A voir à lire menacé, Chaos Reigns s’arrête

Posté par redaction, le 8 juillet 2018

aVoir-aLire.com, webzine culturel, a lancé l'alerte: une menace apocalyptique risque de s'abattre sur les magazines en ligne culturels. Ces "parasites" qui osent défier la critique officielle, éparpiller le lectorat sur d'autres sites que ceux des "grandes marques", et se sont installés comme des références pour leurs lecteurs, las du "dogme" critique de la presse écrite des ancêtres.

Le site a 18 ans d'existence. Il est composé de bénévoles. Il est indépendant.

"Aujourd'hui, nous sommes condamnés en justice pour avoir publié en illustration de notre critique du film A Bout de Souffle, deux photographies que nous pensions issues du film et destinées à la presse mais ce n'était pas le cas et l'auteur des photographies s'est fait connaître et a exigé le retrait immédiat de ses oeuvres. C'est ce que nous avons fait en nous excusant mais malgré cela, le photographe nous a assigné en réparation de son préjudice tiré de la violation de ses droits d'auteur. Malgré nos excuses, notre retrait immédiat des photographies litigieuses, le Tribunal de Grande Instance de Paris nous a condamné à verser 11 000 €, sans compter les sommes que nous avons déjà exposées pour nous défendre. Même si la somme est inférieure à ce que l'auteur des photographies demandait, pour nous le coup est dur et nous n'avons tout simplement pas les réserves financières pour régler cette somme qui est exigible immédiatement" explique aVoir-aLire dans un appel à soutien (et à moyens).

Ce n'est pas le seul. Chaos Reigns, dans un message de soutien, a décidé de tout foutre en l'air: "Les nouvelles ne sont pas bonnes. Tout d'abord, nous exprimons notre soutien le plus total à nos confrères de AVoir ALire. Leur site est clairement menacé, une décision de justice a lourdement sanctionné l'équipe pour l’utilisation de deux clichés issus du film "A bout de souffle". Et ce n'est pas le seul site dans le collimateur, manifestement (d'autres ont reçu des courriers d'avocat il y a peu). Face à cette envie de fouiller et de s'attaquer à tous les sites culturels, nous fermons (pour l'instant) le site, histoire de ne pas être à notre tour menacé d'extinction. Merci de votre compréhension et bisous chaos." L'accès est désormais impossible à ce webzine décoiffant, décapant, impertinent, et là encore indépendant, coécrit par de formidables plumes.

Un pluralisme en danger

Ce sont deux mauvaises nouvelles, qui ne raviront que ceux qui veulent transformer internet en un agglomérat de "marques" industrielles et "officielles". Le web a toujours été un espace de liberté permettant à chacun de créer son espace d'expression. A cause de cette industrialisation des médias et de la dépendance à Facebook et Google, le marché publicitaire s'est réduit pour la plupart des webzines indépendants. Aussi, l'économie n'a jamais été au rendez-vous de ces "petits" sites (qui malgré tout, cumulés, font une sacrée fréquentation), qui se permettent encore de faire de la critique, de choisir librement les films, livres, spectacles dont ils parlent, et qui se produisent avec des moyens associatifs ou coopératifs. Cela donne de la visibilité à des journalistes comme cela permet un débat (virtuel) sur des œuvres culturelles alors même que la culture se réduit dans la presse écrite et à la télévision. Autrefois une référence, Les Cahiers du cinéma ne se vendent plus qu'à 16000 exemplaires en moyenne quand un Sens Critique compte quelques centaines de milliers d'utilisateurs.

aVoir-aLire ne menaçait pas grand monde, Chaos Reigns non plus. Mais ils sont utiles. Comme tous les autres. Leur économie est fragile (moins d'aides d'Etat, beaucoup moins, moins de publicité, largement moins) mais leur visibilité était indéniable et leurs contenus respectés.

Sanctions judiciaires disproportionnées

Bien sûr, un photographe mérite d'être rémunéré. Les photographes aussi deviennent précaires. Eux-mêmes se lancent d'ailleurs dans l'autopublication (sur les réseaux, dans des livres, sur le web). Généralement d'ailleurs ce sont plutôt "les vieux de la vieille" qui portent plainte. Ceux qui avaient des clichés exclusifs d'avant les années Internet. Ceux qui croient encore vivre dans une époque où le photographe était partie prenante des rédactions. L'arrivée de la diffusion numérique a bouleversé leur modèle économique, leur profession, leur statut.

En l'occurrence, ici la justice est-elle juste? Pourquoi tuer un site éditorial et 18 ans d'existence pour deux photos? Une photo, au tarif actuel, ne dépasse pas les 100-200 euros. Pourquoi réclamer à un site de bénévoles une somme astronomique (que même beaucoup de pigistes ne gagnent pas en une année, les obligeant à travailler à côté) ? Pourquoi cette cupidité meurtrière ? D'autant, que ces photos sont propagées sur Google Images. C'est Google qu'il faudrait attaquer pour la diffusion publique de ces images. Ce ne sont que des reprises, dont le copyright n'était pas mentionné. Des agences ont pris l'habitude de bien "marquer" leurs photos pour identifier la provenance et la propriété.

Si le plaignant était un réel amoureux du cinéma, et un artiste défendant la culture pour tous, il aurait du demander une somme normale, hors justice, contractualisée pour la diffusion de ses œuvres, avec mention du droit d'auteur. Là, on a juste l'impression qu'il veut encore toucher "un pognon de dingue" avec un travail effectué il y a près de 60 ans. Au final il aura tué quelques sites culturels par égoïsme. A bout de souffle ne sera connu qu'à travers des extraits et son affiche. Bref, il aurait pu voir et pu lire que ce ne sont pas les petits webzines qui le spolient, puisqu'ils contribuent, au contraire, à la perpétuation de son travail.

On peut le dire: le chaos règne désormais. L'apocalypse c'est now. Un jour plus personne ne saura à quoi ressemblait Jean Seberg faisant la bise à Jean-Paul Belmondo sur les Champs-Elysées. Ni pourquoi ce film en noir et blanc de Godard fascinait encore des jeunes critiques 50 ans après sa sortie.

L'extinction des magazines culturels indépendants a commencé. Google s'en fout. Les grands journaux seront ravis.

Amazon Studios dévoile la bande-annonce de Beautiful Boy avec Timothée Chalamet et Steve Carell

Posté par wyzman, le 27 juin 2018

Il y a quelques minutes, la division d'Amazon spécialisée dans la production et distribution de contenus audiovisuels a dévoilé la première bande-annonce du nouveau drame de Felix van Greoningen Beautiful Boy. Au casting, on retrouve Timothée Chalamet, Steve Carell, Maura Tierney et Amy Ryan.

En route pour les Oscars ?

Ecrit par Luke Davies, Beautiful Boy est un film dramatique adapté des mémoires de David Sheff, Beautiful Boy et de celles de son fils, Nic Sheff, Tweak. Le film du belge déjà auteur de Belgica raconte len somme 'expérience particulièrement déchirante d'une famille touchée par les addictions et dépendances pendant plusieurs années. Timothée Chalamet et Steve Carell incarneront respectivement Nic et David Sheff. Attendu pour le 12 octobre aux Etats-Unis, Beautiful Boy sera visible en France à partir du 21 novembre.

Sacré d'un César 2014 du meilleur film étranger pour Alabama Monroe, Felix van Groeningen est reparti de Sundance 2016 avec un Prix de la mise en scène pour Belgica. Cette année, son Beautiful Boy fait déjà office de candidat sérieux pour les prochains Oscars. Et cela, notamment parce que son acteur principal Steve Carell n'en finit plus de surprendre. Après avoir impressionné dans Foxcatcher, il a prouvé qu'il était bien plus qu'un acteur comique en apparaissant dans The Big Short et Battle of the Sexes. Sa performance de père en pleine perte de contrôle pourrait lui valoir sa seconde nomination en tant que meilleur acteur.

En parlant de seconde nomination, Timothée Chalamet est également concerné. Acclamé par la critique et adoré par le public, il était la révélation de 2017 aux Etats-Unis. En jeune Italien qui découvre sa sexualité et l'amour, il a ému la planète entière dans Call Me By Your Name avant de briser le cœur des spectateurs de Lady Bird. Un acteur à suivre, on ne cessera jamais de vous le dire !

Prix Jean Vigo 2018 : Yann Gonzalez et Jean-Bernard Marlin lauréats ex æquo

Posté par wyzman, le 15 juin 2018

Créés en 1951, les Prix Jean Vigo ont pour but de récompenser l’indépendance d’esprit, la qualité et l'originalité des cinéastes de court et long métrages. Sans jamais prétendre saluer l’excellence d’un film, le Prix Jean Vigo est régulièrement remis à un auteur d'avenir, un homme ou une femme qui mérite d'être découvert.e à travers sa passion et son don. Les organisateurs le rappellent tous les ans, le "Vigo" n'est pas un prix de consécration mais un prix d'encouragement.

Cette année, le jury était composé de : Marie Desplechin, Leïla Férault, Sophie Fillières, Charlotte Garson, Alain Keit, Jacques Kermabon, Quentin Mével, José María Riba, Nicolas Sand, Marcos Uzal et Gérard Vaugeois. Ils ont eu pour mission de visionner tous les films français datant de juillet 2018 à mai 2018. Annoncés lundi au Centre Pompidou et par Agnès Varda herself, les lauréats étaient on ne peut plus méritants. La surprise venant bien évidemment de Jean-Bernard Marlin et Yann Gonzalez, ex æquo face au Graal.

Le Vigo d'honneur : Jean-François Stévenin

Le Prix Jean Vigo du court-métrage : Guillaume Brac (L'Amie du dimanche)

Le Prix Jean Vigo du long métrage : Jean-Bernard Marlin (Shéhérazade) ex æquo avec Yann Gonzalez (Un couteau dans le cœur)

GLAAD Media Awards 2018 : Une femme fantastique, This Is Us et Britney Spears récompensés

Posté par wyzman, le 13 avril 2018

C'est hier soir qu'avait lieu la 29e cérémonie des GLAAD Media Awards. Depuis 1990, l'Alliance des Gays et Lesbiennes Contre la Diffamation (GLAAD) récompense les personnalités, œuvres et projets engagés pour une meilleure représentation des personnes LGBTQ. Lors de l'annonce des nominations en janvier dernier, nous avions noté les présences de Call Me By Your Name et 120 battements par minute.

Particularité des GLAAD Media Awards, la cérémonie est scindée en deux. La première partie, celle d'hier soir, se déroulant à Los Angeles tandis que la seconde aura lieu le 5 mai prochain à New York. En attendant, notez que c'est le drame de Sebastian Lelio Une femme fantastique qui a raflé le prix du meilleur film avec une sortie limitée aux Etats-Unis. Il éclipse ainsi 120 battements par minute de Robin Campillo et God's Own Country et Francis Lee. Voici la liste des premiers gagnants annoncés hier soir :

MEILLEUR FILM (SORTIE LIMITÉE)

BPM (120 battements par minute) (The Orchard)
Une femme fantastique (Sony Pictures Classics)
Seule la terre (God's Own Country) (Samuel Goldwyn Films/Orion Pictures)
Thelma (The Orchard)
The Wound (Kino Lorber)

MEILLEURE SERIE COMIQUE

The Bold Type (Freeform)
Brooklyn Nine-Nine (FOX)
Crazy Ex-Girlfriend (The CW)
Modern Family (ABC)
One Day at a Time (Netflix)
One Mississippi (Amazon)
Superstore (NBC)
Survivor’s Remorse (Starz)
Transparent (Amazon)
Will & Grace (NBC)

MEILLEURE SERIE DRAMATIQUE

Billions (Showtime)
Doubt (CBS)
The Handmaid’s Tale (Hulu)
Nashville (CMT)
Sense8 (Netflix)
Shadowhunters (Freeform)
Star (FOX)
Star Trek: Discovery (CBS All Access)
This Is Us (NBC)
Wynonna Earp (Syfy)

MEILLEUR EPISODE (de série sans personnage LGBTQ récurrent)
“Chapter,” Legion (FX)
“Grace,” Pure Genius (CBS)
“Lady Cha Cha,” Easy (Netflix)
“The Missionaries,” Room 104 (HBO)
“Thanksgiving,” Master of None (Netflix)

MEILLEUR TÉLÉFILM OU MINI-SÉRIE

American Horror Story: Cult (FX)
Feud: Bette and Joan (FX)
Godless (Netflix)
Queers (BBC America)
When We Rise (ABC)

PRIX SPECIAUX

Prix Stephen F. Kolzak remis par Ryan Murphy à Jim Parsons
Vanguard Award remis par Ricky Martin à Britney Spears

Les Figures de l’ombre devient une série pour Nat Geo

Posté par wyzman, le 7 avril 2018

La nouvelle est tombée cette semaine : le film Les Figures de l'ombre (Hidden Figures en VO) va être adapté en série sur Nat Geo, la chaîne câblée appartenant à National Geographic et 21th Century Fox. Variety révèle que le projet n'en est à l'heure actuelle qu'au stade de développement mais Peter Chernin (La Planète des Singes : L'Affrontement) et Jenno Topping (The Greatest Showman) seront tous deux producteurs exécutifs du projet. Ils ont notamment participé à la production des Figures de l'ombre.

Pour rappel, le film traite de l'histoire vraie de mathématiciennes noires ayant eu un rôle crucial à l'époque du lancement des programmes spatiaux américains. Sorti fin 2016, on retrouvait au casting des Figures de l'ombre Taraji P. Henson (Empire), Octavia Spencer (La Couleur des sentiments), Janelle Monae (Moonlight) et Kevin Costner (Batman v Superman). Le film de Theodore Melfi a remporté 32 prix dont 3 Image Awards, 2 BET Awards et 2 MTV Movie Awards.

Nouveau pas effectué du côté des séries, Nat Geo a marqué les esprits avec la première saison de Genius, nommée 10 fois aux Emmy Awards. Bien avant l'adaptation série des Figures de l'ombre, Nat Geo fera la Une avec la diffusion de The Long Road Home, une mini-série centrée sur la guerre en Irak et qui sera diffusée à partir de novembre.

Les Soprano reviennent sur grand écran

Posté par wyzman, le 14 mars 2018

C'est l'info dont les fans de séries dramatiques ne peuvent s'empêcher de parler depuis quelques jours : Deadline a révélé la semaine dernière que Les Soprano vont revoir le jour sous forme de prequel pour le cinéma ! D'après le média américain, le créateur de la série, David Chase, est déjà bien avancé dans l'écriture du script le plus important de sa carrière.

Pour l'instant baptisé The Many Saint of Newark, le prequel des Soprano traitera directement de émeutes de 1967 survenues à New York et au cours desquels Noirs américains et descendants d'immigrés italiens s'opposaient. Au cours de quatre jours d'émeutes, pillages et violences ont causé la mort de 26 personnes.

Malgré les décès de James Gandolfini et Frank Vincent, deux stars de la série, il y a de fortes chances pour que l'on retrouve des têtes connues au générique du prequel. On pourrait ainsi y retrouver le père de Tony Soprano, "Johnny Boy" Soprano, sa femme Livia ainsi que Corrado "Junior" Soprano, son oncle. Deadline assure en outre que David Chase aura un droit de regard sur le réalisateur et co-écrira le scénario du film son Soprano-buddy, Lawrence Kooner. Ce dernier a en outre écrit les scénarios de La Planète des Singes (2001) et de quelques épisodes de Boardwalk Empire.

Bien que le projet n'a pas encore de date de sortie, il va sans dire que l'on attendra The Many Saints of Newark avec impatience. Pour rappel, Les Soprano ont marqué l'histoire de la télévision américaine en étant l'étendard de HBO ainsi que sa série la plus suivie (jusqu'à Game Of Thrones) et en remportant pas moins de 21 Emmy Awards et 5 Golden Globes au cours de ses 6 saisons. La dernière fois que l'on a entendu parler de David Chase, c'était en 2012. Il dévoilait son premier long-métrage, Not Fade Away, qui a malheureusement fait un flop retentissant.

Danny Boyle (Trainspotting) et Richard Curtis (Love Actually) préparent une comédie

Posté par vincy, le 11 mars 2018

En attendant de savoir s'il réalisera le prochain James Bond, Danny Boyle accélère son projet dans les cartons: une comédie (sans titre pour l'instant).

L'actrice Lily James, récemment vue dans Downton Abbey, Cendrillon, Baby Driver et Les heures sombres, et bientôt à l'affiche de Mamma Mia! Here we go again, serait en négociations pour en être la vedette.

Le réalisateur de Trainspotting, 27 Hours et Slumdog Millionaire, fait équipe avec le scénariste Richard Curtis, à qui l'on doit Coup de foudre à Notting Hill, Le journal de Bridget Jones et sa suite, Love Actually, 4 mariages et 1 enterrement, Cheval de guerre et Il était temps. Les deux hommes sont aussi producteurs pour ce film encadré par Working Title et Universal.

Danny Boyle tournerait cette comédie dès cette année, même s'il doit ensuite enchaîner avec un 007. Son agenda est chargé puisqu'il lancera sa série Trust ce printemps, inspirée du même fait divers que celui du dernier film de Ridley Scott, Tout l'argent du monde.

Les liaisons dangereuses entre Uma Thurman, Quentin Tarantino et Harvey Weinstein

Posté par wyzman, le 6 février 2018

En octobre dernier, Uma Thurman était interrogée par la presse sur l'affaire Weinstein, le soir de la première de sa pièce, The Parisian Woman. Ayant collaboré à de multiples reprises avec le producteur tout-puissant Harvey Weinstein, sa réaction était attendue. Mais ce soir-là, il n'y eut aucune déclaration choc, un simple "J'attends de me sentir moins en colère. Quand je serai prête, je dirai ce que j'ai à dire."

Suite d'agressions

Depuis, les accusations de harcèlement et d'agressions sexuelles se sont multipliées à l'encontre de l'homme qui a financé True Romance, Pulp Fiction, les sagas Scream et Kill Bill. Fin novembre, Uma Thurman postait alors sur Instagram un cliché extrait de Kill Bill, accompagné d'une légende dans laquelle elle laissait entendre qu'elle est également l'une des victimes de Harvey Weinstein. Fière de celles qui ont eu le courage de s'élever contre l'homme le plus détesté d'Amérique, elle teasait en outre ses propres révélations. Et ça n'a pas loupé !

Dans un long papier publié sur le site du New York Times samedi soir, l'actrice nommé aux Oscars pour son rôle dans Pulp Fiction évoque les multiples incidents qui l'ont menée à ce moment. Elle revient ainsi brièvement sur une agression sexuelle subie à l'âge de 16 ans par "un acteur, près de 20 ans plus vieux" avant d'en venir à la "première attaque" de Harvey Weinstein.

On apprend ainsi que l'actrice de 47 ans a longtemps entretenu d'excellents rapports avec le mogul et qu'au moment de la sortie de Pulp Fiction, le producteur se serait déshabillé devant elle, tentant de l'emmener avec lui dans le hamman de sa chambre d'hôtel à Paris. Visiblement resté sur sa faim, Harvey Weinstein aurait alors agressé sexuellement Uma Thurman, quelques semaines plus tard, à Londres, dans sa suite du Savoy Hotel. Le lendemain, l'actrice aurait reçu un énorme bouquet de roses jaunes, accompagnées d'une note : "Tu as de bons instincts."

Menaces

L'interprète de Mia Wallace raconte alors comme elle s'est de nouveau rendue à l'hôtel Savoy mais cette fois avec son amie la maquilleuse Ilona Herman pour confronter Weinstein. Seule avec ce dernier, elle l'aurait alors prévenu : "Si tu fais ce que tu m'as fait à d'autres personnes tu perdras ta carrière, ta réputation et ta famille, je te le promets." Le producteur l'aurait alors simplement menacée d'enterrer sa carrière. Ce qui ne fut pas loin d'être le cas... Car après quelques beaux succès durant la décennie 1994-2005, l'actrice n'a plus été à l'affiche de projets porteurs. Un comble pour celle qui a tourné avec John Boorman, Philip Kaufman, Gus Van Sant, Terry Gilliam et Stephen Frears dès ses débuts.

Accident et complot

Dans le même article du New York Times, Uma Thurman revient également sur un incident lié à Kill Bill, un film réalisé par Quentin Tarantino et produit et distribué par Harvey Weinstein. Sur le tournage, celle qui incarne La Mariée a été victime d'un grave accident de voiture qui l'a laissé "avec un coup abîmé pour de bon et des genoux foutus". Apeurée à l'idée de tourner cette scène à la place d'une doublure, Uma Thurman aurait rapidement fait part de son inquiétude à Quentin Tarantino qui lui aurait répondu : "Atteins les 64 kilomètres par heure ou tes cheveux ne voleront pas comme il faut et je te ferai refaire la scène."

"Cela a affecté notre relation pendant les deux/trois ans qui ont suivi. Ce n’est pas comme si on ne se parlait plus, mais la confiance s’était brisée entre nous. Après une année de tournage durant laquelle on avait filmé des choses bien plus dangereuses que ça. De vraies cascades. Je lui demandais de se dépasser, d’en faire elle-même le plus possible et je lui disais qu’on la protégerait. C’était le cas, elle n’était jamais blessée. Jusqu’à cet accident, 4 jours avant la fin du tournage. C’était un simple plan de conduite, on ne l’envisageait même pas comme une cascade. Et ça a failli la tuer" a-t-il déclaré cette nuit. Elle-même ne disait pas autre chose dans son texte de samedi: "Les circonstances de cet accident sont liées à des négligences qui auraient  pu être criminelles, mais je ne pense pas que c'était intentionné. Quentin Tarantino a profondément regretté cet événement, et il a encore des remords."

Conscient des dommages causés au corps et à la carrière d'Uma Thurman, le réalisateur de Django Unchained et des Huit Salopards aurait tenté de se rattraper en l'aidant à remettre la main sur la vidéo de l'accident, sur laquelle on voit clairement qu'Uma Thurman était en danger à l'intérieur du véhicule. Toujours proche de l'actrice, celui qui a été son compagnon pendant plusieurs mois confiait récemment à Deadline : "Je savais que l'article [du New York Times, NDLR] allait sortir. Uma et moi en avions parlé pendant un long moment, et décidé comment elle voulait que cela se fasse. Elle voulait de la clarté sur ce qui s'était passé au moment de cet accident, après toutes ces années. Elle a demandé si je pouvais trouver la vidéo pour elle. Je devais la trouver, 15 ans plus tard (…) Shonnan McIntosh l'a trouvée. Je n'en revenais pas."

Hier, sur Instagram, Uma Thurman a partagé la vidéo avec ses 750 000 abonnés. L'occasion pour elle de clarifier la situation : elle n'en veut pas à Quentin Tarantino - qui a publiquement présenté ses excuses pour son manque de jugement - mais à tous ceux qui ont couvert l'accident, enterré la vidéo et ont entravé la suite de sa carrière. Elle nomme ainsi  l'agence CAA qui n'a pas su protéger ses intérêts et les producteurs Lawrence Bender, E. Bennett Walsh et Harvey Weinstein. Les deux premiers auraient détruit le véhicule en question, sur ordre du troisième qui a refusé à Uma Thurman le droit de voir la vidéo en premier lieu.

Le double jeu de Tarantino

Cette nuit, Quentin Tarantino confessait qu'il se sentait coupable de l'avoir mise dans cette voiture. Il reproche au journaliste du New York Times un certain sensationnalisme déformant les faits et affirme qu'il ne connaissait rien au complot de Weinstein sur sa muse: "Je ne peux qu'imaginer que c'est ce que Harvey avait en tête" en lui interdisant d'avoir accès à l'extrait et "je ne savais pas qu'elle croyait que je faisais partie de cette tentative de dissimulation, elle m'avait juste dit qu'elle n'y avait pas accès".

Le cinéaste tombe de plus en plus haut chaque mois qui passe. La chute de Weinstein, la manière dont il a traité son égérie et sa réputation de directeur d'acteurs un peu sadique sont autant de coups qui le rendent vulnérable. Il avait déjà du se justifier, avec un peu de retard à l'allumage sur son producteur historique, obligé de prendre ses distances: "Ces dernières semaines, j'ai été abasourdi et j'ai eu le cœur brisé par les révélations faites sur mon ami de 25 ans, Harvey Weinstein. J'ai besoin de quelque jours de plus pour gérer ma peine, mes émotions, ma colère et mes souvenirs, et ensuite, je prendrai publiquement la parole." Or, ce communiqué est désormais caduque: il avoue clairement qu'il était au courant de ce que son producteur historique avait fait à Mira Sorvino (une autre de ses ex) et à Uma Thurman.

"Quand on préparait Kill Bill, Uma m’a dit qu’il avait tenté la même chose avec elle des années auparavant et j’ai compris qu’il avait un problème, qu’Harvey ‘attaquait’ ses victimes de façon systématique. Je lui ai demandé de s’excuser auprès d’Uma, sans quoi on ne pourrait pas travailler tous ensemble sur Kill Bill. Et c’est ce qu’il a fait. Je n’étais pas présent, mais je sais qu’il l’a fait. J’ai insisté, car à ce moment-là, je savais qu’Uma disait la vérité, que c’était Harvey le menteur, celui qui se cherchait des excuses, qui tentait de relativiser les faits. Il me répondait : ‘Mais tu sais, elle a dit ceci, elle a fait cela…’, mais ça ne marchait plus sur moi, je savais qu’elle ne mentait pas. Quand on ne connaît pas bien les personnes concernées, on peut avoir le bénéfice du doute, mais dans le cas d’Uma et de Harvey, il n’y avait aucun doute. Je savais qu’il mentait et qu’elle disait la vérité" a-t-il expliqué.

Ce qui ne l'a pas empêché de garder Harvey Weinstein comme producteur jusqu'à l'an dernier. Et encore, il a fallu l'Affaire Weinstein pour que Tarantino cherche un autre studio.

Et maintenant ?

Canonisée après ses performances dans Pulp Fiction et Kill Bill, Uma Thurman peine aujourd'hui encore à trouver des rôles à la hauteur de son talent, se contentant de navets (Ma Super ex, Un mari de trop, Bel ami) et d'apparitions dans des films où elle est loin de marquer les esprits (Savages, A vif !). Il n'y a bien que Lars von Trier qui lui offre encore un peu de lustre dans sa filmographie et le Festival de cannes qui lui permet de rester dans la lumière. Comme de nombreuses actrices jugées trop âgées par des producteurs de cinéma, c'est désormais à la télévision qu'elle s'épanouit. En 2012, elle faisait des ravages dans le drama musical Smash, avant de voler la vedette à ses co-stars dans The Slap et Imposters.

Guillermo Del Toro couronné par la Directors Guild of America

Posté par vincy, le 4 février 2018

Si l'Oscar du meilleur film reste ouvert, celui du meilleur réalisateur semble définitivement réservé à l'avance par Guillermo del Toro. The Shape of Water part favori pour les statuettes du 4 mars après avoir raflé un Lion d'or à Venise, et le prix du meilleur film de la Guilde des producteurs. Hier soir, il a ajouté le Prix du meilleur réalisateur remis par la Directors Guild of America.

C'est la quatrième fois qu'un cinéaste mexicain en quelques années remporte ce prix, après ceux d'Alejandro Gonzalez Inarritu (Birdman, The Revenant) et d'Alfonso Cuaron (Gravity). L'an dernier, Damien Chazelle avait gagné grâce à La La Land, puis remporté l'Oscar du meilleur réalisateur quelques semaines plus tard (mais pas celui du meilleur film, alors qu'il partait favori).

Il était face à Greta Gerwig (Lady Bird), Martin McDonagh (Three Billboards Outside Ebbing, Missouri), Christopher Nolan (Dunkerque) et Jordan Peele (Get Out).

Ce dernier n'est pas reparti bredouille puisque la DGA a récompensé Jordan Peel en tant que meilleure première réalisation. parmi les autres prix, notons ceux de Matthew Heinemen pour City of Ghosts (meilleur documentaire), Reed Morano pour The Handmaid's Tale (meilleure série dramatique), Beth McCarthymiller pour Veep (meilleure série comique), le québécois Jean-Marc Vallée pour Big Little Lies (meilleure minisérie ou téléfilm) et Niki Caro pour Anne with an E (meilleur programme jeunesse).

Netflix se rapproche de Luc Besson pour atteindre EuropaCorp

Posté par wyzman, le 30 janvier 2018

Il y a quelques minutes seulement, le très sérieux magazine américain Variety a révélé que des négociations étaient en cours entre le réalisateur français et le géant américain du streaming. Ces négociations concerneraient directement EuropaCorp, le studio de production co-fondé par Luc Besson en 1992.

Partenariat ou rachat ?

D'après le média, Netflix souhaiterait conclure un accord avec Luc Besson pour qu'il réalise et produise plusieurs films au budget avoisinant les 30 millions de dollars (chacun). Et EuropaCorp dans tout ça ? Le studio est loin d'être mis de côté puisque le service de streaming aimerait trouverait un accord avec les cadres de celui-ci afin de s'offrir leur catalogue estimé à 150 millions d'euros. Pour rappel, le catalogue d'EuropaCorp compte en son sein les franchises Taken, Taxi, Le Transporteur mais également Arthur et les Minimoys.

Si des discussions concernant un partenariat avaient d'abord été engagées l'an dernier, celles-ci ont vite changé dès lors que Netflix a pris conscience du potentiel du catalogue en question. Comme le remarque la journaliste Elsa Keslassy : "l'acquisition des droits sur les célèbres franchises de Besson permettrait à Netflix de nourrir son canal avec des adaptations télévisuelles et cinématographiques qui ont un attrait mondial. Besson rejoindra une flopée de réalisateurs, notamment Martin Scorsese et Damien Chazelle, qui ont commencé à travailler avec Netflix".

Construit sur un modèle simple (grosse vente à l'international et partenariat avec des distributeurs indépendants), EuropaCorp ne parvient toujours pas à se sortir de l'eau depuis l'échec critique et commercial de Valerian. En septembre dernier, sa dette était estimée à 230 millions d'euros tandis que la société a perdu 60% de sa valeur en bourse depuis la sortie du blockbuster le plus cher de l'histoire du cinéma français. Bien que le magnat tunisien Tarak Ben Ammar et le studio Lionsgate soient très intéressés par le rachat d'EuropaCorp, Netflix pourrait bien remporter la partie, devenant ainsi l'un des plus grands, voire le plus grand fournisseur de films français dans le monde.