Chef d’oeuvre de Visconti, Le Guépard ressort en version restaurée : Mort en Sicile

Posté par Claire Fayau, le 29 novembre 2010

“ Si 
nous
 voulons 
que 
tout 
reste 
comme 
avant, 
il
 faut 
que
 tout
 change.”

Le Guépard de 
Luchino 
Visconti ressort en
 salles, 
DVD
 et
 Blu-ray 
le
 1er
 décembre 
2010 dans une version
 remasterisée 
par 
The 
Film 
Foundation (Martin Scorsese), présentée en exclusivité au récent Festival du Film de Rome. Contrairement à la célèbre réplique du film, rien n'a changé, à part la qualité de l'image, vraiment somptueuse. Le film ressort de l'ombre, pour entrer en pleine lumière, 47 ans après, et la magie opère toujours.

Pour ceux qui ne savent pas qui est ce Guépard, voici l'histoire. En mai 1860, lorsque Garibaldi et ses chemises rouges débarquent en Sicile pour renverser la monarchie des Bourbons de Naples et l’ancien régime, le Prince Don Fabrizio Salina (Burt Lancaster, lion fatigué), sa famille et le Père Pirrone (Romolo Valli), quittent  Palerme pour son palais urbain de Donnafigata, tandis que son neveu Tancrède (Alain Delon, beau comme une statue de la Renaissance) rejoint les troupes de Garibaldi. Période troublée qui conduira in fine à l'unification de l'Italie. Le désargenté Tancrède, d'abord chemise rouge puis faisant partie de l'armée, s’éprend d’Angelica, (Claudia Cardinale, sublissime), la fille de Don Calogero,  le riche maire de Donnafigata. Contre toute attente, le Prince Salina décide d'arranger leur mariage, se sachant dépassé (vaincu ?) par le temps qui passe et par les événements de la petite et de la Grande Histoire.

Ce film fleuve est l'adaptation d'un roman écrit en 1957 par Tomasi di Lampedusa,  Le Guépard. C'est aussi, sans doute, la réalisation la plus critiquée des 14 films de Visconti. Oeuvre charnière loin d'être damnée, ce septième film a remporté une Palme d'Or à l'unanimité lors du festival de Cannes en 1963.

Trois heures (et quelques) comme un rêve atemporel remises valeur par une image restaurée magnifique.

Une scène de bal légendaire, des dialogues inspirés, drôles ou quasi-philosophiques, la musique somptueuse de Nino Rota, le travail minutieux des couleurs (la séquence la plus symbolique est le visage blanc de poussières des aristocrates  à la messe donnée lors de leur arrivée. On dirait un masque mortuaire... ) : ce n'est pas un film qui se raconte, c'est une expérience à vivre. Et  à revivre, tant le film est complexe, et finement détaillé.

Le travail de restauration lui rend un digne hommage. Il suffit de comparer deux images pour constater l'ampleur de la restauration et le formidable travail qui a été fait. Le Guépard a été restauré en association avec la Cineteca di Bologna, L'Immagine Ritrovata, The Film Foundation, Pathé, la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, la Twentieth Century Fox et le Centro Sperimentale di Cinematografia-Cineteca Nazionale. Restoration funding provided by Gucci and The Film Foundation.

« Nous étions les guépards, les lions, ceux qui les remplaceront seront les chacals, les hyènes, et tous, tant que nous sommes, guépards, lions, chacals ou brebis, nous continuerons à nous prendre pour le sel de la terre ». À méditer.

Premiers plans d’Angers : 22, v’là les films!

Posté par Benjamin, le 24 janvier 2010

2010-affiche-premiersplans.jpgPrologue. 

Pour sa 22ème édition, le festival Premiers plans d’Angers, qui occupe la ville du 22 au 31 janvier, rassemble toujours une foule de passionnés, de professionnels, d’aficionados et simples amateurs. Il y a de quoi combler n’importe quel spectateur, du plus cinéphile au plus ignorant de ceux qui désirent revoir leurs classiques (au travers de la filmographie de Jean-Pierre Melville – reprise intégralement – par exemple) ou ceux qui préfèrent (re)découvrir les chefs d’œuvres de « l’horreur » (grâce au cycle « la peur au cinéma »). Bien entendu, il y a la traditionnelle sélection officielle : très large, puisqu’elle rassemble en tout 100 films européens.

Il ne s’agit pas de simplement proposer une large palette de films au spectateur, mais bien de l’accompagner dans sa découverte, notamment grâce à des interventions de journalistes comme celles de Jean-Baptiste Thoret ou de personnalités du cinéma tel que Jeanne Moreau ou Bertrand Tavernier. Tout est fait pour qu’il y ait une véritable communication, un échange entre le public et les professionnels du cinéma. Premiers plans d’Angers est un rendez-vous chaleureux axé sur le partage et chaque personnalité y est plus qu’accessible.

D’autres « moments » importants sont attendus comme la leçon de cinéma de Lucas Belvaux par exemple, président cette année du jury et, évidemment, la soirée de clôture samedi soir. Seul regret : l'annulation en dernière minute de la venue d'Alain Delon...

Mais d’Argento à Clouzot ou de Murnau à Scorsese, les spectateurs angevins ont mille univers à visiter, mille rêves à traverser et mille passions à exprimer.

Revoir Borsalino : le film sort enfin en dvd

Posté par MpM, le 20 novembre 2009

Borsalino, Delon et BelmondoPresque quarante ans après sa sortie, Borsalino est enfin disponible en dvd ! Le film de Jacques Deray, qui n'avait jamais été commercialisé sur support VHS pour des raisons de droits, est célèbre pour réunir à l'écran les deux méga-stars de l'époque, Alain Delon et Jean-Paul Belmondo.

Les deux acteurs y sont Siffredi et Capella, deux petites frappes qui font leur chemin dans le milieu Marseillais des années 30. Malgré une rivalité bien réelle (le contrat stipulait qu'ils auraient chacun un rôle strictement équivalent, avec un nombre de scènes identique), leur duo fonctionne à merveille : d'un côté Delon, costume impeccable, raie au milieu, air plus félin que jamais, l'élégance et la froideur incarnées ; de l'autre Belmondo et sa gouaille inimitable, insouciant et léger, comme un enfant à qui l'on offre le monde.

Il faut revoir le film rien que pour eux, et aussi parce qu'il semble n'avoir pas pris une ride.Borsalino dvd

En plus, pour marquer le coup, la Paramount a réalisé une édition collector proposant aussi bien des images d'archives (reportage sur le tournage en 1969, interviews des acteurs à la sortie du film...) que des bonus tournés spécialement pour l'occasion.

Jean-Claude Carrière (co-scénariste) et Eugène Saccomano (auteur du roman Bandits à Marseille dont est tiré le scénario) y racontent la genèse de Borsalino ; Michel Bouquet, Nicole Calfan ou encore Catherine Rouvel se souviennent du tournage ; Claude Bolling (compositeur) parle du thème musical qui a fait le tour du monde ; Michel Drucker (qui avait assisté au tournage) et Agnès Vincent-Deray (compagne du réalisateur) rendent hommage à Jacques Deray et enfin Alain Delon livre ses souvenirs sur l'aventure du film, qu'il produisit.

Soit deux heures de documents inédits pour prolonger le plaisir, et la nostalgie qui va avec...

Marion, future Marianne?

Posté par vincy, le 1 juillet 2008

Triplé gagnant pour l'actrice Marion Cotillard. Elle rentre dans Le Petit Larousse 2009, aux côtés de Agnès Jaoui, Jean-Pierre Bacri, Pierre Arditi, Brad Pitt et même Al Gore.

Elle entre aussi dans le collège électoral des Oscars (6 000 membres). 105 personnalités y font leur entrée, de Josh Brolin à Jet Li, de Sergei Bodrov à Jason Reitman. Jean-Claude Carrière, Philippe Pollet-Villard, Didier Lavergne rejoignent aussi ce collège qui compte, entre autres, Deneuve, Adjani, Aimée...

Enfin selon un sondage paru dans Sélection du Reader's Digest, elle est la personnalité féminine qui incarne le mieux la France (selon 27% des 1000 personnes interrogées, de 15 à 64 ans). Elle devance ainsi les comédiennes Sophie Marceau et Catherine Deneuve. Côté hommes, c'est Dany Boon qui arrive en tête, largement devant Jamel Debbouze, Gérard Depardieu et Alain Delon.