Catherine Frot, André Dussollier, Pascal Thomas : et de trois Agatha Christie

Posté par vincy, le 4 janvier 2011

Les succès de Mon petit doigt m'a dit (2005) et Le crime est notre affaire (2008) ont sans doute inciter Pascal Thomas à revenir à Agatha Christie, après le flop d'Ensemble, nous allons vivre une très, très grande histoire d'amour. D'autant que, l'héroïne de ses enquêtes loufoques, Catherine Frot, a, elle aussi, essuyé un échec avec sa dernière comédie policière, Imogène McCarthery.

Aussi Thomas lui a proposé de reprendre le costume de Prudence Beresford, accompagnée  de son mari, Bélisaire Beresford, alias André Dussollier. Ce coup-ci le cinéaste a choisi Associés contre le crime. En vacances, ils vont se retrouver sur les lieux d'une mystérieuse disparition : une richissime héritière russe. Prudence ne résiste pas à l’appel du danger et Bélisaire suivra malgré lui sa turbulente épouse. Cela les mènera à un savant qui détient le secret de l’éternelle jeunesse…

Le livre d'Agatha Christie, comprenant quinze nouvelles, date de 1929. En anglais, il est titré Partners in Crime (Associés contre le crime) et en français, Le crime est notre affaire. Pourtant ce dernier n'a rien à voir avec le précédent film, qui était en fait l'adaptation d'un polar avec comme personnage principal Miss Marple. De quoi nous confondre.

Une affaire d’état : trahisons et magouilles au sommet

Posté par Morgane, le 24 novembre 2009

Une affaire d’état"Depuis quand les journalistes ont-ils besoin d’avoir quelque chose pour en parler ?"

 L'histoire : Un avion chargé d'armes explose au dessus du Golfe de Guinée. Une escort girl est assassinée dans un parking parisien. Plusieurs milliers de kilomètres séparent ces deux événements et pourtant... Nora Chayd, inspectrice aux méthodes musclées, enquête sur le meurtre et bouscule sa hiérarchie. Victor Bornand, Monsieur Afrique officieux du gouvernement, tente d'étouffer la crise politique déclenchée par l'explosion. Quitte à avoir recours à son bras armé Michel Fernandez, un ancien des services de renseignements. Nora s'approche dangereusement des sphères du pouvoir. Les meurtres et trahisons s'accumulent. Au nom de la raison d'Etat ?

Notre avis : À l’heure du procès de l’Angolagate, Une affaire d’état tape dans le mille. Le Monsieur Afrique officieux du gouvernement (alias André Dussollier) se voit dans l’obligation de livrer des armes à des rebelles africains afin de faire libérer des otages. Mais rien ne se passe comme prévu et une réaction en chaîne va entraîner plusieurs événements apparemment distincts les uns des autres mais finalement reliés au même homme, Victor Bornand. Un avion avec une cargaison d’armes qui explose, une call-girl retrouvée assassinée dans un parking, un homme de main qui dérape, une maquerelle qui enquête, une flic qui ne sait plus à qui se fier…

Le scénario est bien ficelé et remplit son rôle, donnant à Une affaire d’état une petite allure de film à suspense. Voir de si près ce qui pourrait effectivement se passer au sein même d’un gouvernement démocrate se révèle même un brin flippant, et André Dussollier (à l’affiche de nombreux films en cette fin d’année 2009) est ici encore très habile en homme de pouvoir agissant dans l’ombre d’un président qui fait appel à lui si besoin, mais ne veut surtout rien savoir des méthodes employées.

Cependant, tout est loin de sonner juste. La mise en scène apparaît rapidement lourde, les plans trop appuyés, et l’enchaînement des situations manque de fluidité. La musique qui vient ponctuer le récit est beaucoup trop explicite. Elle impose plus qu’elle ne suggère, insistant fortement sur le côté suspense, au cas où l’on n’aurait pas vraiment compris de quoi il retourne. De plus, certains personnages valsent dangereusement avec les clichés : la flic beurette issue des banlieues ne rêvant que de justice, l’homme de main, bras armé de Bornand, loup solitaire nerveux et ultra-violent, etc.

Une affaire d’état aurait donc pu être un grand polar dans lequel le suspense tiendrait le spectateur en haleine du début à la fin, mais malheureusement, il dérape et joue trop avec les ficelles vues et revues de ce genre de film. Dommage, l’histoire était intéressante, un brin grisante et très en phase avec notre société actuelle, une de ces histoires dans lesquelles le spectateur est au prise avec tout ce que son propre gouvernement est capable de faire en secret. Mais c’était sans compter sur une mise en scène appuyée et insistante ainsi que sur des personnages manichéens, trop stéréotypés pour laisser place aux zones d’ombre de l’être humain.