Chéreau abandonne son Napoléon en rase campagne

Posté par vincy, le 6 juillet 2009

Invité d’honneur du Festival du film de Karlovy Vary (Rép. Tchèque), le cinéaste Patrice Chéreau a confirmé qu’il “laissait tomber” son projet autour de Napoléon. Le monstre de Longwood était en gestation depuis sept ans, et devait se tourner l’an dernier. Mais, avec un budget de 22 millions d’euros, malgré la présence d’Al Pacino dans le rôle de l’Empereur et la langue anglaise pour faciliter l’exportation, le réalisateur n’a jamais trouvé le financement.

Au printemps, Pacino avait accepté une offre, assez similaire (voir actualité du 11 avril), où Napoléon devient complice d’une jeune fille chez qui il est hébergé à son arrivée à Sainte-Hélène. Une manière d’enterrer définitivement le projet de Chéreau.

Après quatre ans d’absence derrière la caméra, le cinéaste est actuellement en post-production de son prochain film, Persécution, avec Charlotte Gainsbourg et Romain Duris. Il devrait sortir le 2 décembre prochain et pourrait être en sélection au prochain festival de Venise.

Al Pacino pourra (enfin) être Napoléon

Posté par vincy, le 11 avril 2009

Après de longues années d’attente, le projet de Patrice Chéreau sur Napoléon ne voit toujours pas le jour. Al Pacino se désespérant d’incarner l’Empereur français vient d’accepter la proposition de GC Corp. La société de Joseph Grinkom et Adi Cohen a en effet acquis les droits du livre pour enfants Betsy et l’Empereur, de Staton Rabin (publié en France en 2005).

Ils ont logiquement demandé au meilleur des Rois lear et des Diables (sans Prada) d’interpréter Napoléon Bonaparte. Le film sera produit cet automne par Killer films (à qui l’on doit tous les films de Todd Haynes), et sera réalisé par John Curran (Le voile des illusions).

L’histoire du livre raconte qu’en 1815, Betsy Balcombe, 14 ans, revient à Sainte-Hélène après un séjour en pension londonienne. Quelques jours après, le prisonnier Napoléon, ennemi juré des Anglais, arrive sur l’île. Il est provisoirement hébergé chez les Balcombe. Betsy voit au départ en lui un dictateur sanguinaire, mais de rencontre en rencontre, ils deviennent complices et la jeune fille n’a plus qu’un but : le faire évader.

Trop de films mauvais pour les Razzies !

Posté par vincy, le 22 janvier 2009

disaster moviePour leur 29e cérémonie, les prix qui récompensent le pire produit par Hollywood, les Razzie Awards, ne savaient plus quoi choisir parmi les 75 films recensés sur leur forum… Un record.

Résultat, 6 films, tous des fiascos au box office ou des flops budgétaires, cumulent de 4 à 6 nominations!

Le bien nommé Disaster Movie (6 nominations, en photo), The Hottie and the Nottie (5 nominations, dont celle pour l’actrice Paris Hilton), In the Name of the King (5 nominations), The Love Guru (5 nominations dont celle pour l’acteur Mike Myers) et Phénomènes (4 nominations) sont les heureux élus des catégories principales : film, réalisateur, scénario.

Reconnaissons qu’ils n’ont pas brillé au box office américain, ou étranger. Qui peut croire que Paris Hilton est une actrice? Les producteurs devraient être humiliés en place publique. Même en étant mauvaises dans leurs films ratés, Kate Hudson (qui rêve de tourner dans d’autres films que des comédies de vidéoclubs), Jessica Alba, Cameron Diaz, et le casting de Women (Meg Ryan, Eva Mendes, Jada Pinkett-Smith et Annette Bening) ne font pas le poids.

On ne peut pas dire que les Razzie soient complètement à côté de la plaque. Les “comiques” Myers et Eddie Murphy sont responsables de films qui ne font rire personne. De même, Al Pacino, à force de choisir des séries B indignes de son talent, mérite sans doute cette “petite” humiliation.

Parmi les grands noms, oscarisés ou millionnaires du système on retrouve aussi Ben Kingley, Pierce Brosnan, Burt Reynolds, Carmen Electra (seconds rôles) et M. Night Shyamalan (réalisateur). Où Paris Hilton est aussi nommée. Cela signifie qu’elle a tourné deux films cette année ??? En ce temps de crise, on peut parler d’argent gâché.

Si les Razzie pouvaient être utiles, peut-être que Uwe Boll, Jason Friedberg et Aaron Seltzer ne tourneront plus pendant quelques années. Uwe Boll, archi nommé cette année, pour la troisième année consécutive, va recevoir un Razzie d’honneur, en tant que “réponse allemande à Ed Wood“.

En revanche, les Razzie n’ont auront aucun impact sur Le jour où la terre s’arrêta, Indiana Jones 4, Speed Racer ou The Clone wars, tous nommés dans la catégorie pire suite ou remake. On a hâte d’y voir le remake de Karate Kid ou la suite de Superman

La cérémonie aura lieu, comme c’est la tradition, la veille des Oscars. Il est très rare qu’une star se déplace pour recevoir ce (dés)honneur qui n’a pourtant aucune incidence sur sa carrière.

La loi et l’ordre (Righteous Kill) : ça laisse froid…

Posté par geoffroy, le 6 octobre 2008

righteoustokill.jpgSynopsis: Après avoir passé trente ans ensemble dans la police de New York, les détectives Turk et Rooster sont prêts à tout, sauf à prendre leur retraite. Peu avant leur départ, plusieurs criminels ayant échappé à la justice sont assassinés selon un mode opératoire qui rappelle celui d’un serial-killer que les deux enquêteurs ont mis sous les verrous plusieurs années auparavant. Une insupportable question se pose alors : Turk et Rooster se seraient-ils trompés ?
L’officier Karen Corelli (Carla Gughino) s’interroge, et les détectives Perez (John Leguizamo) et Riley (Donnie Wahlberg) espèrent résoudre l’affaire avant Turk et Rooster. Très vite, le lieutenant Hingis (Brian Dennehy), leur chef, commence à craindre qu’un policier ne soit impliqué. C’est le début d’une enquête à hauts risques…

Notre avis: Douze ans après l’étourdissant polar urbain que fut Heat de Michael Mann, Jon Avnet signe les retrouvailles de Robert de Niro et Al Pacino dans La Loi et l’Ordre, improbable polar mou du genou et de la tête. Pour tout dire nous assistons, consternés, à un enlisement scénaristique digne d’un mauvais requiem de fin de carrière tant l’histoire est convenue, caricaturale et surtout dénuée d’intérêt. Le réalisateur ne nous épargne rien et passe complètement à côté de son formidable sujet, à savoir réunir sur la même affiche ces deux monstres sacrés. Au lieu de construire un polar tendu prenant en compte cette donnée indispensable, le scénario les ringardise outrageusement puis les enferme dans une intrigue absurde qui essaie sans une once d’intelligence de juxtaposer par effet d’opposition malhabile les carences d’une justice grippée et le recours, ainsi légitimé, de la loi du talion.

L’ensemble est si pauvre, si peu argumenté et tellement mal amené qu’il n’est pas surprenant de voir nos deux acteurs dérouler un jeu bien en deçà de leurs talents habituels. Pacino nous la joue sur du velours de supermarché en solde tandis que De Niro cabotine à qui mieux mieux en espérant épaissir la lamentable caractérisation de son personnage. Et pourtant, ils captent l’attention, bouffent chaque scène et sauvent ce qu’ils peuvent du naufrage. Le butin, bien maigre, s’accommode d’un scénario prévisible et ronflant qui pousse l’affront jusqu’au rebondissement final lui-même injustifiable, indigeste, grossier et, osons l’affirmer, inepte. La mise en scène ne rattrape aucune faiblesse et se trouve de toute façon incapable d’insuffler le moindre dynamisme à même d’explorer les psychologies en saillie.

Jon Avnet aurait dû revoir ses classiques. Il aurait compris qu’avec ce genre d’acteur il faut pouvoir créer des espaces de liberté, des lignes de fracture, des tonalités discordantes, des nervures dans le jeu afin d’autoriser l’éclosion d’interprétations en interaction. C’est ce que nous attendions, c’est ce que le public est en droit d’attendre. Le miracle n’a pas eu lieu, la saveur d’une rencontre mythique non plus. Après la désillusion des premières bobines, l’ennui pointera le bout de son nez lui-même remplacé, dès les lumières rallumées, par un sentiment violent de frustration nous faisant regretter le jour où De Niro accepta la proposition d’Avnet.

Rome fait aussi son festival

Posté par MpM, le 23 août 2008

rome07.jpgAlors que tous les yeux sont tournés vers la Mostra de Venise, qui ouvre ses portes la semaine prochaine, le Festival de Rome a déjà commencé son travail de teasing. On sait ainsi que sa 3e édition se tiendra du 22 au 31 octobre et devrait accueillir Al Pacino (dans le cadre d’une rétrospective et afin de recevoir au nom de l’Actor’s studio le prestigieux prix Marc’Aurelio Acting pour l’ensemble de sa carrière), Michael Cimino (qui présentera un montage inédit des plus belles séquences de danse dans ses films) et David Cronenberg (accompagnant son exposition multimédia “Chromosomes”). Autre invitée d’honneur : Gina Lollobrigida qui recevra un prix pour sa contribution au cinéma italien.

Côté films, seront présentés toutes sections confondues La duchesse de Saul Dibb (avec Keira Knightley et Ralph Fiennes), The Baader-Meinhof Complex d’Uli Edel (avec Bruno Ganz et Alexandra Maria Lara), Un barrage contre le Pacifique de Rithy Panh (avec Isabelle Huppert et Gaspard Ulliel, d’après Marguerite Duras), Lol de Lisa Azuelos (avec Sophie Marceau) ou encore Bob Marley: Exodus 77 d’Anthony Wall sur la vie de Bob Marley. L

Le Brésil sera également à l’honneur au travers d’un “focus” sur une dizaine de films inédits et ce sera la première mondiale de Huit, un film collectif où huit personnalités (Jane Campion, Gael García Bernal, Jan Kounen, Mira Nair, Gaspar Noé, Abderrahmane Sissako, Gus Van Sant et Wim Wenders) livrent leur vision des huit objectifs définis par les Nations Unies en 2000 pour créer un monde sans pauvreté.

Avec Monica Bellucci en ouverture (L’uomo che ama) et un autre film italien en clôture, L’ultimo Pulcinello, le Festival de Rome cherche à amadouer son nouveau maire, ultra-nationaliste et jugé démagogue.

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crédit photo : Photos sur le mur d’un restaurant du Trastevere, avec Monica Bellucci en premier plan (c) vincy thomas

Ava, Rita, Gina, … à deux euros

Posté par vincy, le 14 juillet 2008

loulou1.jpgComme chaque année, le Parc de la Villette, du 15 juillet au 17 août, se transforme en cinéma à ciel ouvert. Pour sa 18e édition, parrainée par Hafsia Herzi, vedette de La Graine et le Mulet, césar du meilleur espoir féminin, le thème retenu aborde les étoiles qui ne meurent jamais : Ava Gardner, Gina Lollobrigida, Rita Hayworth, Humphrey Bogart, Jackie Chan, Marilyn Monroe, Meryl Streep, Sharon Stone, Greta Garbo, George Clooney, Victoria Abril, Brigitte Bardot…

30 séances  sur la plaine du triangle, avec en bonus quatre soirées exceptionnelles : un ciné-concert en ouverture, associé au film Loulou (photo) ; trois nuits spéciales avec trois films de Clint Eastwood, Al Pacino et Pedro Almodovar ; une exposition de portraits de stars, d’après les archives du magazine Paris-Match.

Programme alléchant. Mais. Ce n’est plus gratuit. Il faudra payer deux euros (transat et couverture 5 euros, carte 10 films 12 euros) sauf si vous avez la carte Villette ou si vous êtes chômeurs, RMIstes, enfant de moins de douze ans.

C’est le prix à payer pour que le festival n’ait pas à subir la procédure d’autorisation préalable des projections en plein air gratuites. Le récent festival Films sous les étoiles, à Saint-Cloud, a dû en passer par cette étape, c’est à dire soumettre sa programmation à un comité qui juge bon, ou non, la diffusion de tels ou tels films, s’il nuit, ou pas, aux salles de cinéma voisines. C’est aussi l’impossibilité de diffuser un films sorti en salle depuis moins d’un an (ceci dit cette année le film le plus récent date de 2006).

Le Parc de la Villette a préféré passer en mode payant et libre de sa programmation.

AFI (4). Gangster : Coppola surpasse Scorsese

Posté par vincy, le 27 juin 2008

godfather.jpgContre toute attente, on attendait un Scorsese. Allez savoir pourquoi. Les affranchis (2e) pourtant ne déméritent pas. Mais même l’acteur fétiche Robert de Niro se voit contester sa suprématie dans le secteur par James Cagney et surtout Al Pacino (trois films sur dix). Le véritable boss du genre est Francis Ford Coppola. Le Parrain est considéré comme l’un des cinq meilleurs films de l’histoire du cinéma américain, et domine largement le reste du classement. Plus fort, sa suite, Le Parrain II, est 3e. Avec Scarface (1983), cela fait donc trois Pacino. Ironiquement c’est aussi dans ce classement qu’on trouve un remake (Scarface) et son original (1932). Un genre qui finalement a toujours su se renouveler puisque, de 1931 (Little Caesar, L’ennemi public) à 1994 (Pulp Fiction), en passant par Bonnie and Clyde (1967), le voyou a toujours eu son heure de gloire, entre film noir et opéras macabres, avec des films au style singulier et marquant.

Notre avis : Impressionnant et gonflé, Le Parrain a fait la transition entre deux époques d’Hollywood, et reste le gardien du temple.

Prochain épisode : la science-fiction ou la revanche de Kubrick