Kiarostami exile sa caméra au Japon

Posté par vincy, le 4 novembre 2011

MK2 a annoncé hier le début du tournage de The End, le nouveau film d'Abbas Kiarostami. Il s'agit de l'histoire d'Akiko, jeune étudiante interprétée par Rin Takanashi (photo) qui vend ses charmes pour payer ses études (on est au japon, on le sait avec les mangas : la perversion n'a pas de limites). Elle rencontre ainsi un singulier client: un vieil universitaire très érudit, incarné par Tadashi Okuno, qui se montre d'une grande bienveillance avec elle. Entre Akiko et le vieil homme se noue une relation hors du commun.

Le tournage se déroulera pendant 8 semaines entre Yokohama et Tokyo. Le film est produit par MK2, dont ce sera la neuvième collaboration avec le cinéaste iranien, et Eurospace, le distributeur nippon des films de Kiarostami.

Son dernier film, Copie conforme, avec Juliette Binoche (Prix d'interprétation à Cannes), a attiré près d'1,2 million de spectateurs dans le monde depuis sa sortie en mai 2010.

Kiarostami a coécrit le prochain film d'Adel Yarahi, Ashnaee ba Leila, avec Leila Hatami (l'actrice principale d'Une séparation).

Rin Takanashi, ancienne top model, s'est fait remarquée dans l'adaptation du roman culte Goth (2008) et surtout dans les séries Super Sentai (séries SF pour enfants), Samurai Sentai Shinkenger, et les déclinaisons cinématographiques qui en ont découlé.

MK2 rempile avec Assayas et Kiarostami

Posté par vincy, le 12 février 2011

À Berlin, MK2 a confirmé son goût pour la fidélité, et des histoires de jeunesse.

Olivier Assayas, dont MK2 avait distribué ses deux plus importants succès à l'étranger (Carlos et L'heure d'été), commencera le tournage de son film, Après mai, après Cannes. Logique. Le film tourne autour de la jeunesse post-mai68, à travers le regard d'un jeune homme de 17 ans. le film se tournera en Europe et se veut une oeuvre sur l'engagement et un portrait de la jeunesse européenne du début des années 70. Le péril jeune n'est pas loin.

La société continue aussi sa longue histoire avec Abbas Kiarostami, qui tournera The End au Japon. Le réalisateur de Copie conforme a choisi la star nationale Aoi Miyazaki (Eurêka) pour continuer sa nouvelle thématique : comment varient les liaisons amoureuses selon les continents. La jeune étudiante japonais vend son corps pour financer et ses études et tombe dans le piège d'un triangle amoureux, avec son fiancé et un client.

Le premier film est budgété 5,5 millions d'euros et le second 3,5 millions d'euros. Après mai doit être prêt pour Venise 2012 tandis que The End ciblera Cannes 2012.

Le 13 juin, passez une journée à Téhéran à la Cinémathèque

Posté par Claire Fayau, le 11 juin 2010

une journee a teheran cinematheque francaiseAvec Une journée à Téhéran, la Cinémathèque vous propose un voyage en Iran et plus précisément une journée à Téhéran. Le cinéma iranien, vivant et créatif, est souvent le reflet d'une actualité brûlante (voir nos articles sur les réalisateurs Panahi ou Ghobadi). Kiarostami, la famille  Makhmalbaf, sont des réalisateurs internationalement connus. Une nouvelle vague de réalisateurs commencent à se faire remarquer.

La Cinémathèque nous propose une sélection de douze films (parmi lesquels Persépolis, Les Chats Persans ou encore le tout récent Téhéran ...). Mais l'événement sera incontestablement la rencontre entre l'avocate  et prix Nobel de la paix Shirin Abadi et  le scénariste Jean-Claude  Carrière (qui fait une apparition dans Copie Conforme dAbbas Kiarostami).

Il ne faudra pas manquer la table ronde "le cinéma iranien aujourd'hui" en présence des réalisateurs Sou Abadi, Bahman Ghobadi, Nader T. Homayoun, Rafi Pitts et Marjane Satrapi.

Les enfants ne seront pas oubliés avec la projection du  film Le Miroir de Jafar Panahi, et des ateliers.

Un déjeuner persan sur l'herbe et des animations musicales sont aussi prévues.  Le 13 juin , ce sera  l'occasion de (re)découvrir des œuvres d'art et d'en savoir un peu plus sur la culture iranienne. Et de célébrer l'Iran qu'on aime, celui qui aspire à la liberté en qui résiste à son régime illuminé par l'art, les manifestations et la communication.

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Tout le programme sur le site de la Cinémathèque française

Cannes 2010 : Abbas Kiarostami revient en Iran pour son prochain film

Posté par vincy, le 19 mai 2010

Alors que Copie Conforme, son premier film tourné à l'étranger, a reçu un accueil mitigé à Cannes (certains l'adorent, d'autres beaucoup moins) et que le film a pris la tête des nouveautés aujourd'hui dans les salles parisiennes, le réalisateur iranien Abbas Kiarostami a annoncé qu'il reviendrait dans son pays pour son nouveau projet.  Père et Fils, titre provisoire, aura pour vedette Hamed Behdad (Les chats persans). S'il semble impossible de raconter son histoire, Kiarostami a juste signalé qu'il en avait eut l'idée il y a plusieurs années.

Cannes 2010 : grève de la faim pour Jafar Panahi, soutenu par Kiarostami

Posté par Sabrina, le 19 mai 2010

Plus que jamais, le Festival de Cannes est aux Affaires Étrangères. Tandis que le cinéaste iranien Abbas Kiarostami réclamait la libération de son compatriote et ancien assistant Jafar Panahi lors la conférence de presse cannoise dédiée à son film Copie conforme, mardi 18 mai, une seconde missive du réalisateur emprisonné à Téhéran nous est parvenue. Énonçant d'ores et déjà ses dernières volontés en cas de décès, Jafar Panahi, qui a entamé une grève de la faim, y déclare, entre autres, avoir subi mauvais traitements, pressions et menaces à l'égard de sa famille.

"Le fait qu'un réalisateur ait été emprisonné est en soi intolérable", a déclaré Abbas Kiarostami, ne manquant pas de rappeler que "si le gouvernement iranien continue à refuser de libérer Jafar... alors il nous faut une explication parce que je ne comprends pas comment un film peut être considéré comme un crime, surtout quand ce film n'a pas encore été fait". "Lorsqu'un réalisateur, un artiste est emprisonné, c'est l'art dans son ensemble qui est attaqué", a-t-il ajouté.

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Lettre de Jafar PANAHI /18 mai 2010

Par la présente je déclare les mauvais traitements subis dans la prison d’Evin.

Samedi 15 mai 2010, les gardes de la prison sont entrés subitement dans notre cellule n° 56. Ils nous ont emmené, moi et mes camarades de cellules, nous ont dénudé et gardé dans le froid pendant une heure et demie.

Dimanche matin, ils m’ont emmené dans la salle d’interrogatoire et m’ont accusé d’avoir filmé l’intérieur de ma cellule, ce qui est complètement faux. Ils ont par la suite menacé d’emprisonner ma famille à Evin et de maltraiter ma fille dans une prison insécurisée dans la ville de Rejayi Shahr.

Je n’ai rien bu ni mangé depuis dimanche matin, et je déclare que si mes volontés ne sont pas respectées, je continuerai mes instants sans boire ni manger. Je ne veux pas être un rat de laboratoire, victime de leurs jeux malsains, menacé et torturé psychologiquement.

Mes volontés sont :

- La possibilité de contacter et de voir ma famille, et l’assurance totale de leur sécurité.

- Le droit d’avoir et de communiquer avec un avocat, après 77 jours d’emprisonnement.

- Une liberté sans condition jusqu’au jour de mon jugement et du verdict final.

- Enfin, je jure sur le cinéma, auquel je crois : je ne cesserai ma grève qu’une fois mes volontés assouvies.

 Ma dernière volonté est que ma dépouille soit rendue à ma famille pour qu’elle puisse m’enterrer où elle le souhaite.

Jafar PANAHI
(Source : Centre Culturel Pouya / Déclarations relayées via le site La règle du jeu)

Cannes 2010 : enfin une lettre de Jafar Panahi !

Posté par Sabrina, le 18 mai 2010

Dès mercredi 12 mai 2010, lors de la cérémonie d'ouverture de ce 63e Festival de Cannes, Tim Burton rendait hommage à Jafar Panahi, lui consacrant un fauteuil vide parmi ceux des membre du Jury.

Emprisonné dans son pays à la prison d'Evin (Téhéran) pour avoir préparé un film sur la réélection contestée du Président Mahmoud Ahmadinejad, le cinéaste iranien Jafar Panahi a réussi à faire parvenir un message à l'attention, notamment, du Festival de Cannes, de Gilles Jacob, de Bernard Kouchner ainsi que de notre ministère de la Culture et de la Communication. Message que l'on pouvait entendre du haut des marches, dès le samedi 15 mai, minutieusement lu par Frédéric Mittérand entouré, entre autres, d'Armin Arefi, journaliste et auteur franco-iranien ainsi que d'Abbas Bakhtiari, directeur du centre culturel Pouya, à Paris.

L'idée même de cette missive a été instiguée par Agnès Varda et Bertrand Tavernier. Bernard Henry-Levy, appuyé par toute la famille Panahi a, quant à lui, aidé à faire sortir le message du réalisateur de la prison d'Evin.

Rappelons que Jafar Panahi est l'un des cinéaste iraniens les plus éminents et connus à l'étranger. Il appartient à ce qu'on appelle désormais la "nouvelle vague iranienne". Ancien assistant d'Abbas Kiarostami (lequel montera bientôt les marches avec Copie conforme, en lice pour cette Palme d'Or 2010, ndlr), on lui doit, entre autres, Le ballon blanc(Caméra d'Or, Cannes 1995), Le Cercle (Lion d'Or, Mostra de Venise 2000), L'or pourpre (Prix du Jury - Sélection Un certain Regard, Cannes 2003) ou encore, plus récemment, Hors-jeu (Ours d'argent, Berlin 2006).

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Lettre du cinéaste iranien

" Mes chers amis, veuillez accepter mes chaleureuses salutations depuis la cellule étroite et sombre de la prison d’Evin. C’est à l’occasion de la visite des membres de ma famille, que j’ai été informé de vos précieux efforts lors de la première journée d’inauguration du 63ème festival mondial de Cannes. C’est depuis cette prison, que je salue votre honneur et votre humanité. Je remercie tout particulièrement M. Frédéric Mitterrand, Ministre de la Culture, M. Bernard Kouchner, Ministre des Affaires étrangères et M. Gilles Jacob pour tous les efforts qu’ils fournissent en vue de ma libération.


Votre voix est à l’unisson avec celles de ma femme, de mes enfants et de tous mes compatriotes qui me parviennent de l’extérieur des murs de la prison et qui œuvrent pour ma liberté. Mais n’oublions pas qu’ici des milliers de prisonniers sans défense n’ont pas même une seule personne pour relayer leur détresse. Ils n’ont, tout comme moi, commis le moindre crime. Et mon sang n’est pas plus important que le leur. Je peux vous assurer que je ne signerai aucune confession forcée malgré les menaces. Je suis innocent. Je n’ai réalisé aucun film contre le Régime iranien.

C’est avec amour que je vis ces instants, en pensant à tous mes amis membres du Jury, les réalisateurs et tous les participants au festival de Cannes qui aperçoivent mon nom sur un siège vide. Avec l’espoir d’un meilleur lendemain,"

Jafar Panahi

Cannes 2010 : Ken Loach en compétition

Posté par vincy, le 10 mai 2010

ken loach route irishDepuis vendredi, la rumeur évoquait un ajout de dernière minute dans la compétition cannoise. Les festivaliers espéraient un film américain. Et c'est en fait un film britannique de Ken Loach qui s'ajoute à la liste. Route Irish rejoint ainsi Another Year de Mike Leigh (et Tamara Drewe de Stephen Frears, hors-compétition) dans le contingent d'un cinéma anglais décidément très en forme. C'est la première fois que les trois grands cinéastes de l'île sont présents simultanément dans un grand festival.

Ken Loach rejoint aussi Mike Leigh et Abbas Kiarostami dans la liste des "déjà palmés" de la Compétition. A l'origine, selon des sources internes, il avait décliné l'invitation du Festival pour présenter son film cette année, un an après Looking for Eric. Il aurait donc changé d'avis. Mais est-ce un événement tant le réalisateur est un habitué de la Croisette?

Route Irish raconte l'histoire de deux anciens soldats amoureux de la même femme et qui doivent aller en Irak pour y travailler.  Entre Liverpool et Bagdad, Loach explore les conséquences de cette guerre qui n'en finit pas.Le film serait aussi doté de séquences d'action, genre assez rare pour le cinéaste.Cependant, il insiste : le film est davantage porté sur les êtres humains et les répercussions psychologiques qu'entraînent la guerre sur leurs comportements.

Aronofsky, Eastwood et Van Sant ne seraient pas prêts pour Cannes

Posté par vincy, le 12 avril 2010

wall street 2 shia labeouf josh brolin michael douglasIl ne reste que quatre jours à Thierry Frémeaux pour boucler sa sélection du 63e Festival de Cannes. En plaçant la conférence de presse une semaine plus tôt que l'an dernier, mais dans les dates habituelles des années précédentes, le sélectionneur du plus grand festival du monde ne semble pas s'être simplifié la tâche. Il est fort probable qu'un ou deux films viennent se rajouter entre jeudi et le début de la manifestation, le 12 mai.

Selon Variety, le magazine des professionnels américains, il est désormais quasiment certain que Jean-Luc Godard (Un certain regard), Woody Allen et Abbas Kiarostami (hors-compétition), Mike Leigh (compétition) et Oliver Stone (en photo) seront de la fête. Fair Game, de Doug Liman, devrait faire un tour sur la Croisette. De même le film roumain de Cristi Pui, Aurora, devrait être en lice pour la Palme d'or. Cannes recevrait aussi deux habitués : le japonais Takeshi Kitano (Outrage) et le coréen Lee Chang-dong (Poetry).

Frémeaux avoue à Variety que c'est "difficile". "Une année très compliquée."

Pour preuve, le film de Terrence Malick. The Tree of Life, avec Brad Pitt, Sean Penn et Jessica Chastain, est dans l'incertitude spéculative. Un temps annoncé en ouverture de la Quinzaine, le film devait sortir en Franc ele 12 mai et a été décalé sine die. Il semble que le cinéaste soit toujours en salle de montage. Malick n'est pas venu à Cannes depuis 1979 (Les moissons du ciel).

Variety semble confirmé que Hereafter de Clint Eastwood, Black Swan de Darren Aronofsky et le nouveau film de Gus Van Sant ne seront pas prêts à temps. De même le Stephen Frears, l'adaptation de la BD Tamara Drewe, est encore en post-production.

Le cinéma britannique n'est pas le seul à proposer un nombre imposant de sélectionnables. C'est aussi le cas du cinéma roumain et hongrois, avec pas moins de trois cinéastes potentiellement éligibles pour la compétition.

Côté français, on murmure que le Bertrand Blier tient la corde, malgré son vif échec cannois en 2003 (Les côtelettes). Le bruit des glaçons réunit Jean Dujardin et Albert Dupontel. Olivier Assayas, avec sa série télévisée en trois parties sur le terroriste Carlo Sanchez, Carlos le Chacal, devrait être présenté dans sa forme télévisuelle (intégrale), hors-compétition.

Tout sera révélé le 15 avril en fin de matinée, avec davantage de surprises et de nouveaux talents que ces confirmations ou hypothèses assez classiques.

Cannes dévoile son affiche

Posté par vincy, le 28 mars 2010

cannes 2010 afficheJuliette Binoche. Photographiée par Brigitte Lacombe (voir son site web). Cannes en fluorescent grâce un pinceau lumineux. On attend encore la déclinaison horizontale pour le fronton du Palais des Festivals.

Le visuel bleu nuit sera donc l'affiche officielle du Festival pour cette 63e édition.  On reste cependant dans la même thématique que depuis 2006. Avant, l'illustration était reine. Depuis, les stars féminines s'affichent. Cela a commencé avec un hommage à In the Mood for Love, avec une silhouette en ombre chinoise. L'an dernier, c'était une séquence d'Antonioni qui était honorée. Lynch avait mstérieusement masquée une femme aux allures de starlette blonde platine.

Juliette Binoche sera certainement en sélection officielle au prochain festival, avec Copie Conforme, le nouveau film de l'Iranien Abbas Kiarostami.

Reflets du cinéma iranien : un voyage essentiel

Posté par MpM, le 13 mars 2009

IranDepuis 1997, l’association Atmosphères 53 organise pendant quinze jours un festival de cinéma disséminé dans toutes les salles du département de la Mayenne, sans le but de "faire découvrir des cinématographies étrangères et/ou différentes" se voulant le plus possible le "reflet de la cinématographie d’un pays ou de l’ensemble cinématographique choisi". Après des éditions consacrées au cinéma nordique (1998), du Maghreb (2005) ou encore aux "frontières" (2007), ces reflets du cinéma s’intéressent cette année à la cinématographie iranienne.

Jusqu’au 24 mars prochain, les Mayennais pourront ainsi découvrir dans plus d’une quinzaine de lieux des films de fiction, des documentaires et des courts métrages, mais aussi des conférences, stages de formation, soirées festives, expositions, rencontres, spectacles… en lien avec l’Iran. Ce qui est particulièrement intéressant dans le choix des films présentés, c’est la présence à égalité d’une sélection de films majeurs sortis sur nos écrans depuis 1979 (Où est la maison de mon ami d’Abbas Kiarostami, Le cercle de Jafar Panahi, Mariage à l’iranienne de Hassan Fathi…), mais aussi de longs métrages antérieurs (La Vache de Dariush Mehrjui ou Nature morte de Sohrab Shahid Saless) ou récents mais inédits en France (Le Lézard de Kamal Tabrizi).

Car, malgré les contraintes et la censure, la cinématographie iranienne garde un véritable dynamisme, avec une centaine de films produits par an. Il faut dire qu’il existe dans le pays une véritable tradition cinématographique. En effet, dès 1900, le roi Mozaferedin Chah découvre le cinéma lors de l’exposition universelle de Paris. Enthousiaste, il demande à son photographe (Akkas Bashi) de se procurer tout le matériel nécessaire pour ramener cet art merveilleux dans son pays. Trois ans plus tard ouvre à Téhéran la première salle de cinéma. Rapidement, certains religieux manifestent leur mécontentement : les films, qui montrent des femmes non voilées, sont jugés blasphématoires.

"Nous ne sommes pas opposés au cinéma"

Pourtant, une petite production locale voit le jour : films ruraux, mélodrames sociaux, comédies… entre 1930 et 1979, on répertorie ainsi environ 1100 films de fiction diffusés dans les 420 salles du pays, toujours sous le regard réprobateur des religieux. Curieusement, c’est l’ayatollah Khomeiny lui-même qui offre sa vraie légitimité au 7e art. "Nous ne sommes pas opposés au cinéma, mais contre son utilisation en faveur de la prostitution" déclare ainsi le grand leader après avoir vu La Vache de Dariush Mehrjui (l’histoire d’un paysan tombant malade quand sa vache meurt) à la télévision. Son discours donne le coup d’envoi à un cinéma respectant les "valeurs islamiques" et montrant le "bon chemin". Bien sûr, en parallèle, naît une autre sorte de cinéma, critique et engagée, qui tente de dénoncer ce qui ne va pas en Iran. Il est porté par des cinéastes comme Abbas Kiarostami, Mohsen Makhmalbaf, Bahram Beyzaie, Kiomars Pourahmad…

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