César 2019: Le grand bain et Jusqu’à la garde en tête des nominations

Posté par vincy, le 23 janvier 2019

cesar

Les César ont révélé leurs nominations. Et il y a plusieurs grosses surprises: l'absence des films cannois de la compétition parmi les meilleurs films, à commencer par le lauréat du prix Louis-Delluc, Plaire, aimer et courir vite de Christophe Honoré, et celle de Mektoub, my love d'Abdellatif Kechiche. A l'inverse plusieurs films des autres sélections cannoises et plusieurs premiers films ont été remarqués par la profession. Au final cette liste des César embrasse tous les genres, de la comédie au drame en passant par le western. On regrettera toujours que des films plus audacieux, comme Les garçons sauvages, ne trouvent pas leur place.

On note que cette 44e cérémonie sera colorée par des sujets de société (violence conjugale, déclin masculin, adoption, abus sexuel). Le grand bain de Gilles Lellouche et Jusqu’à à la garde de Xavier Legrand dominent avec 10 nominations devant En liberté ! et Les frères Sisters (9), La douleur (8), Pupille (7), Guy et Mademoiselle de Joncquières (6). Autrement dit, il n'y a pas de grand favori dans une année qui s'avère très ouverte entre de bons films, mais aucun grand chef d'œuvre.

Les lauréats seront révélés le 22 février.

Meilleur film
La douleur
En liberté
Les frères Sisters
Le grand bain
Guy
Jusqu'à la garde
Pupille

Meilleur réalisateur
Emmanuel Finkiel, La douleur
Pierre Salvadori, En liberté
Jacques Audiard, Les frères Sisters
Gilles Lellouche, Le grand bain
Alex Lutz, Guy
Xavier Legrand, Jusqu'à la garde
Jeanne Herry, Pupille

Meilleur acteur
Edouard Baer (Mademoiselle de Joncquières)
Romain Duris (Nos batailles)
Vincent Lacoste (Amanda)
Gilles Lellouche (Pupille)
Alex Lutz (Guy)
Pio Marmaï (En liberté)
Denis Ménochet (Jusqu'à la garde)

Meilleure actrice
Elodie Bouchez (Pupille)
Cécile de France (Mademoiselle de Joncquières)
Léa Drucker (Jusqu'à la garde)
Virginie Efira (Un amour impossible)
Adèle Haenel (En liberté)
Sandrine Kiberlain (Pupille)
Mélanie Thierry (La douleur)

Meilleur acteur dans un second rôle
Jean-Hugues Anglade (Le grand bain)
Damien Bonnard (En liberté)
Clovis Cornillac (Les chatouilles)
Philippe Katerine (Le grand bain)
Denis Podalydès (Plaire, aimer et courir vite)

Meilleure actrice dans un second rôle
Isabelle Adjani (Le monde est à toi)
Leila Bekhti (Le grand bain)
Virginie Efira (Le grand bain)
Audrey Tautou (En liberté)
Karine Viard (Les chatouilles)

Meilleur espoir masculin
Anthony Bajon (La prière)
Thomas Giora (Jusqu'à la garde)
William Lebghil (Première année)
Karim Leklou (Le monde est à toi)
Dylan Robrt (Shéhérazade)

Meilleur espoir féminin
Ophélie Bau (Mektoub, my love : Canto Uno)
Galatéa Bellugi (L'apparition)
Jehnny Beth (Un amour impossible)
Lily-Rose Depp (L'homme fidèle)
Kenza Fortas (Shéhérazade)

Meilleur scénario original
En liberté ; Le grand bain ; Guy ; Jusqu'à la garde ; Pupille

Meilleure adaptation
Les chatouilles ; La douleur ; Les frères Sisters ; Le grand bain ; Jusqu'à la garde

Meilleurs décors
La douleur ; L'empereur de Paris ; Les frères Sisters ; Mademoiselle de Joncquières ; Un peuple et son roi

Meilleurs costumes
La douleur ; L'empereur de Paris ; Les frères Sisters ; Mademoiselle de Joncquières ; Un peuple et son roi

Meilleure photographie
La douleur ; Les frères Sisters ; Mademoiselle de Joncquières ; Le grand bain ; Jusqu'à la garde

Meilleur montage
Les chatouilles ; En liberté ; Les frères Sisters ; Le grand bain ; Jusqu'à la garde

Meilleur son
La douleur ; Les frères Sisters ; Le grand bain ; Guy ; Jusqu'à la garde

Meilleure musique originale
Amanda ; En liberté ; Les frères Sisters ; Guy ; Pupille ; Un amour impossible

Meilleur premier film
L'amour flou
Les chatouilles
Jusqu'à la garde
Sauvage
Shéhérazade

Meilleur film d'animation
Astérix - Le secret de la potion magique
Dilili à Paris
Pachamama

Meilleur court métrage d'animation
Au coeur des ombres
La mort, père et fils
L'évasion verticale
Vilaine fille

Meilleur film documentaire
America de Claus Drexel
De chaque instant de Nicolas Philibert
Le grand bal de Laetitia Carton
Ni juge ni soumise de Jean Libon et Yves Hinan
Le procès contre Mandela et les autres de Nicolas Champeaux, Gilles Porte

Meilleur film étranger
3 billboards, les panneaux de la vengeance de Martin McDonagh
Capharnaum de Nadine Labaki
Cold war de Pawel Pawlikowski
Hannah de Andrea Pallaoro
Nos batailles de Guillaume Senez
Une affaire de famille de Hirokazu Kore-Eda

Meilleur court métrage
Braguino
Les âmes galantes
Kapitalistis
Laissez-moi danser
Les petites mains

Makoto Shinkai (Your Name) dévoile son nouveau film

Posté par vincy, le 12 janvier 2019

On cherche toujours l'héritier d'Hayao Miyazaki. Avec son récent Miraï, ma petite sœur, Mamoru Hosoda fait partie des cinéastes devenus incontournables dans l'anime japonais. Mais il faut aussi compter sur Makoto Shinkai, dont Your Name (2016) avait explosé le box office japonais (235M$ de recettes) en plus de convaincre la critique et les fans d'animation.

Mamoru Hosoda avait eu les honneurs de la Quinzaine des réalisateurs en mai dernier avec Mirai. le film a réussi à être le 19e plus gros succès de l'année au Japon en 2018. Il est actuellement en salles en France et il approche des 100000 entrées depuis sa sortie durant les fêtes.

Makoto Shinkai aura-t-il le même privilège, voire une sélection officielle à Cannes cette année? C'est possible puisqu'il termine actuellement son nouveau film, Weathering With You, qui sortira au Japon le 19 juillet.

Le film suit un jeune homme, Hodaka, qui se lie d'amitié avec une fille capable de manipuler le climat. Provincial dans une région déclassée, ce jeune marin va à Tokyo pour se faire par embaucher par un magazine douteux, spécialisé dans les sciences occultes. Il pleut continuellement sur la capitale japonaise, comme si son avenir était condamné à ce temps plombant. Ce qui l'intrigue. Quand il rencontre Hina, brillante et vivante, qui assure savoir arrêter cette pluie et fait redécouvrir la lumière à la ville.

C'est "une histoire dans laquelle garçons et filles, renversés par le destin, "choisissent" leur mode de vie à l'ère de l'harmonie climatique. L'histoire de deux amours est peinte comme un message adressé au monde entier, belle et indolore" mentionne le réalisateur dans sa note d'intention.

Les films nommés aux Producers Guild of America Awards

Posté par vincy, le 8 janvier 2019

Les PGA Awards de la Guilde des producteurs américains a dévoilé sa liste de nominations pour sa 30e édition. Les lauréats seront connus le 19 janvier. A deux exceptions près, tous les films gagnants d'un PGA Award depuis 2008 ont été oscarisés par la statuette du meilleur film. Le Stanley Kramer Award sera décerné à Jane Fonda.

Les gagnants des Golden Globes - Bohemian Rhapsody, Green Book et Roma – sont tous là, aux côtés de gros succès populaires comme Crazy Rich Asians, Black Panther, A Star is born et Sans un bruit. Entre politique, biopics et mélos, on devrait trouver une bonne partie de ces films dans la liste des nommés aux Oscars.

Côté animation, Spider-Man : New Generation risque une fois de plus de priver L'île aux chiens d'une récompense amplement méritée, face à trois productions de studios à gros box office.

Prix Darryl F. Zanuck du producteur cinéma :

  • Black Panther de Ryan Coogler, produit par Kevin Feige
  • BlacKkKlansman de Spike Lee, produit par Sean McKittrick, Jason Blum, Raymond Mansfield, Jordan Peele, Spike Lee
  • Bohemian Rhapsody de Bryan Singer, produit par Graham King
  • Crazy Rich Asians de Jon Chu, produit par Nina Jacobson et Brad Simpson, John Penotti
  • La favorite de Yorgos Lanthimos, produit par Ceci Dempsey, Ed Guiney, Lee Magiday, Yórgos Lánthimos
  • Green Book de Peter Farrelly, produit par Jim Burke, Charles B. Wessler, Brian Currie, Peter Farrelly, Nick Vallelonga
  • Sans un bruit de John Krasinski, produit par Michael Bay, Andrew Form, Brad Fuller
  • Roma d’Alfonso Cuaron, produit par Gabriela Rodríguez, Alfonso Cuarón
  • A Star Is Born de Bradley Cooper, produit par Bill Gerber, Bradley Cooper, Lynette Howell Taylor
  • Vice d’Adam McKay, produit par Dede Gardner, Jeremy Kleiner, Kevin Messick, Adam McKay

Prix du producteur de film d’animation :

  • Le Grinch de Yarrow Cheney et Scott Mosier, produit par Chris Meledandri, Janet Healy
  • Les Indestructibles 2 de Brad Bird, produit par John Walker, Nicole Grindle
  • L’île aux chiens de Wes Anderson
  • Ralph 2.0 de Rich Moore et Phil Johnston, produit par Clark Spencer
  • Spider-Man: New Generation de Peter Ramsey, Bob Persichetti et Rodney Rothman, produit par Avi Arad, Phil Lord et Christopher Miller, Amy Pascal et Christina Steinberg

Prix du producteur de documentaire :

  • The Dawn Wall de Josh Lowell et Peter Mortimer, produit par Josh Lowell, Peter Mortimer, Philipp Manderla
  • Free Solo de Jimmy Chin, Elizabeth Chai Vasarhelyi, produit par Elizabeth Chai Vasarhelyi, Jimmy Chin, Evan Hayes, Shannon Dill
  • Hal de Amy Scott, produit par Christine Beebe, Jonathan Lynch, Brian Morrow
  • Into the Okavango de Neil Gelinas, produit par Neil Gelinas
  • RBG de Betsy West, Julie Cohen, produit par Betsy West, Julie Cohen
  • Three identical strangers de Tim Wardle, produit par Becky Read, Grace Hughes-Hallett
  • Won’t You Be My Neighbor? de Morgan Neville, produit par Morgan Neville, Nicholas Ma, Caryn Capotosto

2018 dans le rétro : nos courts métrages étrangers préférés

Posté par MpM, le 6 janvier 2019

Il est temps d'achever ce tour d'horizon des films qui ont marqué l'année 2018 avec un panorama forcément subjectif des courts métrages étrangers qui nous ont tapé dans la rétine !

Amor, Avenidas Novas de Duarte Coimbra (Portugal)


Amor, Avenidas Novas est probablement la meilleure preuve de la subjectivité totale de l'exercice : ce film étudiant du très jeune Duarte Coimbra n’est peut-être pas ce que l’on a vu de plus abouti en 2018, mais sans aucun doute figure-t-il dans la (courte) liste de ce qui nous a véritablement enthousiasmé au cinéma, tous formats confondus. Un grand film pop, attachant et ludique, qui fait preuve d’un charme et d’une candeur irrésistibles en racontant une rencontre amoureuse comme s’il était le premier à le faire. Entre roman-photo et bluette au kitsch revendiqué, le cinéaste multiplie les clins d’œil cinématographiques, dressant dans un même geste, touchant, singulier et inventif, le portrait d’un jeune homme rêveur et celui d’une ville et d’un quartier. Avec une audace qui ne semble jamais artificielle, il réinvente ainsi les contours du romantisme, et réaffirme la capacité intrinsèque du cinéma à (ré)enchanter la vie.

Between us two de Wei Keong Tan (Singapour)


Dans ce récit sensible à la première personne, le narrateur s'adresse à sa mère disparue pour lui avouer son homosexualité. Les souvenirs remontent, les images se mêlent, les visages se brouillent... ne reste que ce qui ressemble à une tentative fragile de remonter le temps pour effacer le regret des non-dits. Les choix formels (notamment l'utilisation de photos et de pixilation, ainsi que de peinture) permettent de situer le récit à la frontière entre les souvenirs du passé, la réalité du temps présent et ce qui est de l'ordre du rêve ou du fantasme.

Hector Malot - The Last Day Of The Year de Jacqueline Lentzou (Grèce)


Si vous nous lisez régulièrement, Jacqueline Lentzou n’est plus pour vous une inconnue : l'an passé à la même époque, nous vous vantions son précédent film Hiwa sélectionné à Berlin. Celui de cette année, qui était à Cannes où il a remporté le prix découverte de la Semaine de la Critique, diffère formellement, mais confirme le talent et la singularité de la jeune cinéaste. Hector Malot est une drôle de chronique intime qui dépeint par petites touches le portrait d’une jeune fille qui semble toujours un peu à côté de sa vie. La tonalité burlesque des scènes qui se succèdent de manière très libre révèle peu à peu la profonde tristesse du personnage. Cette écriture ténue, détachée des contraintes d’une narration classique, permet au film d’être sans cesse sur le fil, regard doux amer sur un personnage dont la fragilité et la maladresse finissent par ressembler à une forme de grâce.

Lunar orbit rendez-vous de Mélanie Charbonneau (Canada)

La plus jolie comédie romantique de l'année nous vient du Canada, avec la rencontre improbable et jamais mièvre entre une jeune femme déguisée en tampon menstruel et un astronaute un peu paumé. Mélangeant road movie, cinéma burlesque et film sur le deuil, Mélanie Charbonneau déjoue habilement les attentes et propose un récit singulier et doux amer, où sensibilité et humour ne cessent de se faire écho avec une grande justesse, et une grosse dose de sincérité.

Le marcheur de Frédéric Hainault (Belgique)


Le marcheur est un film coup de poing porté par une voix-off dense et habitée dont la diction précipitée trahit l'urgence et la colère. C'est l'histoire d'un homme qui, un jour, a décidé de ne plus se résigner. Qui s'est mis en route et n'a plus jamais cessé d'avancer, de marcher, de contester. Peu importe la complexité de sa pensée politique, peu importe la cause. Le marcheur refuse, en bloc, tout ce qui est injuste et laid, révoltant et insupportable. Il ne revendique rien, si ce n'est ce droit à marcher, et à ne plus courber l'échine. Les choix formels sont à l'unisson de cette démarche, refusant un esthétisme gratuit, une "beauté" qui ne collerait pas avec l'âpreté du ton et du sujet. On est à la fois assommé et conquis par cette oeuvre à la puissance politique concrète et immédiate.

The migrating image de Stefan Kruse (Danemark)


A partir d’images trouvées sur les réseaux sociaux ou utilisées par des organismes publics, le réalisateur danois Stefan Kruse explore la manière dont sont perçus et représentés les migrants et réfugiés et interroge cette surproduction d'images autour de leurs drames intimes. Avec une simple voix off d’une extrême simplicité, Stefan Kruse décortique tour à tour les pages facebook des passeurs qui affichent paquebots de luxe et autres mers caribéennes, les films de propagande institutionnels qui misent sur l’émotion en présentant les gardes côtes comme des super-héros ou les vidéos faites par les médias pour alimenter leurs différents supports, jusqu’à des films en 360 degrés pour la page Facebook du journal ou de la chaîne.

Dans cette profusion d’images, chacune raconte (comme toujours) sa propre histoire,  au service de celui qui les prend ou les diffuse, plus que de celui qu’elle met en scène. C’est d’autant plus saisissant dans le parallèle dressé entre les images prises au Danemark d’un côté par les défenseurs des migrants, et de l’autre par des groupes d’extrême-droite qui les rejettent, chacun pensant détenir une vérité absolue sur les réfugiés. Sous ses airs faussement pédagogiques, le film amène ainsi le spectateur à prendre conscience de ce qui se joue dans chaque image montrée, et à comprendre la stratégie de communication qui accompagne à chaque étape ce que l’on appelle communément la « crise des réfugiés ». Peu importe si l’on donne de la réalité un aperçu parcellaire et orienté du moment que l’on remporte la guerre idéologique, celle des apparences ou tout simplement de l’audimat.

Rapaz de Felipe Gálvez (Chili)


Tourné en format vertical à la manière d’une vidéo circulant sur les réseaux sociaux, Rapaz immerge le spectateur dans un fait divers filmé sur le vif, au beau milieu de la rue : un jeune homme accusé d’avoir volé un téléphone portable est pris à parti par la foule. Le spectateur assiste comme un témoin parmi d’autres à la montée en puissance de la confrontation. Le récit, dense et tendu, va jusqu'au bout de son dispositif, exploitant sans fioritures l’énergie et le sentiment d’urgence de cette forme contemporaine de cinéma-vérité qui témoigne, avec force et sincérité, des dérives de son époque.

Schächer de Flurin Giger (Suisse)


Construit comme un tableau imposant, ce huis clos au rythme volontairement lent et majestueux plonge le spectateur dans une attente anxieuse et intrigante. Tout, de la musique aux larges plans parfaitement composés, participe à l'aspect clinique et froid d'une narration qui évoque irrémédiablement Haneke, mais sans jamais paraître comme un simple exercice de style "à la manière de". Sa force émotionnelle est à la hauteur de cette beauté formelle qui mène implacablement vers un finale métaphysique et terriblement glaçant.

Le Sujet de Patrick Bouchard (Canada)


Réalisé en volume et en pixilation, Le sujet est une expérience cinématographique intense et complexe qui s'ouvre sur un corps inanimé sur une table de dissection. Patrick Bouchard découpe et sonde le moulage de son propre corps pour une introspection intime sidérante qui révèle d'étranges mécanismes.  L’artiste, face à lui-même, explore ses doutes, ses souvenirs, ses failles, ses espoirs, et parvient peut-être à déterminer ce qui le pousse à créer, ou au contraire l’empêche d’avancer. Dans le même temps, il met à nu la marionnette, cet objet animé dont on se demande souvent si elle a une âme.

Third Kind de Yorgos Zois (Grèce)


Yorgos Zois imagine un récit de science fiction dans lequel la terre est devenue un lieu mystérieux et inconnu, abandonnée depuis longtemps par l’humanité. Lorsqu’un étrange signal semble pourtant y être émis, trois archéologues spatiaux font le voyage retour. Ils découvrent dans les vestiges d’un ancien aéroport tout un pan de l’histoire humaine encore bien vivante. Notre présent actuel devient alors, pour les personnages, un passé obscur à reconstituer. Comme une façon de nous projeter face à l’Histoire et à la manière dont elle jugera notre époque et ses manquements. Toujours aussi formellement virtuose et inspiré, le cinéaste grec transcende son sujet par une utilisation à la fois minimaliste et monumentale des codes du Space opéra.

Torre de Nádia Mangolini (Brésil)


Le récit intime d'une famille se mêle à la grande Histoire dans ce très beau documentaire animé qui donne la parole à quatre membres d'une même fratrie. Par flashs-back successifs, ils tentent chacun à leur tour de reconstituer le portrait de leur père disparu sous la dictature militaire brésilienne, et racontent leur vécu respectif de la période durant laquelle leur mère fut elle-aussi emprisonnée. L'animation permet de combler les vides et les absences, prenant le relais d'une mémoire défaillante ou au contraire insupportable. On est à la fois avec eux, dans le drame privé qui les touche, et face à l'un des pires moments de l'histoire récente, dont l'actualité politique brésilienne nous fait nous souvenir avec plus d'acuité que jamais.

Un jour de mariage de Elias Belkeddar (Algérie)


Le personnage principal d'Un jour de mariage a quelque chose d’un cow-boy solitaire et las traînant élégamment son spleen dans les rues d’Alger. On suit ce voyou en exil dans un récit fragmenté aux allures d’errance existentielle qui se soucie moins de raconter une histoire que de capter des sensations et des ambiances. La chronique est forcément ténue, esquissée à toutes petites touches, mais elle fait preuve d'une sensibilité à la douceur communicative.

III de Marta Pajek (Pologne)


On le sait depuis l'année précédente et le choc ressenti face à Impossible figures and other stories II, Marta Pajek est une réalisatrice surdouée qui excelle dans les films métaphysiques épurés et minimalistes. Qu'il n'existe pas (encore) de volet intitulé I importe bien moins que le bonheur qu'on a eu à la retrouver en sélection officielle à Cannes en 2018 avec ce III qui n'a pas grand chose d'une suite, tout un posant un nouveau jalon dans sa recherche formelle et esthétique. Après avoir invité le spectateur à sonder les méandres de son propre labyrinthe intime, la réalisatrice propose cette fois une drôle de plongée dans le tourbillon de la séduction et de l'amour véritablement charnel en mettant en scène des personnages polymorphes (un homme, une femme, dessinées dans des tons noir et blanc) qui se rencontrent dans un décor dépouillé qui pourrait être celui d’une salle d’attente. Le film nous entraîne alors dans un troublant et intense ballet amoureux aux accents presque cannibales.

A noter enfin que certains films ayant connu une belle carrière en 2018 figuraient déjà dans notre classement 2017 !

Nos films les plus attendus en 2019 (2/3)

Posté par redaction, le 5 janvier 2019

Première partie
Troisième partie

Cette année, les fans de Xavier Dolan seront aux anges. Lui qui navigue entre les océans hollywoodiens et les mers auteurisantes, va faire un doublé en tant que cinéaste avec Ma vie avec John F. Donovan, présenté à Toronto en septembre dernier (13 mars), et Matthias et Maxime, qui pourrait être à Cannes, Venise ou Toronto. On le verra aussi dans Boy Erased le 27 mars, film de Joel Edegerton avec Lucas Hedges, Russell Crowe et Nicole Kidman et dans Ça: Chapitre 2 le 19 septembre.

2019 sera aussi le retour des grands maîtres, ces vétérans auréolés de grands prix et d'honneurs, ou ces habitués des festivals de catégorie A, et notamment trois chouchous cannois: Jim Jarmusch avec un film de zombies et un casting chic dans The Dead don't die (Bill Murray, Adam Driver, Tilda Swinton, Steve Buscemi, Tom Waits, Chloë Sevigny, Caleb Landry Jones, Selena Gomez, Danny Glover), Arnaud Desplechin avec un retour à domicile grâce à Roubaix, une lumière (et un générique assez inédit pour le cinéaste: Léa Seydoux, Sara Forestier, Roschdy Zem et Antoine Reinartz), ou encore Kleber Mendonça Filho, qui revient trois ans après Aquarius, toujours avec Sonia Braga (mais aussi l'Allemand Udo Kier) dans Bacurau.

Assurément, Quentin Tarantino nous fait saliver avec une histoire inspirée du meurtre de Sharon Tate, la femme de Polanski, avec Brad Pitt et Leonardo DiCaprio au milieu d'un casting composé de Margot Robbie, Kurt Russell, Al Pacino, Dakota Fanning, Timothy Olyphant, James Marsden, Tim Roth, Emile Hirsch ou encore Damian Lewis. Once Upon A Time In Hollywood sort le 14 août.

Et puisqu'on parle de Polanski, le cinéaste franco-polonais sortira le 4 décembre sa version de l'Affaire Dreyfus, avec Jean Dujardin, dans J'accuse. Autre palme d'or, Terrence Malick, avec Radegund, un biopic en pleine Seconde guerre mondiale (et Matthias Schoenaerts en tête d'affiche). Et n'oublions pas le tout juste palmé Hirokazu Kore-eda, qui a terminé cet automne son premier tournage à l'étranger, en France, avec La vérité, en compagnie de Deneuve, Binoche et Hawke.

On verra d'ailleurs Juliette Binoche dans Celle que vous croyez (27 février) de Safy Nebbou et, espérons-le dans Le Quai de Ouestreham, d'après le récit de Florence Aubenas, réalisé par Emmanuel Carrère.

Catherine Deneuve sera également à l'affiche de plusieurs films, navigant entre Julie Bertuccelli (La dernière folie de Claire Darling, 6 février), avec sa fille Chiara Mastroianni, son fidèle André Téchiné (L'adieu à la nuit, 24 avril), avec Kacey Mottet Klein, et peut-être Cédric Kahn (Joyeux anniversaire), avec son amie Emmanuelle Bercot.

Car le cinéma français, on le voit bien, continue d'exercer son pouvoir de séduction. Pas mal de films attisent la curiosité par la promesse d'un exercice formellement un peu différent ou un sujet un peu décalé. Comme Le daim où Jean Dujardin, encore lui, et Adèle Haenel plongent dans les délires de Quentin Dupieux. Puisqu'on parle d'animal, on célèbrera Mon chien stupide, soit les retrouvailles d'Yvan Attal et de Charlotte Gainsbourg sur grand écran le 30 octobre. Pas moins barré, le 17 avril, Raoul Taburin, d'après la BD poétique de Sempé, avec Benoît Poelvoorde, Edouard Baer et Suzanne Clément. Le 1er mai, on explorera l'univers de Jonathan Vinel et Caroline Poggi (Ultra-rêve) avec Jessica For Ever. Plus réaliste, quoique, Alice et le maire (18 septembre), promesse d'une alliance politique entre le réal Nicolas Pariser et un trio inédit: Fabrice Luchini, Anaïs Demoustier, Nora Hamzawi . Luchini, qu'on verra aussi dans l'adaptation du roman de David Foenkinos, Le mystère Henri Pick, avec Camille Cottin et Alice Isaaz (6 mars), nouveau film feel-good de Rémi Bezançon.

Et puisqu'on est dans les écrivains à prix littéraires, le Goncourt 2016, Chanson douce, de Leila Slimani, sera adapté par Lucie Borleteau, avec Karin Viard et Leïla Bekhti (27 novembre).

Des adaptations attendues, il y en aura et dans tous les genres. Côté série TV, on a hâte de voir Downton Abbey le 25 septembre, côté thriller best-seller, il y aura évidemment, en octobre, The Woman in the Window de Joe Wright, avec Amy Adams, Gary Oldman et Julianne Moore. Côté littérature best-seller, ce sera Le Chardonneret (20 novembre), avec Ansel Elgor et Nicole Kidman. Côté jeunesse/fantasy, le nouveau Kenneth Barnagh Artemis Fowl le 14 août ciblera ceux qui ne veulent pas voir le Tarantino. Sans oublier en dessin animé, le Joann Sfar Petit Vampire (18 décembre), ou La Famille Addams (4 décembre) et surtout La fameuse invasion des Ours en Sicile (9 octobre), d'après le roman éponyme de Dino Buzzati.

L'animation sera surtout une histoire de suites cette année: Dragons 3, La Reine des neige 2, Ralph 2.0, Lego 2 et Toy Story 4. Pas de prises de risques...

Première partie
Troisième partie

2018 en 40 films (4/4): Blackkklansman, Les garçons sauvages, En liberté!, du genre, du docu, du noir et blanc, et une Palme d’or!

Posté par vincy, le 30 décembre 2018

Les garçons sauvages de Bertrand Mandico
Pour l'exploration fantastique, poétique, onirique des genres, ceux du cinéma et ceux des sexes. Le XXIe siècle est définitivement féminin.

Blackkklansman de Spike Lee
Une jubilation divertissante pour ceux qui veulent comprendre comment Trump est arrivé au pouvoir et pourquoi l'Amérique est toujours aussi raciste.

The House that Jack built de Lars Von Trier
Quand l'artiste qui a été persona non grata gratte l'art comme personne : le génie du crime est (toujours) là, sans limites.

High Life de Claire Denis
Pour ceux qui aiment douter au cinéma. Parce qu'avec cette incursion de Claire Denis dans le space opera, on n'est jamais totalement sûr de savoir si ce que l'on voit est sublime, ou un peu ridicule. Après réflexion intense, on penche définitivement pour la première option.

RBG de Betsy West et Julie Cohen (10/10)
Pour un portrait fidèle de l’une des plus grandes figures de la politique américaine, une femme qui a su poser son empreinte dans la pop culture.

Leto de Kirill Serebrennikov
Un remède rock et chic à la dépression hivernale.

Utoya 22 juillet d'Erik Poppe
Pour s'interroger sur la manière dont le cinéma doit, ou non, raconter l'horreur.

Wildlife de Paul Dano
Un premier film envoûtant et mélancolique qui nous hante par la force des sentiments qui se dégagent de ce sublime récit intime.

Grass de Hong Sang-soo
Pour une variation réconfortante et humaniste sur les thèmes de prédilection de Hong Sang-soo (les rapports amoureux, le milieu du cinéma, le hasard et les coïncidences). Et pour ceux qui, généralement, pensent que le Coréen n'est pas un véritable metteur en scène.

Roma d'Alfonso Cuaron
Ceci n'est pas un film. C'est du cinéma. Que l'on ne peut voir que chez soi, hélas. Mais Cuaron continue ainsi de raconter une histoire de mère(s), sans réel fil conducteur, dans un espace familier et une époque révolue. Splendide et bouleversant.

Cassandro, The exotico! de Marie Losier
Un portrait iconoclaste et allégorique d'un homme passionnant, par son métier (la lutte mexicaine), ses croyances (entre catholicisme et chamanisme), et sa différence sexuelle. Queer jusqu'au bout des talons aiguilles.

Spider-Man New Generation de Peter Ramsey, Bob Persichetti et Rodney Rothman
Pour tous ceux qui rêvent de voir un grand film Marvel, qui veulent se faire plaisir avec un pur et palpitant Blockbuster, et qui espèrent enfin contempler un film américain d'animation qui s'aventurent dans les esthétiques du comics et osent toutes les audaces du cartoon et du manga.

Carmen et Lola d’Arantxa Echevarría
Pour les romantiques fascinés par les histoires d’amour impossibles.

Une affaire de famille de Hirokazu Kore-eda.
Pour les humanistes et les universalistes qui aiment les beaux récits où le cœur a toujours ses raisons, dans une société pleine de déraison.

Diamantino de Gabriel Abrantes et Daniel Schmidt
Pour les amateurs de foot et ceux qui le détestent, pour ceux qui aiment les chiens roses et ceux qui leur donnent des coups de pied, pour ceux qui aiment l'humour noir et ceux qui préfèrent l'auto-dérision absurde.

En liberté ! De Pierre Salvadori
Pour celles et ceux qui aiment les comédies françaises, les acteurs français et l’autodérision à la française !

2018 en 40 films (2/4): En guerre, Chris the Swiss, L’île aux chiens, La route sauvage, Senses et Love Simon!

Posté par MpM, le 26 décembre 2018

Coup de coeur : Chris The Swiss d'Anja Kofmel
Pour les amateurs de cinéma hybride, entre enquête policière et portrait intime.

Coup de coeur : En guerre de Stéphane Brizé
Pour continuer la lutte sociale jusque devant un écran de cinéma.

Senses de Ryusuke Hamaguchi
Pour ceux qui aiment les sagas intimistes et l'autopsie frontale du tumulte des sentiments.

La route sauvage d'Andrew Haigh
Pour découvrir un jeune acteur prometteur (Charlie Plummer) et s'élancer avec lui dans un récit initiatique du décidément talentueux Andrew Haigh.

The Cured de David Freyne
Pour ceux qui attendent 28 mois plus tard : l'épidémie pourrait être sous contrôle, mais...

Chasseuse de géants (I Kill Giants) de Anders Walter
Pour ceux qui ont encore des yeux d'enfant et pas encore un cœur de pierre : la fabuleuse mignonnerie de l'année.

L'île aux chiens de Wes Anderson
Pour l'inventivité et le délire au service d'une fable "orwellienne" qui a du chien...

Have a nice day de Liu Jian
Pour une vision vitriolée de la société chinoise contemporaine.

Love, Simon de Greg Berlanti
Pour celles et ceux qui ont toujours rêvé de voir une comédie romantique centrée sur un personnage LGBTQ.

2018 dans le rétro : la belle année du cinéma d’animation

Posté par MpM, le 25 décembre 2018

De Fireworks de Akiyuki Shimbo et Nobuyuki Takeuchi le 3 janvier à Mirai de Mamoru Hosoda le 26 décembre, le cinéma d'animation n'aura pas beaucoup quitté l'affiche en 2018. Cette année aura d'ailleurs été exceptionnelle à plusieurs titres pour les films animés.

C'était en effet la première fois, en février dernier, qu'un court métrage d'animation était couronné par un Grand Prix à Clermont Ferrand (Vilaine fille d'Ayce Kartal, en compétition nationale). Pour la première fois également, un film réalisé en stop-motion remportait quelques jours plus tard le prestigieux Ours d'argent de la meilleure mise en scène à Berlin (L'île aux chiens de Wes Anderson). Deux récompenses ultra-symboliques qui prouvent que les mentalités changent, les barrières tombent, les préjugés reculent. Breaking news : le cinéma d'animation est avant tout du cinéma, et ça commence à se savoir !

En force à Cannes


A Cannes, festival réputé frileux pour tout ce qui n'est pas prise de vue réelle, l'animation semblait d'ailleurs être partout (et pas seulement dans les programmes de courts métrages !) : en compétition dans les sections parallèles (Chris the Swiss d'Anja Kofmel à la Semaine de la Critique, Samouni Road de Stefano Savona et Mirai de Mamoru Hosoda à la Quinzaine), en séance spéciale à l'officielle (Another day of life de Raúl de la Fuente et Damian Nenow), mais aussi en guest star dans plusieurs films de la sélection officielle, à l'image de Leto de Kirill Serebrennikov, Under the silver lake de David Robert Mitchell et The house that Jack built de Lars von Trier. En touches légères, pour l'humour ou la dérision, l'animation apportait cette année une grosse dose de liberté à des films en quête de singularité formelle.

Pour ce qui est de l'offre en salles, là encore 2018 aura été riche et éclectique, offrant des longs métrages pour tous les goûts, et moins de suites ou de reboots qu'en 2017, même si ceux-ci sont assez incontournables dans le marché du cinéma contemporain. Le plus notable dans le domaine fut évidemment Les indestructibles 2 de Brad Bird, 14 ans après le premier volet, mais on peut aussi citer Maya l'abeille 2, les jeux du miel de Noel Cleary et Sergio Delfino, Tad et Le secret du roi Midas de Enrique Gato et David Alonso, et bien sûr le nouveau volet des aventures d'Astérix et Obélix, Le Secret de la potion magique, par Alexandre Astier et Louis Clichy. Côté adaptation, difficile de faire l'impasse sur Croc-blanc d'Alexandre Espigares qui redonne vie au héros de Jack London avec l'un des plus gros budgets du cinéma français de l'année.

Le dynamisme jamais démenti des films pour jeune public


Sans surprise, ce sont les films à destination du jeune public, voire du très jeune public, qui sont largement en tête des sorties, à l'image de Agatha ma voisine détective de Karla Von Bengston, Pierre Lapin de Will Gluck, Le voyage de Lila de Marcela Rincon Gonzalez, Yéti et compagnie de Karey Kirkpatrick et Jason Reisig, Capitaine Morten et la reine des araignées de Kaspar Jancis ou encore Pachamama de Juan Antin. Sans oublier le grand retour des studios Aardman avec Cro-man de Nick Park, qui ne s'est pas tout à fait avéré à la hauteur des attentes,  celui de Michel Ocelot, qui s'est planté avec son Dilili à Paris inventif visuellement mais souffrant d'un scénario ultra didactique et d'une interprétation outrée, et la belle surprise Spider-man : new generation de Peter Ramsey, Bob Persichetti, Rodney Rothman.

Les programmes de courts étaient eux-aussi au rendez-vous : Rita et crocodile de Siri Melchior, L'étrange forêt de Bert et Joséphine de Filip Pošivac et Barbora Valecká, Le quatuor à cornes de Benjamin Botella, Arnaud Demuynck, Emmanuelle Gorgiard et Pascale Hecquet, La grande aventure de Non-Non de Matthieu Auvray, le programme collectif Ta mort en shorts, Mimi et Lisa, les lumières de Noël de Katarina Kerekesova et Ivana Šebestová... et plusieurs très belles sorties de films "du patrimoine" : le merveilleux Alice Comedies 2 de Walt Disney et l'indispensable Révolte des jouets (qui réunit trois courts métrages de Bretislav Pojar et Hermina Tyrlova), tous deux distribués par Malavida, et l'également formidable programme Les Contes merveilleux de Ray Harryhausen (Carlotta Films) qui permet de (re)découvrir les premiers films en stop motion de ce grand maître des effets spéciaux.

Les documentaires hybrides et l'animation pour adultes


Mais 2018 aura également relancé la veine de l'animation documentaire et à destination des adultes. A Cannes, trois films sur quatre étaient des documentaires, qui mêlaient tous animation et prise de vue continue pour aborder des sujets historiques ou politiques sensibles : la mort d'un journaliste suisse pendant la guerre en ex-Yougoslavie (Chris the Swiss), le quotidien d'une famille de Gaza city frappée de plein fouet par l'offensive terrestre israélienne "Plomb durci"' en 2009 (Samouni Road) et la guerre civile en Angola (Another day of life).

A Annecy, ce sont deux films forts, abordant l'Histoire récente, qui ont remporté les principaux prix : Funan de Denis Do qui revient sur la période terrible de la dictature des khmers rouges au Cambodge (Cristal du meilleur long métrage) et Parvana de Nora Twomey, qui dépeint la condition de vie des femmes dans l'Afghanistan des Talibans. Le reste de la sélection était d'ailleurs à l'avenant, avec deux films sur le conflit israélo-palestinien (Wall de Cam Christiansen et Wardi (anciennement La Tour) de Mats Grorud), un essai au vitriol sur la religion (Seder-Masochism de Nina Paley), un portrait cruel de la Chine contemporaine (Have a nice day de Liu Jian) et même un témoignage saisissant sur un important conflit social du début des années 50, Un homme est mort d'Olivier Cossu.

Dans un registre plus intime, mais tout aussi grave, Happiness road de Hsin-Yin Sung (présenté hors compétition et sorti pendant l'été) est un beau récit introspectif sur le temps qui passe, les choix que l'on fait et les rêves que l'on poursuit. Sélectionné à Annecy l'an passé, Silent voice de Naoko Yamada est quant à lui l'adaptation sensible et audacieuse d'un manga qui aborde la question du handicap et du harcèlement. Preuve qu'il n'existe pas de sujets tabous en cinéma d'animation, et qu'il est au contraire parfois le format idéal pour faire passer certaines images difficiles à supporter.

Et 2019 alors ?


Dans la continuation du beau dynamisme 2018, 2019 devrait nous réserver quelques belles surprises. Ca commence dès le 23 janvier avec la première sortie dans les salles françaises du premier film d'Hayao Miyazaki, Le château de Cagliostro, qui fêtera ses 40 ans ! On verra aussi enfin plusieurs films dont nous vous parlons depuis plusieurs mois, à savoir Another day of life de Raúl de la Fuente et Damian Nenow, Wardi de Mats Grorud, Funan de Denis Do et Tito et les oiseaux de Gustavo Steinberg, Gabriel Bitar et André Catoto Dias.

Côté suites, on découvrira Minuscules 2, les mandibules du bout du monde de Thomas Szabo et Hélène Giraud, Dragons 3 de Dean deBlois, Ralph 2.0 de Rich Moore et Phil Johnston, La grande aventure lego 2 de Mike Mitchell, Toy Story 4 de Josh Cooley, Shaun le Mouton Le Film : La Ferme Contre-Attaque de Richard Starzak ou encore La reine des neiges 2 de Jennifer Lee et Chris Buck.

Enfin, dans le registre des grandes impatiences, on n'en peut plus d'attendre Buñuel après l’âge d’or de Salvador Simo, La Fameuse invasion des ours en Sicile de Lorenzo Mattoti, L'extraordinaire voyage de Marona d'Anca Damian et quelques autres qui, malheureusement, ne verront peut-être pas le jour avant 2020... C'est peut-être là le grand défaut de l'animation : souvent, elle requiert une certaine dose de patience.

Retour sur le 22e festival de courts métrages de Winterthur

Posté par MpM, le 19 décembre 2018

© Eduard Meltzer / IKFTW

La programmation du festival de Winterthur, que nous avions eu la chance de découvrir en 2017, reflète une qualité spécifique du court métrage : sa capacité à être un formidable terrain d'expérimentation pour les réalisateurs. Cela a conduit le festival à opérer pour sa 22e édition, qui s'est tenu en novembre dernier, des choix formels extrêmement audacieux, notamment dans le cadre de la compétition internationale. Des choix parfois radicaux, qui ont été très largement suivis par le jury international. Celui-ci a en effet de son côté privilégié un cinéma qui appelle à la réflexion, à la fois sur la société et sur le cinéma lui-même. La plupart des films qui figurent au palmarès s'offrent ainsi des libertés avec les formes de narration traditionnelle, et avec l'idée que l'on peut se faire généralement du court métrage, ou d'un film de manière générale.

On pense notamment à cet objet étrange qu'est le lauréat du Grand prix, Bigger Than Life d’Adnan Softic, documentaire expérimental qui raconte comment la République de Macédoine a utilisé le projet d’aménagement de sa capitale (Skopje 2014) pour réécrire l'histoire du pays, et notamment faire de la ville le berceau de l’Europe et des plus prestigieuses civilisations antiques. Le film s'ouvre sur un prologue d'environ 6 minutes qui montre en plan fixe un temple romain sur lequel le soleil se lève. Une voix-off déclame théâtralement, en faisant durer chaque syllabe, une citation de Johann Joachim Winckelmann, considéré comme le théoricien du néoclassicisme et le fondateur de l'histoire de l'art. Cette citation dit en substance que si l'on veut devenir grand, en un mot inimitable, il faut imiter les Grecs.

La suite du film est tout aussi déconcertante, avec sa musique et ses chansons grandiloquentes, ses effets kitschs et sa voix-off ironique, plaqués sur des vues de la nouvelle Skopje, pour décortiquer avec humour le processus de création d'une nouvelle identité nationale. Il est non seulement assez rare de voir un tel film remporter une grande compétition internationale, mais encore plus rare qu'il ne soit pas renvoyé dans une compétition purement expérimentale. Il faut reconnaître que Bigger than life n'a pas peur de jouer avec les nerfs du spectateur, accompagnant la portée politique de son propos d'une recherche formelle appuyée qui souligne l'absurdité de ce qu'il dénonce. Alors que se succèdent les vues de monuments boursouflés, on éclate alors de rire en entendant le chanteur dire d'une voix compassée que Sjopje, elle, est réelle. Le tout sur fond de feux d'artifices.

Autre film primé par le grand jury, A Room with a Coconut View de Tulapop Saenjaroen, Prix d’encouragement de la compétition internationale. Là encore le parti pris de départ est relativement radical. Une intelligence artificielle dont c'est la fonction fait visiter virtuellement une petite ville de l'est du pays à un touriste de passage. Elle répond à ses questions de sa voix robotique toujours enjouée, et plonge le spectateur dans une forme de délire visuel où se mêlent vues touristiques stéréotypées et images absurdes comme collées aléatoirement. Le réalisateur nous pousse à une réflexion puissante sur l'image ("que suis-je en train de regarder ?"), son utilisation et ses interprétations. Un film aussi complexe qu'ironique, qui dans la plupart des festivals de courts métrages aurait atterri en section expérimentale, mais illustre parfaitement la propension de Winterthur à penser le cinéma comme un art global couvrant tout le spectre de la narration et des expérimentations formelles.

Le grand jury a également remis deux mentions spéciales afin de distinguer le court métrage rwandais I Got My Things and Left de Philbert Aime Mbabazi Sharangabo et le film d'animation expérimentale canadien Legendary Reality de Jon Rafman. Le premier observe avec pudeur la veillée funéraire qui réunit quelques amis proches d'un jeune homme décédé. Entre moments de recueillements, conversations à bâtons rompus, lectures et même danses, le film essaye de brosser à la fois le portrait du défunt, un être anticonformiste dans une société corsetée, et de ceux qui l'accompagnent pour cette dernière nuit. A mi-chemine entre le documentaire et la fiction, le film ménage de jolis moments d'émotion, mais peine parfois à approfondir son propos, laissant le spectateur comme à l'extérieur du petit groupe.

Le second est un récit d'anticipation à la première personne créé à l'origine pour une exposition consacrée à Leonard Cohen à Montréal. Le réalisateur Jon Rafman recrée un univers futuriste inquiétant dans lequel le narrateur, enfermé dans une sorte de caisson étanche, laisse son esprit vagabonder, en quête d'un sens à la vie et à l'univers. Le texte est un poème puissant et onirique qui épouse le point de vue multi-temporel du personnage, et l'accompagne jusqu'au royaume de la mort et de la désolation. Incontestablement l'un des films les plus envoûtants qui étaient présentés cette année.

L'une des nouveautés de cette 22e édition du festival est d'avoir choisi d'éditorialiser désormais tous les programmes, y compris ceux de la compétition. Cela permet de mettre en lumière les invisibles liens qui relient les films au sein d'une sélection, d'un programme, et même du festival tout entier. Trois des films récompensés (Bigger than life, I Got My Things and Left et Legendary Reality) étaient ainsi présentés ensemble dans le programme intitulé Around the world, avec Mahogany too de Akosua Adoma Owusu, un film ghanéen donnant une nouvelle interprétation de la styliste Tracy Chambers telle qu'elle fut interprétée par Diana Ross en 1975 dans Mahogany de Berry Gordy et Dios nunca muere de Barbara Cigarroa, une fiction naturaliste suivant une famille mexicaine pauvre se prenant soudain à rêver d'une vie meilleure matérialisée par un logement individuel.

Les autres programmes de la compétition nous invitaient tour à tour à découvrir des films gravitant autour des thèmes Human nature, Prisoners, Promote yourself, Mysterious realities ou encore Sinful. Par exemple, la thématique Prisoners nous amenait d'abord à la rencontre d'un taureau dans l'arène (Tourneur de Yalda Afsah), d'une jeune femme transsexuelle enfermée par ses parents en Georgie (Prisoner of society de Rati Tsiteladze), d'une veuve que les traditions entendent empêcher de vivre sa vie au Népal (Tattini de Abinash Bikram Shah), d'une jeune femme anorexique prisonnière de son propre corps (Egg de Martina Scarpelli) et de trois jeunes hommes fauchés qui acceptent de jouer dans un film porno pour arrondir leurs fins de mois (Self destructive boys d'André Santos  et Marco Leao). Autant d'allégories assez passionnantes d'un monde qui semble multiplier les barrières et les méthodes d'enfermement ou de coercition alors même que tout semble pourtant désormais possible à l'être humain.

Le programme sur la nature humaine donnait lui-aussi une vision complexe et métaphorique de notre époque. Outre All these creatures de Charles Williams, palme d'or du court métrage à Cannes cette année, dans lequel un adolescent tente de reconstituer les conditions particulières de l'effondrement de son père, on y retrouvait notamment le captivant documentaire The migrating image de Stefan Kruse, qui explore la manière dont sont perçus et représentés les migrants et réfugiés à partir d’images trouvées sur les réseaux sociaux ou utilisées par des organismes publics. Avec une simple voix off d’une extrême simplicité, Stefan Kruse décortique tour à tour les pages facebook des passeurs qui affichent paquebots de luxe et autres mers caribéennes, les films de propagande institutionnels qui misent sur l’émotion en présentant les gardes côtes comme des super-héros ou les images faites par les médias pour alimenter leurs différents supports, jusqu’à des films en 360 degrés pour la page Facebook du journal ou de la chaîne.

Dans cette profusion d’images, chacune raconte (comme toujours) sa propre histoire,  au service de celui qui les prend ou les diffuse, plus que de celui qu’elle met en scène. C’est d’autant plus saisissant dans le parallèle dressé entre les images prises au Danemark d’un côté par les défenseurs des migrants, et de l’autre par des groupes d’extrême-droite qui les rejettent, chacun pensant détenir une vérité absolue sur les réfugiés. Sous ses airs faussement pédagogiques, le film amène ainsi le spectateur à prendre conscience de ce qui se joue dans chaque image montrée, et à comprendre la stratégie de communication qui accompagne à chaque étape ce que l’on appelle communément la « crise des réfugiés ». Peu importe si l’on donne de la réalité un aperçu parcellaire et orienté du moment que l’on remporte la guerre idéologique, celle des apparences ou tout simplement de l’audimat.

Il faut également citer dans ce programme un film philippin dans la parfaite lignée des courts métrages qui nous parviennent de cette région : décalé, ironique et absurde, et surtout doté d'une mise en scène à l'élégance folle. Manila is full of men named boy de Andrew Stephen Lee (sélectionné à Venise en septembre dernier) raconte, sur fond de retransmission télévisée des funérailles de Michael Jackson, la quête d'un homme à la recherche d'un fils d'adoption pour impressionner son propre père. Se rejoue alors l’éternelle question du sentiment d’appartenance à une famille ou à un groupe, et de son douloureux corollaire : l’exclusion et l’indifférence. Entre humour doux-amer et cruauté faussement policée, le réalisateur dresse un portrait à peine déformé de cet étrange animal que l’on appelle être humain.

Autre film remarqué, dans le programme Promote yourself cette fois, Le baiser du silure de June Balthazard, un documentaire poétique qui commence comme un épisode d’histoire naturelle autour du silure, un poisson quasi mythique qui vit en profondeur et peut dépasser la taille de l'être humain. Puis les données scientifiques laissent peu à peu place à une réflexion plus philosophique. Le silure, considéré par certains comme nuisible et invasif, apparaît comme le symbole de cet « étrange étranger » qui cristallise les peurs et les fantasmes de l’être humain. Se reflète alors en ce paria des cours d’eau l’histoire ancestrale de notre rapport à l’altérité.

Impossible de faire l'impasse, dans le programme Sinful, sur l'un des films les plus remarqués de l'année, La chute de Boris Labbé, sorte de tourbillon visuel qui emporte le spectateur dans un déchaînement de sensations visuelles comme décuplées par la musique monumentale de Daniele Ghisi. Tout à l’écran semble en perpétuel mouvement : le tourbillon des anges qui fondent sur la terre, l’éternel cycle de la nature, le feu de l’enfer qui engloutit tout sur son passage. Même la caméra s’envole, redescend, nous emmène toujours plus loin dans le panorama sidérant qui prend vie sous nos yeux. Difficile de résumer ou décrire l’ampleur formelle et narrative de ce film-somme qui semble porter en lui toute l’histoire de l’Humanité. Il nous laisse pantelant face à notre propre interprétation, plongés dans un univers de songe et de cauchemar qui s’avère à la fois terrifiant et sublime. Winterthur se devait d’intégrer dans sa sélection cette œuvre complexe et unique qui brouille les notions réductrices d’animation, d’art contemporain et de recherche expérimentale pour ne garder que ce qui compte vraiment : le plaisir pur du cinéma.

A ses côtés, mais dans un genre rigoureusement différent, on a également été séduit par Swatted, un documentaire venu du Fresnoy, qui utilise des vidéos youtube et des images vectorielles issues d'un jeu vidéo pour raconter un phénomène de cyber-harcèlement qui touche les joueurs en ligne aux Etats-Unis : le swatting, consistant à usurper l'identité d'un gamer, puis appeler les secours en son nom en inventant l'histoire la plus sanglante (et la plus crédible) possible afin de faire débarquer le Swat (unité d'élite spécialisée dans les assauts) chez lui, armé jusqu'aux dents.

Ismaël Joffroy Chandoutis mêle témoignages des joueurs et images virtuelles pour mieux montrer la porosité des frontières entre la réalité et la fiction. La violence acceptable et apprivoisée du jeu semble alors déborder brutalement dans le monde réel, le transformant en un lieu hostile et menaçant où la vie des protagonistes est cette fois véritablement en danger. Le film participe ainsi d'une réflexion ultra-contemporaine sur l'incursion d'une violence, jusque-là cantonnée au périmètre de la fiction et des informations télévisées, dans notre quotidien le plus banal : dans la rue, dans une salle de concert, et jusque dans son salon. Non seulement il n'est plus possible de penser la violence comme on en avait l'habitude, notamment en la tenant à distance, mais surtout, il est devenu impossible de penser les images en termes binaires : d'un côté la réalité et de l'autre la fiction. Cette hybridation finit par envahir Swatted, qui nous propose la vision d'un monde entièrement virtuel, comme si on était soudainement incapable de voir la réalité autrement que sous le prisme de la "matrice", semblable à la trame d'un jeu vidéo.

Le programme Reconstructed identities s'ouvrait sur un curieux essai expérimental intitulé Today is 11th june 1993. La réalisatrice Clarisse Thieme y met en scène une traductrice, seule dans sa cabine face à un écran où se déroule un film amateur. Des jeunes gens jouent devant la caméra une forme de fiction fantasmée dans laquelle ils tentent de s'échapper de la ville de Sarajevo assiégée (on est le 11 juin 1993) à l'aide d'une machine à voyager dans le temps. Dans une sorte de boucle temporelle absurde, la scène ne cesse de se rejouer sous nos yeux, les visiteurs du futur finissant immanquablement par rester coincés dans l'époque de la guerre, n'ayant pour seule option que d'envoyer de nouveaux SOS vers le futur. Il s'agit d'un film d'archive conservé dans une collection privée de vidéos amateurs documentant la vie des habitants de Sarajevo pendant la guerre, que la réalisatrice s'est réapproprié dans une démarche d'interrogation du temps présent : nous, spectateurs de cet appel à l'aide venu d'une époque révolue, comment réagirons-nous ?

En clôture de ce même programme, on retrouvait un nom connu, celui d'Apichatpong Weerasethakul. Dans le cadre du programme "3e scène" de l'Opéra de Paris, le cinéaste thaïlandais a réalisé Blue, un énigmatique film dans lequel une femme dort dans la jungle, dans ce qui semble un décor de théâtre. Un ingénieux système de poulie permet à un rideau peint d’alterner deux paysages. Il ne se passe rien si ce n’est cette alternance, et les légers mouvements de la femme qui cherche le sommeil. Jusqu’au moment où l’on croit discerner une flamme s’échapper de son corps.

Cette femme inerte qui se consume sous nos yeux par un habile effet de reflet et de surimpression, qui est-elle ? Quels rêves l'agitent ? Quel fil invisible la relie aux soldats endormis du précédent long métrage du cinéaste, Cimetière des splendeurs ? On ne peut s'empêcher de penser à la Thaïlande, ce pays dans lequel il est interdit de critiquer le roi ou sa famille, impossible de s’exprimer, dangereux de protester. Un pays endormi par la censure, à la beauté de façade, mais qui se consume littéralement de l’intérieur.

Si l'on est véritablement enthousiaste face à cette compétition 2018 de Winterthur, c'est qu'elle répond à l'entêtante question qui nous poursuit de festival en festival : qu'est-ce qu'une bonne sélection ? Il faudrait être naïf pour penser qu'elle réunit simplement les "meilleurs" films (meilleurs selon qui ? selon quoi ?) tant il s'agit en réalité d'une alchimie fragile, de liens invisibles qui se tissent entre les films, d'échos qui se font (ou pas) en nous. Pour sa 22e édition, l'équipe de Winterthur avait atteint cette forme d'état de grâce qui permet à chaque film d'exister par lui-même, de gagner en ampleur au milieu des autres, et d'entrer en résonance avec la vie ou les préoccupations de ceux qui le regardent. Si le regard porté sur notre époque est grave et critique, lourd de questions laissées sans réponses, ce que cette compétition 2018 révèle de l'état du cinéma est en revanche follement enthousiasmant.

Lumières 2019: Les Frères Sisters, Mademoiselle de Joncquières, Jusqu’à la garde et Pupille en tête des nominations

Posté par vincy, le 17 décembre 2018

Un total de 37 films, et pas vraiment de favoris, sont en course pour l'un des Prix lumières, dont la 24e cérémonie ura lieu le lundi 4 février 2019 à l’Institut du monde arabe. La presse internationale devra départager des films très différentes, certains primés dans des grands festivals, d'autres ayant connu un joli succès populaire. Là encore, on remarque la domination des sélections cannoises sur l'ensemble des nominations, même si pour la catégorie meilleur film, seul Guy est passé par la Croisette.

On notera surtout qu'aucun film hormis Pupille n'est présent dans les quatre catégories principales - film, réalisation, acteur ou/et actrice, scénario. Mais ce qui fait le plus plaisir sans doute c'est l'ouverture à des films audacieux comme Les garçons sauvages, Cassandro the Exotico, Chris the Swiss, Sauvage, tout comme on soulignera quelques grands manques (En liberté! en meilleur film, Mektoub my love une seule fois nommé...) et des sacrés absents comme Le grand bain et Plaire, aimer et courir vite, pourtant Prix Louis-Delluc.

Film
Amanda, de Mikhaël Hers
Les Frères Sisters, de Jacques Audiard
Guy, de Alex Lutz
Mademoiselle de Joncquières, de Emmanuel Mouret
Pupille, de Jeanne Herry

Réalisateur
Jacques Audiard - Les Frères Sisters
Jeanne Herry – Pupille
Xavier Legrand – Jusqu’à la garde
Gaspar Noé – Climax
Pierre Salvadori – En Liberté !

Actrice
Elodie Bouchez – Pupille
Cécile de France – Mademoiselle de Joncquières
Léa Drucker – Jusqu’à la garde
Virginie Efira – Un amour impossible
Mélanie Thierry – La Douleur

Acteur
Romain Duris – Nos batailles
Vincent Lacoste – Amanda
Vincent Lindon – En guerre
Alex Lutz – Guy
Denis Ménochet – Jusqu’à la garde

Scénario
Andréa Bescond et Eric Métayer – Les Chatouilles
Jeanne Herry – Pupille
Thomas Lilti – Première année
Emmanuel Mouret – Mademoiselle de Joncquières
Pierre Salvadori, Benoît Graffin et Benjamin Charbit – En liberté !

Image
Benoît Debie – Climax
Benoît Debie – Les Frères Sisters
Laurent Desmet – Mademoiselle de Joncquières
Julien Hirsch – Un peuple et son roi
David Ungaro – Les Confins du monde

Révélation masculine
Anthony Bajon – La Prière
William Lebghil – Première année
Andranic Manet – Mes provinciales
Félix Maritaud – Sauvage
Dylan Robert – Shéhérazade

Révélation féminine
Ophélie Bau – Mektoub My Love
Galatéa Bellugi – L’Apparition
Andréa Bescond – Les Chatouilles
Jeanne Cohendy – Marche ou crève
Kenza Fortas – Shéhérazade

Premier film
Les Chatouilles, de Andréa Bescond et Eric Métayer
Les Garçons sauvages, de Bertrand Mandico
Jusqu’à la garde, de Xavier Legrand
Sauvage, de Camille Vidal-Naquet
Shéhérazade, de Jean-Bernard Marlin

Pays francophones
Capharnaum, de Nadine Labaki
Chris the Swiss, de Anja Kofmel
Girl, de Lukas Dhont
L’Insulte, de Ziad Doueiri
Nos batailles, de Guillaume Senez

Film d'animation
Astérix - Le Secret de la potion magique, de Louis Clichy et Alexandre Astier
Dilili à Paris, de Michel Ocelot
Mutafukaz, de Shojiro Nishimi et Run
Pachamama, de Juan Antín

Documentaire
Cassandro, the Exotico !, de Marie Losier
De chaque instant, de Nicolas Philibert
Nul homme n’est une île, de Dominique Marchais
Premières solitudes, de Claire Simon
Samouni Road, de Stefano Savona

Musique
Camille Bazbaz – En liberté !
Vincent Blanchard et Romain Greffe – Guy
Alexandre Desplat – Les Frères Sisters
Pierre Desprats – Les Garçons sauvages
Grégoire Hetzel – Un amour impossible