Mords-moi sans hésitation : un pastiche parfois incisif

Posté par elodie, le 23 novembre 2010

L'histoire : Le cœur de Becca est écartelé entre deux garçons ; l’un, mystérieux, ténébreux et trop pâle pour être en bonne santé, et l’autre équilibré et gentil qui lui fait penser à « un petit frère gay ». Dans sa quête amoureuse pour les départager, Becca va devoir affronter un dîner de famille (sans en devenir elle-même le plat principal), et échapper à un groupe de vampires aux allures de Black Eyed Peas qui aimeraient eux aussi la déguster !
Comme si ses difficultés sentimentales (et gastronomiques) ne suffisaient pas, Becca doit aussi compter avec un paternel obsédé du contrôle, qui la voit encore comme une petite fille et insiste pour la transporter partout dans un porte-bébé…
Le bal de fin d’année approche, et Becca va devoir faire des choix difficiles.

Notre avis : C’est devenu un peu une religion aux Etats-Unis. Lorsqu’un film fait un carton au box-office, il a droit à sa parodie. Après la longue (trop longue) série des Scary movie (quatre au compteur et bientôt un cinquième) c’est au tour du film phénomène Twilight d’en faire les frais. La saga qui a réuni des millions de fans à travers le monde est donc sérieusement tournée en dérision par les réalisateurs, Jason Friedberg et Aaron Seltzer, déjà bien expérimentés dans ce genre cinématographique (Spartatouille, Big Movie).

Le scénario est un pur copier-coller des deux premiers volets de la série Twilight. Ne prenant aucun risque, les deux réalisateurs ont tout simplement repris les scènes cultes des films qui, mises bout à bout et agrémentées d’un humour plus ou moins trash, donnent au final Mords-moi sans hésitation (Vampire suck en anglais : les Vampires sucent, jeu de mot  bien plus incitatif comme titre). Un clin d’œil est tout de même fait à d’autres succès de l’année comme Alice au pays des merveilles et Lady Gaga. Et puis le succès de l’original a inspiré la scène où les jeunes fans d’Edward et Jacob se battent à coup de pelles et de battes de Baseball pour savoir qui est le plus beau des deux, probablement l’une des meilleures idées du film.

Dès la première scène, le ton est donné. En voiture avec son père à l’entrée de la ville, Becca est témoin d’une poursuite entre une jeune fille et un vampire. La pauvre victime se fait croquer toute crue devant les yeux de Becca, incrédule qui malgré cet exemple flagrant n’arrive pas à comprendre que la ville est peuplée de vampires. Les chinois sont aussi pris en grippe dans ce film. En effet, losrqu’ils ne servent pas de bouclier pour arrêter une voiture folle, ils sont donnés en pâture à des vampires assoiffés de sang. Dernier détail qui stigmatise toujours les Etats-Unis,  la jeune fille est obsédée par le bal de fin d’année et le titre de reine du bal, prête à tous les vices pour arriver à ses fins (même truquer les votes). Les garces à la Nelly Olsen ont toujours plus la cote que les gentilles petites filles de La maison dans la prairie.

Toutefois, le mordant du film s’essouffle au fur et à mesure qu’on avance dans le scénario. Les multiples gags qui le ponctuent sont de plus en plus prévisibles lorsqu’on a vu les films originaux. Une chose est tout de même à souligner : la ressemblance assez troublante entre les acteurs de Twilight et ceux de la parodie. Peut-être une façon de vampiriser les spectateurs ?

Ang Lee choisit un inconnu pour incarner Pi

Posté par vincy, le 29 octobre 2010


Ang Lee a enfin trouvé son Piscine Molitor Martel, alias Pi. Le jeune Suraj Sharma a été l'élu parmi 3 000 candidats auditionnés. À 17 ans, ce sera son premier rôle au cinéma. Sharma est un étudiant indien qui vit à New Delhi.

Life of Pi (L'histoire de Pi en français) est l'adaptation du best-seller international de Yann Martel, paru en 2004.

Le tournage, souvent retardé (désistement de cinéastes comme M.Night Shyamalan, Jean-Pierre Jeunet et Alfonso Cuaron ; problèmes de financement...) commencera au début de l'année prochaine, en Inde et à Taïwan, pour une sortie déjà planifiée le 14 décembre 2012 aux Etats-Unis. Le film sera aussi la première production en 3D pour le cinéaste de Tigre et Dragon. La Fox déboursera 50 millions de $.

Le script a été écrit par David Magee (Finding Neverland, Miss Pettigrew). Il s'agit de l'histoire d'un adolescent de 16 ans qui quitte Pondichéry (Inde) pour le Canada. Sa famille embarque sur un cargo japonais, en compagnie d'animaux du zoo familial qui a fait faillite. Le navire fait naufrage et Pi dérive durant 227 jours sur un canot de sauvetage en compagnie d'un tigre du Bengale, en plein Océan Pacifique.

Feux verts pour Avatar 2 en décembre 2014 et Avatar 3 en décembre 2015

Posté par vincy, le 27 octobre 2010

La Fox a officiellement confirmé que James Cameron s'attaquerait aux deux suites d'Avatar. Le contrat est signé pour Avatar 2 et Avatar 3 qui sortiront respectivement en décembre 2014 et décembre 2015. D'ici là, le cinéaste ne devrait pas réaliser d'autres films.

Les négociations avaient commencé dès cet été. Cameron a obtenu du studio qu'il contribue à la création d'une association à but non lucratif, The Avatar Foundation, qui aidera les droits des peuples indigènes et à la lutte en faveur de l'environnement (notamment le réchauffement de la planète).

C'est le début d'une saga qui commence, à l'heure où George Lucas fait courir la rumeur d'une éventuelle nouvelle trilogie de Star Wars.

James Cameron débutera l'écriture des scénarios d'ici quelques mois afin de lancer la production dans l'année 2011. Pour l'instant, rien n'indique qu'il réalisera les deux films à la chaîne.

Lors de précédentes interviews, il n'a jamais caché l'intérêt de faire des suites après l'immense succès du premier. Il a même souvent affirmé qu'elles seraient plus faciles à filmer puisque les technologies ont déjà été expérimentées. Il ne s'agit pas, ici, d'innover techniquement, mais bien de rentabiliser tous les brevets.

Le premier Avatar a rapporté mondialement 2,8 milliards de $ cet hiver.

Pandora devrait donc révéler de nouveaux secrets dans quatre ans. Cameron abandonne du coup le projet autour de Cléopâtre, que Sony souhaite produire.

L’animation US se porte bien, Inception aussi

Posté par geoffroy, le 27 août 2010
Moi Moche et méchant, publicité

Moi, Moche et Méchant

Sans faire de bruit, Despicable Me (renommé chez nous par Moi, Moche et Méchant dont la sortie est prévue au 6 octobre prochain), nouvel opus animé du studio Universal, vient de réaliser un petit exploit aux Etats-Unis. Il est devenu, depuis le 6 août dernier, le tout premier film d’animation en synthèse hors Pixar et Dreamworks à dépasser la barre symbolique des 200 millions de dollars. Ni les Age de Glace de la Fox, ni le Happy Feet de Miller ou le Pôle Express de Zemekis n’avaient réussi pareil score. Pour les pontes d’Universal il s’agit d’un coup de maître. Budgété aux alentours des 69 millions de dollars le film est certain de dépasser Shrek 4 et de se rapprocher des 244 millions de Cars. Ce succès mérite également un grand Cocorico ! On le sait, la renommée des animateurs français n’est plus à prouver, d’où la décision du géant américain de confier la co-réalisation technique du film au studio français Mac Guff !. Belle récompense pour une équipe ayant travaillé sur Azur & Asmar de Michel Ocelot (2006) et Chasseurs de Dragons de Guillaume Ivernel et Arthur Qwak (2008).

Plus globalement, les résultats US des quatre films d’animation sortis cette année (Dragons, Shrek 4, Toy Story 3, Despicable Me) donnent le vertige puisqu’ils dépassent, sans exception, les 200 millions de dollars de recettes domestiques. Dragons, à l’image Despicable Me, fut la surprise du début d’année en s’envolant vers le succès critique et public. Shrek 4, décevant à domicile, se rattrape haut la main à l’international. Toy Story 3, quant à lui, demeure le grand gagnant de ce premier semestre. Il caracole en tête aux Etats-Unis et se retrouvera bientôt au-delà du milliard monde. Les jouets animés ont vraiment réussi leur retour.

Ces très bons résultats confirment le pouvoir d’attraction d’une animation fleurissante où la concurrence fait rage. Désormais, chaque studio propose une offre en images de synthèse convaincante, de la petite production au blockbuster estival ou de fin d’année. C’est simple, depuis 2006 le genre tourne en moyenne autour des dix films par an aux Etats-Unis. Soit presque un par mois. Conséquences : la qualité est inégale et la saturation en hausse. Néanmoins, l’offre se diversifie suffisamment pour nous proposer autre chose que des histoires mettant en scène des animaux qui parlent. Wall E représente le plus bel exemple d’une animation décomplexée en perpétuelle renouveau.

Pour la faire courte nous pourrions résumer les forces en présence de la sorte :

-          Une domination qualitative pour les films Pixar

-          Une identité en contrepoint qui fait mouche pour Dreamworks

-          Un retour récent à l’animation classique pour Disney (La Princesse et la Grenouille, 2009)

-          Des coups d’éclats pour les autres comme Happy Feet ou Tempête de boulettes géantes

-          Une mention spéciale à la Fox et à son studio d’animation Blue Sky responsable de la série l’Age de Glace ou encore de Robots.

Hors animation, Ecran Noir tenait à revenir sur l’extraordinaire succès du dernier Christopher Nolan, Inception. Mais pourquoi donc ? Pour signaler qu’il s’agit d’un film original, tiré d’un scénario original écrit de la main du cinéaste. Dans le top dix des plus gros succès de l’année (il est 5e), Inception est le seul film live qui ne soit ni une suite, ni un remake ou une adaptation littéraire. Preuve qu’il est possible de surprendre tout en réalisant un blockbuster intelligent. Un peu comme l’avait fait, en son temps, Matrix .

Avatar de nouveau en salles… est-ce bien raisonnable?

Posté par vincy, le 12 juillet 2010

Avatar "édition spéciale" (Avatar : Special Edition) ressortira dans les salles en France le 1er septembre. La diffusion se fera durant une période limitée (deux ou trois semaines) et exclusivement en 3D et IMAX 3D. Soit une cinquantaine de salles au maximum. Le film bénéficiera du même traitement ailleurs dans le monde.

La nouvelle version comprendra huit minutes supplémentaires (des scènes sur Pandora, de nouvelles créatures et de l'action inédite). Ça fait cher la minute (si l'on comprend en plus les 3 euros de lunettes).

Par conséquent, dommage pour ceux qui se sont jetés sur le DVD/Blu-ray (leader actuel des ventes) puisqu'une nouvelle galette  devrait être disponible pour les fêtes (en attendant un jour celle en 3D).

Voilà comment récolter un maximum de fric après avoir déjà plumé les fans cet hiver (cinéma) et au printemps (dvd, blu-ray).

Avatar a attiré 14 638 000 spectateurs en France et détient le record de ventes de Blu-ray.

La deuxième vie secrète de Walter Mitty

Posté par vincy, le 2 juillet 2010

Gore Verbinski (Pirates des Caraibes) a signé avec la 20th Century Fox pour réaliser le remake de La vie secrète de Walter Mitty, film de 1947. Le projet est en gestation depuis 15 ans, et il semblerait que le script de Steve Conrad ait satisfait le studio, qui voudrait commencer la production au printemps prochain.

Le film de 1947 a été réalisé par Norman Z. McLeod. Danny Kaye (Oscar d'honneur en 1955) tenait le rôle principal. Le film est l'adaptation de la nouvelle de James Thurber, qui avait proposé 10 000$ à Samuel Goldwyn pour ne pas le faire.

La Planète des singes se peuple de nouvelles têtes

Posté par vincy, le 1 juillet 2010

James Franco avait annoncé sa présence en tête d'affiche du prequel de la 20th Century Fox (voir actualité du 26 mai). La Planète des singes sera réalisé par Rupert Wyatt.

Depuis l'annonce à Cannes du lancement de la production, le casting s'est allongé avec Freida Pinto (Slumdog Millionaire et le nouveau Woody Allen) dans le rôle d'une primatologue nommée Caroline ; John Lithgow dans le rôle du père de Franco ; et Andy Serkis (alias Gollum dans Le Seigneur des anneaux) qui sera un chimpanzé dominateur conduisant au soulèvement de son espèce contre les Hommes.

Le film doit sortir dans un an, le 24 juin 2011.

L’agenda de James Franco se remplit…

Posté par vincy, le 26 mai 2010

james francoo copyright ecran noir marie-pauline mollaretJames Franco a présenté son dernier court-métrage en clôture de la Semaine internationale de la critique à Cannes (photo), jeudi dernier. Dès le lendemain, la 20th Century Fox fanfaronnait sur la Croisette  en annonçant que l'acteur avait signé son contrat pour être la star du pré-épisode ("prequel") de La Planète des Singes, Rise of the Apes. C'était l'un des rôles les plus enviés d'Hollywood. Le film sera réalisé par Rupert Wyatt (Ultime évasion).

L'histoire se déroulera de nos jours à San Francisco, juste après les expériences génétiques humaines sur les singes afin de les rendre intelligents. Franco sera un scientifique qui sera pris au piège au centre de la guerre que se livreront humains et singes. Les effets spéciaux de la WETA révolutionneront la franchise puisque ce sont les technologies développées pour Avatar qui "fabriqueront" les singes et nons acteurs costumés.

Le tournage débutera le 5 juillet pour une sortie prévue le 24 juin 2011.

A Cannes, un autre studio a voulu profiter de l'ascension de la vedette révélée par Spider-Man. Summit Entertainment négocie avec Franco pour qu'il tienne le rôle principal de Ricky Stanicky, une comédie. Ricky Stanicky n'est autre qu'un ami inventé de trois potes, qui leur permet de se trouver des excuses à toute sortes de situations. Jusqu'au jour où leurs épouses demandent à le rencontrer : ils engagent alors un acteur pour faire le job de l'ami virtuel.

D'ici là, on le verra dans William Vincent, un drame récemment projeté au Festival de Tribeca, Eat Pray Love, une comédie romantique avec Julia Roberts et Javier Bardem, 127 heures, un drame d'aventures signé Danny Boyle et Your Highness, comédie d'un autre temps, de David Gordon Green, où il sera entouré des belles Natalie Portman et Zooey Deschanel.

Berlin 2010 : l’auteur de Shutter Island passe à la réalisation

Posté par vincy, le 11 février 2010

Dennis Lehane est un écrivain spécialisé dans les polars poisseux au bord de la folie ordinaire. Clint Eastwood a transformé son Mystic River en une oeuvre dense et abyssale. Martin Scorsese va présenter Shutter Island à la Berlinale. Imposante production, assez efficace, jouissant de ses références cinématographiques, Shutter fera l'événement grâce à al présence de Gone Baby Gone) et le sera bientôt par Sam Raimi (The Given day). Il a décidé de s'occuper lui-même de sa nouvelle Animal Rescue (tiré du recueil Boston Noir) en faisant ses premiers pas en tant que scénariste et cinéaste. Avec la Fox comme producteur, il n' a plus qu'à profiter de sa venue à Berlin pour vendre son pitch aux distributeurs internationaux...
______
60e Berlinale

Oscars : le match entre James Cameron et Kathryn Bigelow, son ex, est ouvert

Posté par vincy, le 31 janvier 2010

Coup sur coup, deux Guildes très influente, celle des producteurs et celle des réalisateurs, ont préféré, comme de nombreux critiques américains en décembre, récompenser Kathryn Bigelow et ses Démineurs à James Cameron et ses Avatars.

Or, si les palmarès des acteurs sont cohérents depuis plusieurs semaines, et laissent peu de doute pour les Oscars, le match Cameron-Bigelow tourne à la guerre des Rose entre les lobbyistes des deux studios. A cela s'ajoute une rivalité factice (purement médiatique) entre ex.  L'un a déjà eu l'Oscar, l'autre pas. Les Oscars sont aussi jugés assez misogynes, ce serait une manière de se "rattraper" en la récompensant.

Etat des lieux.

D'un côté Goliath, Avatar : ses 2 milliards de $ de recettes, ses deux Golden Globes (film et réalisateur), ses 8 nominations aux British Awards, et  l'aura d'un déjà oscarisé, James Cameron.

De l'autre David, Démineurs : 16 millions de $ de recettes dans le monde, une image de revenante pour celle qui fut la seule femme à réaliser de bons films d'action dans les années 90, 7 nominations aux British Awards et meilleur film et meilleur réalisateur selon les critiques de New York, Los Angeles, Chicago. Sans oublier une flopée de prix mineurs au festival de Venise.

Deux conceptions du cinéma d'action, deux modèles économiques différents, deux visions du 7e art. Les deux ex - qui sont amis selon les journaux bien informés - se retrouveront certainement aux Oscars. La compétition séduira sans doute les journaux "people". Le résultat, lui, sera révélateur de ce que les professionnels hollywoodiens veulent afficher comme programme. On a déjà vu de nombreux favoris s'éclipser en faveur du film le plus spectaculaire et consensuel.

Mais là, la course à l'Oscar du meilleur film et du meilleur réalisateur dépasse les deux personnalités de Cameron et Bigelow et même les sujets politiques (le pacifisme en toile de fond) des deux oeuvres. Non il s'agit de savoir si on récompense l'ambition d'un Cameron et la folie de la Fox de l'avoir accompagné dans ce projet. Ou si l'on préfère l'aventure indépendante de Summit Entertainment, qui a épaté Hollywood avec sa saga Twilight, en plus d'avoir conquis le coeur des critiques américains avec Démineurs.

Dans tous les cas, disons-le, ce serait une année mineure.