10 femmes du cinéma français à ne pas manquer

Posté par kristofy, le 8 mars 2016

L’année cinéma 2015 s’est en fait terminée durant ce mois de février avec la traditionnelle cérémonie des César. On notera d’ailleurs l’absence de certaines des actrices qui ont le plus tourné de films comme Anais Demoustier (Caprice, A trois on y va, Marguerite & Julien), Léa Seydoux (Journal d’une femme de chambre, et à l’international The Lobster et James Bond 007 Spectre) ou comme Virginie Elfira (Caprice, Une famille à louer, Le goût des merveilles).

Le 8 mars est la date de la Journée internationale des droits des femmes, avec des questions encore et toujours d’actualité à propos de la parité en politique ou de l’égalité des salaires en France, ou ailleurs du droit de vote ou de celui de disposer de son corps…

En cette date symbolique, on va évoquer des femmes qui font rayonner les films français. Pas les plus célèbres comme les actrices citées plus haut ou les stars inamovibles mais d’autres qui, elles aussi, n’ont pas reçu de César ni d’autres trophées pour leur travail. Voici une dizaine de femmes dont les noms souvent ne figurent pas sur le haut des affiches. Chacune de leur côté, elles seront celles qui feront que les films à venir en 2016 et en 2017 nous intéresseront grâce à leur participation devant ou derrière la caméra...

Stéfi Celma : En 2013 elle était le premier rôle féminin de Pas très normales activités en 2013 avec Maurice Barthélémy et Norman, comédie passée inaperçue en faisant en flop ; mais bingo en 2014 on la remarque dans le succès Les Profs porté par Kev Adams. 2015 a été l’année où enfin Stéfi Celma s’impose : elle est allumeuse dans la suite Les Profs 2 soit l’un des plus gros succès de l’année, elle est également une flic allumée dans Antigang, mais c'est avec son rôle dans la série télé Dix pour cent qu'elle se révèle brillante et irrésistible.

Lucie Debay : Malgré un premier rôle dans un film belge en 2009, le cinéma tarde à l’appeler et elle est davantage sur scène au théâtre. Ça va changer. Dans Melody elle va ‘louer’ son ventre pour devenir mère porteuse, des émotions à fleur de peau qui la conduise dans les listées pour un César du meilleur espoir 2016, sans être retenue dans la liste finale. Les belges - plus clairvoyants? - ne se sont pas trompé en lui décernant le Magritte du meilleur espoir féminin il y a quelques semaines. Dans Un français, on la découvre très différente en pasionaria raciste et homophobe. Aucun doute qu’on devrait la revoir régulièrement à l’avenir. Elle sera dans I want to be like you de Konstantin Bojanov (Avé à Cannes en 2011), dans Kebab Royal de Peter Brosens et Jessica Woodworth (La cinquième saison à Venise en 2012), et dans le prochain Nicolas Boukhrief, La Confession (avec Romain Duris et Marine Vacth).

Lou Roy-Lecollinet : Avec ses 18 ans et sa bouche en cœur elle a séduit Arnaud Desplechin qui en a fait sa dernière héroïne dans Trois souvenirs de ma jeunesse. Par ricochet l’académie des César lui a décerné une nomination pour le César du meilleur espoir féminin. Sa moue à la Bardot et son insolence devraient l'emmener vers d'autres horizons. Déjà se profile le court-métrage très prometteur La Tortue de Thomas Blumenthal et Roman Dopouridis…

Éponine Momenceau, directrice de la photographie : Elle était sortie de la Fémis diplômée du département Image comme chef-opératrice, mais elle préfère d’abord expérimenter vers l’art contemporain avec différents travaux photos pour des expositions, et quelques courts-métrages et même clips musicaux (réalisés par Mathieu Demy)… Jacques Audiard a fait appel à elle comme directrice de la photographie sur Dheepan : elle a 29 ans, et la Palme d’or du festival de Cannes braque les projecteurs sur elle.

Ovidie, réalisatrice : Celle qui était apparue d'abord comme un corps d’actrice X est devenue réalisatrice (elle écrit aussi des livres et des chroniques) pour défendre une représentation d’une sexualité plus féministe. En 2015 deux de ses films ont rencontré une large audience en étant diffusé à la télévision : Le Baiser a secoué la programmation du samedi soir porno sur Canal+ avec pour la première fois une scène avec deux hommes bisexuels ensemble, et le documentaire À quoi rêvent les jeunes filles ? sur France2 qui interroge sur une banalisation des codes du porno dans la publicité, les magazines féminins, les réseaux sociaux et leur influence sur la génération née en 90… Au passage, elle est craquante dans Saint-Amour, enrôlée par Delépine et Kervern pour un second-rôle qui l'éloigne un peu plus de son image sulfureuse.

Jeanne Rosa : Aussi étonnante que drôle dans le film Les Châteaux de sable de Olivier Jahan que paumée et dure dans Un français de Diastème, Jeanne Rosa s’impose dans des seconds-rôles comme l’actrice multi-facettes qu’elle est : on se demande vraiment comment le cinéma français ne l’a pas détournée plus tôt du théâtre. D’ailleurs Diastème (qui la dirige depuis plusieurs années aussi sur scène) va encore la faire jouer dans son prochain film Pimpette

Diane Rouxel : Premier long-métrage avec The Smell of Us de Larry Clark: le tournage se passe mal mais elle passe plutôt bien à l’image; elle se retrouve jeune fille troublée dans Fou d'amour de Philippe Ramos (face à Melvil Poupaud) et jeune fille troublante dans La Tête haute de Emmanuelle Bercot en ouverture de Cannes. C’est d’ailleurs La Tête haute qui lui vaudra une nomination pour un César du Meilleur espoir féminin, peut-être un peu prématuré (éclipsant Lucie Debay, Sarah Suco, Sophie Verbeeck…). Mais qu’importe puisque elle est bel et bien un espoir autant qu'un visage marquant. Elle sera au générique de Moka de Frédéric Mermoud (avec Nathalie Baye et Emmanuelle Devos) et des Garçons sauvages de Bertrand Mandico.

Noémie Saglio, co-scénariste et co-réalisatrice : Il paraît que personne ne s’intéresse aux scénaristes (ni à leurs noms et encore moins à leur rémunération…), mais Noémie Saglio est derrière les scénarios de deux films sortis à quelques mois d’intervalles en 2015. En janvier c’était Toute première fois (le pitch : Pio Marmai homo a prévu de se marier avec son amoureux mais avant il va coucher avec une femme…), un peu facile et très hétéro-normé (un comble) et en avril la délirante Connasse, princesse des cœurs, déclinaison ciné des sktechs de la télé (le pitch : Camille Cottin arrive à Londres pour draguer un prince, en caméra cachée). Noémie Saglio a d’ailleurs co-réalisé les deux films, et le dernier a été un gros succès en dépassant la barre du million de spectateur : elle sait capter quelque chose de l’air du temps pour remplir les salles de cinéma, avec en modèle ces adulescents de la génération X et Y.

Sarah Suco : On la remarque dans trois films importants en 2015 : L’enquête (avec Gilles Lellouche), un petit rôle dans La Belle saison (avec Cécile de France), mais surtout épatante dans Discount (avec Corinne Masiero). Avant ça, elle a participé à d’autres films réalisés par Xavier Gianolli, Eric Besnard, Josiane Balasko… Sarah Suco se transforme aussi bien en maman malheureuse dans Discount de Louis-Julien Petit (qui d’ailleurs va la faire jouer dans son prochain film avec Isabelle Adjani) qu’en bonne copine rigolote dans Joséphine s’arrondit, en ce moment dans les salles. C’est l’actrice qui monte. Elle était aussi dans la liste des révélations en lice pour un César du meilleur espoir féminin.

Alice Winocour, réalisatrice et scénariste : Cannes est l’endroit où elle présente ses films : son premier court-métrage Kitchen, son premier long-métrage Augustine (avec Vincent Lindon) et ensuite en 2015 Maryland avec Diane Kruger et Matthias Schoenaerts, présenté à Un certain regard. Comme réalisatrice à chaque fois la reconnaissance critique est là, mais le public moins… Pourtant, c'est aussi à Cannes l'an dernier qu'elle a été la co-vedette d'un autre film qui a fait beaucoup parlé de lui (et qui a rencontré son public): Mustang de Deniz Gamze Ergüven. Elles ont co-écrit le scénario du film-phénomène, nommé pour l'Oscar du meilleur film en langue étrangère et quatre fois césarisé (dont meilleur premier film).

100 Suffragettes à Hollywood

Posté par vincy, le 21 novembre 2015

Les femmes ne sont pas assez présentes à Hollywood. Peu de réalisatrices ont pris les commandes d'un blockbuster ou sont engagées sur leur seul nom, contrairement à leurs confrères masculins. Et on ne parle pas de l'inégalité salariale. Les studios se justifient avec mauvaise foi en expliquant qu'il n'y a pas assez de "talents" féminins sur le marché. La 20th Century Fox, Sony, Paramount et Weinstein Company n'ont pas distribué un seul film réalisé par une femme cette année. Et sur les vingt plus gros succès de l'année, seulement deux ont une réalisatrice à leur générique (Pitch Perfect 2, Cinquante nuances de Grey). Depuis 1980, seulement trois femmes ont été nommées à l'Oscar du meilleur réalisateur!

Le magazine Vulture a donc décidé de lister 100 réalisatrices, parmi lesquelles des françaises, que les producteurs devraient engager pour donner un nouveau souffle à leurs films. Cette liste a l'avantage de brasser des talents internationaux et divers, reconnus par des prix dans des festivals, repérés grâce à des séries TV admirées (le petit écran leur offre souvent une meilleure place) ou même ayant connu des jolis succès au box office.

Andrea Arnold, Elizabeth Banks (Pitch Perfect 2), Susanne Bier, Kathryn Bigelow (évidemment, seule réalisatrice oscarisée de l'Histoire!), Jane Campion (seule réalisatrice ayant reçu une Palme d'or à Cannes), Niki Caro, Gurinder Chadha, Isabel Coixet, Gia Coppola, Sofia Coppola (Lion d'or à Venise), Ava DuVernay, Valerie Faris (Little Miss Sunshine), Jodie Foster (qu'on ne présente plus), Catherine Hardwicke (le premier Twilight), Agnieszka Holland, Nicole Holofcener, Angelina Jolie, Miranda July, Mimi Leder, Julia Leigh, Phyllida Lloyd, Nancy Meyers, Mira Nair, Kimberly Peirce, Sarah Polley, Lynne Ramsay, Kelly Reichardt, Patricia Rozema, Lone Scherfig, Lynn Shelton, Barbra Streisand, Sam Taylor-Johnson (Cinquante nuances de Grey), Julie Taymor : la liste est longue, riche et passionnante.

Côté françaises, Vulture a repéré Julie Delpy, Claire Denis, Anne Fontaine, Mia Hansen-Love, Marjane Satrapi et Alice Winocour.

Pourquoi Mustang est un très bon choix pour les Oscars 2016…

Posté par vincy, le 22 septembre 2015

Présenté en avant-première mondiale à la Quinzaine des réalisateurs en mai, où il a obtenu le prix Label Europe Cinéma, Mustang a été choisi par la Commission chargée de la sélection du film représentant la France pour l'attribution de l'Oscar du meilleur film en langue étrangère en vue de la cérémonie de 2016.

Le choix peut surprendre. Face à ce film franco-turc de Deniz Gamze Ergüven, il y avait la Palme d'or, Dheepan, (Jacques Audiard a déjà été nommé à cet Oscar), Marguerite, parfait choix consensuel porté par une actrice parfaite dans le rôle, La loi du marché, film social avec un acteur primé à Cannes ou La belle saison (lire notre actualité du 16 septembre).

Déjà une pléiade de prix

La France, qui sera indirectement représenté à travers d'autres candidats comme la Chine (Le dernier loup de Jean-Jacques Annaud) ou la Belgique (Le tout nouveau Testament de Jaco Van Doramel), a préféré un premier film d'une diplômée de la Fémis, promotion 2006, co-écrit avec une cinéaste qui monte, Alice Winocour. Ce petit budget indépendant (Charles Gillibert avec CG Cinema) produit pour 1,3 millions d'euros a convaincu la Commission. Le film dispose déjà d'un distributeur aux Etats-Unis - Cohen Media Group - où il sortira le 20 novembre. Il a également reçu le Grand prix et le prix de la mise en scène au Festival d'Odessa, le Grand prix au Festival de Sakhalin, le prix du meilleur film et un prix d'interprétation collective pour les actrices à Sarajevo.

Mustang n'était peut-être pas la meilleure chance pour la France d'être de nouveau nommé aux Oscars dans la catégorie restreinte du meilleur film en langue étrangère. A priori. Depuis Un prophète, aucun film français n'a su se placer dans les cinq finalistes, si l'on excepte Amour, officiellement autrichien. Chaque année, la Commission essaie quelque chose: Des hommes et des dieux, La guerre est déclarée, Intouchables, Renoir, Saint Laurent. Tous recalés (même si Intouchables a finit dans la short list). Souvent on lui préfère des films coproduits par la France (Timbuktu, L'image manquante, ...).

Un contexte concurrentiel qui a évolué

Mais, on peut aussi constater que les membres de l'Académie chargés de sélectionner les finalistes ont aussi des goûts qui ont changé. Des films de genre, des oeuvres au ton décalé, des sujets engagés, ou encore des exercices marquants pour leur formalisme ont souvent eu plus de chances que les comédies dramatiques ou fresques historiques. De plus en plus de pays proposent leur film également, ouvrant la porte à des cinématographies jusque là ignorées. Si certains choix sont contestables, reconnaissons que la catégorie a gagné en diversité, même, si, au final, ce sont souvent les tire-larmes qui gagnent.

En cela Mustang a ses chances: un film ouvert sur le monde, ancré dans son époque et ses problèmes, centré sur la condition de la femme et surtout poignant. Même si parfois le scénario force le trait, "on se laisse en effet envoûter par le ton éminemment libre du film ainsi que par la spontanéité, la justesse et la force de caractère des cinq interprètes" comme nous l'écrivions à Cannes. "Le premier long métrage de Deniz Gamze Ergüven se traverse en apnée, la bouche sèche et les mains tremblantes."

Et pour couronner le tout, le film dispose d'un autre atout: le succès public qu'il a rencontré en France. 13 semaines après sa sortie par Ad Vitam (qui célèbre ses 15 ans d'existence cette année), toujours en salles, Mustang a conquis 450 000 spectateurs.

Cannes 2015: Qui est Alice Winocour?

Posté par vincy, le 15 mai 2015

alice winocour3 courts métrages, un premier long et dès le deuxième film, elle est en sélection officielle à Cannes, à Un certain regard. Alice Winocour, 39 ans, scénariste issue de la Fémis promo 2002, prend son temps entre chaque projet, mais assure son ascension dans le cinéma français.

Avec Maryland, elle change de trauma et de sujet. Matthias Schoenaerts y incarne un soldat revenu d‘Afghanistan avec des troubles posttraumatiques. Incapable de retourner au combat, il se retrouve chargé d’assurer la sécurité dans la villa luxueuse d’un homme d’affaires libanais, Imad Whalid, marié à Jessie (Diane Kruger). Une histoire de paranoïa...

Ce n'est pas si loin d'Augustine, son premier long métrage, avec Vincent Lindon et Soko. Présenté à la Semaine de la Critique il y a trois ans, le film traitait de l'hystérie féminine, à la manière d'un David Cronenberg, entre érotisme clinique et crises existentielles, science et nature. Il y a avait de la perversité, du voyeurisme, du sado-masochisme, de la domination. Un film cérébral, mais pas forcément sensuel.

Il fut nominé aux César. Kitchen, son premier court, il y a dix ans, avait reçu quelques prix, suivi de Magic Paris et Pina Colada. Chez Winocour, les relations amoureuses ne sont jamais simples. Les individus sont poursuivis par leurs démons. Le désir est toujours troublé... Il y a toujours un soupçon de transgression mais surtout une ambition réellement féministe dans son cinéma. Dans Augustine, elle exposait la manière dont les hommes, bourgeois, dominants, se servaient des femmes, nues, considérées comme malades. Le psyché la fascine. Tout comme la peur.

A l'instar de Céline Sciamma ou Rebecca Zlotowski, Alice Winocour trace un chemin singulier, au féminin, dans le cinéma français. Une voie où les corps, les sons, l'oppression et la revanche sont fusionnés. Elle a le cinéma dans le peau, et n'a qu'une envie : écrire et tourner le film suivant.

Ce qui ne l'empêche pas de participer à d'autres scénarios: le très beau Ordinary People de Vladimir Perisic (Semaine de la critique, 2009) ou Home d'Ursula Meier (Semaine de la critique, 2008). Des histoires d'exil. Loin des récits intimes et même intérieurs de ses propres oeuvres.

10 films français qui pourraient créer la surprise cette année

Posté par kristofy, le 21 mars 2015

Le cinéma français est depuis quelques années porté par quelques films qui sont des succès immenses au box-office presque chaque année comme Bienvenue chez les Ch'tis, Intouchables, Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ?, et désormais La famille Bélier avec 7 millions de spectateurs, sans compter les films de Luc Besson champions à l’international comme Taken 2, Lucy, et Taken 3 sur la même voie. En 2014 le film le plus rentable (nombre de spectateurs/budget) a été la comédie Babysitting : la suite se tourne déjà en ce moment au Brésil avec la même équipe (moins Gérard Jugnot, mais avec Christian Claivier) pour une date de sortie calée pour le 2 décembre.

Cette année 2015 sera ponctuée de rendez-vous réguliers entre comédies et drames de cinéastes déjà bien connus, pour en citer une quinzaine : Le Dernier Loup de Jean-Jacques Annaud (le 25 février), Erran de Jacques Audiard, La tête haute d'Emmanuelle Bercot, Nos futurs de Rémi Bezançon, La Belle saison de Catherine Corsini, Nos Arcadies d'Arnaud Desplechin, L'ombre des femmes de Philippe Garrel, Une histoire de fou de Robert Guédiguian, Le Journal d'une femme de chambre de Benoît Jacquot (1er avril), Jamais de la vie de Pierre Jolivet (8 avril), Floride de Philippe Le Guay, Mon roi de Maïwenn, The Valley of love de Guillaume Nicloux, Belles familles de Jean-Paul Rappeneau (13 mai), La Dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil de Joann Sfar (22 avril)…

Cette bonne santé du cinéma français est à relativiser avec une baisse du nombre de films produits et aussi une baisse du devis moyen (en recul au niveau de 2010), et surtout des difficultés croissantes de distribution avec toujours des sorties en salles hebdomadaires toujours encombrées et la baisse du marché dvd/bluray.

Comme d’habitude, il y aura une grande disparité entre les gros films qui occuperont plus de 500 écrans pendant plusieurs semaines, et ceux qui seront vus dans moins d’une cinquantaine de villes et qui ne resteront à l’affiche que quelques jours avant d’être remplacés par une autre nouveauté…

C'est pourquoi nous vous proposons d'ores et déjà une sélection de 10 films français à attendre cette année 2015, en espérant la plus large exposition en salles possible pour eux. Il s’agit de premiers (ou seconds) long-métrages fragiles pour la plupart, avec souvent des acteurs qui ne sont pas forcément tête d’affiche bankable. On espère y voir d’aussi beaux films que Les combattants ou Party Girl, d’ailleurs certains seront à découvrir à Cannes… :

Les Ogres, réalisé par Léa Fehner : Son premier film Qu'un seul tienne et les autres suivront avait été à Venise avant de recevoir le prix Louis Delluc du meilleur premier film en 2009. Voici enfin son second film, avec Adèle Haenel, Marc Barbé et Lola Dueñas. On y verra les aventures d’une troupe théâtrale itinérante, inspirée en partie par celle fondé par le père de Léa Fehner.

Evolution, réalisé par Lucile Hadzihalilovic : Cela fait dix ans que l’on attend de revoir ses images dans un cinéma depuis Innocence. Elle a choisi d’ailleurs des actrices que l’on voudrait aussi revoir plus souvent : Julie-Marie Parmentier et Roxane Duran. On découvrira un village en bord de mer où le seul centre d'activité est l'hôpital. Là, tous les garçons du village font l'objet d'étranges expérimentations médicales qui cherchent à renverser les étapes de l'évolution...

Bang Gang, réalisé par Éva Husson : Premier long-métrage, après avoir été remarquée au Festival du moyen-métrage de Brive en 2013 avec Those For Whom It’s Always Complicated et la romance perturbée d’un trio dans le désert. Il sera question de découvertes adolescentes à Biarritz où la bombe du lycée, 16 ans, pour attirer l’attention d’un garçon va lancer un jeu collectif où bientôt tout les élèves vont découvrir, tester et repousser les limites de leur sexualité. Au milieu des scandales, des amours et de l'écroulement de leur système de valeurs, chacun gère cette période intense de manière radicalement différente. Au casting on retrouve la belle débutante Marilyn Lima, la jeune Daisy Broom (qui a grandi depuis Tel père, telle fille avec Vincent Elbaz) et Finnegan Oldfield (révélé par le court Ce n’est pas un film de cow-boys et qui depuis enchaine les tournages).

Demain, réalisé par Mélanie Laurent et Cyril Dion : Un documentaire filmé dans plusieurs pays (la France et l'île de la Réunion, le Danemark, la Finlande, l'Inde, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, la Suisse, la Suède et l'Islande…) alors que l’humanité est menacée par l’effondrement des écosystèmes, pour découvrir des expériences les plus abouties dans tous les domaines (agriculture, énergie, habitat, économie, éducation, démocratie...) pour inspirer d’autres personnes pour le futur. Le film abordera les problématiques  de se nourrir, la transition énergétique, la monnaie, l’éducation… Une thématique écologiste qui est déjà soutenue par le public puisque une collecte de crowfunding a déjà apporté plus de 400 000 euros de soutien à la production du film.

Après la bataille, réalisé par Simon Leclère : Premier long-métrage prévu pour juin 2015 qui réunit deux des plus prometteuses révélations : Paul Bartel (vu dans Les geants, et nominé en 2014 pour le César du meilleur espoir masculin pour Les petits-princes) et Solène Rigot (vue dans 17 filles, et en 2014 dans les films Lulu femme nue, Tonnerre, La belle vie, et qui aurait mérité cette année un César du meilleur espoir féminin si le formidable Puppy Love déjà sorti en Belgique était aussi sorti en France…). Le jeune Pavel 18 ans travaille chez l'industriel local d’un village des bords de Loire, comme son père et son grand-père avant lui. Il en est convaincu qu’il épousera un jour Anja, son amie d'enfance, sa presque-soeur. Mais simultanément, il perd son travail à l'usine et voit Anja qui rêve d'émancipation s'éloigner peu à peu. Pavel va préférer s’effacer tout en s’impliquant dans une lutte sociale à l’usine…

L'Année prochaine, réalisé par Vania Leturcq : Un premier film dont la sortie est prévue pour le 24 juin, mais il a déjà été remarqué au Festivals de de Namur, à celui de Angers, et récompensé à Montréal. Clotilde rêve de quitter son village de province, et entraîne son amie de toujours, Aude. Leur amitié fusionnelle se fissurera dans Paris… Les deux héroïnes  Constance Rousseau (découverte dans Tout est pardonné) et Jena Thiam (passé de la série Les revenants à Claude Lelouch et Cédric Kahn) sont entourées de Kévin Azaïs (Les combattants), Julien Boisselier et Anouk Grinberg.

Love, réalisé par Gaspar Noé : Enter the Void en 2007 avait été un évènement resté plutôt confidentiel avec trop peu de spectateurs en salles. Love "célébrera le sexe de manière joyeuse, et donnera aux garçons la gaule et aux filles, l'envie de pleurer" avec l’histoire d'un garçon, d'une fille et d'une autre fille… Soit un excitant mélodrame sexuel attendu au prochain Festival de Cannes.

Antigang (The Squad), réalisé par Benjamin Rocher : Il a co-réalisé les films de genre la Horde et Goal of the dead, cette fois c’est seul derrière la caméra pour redonner ses lettres d’or au film policier. Il s’agit d’une relecture du polar anglais The Sweeney avec Ray Winstone où des flics ont des méthodes hors du cadre de la loi. Le héros sera Jean Reno, avec Alban Lenoir, Caterina Murino et Thierry Neuvic : sortie prévue le 19 août.

Maryland, réalisé par Alice Winocour : Après Augustine (Semaine de la critique Cannes en 2012), pour son second film elle réunit Matthias Schoenaerts, Diane Kruger et Paul Hamy. C’est l’histoire d’un ancien soldat souffrant d'un syndrome de stress post-traumatique et qui se retrouve chargé de la protection de la femme et de l'enfant d'un riche homme d'affaires libanais durant son absence...

La fille du patron, réalisé par Olivier Loustau : Premier film d’un acteur que l’on a pu voir dans différents seconds-rôles, cette fois il sera à la fois derrière la caméra comme réalisateur et co-scénariste et aussi devant dans un rôle principal. Avec lui il y aura Christa Théret et Florence Thomassin, et dans des seconds-rôles Lola Dueñas, Patrick Descamps, Stéphane Rideau, Vincent Martinez, Moussa Maaskri. Un chef d'atelier dans une usine textile est choisi comme ‘cobaye’ pour une jeune femme de 25 ans venue réaliser une étude ergonomique dans l'entreprise de son père, sous couvert d'anonymat. La fille du patron va tomber sous le charme de cet ouvrier discret amateur de rugby qui semble rêver d'une autre vie. Un soir, ils s'échappent tous les deux à moto…

Alice Winocour s’offre Schoenaerts et Kruger

Posté par vincy, le 10 novembre 2014

mathias schoenaerts diane kruger

Depuis un mois, Alice Winocour tourne son deuxième long métrage, Maryland. La réalisatrice d'Augustine a enrôlé le Belge Matthias Schoenaerts (Bullhead, De rouille et d’os, Quand vient la nuit et l'allemande Diane Kruger (Inglorious Basterds, Les adieux à la Reine, Guillaume et les garçons, à table !).

Le scénario qu'elle a écrit confronte Vincent, un soldat revenu d‘Afghanistan, qui a développé des troubles posttraumatiques. Pas sûr de pouvoir retourner au combat. Alors il enchaîne les petits boulots, chargé d’assurer la sécurité dans la villa luxueuse d’un homme d’affaires libanais, proche d'un candidat aux élections présidentielles. Le lendemain d'une fête, Imad doit s'en aller et demande à Vincent de s’occuper de sa famille pour 48h. Vincent se retrouve ainsi plongé dans l’intimité de sa femme, Jessie, et de son fils. Progressivement, l'environnement de la villa devient menaçant. Confus, Vincent ne sait pas si c'est sa paranoïa qui lui joue des tours ou si la menace est bien réelle…

Le tournage se déroule jusqu’au 12 décembre dans le sud de la France. Le film devrait sortir en 2015.

Augustine, avec Vincent Lindon, Chiara Mastroianni et Soko, avait fait sensation à la Semaine de la Critique à Cannes en 2012. Il avait été nommé au César du meilleur premier film.

Cannes 2013 : quinze projets retenus par l’atelier de la Cinéfondation

Posté par MpM, le 4 mars 2013

Chaque année depuis 2005, l'atelier de la Cinéfondation permet à quinze cinéastes ainsi qu'à leurs producteurs de se rendre au Festival de Cannes pour présenter leurs projets et rencontrer plusieurs centaines de partenaires potentiels. L'idée est d'ouvrir aux participants "les portes des coproductions internationales, leur donnant ainsi les meilleures chances de terminer leurs films". L'Atelier soutient ainsi le cinéma de création et favorise l’émergence d’une nouvelle génération de cinéastes originaires du monde entier.

Et cette année, les projets viennent véritablement de tous les continents, y compris l'Afrique, exceptionnellement bien représentée avec des projets éthiopien, égyptien et sud-africain. Le Moyen-Orient est lui aussi très présent avec deux films israéliens et une coproduction jordano-palestinienne.

Parmi les réalisateurs sélectionnés, certains ont déjà une certaine notoriété, comme le Français Emmanuel Finkiel (Nulle part, terre promise ; Je reste...), le Turc Ozcan Alper (Le temps dure longtemps, en sélection au Festival de Vesoul 2012 et prix FIPRESCI au festival de Kérala, photo) ou le Chilien Niles Attalah (Lucia, primé au Rencontres Cinélatino de Toulouse).

Concrètement, qu'apporte une telle sélection ? Bien sûr, c'est un pas presque décisif dans la réalisation d'un film. En effet, parmi les 126 projets présentés depuis 8 ans, 83 ont été réalisés et 29 sont actuellement en préproduction. Mais dans de nombreux cas, cela va plus loin, avec l'accession rapide à une reconnaissance, voire une consécration, internationale. Sont par exemple passés par l'atelier de la cinéfondation ces cinq dernières années des cinéastes comme la Polonaise Malgoska Szumowska (en compétition cette année à Berlin avec In the name of... où elle a reçu le Teddy Award du meilleur film), la Française Léa Fehner (Qu'un seul tienne et les autres suivront, prix Louis Delluc du premier film en 2009), l'Israélien Nadav Lapid (Le policier, prix spécial du jury au Festival de Locarno en 2011), le Français Nabil Ayouch (Les chevaux de Dieu, sélectionné en section Un certain Regard à Cannes en 2012 et récompensé aux festivals de Montpellier et de Namur) ou encore la Française Alice Winocour (Augustine, présenté à la Semaine de la critique 2012 et nommé au césar du meilleur premier film).

Signe à la fois du tremplin que constitue l'atelier et de l'intuition des sélectionneurs, capables de déceler le talent en germe chez des cinéastes qui en sont souvent à leur premier long métrage. On souhaite donc un beau parcours aux lauréats 2013, que l'on retrouvera peut-être à Cannes en 2014 ou à Berlin en 2015...

Les lauréats de l'atelier de la Cinéfondation 2013

Rey de Niles Attalah (Chili)
Ciao Ciao de Song Chuan (Chine)
Out/In the Streets de Jasmina Metwaly and Philip Rizk (Egypte)
Lamb de Yared Zeleke (Ethiopie)
Je ne suis pas un salaud d'Emmanuel Finkiel (France)
Stage Fright de Yorgos Zois (Grèce)
Chenu de Manjeet Singh (Inde)
Holy Air de Shady Srour (Israël)
The House on Fin Street de Amir Manor (Israël)
Sworn de Virgin Laura Bispuri (Italie)
Me, Myself and Murdoch de Yahya Alabdallah (Jordanie/Palestine)
Days of Cannibalism de Teboho Joscha Edkins (Afrique du Sud)
Memories of the Wind de Ozcan Alper (Turquie)
Road Kill de Yuichi Hibi (Etats-Unis)
The Heirs de Jorge Hernández Aldana (Mexique)

Le jour le plus court 2011 : Kitchen de Alice Winocour

Posté par kristofy, le 21 décembre 2011

Le 21 décembre, c'est le Jour le plus court ! Ecran Noir s'associe à cet événement national et vous propose une semaine de courts métrages.

Après Il fait beau dans la plus belle ville du monde de Valérie Donzelli, voici Kitchen de Alice Winocour.

Retenez son nom car elle réalise en ce moment même son premier long-métrage et celui-ci pourrait bien être une des belles surprises de 2012 : Augustine avec dans les rôles principaux Vincent Lindon et Soko. On sera en 1885 dans un hôpital, au moment où le professeur Charcot essaye de comprendre une maladie encore inconnue qui serait l’hystérie féminine. Une jeune bonne internée, Augustine, est son d’objet d’étude et va devenir objet de désir…

Alice Winocour est diplômée de la Fémis, section scénario, et elle a collaboré à ceux de Home réalisé par Ursula Meier et de Ordinary men réalisé par Vladimir Perisic. Elle a aussi réalisé de son côté plusieurs courts-métrages dont Magic Paris primé au festival de Cabourg, et Kitchen qui avait été sélectionné en compétition officielle au festival de Cannes 2005.

Une jeune femme prépare une recette de homard. Les crustacés se débattent et résistent, elle essaye de les tuer le plus proprement possible dans une spirale d’angoisse…

Attention, dans le cadre du Jour le plus court, ce film ne sera visible que jusqu'au 21 décembre.