outil pour aller vers cette idée.

D'ailleurs ce n'est pas un hasard si la galerie naît maintenant. L'animation pâtit toujours d'une image réductrice, mais c'est en train de changer. En un mois, je suis allée voir de l'animation au Louvre, à la Maison de la poésie pour une performance autour du film Le tigre de Tasmanie de Vergine Keaton et à la foire Asia now, dans le cadre de la FIAC, pour une table-ronde sur les liens entre animation chinoise et art contemporain... tous ces événements dans des institutions aussi prestigieuses, c'est totalement nouveau ! On sent qu'il y a une vraie envie. Qu'il y a un patrimoine à valoriser et des innovations à suivre. Donc je pense qu'on est vraiment dans une période propice !

EN : Quel public espérez-vous toucher ?

CN : On sent qu'il y a une énorme curiosité, une attente et une envie de la part du monde de l'animation en général, qui est une communauté très internationale, d'où la galerie en ligne aussi. Ca, c'est ce qu'on connaît. Le grand public, on le sait aussi, est toujours émerveillé de voir ce genre d’œuvres, de comprendre le lien entre les œuvres et les films. Ce qui est caché derrière les films d'animation, ça fascine totalement les spectateurs. Et puis le public que l'on a envie de séduire également, c'est le monde de l'art, tout simplement. Le public des Beaux-Arts, le monde des galeries, les gens qui ont une culture visuelle et qui vont découvrir tout ce continent créatif.

EN : Que peut-on s'attendre à voir dans la galerie ?

CN : C'est très varié. Comme il y a différentes techniques, les images prennent différentes formes : dessin, peinture, papiers découpés, gravure... Ensuite, il y a différentes étapes dans la création : il y a les images finies pour le film, mais aussi des story boards, des recherches, des œuvres qui précèdent la création du film... C'est le cas notamment pour l'exposition consacrée à Simone Massi, où nous exposons trois grands formats qui sont des recherches et qui ne figurent pas dans le film terminé. Mais aussi le travail personnel des artistes pour le monde de l'édition, des projets d'affiche, des tableaux... Ce sera justement l'occasion de montrer toute la richesse de cette création.

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Galerie Miyu
18 passage du Chantier
75012 Paris

Accessible sur rendez-vous du mardi au samedi.
01 43 44 53 76

Consulter également la Galerie en ligne

Six histoires de Murakami pour le premier film de Pierre Földes

Posté par redaction, le 22 novembre 2018

Un chat perdu, un crapaud géant volubile et un tsunami aident un attaché commercial sans ambition, sa femme frustrée et un comptable schizophrène à sauver Tokyo d’un tremblement de terre et retrouver un sens à leurs vies. C'est le pitch de Saules aveugles, femme endormie, premier film d'animation de Pierre Földes, qu'Arte France Cinéma a décidé de soutenir.

Le synopsis est en fait adapté d'un recueil de six nouvelles de l'écrivain japonais Haruki Murakami, paru en France en 2008. "Pour mener à bien ce nouveau projet de long métrage, il a su convaincre l’auteur japonais Haruki Murakami, très discret au cinéma, de le laisser librement reconstruire la narration de six nouvelles en une seule histoire inédite" explique Arte qui précise: "Le film questionne le spectateur, l’investit par un voyage graphique, mélangeant les codes de l’imaginaire, de la fable et de la réalité quotidienne, chers à Murakami."

Pierre Földes, réalisateur de courts métrages animés, est aussi musicien et peintre. Né aux USA de parents hongrois et britannique, ayant grandit à Paris, le pianiste a écrit de nombreuses musiques de films pour des pubs, des jeux vidéos et des productions audiovisuelles.

Saules aveugles, femme endormie sera en animation 2D. Le projet est en développement depuis 2014! Distribué par Gebeka, ce projet avait reçu le prix Eurimages au Coproductions Market de Berlin en 2016

Le premier héros de Walt Disney, porté disparu, réapparait … au Japon

Posté par vincy, le 22 novembre 2018

Au Japon, il n'y a pas qu'un patron millionnaire qui fait l'actualité. Il y a aussi Oswald le lapin chanceux.

Lycéen, à la sortie de la Seconde guerre mondiale, Yasushi Watanabe achète un dessin animé pour 500 Yens à l'époque. Une très petite somme. Ce rouleau est en fait un dessin animé dont tout le monde avait perdu la trace, produit par Walt Disney.

Bien plus tard, Yasushi Watanabe, aujourd'hui âgé de 84 ans, lit un livre sur l'histoire d'Oswald, lapin noir créé par Walt Disney et Ub Iwerks en 1927, dont les 27 dessins animés ont été diffusés par Universal, sous la houlette du producteur Charles Mintz. Il s'agit du premier héros d'une série des studios de Walt Disney.

Mais Charles Mintz, quand il constate le carton de la série, décide de rapatrier Oswald dans ses propres studios (Winkler) et prend les droits sur le personnage (qui devient un héros de Universal). Iwerks et Disney refusent de le suivre et créent une souris assez ressemblante au lapin, Mickey Mouse, qui vient de célébrer ses 90 ans il y a quatre jours. Mickey n'aurait peut-être jamais existé si Mintz n'avait pas été cupide...

Pour la petite histoire, il a fallu attendre près de 80 ans pour que le groupe Disney récupère les droits du lapin chanceux. Entre temps, Oswald a eu une vie intense jusqu'en 1938, avant de faire quelques apparitions dans les cartoons de Woody Woodpecker et de se faire complètement oublier (et doublé en notoriété par un autre lapin, Bugs Bunny, créé en 1940).

Mais revenons au Japon. Dans le livre que lit Yasushi Watanabe, Oswald the Lucky Rabbit: The Search for the Lost Disney Cartoons (publié l'an dernier et écrit par David Bossert), on y apprend que sept des premiers courts métrages animés d'Oswald sont a priori perdus. Watanabe est un chercheur, spécialisé dans l'histoire de l'animation. Il avait acheté le film à un vendeur de jouets d'Osaka. Le film s'intitulait Mickey Manga Spide. Autant dire qu'il ne voyait pas d'intérêt à ce vieux petit film jusqu'à la lecture du livre.

En fait ce vieux petit film s'appelle Neck ’n’ Neck. A l'origine, il dure 5 minutes. Là il n'en reste que deux minutes. Le film raconte l'histoire d'un policier chien qui pourchasse Oswald et sa petite amie à moto.

Le court a désormais migré aux archives Kobe Planet Film. Par ailleurs, un autre extrait en 35mm de 50 secondes a aussi été découvert au Toy Film Museum de Kyoto, précise le quotidien Asahi.

Une Cité du cinéma d’animation à Annecy en 2023

Posté par vincy, le 14 novembre 2018

Longtemps rêvée et annoncée, la Cité du cinéma de l'animation va enfin voir le jour à Annecy. Un concours d'architecte a été ouvert et on connaîtra le lauréat dans quelques mois. Les travaux débuteront dans un an pour une inauguration en 2023.

Le Dauphiné Libéré explique que lors du conseil municipal d'Annecy du 12 novembre, le projet de restructuration du site du Haras (2,6 hectares et 6700m2 de bâtiments), suspendu en septembre, a finalement été adopté. Le projet de restructuration se monte à 23 millions d'euros et consiste à créer une cité du cinéma d'animation, un pôle de restauration et un parc.

Ce sera une vitrine permanente dédiée à l'animation, comme l'est la Cité internationale de la Bande dessinée à Angoulême. Ce lieu emblématique du début du 19e siècle de la ville devrait accueillir des expositions, une résidence d'artiste, une salle de cinéma, une arène de conférences et des lieux de création et d'éducation dédiés à l'animation.

Annecy a acheté le lieu en 2013 pour 7,4 millions d'euros. Le projet a été activement porté par Dominique Puthod, maire adjoint de la ville et président de CITIA, qui organise le Festival international du film d'animation et le Mifa (le marché du film d'animation), en plus d'apporter un soutien aux entreprises du secteur.