Emir Kusturica reconstitue le village en pierre du « Pont sur la Drina »

Posté par MpM, le 17 mars 2011

Pour les besoins de son prochain film, Emir Kusturica a élaboré le projet de construction d'un ancien village en pierres d'une cinquantaine de maisons. Le réalisateur serbe deux fois palmé à Cannes a en effet décidé d'adapter Le pont sur la Drina de l'écrivain yougoslave Ivo Andric (prix Nobel de littérature en 1961), un roman retraçant l'histoire de la Bosnie et de ses communautés qui se croisent et se déchirent.

"Nous construirons une ville qui sera comme si elle était édifiée il y a 400 ans", a déclaré le cinéaste. "Dans les rues de cette ville, sur ses places, sur les façades, les remparts, les toits et les pavés, on lira l'histoire qui s'est évaporée comme l'eau salée au soleil et qui a laissé derrière elle le scintillement des cristaux." Le projet bénéficie du soutien des dirigeants de la Republika Srpska, l'entité des Serbes de Bosnie où sera construit le village.

Les travaux de construction devraient commencer en juin à proximité du célèbre pont ottoman du XVIe, sur quelque 14 000 m2. Ils coûteront plus de dix millions d'euros, en partie financés par la Republika Srpska et le gouvernement de Serbie. Après le tournage, "Kamengrad", ou  "La ville d'Andric" comme on appelle également le projet, devrait se transformer en attraction touristique.

True grit : un roman de Charles Portis, deux films signés Coen et Hathaway

Posté par MpM, le 23 février 2011

true gritA l'origine, True grit est un roman de Charles Portis publié  en 1968 et rapidement devenu culte. Écrit à la première personne, il raconte comment, peu après la fin de la guerre de Sécession, la jeune Mattie Ross remue ciel et terre pour venger la mort de son père, embarquant dans une aventure périlleuse un shérif fédéral porté sur la boisson et un Texas Ranger aux airs de boyscout.Plus que l'histoire elle-même, c'est l'ambiance décrite, et surtout le ton employé, qui font tout le sel du livre.

En effet, la jeune fille porte sur ses compagnons un regard si teinté de puritanisme, de candeur et d'absence totale de second degré que c'en est savoureusement décalé, voire franchement drôle. Ce qui n'empêche pas le roman de dépeindre un monde hostile et violent, où chacun doit se battre pour se faire une place. D'où la personnalité forte, mais aride, de Mattie, qui ayant endossé très jeune les responsabilités et les soucis, doit être capable d'y faire face. Les autres personnages sont eux aussi de forts caractères, purs produits de leur époque, et notamment de la guerre civile encore toute fraîche. Ils nous entraînent dans une aventure à la fois romanesque et très épurée, puisque les relations entre les trois protagonistes l'emportent très largement sur l'action.

Il existe deux adaptation cinématographiques de True grit. La première, plus connue sous le titre  Cent dollars pour un shérif, est signée Henri Hathaway (1969) et valut à John Wayne son unique Oscar du meilleur acteur. La deuxième, réalisée par les frères Coen, vient tout juste de sortir en France. Les deux films sont relativement fidèles au roman de Charles Portis, mais chacun à sa manière.

Ainsi, Cent dollars pour un shérif a respecté au plus près le texte, et notamment les détails fournis par Mattie sur sa propre vie. On y retrouve par exemple des allusions au fait qu'elle appartient à une branche spécifique de Presbytériens, ou une séquence mettant longuement en scène sa famille. Comme si Henri Hathaway avait essayé de ttraduire sa moindre pensée en dialogue plus ou moins signifiants.

En revanche, le film semble aujourd'hui assez daté, bien que cela ne soit pas le cas du roman. Il s'inscrit sans aucun doute dans la lignée des grands westerns, avec image Technicolor, grands espaces et passages obligés comme les chevauchées sur la plaine ou le bivouac improvisé. Les violons, les bons sentiments et le happy end de circonstance ne sont pas très loin...

Côté acteurs, la jeune actrice est assez niaise et John Wayne lui-même paraît un peu fade. Les personnalités sont aussi moins tranchées, comme marquées au sceau d'un certain classicisme, voire conservatisme : impossible de montrer la jeune Mattie se fondre totalement dans un costume et un rôle d'homme, par exemple.

Chez les Coen, c'est presque l'inverse. Sur certains points purement narratifs, ce sont eux qui ont pris le plus de liberté avec le roman, inventant des personnages, supprimant des séquences, et forçant certaines situations. Ainsi, l'opposition entre Rooster Cogburn et LaBoeuf tient moins de l' affrontement viril de deux systèmes de valeurs que d'une chamaillerie puérile entre deux insupportables garnements. Quant à la chasse à l'homme, déjà accessoire dans le roman,  elle sert carrément de prétexte à des dialogues enlevés et un portrait au vitriol de l'époque et de ses règles.

Mais en déconstruisant les codes du western et en s'appropriant si complètement le roman de Portis, les deux réalisateurs restent fidèles à son ton inimitable. D'ailleurs, on voit bien ce qui a pu les séduire dans cette histoire rocambolesque de vengeance mais aussi de découverte et d'initiation, tant les deux personnages masculins ont ce petit quelque chose que l'on retrouve à des degrés divers dans la plupart de leurs films : ce sont des êtres solitaires et presque marginaux, mi losers magnifiques, mi farfelus irrécupérables. Ainsi, leur version décalée, à la fois pessimiste et légère, s'avère une relecture moderne de l'œuvre originale dont elle respecte les fulgurances, l'auto-dérision et le rythme.

S'il fallait choisir entre les deux adaptations, celles des Coen semblent donc plus adaptée aux goûts du jour. Mais quoi qu'il en soit, l'essentiel est de ne pas passer à côté du roman de Charles Portis, de l'intransigeante Mattie Ross et du terrible Rooster Cogburn.

Jeu concours Les chemins de la liberté (au cinéma le 26 janvier) : des places et des livres à gagner

Posté par MpM, le 14 janvier 2011

les chemins de la libertéLibrement adapté du livre À marche forcée écrit par Slavomir Rawicz, un ancien soldat polonais envoyé aux goulags sous le régime stalinien, Les chemins de la liberté raconte comment, en 1940, une petite troupe de prisonniers s’évade d’un camp de travail sibérien et se lance dans un périple de plus de 10 000 kilomètres pour rallier l'Inde, alors sous contrôle anglais. Une épopée humaine telle que les affectionne Peter Weir !

Le réalisateur, à qui l'on doit entre autres Le cercle des poètes disparus, The truman show ou encore Master & commander, considère d'ailleurs Les chemins de la liberté comme une expérience unique dans sa carrière. "Le tournage de ce film fut une aventure en soi. J’ai l’impression que tout ce que j’ai pu faire avant n’a fait que me préparer à cette histoire et à cette fresque humaine inspirée d’une histoire vraie", déclare-t-il.

Dans cette véritable aventure qui l'a conduit de la Bulgarie au Maroc, il s'est entouré de trois acteurs qu'on ne présente plus : Ed Harris, qu'il avait dirigé dans The truman show, Colin Farrell (Alexandre, Le nouveau monde) et Jim Sturgess (Las Vegas 21, Accross the universe).

A l'occasion de la sortie du film le 26 janvier prochain, Ecran Noir vous propose de gagner dix places de cinéma valables pour deux personnes ainsi que dix exemplaires du livre qui a inspiré le film (aux éditions Phébus). Pour participer au tirage au sort, il suffit de répondre à la question suivante :

Quelle chaîne de montagnes abritant les plus hauts sommets du monde les fugitifs doivent-ils franchir pour rallier l'Inde ?

Votre réponse et vos coordonnées postales sont à envoyer par courriel avant le 26 janvier 2011.

Besoin d'un indice ? Découvrez la bande annonce du film et trouvez la réponse !

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Les chemins de la liberté de Peter Weir
Avec Ed Harris, Jim Sturgess, Saoirse Ronan, Colin Farrell...
Sortie le 26 janvier 2011
Découvrez le site officiel du film

Cracks : pas de quoi craquer…

Posté par MpM, le 22 décembre 2009

Cracks"La chose la plus importante dans la vie, c'est le désir."

L'Histoire : Miss G, professeur d'éducation physique dans un pensionnat pour jeunes filles isolé du monde, est la coqueluche de ses élèves, des adolescentes fantasques qu'elle charme par des récits de voyages exotiques et des propos modernistes. Mais l'arrivée d'une nouvelle étudiante, une aristocrate espagnole en disgrâce, bouleverse la vie de la petite communauté.

Notre avis : Adaptation sans éclat du roman éponyme de Sheila Kohler, Cracks fait penser dans un premier temps à une version féminine du Cercle des poètes disparus, où Miss G tenterait d'élever l'esprit de ses étudiantes et de les libérer du carcan social rigoriste de l'époque. Rapidement, malgré tout, on s'aperçoit que la belle enseignante cherche plus à leur dire ce qu'il faut penser qu'à leur apprendre comment faire. L'intrigue prend alors un autre chemin, largement plus ambigu, mais qui n'en est hélas pas moins prévisible.

Rivalités adolescentes, opposition entre sentiments troubles et noblesse du cœur, potacheries à la limite de la cruauté... les situations et les rebondissements ne parviennent pas vraiment à surprendre. Pire, le manque de rythme et de personnalité de la mise en scène (pour son premier film, Jordan Scott ne semble pas encore avoir hérité du savoir-faire de son père Ridley) rendent certains passages franchement indigestes.

Pourtant, on comprend ce qui a pu séduire Eva Green dans le projet. Avec Miss G, elle aborde un personnage extrêmement ambigu et aux nombreuses zones d'ombre, qui lui permet d'être à la fois dans le domaine de la séduction, de la manipulation et de la folie. Plus torturée que venimeuse, sa composition est au fond à l'unisson de celle des autres actrices : un peu en deçà du potentiel du rôle, mais efficace et sans réelle fausse note. Pas de quoi rendre le film inoubliable, mais suffisant pour l'élever au-delà du téléfilm passe-partout.

15 ans après Giorgino, Mylène Farmer croit de nouveau au cinéma

Posté par vincy, le 11 septembre 2009

18858406.jpgEn musique, elle aligne les records. Rien que cette année, Mylène Farmer aura été la première artiste en 25 ans d'existence du Top 50 à avoir aligné tous ses singles en pôle position des ventes, la première chanteuse française à se produire au Stade de France (aujourd'hui et demain). Elle aura conforté sa place de plus grosse vendeuse de disques en France depuis 1984 (six disques de diamant). Mylène Farmer c'est aussi des clips, souvent inoubliables. La plupart des vidéos a été réalisée par Laurent Boutonnat mais elle a aussi demandé à des cinéastes comme Luc Besson, Abel Ferrara, puis à d'autres vidéastes de se charger de son mythe "audiovisuelomusical".

En revanche au cinéma, la Mylène a eu moins de chance. Certes elle a prêté sa voix à la Princesse Sélénia dans Arthur et les Minimoys. Sans compter les nombreuses BOF où la chanteuse est sollicitée. On se souvient surtout du plantage du film de Laurent Boutonnat, Giorgino, en 1994. Même pas 70 000 entrées après un an de montage et des mois de tournage. L'acteur du film, Jeff Dahlgren, a d'ailleurs disparu. Boutonnat a racheté les droits. Aucune exploitation commerciale n'est possible, mais il a quand même sorti le film en DVD il y a deux ans. L'échec ne fut pas seulement public, mais aussi critique. Farmer, pourtant fascinée par le cinéma, n'a pas réitéré l'aventure.

Jusqu'à maintenant. Opportunément, à la veille de son méga-show (dont les images ont été confiées à notre ami Alain Escalle), la Mylène annonce son retour sur grand écran, et pas dans ceux des stades. Elle devrait incarner le personnage de Tess, issu du livre L'ombre des autres, roman écrit par Nathalie Rheims, scénarisé par feu Claude Berri et produit par Luc Besson. Rheims et Berri c'était une longue histoire d'amour. Farmer et Besson c'est assurément une belle histoire d'amitié professionnelle. Le film serait en tournage au début de l'année 2010, réalisé par Bruno Aveillan. On lui doit des spots de pub célèbres et primés. Notamment La foule de Perrier. Il aussi exposé dans le monde entier, avec son approche en vidéo expérimentale. Il a surtout tourné le récent clip du tube de la chanteuse, "Dégénération". Ce serait son premier long métrage.

Farmer en rôle principal, loin de Boutonnat. Elle interprétera une chercheuse en médecine du 19e siècle, confrontée à des phénomènes étranges et inexplicables. Le visible et l'invisible se mélangent alors, entre rationalisme et paranormal, avec des réminiscences gothiques qui ne déplairont pas à la chanteuse.
A 48 ans, celle qui voudrait qu'on ne l'oublie pas, pourrait parier sur le cinéma pour accentuer la valeur de son mythe. Icône pop, elle cherche sans doute dans l'image une jeunesse éternelle. Pour l'instant elle attire davantage de monde dans les stades que dans les salles. Le pari est risqué.

Venise 2009 : les festivaliers restent au bord de La route

Posté par vincy, le 3 septembre 2009

laroute.jpgLe film événement de ce deuxième jour de Mostra était l'adaptation cinématographique du best-seller de Cormac McCarthy, La Route. Un Prix Pulitzer en 2007 tout de même. Une histoire apocalyptique qui devait être en salles il y a près d'un an.

Réalisé par l'Australien John Hillcoat, dont le précédent film, The Proposition, tourné en 2005, sortira seuelement à la fin de l'année en France, La route n'a pas convaincu les journalistes présents à Venise.

Suicide, cannibalisme, dévastation, ... le film offrait une piètre vision de la Planète et de ses habitants. Seul rescapé de l'assassinat critique, l'acteur Viggo Mortensen qui pourrait viser un prix d'interprétation. Les effets visuels et la musique de Nick Cave n'ont pas suffit à emballer les festivaliers. Et ce malgré un casting chic (en plus de Mortensen, on retrouve Charlize Theron, Guy Pearce et Robert Duvall).

Le problème avec une telle oeuvre littéraire est de placer l'attente à un si haut niveau que la déception ne peut être que grande. Modeste budget (15 millions d'euros), le film n'a toujours pas de date prévue pour une exploitation en France. Venise vient en plus de doucher l'espoir placé en lui. Les professionnels américains n'ont pas été tendres.

Rappelons que McCarthy est devenu très tendance à Hollywood depuis le succès critique, public, cannois et oscarisé de No Country for Old Men. Todd Field devrait réaliser l'adaptation de Blood Meridian et Andrew Dominik travaille sur celle de Cities of the Plain.


Le film fantôme de Stanley Kubrick

Posté par vincy, le 23 août 2009

aryanpapers.jpgOù l'on reparle d'un projet avorté de feu Stanley Kubrick, dix ans après la mort et le dernier film du Maître.
Ce film s'appelait Aryan Papers. Adaptation du roman en partie autobiographique de Louis Begley, Wartime Lies (en français Une éducation polonaise). On doit à l'écrivain le roman Monsieur Schmidt qui avait donné le film éponyme d'Alexander Payne.

Le cinéaste prend contact avec la République Tchèque pour tourner le film. Un premier scénario est écrit, l'histoire d'une jeune femme juive sa nièce et son neveu qui se font passer pour ces chrétiens dans une Pologne nazifiée.

Kubrick avait tourné un gros quart d'heure de films et avait fait des séances d'essai en costume avec l'actrice Johanna ter Steege dans le rôle principal de Tania. Néerlandaise, on l'a vue dans des films comme L'homme qui voulait savoir, Vincent & Theo, Immortal Beloved... La jeune Uma Thurman devait jouer la nièce et Joseph Mazzello le garçon, qui incarne l'auteur Louis Begley. Le livre est raconté à travers ses yeux.
Il abandonna ce projet, parmi d'autres, quand il a vu le succès de La liste de Schindler de Steven Spielberg. Kubrick le vécu comme un échec, tant il s'était impliqué dans l'histoire, et entra alors en dépression. Il avait commencé à travaillé sur ce thème dessus en 1976, envisageant même de faire un film sur l'industrie de propagande du cinéma nazi. C'est lors de ses recherches qu'il est tombé sur le roman de Louis Begley.
Le producteur de Kubrick, par ailleurs son beau-frère, Jan Harlan espère convaincre la Warner de concrétiser ce projet. Le studio voudrait confier le film à Ang Lee. Mais le cinéaste a déjà deux gros projets en route... Tout cela explique pourquoi on a dévoilé plus tôt dans l'année les archives de Kubrick concernant ce film, et relançant ainsi les espoirs de mise en production. Harlan explique que le script est plutôt risqué, avec de nombeux passages silencieux et dramatiques.

Ce ne sera pas le premier concept de Kubrick a être réalisé de manière posthume puisque c'était déjà le cas de A.I. Intelligence artificielle, de Steven Spielberg. De même le scénario longtemps perdu de Lunatic at Large, écrit dans les années 50 et retrouvé en 2006, devrait être adapté prochainement. Quatre autres scripts existent dans les Archives.

Le journal d’Anne Frank produit par Disney et réalisé par Mamet

Posté par vincy, le 22 août 2009

Une vingtaine d'adaptations cinématographiques ou télévisuelles ont déjà mis en image Le journal d'Anne Frank, désormais inscris au patrimoine de l'Humanité par l'Unesco.

La plus célèbre version a 50 ans. Il s'agit du film de George Stevens. Le best-seller a été acquis pour une nouvelle transposition au cinéma par Disney. Le film sera écrit et réalisé par le dramaturge David Mamet. Son dernier film, Redbelt (2008) a été un four. Il faut remonter à Séquences et Conséquences en 2000 pour trouver un bon film de Mame, que ce soit pour un scénario ou une réalisation.

Le choix est donc un peu étrange. Et rien ne préfigure l'événement qu'on aurait pu espérer. Cette réinterprétation par Mamet fait suite à des négociations âpres entre le producteur et les ayant droits. Le casting devrait s'avérer une bataille toute aussi épique pour trouver la comédienne juste.

Un classique de la BD pour enfant adapté au cinéma

Posté par vincy, le 21 août 2009

Une rentrée des classes, une maîtresse pas commode, une nouvelle école. L'histoire de Jean dans Ma Maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill est devenu un classique de la BD dès sa parution en 2007. Dessinée par Emile Bravo (un proche de Marjane Satrapi) et scénarisé par Jean Regnaud va être portée au grand écran pour 5 millions d'euros. Pour l'instant, la société de production, Label Anim est de présenter le projet au prochain Cartoon Movie en mars 2010 et de lancer la production dans l'année qui suit.

Un auteur BD de plus passe à la réalisation

Posté par vincy, le 21 août 2009

Enki Bilal, Marjane Satrapi (1,2 millions de spectateurs pour Persépolis), Riad Sattouf (900 000 spectateurs pour Les beaux gosses), et bientôt Joann Sfar (Le chat du Rabbin et Serge Gainsbourg une vie héroïque)... les auteurs de BD n'en finissent plus de sortir des cases pour apprivoiser l'image en mouvement. Dernier en date, Pascal Rabaté, à qui l'on doit les illustrations dans le spectacle de Yolande Moreau, Sale affaire du sexe et du crime. L'auteur est connu pour sa série Ibicus, d'après le roman de Tolstoï, doublement primé au festival d'Angoulême, et aussi pour des ouvrages comme Un ver dans le fruit, Les cerisiers, Signé Raoul... Surtout, il a reçu les éloges de la critique pour Les petits ruisseaux, paru en 2006.

C'est justement l'adaptation de cette BD qui l'a décidé à passer derrière la caméra. Il avait déjà expérimenté la vidéo numérique avec Cavaliers faciles. Produit par Loin derrière l'Oural pour 3,4 millions d'euros, le film se tourne actuellement en Touraine. Car il s'agit bien d'un film et pas d'un dessin animé.

Le rôle principal a été confié à Daniel Prévost. Il interprète un veuf installé dans sa routine, pêchant avec un autre retraité qui lui raconte sa vie amoureuse et sexuelle cachée de tous. Ce dernier meurt, et notre veuf va avoir envie de redevenir adolescent et de changer sa vie. Prévost est entouré de Bulle Ogier et Hélène Vincent.