Sandrine Bonnaire commence le tournage de sa première fiction

Posté par vincy, le 14 février 2011

Elle s'appelle Sabine, premier film de Sandrine Bonnaire, documentaire hommage à sa soeur, avait marqué les esprits : prix Fipresci à Cannes, où il était sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs en 2007, nomination au César du meilleur documentaire. Depuis ce temps, une idée ne la quitte plus : revenir derrière la caméra. Mais pour un film de fiction. Elle avait en tête, à l'époque, l'histoire d'un sans-abri...

J'enrage de son absence est un drame dont elle a cosigné le scénario avec Jérôme Tonnerre (Les femmes du VIe étage, qui sort cette semaine, Quartier lointain, Confidences trop intimes, avec Bonnaire, Le Bossu, Un coeur en hiver...).

Le tournage débute aujourd'hui, jour de la Saint-Valentin. Et ironie du sort, Bonnaire - réalisatrice a engagé William Hurt, son ex. Autour de la star américaine, qui n'en est pas à son premier film français (Au plus près du Paradis, avec Catherine Deneuve), on retrouvera Alexandra Lamy, Augustin Legrand (actuellement conseiller régional en Île-de-France), et Jalil Mehenni.

Ad Vitam distribuera le film.

Sandrine Bonnaire, qui a publié son autobiographie l'an dernier chez Stock, sera cette année la narratrice du documentaire Bonobos (sortie ce printemps) et actrice dans Monet, la lumière blanche, avec Gérard Depardieu et Michel Galabru.

Un gars, une fille sur grand écran ?

Posté par vincy, le 20 décembre 2010

Jean Dujardin et Alexandra Lamy l'ont popularisée en France entre 1999 et 2003 (486 épisodes de 6 minutes) : la série TV Un gars une fille est pourtant un concept québécois de Guy Lepage, véritable star humoriste de la radio et de la scène avec, entre autres, le groupe Rock et Belles Oreilles. Il avait imaginé 131 épisodes de 26 minutes, diffusés entre 1997 et 2003.

Si les petits écrans se régalent encore des multiples rediffusions (on en est à la quatrième fois aussi bien en France qu'au Canada), la Belle Province pourrait voir prochainement une déclinaison sur grand écran.

Lepage y travaille depuis 2004. Son film, L'appât (à ne pas confondre avec celui de Tavernier) vient de sortir ce week-end au Québec. C'est la première fois qu'il tient un rôle important au cinéma. Lors de sa tournée promotionnelle, il a évoqué qu'il finalise actuellement son scénario, qui pourrait être produite dès le deuxième trimestre 2011.

Bilan 2009 : Sophie Marceau et les autres actrices françaises

Posté par vincy, le 31 décembre 2009

sophiemarceau_blogen.jpgS'il y en a bien une qui fait mentir l'adage comme quoi une actrice est moins "bankable" qu'un acteur, c'est elle. 30 ans après La boum, Sophie Marceau est restée la comédienne préfére des Français, sondages après sondages. Que ce soit le barômètre du JDD ou la récente enquête annuelle du Parisien et de RTL, la grande Sophie domine tout le monde en matière de notoriété et d'attachement. Cela se vérifie dans le box office. LOL est le 2e film français le plus vu de l'année, et se classe 8e au box office avec 3,6 millions de mordus. De l'autre côté du lit est 9e parmi les films français et 26e toutes nationalités confondues, avec 1,8 millions de fans. Ses deux autres films auront moins convaincus.  Ne te retourne pas a peiné pour atteindre les 230 000 curieux et L'homme de chevet, avec son compagnon Christophe Lambert, n'a pas fait mieux. Mais le premier lui a permis de mesurer sa cote à Cannes, malgré l'ombre de Monica Bellucci. Et le second lui a offert un rôle cassant un peu son image.

En France, comme aux Etats-Unis, les vedettes féminines n'ont pas été à la fête. Mention spéciale quand même pour Valérie Lemercier (Le Petit Nicolas, leader français, et un second rôle dans Neuilly sa mère),  Alexandra Lamy (Lucky Luke, un mariage "people" et une révélation dans Ricky de François Ozon), Charlotte Gainsbourg (un prix à Cannes, un album, un film de Chéreau), Chiara Mastroianni (qui a enfin eut le rôle de sa vie avec Non ma fille tu n'iras pas dansé), Catherine Frot (la bankable discrète avec Le Vilain et un fabuleux numéro de tragédienne dans Les derniers jours du monde), Sandrine Kiberlain (Le Petit Nicolas mais surtout Mademoiselle Chambon). Marie-Josée Croze, Marina Hands et Catherine Deneuve ont partagé l'affiche de Mères et filles (un flop) mais ont connu les faveurs du public avec respectivement Je l'aimais, Le code a changé et Cyprien.

Parmi les vétérans, Josiane Balasko a bien défendu son Hérisson. Isabelle Adjani a retrouvé les faveurs de la critique et du public dans La journée de la jupe. Dominique Blanc n'a pas été beaucoup vue dans L'Autre (pourtant admirable) mais a suscité l'enthousiasme sur les planches (La douleur). Kristin Scott-Thomas a elle aussi triomphé sur scène (sur Broadway, excusez la classe) et semble parmi les favroites pour le César de la meilleur actrice grâce à Partir, film louangé par la critique, et joli succès surprise de l'été.

Cependant, la jeune génération n'a pas démérité. Audrey Tautou, icône du Chanel n°5, a emporté un succès international incroyable avec Coco avant Chanel (6 millions d'entrées au total, leader du cinéma français à l'étranger). Marion Cotillard qui a aligné un succès hollywoodien international (Public Enemies), une nomination aux Golden Globes (la comédie musciale Nine) et un gros budget français qui n'a pas convaincu le public  (Le dernier vol). Et Mélanie Laurent, entre ses Inglourious Basterds et Le Concert (sans oublier Jusqu'à toi) s'est installée parmi les comédiennes sur qui il fallait désormais compter, et pas seulement en France.

Ne regardez pas la bande annonce de Ricky!

Posté par vincy, le 1 février 2009

ricky francois ozonIl y a encore deux semaines le nouveau film de François Ozon, Ricky, était promu sous forme de teaser dans les salles de cinéma. Alexandra Lamy découvrait un berceau, avec du sang, cherchait son bébé, qu'elle retrouvait mystérieusement en haut d'un placard. Nous n'en savions pas plus. La curiosité nous envahissait. Les spectateurs en parlaient.

Du côté des critiques, Ricky divise. Détestation ou fascination. Mais dans les deux cas, tous disent de ne rien dire. Garder le secret. Le film oscille entre drame social et fantastique. Et en effet, parfois, il ne faut rien savoir d'un film, pour ne pas en altérer le désir, et donc le plaisir.

Quelle stupéfaction lorsque cette semaine, une nouvelle bande annonce est arrivée. Celle-ci dévoile tout : pourquoi et comment le bébé se retrouve en haut du placard, à coup d'images nous montrant l'étrange histoire du bébé bourdonnant. Résultat : les spectateurs, très refroidis, émettent un jugement sans appel, et pas tendre. Le désir a débandé. L'esprit cartésien l'a emporté. L'aspect fantastique, révélé, perd de son intérêt.

La tendance, très américaine, de raconter l'ensemble d'un film dans une bande annonce peut avoir l'effet inverse de ce qui était recherché : susciter l'envie. Cela évente souvent les rebondissements, les surprises. Mais pour les producteurs et distributeurs, il s'agit de rassurer des spectateurs qui ont de moins en moins envie d'être bousculés. moins ouverts, moins curieux, le cinéspectateur suit le mouvement. Quelques films concentrent désormais l'essentiel des spectateurs. Par semaine, seuls deux ou trois films émergent dans le box office, un seul, au maximum deux, peut espérer durer plus qu'un mois dans le top 10. Cet effet zapping incite les hommes de marketing à limiter les risques.

De notre côté, il est hors de question qu'on vous dise pourquoi le bébé Ricky d'Ozon se retrouve en haut de l'armoire. Le film est en compétition officielle à Berlin. C'est un peu comme si on vous disait avant d'entrer dans la salle, que Bruce Willis était un fantôme dans Le sixième sens.

Frankreich checkpoint

Posté par vincy, le 9 février 2008

Pub Lucky Luke

Dès l'avion, la délégation française s'amène en force. Le directeur d'un gros distributeur, le patron d'une grande chaîne de radio, ...puis on croise rapidement celui des acquisitions de TF1, un vétéran de la critique... Dans la presse professionnelle, quotidienne, des pages entières de pub vantent (pour leurs ventes) Jean Dujardin en Lucky Luke (très beau travail de casting pour Jolly Jumper), Audrey Tautou en Coco ("before Chanel"), les 10 petits nègres d'Agatha Christie, version Bonitzer, avec casting intello-chic et affiche à la Resnais.

amfriedrichsain.jpg

Et déjà Cannes en ligne de mire. MK2 qui retire les projections au marché du prochain film d'Olivier Assayas, pour ne pas gâcher ses chances d'une sélection. Barbet Shroeder (Inju) qui ne se cache pas d'être choisi par Thierry Frémeaux. Ca va se bousculer puisqu'on y pressent déjà Desplechin, Jaoui, Chéreau...

Mais pas Ozon, qui vient de signer le deal le plus improbable du moment. Changement de producteur (il passe chez Claudie Ossard, l'heureuse productrice d'Amélie Poulain), confiance renouvellée à Jean Labadie (ex-Mars, désormais boss de la société Le Pacte), et un script qui mélangerait réalisme social, horreur, suspens, science fiction (effets spéciaux de Buf), comédie et conte de fée. On prend peur surtout lorsqu'on voit l'étrange attelage à l'affiche : Sergi Lopez et Alexandra Lamy (qui n'a pas voulu jouer Jolly Jumper, regrettable).

On reportera nos espoirs sur Eric Zonca, premier film français en compétition à la berlinale. Julia, film anglophone, repose sur la grande Tilda Swinton, récompensée aujourd'hui par un Teddy Bear spécial (l'Ours d'or de la communauté cinéphile gay).