3 raisons d’aller voir « Notre Dame »

Posté par vincy, le 18 décembre 2019

Le pitch: Maud Crayon, est née dans les Vosges mais vit à Paris. Elle est architecte, mère de deux enfants, et remporte sur un énorme malentendu le grand concours lancé par la mairie de Paris pour réaménager le parvis de Notre-Dame… Entre cette nouvelle responsabilité, un amour de jeunesse qui resurgit subitement et le père de ses enfants qu’elle n’arrive pas à quitter complètement, Maud Crayon va vivre une tempête. Une tempête, qu’elle devra affronter pour s’affirmer et se libérer.

Les névroses de Donzelli. Avec son personnage, Valérie Donzelli se trouve un rôle qui n'aurait pas déplu à Valeria Bruni Tedeschi. Si son existence est une succession d'improvisations, son jeu, lui, est bien calculé. La fraîcheur et la fougue avec lequel elle le porte contribue beaucoup au plaisir du spectateur. C'est d'ailleurs un film à son image, en équilibre, entre une certaine sophistication et un naturel réjouissant. Cette fantaisie peut évidemment sembler artificielle - et le film ne manque pas d'astuces cinématographiques déjà vues - mais, comme toujours, chez Donzelli, on apprécie cette écriture singulière qui s'affranchit des narrations convenues dans le cinéma français.

Ego-trip. Notre Dame est finalement un film sur l'égocentrisme de notre société. Entre superficialité et déconnexion, le monde de Donzelli est en apparence loufoque, navigant au gré des errances de chacun et des égarement de tous. Elle quitte la fantasmagorie romantique de Marguerite & Julien pour une comédie chaotique, plus proche de La Reine des pommes et de La guerre est déclarée. Et même si le film n'est pas engagé, il vise juste en faisant écho à de nombreuses actualités, à commencer par ce parvis de Notre-Dame qui doit être refait, alors même que la cathédrale doit aujourd'hui subir une importante restauration imprévue. Ce qui frappe c'est aussi la place des hommes: tyranniques, immatures, incompétents, hypocrites. Le film a de cette adulescence qu'elle dézingue, avec un rythme vif, des répliques qui fusent et des excentriques qui dérèglent toute cohérence psychologique.

Fantaisie légère. De la danse et du chant, de l'onirisme et de l'allégorie, de l'animation: la cinéaste refuse les convenances et cherche les chemins de traverse pour se créer son style et se distinguer de la masse. En se moquant des religions, politiques, puritains et autres conservateurs, elle s'amuse indéniablement à donner une autre vision de la vie, comme elle veut donner un autre regard sur la ville. Car finalement, l'autre héroïne, c'est Paris. Notre Dame c'est la cathédrale, la capitale et notre Maud.  Derrière le côté anxiogène de son sujet, la réalsatrice-scénariste-actrice a suffisamment d'essence et de bon sens pour fournir une comédie allègre et sensible, aussi stressée et instable qu'un parisien en temps de grève, aussi lumineuse et passionnée qu'une cinéphile du Quartier Latin.

3 bonnes raisons de voir Lola vers la mer de Laurent Micheli

Posté par wyzman, le 11 décembre 2019

Deux ans après le très intelligent Even Lovers Get the Blues, Laurent Micheli s'intéresse à nouveau aux passions qui dévorent une jeunesse marginale. Après la peur de l'attachement, le réalisateur-scénariste belge propose une plongée consciencieuse dans l'enfer que représente le quotidien des femmes transgenres. Lola vers la mer est à voir de toute urgence. Voici pourquoi.

Une histoire simple. Jeune fille transgenre de 18 ans, Lola apprend qu'elle va pouvoir être opérée. Malheureusement, sa mère qui devait l'aider financièrement vient de décéder. Afin de respecter ses dernières volontés, Lola embarque donc dans un voyage vers les plages belges avec un père qu'elle n'a pas vu depuis deux ans. Mais au fil des kilomètres, le père et la fille réalisent qu'ils ne sont peut-être pas si différents l'un de l'autre... Pour camper ses deux personnages, Laurent Micheli s'est entouré d'acteurs taillés pour ces rôles. L'actrice elle-même transgenre Mya Bollaers rayonne et rend justice à des personnages trop souvent confiés à des acteurs.trices cisgenres et donc incapables de révéler toute la douleur vécue par ces individus. En face, Benoît Magimel est particulièrement convaincant. Confronté à sa propre virilité lorsqu'il comprend que son fils a toujours été une fille, l'acteur récemment à l'affiche d'Une fille facile de Rebecca Zlotowski  semble se bonifier avec le temps.

Un road-movie atypique. Si Lola vers la mer s'intéresse au regard que les personnes transgenres subissent, c'est bien la relation père-fille qui captive Laurent Micheli — autant que le spectateur. A la fois en colère et en plein deuil, le père de Lola ne parvient pas à comprendre les motivations de sa fille. Miroir adéquat des proches incapables de percevoir la douleur de ces individus, le road-trip du duo s'accompagne sans surprise d'une trajectoire intellectuelle voire spirituelle. Lionel a toujours été Lola mais Lola n'est pas Lionel. Et c'est cette antithèse que Philippe (Benoît Magimel) se refuse à appréhender. Au détour de passages tragi-comiques (le club de strip-tease, le seau de peinture, les klaxons d'automobilistes, etc.), Lola vers la mer délivre son lot de séquences nécessaires pour comprendre l'importance de la filiation dans l'acceptation des personnes transgenres tout en nous faisant rire.

Un film sur la différence. A l'inverse du Girl de Lukas Dhont, Lola vers la mer évite tout voyeurisme et ne fétichise pas le corps de son interprète principale. Il n'est pas ici question d'une personne en pleine transformation mais bien de la manière dont le reste du monde accepte ce changement — qui ne le regarde pourtant pas. Grâce à un style naturaliste qui n'est pas sans rappeler le documentaire et une bande-son intemporelle, Lola vers la mer évite également le jargon médical pour ne laisser qu'une seule impression, celle d'un film qui dépasse sa thématique. A quelques passages près, le film pourrait ainsi évoquer une adolescente révélant son homosexualité, une éventuelle grossesse ou un désir de tatouage. Bref, quelque chose de bien moins tabou à l'heure où nous écrivons ces lignes. Porté par une seule envie, celle de faire un film authentique, Laurent Micheli a même le temps de sublimer Bruxelles et la côte belge et d'offrir un nouveau rôle surprenant au beau Sami Outalbali. Un exploit !

Winterthur 2019 : coup de coeur pour « Physique de la tristesse » de Theodore Ushev

Posté par MpM, le 28 novembre 2019

Déjà multi-récompensé au Canada (meilleur court métrage à Toronto, meilleur film d'animation à Ottawa, doublé à Montréal, etc.), Physique de la tristesse est le nouveau court métrage de Theodore Ushev (nommé aux Oscar en 2017 pour Vaysha l’aveugle), que l'on a eu la chance de découvrir sur grand écran lors de la 23e édition du Festival de Winterthur. Film-somme intime et introspectif qui frôle les 30 minutes de plaisir cinématographique pur, il a d'ailleurs à nos yeux largement dominé la compétition, sans pour autant séduire un jury plus clairement porté sur une forme de cinéma documentaire et naturaliste.

Adapté du roman Physique de la mélancolie de l'écrivain bulgare Gueorgui Gospodinov, il s'agit d'un récit à la première personne qui fait écho avec acuité à la propre vie du réalisateur, et plus généralement de quiconque a connu l'exil, le désenchantement et la nostalgie de l'enfance. "J’avais l’impression d’y trouver, non seulement ma propre vie, mais celle de toute une génération également", explique Theodore Ushev, qui a lui-même quitté la Bulgarie pour le Québec à la fin des années 90.

Réalisé dans une technique d'animation unique que le cinéaste est le premier à mettre au point, celle de la peinture à l'encaustique, le film nous entraîne dans les souvenirs d'un narrateur qui se remémore son enfance et sa jeunesse, tout en évoquant le déracinement et la mélancolie prégnante de ceux qui ne se sentent chez eux nulle part. La relation père-fils est également l'un des nombreux fils d'un récit qui s'avère foisonnant et multiple comme le sont les souvenirs. Le film est d'ailleurs dédié au père de Theodore Ushev, décédé en 2018, tandis que les comédiens qui prêtent leur voix aux personnages sont également des duos père-fils. Dans la version française, ce sont Xavier Dolan et son père Manuel Tadros, et dans la version anglaise, montrée à Winterthur, Rossif et Donald Sutherland.

Construit comme une succession de moments, de pensées, d'expériences multiples ("Je suis nous" déclare le personnage), Physique de la tristesse montre l'être humain comme une créature solitaire perdue dans son propre labyrinthe (en référence au Minotaure de la mythologie grecque), se raccrochant à sa propre "capsule spatio-temporelle" (en référence à celle qui fut enfouie en 1938, destinée à l'Humanité du 7e millénaire), pleine de souvenirs intimes matérialisés par des objets dérisoires et minuscules qui englobent toute notre existence : un papier de bonbon qui évoque le premier amour, un soldat de plomb qui symbolise la mort, une image de western qui ramène à l'enfance...

Rarement un film si terriblement personnel n'aura à ce point donné l'impression de s'adresser à chacun de ses spectateurs, ne cessant de réveiller par résonance d'autres souvenirs, d'autres sensations, d'autres émotions dont l'essence est identique. C'est en cela que Physique de la tristesse est déchirant et sublime, touchant directement à notre part d'humanité, au sens de ce que cela signifie, tout simplement, d'être humain. La forme choisie par le réalisateur participe de cette appropriation que l'on se fait du film : l'animation à l'encaustique est mouvement et lumière combinés, la matière venant sans cesse se superposer sur les personnages ou les décors pour les recomposer à l'infini, proposant une image mouvante qui embrasse toutes les images.

L'utilisation du clair obscur dans certaines scènes intimistes, avec de gros plans sur les visages qui paraissent éclairés à la bougie et cernés par les ombres, le recours à l'abstraction dans le passage joyeux des acrobaties, la juxtaposition "cut" d'images fixes qui semble décomposer le principe même de l'animation... tout concourt à faire du film non plus un récit, justement, ni même une imitation de la pensée, mais une plongée directe dans l'esprit d'un homme qui, à travers ses expériences subjectives et ses angoisses ancestrales irraisonnées, de la peur de l'oubli à l'impossibilité de retenir le temps, devient précisément une allégorie de tous les Hommes.

Sortie DVD : La Clepsydre de Wojciech J. Has

Posté par MpM, le 25 novembre 2019

Rendu célèbre par son adaptation du Manuscrit trouvé à Saragosse en 1965, le réalisateur polonais Wojciech J. Has a remporté en 1973 le prix du jury à Cannes pour La Clepsydre (ex-aequo avec L'invitation de Claude Goretta), oeuvre inclassable dont le point de départ est la visite que rend Jozef, le personnage principal, à son père, pensionnaire d'un sanatorium sinistre, et comme à l'abandon. Dans ce lieu hors du temps où les patients traitent un mal incurable, à savoir la mort, le jeune homme se perd dans une déambulation mentale

Ce film détonnant et étrange, qui ressort en DVD dans une copie restaurée, grâce aux bons soins de la société de distribution Malavida, est l'adaptation de deux oeuvres de Bruno Schulz : Le sanatorium au croque-mort et Les Boutiques de cannelle. Cette dualité d'origine ne suffit pourtant pas à expliquer le caractère singulier et déroutant du film, qui semble un voyage aléatoire dans les souvenirs, les fantasmes, les angoisses et les projections psychiques de Jozef. Comme si ce dernier avait soudain la faculté de traverser les temporalités et les réalités mais qu'incapable de maîtriser ce pouvoir, il était condamné à errer entre des passés révolus ou n'ayant jamais existé, et des futurs incertains et flous.

Cela se traduit à l'écran par une succession de séquences que l'on pourrait qualifier d'incohérentes ou de décousues, nous menant sans cesse d'un lieu à un autre (en passant sous une table, le personnage arrive dans un jardin ; en rampant sous un lit, il se retrouve dans un marché sud-américain), ou face à des personnages mythiques ou historiques.

Tour à tour baroque et inquiétante, anxiogène et débridée, poétique et désespérée, l'ambiance du récit oscille au gré de ces découvertes qui ne semblent jamais obéir à la moindre logique, si ce n'est celle de la pensée humaine. Des motifs, d'ailleurs se font écho et se répètent d'une séquence à l'autre, identiques ou travestis, à l'image de la figure du père, tantôt bienveillante ou tyrannique, fragile ou toute-puissante.

Le film fait ainsi l'effet d'un gigantesque jeu de pistes surréaliste, ou plutôt d'un puzzle constitué de sensations, de thèmes, de lieux, de détails infimes qui plongent le spectateur comme le personnage dans un labyrinthe foisonnant et hypnotique. Rêve éveillé, ou plutôt cauchemar dont il est impossible de sortir, La Clepsydre allie la thématique du temps qui passe (et qu'il est impossible de retenir, ou de retrouver) au désir cinématographique de l'expérimentation formelle.

Le spectateur, balloté au gré des circonvolutions de l'esprit de Jozef, n'a pas un instant de répit, immergé dans le fleuve virtuose des longs travellings, des plans-séquences et des raccords vertigineux qui l'emportent dans un tourbillon sans fin ni moments de répit. Extravagant, onirique et d'une incroyable maîtrise de mise en scène, La Clepsydre est une expérience sensorielle qu'il faut vivre pleinement, sans se soucier d'en comprendre à la première vision les innombrables clés de lecture.

---

La Clepsydre de Wojciech J. Has, 1973. Malavida.
En DVD, version restaurée.
Visuels © Malavida

L’incinérateur de cadavres de Juraj Herz : une hallucination cinématographique à (re)découvrir en version restaurée

Posté par MpM, le 21 novembre 2019

Tourné en Tchécoslovaquie en 1968 et rapidement frappé par la censure, L'incinérateur de cadavres de Juraj Herz (adapté du roman éponyme de Ladislav Fuks) ressort sur nos écrans dans une version restaurée 4k de toute beauté grâce aux bons soins de la société de distribution Malavida. Cette terrible fable antinazie décortique avec un mélange d'humour froid et de lucidité cruelle le processus conduisant un père de famille à embrasser, et même devancer, l'idéologie nazie.

Monsieur Kopfrkingl, employé d'un crématorium sobrement intitulé "le temple de la mort", est un bourgeois rangé et tranquille que l'on jugerait plutôt insipide s'il ne cultivait une dévotion envahissante pour son travail, et surtout pour l'acte de "libérer" les âmes des défunts par la "purification" de la crémation. A de multiples reprises, il explique que la mort est une bénédiction, venant abréger les souffrances terrestres des individus, et que le four qui transforme en 1h15 seulement leurs dépouilles mortelles en cendres leur permet d'accéder plus rapidement que par le biais de la décomposition naturelle à l'apogée de leur existence : redevenir poussières parmi les poussières.

Un personnage qui, dans le contexte de la montée du nazisme et de l'occupation de la Tchécoslovaquie par les nazis, ne semble pas seulement dérangé, mais s'avère carrément terrifiant, et cristallise en lui toute l'ambivalence d'une époque. Tout ce qui, dans le film, a trait aux fours et aux corps réduits en cendres a par ailleurs un aspect extrêmement malaisant, évoquant sans cesse, avec une ironie d'autant plus insoutenable, l'indicible tragédie en cours.

L'incinérateur de cadavres n'en est pas moins une inclassable comédie noire, sorte d'hallucination cinématographique qui plonge le spectateur dans une spirale vertigineuse de violence et de mort (l'élaboration de la machine d'extermination nazie) à travers la figure ambigüe d'un homme à la banalité exemplaire. Kopfrkingl n'est pas, et ne deviendra jamais au cours du récit, un nazi convaincu. Il se moque de la pureté de la race ou des discours d'Hitler. Envoyé comme émissaire dans une fête juive, il s'extasie sur la mélancolie absolue et sur la douceur des chants qu'il y entend. Et pourtant, cet homme en apparence sensible n'hésite ni à alimenter sciemment la haine contre les Juifs, ni à assassiner sa famille, ni même à fantasmer sur des fours pouvant accueillir jusqu'à mille corps, tant que cela vient nourrir son objectif obsessionnel de crémation généralisée.

Le film nous oblige alors à regarder en face des manifestations transparentes et continues d'une horreur tangible dont le spectateur sait qu'elle n'est justement pas fictionnelle. La visite guidée dans le crématorium, comme les propos répétitifs de Kopfrkingl sur la "purification" des corps, sont par exemple des échos insupportables de la réalité concrète de la Shoah. La facilité avec laquelle le personnage se laisse convaincre d'adopter les idéaux nazis (et notamment son revirement face à la question de cette "goutte sang allemande" qui courrait dans ses veines) est elle un rappel des effets rapides et pervers de la propagande. Si c'est pour Juraj Herz une manière de rappeller sans fard à ses compatriotes leur part de responsabilité dans la machine de mort nazie, on peut aussi y lire une mise en garde face aux balbutiements de l'Histoire, au moment même où l'URSS envahissait la Tchécoslovaquie. Ce qui, on le comprend, a irrémédiablement conduit à l'interdiction du film dont le succès en salles était une provocation pour Moscou et ses partisans.

Mais au-delà de sa force politique, L'incinérateur de cadavres bouleverse par son écriture cinématographique en toute liberté, qui vient à chaque scène apporter visuellement un contrepoint à l'intrigue, ou au contraire appuyer la singularité fulgurante du propos. Dès la séquence d'ouverture qui se déroule dans un zoo, le montage ultra découpé qui alterne de gros plans sur les yeux des personnages et des plans tout aussi rapprochés sur les animaux, suivi par des plans en plongée sur les personnages aux visages déformés, annonce à la fois la tonalité étrange du récit et le contraste évident entre la voix-off lénifiante de Kopfrkingl (qui vante sa "famille bénie") et la réalité déjà a priori glaçante. Dans le générique, qui nous fait littéralement pénétrer dans le crâne du personnage, c'est une succession de corps morcelés qui disent tout azimut les fantasmes sexuels du bon père de famille et son absence absolue d'empathie pour ses semblables, morceaux de corps qu'il faut réduire en cendres.

Tout au long du récit, des inserts très brefs viennent ensuite régulièrement nous informer sur les pensées du personnage, flashs presque subliminaux sur des femmes nues, des poitrines en gros plan, ou... la salle de bains dont Kopfrkingl est si fier. Les plans déformés (par le biais du fish eye) se répètent aussi, nous donnant sans cesse l'impression d'évoluer dans une réalité dégradée et absurde, reflet de la Psyché dérangé de celui qui regarde.

Mais ce qui déroute sans doute le plus le spectateur, apportant au film cette sensation de ronde incessante et vertigineuse qui ne s'arrête jamais, exactement comme si on était dans la tête du personnage, ce sont les effets de transition qui semblent abolir tout effet temporel entre les séquences. Ainsi, lors de la séquence de la réception qui a lieu au début du film, la caméra qui filmait en gros plan le visage de Kopfrkingl effectue tout à coup un lent zoom arrière qui dévoile de manière inattendue un tout autre contexte, celui d'une galerie d'art dans laquelle se déroule la séquence suivante. A plusieurs reprises, de la même manière, et sans que le spectateur puisse le prévoir puisque le son continue lui de courir d'une scène à l'autre, le récit subit ainsi des ellipses brusques et déconcertantes, donnant la sensation persistante que chaque moment est comme "fondu" dans le suivant, dans une logique et un ordonnancement qui nous semblent purement subjectifs.

Cette mise en scène inventive et audacieuse, alliée à la beauté d'une image en noir et blanc quasi hypnotique, contribue à faire de L'incinérateur de cadavres une expérience sidérante, dont la singularité est toujours aussi étourdissante 50 ans après sa sortie. C'est une chance inouïe que de pouvoir (re)découvrir ce chef d'oeuvre sur grand écran, surtout à une époque où son message politique intrinsèque a quelques raisons de résonner en nous.

Halloween en restant à la maison avec Little Monsters et Girls with balls

Posté par kristofy, le 31 octobre 2019

C'est la fête d'Halloween! Si vous allez au cinéma avec votre déguisement le plus mortel vous aurez le choix entre Retour à Zombieland (suite en forme de remake de Bienvenue à Zombieland) ou Doctor Sleep (remake en forme de suite de Shinning). Si vous préférez plutôt manger plus de bonbons et de pizza avec différents breuvages "citrouillés" en compagnie d'amis, autour du canapé pour une soirée cinéma, c'est l'une des rares occasions où nous pouvons recommander des films en streaming plutôt que de sortir au ciné.

Voici une suggestion de programme Grindhouse avec 2 films à découvrir chez soi, du cinéma d'horreur qui fait peur mais pas trop et qui fait plutôt rire, parfait donc Halloween...

LITTLE MONSTERS, en e-cinéma :
Le pitch halloweenesque : Dave est un apprenti musicien raté, un presque trentenaire immature et irresponsable, un mec qui se fait larguer par sa copine et qui va devoir squatter sur le canapé de sa soeur déjà maman d'un petit garçon (bref un looser comme on aime). Dave va devoir rendre service et s'occuper de son neveu : ne pas lui montrer des jeux-vidéo violents, faire attention à ses allergies alimentaires, l'emmener à l'école maternelle, bref que des trucs d'adulte vraiment compliqués pour lui. Il découvre que l'institutrice Miss Caroline est très charmante alors comme un idiot il se porte volontaire comme accompagnateur pour une sortie scolaire éducative dans une ferme à découvrir des animaux. Se retrouver à gérer une vingtaine d'enfants en plus de son neveu ressemble à un cauchemar mais si il faut en passer par là pour séduire l'institutrice... Aux environ de cette ferme il y a une base militaire où se déroule un grave incident, grave au point qu'une épidémie de centaine de zombies avides de chair humaine seront autour d'eux . Face à cette invasion de zombies qui mangent des gens il va falloir éviter que les enfants aient trop peur et essayer de les sauver...

Little Monsters de l'australien Abe Forsythe avait fait le buzz en janvier lors du festival de Sundance. Il a ensuite été compétition au célèbre BIFFF (le festival fantastique de Bruxelles), où il a gagné la plus haute récompense le Corbeau d'or. Aux Etats-Unis la sortie du film a comviné une sélection de salles de cinéma et une sortie en vàd sur la plateforme Hulu. En France Little Monsters était à découvrir en avant-première dans certaines salles de cinéma (du réseau CGR) le 18 octobre, mais il sort officiellement ce 31 octobre en e-cinéma, à temps pour Halloween !

Pour les nostalgiques de comédie horrifique bourrée de gags et plein de zombies façon Shaun of the dead, voila enfin un film qui reprend le flambeau de l'humour geek : Little Monsters contient de multiples références à la pop culture, comme Dark Vador et Taylor Swift. Surtout ce film offre un rôle surprenant à la star Lupita Nyong'o (Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle pour Twelve Years a Slave, puis à l'affiche de Black Panther de Ryan Coogler et de Us de Jordan Peele), qui se révèle ici irrésistible de charme et de drôlerie en tant qu'institutrice qui doit toujours garder son sang froid pour amuser les enfants alors qu'ils sont entourés de zombies affamés. Little Monsters est une 'big hearted zombie comedy' et simplement le nouveau film idéal pour débuter une soirée cinéma Halloween...

GIRLS WITH BALLS, sur Netflix :
Le pitch halloweenesque : Une équipe féminine de volley qui est meilleure à se disputer dans le bus qu'à marquer des points sur le terrain et leur entraineur se perdent dans une forêt. La seule auberge du coin est d'autant plus louche qu'elle rassemble une bande de chasseurs amateurs de viande douteuse : la bande de nanas en petits shorts va devenir leurs proies. Elles vont devoir essayer enfin de faire preuve de cohésion ensemble et d'esprit d'équipe pour éviter de ne pas toutes mourir...

Girls with balls est un premier film français de Olivier Afonso, connu pour être le spécialiste des maquillages sanglants et effets spéciaux de quantité d'autres films comme Grave de Julia Ducournau, ou Le Daim de Quentin Dupieux, Zombi Child de Bertrand Bonello, Un couteau dans le cœur de Yann Gonzalez, Rock'n roll de Guillaume Canet, et surtout de la plupart des films de genres français (Frontère(s), Mutants, Vertige, La Horde, Livide, Goal of the dead, La nuit a dévoré le monde...). Il a donc une expertise dans les blessures mortelles et autres carnages physiques. Girls with balls devait sortir en salles après quelques festivals (fantastique à Paris, comédie à l'Alpe d'Huez) mais un problème de distributeur en difficulté fait que le film s'est retrouvé sur Netflix : c'est donc sur cette plateforme qu'il faut le découvrir.

Olivier Alfonso réalise ici son premier film, une comédie horrifique telle qu'on n'en a plus vu depuis Severance (de Christopher Smith), avec une équipe de volleyeuses traquées par des chasseurs, guidés par l'inquiétant Denis Lavant. Le film est d'autant plus "séduisant" qu'il réunit une bande d'actrices qu'on voit trop peu et qui trouvent ici chacune plusieurs séquences pour briller : Manon Azem, Louise Blachère, Tiphaine Daviot, Margot Dufrene, Anne-Solenne Hatte, Camille Razat, Dany Verissimo. L'autre bonne surprise est justement que Girls with balls est à sa manière féministe : des héroïnes qui se défendent contre des pervers. C'est un peu violent mais aussi très drôle, parfait pour terminer Halloween...

Jeune public : le programme « Loups tendres et Loufoques » dédramatise les peurs enfantines

Posté par MpM, le 18 octobre 2019

Parmi l’offre florissante de films et programmes à destination du jeune public, il ne faut pas rater Loups tendres et loufoques, qui propose six courts métrages d’animation autour de l’animal le plus présent dans l’imaginaire enfantin. Destiné aux plus petits spectateurs (succès garanti auprès de notre petit cobaye de tout juste trois ans), il revisite et détourne les peurs et les légendes autour du loup, tantôt ridicule, tantôt attachant, tantôt majestueux.

On passera rapidement sur les deux films qui ouvrent le programme : C’est moi le plus fort et C’est moi le plus beau, signés Anaïs Sorrentino et Arnaud Demuynck, et adaptés des albums jeunesse de Marcel Ramos. Un loup prétentieux et pas très malin tyrannise les habitants de la forêt (de Blanche Neige au Petit Chaperon rouge) pour obtenir des compliments sur sa force et son apparence. Mais par deux fois, un bébé dragon lui cloue le bec, renversant les principes de la loi du plus fort. C’est simple, gentiment répétitif, et tout à fait efficace pour dédiaboliser la figure inquiétante du loup de conte de fées.

Dans le même genre, Le retour du grand méchant loup de Pascale Hecquet fait carrément passer l’animal de prédateur craint et respecté à espèce en voie de disparition. Revisitant joyeusement l’histoire du petit chaperon rouge, le film montre un loup qui n’est plus vraiment à sa place dans l’époque moderne (où il est un objet de curiosité et de nostalgie plus que d’angoisse), et se retrouve sous la protection du chasseur. Si l’on excepte l’habitude agaçante des personnages de réclamer une récompense en échange de tout service (« qu’est-ce que j’y gagne ? » demande sans cesse le petit chaperon rouge), le film est attachant et subtilement décalé.

Joli, aussi, ce Trop petit loup d'Arnaud Demuynck, qui raconte les mésaventures douces d'un louveteau qui a décidé de chasser seul. A distance, son père assiste avec humour et détachement aux stratégies des "proies" pour se moquer de l'apprenti chasseur. Le graphisme tout simple (les loups sont stylisés avec des traits de contour noirs et des aplats de  bleu) et la bienveillance du propos rappellent aux petits spectateurs que les petits loups rencontrent les mêmes difficultés qu'eux à s'affranchir de leurs parents, et qu'ils ont encore bien le temps avant de réclamer leur indépendance.

Grand loup et petit loup de Rémi Durin (librement adapté de l'album de Nadine Brun-Cosme) est l'autre coup de coeur du programme, qui s'affranchir délibérément de l'imagerie autour du grand méchant loup. Ici, le personnage principal est un loup noir dessiné à grands traits, et au museau démesuré, qui mène une vie paisible sous son arbre. Un être solitaire et tranquille, qui voit d'un mauvais oeil l'arrivée d'un petit loup bleu beaucoup trop remuant pour lui. Et pourtant, lorsque ce dernier repart, il laisse un immense vide dans l'existence de Grand Loup, qui n'aura alors plus de cesse que d'imaginer tout ce qu'ils feront ensemble à son retour. Une fable douce et tendre sur l'amitié et les préjugés, qui raconte combien il est parfois bon de se laisser un peu bousculer par la vie et ses surprises.

Enfin, c'est Promenons-nous de Hugo Frassetto qui clôt plutôt habilement le programme. Entonnant la célèbre comptine enfantine "Promenons-nous dans les bois", des louveteaux déguisés en autres animaux attendent leur père. Lorsqu'il arrive, ce dernier leur chante alors l'histoire du "loup qui est de retour dans les bois". "Il a bien le droit d'être là-bas" reprennent en choeur les louveteaux, alors qu'apparaît à l'écran un loup beaucoup plus réaliste, esquissé sur fond blanc, au milieu d'une nature stylisée. Une conclusion qui sensibilise les jeunes spectateurs à la nécessité pour l'homme de vivre en harmonie avec son éco-système, et de protéger toutes les espèces vivantes qui en font partie.

---

Loups tendres et loufoques, distribué par Cinéma Public Films
En salle depuis le 16 octobre

3 bonnes raisons de voir « Queens » de Lorene Scafaria

Posté par wyzman, le 15 octobre 2019

Quatre ans après Ma mère et moi, Lorene Scafaria repasse derrière la caméra pour un thriller qui ferait rougir Les Affranchis.

C’est un excellent divertissement inspiré de faits réels. Fauchée comme jamais, Destiny (Constance Wu) se lance dans le strip-tease et décide de prendre sa revanche sur de riches clients de Wall Street. Aux côtés de Ramora (Jennifer Lopez), elle reprend sa vie en mains et n’hésite pas à enchaîner les missions périlleuses. Basé sur un article de la journaliste du magazine New York de Jessica Pressler (Julia Stiles), Queens prend un malin plaisir à bouleverser les codes des films d’arnaqueurs pour divertir le public — voire  l’épater. Les ficelles sont parfois grosses mais à l’instar des « malheureux » traders, on en ressort convaincus d’avoir passé un très bon moment.

C’est un film fait pour Jennifer Lopez. Des années après Selena et Hors d’atteinte, l’interprète de "Booty" et "Dinero" prouve que son corps est aussi excitant ses talents d’actrice. Magnifiée par la caméra profondément respectueuse et esthétisante de Lorene Scafaria, Jennifer Lopez est la véritable star de Queens. Une vedette capable de faire de la place à ses nombreuses co-stars (Keke Palmer, Lili Reinhart, Cardi B, Lizzo) pour permettre au public de s’extasier devant la performance tout à fait honorable de Constance Wu. A la fois maligne et hypocrite quand il faut l’être, le personnage que Jennifer Lopez incarne est celui d’une leadeuse sans pareille. L’occasion pour l’artiste visiblement accomplie de devenir une candidate sérieuse lors des prochaines cérémonies de prix...

C’est un film féministe. Entièrement orienté sur les péripéties, les motivations et les prises de conscience de ses deux héroïnes (Ramora et Destiny), Queens fait la part belle aux femmes qui n’ont pas besoin du sexe opposé pour que le travail soit fait. Classique dans sa structure, le film de Lorene Scafaria dispose d’une galerie de personnages féminins plus surprenants les uns que les autres. Quand certains n’en retiendront que les apparitions surprises de stars (celle d’Usher vaut le détour) et la bande originale sur laquelle se croisent Janet Jackson et Britney Spears, nous préférons garder en mémoire le destin un peu tiré par les cheveux d’outsiders qui ont bien mérité leur liasse de billets en fin de soirée.

3 raisons d’aller voir « Pour Sama »

Posté par vincy, le 9 octobre 2019

Le pitch: Syrie, décembre 2016. Waad al-Kateab fait partie des derniers survivants avant que la ville ne tombe aux mains des forces de Bachar al-Assad. Elle est connue sur Internet pour ses reportages déchirants sur la situation en Syrie.

Parce que les images sont uniques. Waad al-Kateab a filmé durant cinq ans, de 2011 à 2016, le quotidien de la ville d'Alep, en Syrie, alors que celle-ci se désagrège au fil de la guerre. Autrefois patrimoine culturel et historique, capitale universitaire, la métropole ploie sous les bombes, entraînant une véritable catastrophe humanitaire. Waad filme ainsi l'amour, les bombes, les visages, la peur. Elle expose sa rencontre avec Hamza et la naissance de leur Sama, alors que la ville est assiégée. Ce sont des images à hauteur d'humain, emplies d'humanité. C'est à la fois une forme de défiance de l'horreur et une résilience intime qui coexistent en permanence. Car c'est bien cela: ce ne sont pas des images destinées au cinéma. C'est un témoignage d'une tranche vie, heureuse et dramatique. Sans savoir si, à la fin, il en restera quelque chose.

Parce que le documentaire est poignant. A partir de 500 heures de rush, Edward Watts en a fait une sorte de lettre signée par la mère et adressée à sa fille. Des premiers bonheurs à l'exil fatidique, c'est finalement une sorte de "story" embedded où le réseau social sera le cinéma. Oeil d'or du meilleur documentaire à Cannes, Pour Sama est unique, singulier. Une sorte de réflexion visuelle et mentale sur l'existence, sur soi-même. Quitte à mourir, au moins, prouvons que nous sommes passés. C'est une histoire de courage et d'amitiés, de survivance et de résistance. Les gens sont ordinaires et on comprend que leurs destins vont les pousser vers l'extraordinaire. C'est un film de guerre, avec ce que cela comporte de terreur, et un formidable film solidaire, avec ce motif de partage, sans leçons de morale. L'hôpital en est le parfait symbole, entre vie et mort, urgence et serment. Sacrificielle, comme ces alépins sont sacrifiés, l'œuvre s'avère généreuse et jamais culpabilisante.

Parce que c'est une épreuve qu'il faut comprendre. Pour Sama a cette force de nous intégrer à sa tragédie. On en sort pas indemne. Alors que les Etats-Unis d'Obama ont refusé d'attaquer Damas et son régime à l'époque, alors que les Etats-Unis de Trump ont ouvert la voie à une attaque turque contre les Kurdes syriens ces jours-ci, on saisit l'effroi. Citons Héraclite et ses fragments. "La parole originaire. L’expérience du monde. Le savoir et le regard" écrit-il. C'est ce que fait Waad al-Kateab avec ses images. "On ne pensait pas que le monde laisserait faire." L'impuissance extérieure (ou l'ignorance, ou l'aveuglement) se confrontent alors à la puissance intérieure de cette femme, de sa famille, ses amis, ses voisins, à la conscience de ce monde fragile, à l'impossibilité de fermer ses yeux devant ces atrocités. Certaines scènes semblent surréalistes. Et pourtant...Ce journalisme-citoyen qu'elle a pu diffuser dans le monde, avant le film, est si réel qu'il est, parfois, insoutenable. C'est brut. Un sourire de Sama peut effacer un corps mutilé. Ou l'inverse. Ce qui est certain, c'est que l'affection ne cède jamais à l'affliction. La neige tombe sur les vaincus. L'exil prouve la défaite. Mais ce documentaire est une petite victoire, une petite flamme. On ne détourne pas le regard. On espère juste que leur vie déracinée sera plus paisible.

Sortie DVD : « Le Trésor de l’île aux oiseaux » de Karel Zeman

Posté par MpM, le 24 septembre 2019

Attention, exclusivité mondiale ! La société de distribution Malavida, connue pour son travail sur le cinéma de patrimoine, complète sa collection autour du cinéaste Karel Zeman (déjà forte de sept titres parmi lesquels L'arche de M. Servadac, Voyage dans la préhistoire et Les aventures fantastiques) avec le tout premier long métrage du réalisateur tchèque, Le Trésor de l’île aux oiseaux, qui était resté totalement inédit en France depuis sa sortie en 1952. C’est pourtant un film d’une grande poésie, bourré d’inventivité, qui porte en germe tout le travail de Zeman dans le domaine de l’animation en volume et du mélange des techniques.

Adapté d’un conte d’Emil Frantisek Misek, il raconte sous la forme d’un récit en voix-off comment la découverte d’un trésor fabuleux bouleverse complètement la vie des paisibles habitants de l’île aux oiseaux.

Si le propos respecte les grands principes collectivistes du régime communiste de l’époque (les villageois partagent équitablement les richesses et le travail est la seule clef du bonheur), on n’y sent jamais la moindre tentation propagandiste ou même politique, mais plutôt un regard tendre et amusé sur les travers et les faiblesses de l’être humain.

Karel Zeman adopte en effet les codes du conte oriental, mâtinés de ceux des récits d’aventures, qui lui permettent de jouer sur l’humour des situations (le jeune Ali, rentré bredouille de sa pêche aux perles, utilise par exemple son savoir-faire pour “pêcher” de la nourriture chez les marchands) et le suspense des rebondissements, mais aussi sur l’émerveillement suscité visuellement par certains passages, comme la rencontre avec le riche bateau ou la découverte des joyaux du pirate.

Il mêle par ailleurs l’animation de marionnettes, de papiers découpés et de dessins afin d’ajouter une dimension poétique et parfois presque fantastique (notamment lors des séquences sous-marines) à une narration qui prend le parti de n’être jamais trépidante, pour mieux laisser le spectateur s’abandonner à la rêverie.

---

Le Trésor de l’île aux oiseaux de Karel Zeman, 1952. Malavida.
En DVD à partir du 25 septembre