Le Cartoon Forum 2019 fait le plein de projets pour son 30e anniversaire

Posté par MpM, le 15 septembre 2019

Pour son 30e anniversaire, le Cartoon Forum, unique plateforme de coproduction dédiée aux séries d’animation européennes, accueille 1000 professionnels venus à Toulouse pour découvrir 85 projets en provenance de 24 pays, dont la France (24 pitchs, et 31 en comptant les coproductions), la Belgique (9) et l'Allemagne (7) mais aussi l'Ukraine, la Macédoine, l'Estonie ou encore la Hongrie. Outre les producteurs, investisseurs, distributeurs et acheteurs traditionnels seront présentes cette année plusieurs plateformes SvoD/VoD telles que Netflix, WarnerMedia, Playkids or Hopster TV.

Une part écrasante des projets s'adresse au jeune public : 50% aux 6-11 ans et 29% aux 2-6 ans. Moins de 10% s'adressent à un public d'adultes ou jeunes adultes. Dans la grande majorité, il s'agit également de séries de courtes durées (moins de 11 minutes pour plus de la moitié des séries et seulement 5 "unitaires" de 26 minutes). Côté budget, il y en a globalement pour tous les porte-monnaie, avec 15 projets à moins d'un million d'euros, 44 entre 1 et 5 millions, 31 entre 5 et 9 millions, et 1 projet à plus de 10 millions.

Parmi l'offre foisonnante de projets présentés durant les trois jours du forum, on a d'ores et déjà repéré plusieurs adaptations d'univers connus : une nouvelle série 3D basée sur l’univers du Marsupilami, avec le réalisateur Philippe Vidal (Garfield & Cie, Boule & Bill…) aux manettes ; 26 épisodes de 26 minutes inspirés de l'incroyablement attendu long métrage Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary de Rémi Chayé ; un projet de 50 minutes tiré des bandes-dessinées Hôtel étrange de Katherine & Florian Ferrier ou encore Lip, des Héros Ordinaires (d'après la bande dessinée de Laurent Galandon), première épisode d'une série intitulée "Luttes"

Depuis sa création, le Cartoon Forum a aidé 782 séries d’animation à obtenir des financements pour atteindre plus de 2,7 milliards d’euros. En parallèle, l’animation européenne est devenue leader sur son propre territoire, avec la France et son dynamisme exceptionnel, que cela soit sur le plan de la création comme de la formation, en incontournable figure de proue.
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Cartoon Forum 2019
Du 16 au 19 septembre

Un film sur Steve McQueen en préparation

Posté par vincy, le 10 septembre 2019

Il est apparu furtivement dans Once Upon a Time in Hollywood de Quentin Tarantino. C'est d'ailleurs l'un des acteurs modèle dont parle le personnage de Leonardo DiCaprio. On le voit ami de Sharon Tate. Et c'est justement ça qui intéresse Hollwyood. Le "King of Cool" a fait l'objet d'un livre Steve McQueen: The Life and Legend of a Hollywood Icon, de Marshall Terrill, et son adaptation attise le buzz à Hollywood.

Il a déjà fait l'objet de nombreux projets, jamais réalisés, notamment par James Gray et Steven Soderbegh. Wonderfilm Media a acquis les droits du livre qui raconte notamment comment la star a croisé la destinée de Charles Manson. En refusant un script de Manson, McQueen aurait été l'une des cibles de la famille Manson lors du carnage qui coûta la vie de Sharon Tate, alors épouse de Roman Polanski.

Marshall Terrill a été longtemps obsédé par Steve McQueen, écrivant Steve McQueen: Portrait of an American Rebel, (1993), The King, McQueen and the Love Machine: My Secret Hollywood Life with Elvis Presley, Steve McQueen and the Smiling Cobra, (2002), Steve McQueen: The Last Mile (2006), Steve McQueen: A Tribute to the King of Cool (2010), Steve McQueen: The Life and Legacy of a Hollywood Icon (2010), Steve McQueen: Le Mans in the Rearview Mirror (2017) et Steve McQueen: The Salvation of an American Icon (with Greg Laurie) (2017).

Il a aussi produit trois documentaires sur l'acteur: An American Rebel: Steve McQueen en 2007, Steve McQueen: The Man & Le Mans en 2015, et Steve McQueen: American Icon en 2017.

Steve McQueen, né le 24 mars 1930 et mort le 7 novembre 1980, a été l'un des plus grands acteurs hollywoodiens avec des films comme Les Sept Mercenaires (1960), La Grande Évasion (1963), Le Kid de Cincinnati (1965), La Canonnière du Yang-Tse (1966), qui lui vaut sa seule nomination à l'Oscar, L'Affaire Thomas Crown (1968), Bullitt (1969), Guet-apens (1972), Papillon (1973) et La Tour infernale (1974).

Venise 2019 : J’accuse, de Roman Polanski, avec Jean Dujardin

Posté par kristofy, le 31 août 2019

Roman Polanski : à Venise aussi ce nom provoque encore la question de pouvoir séparer l'homme de l'artiste tant son nom semble une provocation à l'ère #metoo. Ses ennuis judiciaires aux Etats-Unis (il est toujours traquée pour avoir fuit le pays illégalement il y a plus de 40 ans), suite à un rapport sexuel avec une mineure (affaire qui judiciairement est terminée, et que la victime elle-même considère comme close) et Lucrecia Martel, la présidente du jury, qui ne souhaitait pas "célébrer" le cinéaste (Oscar, César, Palme d'or, etc...) ont vite fait d'offrir un scandale. Le producteur italien a menacé de retirer le film, jugeant la position de la réalisatrice argentine "partiale". Elle a du envoyer un communiqué pour s'excuser. La réponse des organisateurs est la même qu'en France (Cannes, César, Cinémathèque...) : il faut séparer l'auteur de son œuvre, ce qui devient, semble-t-il, de plus en plus impossible, tout comme pour Woody Allen (pourtant jamais accusé officiellement devant un tribunal), qui fera l'ouverture de Deauville. A Venise sont venus Alexandre Desplat le compositeur de la musique, Emmanuelle Seigner, la femme fidèle, Louis Garrel (Dreyfus), qui défie une fois de plus l'audace capillaire, et Jean Dujardin (Picquart), qui trouve un grand rôle, enfin. Mais point de Polanski. Dans le film on retrouve aussi Grégory Gadebois, Didier Sandre, Melvil Poupaud, Mathieu Amalric, Vincent Perez...

Polanski est donc en compétition à Venise, où on peut savourer l'ironie de son titre : J'accuse par Roman Polanski. Après deux dernières fantaisies théâtrales en huis-clos Carnage, plutôt réussie, et La Vénus à la fourrure , moins convaincante, il avait signé son film probablement le plus raté, D'après une histoire vraie. Son dernier film d'envergure? Il faut remonter à The Ghost Writer en 2010, en compétition à Berlin, et c'est ce même haut niveau d'ambition qu'il vise avec J'accuse (les deux films ont en commun le scénariste Robert Harris).

Le pitch: Pendant les 12 années qu'elle dura, l'Affaire Dreyfus déchira la France, provoquant un véritable séisme dans le monde entier. Elle apparaît toujours comme un symbole de l'iniquité dont sont capables les autorités politiques au nom de la raison d'Etat.
Dans cet immense scandale, le plus grand sans doute de la fin du XIXe siècle, se mêlent erreur judiciaire, déni de justice et antisémitisme.
L'affaire est racontée du point de vue du Colonel Picquart, véritable héros oublié de l'Affaire Dreyfus. Une fois nommé à la tête du contre-espionnage, le Colonel Picquart finit par découvrir que les preuves contre le Capitaine Alfred Dreyfus avaient été fabriquées. A partir de cet instant, au péril de sa carrière puis de sa vie, il n'aura de cesse d'identifier les vrais coupables et de réhabiliter Alfred Dreyfus.

Après plusieurs adaptations littéraires c'est la première fois que Roman Polanski adapte un vrai épisode de l'Histoire de France dont la chronologie des faits est déjà connue. C'est d'ailleurs un film qui fait écho à l'académique Le Pianiste: l'antisémitisme et  ses séquelles, la solitude d'un homme au milieu d'un chaos. Toutefois, c'est aussi un scénario adapté du livre D. (An Officer and a Spy) de Robert Harris (en fait la première version du script), publié en 2013 à propos de cette scandaleuse affaire Dreyfus.

D'après une histoire vraie

J'accuse est l'un de ces films de reconstitution historique à l'image très 'qualité française' avec un grand soin apporté aux décors, accessoires et costumes. La précision de Polanski en fait presque un film perfectionniste sur cette époque, à la fois conservatrice, et même conformiste, et bouillonnante de créativité (en peinture, musique, littérature...).

L'introduction à cette histoire commence avec le 5 janvier 1895 où dans une cour d'honneur pleine de militaires se déroule le symbole de la condamnation de Dreyfus au déshonneur : il est dégradé, ses galons arrachés, avant d'être envoyé en prison à l'isolement, loin sur un ilot désert d'outremer. La capitale de cette époque (des dizaines d’années avant l'arrivée des Nazis et la seconde guerre mondiale) est vue comme un lieu où l’antisémitisme est une opinion largement partagée par tous, un personnage évoque même une « dégénérescence morale et artistique du pays »…

C’est dans cette ambiance où l’armée qui cherchait un traître qui communiquait des informations à un autre pays trouve que Dreyfus, juif, est un coupable idéal. Plus tard, en mars 1896, le colonel Picquart, ayant été promu à la tête du service qui rassemble et analyse des documents interceptés, remarque qu’il y a toujours des informations communiquées par un traître avec une écriture semblable, alors il s’interroge: et si Dreyfus n’avait pas été accusé et condamné à tort? Il va reprendre l’enquête et le film nous montre le fonctionnement des services de renseignement de l’armée à travers ses méthodes : reconstitution de documents déchirés dans une poubelle, ouverture de lettres avant leur distribution, filature et photographie, comparaison d’écriture…

Au fil de ses recherches Picquart rapporte à sa hiérarchie ses doutes et ses certitudes avant de se heurter à leur refus d’aller plus loin. Le cas a été jugé avec beaucoup de publicité aux citoyens, hors de question de reconnaître qu’il y aurait eu une erreur car « on ne veut pas d’une autre affaire Dreyfus ». Plus grave encore politiquement, Picquart va découvrir qu’il y a eu falsification et manipulation pour accuser ce colonel Dreyfus… Il est alors muté, pour faire tout autre chose, il sera lui aussi emprisonné. C’est en 1897, d’après les informations réunies par Picquart, qu'Emile Zola écrit dans un journal sa fameuse tribune « J'accuse » au président de la République Félix Faure : le scandale devient explosif.

Au-delà de son contexte politique, le film J'accuse se déroule avec le suspens et le rythme d’un thriller pour identifier s'il y a un autre suspect hormis ce Dreyfus, juif, déjà condamné. Est-ce possible que le plus haut niveau hiérarchique de l’armée soit publiquement remis en cause ?

Bien avant le ghetto de Varsovie

Roman Polanski se repose sur la force du scénario (et des faits historiques) pour livrer ici un nouveau film, chargé de complot politique et de manipulation médiatique. On est alors bien plus proche de The Ghost Writer. Alors que la fiction de The Ghost Writer interrogeait en écho la réalité (l’allégeance du premier ministre britannique Tony Blair aux intérêts de guerre américains de George W. Bush…), cette fois c’est avec la réalité du passé (une France antisémite et un pouvoir qui couvre ses erreurs) que J'accuse pourrait questionner notre présent. C'est toute la puissance du film. Car il fait écho à notre époque, bien plus que le titre pourrait faire croire qu'il résonne comme une disculpation du cinéaste. Non, Polanski, incorrigible, a sans doute vu dans ce héros persécuté injustement, un vague reflet de sa situation, mais c'est avant tout la monté des haines discriminatoires (Juifs, musulmans, homos, etc...) qui l'inquiète et l'ont poussé à revenir sur cet épisode révélateur de l'Histoire de France: Dreyfus n'est que la plus grosse graine qui va germer jusque dans les années 1930 et conduire une partie du pays à embrasser la cause nazie.

Le film sera probablement diversement accueilli à l’international, il est peut-être trop ‘franco-français’, tout comme par le jury de Venise. Même si la cause défendue traverse beaucoup de pays occidentaux, même si le sentiment d'injustice est universel. Mais J'accuse est un rappel nécessaire, si besoin était, que Roman Polanski est bien encore et toujours un cinéaste important, capable d'une œuvre puissante et traitant de la haine et des préjugés (religieux, politiques, racistes etc...), autant que d'un système broyant la vérité et l'utilité de lanceurs d'alerte seuls contre tous.

Son film sera l'un des évènements ciné de cet automne, avec une sortie en France le 13 novembre.

Xavier Giannoli tourne La Comédie Humaine de Balzac

Posté par vincy, le 30 août 2019

Le producteur Olivier Delbosc (Curiosa films), dans une interview au Film Français, a donné tous les détails du nouveau film de Xavier Giannoli (Marguerite). La Comédie humaine est l'adaptation des Illusions perdues de Honoré de Balzac, l'épisode autour du provincial Rubempré qui monte à Paris pour devenir écrivain.

Le tournage se déroule à Paris et dans ses environs. Débutées mi-juillet, les prises de vues se dérouleront jusqu'à la fin octobre. Il s'agit d'un gros budget de 18,7M€.

Le casting est lui aussi "monstrueux": Gérard Depardieu, Vincent Lacoste, Cécile de France, Jeanne Balibar, Jean-François Stévenin, André Marcon, Louis-Do de Lencquesaing, et pour la première fois dans un film français, Xavier Dolan. Le rôle principal sera tenu par Benjamin Voisin.

Le jeune Benjamin Voisin, qu'on a pu voir dans Bonne Pomme, The Happy Prince et la série Fiertés, sera aussi à l'affiche du prochain film de François Ozon, Eté 1984.

La comédie humaine est un ensemble de 90 ouvrages écrits entre 1829 et 1850, dont font partie Le Colonel Chabert, Le Père Goriot, La cousine Bette, etc... Illusions perdues est une trilogie rédigée entre 1837 et 1843. Lucien de Rubempré, né Lucien Chardon, en est le personnage principal, écrivain provincial sans scrupules qui joue de sa beauté pour réussir.

Les réalisatrices triomphent à Angoulême

Posté par vincy, le 25 août 2019

C'est un palmarès très féminin que celui du 12e Festival du film francophone d'Angoulême décerné ce soir.

La présidente du jury, Jacqueline Bisset, et son jury ont récompensé un film (d'animation!) réalisé par deux femmes, une primo-réalisatrice et deux fois un film réalisé par une femme, qui repart aussi avec le prix du public.

Ce fut donc le sacre de Zabou Breitman et Éléa Gobbé-Mévellec, avec Les hirondelles de Kaboul (présenté à Un certain regard à Cannes et qui sort le 4 septembre), Valois de diamant et Valois de la musique ; Hafsia Herzi, avec Tu mérites un amour (présenté à la Semaine de la critique à Cannes et qui sort le 11 septembre), Valois de la mise en scène ; et Mounia Meddour, avec Papicha (présenté à Un certain regard à Cannes et qui sort le 9 octobre), Valois de la meilleure actrice, du scénario et du public.

Les Valois ont aussi primé Nina Meurisse, l'interprète de Camille le film de Boris Lojkine et Anthony Bajoin, l'acteur d'Au nom de la terre d'Edouard Bergeon, qui par ailleurs est aussi à l'affiche de Tu mérites un amour.

Palmarès

Valois de diamant
Les Hirondelles de Kaboul de Zabou Breitman et Éléa Gobbé-Mévellec

Valois de la mise en scène
Hafsia Herzi pour Tu mérites un amour

Valois de l’actrice
Lyna Khoudri dans Papicha de Mounia Meddour et Nina Meurisse dans Camille de Boris Lojkine

Valois de l’acteur
Anthony Bajon dans Au nom de la terre d’Edouard Bergeon

Valois du scénario
Mounia Meddour pour Papicha

Valois René Laloux du meilleur court-métrage d’animation
Selfies de Claudius Gentinetta

Valois de la musique
Alexis Rault pour Les Hirondelles de Kaboul d

Valois des étudiants francophones
Adam de Maryam Touzani

Valois du Public
Papicha de Mounia Meddour

Jérémie Elkaïm tourne son premier film

Posté par redaction, le 23 août 2019

9 ans après son court-métrage Manu, Jérémie Elkaïm, comédien et scénariste (quatre longs de son ex compagne Valérie Donzelli), tourne son premier long métrage, Assoiffés.

Le Film Français indique que le tournage a débuté lundi dernier, avec Marina Foïs (qui sera au générique de la série "Les sauvages" en septembre), Seear Kohi (croisé dans "Homeland" et repéré dans deux pièces d'Ariane Mnouchkine) et Laetitia Dosch (bientôt à l'affiche de Fourmi de Julien Rappeneau).

Assoiffés, produit par Super 8 productions et distribué par Memento, donnera son clap de fin début octobre, et devrait sortir l'an prochain.

Le scénario est adapté du livre témoignage de Béatrice Huret, Calais mon amour. C'est l'histoire d'une veuve de gendarme, sympathisante FN, qui vit seule avec son fils et sa mère à quelques kilomètres de la jungle de Calais . Mais un soir, elle prend en stop un jeune migrant. Elle découvre alors les camps de réfugiés, et leur misère. Devenant bénévole pour aider tous ces "étrangers", elle rencontre Mokhtar, un réfugié iranien qui souhaite se rendre en Angleterre. Par amour, elle va abandonner ses préjugés, déplacer des montagnes et s'opposer à des lois absurdes.

3 raisons d’aller voir Le mystère des pingouins

Posté par MpM, le 13 août 2019

Le pitch : Quand des pingouins apparaissent partout dans sa petite ville, semant au passage une joyeuse pagaille, le jeune Aoyama se dit qu’il y a là une enquête à mener. Ce studieux élève de CM1, accompagné de son meilleur ami, enrôle également sa rivale aux échecs et une énigmatique assistante dentaire pour percer le secret des pingouins. Mais ces petites bêtes ne sont que le premier signe d’une série d’événements extraordinaires. Commence alors pour le jeune garçon une aventure pleine de surprises… et de pingouins !

Un auteur plein de fougue Il ne faut pas s'arrêter au résumé du film ni à son esthétique gentillette : Le Mystère des Pingouins est à l'origine tiré du roman Penguin Highway de Tomihiko Morimi, lauréat du Grand Prix Nihon SF 2010 au Japon. Or on doit notamment à cet auteur l'excellent Night is Short, Walk on Girl qui a donné lieu à une adaptation fougueuse et survitaminée par Masaaki Yuasa. L'histoire ? Celle notamment d'une jeune fille qui écume les bars... Si le livre Penguin Highway était lui-aussi plutôt destiné à un public adolescent et jeune adulte, le choix du réalisateur Hiroyasu Ishida et de son studio Colorido est d'en avoir fait une oeuvre tout public. Sans pour autant gommer certains détails savoureux comme l'obsession du jeune héros pour... les poitrines généreuses.

Humour et étrangeté On est durablement séduit par l'intrigue singulière du film, de même que par sa tonalité pétillante, qui ménagent son étrangeté jusqu'au bout. Des monologues totalement décalés du jeune héros, qui ne cesse de se projeter dans l'avenir, avec un sérieux qui pourrait passer pour de la prétention s'il n'était au fond aussi candide, aux péripéties inattendues qui émaillent le récit, on ne cesse d'être surpris et amusé. Là où d'autres auteurs auraient à tout prix cherché à mettre du "fond" et à dramatiser les enjeux, Hiroyasu Ishida joue systématiquement la carte de la légèreté et d'un humour burlesque qui évacue les passages trop ouvertement "mignons" ou au contraire tragiques. Les aspects les plus fantastiques de l'intrigue s'imbriquent assez naturellement dans le reste de l'intrigue, et lui trouvent même un développement logique au symbolisme discret.

Des personnages ambivalents Cela fait du bien de découvrir, dans un film destiné au jeune public, des protagonistes qui ne sont ni des boy-scouts en puissance, ni des stéréotypes. Si le jeune Aoyama paraît au départ trop parfait pour ne pas être ennuyeux, il se révèle au fil de l'intrigue plus ambivalent et profond qu'on ne l'aurait pensé, à travers notamment sa relation ambigüe avec la jeune assistante dentaire, et sa candeur égale face à la fois à ceux qui le harcèlent et à celle qui le courtise. Les deux rôles féminins tranchent eux-aussi avec ceux que l'on voit traditionnellement dans ce genre de films, avec une pré-ado championne d'échecs et passionnée par la théorie de la relativité, et une adulte légèrement immature qui a bien du mal à prendre la vie au sérieux. Deux personnages singuliers qui font également chavirer le coeur du héros, et lui feraient presque perdre sa rigueur scientifique, participant pour beaucoup à l'équilibre tendre et léger du film.

[Passions américaines] La chatte sur un toit brûlant (1958) avec Elizabeth Taylor et Paul Newman

Posté par vincy, le 11 août 2019

Immense succès de l’époque, La chatte sur un toit brûlant (Cat on a hot tin roof) est un drame quasi passionnel datant de 1958. Réalisé par Richard Brooks, à qui l’on doit le scénario de Key Largo, il s’agit de l’adaptation d’une célèbre pièce de théâtre écrite par le géant Tennessee Williams. Et Johnny Hallyday avait raison quand il chantait « on a tous en nous quelque chose de Tennessee… » Quoi de plus proche qu’un de ces conflits familiaux, qui révèlent le pire et le meilleur de chacun d’entre nous ? Avec Un tramway nommé désir et La ménagerie de verre, La chatte sur un toit brûlant est l’une des trois plus grandes adaptations cinématographiques de son répertoire, sans doute la plus cinglante.

Le film raconte l’histoire d’un couple qui bat de l’aile, dans un contexte familial où la mort du patriarche menace. Avec ses plans très construits, Richard Brooks accentue la symétrie des séquences qui se font écho. Au final, de révélations en réconciliations, les six personnages, trois couples formés de trois personnages principaux et trois secondaires, se confronteront à cette vérité qu’ils renient.

Le couple principal est incarné par deux des beautés les plus incandescentes des années 50 et 60, Elizabeth Taylor et Paul Newman. Un couple en déliquescence. Elle est une garce manipulatrice, dure, cruelle, orgueilleuse, souffrant surtout de ne plus être aimée de lui. Il est une ancienne gloire sportive, aujourd’hui imbibée d’alcool et surtout insensible aux charmes de sa femme. Pour ne pas dire impuissant. Mais cet amour défunt n’a rien d’éteint. Même si Maggie avoue désespérément que « Vivre avec celui qui m’aime est la pire solitude quand l’autre ne vous aime pas», elle veut encore espérer. Après tout ils sont encore insolemment beaux et pas encore fanés. Pas comme ses beaux-parents…

Leur première grande scène n’est autre qu’une partie de ping-pong acerbe où chacun se masquent derrière une forme de méchanceté. D’ailleurs le mensonge s’effondre vite. Après avoir rejeté les avances de Taylor, il succombe en cachette au désir de sentir sa nuisette. Mais la plus cruelle est la belle-sœur, Mae, une vraie peste qu’on n’aurait pas aimé avoir en copine de classe. Un vrai moulin à méchanceté.

La violence des dialogues permet au film, sans trop de mouvements, de créer un climat pesant. Ce film est comme un orage qui couve en permanence. Et on attend qu’il éclate. Et quand la pluie se déverse, c’est pour laver les péchés. Big Daddy transforme des aveux en tribunal familial où les trois personnages principaux, Newman, Taylor et lui, l’excellent Burl Ives, décident que la vérité aura raison de tout. Leur combat contre la dissimulation, leur volonté d’aller « au fond des choses » vont dissiper les malentendus et permettre au couple de renaître doucement.

Il y a deux scènes cruciales pour bien comprendre l’amertume qui déchire Taylor et Newman.

L’une se compose en plusieurs tableaux. C’est le premier vrai dialogue entre Brick et son père. Le père décide de partager un verre de whisky avec son fils, pour faciliter l’échange. De plans en plans, seuls ou à deux, on assiste à une chorégraphie où chacun s’approche et s’éloigne de l’autre jusqu’au moment où l’un boit en regardant le passé, et l’autre en regardant l’avenir. Parfait Janus…

L’autre scène montre le jeune couple sur le balcon, mal à l’aise de surprendre Big Daddy et Big Mamma avouer l’illusion de leur union. Clairement Taylor et Newman se voient finir comme eux, frustrés et distants, et le refusent inconsciemment. Car aucun couple n’est épargné par l’hypocrisie, l’aveuglement et les mensonges qui les rongent. Ils s’expriment à travers la cupidité, l’alcool, un Cancer. Mais seuls s’en sortiront ceux qui ne se mentiront pas.
« La dissimulation mène nos vies » et même si le cinéma est l’art de la dissimulation, ici La chatte sur un toit brûlant essaie de coller au plus près des tourments psychologiques qui brouillent les sentiments des uns pour les autres. Y compris entre adultes et enfants.

Enfin il faut parler de la filiation, a priori morale essentielle et fondamentale à Hollywood. Les enfants de Cooper et Mae sont des monstres sans cou, des singes, des surdosés en sucre détestables. Big Daddy ou Big Mamma ignorent sciemment Cooper ; quant à Brick, il accuse son père de ne jamais l’avoir aimé. Ce manque affectif remonte ainsi les générations jusqu’au père de Big Daddy, un clochard, ou à la pauvreté des parents de Maggie, ce qui les rapproche dès leur première scène. Quand il parle de son père, Big Daddy est ému en avouant qu’il avait été aimé. Mais travers les yeux de son fils, on découvre à quel point il n’avait pas aimé. Le scénario impose alors sa morale. L’argent ne fait pas le bonheur. A cette époque on croyait encore à de bien plus grandes valeurs.

Cette réalisation très sobre, un huis-clos théâtral où seul le cadrage met en scène, sans effet particulier, a énormément déplu à Tennessee Williams qui trouvait le film ringard comparé à la mise en scène d’Elia Kazan à Broadway. Pourtant, pour la première fois, afin de magnifier le regard violet de Taylor et celui très bleu de Newman, une adaptation de Williams fut filmée en couleurs. Peut-être que le dramaturge voyait trop les artifices du studio, comme lorsque Taylor, chat trempé sous la pluie, est, la scène suivante, complètement sèche et bien coiffée. Ou alors, il reprochait que le script ait gommé les références à l’homosexualité, présentes dans la pièce. Ironiquement, il était arrivé la même chose à l’adaptation du roman de Richard Brooks, The Brick Foxholes, quelques années auparavant, où la discrimination homosexuelle avait été remplacée par l’antisémitisme. Hollywood était moins courageux que Broadway. On devine juste que l’amitié de Brick avec Skipper était « vraie » et « profonde ».

« La vérité c’est renoncé à ses rêves et mourir inconnu ». Tout le contraire du cinéma.

Bradley Cooper et Cate Blanchett dans le prochain Guillermo del Toro?

Posté par vincy, le 7 août 2019

Guillermo Del Toro, Lion d'or et Oscar du meilleur réalisateur pour La Forme de L'eau, a inauguré son étoile sur le Walk of Fame d'Hollywood. Mais son acyualité est plutôt du côté de son prochain film derrière la caméra. Fox Searchlight, pour l'instant rescapée de la fusion Disney-Fox, a confirmé qu'il s'agirait de Nightmare Alley.

A l'origine, Leonardo DiCaprio devait en être le rôle principal. mais la star hollywoodienne semble opter pour le nouveau film de Martin Scorsese comme prochain projet. Bradley Cooper aurait été choisi pour le remplacer selon la presse américaine. A ses côtés, Cate Blanchett est en discussions pour incarner le rôle principal féminin, qui était convoité par Toni Collette. Willem Dafoe et Richard Jenkins ont également été pressentis au générique.

Il s'agit de l'adaptation du roman de William Lindsay, traduit en France sous le titre Le Charlatan. Le roman noir avait déjà fait l'objet d'une adaptation au cinéma en 1947, réalisée par Edmund Goulding, avec Tyrone Power. Dans l'univers underground de l'industrie du divertissement des années 1940, un petit escroc pourri et une psychiatre pas très nette s'amusent à manipuler les gens pour leur extorquer leur fric. Ce qui fait leur petite fortune, jusqu'à ce que la manipulation se retourne contre l'arnaqueur.

Le tournage doit commencer d'ici quelques mois. Avant que le réalisateur ne se lance dans son Pinocchio en stop-motion pour Netflix.

De Niro et DiCaprio chez Scorsese

Posté par vincy, le 1 août 2019

Alors que Martin Scorsese s'apprête à montrer son plus gros budget cet automne, The Irishman (lire actualité d'hier), la presse professionnelle américaine s'emballe sur une possible réunion entre le cinéaste, son acteur fétiche des années 1970-1990 et son autre acteur fétiche des années 2000-2010, respectivement Robert De Niro et Leonardo DiCaprio.

Les deux acteurs pourraient se retrouver dans Killers of the Flower Moon, qui devrait être le prochain film de Martin Scorsese.

Le réalisateur aurait confirmé la présence de Robert De Niro au générique lors de sa rencontre avec le chef de la nation Osage, Geoffrey Standing Bear, chef de la nation Osage. de Niro incarnerait le tueur en série William Hale.

Leonardo DiCaprio et Martin Scorsese ont lancé le projet il y a deux ans. Il s'agit de l'adaptation du polar Killers of the Flower Moon: The Osage Murders and the Birth of the FBI, livre signé David Grann (La cité perdue de Z), traduit en France sous le titre La note américaine. Au départ le film devrait être tourné l'année dernière, mais Scorsese a pris du retard sur The Irishman et DiCaprio, entre temps, s'était engagé sur le nouveau Tarantino, Once Upon a Time in Hollywood.

Une des premières enquêtes du FBI

Le scénario est écrit par Eric Roth (Forrest Gump, Benjamin Button). L'histoire se passe dans les années 1920. Alors que l'on découvre du pétrole dans le sol de l'Oklahoma, des membres de la nation Osage, une tribu amérindienne affiliée aux Sioux, sont mystérieusement tués. Ce sera l'une des premières grandes enquêtes du FBI. Les agents découvrent une gigantesque conspiration et met au jour une série de crimes choquants et effrayants.

Paramount doit distribuer le film.

De Niro et DiCaprio ont déjà été réunis deux fois au cinéma, dans Blessures secrètes de Michael Caton-Jones (1993) et Simples secrets de Jerry Zaks (1996). Scrosese les a aussi fait jouer ensemble, avec Brad Pitt, dans le court métrage The Audition.