Satoshi Kon, mort d’un anim’ Godfather (1963-2010)

Posté par MpM, le 25 août 2010

satoshi konLe mangaka et réalisateur japonais Satoshi Kon s'est éteint le 24 août 2010. Disciple de Katsuhiro Otomo (Akira), il était l'un des grands maîtres de l'animation japonaise contemporaine, révélé au grand public en 1998 avec Perfect blue, son premier long métrage. Depuis, il avait enchaîné les succès au cinéma : Millenium Actress, Tokyo Godfathers, Paprika... et à la télévision (Paranoia agent).

Sa carrière avait commencé par le manga (il a notamment collaboré à Akira, tout en publiant Toriko, son propre projet) puis par des collaborations sur les films des autres, en tant notamment que concepteur des décors. On le retrouve par exemple sur Patlabor 2 de Mamoru Oshi ou Memories de Katsuhiro Otomo. C'est d'ailleurs sur ce film qu'il utilise pour la première fois la notion de "réalité subjective" (qui va ensuite hanter une grand partie de son oeuvre) dans une scène où elle n'était pas prévue au départ.

Après le succès de Perfect blue, tiré d'un roman de Yoshikazu Takeuchi qu'il avait lui-même considérablement remanié,   Satoshi Kon enchaîne avec Millenium actress qui joue sur le concept de trompe-l'oeil, puis avec Tokyo Godfathers qui aborde des thématiques plus sociales. Son quatrième long métrage, Paprika, est réalisé à la demande de l'auteur, Yasutaka Tsutsui, qui avait été impressionné par le travail du cinéaste. Le film, qui met en scène l'univers des rêves et ses interconnexions avec le réel, est d'une impressionnante virtuosité graphique.

Fort d'un univers extrêmement personnel, Satoshi Kon avait apporté sa propre vision à l'animation japonaise, influençant durablement ses contemporains, et créant une oeuvre certes courte, mais dense. Il travaillait au moment de sa mort sur un cinquième long métrage, Yumemiru kikai, qui risque désormais de ne jamais voir le jour.

Manga Impact : Locarno et Turin mettent l’animé japonais à l’honneur

Posté par MpM, le 3 octobre 2008

Manga impactAprès avoir longtemps méprisé l’univers du manga et des animés, le cinéma s’est rendu compte (il y a peu) du potentiel d’inspiration, voire de renouvellement, que représente le genre, et a entrepris lentement mais sûrement d’en piller les monuments (on attend les versions "live" d’Akira et d’Evangelion). Comme en contrepoids, le Festival de Locarno, associé pour l’occasion au Musée du Cinéma de Turin, a lui décidé de rendre hommage à ce courant artistique plus ancien et plus varié qu’il n’y paraît. C’est ainsi qu’est né le projet "Manga Impact", une rétrospective et une exposition conjointe autour du cinéma d’animation japonais et de son univers dessiné, qui se tiendront du 5 au 15 août 2009 à Locarno, puis du 16 septembre au 15 novembre 2009 à Turin. Le programme complet se dévoilera peu à peu sur le site internet spécialement dédié à l’événement (www.mangaimpact.com) et un livre de référence fera la synthèse de tous ces contenus.

Toutefois, on sait déjà qu’une sélection d’œuvres issues de l’animé (courts et longs métrages, mais également séries télévisées) devrait permettre de (re)découvrir les œuvres marquantes du XXe siècle, tandis qu’une exposition présentera tout ce qui constitue l’univers du manga, des planches de bandes dessinées aux magazines, en passant par des objets dérivés, des stations de jeux vidéo et des exemples de jeu de rôle. L’occasion de revenir sur les origines graphiques et esthétiques du manga mais également sur ses multiples formes, styles et genres. La bande dessinée japonaise (et son dérivé animé) est en effet extrêmement fragmentée, s’adressant à des public ciblés (adultes, adolescents, jeunes filles, enfants, gays, …) avec des intrigues qui peuvent être tour à tour érotiques, historiques, sentimentales, violentes ou même introspectives et poétiques. Une richesse et une complexité dignes que n’importe quel art millénaire, et qui méritaient bien qu'un grand festival international de cinéma leur rende honneur.