Ma vie de Courgette continue sa récolte de prix

Posté par vincy, le 11 mars 2017

Le film d'animation franco-suisse Ma vie de Courgette a reçu deux nouvelles récompenses au Cartoon Movie Tributes. Grand prix et prix du public à Annecy, deux fois césarisé (meilleur film d'animation et meilleure adaptation), primé à Angoulême, San Sebastian, Bratislava, Varsovie, Zurich, aux European film awards, aux prix Lumière, et duo révélations des Trophées du Film Français, le film de Claude Barras continue de récolter les honneurs puisque vendredi 10 mars il a reçu deux prix professionnels au Cartoon Movie, le forum européen du cinéma d'animation, à Bordeaux.

Il a été distingué par le prix du producteur européen de l’année (Rita productions, Blue Spirit Productions et Gebeka Films) et le prix du réalisateur européen de l’année. Et indirectement, même le troisième prix lui a été décerné puisque Angel film, société danoise, a été honoré du prix du distributeur européen de l’année. Le distributeur est spécialisé dans les films d’animation qui sortent dans les pays scandinaves de Ernest et Célestine à... Ma vie de Courgette.

Présenté en avant-première mondiale à la Quinzaine des réalisateurs en mai dernier, le film, nommé aux Oscars, a attiré plus de 770000 spectateurs en France et environ 80000 entrées dans le reste du monde.

Première édition du Cartoon Movie de Bordeaux

Posté par MpM, le 5 mars 2017

Cartoon Movie, le rendez-vous européen des professionnels du film d'animation créé en 1999 avec le soutien de Creative Europe - MEDIA, s'installe pour la première fois à Bordeaux. Du 8 au 10 mars prochain, 55 projets en provenance de 19 pays, dont 17 films français, seront présentés devant plus de 800 producteurs de longs métrages d’animation, investisseurs, distributeurs, agents de vente, sociétés de jeux vidéos et new media players de 38 pays dans le but d'établir coopérations et coproductions.

Les comédies familiales et films d'aventures pour enfants ont toujours la cote, puisqu'ils représentent 35 des 55 projets, mais les longs métrages à destination d'un public plus adulte sont également bien présents, avec des thématiques tournant autour des abus sexuels, de la maladie d’Alzheimer ou encore du franquisme. Certains films sont encore à l’état de concept, d'autres en cours de production et la majorité en cours de développement. Tous cherchent à accélérer le montage financier du projet, nouer des coproductions et coopérations transfrontalières ou simplement intéresser des distributeurs européens et internationaux.

Sont notamment attendus Zombillenium, de l'auteur de bande dessinée Arthur de Pins, Buñuel in the Labyrinth of the Turtles de Salvador Simó qui retrace la vie de Luis Buñuel après la projection de L'âge d'or, Calamity, a childhood of Martha Jane Cannary, le nouveau projet de Rémi Chayé (Tout en haut du Monde) sur le personnage historique de Calamity Jane, Ooops! 2 de Toby Genkel et Sean McCormac, la suite de Ooops! Noah is gone ou encore Unicorn Wars d’Alberto Vazquez (Decorado, Psiconautas), Le Grand Méchant Renard et Autres Contes de Benjamin Renner et Patrick Imbert et Le voyage du Prince de Jean-François Laguionie (Louise en hiver).

Pour tous les participants, c'est un excellent début car Cartoon movie obtient depuis ses débuts des résultats impressionnants avec plus de 274 longs métrages présentés ayant trouvé leur financement, ce qui représente un budget de 1,9 milliard d’euros.

Mais cette première édition bordelaise du Cartoon Movie permettra également de connaître les lauréats des Cartoon Movie Tributes qui récompensent "une personnalité ou une société ayant eu une influence dynamique et positive sur l’industrie européenne du long métrage d’animation". Trois prix seront remis le 10 mars : meilleur producteur, meilleur distributeur et meilleur réalisateur européens de l'année.

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Cartoon Movie Bordeaux
Du 8 au 10 mars 2017
Site de la manifestation

Oscars 2017: Moonlight triomphe, La La Land et Manchester by the Sea rayonnent

Posté par vincy, le 27 février 2017

Il y avait une revendication anti-Donald Trump dans l'air. Hollywood est entré en résistance. "Puissiez-vous toujours avoir le courage d'affronter vos peurs" le disait si bien le réalisateur Alan Barillaro, auteur du court de chez Pixar, Piper, en gagnant son Oscar. Dans un registre plus léger, Jimmy Kimmel s'inquiétait: "Ça fait plus de 2 heures qu'on a commencé et Trump a pas fait un seul tweet sur les Oscars... Ça commence à m'inquiéter !". Il lui a donc envoyé un court tweet au président où "Meryl Streep lui disait bonjour", en référence au tweet de Trump considérant Streep "surévaluée". Kimmel en a fait son "running gag" puisqu'il avait déjà balancé plus tôt dans la soirée: "Dès le début de sa carrière, Meryl Streep a été médiocre. Elle a déçu dans 50 films et c'est sa 20ème nomination !" (bon en même temps celle de cette année était peut-être un peu superflue).

Mais Kimmel aussi pointé avec ironie la polémique de l'an dernier sur des Oscars jugés trop blancs: "J'aimerais remercier le président Trump. L'année dernière, on pensait tous que c'était les Oscars qui étaient racistes !"

Accident en direct

Oscars so white? Oubliez-ça! Pour une fois, les Oscars ont sacré, Moonlight, un premier film, avec un casting 100% black et une histoire gay! Le combo total! "Il y a une époque où je pensais que ce film était impossible ! Merci beaucoup" a clamé le cinéaste Barry Jenkins. Bon, on va passer sur l'erreur la plus dingue de l'histoire des Oscars: Warren Beatty et Faye Dunaway présentent l'Oscar du meilleur film. Beatty a un moment d'hésitation, trouvant sans doute étrange ce qu'il lit. Dunaway clame La la Land. L'équipe de Chazelle exulte et monte sur scène! Manque de bol, ce n'était pas la bonne enveloppe ("Ce n'est pas une blague!"). Un accident industriel. C'est bien Moonlight qui l'emporte et un producteur de La La Land, très digne, très classe tend l'Oscar à Barry Jenkins, qui n'en revient pas, assis dans la salle.
On retire tout ce qu'on a dit sur Hollywood qui préfère se regarder dans un miroir et oublie de récompenser des films qui regardent le monde. Pour le coup, cet Oscar du meilleur film est un vrai "face palm" ou une réaction à Trump et à ceux qui l'an dernier accusaient les Oscars de racisme.

Un américain musulman pour la première fois

Dans la catégorie du meilleur second-rôle, ce sont deux afro-américains pour deux films centrés sur des afro-américains, et leurs conditions de vie dans une Amérique qui ne leur fait pas de cadeaux, qui ont gagné. Viola Davis réalise ainsi l'exploit d'être la première interprète afro-américaine à avoir emporté un Emmy, un Tony et un Oscar. Outre l'Oscar du meilleur second-rôle pour Mahershala Ali (et premier acteur musulman à être ainsi lauréat d'un Oscar ce qui a du rendre Trump plus rouge que d'habitude), Moonlight a aussi remporté l'Oscar de la meilleure adaptation. L'auteur de la pièce originelle Tarell Alvin McCraney a d'ailleurs dédié "ce prix à toute la communauté LGBT !" Les minorités assument face à cette Amérique qui tente de revenir en arrière.

Un doublé rare grâce à Farhadi

Et que Le client décroche l'Oscar du meilleur film en langue étrangère (certes les quatre autres nommés n'étaient pas ni meilleurs ni moins bons) et on ne pourra qu'y voir une contestation affichée au Muslim ban du président des Etats-Unis, qui a empêché Asghar Farhadi d'aller sur la scène des Oscars pour la deuxième fois, cinq ans après celui qu'il a reçu pour Une séparation. Boycottant la cérémonie au nom des habitants des sept pays interdits d'entrée aux USA, il a rappelé que les films étaient fait pour partager les valeurs humanistes et abolir les frontières. Il devient le sixième réalisateur à gagner plus d'une fois cet Oscar (après Vittorio De Sica (1948, 1950, 1965, 1972), Federico Fellini (1957, 1958, 1964, 1975), Ingmar Bergman (1961, 1962, 1984), René Clément (1951,1953) et Akira Kurosawa (1952, 1976)).

Le plus jeune cinéaste oscarisé

Cette année, les Oscars ont éparpillé leurs récompenses entre de nombreux films tout en privilégiant Tu ne tueras point, Moonlight, Manchester by the Sea et bien sûr La La Land, qui ont tous gagné plus d'une statuette. Comme si les meilleurs films de l'année avaient chacun leurs propres qualités. De la technique pour le film de Mel Gibson, le scénario et l'acteur pour Manchester by the Sea. Casey Affleck a ainsi logiquement été sacré meilleur acteur, après avoir raflé à peu près tous les prix depuis novembre. la musique et la réalisation pour La La Land, qui récolte 6 Oscars! Damien Chazelle devient le réalisateur le plus jeune à recevoir l'Oscar du meilleur réalisateur, by the way. Dommage qu'il ait fait un discours si banal... Comme on s'y attendait, Emma Stone rapporte elle aussi un Oscar de la meilleure actrice, empêchant Isabelle Huppert de faire son grand chelem américain. "J'ai encore beaucoup à apprendre mais cette statuette c'est un symbole pour poursuivre ce voyage" a rappelé la jeune actrice.

Ce fut donc un palmarès sans réelle surprise, mais assez équilibré pour cette 89e Cérémonie des Oscars, et la preuve, une fois de plus, que les films d'auteur ont réellement dominé l'année hollywoodienne. C'est d'autant plus une bonne nouvelle que chacun des gagnants a été rentable pour leurs producteurs et même, pour certains, de véritables succès publics. On peut regretter que plus les Oscars majeurs passaient, plus les discours s'affadissaient, avec des tonnes de remerciements personnels. La fin de la soirée était ainsi une suite de consécrations attendues, sans la verve de Jimmy Kimmel ou l'engagement des speechs des premiers gagnants.

Mais Kimmel a été bon jusqu'au bout. Profitant de l'incident sur l'Oscar du meilleur film, il a eu la bonne vanne pour conclure: "Je savais que j'allais foirer... Je vous promets de ne plus jamais revenir !"

Meilleur film: Moonlight
Meilleur réalisateur: Damien Chazelle pour La La Land

Meilleure actrice: Emma Stone dans La La Land
Meilleur acteur: Casey Affleck dans Manchester by the Sea
Meilleur second-rôle féminin: Viola Davis dans Fences
Meilleur second-rôle masculin: Mahershala Ali dans Moonlight

Meilleur film en langue étrangère: Le client d'Asghar Farhadi
Meilleur film d'animation: Zootopie de Byron Howard, Rich Moore et Clark Spencer
Meilleur court métrage d'animation: Piper d'Alan Barillaro et Marc Sondheimer
Meilleur documentaire: O.J.: Made in America d'Ezra Edelman et Caroline Waterlow
Meilleur court métrage documentaire: The White Helmets d'Orlando von Einsiedel et Joanna Natasegara
Meilleur court métrage fiction: Mindenki (Sing) de Kristof Deak et Anna Udvardy

Meilleur scénario: Kenneth Lonergan (Manchester by the Sea)
Meilleure adaptation: Barry Jenkins et Tarell Alvin McCraney (Moonlight)
Meilleure musique: Justin Hurwitz (La La Land)
Meilleure chanson: "City of stars" (La La Land)

Meilleure image: Linus Sandgren (La La Land)
Meilleur montage: John Gilbert (Tu ne tueras point)
Meilleurs décors: David Wasco, Sandy Reynolds-Wasco (La La Land)
Meilleurs costumes: Colleen Atwood (Les animaux fantastiques)
Meilleurs maquillages et coiffures: Alessandro Bertolazzi, Giorgio Gregorini, Christopher Allen Nelson (Suicide Squad)
Meilleur montage (son): Sylvain Bellemare (Premier contact)
Meilleur mixage (son): Kevin O'Connell, Andy Wright, Robert Mackenzie, Peter Grace (Tu ne tueras point)
Meilleurs effets visuels: Robert Legato, Adam Valdez, Andrew R. Jones, Dan Lemmon (Le livre de la jungle)

Le festival Tout-petits Cinéma enchante avec Filopat et cie

Posté par MpM, le 23 février 2017

filopat

La 10e édition de Tout-petits Festival, qui s'est tenue du 4 au 19 février dernier au Forum des images, était l'occasion de (re)découvrir certains ciné-chansons créés spécialement pour la manifestation au cours des années. Parmi eux, le merveilleux Filopat et cie, un spectacle imaginé en 2011 par David Sire et Pierre Caillot autour de 4 courts métrages d'animation de Gunter Rätz.

Ce qui frappe d'emblée dans cette proposition, c'est qu'elle est pensée comme un spectacle complet qui va bien au-delà de l'accompagnement musical des films. Dès le début de la séance, David et Pierrot, les personnages-musiciens, apparaissent à l'écran en ombres chinoises. Ils semblent ensuite en sortir pour rejoindre la scène où les attendent leurs instruments. Plus tard, ils retourneront dans l'écran afin de voir comment fonctionne "le cinéma", et en reviendront les bras chargés de pellicule. L'occasion rêvée pour expliquer aux petits spectateurs familiers des DVD que c'est ce drôle de ruban qui permet la magie du cinéma.

Car, et c'est l'autre chose qui saute aux yeux, Filopat et cie s'adresse avant tout à l'intelligence des enfants. Ici, pas de mièvrerie, pas de facilités bébêtes. Il est question de découvertes et de voyages, de petits qui grandissent et de saisons qui passent. C'est tendre et drôle, poétique et léger, à l'image des jolis films de Gunter Rätz qui mettent en scène une petite abeille qui part récolter du nectar pour la première fois, deux amis musiciens, ou encore l'hiver qui laisse peu à peu place au printemps. Tantôt en dessin animé, tantôt en stop motion avec des personnages en fil de fer, le programme séduit par sa simplicité et sa vivacité joyeuse.

Résultat, les parents passent eux-aussi un excellent moment, charmés par le travail d'animation (varié et délicat) autant que par celui des deux musiciens, qui y ajoutent une part de rêve et d'humour. Les très jeunes Festivaliers découvrent ainsi le cinéma en tant qu'expérience immersive (le grand écran blanc dans l'obscurité), multidimensionnelle (la musique et le chant, les images animées, l'histoire qui se déroule à la fois à l'écran et sur scène...) et bien sûr collective (dans une salle pleine à craquer). Il n'en faut pas plus pour former d'irrépressibles vocations de cinéphiles.

Berlin 2017 : une compétition sous le signe des femmes, de la sphère intime et de l’engagement

Posté par MpM, le 17 février 2017

Si l'on a été quelque peu déçu de cette 67e Berlinale, et plus précisément de sa compétition, c'est que l'on attendait des œuvres fortes, à connotation éminemment politique, et si possible doublées de recherches formelles, et qu'en réalité, nous n'avons pas eu grand chose de tout ça. Dans les autres sections, oui. On a notamment vu deux films de Raoul Peck : The Young Karl Marx d'un côté, I am your negro de l'autre, un documentaire sur Podemos (Política, manual de instrucciones de Fernando León de Aranoa), un autre sur une ville minière extrêmement pauvre de Géorgie (City of The sun de Rati Oneli), le docu-fiction étonnant Casting JonBenet, le prometteur cinéaste Hu Jia (The Taste of Betel Nut) et le très beau mélo de Naoko Ogigami, Close-Knit (Karera ga honki de amu toki wa)... Sans oublier le splendide James Gray, The Lost City of Z, qui aurait mérité la compétition et le convenable film de Martin Provost, Sage femme avec Deneuve et Frot.

La sphère intime


Mais dans la course pour l'Ours d'or, on a surtout eu droit à des portraits de femmes, des relations pères-fils, des relations amoureuses qui se nouent ou au contraire explosent. La sphère intime était presque au cœur de tous les films, qu'il s'agisse des familles "subies", "choisies" ou "héritées". Dans Mr Long de Sabu, Spoor d'Agnezka Holland et L'autre côté de l'espoir d'Aki Kaurismaki les personnages se recomposent même une cellule familiale de bric et de broc avec des gens qu'ils apprécient. Dans Una mujer fantastica de Sebastian Lelio, au contraire, la famille est le symbole du repli sur soi et du refus de la différence.

Le couple


Réduite à sa forme élémentaire de couple sans enfants dans The party de Sally Potter, Wild mouse de Josef Hader ou Retour à Montauk de Volker Schlöndorff, la famille apparaît également comme une façade qui finit par exploser. D'ailleurs les histoires d'amour finissent bien mal dans la sélection de cette année, hormis dans On body and soul de Ildikó Enyedi. Chez Hong SangSoo, par exemple, la nostalgie et la mélancolie se mêlent lorsque l'héroïne de On the beach at night alone se sépare de son amant. Il y a du désenchantement et de la résignation dans l'air, et surtout un certain pessimisme. Ce n'est guère mieux du côté de Calin Peter Netzer (Ana mon amour ) ou de Django d'Etienne Comar.

Les femmes au top


Les femmes, on l'a déjà dit, étaient, elles, clairement au rendez-vous. On a déjà parlé de Félicité d'Alain Gomis, de Spoor d'Agnieszka Holland et de Una mujer fantastica de Sebastian Lelio, il faut donc ajouter On The beach at night alone, Joaquim de Marcelo Gomes, dans lequel une esclave en fuite prend la tête d'une véritable rébellion, et Colo de Teresa Villaverde où c'est à la femme qu'incombe la responsabilité de subvenir aux besoins de sa famille.

Il fallait aussi l'exception qui confirme la règle avec le terrifiant Retour à Montauk dans lequel les femmes attendent le bon plaisir du mâle (il a abandonné l'une à New York des années auparavant et y a envoyé l'autre, alors qu'il habite à Berlin), sont à son service (son assistante s'occupe de ses ourlets de pantalon) et ne sont pas capables de penser par elles-mêmes (le personnage dicte à sa compagne ce qu'elle doit lui dire). On passe sur la petite remarque antisémite déguisée en "humour", mais uniquement parce c'est un autre sujet.

Réfugiés et montée des nationalismes


Heureusement, la plupart des films avaient plus de choses à raconter que ce pensum ridicule, et certains tenaient même des sujets très actuels, à commencer par L'autre côté de l'espoir d'Aki Kaurismaki qui est le seul film à aborder frontalement la question des réfugiés d'une part et la montée des nationalismes de l'autre. On peut dire que c'est le film le plus engagé de la compétition, celui dont le propos politique est le plus évident et le plus facilement compréhensible. Il y est aussi beaucoup question de solidarité et d'entraide, toujours avec humour, toujours avec pudeur, parce ces choses-là vont trop de soi pour qu'on en parle vraiment.

Crise économique


Colo de Teresa Villaverde est lui-aussi un film politique, peut-être moins facile d'accès. On y observe les ravages de la crise économique au Portugal et la difficulté pour le pays de se redresser dans un tel climat d'austérité. Enfin, quelques thématiques plus profondes que le délitement de la famille étaient aussi abordées, parfois au milieu d'autres choses, dans des œuvres comme La mujer fantastica (transsexualisme), Beuys d'Andres Veies (l'art comme acte politique) ou Spoor (la protection animale).

Discours égalitaire


On retiendra plus spécifiquement deux autres films : Joaquim et son discours égalitaire (à la fois égalité entre les peuples et entre les hommes, quelles que soient leurs origines sociales), bien que la révolte annoncée au départ soit totalement escamotée du récit et que le manifeste politique passe plus par le terrible portrait du Brésil du XVIIIe siècle que par des théories ou des idées précises.

Portrait au vitriol


Et enfin le film d'animation chinois, Have a nice day de Liu Jian, portrait au vitriol d'une société chinoise qui marche sur la tête. Un "accident" de chirurgie esthétique sur une jeune femme provoque ainsi une suite de catastrophes et de drames qui servent de prétexte pour révéler les rêves et les espoirs de chacun : se marier pour l'un, s'installer à la campagne pour une autre, financer ses inventions pour un troisième... Des rêves si simples, si modestes qu'ils en sont presque tristes, et donnent à voir mieux que de longs discours l'échec du miracle économique chinois.

On a connu Berlin plus engagé, plus résolument militant aussi. Et dans une certaine mesure, on peut se réjouir qu'il n'y ait plus besoin de traiter un sujet "lourd" (social, politique ou historique) pour avoir les honneurs de la compétition. Mais pour ce qui est de nous donner des nouvelles du monde, la sélection 2017 est largement en retrait par rapport à celle de 2016.

Annie Awards 2017: Zootopie bien parti pour l’Oscar

Posté par vincy, le 5 février 2017

Après son Golden Globe, Zootopie a été le grand vainqueur des Annie Awards (voir la liste des nommés), les prix du cinéma d'animation aux Etats-Unis, avec six récompenses dont celles du meilleur film, du meilleur réalisateur et du meilleur scénario. Cela en fait désormais le grand favori pour l'Oscar du meilleur film d'animation cette année. Disney récolte au total 10 prix. Vaiana repart avec celui des meilleurs effets dans un film animé et de la meilleure interprétation vocale pour Auli’i Cravalho, tandis que Doctor Strange a reçu celui des meilleurs effets animés dans un film en prises de vues réelles. Même Le livre de la jungle a été distingué avec le prix de la meilleure animation de personnages dans un film en prises de vues réelles. Il n'y a bien que Le Monde de Dory qui a été oublié dans cette histoire, alors qu'il s'agit du plus gros succès de l'année dans l'animation en Amérique du nord.

Kubo et l'armure magique offre trois prix au studio indépendant Laika (animation de personnages dans un film animé, décors, montage).

Deux coproductions françaises ont été mises à l'honneur: La Tortue rouge (co-production Studio Ghibli, Wild Bunch, Why Not Productions), prix du meilleur film animé indépendant, et Le Petit Prince (Onyx Films, Orange Studios, On Entertainment), qui permet à la chanteuse Camille, ainsi qu'aux compositeurs Hans Zimmer et Richard Harvey de recevoir le prix de la meilleure musique. Deux films qui ont été présentés en Sélection officielle à Cannes.

Animation: Illumination entre en guerre contre Disney

Posté par vincy, le 4 février 2017

Illumination Entertainment et Universal Pictures ont décidé de mettre les bouchées doubles. On les comprend. Tous en scène, leur dernier né, vient de passer le cap du million de spectateurs en 10 jours en France. Il s'approche des 500 millions de $ de recettes dans le monde. En 7 films, le duo a accumulé 4,6 milliards de recettes mondiales avec un champion, Les Minions (1,16 milliard de $). Suivent Moi Moche et Méchant 2 (971M$), Comme des bêtes, sorti l'an dernier (876M$), Moi Moche et Méchant (543M$), Tous en scène donc, Le Lorax (349M$) et Hop (184M$), seul flop en 2011.

Illumination a réussi à détrôner DreamWorks Animation pour devenir le seul rival sérieux de Disney, aux Etats-Unis comme ailleurs. Pour l'instant depuis le début des années 2000, Disney a classé 11 des 20 plus gros succès en Amérique du nord, Illumination 5, Dreamworks 3 et Warner Bros un seul.

Avec Universal, ils viennent de confirmer leurs projets. Et c'est une guerre déclarée à Disney qui se profile, en misant sur l'été et les fêtes de fin d'année durant les six prochaines années.

Le 30 juin 2017, Moi Moche et Méchant 3 sortira sur les écrans, deux semaines après Cars 3 de Disney/Pixar. Le 9 novembre 2018, c'est une nouvelle version du Grinch du Dr Seuss qui est prévue, deux semaines là encore avant le Disney de Noël, Gigantic. La suite de Comme des bêtes est prévue pour le 3 juillet 2019 (un an plus tard que la date initiale), soit dix jours après Toy Story 4. Celle des Minions est calée pour le 3 juillet 2020 (une semaine avant que la date déjà annoncée), alors que Pixar a "booké" une sortie inconnue pour le 19 juin de la même année. Enfin Tous en scène 2, qui vient d'être confirmé, est programmé pour le 25 décembre 2020, un mois après un Disney sans titre.

Mais au-delà de ces "marques" déjà connues, Illumination a également réservé des créneaux pour le 2 juillet 2021, le 1er juillet 2022, le 21 décembre 2022 et le 30 juin 2023 sans qu'on sache si ces dates de sorties soient bloquées pour d'autres suites ou des films originaux. De quoi rassurer les actionnaires de Universal.

Le cinéma d’animation dans tous ses états à la Cinémathèque

Posté par MpM, le 13 janvier 2017

Pour la 4e année consécutive, la Cinémathèque française proposait lundi 9 janvier "Le cinéma d'animation dans tous ses états", une carte blanche offerte au spécialiste d'animation Francis Gavelle (réalisateur, présentateur de l'émission "Longtemps je me suis couché de bonne heure" sur Radio Libertaire et ancien sélectionneur pour la Semaine de la Critique). L'occasion de découvrir un panorama de la création contemporaine mêlant une dizaine de courts métrages et un long, le très beau Tout en haut du monde de Rémi Chayé, sorti de manière bien trop confidentielle début 2016.

Côté courts, toutes les techniques et tous les styles étaient représentés, permettant de passer (avec bonheur) d'un documentaire sur la sexualité masculine composé de dessins à l'encre (Petite mort d'Antoine Bieber) à un drame familial en volume - marionnettes et stop motion - (Wellington jr de Cécile Paysant), en passant par une évocation aux dessins presque enfantins d'un poème de Guillaume Apollinaire (Le Pont Mirabeau de Marjorie Caup), un documentaire mêlant animation 3D et images documentaires peintes (Lupus de Carlos Gómez Salamanca) ou encore un film anxiogène sur la solitude et la peur en 2D noir et blanc (Colocataires de Delphine Priet-Mahéo).

Une sélection réjouissante et qui présage d'autant mieux de l'avenir de l'animation (notamment française) que plusieurs courts métrages sont des films de fin d'études, ou l'oeuvre de très jeunes réalisateurs. Parmi eux, retour sur cinq films qui ont plus particulièrement retenus notre attention.

*** Colocataires de Delphine Priet-Mahéo ***

Le trait, en noir et blanc, semble fondre décors et personnages dans un flou qui matérialise la vie de son héroïne, coincée dans un quotidien morne et répétitif. Entre son travail de caissière rythmé par le "bip" incessant des articles qui défilent et la solitude de sa maison, où seul son chat l'attend, les jours se suivent, se ressemblent et se confondent. La presse attise cette solitude en générant peur et haine vis-à-vis des "errants" qui hantent la ville. Une rencontre est pourtant possible entre cette femme désabusée et l'homme qui investit sa maison en son absence. Une rencontre ténue, sans réel face à face, mais qui passe par l'appropriation de l'espace, le langage des objets et le partage de nourriture. Car rien n'est simple ou angélique dans ce conte anxiogène sur l'isolement, le repli sur soi et le découragement.

*** Journal animé de Donato Sansone ***

Journal animé est une improvisation artistique sur l'actualité à travers le détournement des pages du quotidien Libération entre le 15 septembre et le 15 novembre 2015. Le réalisateur dessine sur les photos, les anime, les transforme dans une farandole d'abord potache (des moustaches ajoutées à une personnalité publique, un ballon de foot qui rebondit d'une page à l'autre...) puis plus grave (des coups de feu, une mer de cadavres...). Tout va très vite, le crayon virevolte, le temps aussi, il est parfois malaisé de saisir les détails de l'animation ou le sujet de l'article, mais le résultat est indéniablement fort, puissant, comme une rétrospective hypnotique de ce qui constitue notre monde au jour le jour.

*** Love de Reka Bucsi ***

Réjouissante allégorie de l'amour, ses manifestations et ses conséquences, qui se décline dans un univers onirique à la fois charmant et inquiétant. Entre ironie et poésie, humour et recherche esthétique, Love met ainsi en scène des individus littéralement pris au piège du sentiment amoureux, une nature luxuriante dont le cœur s'emballe ou encore des planètes qui ont un petit grain de folie. Une vraie ambition narrative et esthétique anime ce récit foisonnant qui a quelque chose d'un feel good movie un peu cruel. Ambivalent, certes, mais tellement réjouissant.

*** Petite mort d'Antoine Bieber ***

Ce documentaire cru ose la parole masculine sur la sexualité et l'orgasme sans jamais déraper vers le voyeurisme ou l'illustration littérale. Les témoignages, sincères et spontanés, sont aussi captivants que l'animation fluide et délicate (composée de dessins à l'encre) qui recrée avec un certain minimalisme la valse (aérienne) des corps et le ballet (complexe) du désir. Le seul défaut du film est d'être trop court, tant on aurait aimé en voir (et en entendre) plus !

*** Ragoût d'Inès Bernard-Espina ***

Énigmatique film qui mêle habilement une nouvelle de Richard Brautigan, dans laquelle des hommes essayent désespérément d'enterrer un lion (vivant) dans un trou trop petit, et l'histoire tout aussi curieuse d'une femme obligée de manger ce que son visiteur lui a cuisiné. Plusieurs styles cohabitent en fonction des variations du récit : gammes chromatiques et techniques distinctes d'un lieu et d'un moment à un autre, traits larges pour les silhouettes noires massives des hommes qui creusent, trait fin pour le corps gracile et délicat de la jeune femme, etc. On est à la fois dérouté, intrigué et terriblement séduit.

2016: Un cinéma d’animation riche et varié en 14 films

Posté par cynthia, le 3 janvier 2017

L'année 2016 se termine et à l'aube de 2017, il est l'heure du bilan. Mais alors que vous vous faites la liste des personnes avec qui vous n'auriez pas dû coucher, des soirées où vous n'auriez pas dû aller, les séances de sport que vous n'auriez pas dû manquer etc...nous vous proposons avec douceur et pertinence une sélection (sans ordre particulier) de films d'animation qu'il ne fallait pas manquer en 2016 mais que vous pourrez toujours rattraper en 2017 (en dvd, vàd, etc). Hommes seuls, femmes aventureuses, alliances de la carpe et du lapin: les grandes tendances sont montrent que le cinéma d'animation n'est plus une affaire de princesses patientes et de princes charmants.

Ma vie de Courgette de Claude Barras

En tête, le film le plus top. Un film d'animation qui débute par un meurtre non prémédité et qui se poursuit dans un orphelinat pourrait faire peur. Nous préparons les mouchoirs tout en s'attendant à être choqué et pourtant...

Dans Ma vie de Courgette nous passons de rire aux larmes en quelques minutes tout en restant envahi par ce sentiment enfantin offert avec amour par l'animation. Lorsque le film se termine nous avons du mal à quitter le siège tant le film nous a fait traversé toutes les émotions possibles. Si nous rigolons en entendant la description d'un acte sexuel par les enfants ("et puis le zizi explose") Ma vie de Courgette fait autant rire que réfléchir en abhorrant des sujets épineux tels que le viol, la drogue et bien évidemment l'abandon. Le film de Claude Barras est une œuvre qui ne laisse pas de marbre. Tout le monde est séduit... petits et grands. Son palmarès est déjà impressionnant depuis sa présentation à la Quinzaine des réalisateurs.

Zootopie de Byron Howard, Rich Moore et Jared Bush

Lorsqu'un Disney sort au cinéma c'est un événement, surtout depuis que l'industrie de Mickey a mis les clichés à la poubelle. Avec Zootopie il n'y a pas de princesses ou d'amour mais de l'amitié, un message d'acceptation et un personnage homosexuel, certes pas flagrant mais tout de même! Ce buddy-movie animalier procure un véritable plaisir avec ses prouesses techniques et son scénario original de polar style L'arme fatale. Nous saluons la scène du centre de naturistes mais aussi la morale de l'histoire qui rappelle la peur constante face à la différence dont notre société souffre un peu plus chaque jour. Le film a terminé leader de l'année (même si au final, il se fera dépasser par le Disney de Noël).

Sausage Party de Conrad Vernon et Greg Tiernan

Non ce n'est pas pour les enfants: inutile de faire un procès pour ça non plus. Mais Sausage Party est un délire entre adultes pour les adultes. Même si la fin laisse de marbre, le film se déroule de manière divertissante et drôle (le papier toilette est sans conteste le meilleur personnage du film). Nous rigolons, nous ouvrons les yeux comme des soucoupes puis nous rigolons encore, car Sausage Party ressemble aux soirées entre potes: nous nous éclatons mais plus nous buvons de l'alcool, plus la soirée part en cacahuètes. Du coup restez sobre puis bourrez-vous pour LA scène (plus que) fantasque de Sausage Party.

La tortue rouge de Michael Dudok de Wit

Rescapé d'un naufrage, un homme se retrouve seul sur une île tropicale et tente de survivre. Épié par les crabes, l'homme apprivoise l'endroit et se met à construire un radeau en vain à cause d'une force sous-marine qui s'en prend à son embarcation. L'homme découvre bientôt que l'animal qui a détruit son moyen de fuite est une tortue rouge. Entre Robinson Crusoé et Le vieil homme et la mer d'Ernest Hemingway, La tortue Rouge (fable sans dialogue) plonge le spectateur dans un songe marin qui s'enivre de la beauté des éléments avec un scénario qui ne manque pas de poésie et de la magie des studios Ghibli. Après avoir séduit les spectateurs cannois (Un certain regard), l'oeuvre de Michael Dudok de Witt n'attend plus que d'être découverte.

La jeune fille sans mains de Sébastien Laudenbach

Conte angoissant des Frères Grimm, La jeune fille sans mains est illustré à la perfection par son dessinateur/réalisateur. Telle une estampe japonaise qui prend vie sous nos yeux, ce film pénètre chaque parcelle de votre corps avec fougue et frappera les esprits les plus innocents. Ajoutons à cela une profondeur psychanalytique et une noirceur propre aux contes tel Peau d'âne qui donnent à ce film une dimension particulière et qui en fait une œuvre singulière. Sans morale gnangnan La jeune fille sans les mains est un cadeau à faire aux petits et aux grands.

Louise en hiver de Jean-François Laguionie

Tout comme avec La tortue rouge, nous suivons l'aventure d'une rescapée mais sur une plage moins exotique cette fois. Autre grosse différence, Louise est une petite vieille attachante qui représente la métaphore de la vieillesse et de l'abandon par les jeunes. "Ah, maintenant je comprends pourquoi tout le monde me fuit...les gens pensent que je suis contagieuse?!" dit-elle devant un miroir abandonné sur la plage. Durant toute cette fresque, Louise va survivre à la vie mais surtout à elle-même, offrant ainsi un hymne existentiel et un hommage au temps qui passe: un portrait de la solitude et une douce claque visuelle qui donne des palpitations au cœur et à l'âme.

Kubo et l'armure magique de Travis Knight

Véritable pépite de l'animation, Kubo et l'armure magique est poétique, fantastique, émouvant. Dans cette histoire aux sonorités japonaises.,Kubo, jeune garçon vif et généreux voit son quotidien doux et tranquille bouleversé lorsqu'il invoque malencontreusement un esprit de son passé. Produisant un chaos extraordinaire, Kubo va devoir survivre face à des forces qui le dépassent. Produit en stop-motion, Kubo et l'armure magique ne laisse guère de doutes: c'est un des meilleurs films américains dans le genre, entre subtilité et pur ludisme.

Comme des bêtes de Chris Renaud et Yarrow Cheney

Comme des bêtes, notre plaisir coupable de l'animation 2016, est un véritable produit du divertissement qui fait agiter autant votre âme d'enfant que votre cœur de cinéphile. Plongeant littéralement dans le quotidien de nos petits poilus, nous suivons avec amour les aventures de ces bêtes drôles et intelligentes. Avec les fêtes entre poilus, les délires de la gamelle et des "va chercher baballe"Comme des bêtes n'est pas seulement un film d'animation pour enfants (d'ailleurs est-il vraiment pour les enfants?), il est aussi une dédicace à nos amis à quatre pattes, à écailles et à carapace. Grand plaisir à voir ce film pour le personnage Pompom incarné avec brio par Kevin Hart (à mourir de rire). Et avant l'arrivée de Tous en scène, la preuve qu'Illumination n'est pas qu'une success-story de "minions".

Vaiana, la légende du bout du monde de John Musker et Ron Clements et Le Monde de Dory d'Andrew Stanton et Angus MacLane

Vaiana, le dernier Disney est un véritable cadeau de Noël pour les enfants et les grands. Fable écologiste et ode à l'audace, il n'y a pas de prince ici (à l'instar de Rebelle) ni d'histoire d'amour mais son récit ne manque pas de piquant ou de chansons ("How Far I'll Go" – "Le bleu lumière" ou le nouveau "Libéré, Délivré"). Vaiana emporte avec douceur les spectateurs tel un raz-de-marée. Ce sera le film le plus vu sorti en 2016 en France. Aux Etats-Unis, la médaille d'or est revenue à un autre Disney (côté Pixar), un autre film "océanique" sans prince charmant (quoique ce poulpe à sept tentacules, on en parle?). La suite du Monde de Nemo, Le Monde de Dory remplit son contrat: drôle, enlevé, coloré. Vaiana et Dory, deux héroïnes pas comme les autres, audacieuses et assumant leurs failles, sont des aventurières des temps modernes prêtes à traverser le Pacifique pour préserver leur culture/liberté et pour sauver leur foyer. Mention à Dory qui assume toutes les formes de familles, recomposées comme adoptées.

Les Trolls de Mike Mitchell et Walt Dohrn

Bien que l'histoire n'ait rien de captivant ou d'innovant (les héros quittent leur monde d'arcs-en-ciel et de cupcakes pour une opération sauvetage) les personnages sont terriblement attachants. Visant clairement les plus jeunes spectateurs, Trolls s’offre une bande-son (nommée aux Golden Globes) explosive et une vision plus simple (et plus droguée) du déroulement du cerveau que le Vice-Versa de Pixar. Le succès du film sauve DreamWorks de son déclin, notamment face à Illumination qui, avec Tous en scène, réussit bien mieux l'animation-musical.

Your Name de Makoto Shinkai

Fresque romantique et surnaturelle, Your name est l'ovni animé de 2016 qui hypnotise et attrape les cœurs jusqu'à l'explosion. Un garçon qui rêve de nature et une fille qui souhaite vivre dans une ville, échange de corps sans crier gare (un souhait inavoué qui se réalise sans doute). Métaphore du genre, fantasmagorie romanesque, distorsion du temps et phénomène fantastique, l'oeuvre de Makoto Shinkai est une fresque contemporaine, romanesque et romantique, intime et spectaculaire, où la vie de chacun est à la croisée du hasard et du déterminisme, de ses rêves et de sa volonté. Un doux songe animé. Et un triomphe au Japon qui cherche son nouveau Myiazaki.

Cigognes et compagnie de Nicholas Stoller et Doug Sweetland

Cigognes et compagnie fut la bonne surprise de 2016, injustement boudée. Conter une histoire sur l'arrivée des bébés dans les familles aurait pu être un énième animé un peu niais et pourtant la Warner Bros. signe un conte des temps modernes où la famille, une fois de plus, s'offre un visage recomposé (il suffit de voir la meute de loups). Papa, maman sont ensemble pour avoir des bébés: non ils peuvent prendre leur temps et il peut même avoir deux papas (prends ça la manif pour tous). Véritable comédie animalière qui ne laisse pas de marbre (la séquence des pingouins est un must), ces cigognes savent séduire et faire rire.

Tout en haut du monde de Rémi Chayé

Voyage glacial et inquiétant, Tout en haut du monde, est un récit plus dur qu'on aurait pu imaginer allant parfois dans la noirceur, parfaitement illustrée par un dessin épuré à l'extrême et sans contours. De plus, tout comme La jeune fille sans mains, le film conte une histoire de femme courage, une héroïne épique et aventureuse (coucou Vaiana) qui séduit par sa prestance et sa liberté.

Il ne reste plus qu'à vous, cinéphiles, à rattraper votre retard et à attendre impatiemment l'arrivée du cru 2017.

Wes Anderson revient à l’animation avec une histoire de chiens

Posté par vincy, le 22 décembre 2016

Il y a un mois on le voyait s'amuser avec Adrien Brody pour faire la pub d'une grande enseigne de fringues. Wes Anderson a annoncé lundi, pour Noël, comme un cadeau à ses fans, son prochain film: Isle of Dogs. Il a utilisé son canal télé sur Vimeo pour préciser quelques détails.

Il s'agit d'un film d'animation, son deuxième après l'excellent Fantastic Mr Fox il y a sept ans. Il utilisera d'ailleurs la même technique du stop-motion.

Et une fois de plus, il s'offre un casting royal, entre habitués et invités surprises: Scarlett Johansson, Bill Murray, Edward Norton, Bob Balaban, Tilda Swinton, Frances McDormand, Bryan Cranston, Jeff Goldblum, F. Murray Abraham, Harvey Keitel, Akira Ito, Akira Takayama, Koyu Rankin, Courtney B. Vance, Liev Schreiber et même Yoko Ono!

Ce sera le premier film du cinéaste depuis The Grand Budapest Hotel (2014).

On ne sait rien du script. Selon Edward Norton, qui tiendra le rôle principal en prêtant sa voix au chien Rex, le scénario est "terrible". Le studio Fox Searchlight a confirmé ce jeudi 22 décembre qu'il avait acquis les droits mondiaux du film pour une sortie prévue en 2018.