Chronologie des médias et Netflix: la France et l’Italie divergent sur la stratégie

Posté par vincy, le 15 novembre 2018

Le Festival de Venise n'en finit pas de déclencher des répercussions sur la chronologie des médias. Les différents prix, dont le Lion d'or, obtenus par les productions Netflix, ont contraint la plateforme de streaming à revoir sa stratégie de distribution afin de pouvoir concourir aux Oscars.

Un décret italien souple

Mais cette fois-ci c'est un pays qui change ses règles. Le ministre de la Culture italien Alberto Bonisoli vient de signer un décret pour les œuvres cinématographiques de nationalité italienne bouleversant la chronologie des médias. Le délai de la fenêtre d'exclusivité de la salle est actée à 105 jours. Après ces trois mois et demi, un film peut-être diffusé sur n'importe quel autre support. Il y aura une exception: 60 jours pour la diffusion sur un autre support pour les films distribués sur moins de 80 copies ou ceux ayant récolté moins de 50000 entrées en 21 jours. Si un film tient l'affiche seulement rois jours, il pourra être diffusé ailleurs dix jours plus tard: une clause visiblement faite pour Netflix qui souhaite distribuer en salles certains de ses films seulement pour pouvoir concourir aux prix nationaux comme les Oscars. Cette fois-ci, l'ANICA, le syndicat des distributeurs, s'est félicité de cet accord.

Rappelons que la crise a été provoquée lors du Festival de Venise avec la projection dans la section Orizzonti de Sulla mia pelle (Sur ma peau) d'Alession Cremonini, film directement concerné par ces nouvelles règles. Le film a été distribué simultanément dans les salles par Lucky Red et sur Netflix. Les exploitants se sont alors insurgés de la concurrence déloyale de Netflix d'un côté et de la vitrine offerte à Netflix par le Festival de l'autre. Le président de Lucky Red avait d'ailleurs démissionné de l'ANICA. Lucky red a aussi distribué un autre film Netflix, 22 July de Paul Greengrass, durant quelques jours. Et Netflix annonce une sortie en décembre dans quelques cinémas de Roma, d'Alfonso Cuaron, Lion d'or à Venise.

C'est la première fois que l'Italie légifère sur la chronologie des médias.

Canal + plutôt que Netflix

A l'inverse, en France, le récent accord, il y a une semaine, entre Canal + et les organismes du cinéma (Blic, Bloc et L'ARP) ont modifié la chronologie des médias, sans résoudre le problème Netflix. Ce nouveau texte, qui rend pérenne le financement du cinéma français par Canal +, modifie à la marge les fenêtres d'exclusivité.

Toutes les fenêtres de diffusion sont avancées: 6 à 8 mois pour Canal + (ou OCS) au lieu de 10 par exemple. Une chaîne gratuite pourra diffuser les films à partir de 19 ou 22 mois au lieu de 30. Un service de streaming comme Amazon ou Netflix devront attendre 28 ou 30 mois après la diffusion en salles, au lieu de 36 actuellement. Un comble si le film est produit par une plateforme de SVàD. Pour la vidéo et la vidéo à la demande, le délai est de 4 mois sauf pour les films ayant réalisé moins de 10000 entrées (3 mois après la sortie en salles). Il y a aussi quelques dérogations et exceptions, notamment pour les documentaires et les fictions au budget inférieur à 1,5M€.

Des séries Star Wars, Marvel et Pixar pour vendre la plateforme Disney +

Posté par vincy, le 11 novembre 2018

Disney lancera fin 2019 sa plateforme de streaming Disney+. Ce nouveau venu dans l'univers déjà chargé du streaming (Amazon, Netflix, Apple, etc...) va devoir convaincre qu'il est plus intéressant que les autres. Car les portefeuilles ne sont pas extensibles. Difficile pour un foyer de s'abonner à plus de deux services de streaming. Or, avec les plateformes nationales (en France celle de Canal + et celle à venir Salto), le marché se sature tout seul...

Mais Disney a de bons arguments. Disney + sera la marque familiale du groupe en SVàD, fédérant ainsi les contenus estampillés Disney, Star Wars, Marvel, Pixar et National Geographic (que Disney récupère en fusionnant avec la Fox). Cela comprendra aussi bien du contenu des catalogues de ces marques que des créations liées à ces labels.

Dès le début 2019, le groupe lancera la production d'une série tirée du long métrage Rogue One: A Star Wars Story. Dans ce prequel, le comédien Diego Luna reprendra son personnage de Cassian Andor. Une autre série issue de l'univers Star Wars, The Mandalorian, sera réalisée par Jon Favreau. La série aura pour héros un guerrier solitaire, un Mandalorien, appartenant à un clan de combattants ancestral (Boba Fett et Jango Fett portent une armure mandalorienne, et se déroulera entre les Épisodes VI et VII.

Loki, le frère de Thor chez Marvel, aura sa série. Tom Hiddleston reprendra son rôle (même s'il est officiellement décédé dans le dernier Avengers). Idem pour les héros Pixar de  Monstres et Cie qui auront le droit à leur série animée, après deux longs métrages, en 2001 et 2013.

Netflix s’empare de Mademoiselle de Joncquières

Posté par redaction, le 10 novembre 2018

Netflix a acquis les droits de distribution internationaux (à l'exception de la France, du Benelux, de la Suisse et du Canada) du film d'Emmanuel Mouret, Mademoiselle de Joncquières.

Le film, présenté au Festival de Toronto en septembre, avait été dans la short-list pour représenter la France aux Oscars. Depuis sa sortie en salles en France, le film a séduit 530000 spectateurs, soit le plus gros succès du réalisateur.

L'adaptation d'un des récits de Jacques le Fataliste et son maître de Denis Diderot est portée par Cécile de France, connue du public anglophone pour ses rôles dans des blockbusters comme Le Tour du monde en 80 jours et Au-delà, ou des films qui ont bien voyagé à l'étranger tels L'Auberge espagnole, Quand j'étais chanteur, Un secret, Le Gamin au vélo et Django.

C'est la première fois qu'un film français va être ainsi distribué sur la plateforme au niveau mondial.

Deux séries cultes se préparent pour le grand écran

Posté par vincy, le 8 novembre 2018

Deux séries d'AMC vont être transposées sur grand écran. Breaking Bad aura sa version cinéma, selon Bryan Cranston qui y incarnait le personnage principal Walter White.

La série a duré 5 saisons (62 épisodes), de 2008 à 2013 sur la chaîne AMC. En France, elle a été diffusée sur Orange Cinémax, puis sur Arte. Elle est toujours accessible sur Netflix en intégralité. Elle a reçu 16 Emmy Awards, deux Golden Globes, 8 Satellite Awards, 3 Screen Actors Guild Awards, deux Directors Guild of America Awards, etc....

"Honnêtement, je n'ai pas lu le script", a expliqué Bryan Cranston lors d'un passage dans l'émission de radio The Dan Patrick Show. "Donc la question se pose de savoir si Walter White sera ou non dans ce film," a-t-il ajouté, tout en précisant qu'il serait partant pour reprendre le rôle du professeur devenu fabricant de drogue.

Le long métrage serait une prolongation de la série. A priori, selon plusieurs informations croisées, le film se tournerait dès cet hiver au Nouveau-Mexique. Mais, pour l'instant, ni Cranston, ni Anna Gunn, ni Aaron Paul, qui forment le trio principal, ne sont annoncés dans un projet ayant l'un lien de près ou de loin avec la série.

AMC avait également confirmé en début de semaine la transposition de sa série phare The Walking Dead en film. Là encore, c'est un de ses comédiens phares, Andrew Lincoln, qui a dévoilé le pot aux roses dans le New York Times. L'interprète de Rick Grimes en sera le personnage principal, en tout cas celui du premier film. Ce sera une trilogie cinématographique dont les tournages commenceront l'année prochaine. Le scénario est en cours d'écriture.

Carton en BD, la série est née en 2010. Elle en est à sa neuvième saison, même si son audience décline depuis l'an dernier. Lauréate de 30 prix, cette histoire de zombies est devenu un phénomène de société.

Avec ces deux projets, AMC confirme l'intérêt de multiplier les écrans - du jeu vidéo au cinéma - pour des univers "globaux" et "brandés".

Pablo Larrain, Lucia Puenzo et Daniela Vega réunis pour une série

Posté par vincy, le 15 octobre 2018

La série, nouvel eldorado des cinéastes? Le chilien Pablo Larrain s'y met à son tour en produisant La Jauria (La meute en français), qui se tournera dès janvier prochain. Producteur d'Une femme fantastique, Oscar du meilleur film en langue étrangère cette année, et Gloria (dont le remake américain sort cette année), le réalisateur est connu pour ses films politiques tels Santiago 73, post mortem, No, El Club, Neruda et Jackie.

Cette série en 8 épisodes mettra en vedette Daniela Vega, l'actrice principale d'Une femme fantastique, et Antonia Zegers, une fidèle des films de Larrain. C'est la cinéaste et écrivain argentine Lucia Puenzo (XXY, qui a reçu le Grand prix de la Semaine de la Critique à Cannes, Le Médecin de famille) qui pilotera l'écriture de ce projet.

Cette série policière en espagnol a pour cadre une école privée catholique où des étudiants en prennent le contrôle en signe de protestation contre l’agression sexuelle présumée d’un etudiant par un enseignant. Celle qui prend le leadership de cette protestation disparaît soudainement. Une vidéo apparaît où on la voit se faire violer par un groupe d'hommes non identifiables. Deux policières de la criminelle se mettent à la recherche de la jeune fille...

Dans la mouvance du phénomène #MeToo (#NiUnaMenos en Amérique latine) lancé l'an dernier, cette série s'inspire aussi d'un fait divers réel qui s'est déroulé en Espagne (l'affaire La Manada où une adolescente de 18 ans a été violée par un "gang" durant le Festival de Pampelune en 2016).

Associés à Fremantle, les frères Larrain assurent que cette série sur la révolution féministe sera majoritairement faite par des femmes.

C'est le premier projet pour Daniela Vega depuis Une femme fantastique. A l'écriture de la série actuellement, Lucia Puenzo, qui devrait filmer quelques épisodes, a récemment écrit et réalisé la série Cromo et scénarisé le film Los ultimos. D'autres épisodes seront réalisés par Marialy Rivas (Prix du scénario à Sundance en 2012) et Sergio Castro San Martin (La Mujer de Barro, sélectionné à Berlin).

La websérie « Le visiteur du futur » se prépare pour le cinéma

Posté par vincy, le 13 octobre 2018

Dans une discussion sur Twitter hier, l'auteur François Descraques a annoncé la préparation du long métrage adapté de sa websérie, Le visiteur du futur.

"C’est un projet actuellement en cours de financement produit par Pyramide et c’est avec notre équipe" explique-t-il. Un projet qui se travaille depuis 4 ans. Cette longue gestation se justifie ainsi: "Parce que faire 4 saisons, 45 Millions de vues, des BD, un roman, un jeu de plateau sur le Visiteur du Futur, c’est fort sympathique (instant frime) mais faire un « FILM », c’est une autre histoire qui demande une réflexion globale."

"L’ambition du projet est double : produire un film accessible au grand public ET aussi à destination des nombreux fans de la série. Et il m’a fallu du temps pour réussir à pondre un scénar qui remplit ces deux impératifs. (...) L’intrigue se passe après la série (et donc après le roman La Meute et la trilogie en manga de La Brigade Temporelle). Donc si vous avez tout vu, vous comprendrez toutes les références et vous pourrez frimer auprès de vos amis (ce que j’encourage)" précise-t-il (tout en faisant habilement la promo des autres déclinaisons), ajoutant que le casting de la websérie sera au complet et qu'il y aura de nouveaux personnages.

Le pitch est ainsi dévoilé: "Il vient du futur pour nous rendre visite, c’est le Visiteur du Futur ! Et cette fois, il doit empêcher une catastrophe nucléaire. Et il a un plan ! Mais la Brigade Temporelle est à ses trousses, et elle va tout faire pour l’empêcher de changer le cours du temps."

Le Visiteur du futur, série produite par Ankama depuis 2009, cumule 45 millions de visionnages en 4 saisons. Les deux dernières saisons ont été diffusées sur France 4.

Le tournage devrait se dérouler l'année prochaine.

Avengers 4 : Chris Evans fait ses adieux à Captain America

Posté par wyzman, le 6 octobre 2018

A l'heure où le public se remet à peine des morts et des disparitions d'Avengers : Infinity War (oups spoiler !), Chris Evans a officiellement dit au revoir au personnage qu'il campe sur grand écran depuis 2011.

Un message qui en dit long

Jeudi soir, l'acteur de 37 ans s'est tourné vers le seul réseau social qu'il utilise assidûment (Twitter) pour annoncer à ses 9,74 millions de followers que l'aventure Marvel est erminée en ce qui le concerne. "Officiellement terminé [le tournage, NDLR] d'Avengers 4. C’était pour le moins une journée chargée d’émotions. Jouer ce rôle au cours des 8 dernières années a été un honneur. À tous ceux qui sont devant la caméra, derrière la caméra et dans le public, merci pour les souvenirs ! Je suis éternellement reconnaissant." a-t-il tweeté.

Bien évidemment, pour les fans de l'univers développé par Disney/Marvel, ce tweet a un goût amer. Sans doute parce que, sans le faire exprès, Chris Evans vient de confirmer ce que de nombreux fans redoutaient : Captain America devrait périr dans le dernier volet des Avengers tels qu'on les connaît et qui est toujours prévu pour le 24 avril 2019. Après avoir teasé le sort de Captain America de manière régulière au cours des deux dernières années, Chris Evans avait dit les choses assez clairement en mars derniers dans les colonnes du New York Times : "Vous voulez sortir du train avant qu'ils ne vous poussent."

Quelle suite pour les Avengers ?

Bien évidemment, les fans de Marvel tentent depuis avril dernier d'anticiper la suite des péripéties de Captain America et toute la bande. Et si de nombreuses théories et hypothèses ont émergé et nous ont plu, l'une d'entre elles ne cesse de revenir. Les personnages qui se sont désintégrés dans Avengers : Infinity War seront ramenés à la vie une fois que Doctor Strange (ou Captain Marvel) aura remis (ou mis) la main sur la Pierre du Temps. Un petit retour dans le temps permettrait de ramener Black Panther, Spider-Man, Doctor Strange, Bucky, Falcon, Scarlet Witch, Star-Lord, Groot, Drax, Mantis, Nick Fury et Mariah Hill.

Et le message de Chris Evans pourrait bien aller dans ce sens : si les personnes désintégrées réapparaissent, il y a de fortes chances pour que cela se fasse au prix de quelques vies. Et force est de reconnaître qu'à l'heure où les frères Russo ont reconnu qu'Avengers 4 marque la fin de la Phase 3 du MCU, de nombreux personnages "historiques" sont encore en vie à la fin d'Avengers : Infinity War. A savoir Captain American, Iron Man, Thor, Black Widow, Hulk, War Machine, Rocket, Nebula, Okoye et M'Baku.

Parmi ces derniers, certains sont essentiels aux intrigues leur saga respective (Rocket, Nebula, Okoye, M'Baku) tandis que d'autres ont peu de chance de mourir puisqu'ils pourraient être très utiles à la suite du MCU (Thor, Black Widow, Hulk). Le cas de War Machine est complexe mais ne mérite pas encore de développement. Ce qui nous laisse donc avec Captain America et Iron Man. Au moment de lancer la Phase 4, il ne fait aucun doute que Marvel va prendre des risques. Les faire raccrocher leurs crampons ? Peu crédible. Les faire mourir pour le symbole ? Carrément crédible !

Un titre déjà connu ?

Mais en attendant d'en savoir davantage, il se pourrait bien que le titre du volet soit Avengers : Annihilation. Le mois dernier, les frères Russo ont invité les fans de la saga à trouver le titre de leur prochain bébé. Comme nous, le geek de génie Jeremy Conrad est arrivé à la même conclusion, Avengers : Assemble ne pouvant pas être utilisé en raison du marketing du premier film au Royaume-Uni, le second "A" que l'on voit sur la photo doit certainement signifier Annihilation ! Affaire à suivre...

Popstars au cinéma: bon plan ou fausse bonne idée ?

Posté par wyzman, le 4 octobre 2018

A l'occasion de la sortie d'A Star Is Born, le premier film de et avec Bradley Cooper et Lady Gaga, voici un petit retour sur les artistes qui sont parvenus à se faire une place sur le grand écran. Bonnes ou mauvaises, ces performances sont restées dans les annales.

Les bons plans

Britney Spears dans Crossroads (2002). Lorsque début 2001, l'interprète de "I'm a Slave 4 U" affirme être prête à faire ses débuts au cinéma, personne n'y croit vraiment. La jeune femme vend sans doute des millions de disques mais elle est loin d'être réputée pour ses talents d'actrice. Ce n'est pas un problème ! Elle se tourne vers Shonda Rhimes, la femme à qui l'on devra plus tard les hits Grey's Anatomy, Scandal et How to Get Away with Murder, afin d'écrire le scénario d'un film racontant le road trip de trois lycéennes. Le film se fait descendre par la critique à l'époque mais demeure aujourd'hui comme un monument de la pop culture qui a tout de même rapporté 61 millions de dollars dans le monde pour un budget 5 fois inférieur !

David Bowie dans Zoolander (2002). On l'oublie trop souvent mais l'interprète de "Space Oddity" a fait de nombreux passages au cinéma. L'un de ses plus mémorables est bien évidemment son cameo de juré dans le film de Ben Stiller qui se pose en satire maladroite et critiquable de l'industrie de la mode. David Bowie fait alors partie d'une longue liste de stars à apparaître dans le film (Lance Bass, Stephen Dorff, Gwen Stefani, Christian Slater, Lenny Kravitz, Heidi Klum, Karl Lagerfeld, Natalie Portman) mais il est le seul à décrocher une nomination aux MTV Movie Awards dans la catégorie meilleur caméo !

Elton John dans Kingsman : Le Cercle d'or (2017). A 70 ans, l'interprète de "I'm Still Standing" nous a prouvé qu'il en avait encore sous le capot. Eh oui, en interprétant son propre rôle et en se mettant au service de la comédie d'action de Matthew Vaughn, le Britannique a ébloui le public. Complètement décalé et affreusement vulgaire, son "personnage" était l'un des temps forts du second volet de la saga. A tel point que pour certains, il a carrément éclipsé ses co-stars Colin Firth, Julianne Moore, Taron Egerton, Mark Strong, Halle Berry ou encore Channing Tatum. Si vous l'avez manqué, une séance de rattrapage s'impose !

Eminem dans 8 Mile (2003). Voilà un film qui est sorti au bon moment ! Au sommet de sa carrière après les albums The Marshall Mathers LP (32 millions d'exemplaires vendus dans le monde) et The Eminem Show (27 millions), le rappeur aujourd'hui âgé de 45 ans enchaîne directement avec un film autobiographique. Sans surprise donc, celui-ci raconte l'incroyable ascension d'un rappeur blanc de Détroit dans un milieu presque entièrement noir. Plus vrai que nature, Eminem crève l'écran tandis que ses co-stars Mekhi Phifer, Brittany Murphy, Kim Basinger et Taryn Manning s'en sortent avec les honneurs. Le film fait un carton (242 millions de dollars de recettes dans le monde) et Eminem entre au panthéon des popstars qui ont réussi leur reconversion, aux côtés de Beyoncé (Austin Powers in Goldmember) et Whitney Houston (Bodyguard).

Madonna dans Evita (1997). Bien qu'il lui ait offert son meilleur rôle au cinéma, le film d'Alan Parker est loin d'être le premier projet de l'interprète de "Like A Virgin". Ici, elle incarne néanmoins Eva Duarte, une femme ambitieuse qui rêve de conquérir Buenos Aires. Après sa rencontre avec Juan Peron, elle devient la Première dame d'Argentine. Mais son mode de vie luxueux ne plaît pas à la population tandis que l'aristocratie en place ne supporte pas son ascension. Dans ce rôle taillé sur-mesure d'anti-héroïne, Madonna excelle. Aux côtés d'Antonio Banderas et Jonathan Pryce, elle décroche le golden Globe 1997 de la meilleure actrice dans un film musical ou une comédie tout en battant le record d'Elizabeth Taylor (Cléopâtre) du plus grand nombre de costumes changés dans un film (85) !

Michael Jackson dans This Is It (2009). Bien qu'il ne s'agisse pas d'un film de fiction, le documentaire de Kenny Ortega (Hocus Pocus, High School Musical) retraçant les semaines de préparation de la dernière série de concerts du King Of Pop a toute sa place dans cette liste. Minutieux et pragmatique, This Is It dévoile les coulisses des répétitions et permet au spectateur de découvrir une dernière fois une facette inédite de celui que l'on considère encore comme le plus grand artiste de tous les temps. Le film, qui n'a pas été soutenu par la famille du chanteur, a tout de même le mérite de rappeler que le plus grand rôle qu'ait eu l'interprète de "Bad" et "Billie Jean" est celui d'un perfectionniste qui a fait rêver des millions de personnes.

Prince dans Purple Rain (1985). Les films quasi-autobiographiques font un malheur. A l'image de cette adaptation particulièrement fidèle de la vie du chanteur décédé le 21 avril 2016 à l'âge de 57 ans. Dans le film d'Albert Magnoli, Prince incarne ainsi son propre rôle, celui d'un enfant particulièrement doué pour la musique mais issu d'une famille violente et abusive. Outre ses problèmes familiaux, il doit gérer une notoriété grandissante et un rival qui n'hésite pas à courir après celle qu'il aime. Malgré un budget modeste (7,2 millions de dollars), le film rapporte 11 fois plus dans le monde.

Les fausses bonnes idées

Mariah Carey dans Glitter (2002). Voilà ce que l'on appelle un naufrage. Cinq avant sa sortie française, Mariah Carey se met à plancher sur un projet de film dont elle veut gérer le scénario et la bande originale. Persuadée qu'elle est en mesure d'écrire une histoire intéressante en sélectionnant quelques éléments autobiographiques, l'interprète de "We Belong Together" doit tout de même faire face à des contretemps : son label veut qu'elle sorte une compilation à l'approche des fêtes de fin d'année puis qu'elle se concentre sur son prochain album, Rainbow. Résultat: le projet est décalé de plusieurs années et la scénariste Kate Lanier est engagée en urgence pour réécrire une bonne partie de l'histoire. Malheureusement, le film sort aux Etats-Unis une dizaine de jours après le 11 septembre et dire que le public américain s'en moque est un euphémisme. Malgré une promotion pleinement assurée et la présence de Terrence Howard au casting, le film fait un four phénoménal et ne rapporte que 5,2 millions de dollars dans le monde, soit 4 fois moins que son budget de production !

Beyoncé dans Dreamgirls (2007). Largement inspiré par le destin des Supremes, le film de Bill Condon raconte l'ascension d'un trio de chanteuses dans les années 1960 et 1970. Entre magouilles pour passer à la radio, lutte raciale et jalousie, le film amasse 154 millions de dollars de recettes dans le monde. Un score décevant lorsque l'on sait que Dreamgirls disposait d'un budget de 80 millions de dollars, faisant de lui l'un des films avec un casting majoritairement noir les plus chers de l'histoire. Et comme si cela ne suffisait pas, Beyoncé a beau être la star du film (désolé Jamie Foxx et Eddie Murphy), c'est finalement sur Jennifer Hudson que l'attention des médias s'est portée. La jeune femme qui avait débuté dans American Idol (l'équivalent de notre Nouvelle Star) a été récompensée d'un Oscar, d'un Golden Globe, d'un BAFTA et d'un BET Award de la meilleure actrice dans un second rôle !

Jennifer Lopez dans Coup de foudre à Manhattan (2003). Sur le papier, le film de Wayne Wang avait tout pour plaire. Prenez l'une des plus grandes popstars du moment, mettez-la dans une comédie romantique aux côtés d'un acteur aussi incontournable que Ralph Fiennes. Ajoutez-y d'excellentes cautions annexes (Stanley Tucci et Tyler Posey) et une sympathique bande originale (Paul Simon, Kelly Rowland, Norah Jones). Malheureusement, la sauce n'a pas particulièrement pris. Peut-être parce que le rôle de Jennifer Lopez était à l'origine destiné à Hilary Swank et que cette version moderne de Cendrillon avec une Hispanique en femme de chambre courant après un politicien blanc est loin d'avoir fait l'unanimité. Résultat : le film ne fait pas un flop (154 millions de dollars de recettes dans le monde) mais est descendu par la critique (Time, Empire et Variety en tête) ainsi que le public. Et malgré 5 nominations à des cérémonies différentes, Jennifer Lopez repart à chaque fois bredouille !

Rihanna dans Ocean's 8 (2018). Après l'avoir vue dans Battleship, This Is the End et En route !, nous nous demandions encore comment l'interprète de "Diamonds" pouvait nous surprendre. Cela n'a pas loupé avec le film "all-female" de Gary Ross (Hunger Games). Dans celui-ci, Rihanna incarne une talentueuse hackeuse qui va mettre ses talents au service de Sandra Bullock et Cate Blanchett. Malgré un joli score au box-office mondial (296 millions de dollars de recettes), le film est largement critiqué et perçu comme une simple copie de la saga introduite par Steven Soderbergh. Et malgré de nombreux plans sur la chanteuse, cette dernière manque cruellement de répliques mémorables et s'avère être simplement le meilleur argument marketing du film !

Oscars, quotas européens, expansion internationale: Netflix mise sur le « glocal »

Posté par vincy, le 2 octobre 2018

De global, Netflix devient "glocal". La compagnie californienne continue de s'étendre. Tout d'abord à Paris. La société a annoncé la semaine dernière la réouverture d'une antenne parisienne (deux ans après sa fermeture). Cela va commencer avec trois nouvelles séries françaises, quatre films "originaux" et un documentaire. Jusque là, Netflix a produit la série en deux saisons Marseille, et développe avec Capa Drama la série Osmosis, avec Hugo becker et Agathe Bonitzer, et la sitcom Plan cœur, réalisée par Noémie Saglio (Connasse, princesse des cœurs) et Renaud Bertrand, et interprétée par Zita Hanrot, Sabrina Ouazani et Joséphine Draï.

De nouveaux projets

Netflix, qui avait promis de développer son offre française il y a quelques mois, a confirmé ses projets: la sitcom Family Business de Igor Gotesman (Five), sur l'ouverture d'un premier coffee shop en France, la série horrifique Marianne, coécrite par Samuel Bodin et Quoc Dang Tran (Dix Pour Cent, Nox) et la série Vampires, d'après le livre de Thierry Jonquet.

A cela s'ajoute quatre films: Banlieusards de Kery James et Leila Sy, avec Bakary Diombera, Jammeh Diangana et Kery James ; La Grande Classe, de Rémy Four et Julien War avec Jérôme Niel ; la romance Paris et une fête d'Elisabeth Vogler, avec Noémie Schmidt, Grégoire Isvarine et Lou Castel ; le docu Solidarité, de Stéphane de Freitas (À voix haute).

Sans oublier, la nouvelle version d'Arsène Lupin, avec Omar Sy dans le rôle du gentleman cambrioleur dans une série qui vise un public mondial.

Un ancrage local

Déjà installée à Londres et Amsterdam, Netflix va donc revenir à Paris, pour mieux se rapprocher de ses 3,5 millions d'abonnés (la plateforme en comptabilise 130 millions dans le monde). Après l'annonce d'une base de production à Madrid il y a trois mois, portée par le carton mondial de La Casa del Papel et par l'ambition d'inonder l'Amérique latine de productions hispanophones, Netflix a également révélé le 1er octobre qu'un quatrième bureau en Europe serait ouvert dans la capitale espagnole. Là encore il s'agit de se rapprocher de ses abonnés en leur offrant un contenu local, et exportable. La Casa del Papel est la série non-anglophone la plus vue de l'histoire de la plateforme dans le monde, au point de commander une troisième saison, exclusivement pour Netflix.

La bonne nouvelle c'est que la compagnie va reverser une part de ses revenus au système de production français et espagnol (2% en France), comme tous les diffuseurs.

Une grosse vague de concurrents

Cette stratégie anticipe sans doute le déferlement de concurrents (Salto pour les Français France Télévisions-TF1-M6, Disney et Hulu, Nordic 12 par les TV publiques scandinaves, etc...). D'autant que France Télévisions a récemment déclaré qu'elle ne cèderait plus les droits de ses programmes à Netflix (actuellement on peut y voir Dix pour Cent par exemple). Les fournisseurs de contenus de Netflix deviennent ses concurrents. Autant produire soi-même ses contenus dans ce cas. Car, en plus de cela, la législation européenne veut imposer un quota de 30% de programmes européens pour les plates-formes de streaming (et en cas de Brexit dur, est-ce que ça comprendra les productions britanniques?).

Mais Netflix est confronté à un autre problème. La guerre avec le Festival de Cannes, qui ne veut plus mettre en compétition des films qui ne seront pas projetés en salles, et la polémique avec le Festival de Venise, où Roma d'Alfonso Cuaron a remporté le Lion d'or alors qu'il ne sera peut-être pas diffusé au cinéma, montrent les crispations du secteur contre la plateforme. Avec ou sans chronologie des médias, les exploitants de plusieurs pays voient en Netflix un ennemi. La plateforme l'a bien compris, tout comme elle a saisi que les Oscars ne changeraient pas leur règlement, obligeant un film qui veut concourir à être projeté à New York et Los Angeles avant le 31 décembre.

Des films Netflix en salles (sauf en France)

Netflix met donc de l'eau dans son vin. Déjà avec Okja, la Corée du sud avait réussi à imposer une sortie en salles. Ce sera aussi le cas de Wolf Brigade. Le film 22 July, de Paul Greengrass, en compétition à Venise et prévu pour le 10 octobre sur Netflix, sera finalement lancé dans une centaine de salles dans le monde, notamment dans les grandes villes américaines, malgré le refus des réseaux AMC et Regal. Il sortira aussi dans les pays scandinaves le 4 octobre pour une semaine d'exploitation, mais également à Toronto, au Royaume Uni, en Allemagne, en Espagne, en Italie, au Benelux et en Pologne.

Même procédé avec le nouveau film de Tamara Jenkins, Private Life, qui sera distribué dans une vingtaines de salles (New York, Los Angeles, Londres, Toronto...). Le nouveau film des frères Coen, The Ballad of Buster Scruggs, le film achevé d'Orson Welles, The Other Side of the Wind, et le film de David Mackenzie, Outlaw king, pourraient bénéficier de la même stratégie. Tout comme Roma afin qu'il puisse être nominable aux Oscars.

Cela ne changera rien pour la France. Hormis les festivals qui peuvent diffuser les films Netflix - ce sera le cas de Lumière à Lyon qui proposera le Orson Welles comme le Alfonso Cuaron -, la chronologie des médias, y compris celle qui est actuellement en discussion, empêche des sorties simultanées en salles et SVàD. Avec une victime: le cinéphile.

[L'instant Glam'] Rooney Mara dans une publicité signée Todd Haynes

Posté par kristofy, le 27 septembre 2018

Festival de Cannes 2015 : Rooney Mara gagne un Prix d'interprétation pour Carol réalisé par Todd Haynes, un des plus beaux films de l'année. Le charisme de l'actrice Rooney Mara est tellement unique qu'elle se retrouve au générique de quelques gros films réalisés par David Fincher, Steven Soderbergh, Joe Wright ou Terrence Malick... Mais c'est plutôt dans le cinéma indé qu'elle offre ses meilleures performances chez David Lowery, Spike Jonze, Todd Haynes donc, et Gus Van Sant. Il y a comme un 'mystère Rooney Mara' ou derrière son visage d'icône de papier glacé brûle une troublante fièvre dans ses yeux...

Les actrices américaines les plus populaires reçoivent presque toutes des offres de contrats pour devenir égérie publicitaire d'un parfum de luxe (français) : Charlize Theron, Natalie Portman, Keira Knightley, Julia Robert, Kirsten Stewart, Jennifer Lawrence se démultiplient sur nos écrans, dans les magazines et dans les rues, couloirs de métro et flancs de bus. Ces publicités partagent d'ailleurs les mêmes codes : décors très glamour, vent dans les cheveux, et le parfum qui promet une irrésistible séduction. Et souvent Paris en arrière-plan.

Rooney Mara est devenue elle aussi à son tour une égérie de parfum. Elle incarne "L'interdit" de Givenchy. Moins populaire (malgré 2 nomination aux Oscars) que ses consœurs (aucun de ses films n'a été un carton mondial, hormis Millénium et The Social Network, elle n'est quasiment pas dans les pages des magazines people), cela en fait un choix d'autant plus audacieux. Alors que le principe d'une campagne publicitaire est pour la marque d'exploiter la popularité et l'image de l'actrice, ici c'est plutôt une représentation de Rooney Mara (le 'mystère Rooney Mara') qui est utilisé pour contribuer à donner une nouvelle identité à la marque.

Le film publicitaire est évidemment réalisé par Todd Haynes, ce qui rajoute encore du glamour et de la hype. La narration est habile : l'histoire (parisienne) commence dans un décor de fête très chic (en fait là où s'arrêtent le plus souvent les pubs de parfum concurrentes), et Rooney s'en va rejoindre une autre fête très secrète en passant par le métro (et la fameuse Porte des Lilas, sans poinçonneur). Cette fête est plus clandestine cachée derrière une porte souterraine, et on devine que durant la nuit transgressive, Rooney va s'extasier avec probablement une femme ou même plusieurs corps... Un parfum pour braver l'interdit ?