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Cabourg 2018 : Raoul Taburin, de Sempé à Benoit Poelvoorde

Posté par kristofy, le 18 juin 2018

Le Festival du Film de Cabourg a donné un Prix coup de cœur au dessinateur Sempé, le créateur de la bande-dessinée Raoul Taburin qui a été adaptée en film : avant sa sortie le 31 octobre, on a ainsi pu le découvrir en avant-première !

Sempé, le nom d'artiste de Jean-Jacques Sempé, est connu pour avoir inventé et dessiné un petit garçon prénommé Nicolas. Durant les années 60, il développera avec ce personnage des petites histoires tendres et drôles avec René Gosciny comme scénariste : c'est le début du succès du célèbre Le petit Nicolas. Plusieurs recueils de cette bande-dessinée ont été transmis de génération en génération pour le faire devenir un héros intemporel, et cinquante après sa création sur papier il a été transposé sur le grand écran de cinéma.

En 2009, Laurent Tirard réalise Le petit Nicolas avec Kad Merad et Valérie Lemercier dans les rôles des parents, puis une suite en 2014 avec Les vacances du petit Nicolas. Sempé sera pour toujours relié à cet enfant mais ses dessins représentent un champs bien plus vaste : des dessins de presse en rapport avec l'actualité, et une centaine de couvertures pour le magazine américain New Yorker, et surtout 26 albums de bande-dessinée avec d'autres nouveaux personnages et d'autres histoires humoristiques où il s'amusait autant de sa jeunesse que du présent. Sempé a vécu diverses aventures avec ses crayons, mais aussi avec ses vélos ! Un de ses premiers jobs adolescents est livreur à bicyclette, quand il habitait à New-York il se déplaçait beaucoup à vélo...

En 1995 parait le livre Raoul Taburin qui a été maintenant transposé en film : si quelqu’un s’y connaît en roulements à billes, pignons, dérailleurs, c’est bien Raoul Taburin, marchand de cycles à Saint Céron. Sa réputation est telle qu’en ville on ne dit plus un vélo, mais un taburin. Il a la chance d’être également heureux en ménage avec Madeleine. Pourtant, Raoul Taburin cache un terrible secret que personne ne connaît : il n’a jamais su tenir en équilibre sur un vélo... C'est un imposteur malgré lui qui risque d'être découvert à partir du jour où le photographe Hervé Figougne arrive dans le village pour y photographier ses habitants, et il souhaite faire le portrait de Raoul Taburin sur un vélo...


Raoul Taburin s'est tourné l'année dernière dans la Drôme, sous l'impulsion du réalisateur Pierre Godeau qui voulait mettre en scène cette adaptation, et avec le scénariste Guillaume Laurent (c'est un univers un peu "améliepoulainesque"). A l'écran, Taburin est Benoit Poelvoorde, sa femme Susanne Clément, son père Grégory Gadebois, et Figougne Edouard Baer...

Pour cette toute première projection publique, presque toute l'équipe du film était à Cabourg : Benoit Poelvoorde, Edouard Baer, Guillaume Laurent, Pierre Godeau, et Sempé bien entendu.

Pierre Godeau : « Quand on a envoyé le scénario on a reçu des réponses 'oui' beaucoup plus rapidement que d'habitude, parce que c'était indiqué que c'était une adaptation des dessins de Sempé. Benoit Poelvoorde a dit 'oui' très vite car c'est un grand fan des dessins de Sempé, il connaissait déjà presque tout de lui. C'est un univers de bienveillance entre la fable et le naturalisme, alors il y avait des passerelles possibles pour adapter cette bande-dessinée en film. Faire un film d’époque sans époque ça m’a beaucoup plu.»

Sempé : « Je suis proche du personnage de Taburin dans le sens où je ne sais pas très bien dessiner, alors que je suis dessinateur. Je pensais que cette bande-dessinée était inadaptable, mais maintenant je suis délicieusement ravi par le film. »

Annecy 2018 : Un homme est mort d’Olivier Cossu, à découvrir également sur Arte

Posté par MpM, le 13 juin 2018

Avant sa diffusion sur Arte ce mercredi 13 juin à 22h35 (et sur arte.tv du 6 juin au 13 juillet), le festival d'Annecy propose hors compétition le long métrage Un homme est mort d'Olivier Cossu, adapté du roman graphique de Kris et Étienne Davodeau qui raconte le combat des ouvriers du bâtiment brestois pendant les grèves de 1950. Il s'inspire de faits réels, la mort d'un ouvrier lors d'une grande manifestation organisée par la CGT et secrètement interdite par le Préfet. René Vautier, cinéaste engagé (il a déjà réalisé Afrique 50, premier film anticolonialiste français), est invité à venir témoigner de la lutte. Le film qu'il réalisera, Un homme est mort, et qui sera montré dans toute la Bretagne grâce à un cinéma ambulant, sera malheureusement détruit.

C'est donc à un film sur un film disparu que s'est attelé Olivier Cossu, dont c'est le premier long métrage, et qui vient plutôt du domaine des effets visuels. Pour cela, il a dû faire face à un défi de taille, réaliser un long métrage d’animation avec un budget limité (2 millions d'euros, dont 1,6 M€ pour la fabrication) qui l'a poussé à travailler dans une grande économie de moyens. Il a dû notamment renoncer à la fluidité généralement recherchée dans ce type de longs métrages pour privilégier le contenu des scènes et l'émotion qui s'en dégage.

On peut ainsi être décontenancé par l'aspect parfois statique de certaines scènes qui auraient gagné à avoir plus d'ampleur, notamment lors du grand moment de bravoure de la manifestation. Mais Olivier Cossu contourne le problème avec de larges mouvements de caméra sur des décors figés ainsi que de nombreux plans rapprochés qui créent l'illusion du mouvement. Ce n'est finalement pas gênant de voir un seul personnage bouger au milieu d'une foule, parce que cela donne justement l'impression d'une focale portée sur lui en tant que membre d'un tout. Le propos politique et humain n'y perd d'ailleurs rien en force et en puissance, et on ne peut qu'admirer la reconstitution habile du Brest d'après-guerre et des conditions de vie déplorables des ouvriers. Ainsi, l'animation accompagne d'autant mieux le sentiment ambiant de révolte et d'injustice que son minimalisme lui permet de suggérer sans jamais souligner.

Kris et les scénaristes Guillaume Mautalent et Sébastien Oursel ont par ailleurs décidé de changer le point de vue du récit. Dans le livre, c'est René Vautier qui est au centre. Dans le film, la caméra adopte le point de vue de P’tit Zef, un des ouvriers, dont on découvre le quotidien ainsi que la rage mal contenue. Les scénaristes ont aussi souhaité rajouter des personnages féminins, car les femmes ont joué un rôle important dans le mouvement de grève. On peut toutefois déplorer qu'il s'agisse d'une mère (celle de P'tit Zef) et d'une petite amie potentielle (Paulette, après laquelle soupire P'tit Zef). Pour la mise en scène de la conscience politique des femmes de l'époque en tant que telle, on repassera. En revanche, on ne pourra pas faire l'économie de l'incontournable histoire d'amour qui apporte un contrepoint parfois bien inutile et artificiel à l'intrigue sociale.

C'est probablement le principal défaut d'Un homme est mort : répondre un peu trop au calibrage des fictions télé traditionnelles (c'est une commande d'Arte). En plus de l'histoire d'amour, il faut donc un zeste de rivalité masculine et des touches d'humour pas toujours bien amenées. Si l'on est un peu embarrassé de voir René Vautier donner des conseils sentimentaux au personnage principal, le film s'élève dès qu'il revient au cœur de son sujet : le contexte social, les revendications, la solidarité ouvrière, la lutte.

Toute l'histoire liée au film de Vautier ainsi qu'aux projections organisées dans la région est ainsi éminemment évocatrice et touchante. L'avant-dernière séquence, avec Paul Eluard, est même franchement émouvante, nous renvoyant à la conjoncture d'autres luttes, en des temps anciens qui semblent à la fois révolus et tellement proches de nous. C'est ce que semble dire en filigrane la toute fin du film, qui se vérifie aujourd'hui : "il ne faut jurer de rien, ils sont capables de tout, les patrons". D'où la nécessité d'un film comme celui-ci.

Cartoon Forum 2017 : autant en emportent les projets

Posté par MpM, le 15 septembre 2017

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas au Cartoon Forum de Toulouse qui a vu défiler plus de 80 projets de séries animées en seulement trois jours ! Lors de la dernière journée, quatre pitchs ont plus particulièrement retenu notre attention, dont trois qui sont des adaptations de livres pré-existants.

MIMI ET LISA
Production : Fool Moon et Maur Film
Réalisatrice : Ivana Šebestová

Mimi, la petite fille aveugle, et sa copine Lisa sont de retour ! Après une série télévisée, des livres, un DVD et même un film sorti en salles en avril 2016, les deux héroïnes slovaques s'apprêtent à revenir dans un "spécial" de 26 minutes intitulé Christmas lights Mystery. Les deux amies inséparables devront donc voyager dans le temps pour découvrir ce mystère des lumières de Noël et changer le passé pour illuminer le présent.

Dans un univers toujours aussi coloré et magique, les petites héroïnes font preuves d'imagination et de courage pour vivres des aventures acidulées prônant immanquablement des valeurs de tolérance et de vivre ensemble.

Le plus : on aime l'univers graphique très travaillé du projet, qui évoque parfois l'esthétique ultra-colorée des vitraux.
Le bémol : quoique de très bonne facture, ce nouvel épisode des aventures de Mimi et Lisa ne brille pas spécialement par l'originalité de son scénario.
A savoir : Mimi et Lisa est réalisé en 2D, selon une technique proche du papier découpé qui mêle tissus, crayons de couleur et aquarelles.

AUTANT EN EMPORTE LE TEMPS
Production : Amopix
Réalisateur : Mathieu Rolin

Aux côtés d'une équipe d'archéologues, le spectateur (entre 6 et 11 ans) découvre le principe des fouilles et enquête sur les civilisations passées. Chaque épisode fait découvrir une période spécifique et apporte à la fois des éléments historiques, des précisions de vocabulaire et des informations sur le métier d'archéologue. Le pilote laisse entrevoir une série très instructive qui se veut à la fois ludique et très scientifique, abordant aussi bien les traditions vestimentaires des Gaulois que leur habitudes alimentaires, ou encore la définition du carpologue (pour ceux qui ne connaissent pas, c'est une spécialité archéologique qui s'appuie sur la connaissance et l'étude des graines et des fruits).

Elle s'accompagne de jeux qui permettent aux enfants d'approfondir les sujets traités dans chaque épisode et de renforcer leurs connaissance.

Le plus : on est enthousiaste devant le contenu intelligent et riche proposé par le pilote.
Le bémol : un graphisme 3D pas très soigné et des dialogues lourdingues entre les personnages, censés apporter un contrepoint humoristique, pourraient limiter la portée de la série.
A savoir : c'est le comédien français Patrick Préjan (qui s'est notamment spécialisé dans le doublage) qui prête sa voix au narrateur.

MISTER PAPER
Production : A private view, Beast animation, Viking film et Ketnet VRT
Réalisateur : Steven De Beul & Ben Tesseur

Adapté des livres Meneer Papier d'Elvis Peeters et Gerda Dendooven, Mister paper met en scène un bonhomme de papier qui, armé de ses ciseaux , crée et fabrique son univers au fur et à mesure de ses besoins. Avec beaucoup de poésie et de tendresse, il vit des aventures minuscules plutôt destinées aux plus jeunes.

Le plus : l'atmosphère calme et tranquille tranche avec l'hystérie hachée de certaines séries télé.
Le bémol : il y a un risque que le concept minimaliste devienne répétitif et lassant.
A savoir : le film sera réalisé en 2,5 D, car le papier et le carton sont animés directement devant la caméra et que les feuilles peuvent parfois se plier ou se froisser, apportant une notion de volume.

TATSU NAGATA'S WEIRD AND WONDERFUL WORLD
Production : 99% Animation
Réalisateur : Fabrice Fouquet

C'est encore une adaptation qui a retenu notre attention, celle des Sciences naturelles de Tatsu Nagata par Thierry Dedieu (Seuil jeunesse), un important succès d'édition jeunesse qui compte 34 albums. Cette série en 2D (imaginée dans un format de 52 fois 7 minutes) suit Tatso Nagata, personnage scientifique dynamique à la curiosité et aux capacités d'analyse gigantesques, qui vit des aventures mêlant comédie et sciences naturelles.

On y retrouve à la fois le cheminement d'investigations scientifiques sur des cas concrets de problèmes écologiques et des thèmes forts liés à la préservation de l'environnement. Le trait, épuré et très graphique, respecte celui de la BD, et donne au projet un aspect moins enfantin qui convient parfaitement à la cible (8-11 ans).

Le plus : on a beaucoup aimé le pilote (traitant des moustiques) qui adopte le ton idéal (à la fois humoristique et instructif) pour une série ludo-éducative efficace.
Le bémol : bien qu'elle s'appuie sur un succès d'édition, la série peut, aux yeux des investisseurs, représenter une prise de risque en raison de sa volonté de dépouillement et de pédagogie.
A savoir : Tatsu Nagata est un véritable scientifique japonais (chercheur, expert mondial des mutations des batraciens, professeur honoraire du "Tokyo Scientific Institute") qui collabore avec les éditions Seuil Jeunesse dans le cadre de la série inspirée de son travail. On peut le retrouver sur son blog en français.

Cartoon Forum 2017 : des femmes culottées, du romantisme et un voyageur impénitent

Posté par MpM, le 14 septembre 2017

On continue le tour d'horizon des projets présentés lors de cette 28e édition du Cartoon Forum, avec trois séries animées sur lesquelles on est prêt à miser gros. Si les deux premières, françaises, sont très attendues, la troisième est une découverte sensationnelle venue du Portugal.

ROMANTISMES
Production : Silex Films
Réalisateur : Amélie Harrault

C'est probablement l'un des challenges les plus audacieux qu'il nous sera donné de découvrir lors de cette 28e édition du Cartoon Forum : une série (4 x 52 minutes) 100% animation qui raconte le Paris artistique et littéraire du XIXe siècle. Dans la continuité des Aventuriers de l'art moderne (série diffusée sur Arte en 2015), dont elle constituera une sorte de saison 2, Romantismes s'adresse au grand public (adultes et jeunes adultes) qui est invité à découvrir tout un pan parfois méconnu de l'histoire de l'art et des idées.

On y croisera notamment Victor Hugo, George Sand, Frédéric Chopin, Charles Baudelaire ou encore Eugène Delacroix, pour un autre regard sur toute une époque foisonnante de création et d'émulation artistique. La grande histoire se mêlera aux anecdotes moins connues, révélant les relations qui unissaient les plus grands artistes de l'époque, ainsi que le contexte politique et social dans lequel ils évoluaient.

La réalisatrice Amélie Harrault souhaite travailler autour des artistes et de leurs oeuvres, mais également de leurs influences, en suivant trois actes directeurs : d'une part une absolue véracité documentaire (elle réunit pour cela une équipe d'experts auprès de Dan Franck, qui est le scénariste), d'autre part un récit dramaturgique puissant et enfin un émerveillement visuel sans cesse renouvelé grâce aux mélanges des techniques d'animation. Amélie Harrault prévoit en effet de mélanger la peinture sur verre, les papiers découpés ou encore la rotoscopie avec des techniques d'animation 2D traditionnelles. Les premières recherches graphiques présentées pendant le Forum laissent en tout cas apparaître le potentiel de la démarche, qui permettra à l'animation d'épouser l'esthétique des courants artistiques abordés et de recréer l'ambiance stylistique de l'époque. Un apport indispensable (évidement offert par l'animation) pour rendre ce type de programme à la fois plus vivant et plus enrichissant.

Le plus : un projet d'auteur de grande envergure, qui se donne les moyens artistiques de réussir sans chercher à flatter le spectateur.
Le bémol : il faudra attendre, au mieux, fin 2021 pour découvrir Romantismes sur le petit écran.
A savoir : Amélie Harrault a remporté le César du meilleur court métrage d'animation en 2014 pour Mademoiselle Kiki et les Montparnos. Elle a également réalisé Les Aventuriers de l'art moderne.

CULOTTÉES
Production : Agat Films & cie
Réalisatrice : Sarah Saidan

Énorme succès de librairie, les deux tomes de Culottées signées Pénélope Bagieu (Gallimard) devraient arriver sur nos écrans à l'hiver 2018, sous forme de 30 épisodes de 3 minutes. On ne se fait pas tellement de souci pour ce projet qui capitalise sur la popularité de l'auteur et les bonnes ventes des ouvrages, en plus de faire appel à une jeune réalisatrice reconnue dans les milieux de l'animation. Sarah Saidan a en effet été remarquée avec son dernier court métrage Beach flags (2014) qui a été sélectionné dans plus de 100 festivals internationaux et a remporté de nombreux prix dont celui du meilleur film à Aubagne et le Grand Prix au BIAF en Corée.

La série gardera l'idée de présenter de manière militante des femmes (souvent méconnues) qui ont joué un rôle important par le passé, que ce soit dans leur communauté ou de manière plus large au niveau national et international. On devrait ainsi retrouver l'impératrice Wu Zetian, la journaliste Nellie Bly, le groupe The Shags et la travailleuse sociale Leymah Gbowee. Visuellement, chaque épisode devrait s'articuler autour de 2 ou 3 couleurs dominantes, avec une cohérence graphique de l'un à l'autre. Comme dans la BD, le ton sera plutôt humoristique, conservant l'idée du décalage et des anachronismes.

Le plus : dans la droite ligne de la BD, la série s'annonce particulièrement engagée en faveur du droit des femmes.
Le bémol : la BD repose beaucoup sur l'ellipse, le sous-entendu et la connivence avec le lecteur, ce qui pourrait s'avérer moins compréhensible à l'écran.
À savoir : on peut toujours consulter les pages du blog de Pénélope Bagieu consacrées à Culottées sur Le Monde.

MR PASSENGER
Production : AIM Animation Studios
Réalisateur : Zepe

Venu du Portugal, Mr Messenger est un personnage ultra-stylisé, toujours représenté une carte à la main, qui évolue dans des paysages archétypaux aux formes géométriques. Ici, pas de morale, aucun message éducatif et probablement pas non plus de bons sentiments lénifiants, mais la découverte fascinante d'un univers graphique fort, inspiré d'artistes comme Kandinski et Miro, et pensé pour développer les capacités d'abstraction du jeune public (6-12 ans). On y assistera, entre humour et fantaisie, aux doutes et aux questions qui animent le personnage principal, qui se demande notamment comment ramener une étoile tombée du ciel ou part en quête de l'origine des couleurs.

Un projet évidemment totalement singulier qui s'affranchit des codes de la série pour enfants en proposant des intrigues atypiques, des références picturales inhabituelles et surtout aucune bonne conscience pédagogique ou morale. Probablement un ovni dans la production contemporaine, qui s'appuie sur les dessins somptueux de Zepe et leurs belles couleurs vives proposées en larges aplats. Exactement le genre d'œuvre conçue pour éveiller la curiosité des enfants, de même que leur goût esthétique, et non à les formater à un style de narration ou de valeurs.

Le plus : un livre a été réalisé à partir des dessins et du scénario du premier épisode, et c'est une splendeur.
Le bémol : plus ambitieux et exigeant que la moyenne (simplement parce qu'il ne prend pas les enfants pour des consommateurs décérébrés), Mr Passenger peut effrayer les investisseurs. Mais vu son potentiel, ce serait dommage de laisser le projet à l'état de pilote en attendant qu'un distribu Stuarteur plus courageux ouvre la voie et récolte tous les lauriers.
À savoir : Zepe a déjà réalisé trois courts métrages, dont Candide et Stuart, tous les deux nommés pour le Cartoon d'or.

Cara Delevingne offre la première image de Valerian sur Instagram

Posté par vincy, le 7 janvier 2016

cara delavingne valerian

C'est parti pour la plus ambitieuse production actuellement en tournage en France. Mardi 5 janvier janvier, Luc Besson a officiellement démarré dans sa Cité du cinéma le tournage de Valerian et La Cité des Mille Planètes (Valerian and the City of a Thousand Planets), adaptation de la bande dessinée de science-fiction de Pierre Christin et Jean-Claude Mézières, Valerian et Laureline (Dargaud). Le film sortira le 21 juillet 2017 dans le monde entier.

Grâce à son lobbying et sa force de persuasion, Luc Besson a fait plié les politiques et obtenu un crédit d'impôt désormais appliqué aux productions françaises tournées dans une autre langue. Le tournage n'a donc pas été délocalisé, comme ça a faillit être le cas. 170 millions d'euros pour 2740 scènes à filmer durant 115 jours de tournage grâce à 420 personnes employées: c'est du jamais vu sur le sol français.

dane dehaan valerianL'actrice principale Cara Delevingne a instagrammé la première image du plateau, lundi 4 janvier, où l'on voit le réalisateur-scénariste-producteur parler à un groupe. Elle sera Laureline tandis que Dane DeHaan incarnera Valerian. Au casting, on retrouve aussi Clive Owen, Rihanna (54,4 millions d'abonnés sur son compte Twitter), Ethan Hawke, Herbie Hancock et Kris Wu. De quoi faire le buzz et séduire toutes les cibles de la Chine aux ados).

Valérian et Laureline  sont des agents spatiaux-temporels au service du Pouvoir Central des territoires humanoïdes, chargés de maintenir l’ordre dans l’univers. Ils embarquent pour une mission sur l’incroyable cité intergalactique Alpha, une mégalopole en perpétuelle expansion constituée de milliers d’espèces différentes, issues des quatre coins de l’univers. Malheureusement, sur Alpha tout le monde ne poursuit pas les mêmes objectifs et, en réalité, des forces invisibles sont à l’œuvre et menacent notre espèce.

Cédric aussi aura droit à son film !

Posté par emeline, le 19 mars 2014

CédricAprès Boule et Bill, adapté par Alexandre Charcot et Franck Magnet, et Les Profs, réalisé par Pierre-François Martin-Laval en 2013, c'est au tour d'un autre héros de BD, Cédric, de passer sur le grand écran, devant la caméra de Gabriel Julien-Laferrière (Neuilly sa mère).

Le film, dont le tournage devrait débuter fin 2014 à Paris et en région parisienne, sera produit par Patrice Ledoux de Pulsar Productions. Les personnages, créés par Cauvin et Laudec en 1986, seront interprétés par Christian Clavier (Pépé), Audrey Lamy (la maman) et Frédérique Bel (Melle Nelly). Aucun nom n'a encore été dévoilé pour l'incarnation du facétieux Cédric et de son papa.

Pas question d'abandonner les planches de bande dessinée pour autant. Le 28e tome de la BD, Faux Départ ! , paraîtra le 21 mars en librairie. Depuis 25 ans, la série compte près de 11 millions d'exemplaires et a été traduite en 15 langues. Un succès qui pourrait porter bonheur à Gabriel Julien-Laferrière, dont le nouveau film SMS sort le 16 avril prochain (lire notre actualité du 18 mai 2012).

Deux autres succès du 9e art sont attendus dans les prochains mois : Les Nombrils et Benoît Brisefer.

Arras 2013 : trois questions à Solveig Anspach pour Lulu femme nue

Posté par MpM, le 9 novembre 2013

lulu femme nue - Arras 2013Le nouveau film de Solveig Anspach, Lulu femme nue, est l'adaptation d'une bande dessinée d'Etienne Davodeau qui raconte comment, après avoir raté un entretien d'embauche, une femme décide de ne pas rentrer chez elle.

Présenté en avant-première au Arras Film Festival avant sa sortie le 22 janvier prochain, le film met en scène avec bonheur une poignée de comédiens en état de grâce : Karin Viard en femme étouffée qui retrouve le goût de vivre, Bouli Lanners en amoureux transi, Claude Gensac en vieille dame ultra féministe, Corinne Masiero en tenancière de bar irascible...

Rencontre avec la réalisatrice et coscénariste de ce portrait émouvant et bourré de charme d'une femme qui retrouve peu à peu sa place dans le monde.

Ecran Noir : D'où est venue l'idée d'adapter la bande dessinée d'Etienne Davodeau ?

Solveig Anspach : L'idée est venue d'une productrice qui s'appelle Caroline Roussel qui adorait cette bande dessinée et qui me l'a envoyé en disant : mon rêve, ce serait que tu l'adaptes, que Lulu soit jouée par Karin Viard et Charles par Bouli Lanners. J'ai lu et je l'ai fait lire à Jean-Luc Gaget qui est mon complice et on s'est dit qu'on pouvait faire quelque chose avec ça. C'est une belle histoire mais il y avait pas mal de travail car une bande dessinée, ce n'est pas un film. Et après, le truc rigolo, c'est qu'il y a eu une sorte de rendez-vous chez Gallimard, car c'est Gallimard qui édite le livre. J'y suis allée avec Jean-Luc Gaget et Caroline Roussel ( la productrice) et on ne savait pas trop à quoi allait ressembler ce rendez-vous.

On arrive dans une grande pièce avec une grande table ovale avec pas mal de monde autour, et tout au bout en face de moi, il y avait Etienne Davodeau et son éditeur. En gros, c'était : "allez-y, on vous écoute". J'avais un peu l'impression de passer un grand oral, il fallait que je défende le morceau. J'ai dit ce que j'aimais, ce que j'aimais moins, ce que je changerais. Et au cours de la conversation, j'ai appris qu'il y avait un ou d'autres réalisateurs qui allaient faire le même exercice que moi, et qu'ils allaient en choisir un. Je me suis dit : "il faut absolument que j'ai une idée de génie, que je retienne leur attention". Et donc j'ai dit "je ne sais pas qui sont les autres, mais moi j'ai un atout énorme sur eux. Moi, je sais tricoter, et pas eux, j'en suis sûre." Ils ne voyaient pas bien le rapport avec le schmilblick... Donc j'ai enchaîné : "vous allez aller au festival d'Angoulême et il fait froid là-bas. Moi je viens d'Islande et on tricote avec de la bonne laine. SI vous me choisissez, je vous promets de vous tricoter des écharpes de la longueur de l'écriture du scénario". Ca a détendu l'atmosphère ! Après je leur ai donné le DVD de Back Soon, il y a eu des mails et des échanges, et finalement Etienne a dit : "si vous nous tricotez aussi des moufles et des bonnets, c'est bon". Mais bon, là, j'ai dit "il ne faut pas exagérer quand même"...

EN : Ce qui est étonnant, c'est qu'on retrouve dans le film des thématiques de votre précédent, Queen of Montreuil, notamment l'idée des familles qu'on se construit et la figure d'une femme qui ne sait pas trop quoi faire de sa vie. C'était déjà présent dans la BD, ou est-ce venu au moment de l'adaptation ?

SA : Je crois que c'était là, même si au bout d'un moment on s'est dit qu'on allait essayer d'oublier la bande dessinée. Mais je trouve que les familles qu'on se construit, c'est une chance énorme dans la vie. On peut aimer nos vraies familles, mais les gens qu'on choisit pour faire la route ensemble, c'est peut-être ça l'important dans la vie.

EN :  La bande dessinée semble le lieu de tous les possibles. Donc adapter une bande dessinée au cinéma, qu'est-ce que cela permet de différent ?

SA : Au départ je me suis dit : "ouah, ça va être simple". Il y a des images, il y a des lieux. En plus Etienne Davodeau fait beaucoup de photos, il dessine des lieux réels. Il y avait donc une énorme matière. Mais après ce n'est pas du tout la même chose. Raconter un récit avec du cinéma ça ne ressemble pas au récit d'une BD. Quand les comédiens incarnent les personnages, il y a plein plein de choses qu'on a écrites dont on n'a plus besoin. Alors du coup au moment du montage, quand on réécrit vachement le film, il y a eu un moment où je me suis dit "j'ai envie d'enlever les scènes que j'aime un tout petit peu moins et de voir ce qui se passe". On l'a fait et on s'est rendu compte que ça crée des ellipses où le spectateur peut, lui,  imaginer et inventer des choses, imaginer le hors champ en fait. Et c'est là que le film a commencé à vraiment prendre. Et ça, c'est très différent d'une bande dessinée.

EN : Dans quelle mesure êtes-vous restée fidèle à l'histoire originale ?

SA : Il y a beaucoup de choses qu'on a inventées. Par exemple, toute la partie avec Claude Gensac, on a beaucoup inventé. Dans la BD, Lulu retourne auprès de son mari. J'avais dit à Etienne que c'était assez difficile pour moi d'envisager ça. Et puis il y a aussi beaucoup de gens qui parlent de Lulu off et ça je n'en avais pas envie. Je souhaitais qu'on soit avec elle. Plein d'autres choses. Lulu n'arrivait pas à convaincre Virginie de quitter le bar. Et au bout d'un moment, on s'est dit avec Jean-Luc Gaget qu'il fallait que Lulu parte avec une victoire. Il y a beaucoup de choses qui ont changé, mais l'esprit des personnages est là.

Jeu concours : des places pour Snowpiercer de Bong Joon-ho en salles le 30 octobre

Posté par MpM, le 16 octobre 2013

snowpiercerSnowpiercer, le nouveau film de Bong Joon-ho (Mother, The host), produit par Park Chan-wook, est né sous les meilleurs auspices.

Ce thriller futuriste de toute beauté est en effet adapté de la bande dessinée culte de Jacques Lob, Benjamin Legrand et Jean-Marc Rochette, Le Transperceneige, qui raconte comment, en 2031, la terre subit une nouvelle ère glaciaire terrible. Le dernier refuge de l'Humanité est alors un train qui tourne indéfiniment autour de la planète.

A l'occasion de la sortie nationale du film le 30 octobre prochain, Ecran Noir vous fait gagner trois places pour deux personnes. Pour participer au tirage au sort, il suffit de répondre à la question suivante :

Quel acteur, habitué aux rôles de supers héros, interprète Curtis, le personnage principal de Snowpiercer ?

Pour vous aider, découvrez la bande-annonce du film sur son site officiel.

Votre réponse et vos coordonnées postales sont à envoyer par courriel avant le 28 octobre 2013. Aucune réponse postée dans les commentaires du site ne sera prise en compte.

Glenn Close et Benicio Del Toro rejoignent Zoe Saldana et Chris Pratt dans Guardians of the Galaxy

Posté par vincy, le 31 mai 2013

Le nouveau blockbuster de Marvel, Guardians of the Galaxy, s'apprête à être tourné au Royaume Uni.

On savait que Chris Pratt (Zero Dark Thirty), qui oscille entre le surpoids et la gonflette, avait été confirmé pour le rôle de Peter Quill / Star-Lord.  Disney avait également enrôlé Michael Rooker (révélé il y a 27 ans par Henry : Portrait of a serial killer) pour Yondu et le catcheur Dave Bautista pour Drax le destructeur. Le méchant Basil Sandhurst est interprété par Lee Pace (Thranduil dans la trilogie du Hobbit). Au milieu de ce casting très viril, Deadline Hollywood a annoncé que Glenn Close et John C. Reilly étaient en négociation finale pour rejoindre le casting. Close devrait même endosser le rôle de leader des Nova Corps. Enfin la gracieuse Zoe Saldana (Avatar) a été choisie pour être Gamora.

Les gardiens de la galaxie sont une équipe rassemblant plusieurs héros Marvel. Le studio a opté pour la deuxième équipe, celle lancée en 2008 par l'éditeur, et non celle d'origine en 1969. A priori les Avengers (qu'ils croisent dans leurs aventures) ne feront pas partie de l'équipe.

Cela fait trois ans que Marvel développe le projet et la société a déposé la marque pour toutes sortes de produits dérivés il y a un an. Disney a engagé James Gunn (Horribilis, Super) pour réaliser le blockbuster.

Le film doit sortir en août 2014.

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MàJ  [4 juin 2013] : Benicio del Toro et Karen Gillan (qui sera une méchante) ont rejoint le casting. Close et Reilly sont confirmés. Tous les comédiens ont signé pour d'éventuelles suites et spin-off.

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Lire aussi : Disney gonfle ses muscles avec Lucasfilms, Marvel et Pixar

Abdellatif Kechiche adapte un roman graphique lesbien

Posté par vincy, le 29 mars 2012

Le réalisateur Abdellatif Kechiche adapte le roman graphique de Julie Maroh, Le bleu est une couleur chaude, paru chez Glénat il y a deux ans.

L'héroïne sera interprétée par Léa Seydoux, qui, par conséquent, abandonne sa participation au film de Michel Gondry, L'écume des jours dont le tournage commence dans deux semaines. Seydoux sera remplacée par la québécoise Charlotte Le Bon, ex-Miss Météo loufoque de Canal + (Le grand journal). Face à Seydoux, c'est Adèle Exarchopoulos qui donnera la réplique.

Le bleu est une couleur chaude est l'histoire de Clémentine dont la vie bascule lorsqu'elle rencontre Emma, jeune fille aux cheveux bleus qui lui fait découvrir toutes les facettes du désir. Grâce à Emma, Clémentine va pouvoir, enfin, affronter le regard des autres.

Ce roman graphique autour de l'homosexualité féminine, sensible et touchant, a reçu plusieurs prix : celui du public au Festival d'Angoulême l'an dernier, le prix Jeune Auteur au Salon de la BD et des Arts Graphiques de Roubaix en 2010, le Prix Conseil Régional au festival de Blois en 2010 et le prix BD des lycéens de la Guadeloupe.

Il s'est pour l'instant vendu à près de 20 000 exemplaires.