L’instant Court : Wet Cement, réalisé par Shahin Izadi

Posté par kristofy, le 3 avril 2012

Comme à Ecran Noir on aime vous faire partager nos découvertes, alors après la bande-annonce du film Week-end accompagnée des premières réactions du réalisateur Andrew Haigh lors de sa venue à Dinard, voici l’instant Court n° 72.

Pour accompagner la douceur retrouvée du printemps revenu, on vous propose un clip en forme de retour nostalgique à la période de la Nouvelle Vague.

Ils sont d’origine américaine et leur groupe a une notoriété plutôt confidentielle : Puresnatchers. Il s’agit d’une parenthèse musicale pour la femme du groupe, qui est plus connue comme membre du trio féminin Au Revoir Simone, dont le nom est d’ailleurs venu d’une réplique du film Pee-wee's Big Adventure de Tim Burton. Elles ont joué plusieurs concerts en compagnie du réalisateur David Lynch lors de ses ‘méditations’ et avec le duo Air, avec qui elles ont composé un titre du disque qui fait la bande-originale du film restauré Le voyage dans la lune de George Méliès. 

Voici donc le clip Wet Cement, réalisé par Shahin Izadi, pour le groupe Puresnatchers. Cette vidéo en noir et blanc suggère un univers très cinématographique, avec d’ailleurs un sous-titrage de certaines pensées d’un personnage. On y voit un homme à l’allure de Jean-Paul Belmondo qui ne sait pas vraiment comment séduire la femme qui est à côté de lui, telle une Anna Karina moderne, pendant qu’ils sont poursuivis par un binôme qui ressemble au docteur Watson et à Sherlock Holmes…. Avec ce clip, le réalisateur Shahin Izadi a déclaré avoir voulu rendre un hommage au film Tirez sur le pianiste de François Truffaut.

Crédit photo : image modifiée d’après un extrait du film Wet Cement.

L’instant Court : Week-end, réalisé par Andrew Haigh

Posté par kristofy, le 23 mars 2012

Comme à Ecran Noir on aime vous faire partager nos découvertes, alors après le clip Time to dance avec l’acteur Jake Gyllenhaal, voici l’instant Court n° 71.

A l’automne dernier, le 22e Festival du film britannique de Dinard avait présenté en compétition le film Week-end qui y a d'ailleurs reçu la mention spéciale "La règle du jeu" décerné par un jury d'exploitants de salles.

Week-end sort enfin sur nos écrans ce mercredi 28 mars, et c’est le coup de cœur d'Ecran Noir parmi les (nombreuses) nouveautés à l’affiche la semaine prochaine.

Avant de découvrir dans quelques jours l'interview intégrale de son réalisateur, Andrew Haigh, voici une bande-annonce du film accompagnée des premières réactions du cinéaste lors de sa venue à Dinard.

Ecran Noir : Week-end est l’histoire d’une rencontre entre deux personnes qui s’aiment, mais il s’agit de deux hommes. Dans quelle mesure est-ce difficile de trouver des financiers et des acteurs prêts à s'investir dans ce type de projet ?

Andrew Haigh : Il est vrai que ça n’a pas été facile, ça a été même un peu difficile justement parce le sujet était une histoire d’amour entre deux hommes. Quand vous démarchez les gens avec ce genre de projet en expliquant qu’on veut le faire avec une certaine authenticité, on ressent de leur part comme une anxiété. Les interrogations qui arrivent sont du genre "quel va être le genre de public de ce film ?", et donc ça a été dur de réunir des fonds. Au début les gens ont un peu peur de s’engager sur un film comme ça, on a eu beaucoup de ‘non’ et de ‘peut-être’ comme réponses avant qu’on nous dise ‘oui’. Trouver des acteurs a été beaucoup plus simple en fait. On leur a simplement envoyé le scénario donc ils savaient ce qu’il en était, et les comédiens qui sont venus aux auditions étaient motivés. Trouver des financements et des distributeurs pour sortir le film a pris un peu de temps et la raison est la suivante : un film sur des homosexuels ne fait pas venir beaucoup de spectateurs.

EN : Quelles ont été les premières réactions autour du film ?

AH : Le film est sorti aux Etats-Unis durant l’été 2011, ensuite était prévue la sortie en Angleterre pour novembre, décembre pour l’Allemagne, mars pour la France. C’est un peu bizarre que le film ne soit pas sorti en premier dans notre pays l’Angleterre, en fait il est d’abord sorti aux Etats-Unis car le film avait été vu et remarqué dans des festivals et on a eu vite des propositions pour sa distribution, ce qui est plutôt bon signe. On a eu de très bonnes critiques. Pour un film à petit budget, on a eu la chance d’avoir eu une sortie dans une cinquantaine de villes américaines environ avec un très bon accueil, c’est mieux que ce qu’on aurait pensé.

EN : Dans le film, on remarque que les hétéros parlent facilement de leurs expériences sexuelles en public mais pas les gays. Pourquoi se sentent-ils gêné de le faire eux aussi ?

AH : C’est quelque chose de bizarre, aujourd’hui en 2011 on pourrait penser que les mentalités ont évolué sur ces questions d’identités sexuelles, mais en fait pas assez. Les choses ont certes changé par rapport à l’acceptation et l’intégration des différences et c’est vraiment mieux. Toutefois, dans un bar avec plein de monde, une personne ne se sent toujours pas à l’aise pour raconter une rencontre homosexuelle, tandis que les autres gens en majorité hétéros le font sans aucun problème de leur côté. Une personne homosexuelle ressent comme une pression sociale avec un poids du passé où il y avait discrimination, même si les personnes qui vous entourent sont très ouvertes d’esprit. Le film évoque d’ailleurs cette difficulté de se confier, même à des amis.

EN : Qu’est ce qui était le plus difficile à tourner entre les scène de sexe et celle de tendresse ?

AH : Ce sont les scènes de tendresse entre les deux personnages qui ont été les plus délicates. En fait, les scènes de sexe ont été assez faciles à faire, ce qu’on filmait restait plutôt soft, les acteurs le font et voila. Là, il s’agit surtout de savoir où placer la caméra et de comment cadrer. Pour les scènes de tendresse entre les deux hommes, il y avait beaucoup de dialogues et en plus des émotions à jouer. Ce sont ces différentes émotions qu’il faut obtenir de la manière la plus juste.

EN : Un des personnages note que la norme hétéro est partout à la télévision, dans les livres, dans les publicités, dans les films... Week-end veut-il aller à l’encontre de cette situation ?

AH : De manière très modeste, peut-être, il s’agit d’amener un peu d’homosexualité dans un environnement très hétérosexuel. C’est très bien de raconter des histoires où un prince rencontre une princesse, mais on peut aussi raconter une histoire où un prince rencontre un prince. Les choses mettent beaucoup de temps à évoluer, des dizaines d’années. Il faudrait que plus de gens s’engagent à raconter des histoires différentes.

Crédit photo : image modifiée d’après un extrait du film Week-End et portrait de Andrew Haigh à Dinard par kristofy

L’instant vintage : Charley Bowers, le technicien du burlesque

Posté par Benjamin, le 18 mars 2012

Voilà un artiste du cinéma burlesque qui fut ramené à la vie grâce aux cinémathèques (celle de Toulouse dans les années 50), grâce aux festivals, au DVD de Lobster Films, à tous ces restaurateurs, amoureux des premiers films qui s’émerveillent devant ces petites pépites retrouvées presque par hasard.

Au départ, il n’y a qu’un nom « Bricolo » (son nom de scène en France), qui ne dit pas grand-chose à personne. Puis, en communiquant avec la Cinémathèque de Québec, un nom s’ajoute, celui de l’artiste : Charley Bowers. La cinémathèque de Québec connaît sa carrière d’animateur, celle de Toulouse celle d’acteur burlesque. Le tableau de la vie professionnelle de Bowers semble se compléter de plus en plus et livrer ses étonnants secrets.

Charley Bowers (1889-1946) n’a fait que peu de films (une douzaine de courts métrages, muets et parlants) mais plus de deux cents films d’animation en noir et blanc, très rudimentaires, sans scénario, simplement des enchaînements de gags. Car il est l'undes pionniers du dessin animé, adaptant des BD populaires du début du XXe siècle. Côté cinéma, il ressemble quelque peu à Buster Keaton dont il s’inscrit dans la même lignée. Buster Keaton et Charley Bowers sont des techniciens de l’image là où Chaplin était celui de l'émoition. Pour le premier, la machine n’est autre que son corps. Son corps aux compétences athlétiques qu’il soumet à de rudes épreuves. Pour Charley Bowers, c’est l’image même, c’est la technique cinématographique qui est source de gags et non une situation ou un évènement particulier. Il est davantage un héritier de Méliès, tout en étant un grand admirateur du surréaliste André Breton.

Les histoires des films de Bowers ne sont toujours que des prétextes à ses inventions : (il aura l’argent de son oncle décédé à la seule condition que son invention marche, ou bien il ne pourra épouser sa dulcinée que s’il se montre capable de quelque chose de génial. Car Bowers incarne un marginal, un inventeur incompris. Vivant en marge de la société, il ne se lève et ne respire que pour créer des inventions dans lesquelles il est le seul à croire. Cependant, tout ce qu’il veut, c’est rendre l’existence de chacun plus facile et ses inventions ont toutes pour but de faciliter les gestes du quotidien. Il veut par exemple créer une machine qui fait pousser n’importe quels légumes en quelques secondes tandis qu’une autre doit rendre les œufs incassables.

La Nature est d’ailleurs toujours au cœur de son œuvre, une Nature dont il cherche toujours à tirer profit. Les machines, d’un autre côté, sont des êtres vivants à part entière et elles ne font qu’un avec la Nature, comme si dans le futur, les deux étaient destinés à s’accorder, avec l’Homme au milieu. il n’est pas alors anormal de voir dans ses films dans œufs éclore et donner naissance à des voitures ! Dans un autre court métrage, un oiseau avale du fer. Et c’est les yeux écarquillés que l’on regarde ses voitures « naître » et ses objets de métal être mangés par cet oiseau animé.

Bowers est un vrai technicien du cinéma. Il ne joue pas sur l’image (pas de surimpressions ou autre) mais donne vit aux objets. Il se fait le chef d’orchestre et le mécanicien de tout ce cirque d'illusions.

Même 80 ans plus tard, les effets spéciaux de ses films sont toujours saisissants et Charley Bowers, bien qu’il demeure loin derrière les Chaplin, Keaton et Lloyd, demeure un artiste burlesque de premier ordre.

L’instant Court : Time to dance, avec Jake Gyllenhaal

Posté par kristofy, le 16 mars 2012

Comme à Ecran Noir on aime vous faire partager nos découvertes, alors après la bande-annonce de Tim Burton pour son exposition à la Cinémathèque et son concours de court-métrage d’animation, voici l’instant Court n° 70.

A partir d’un certain degré de popularité, et surtout après un succès (commercial) au cinéma, un acteur devient une star. Ce changement de statut lui vaut d’entrer dans la A-list qui regroupe ceux qui ont le potentiel d’attirer le public avec leur nom sur l’affiche, et ça lui permet aussi de réclamer un salaire minimum (qui se chiffre en millions) avant de considérer un nouveau projet de film… En conséquence, il est rare que ce genre d’acteur populaire participe à un film court, à moins qu’il ne s’agisse d’une publicité pour un café avec George Clooney ou pour un parfum avec Natalie Portman (voir à ce sujet le classement des stars les plus côtées en pub ici).

Le seul format court où apparaît une vedette de cinéma reste le clip musical. Cependant, il s’agit la plupart du temps d’une figuration prestigieuse, comme Scarlett Johansson dans un clip de Justin Timberlake ou encore Natalie Portman dans un clip de Paul McCartney. Il existe en fait très peu de clips qui offrent un vrai rôle de composition…

Voici pourtant le clip Time to dance, du groupe The Shoes, avec en vedette l’acteur américain Jake Gyllenhaal. Ce qui est curieux, c’est qu’il s’agit en fait d’un groupe de musiciens français originaires de Reims et relativement méconnus (avec tout de même un buzz grandissant outre-Manche). Le clip est réalisé par Daniel Wolfe, et sa durée de 8 minutes lui permet de prendre la forme d’un court-métrage où un homme est déséquilibré par les meurtres qu’il a commis. A l’opposé de son image de héros hollywoodien (Le Secret de Brokeback Mountain, Zodiac, Love et autres drogues...), on y voit Jake Gyllenhaal dans un rôle de violent serial-killer...

Crédit photo : image modifiée, d’après un extrait du film Time to dance.

L’instant Court : exposition Tim Burton à la Cinémathèque

Posté par kristofy, le 10 mars 2012

Comme à Ecran Noir, on aime vous faire partager nos découvertes, alors après Long stay these days réalisé par Peter Naylor, voici l’instant Court n° 69.

La Cinémathèque Française organise une exposition des œuvres de Tim Burton, une rétrospective de ses films bien entendu mais surtout quantités de dessins, photos, sculptures, costumes et autres éléments graphiques divers qui ont été utilisés lors de la préparation de ses tournages.

Pour l’occasion, le réalisateur s’est livré en public à l’exercice de la master-class (après Steven Spielberg il y a quelques semaines). Tim Burton a évoqué son attachement aux films de Vincent Price (la voix de son court-métrage Vincent) et de Ed Wood, aux décors fabriqués plutôt qu'aux trucages numériques sur fond vert (bien que cette technique lui ait valu son plus gros succès commercial avec Alice au pays des merveilles), l’animation image par image avec des marionnettes miniatures, également son Batman (qui a été un succès à l’époque où les films de super-héros n’était pas un genre à la mode) et ses prochains films Frankenweenie (qui sera d'ailleurs proche de son court Vincent, et avec la voix de Winona Ryder) et Dark Shadows où il retrouve Johnny Deep et Michelle Pfeiffer.

Voila donc la bande-annonce de l’exposition Tim Burton à la Cinémathèque française, supervisée par Tim Burton lui-même. Il s’agit d’une déclinaison de celle qu’il avait conçue pour l’exposition de ses travaux au MoMA de New-York.

Vous êtes fan de l’œuvre de Tim Burton ? Alors réalisez vous-même un court métrage d’animation ! Un concours est lancé avec différents partenaires dont la Cinémathèque et Dailymotion. Il s’agit de proposer un film d'animation (dessin-animé, stop-motion, 3D...) proche de l’univers de Tim Burton. Lui-même sera à la tête d’un jury pour départager des lauréats.

Crédit photo : image modifiée, d’après un extrait du film Exposition Tim Burton.

L’instant Court : Long stay these days, réalisé par Peter Naylor

Posté par kristofy, le 2 mars 2012

Comme à Ecran Noir on aime vous faire partager nos découvertes, alors après The Last Goodbye réalisé par l’actrice Samantha Morton, voici l’instant Court n° 68.

Peter Naylor est un réalisateur qui se définit plutôt comme un créateur d'images (tant photographiques que vidéos), il co-dirige une société de production de divers contenus multimédia.

Pour le groupe de musique Shake Hands Eric, il a mis en image la transition entre deux moments typiques d’une journée comme un vendredi : quitter son job et rejoindre le pub.

Quand la fatigue et la solitude du travail se terminent pour enfin laisser place au repos et aux amis, sauf que le personnage principal est... un clown.

Voila donc le film court Long stay these days, réalisé par Peter Naylor pour Shake Hands Eric.

Crédit photo : image modifiée, d’après un extrait du film Long stay these days.

L’instant Court : The Last Goodbye, clip de The Kills réalisé par Samantha Morton

Posté par kristofy, le 24 février 2012

Comme à Ecran Noir, on aime vous faire partager nos découvertes, alors après une publicité réalisée par Tran Anh Hung rencontré lors du 18ème Festival international des cinémas d'Asie de Vesoul, voici l’instant Court n° 67.

Le duo The Kills, formé par Alison Mosshart et Jamie Hince, fête cette année leurs dix ans de musique ensemble. Les premiers disques font entendre un rock minimaliste et abrasif, et les concerts du groupe dans des petites salles deviennent mémorables. Depuis, leurs disques sont de qualité plutôt inégale et la ferveur des débuts s’est perdue quand ils jouent leur cachet devant des foules (Rock en Seine en 2011, Stade de France en mai 2012 en ouverture de Metallica).

Peu importe, The Kills est toujours un groupe dont on est curieux d’écouter l'album suivant. Alison Mosshart et Jamie Hince ont aussi participé chacun de leur côté à d’autres aventures musicales, et ils se sont intéressés à mettre en scène leur image (ils ont co-réalisé un documentaire). En tant que groupe, ils viennent de sortir un ep 4 titres acoustiques (dont une reprise de Marilyn Monroe) où la rugosité de leur son fait pour une fois place à des ballades.

Pour leur nouvelle vidéo, il ont fait appel derrière la caméra à l’actrice britannique Samantha Morton. Celle-ci a figuré au générique de quelques gros films comme Accords et désaccords de Woody Allen ou Minority Report de Steven Spielbierg. Bien qu’elle ait été une fois nominée aux Oscars, la comédienne a été un peu oubliée, mais on la retrouvera dans Cosmopolis de David Cronenberg (probablement à Cannes). En parallèle, Samantha Morton s’est tournée vers la réalisation de ses propres films, ainsi elle a déjà dirigé The Unloved en 2009.

Voila donc The Last Goodbye, clip de The Kills réalisé par Samantha Morton. Pour ce clip, subtilement éclairé en noir et blanc, elle a placé le duo dans une cabine de photomaton où ils ont joué quantité de poses et grimaces devant quelques flashs (le son arrive après 40 secondes).

Crédit photo : image modifiée, d’après un extrait du film The Last Goodbye.

L’instant court : Speechless, réalisé par Tran Anh Hung

Posté par kristofy, le 20 février 2012

Comme à Ecran Noir, on aime vous faire partager nos découvertes, alors après It's Halftime in America réalisée par David Gordon Green, avec Clint Eastwood, voici l’instant Court n° 66.

A l'occasion du 18ème Festival international des cinémas d'Asie (FICA) de Vesoul,  Ecran Noir a pu rencontrer Tran Anh Hung, invité de la section "francophonie d'Asie" avec ses 4 longs métrages L'odeur de la papaye verte, Cyclo, A la verticale de l'été et La ballade de l'impossible.

L'occasion de revenir avec lui sur son travail, et d'évoquer rapidement son expériences dans le domaine du format court. Expériences dont nous vous proposons ici un exemple à travers une publicité volontairement "orientalisante" et glamour.

Ecran Noir : Vos premiers courts-métrages, La femme mariée (à Cannes en 1989) et La pierre de l’attente, sont devenus quasiment invisibles  ?

Tran Anh Hung : Je souhaite qu’ils restent invisibles, ce sont les films les plus tristes qu’on ait pu faire. Je broyais du noir sûrement, je devais être dans une période sombre de ma vie, il n’y a pas beaucoup de plaisir à les voir.

EN : Il vous est également arrivé de réaliser des films publicitaires...

TAH : Je fais très peu de publicités, vraiment quand mon compte en banque est vide c’est à ce moment-là que j’accepte. Pour le spot Marionnaud, c’est leur agence de communication qui a eu ce genre d’idée avec un côté un peu asiatique, c’était leur envie. Je crois que l’agence a bien aimé la réalisation de cette pub mais en fait pas leur client.

Je fais très peu de publicité parce que pour moi faire une image c’est très précieux, je ne voudrais pas m’épuiser à ça. J’en ai fait une dizaine dans ma vie mais c’est minuscule, ce n'est pas grand chose.

Crédit photo : image modifiée, d’après un extrait du film Speechless.

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Teddy Awards 2012 : des films entre romances amères et engagement politique

Posté par vincy, le 18 février 2012

Les Teddy Awards de cette 62e Berlinale ont été remis hier soir, récompensant les meilleurs films ayant pour thématique l'homosexualité de la sélection du Festival.

Teddy du meilleur film, Keep the lights on (photo) de l'américain Ira Sachs est une histoire d'amour de dix ans entre deux garçons assez opposés, qui vont tomber amoureux et connaître une romance intense. Fort, cru, émouvant, le film avait été remarqué à Sundance.

Teddy du meilleur documentaire, Call me Kuchu de Malika Zouhali-Worrall et Katherine Fairfax Wright retrace le parcours de David Kato, militant gay ougandais qui a notamment lutté contre la loi anti-homosexuels régulièrement présentée devant le parlement du pays. Ce militant a été assassiné durant le tournage du film.

Prix du jury, Jaurès, du français Vincent Dieutre, est une docu-fiction où les confessions du cinéastes à une amie comédienne, Eva Truffaut, entrecroisent deux histoires, celle d'une rupture avec son copain et une autre autour d'un groupe de réfugiés afghans qui résident en bas de chez lui

Prix Siegesaule (du nom du magazine gay berlinois), Parada, film serbo-croate de Srdan Dragojevic, est une comédie à la Kusturica. On y suit un groupe de militants gays qui essaie d'organiser une gay pride (en Serbie, les homosexuels ont beaucoup de mal à imposer leurs droits). Il s'associe avec des mafieux locaux pour organiser leur protection face aux menaces des groupes néo-nazis. Le film est paradoxalement un succès dans toute l'ex-Yougoslavie, l'une des régions les plus homophobes d'Europe.

Prix du meilleur court métrage à la réalisatrice péruvienne Claudia Llosa pour Loxoro.

Deux Teddy Awards d'honneur ont été remis :

- l'un à Ulrike Ottinger, cinéaste, documentariste et photographe allemande : son documentaire Prater en 2007 avait reçu l'équivalent du César du meilleur documentaire tandis que sa Jeanne d'Arc de Mongolie avait été en compétition à Berlin en 1989.

- l'autre à Mario Montez, acteur et icône d'Andy Warhol, l'un des pionniers de la culture gay underground au cinéma.

Berlin 2012 : le prix Berlin Today pour Rafael Balulu

Posté par vincy, le 13 février 2012

Avec Batman at the Checkpoint, le cinéaste israélien Rafael Balulu a remporté le prix Berlin Today, l'équivalent de l'Ours d'or de la sélection Berlinale Talent Campus, récompensant un réalisateur en devenir. Balulu vient d'être diplômé en 2010 de la Sam Spiegel Film & Television School of Jerusalem. Il travaille actuellement sur Ghetto Neighborhood, un documentaire, et écrit The Money, son premier long métrage de fiction.

Son court métrage Batman at the Checkpoint raconte l'histoire de deux enfants, l'un israélien, l'autre palestinien, qui se disputent pour une poupée en plastique de Batman alors qu'ils sont bloqués avec leurs familles à un Checkpoint près de Jérusalem.

Le jury était composé de Jasmila Zbanic, cinéaste bosniaque, Judith Kaufman, chef opérateur allemande, et Guy Maddin, réalisateur canadien.

Une mention spéciale a été attribuée à David Lale pour son court métrage documentaire White Lobster.

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D'autres vidéos de Rafael Balulu sur son compte viméo