A l’aventure avec Mon premier festival 2017 !

Posté par MpM, le 21 octobre 2017

Rendez-vous incontournable des vacances de la Toussaint, Mon premier festival est de retour pour une 13e édition placée sous le signe de l'aventure ! La manifestation parisienne invite en effet le jeune public (à partir de 18 mois) à "quitter son cocon, ouvrir ses ailes pour découvrir l’inconnu, affronter les surprises, surmonter ses peurs et vivre des péripéties insoupçonnables", toutes choses rendues facilement possibles grâce à la magie du cinéma.

Concrètement, cela passe par une sélection de 40 films d'hier et d'aujourd'hui comme Le livre de la jungle de Wolfgang Reitherman, Le monde de Nemo d'Andrew Stanton et Lee Unkrich, Les joyeux pirates de l'île au trésor de Iroshi Ikeda, Cadet d'eau douce de Buster Keaton et Charles Reisner, Le chant de la mer de Tomm Moore, Adama de Simon Rouby, Microbe et Gasoil de Michel Gondry ou encore Chicken run de Peter Lord et Nick Park.

Mais l'aventure se poursuit également dans les autres sections du festival, qui proposent un focus sur le cinéma d'Amérique latine, des ciné-concerts, des films cultes, une compétition de dix-sept avant-premières ou films inédits, un hommage au réalisateur Serge Élissalde, des rencontres autour des métiers du cinéma et de nombreux ateliers. La marraine Anaïs Demoustiers a également proposé deux coups de coeur : U de Grégoire Solotareff et Serge Élissalde et Lou et l’Île aux sirènes de Masaaki Yuasa (Cristal du meilleur long métrage au Festival international du film d’animation d’Annecy en 2017).

Parmi les avant-premières, on choisira au gré des envies une version restaurée d'Alice comédie 2, un programme réunissant 4 courts métrages réalisés par Walt Disney himself entre 1923 et 1927 (sortie prévue le 6 décembre) ; La révolte des jouets d'Hermina Tyrlova et Bretislav Pojar, trois chefs d'oeuvre de l'animation tchèque des années 70 (sortie le 4 avril 2018) ; la reprise du film Le jour où la terre s'arrêta de Robert Wise, oeuvre majeure de la science fiction des années 50 (sortie en version restaurée le 3 janvier) ou encore L'étrange forêt de Bert et Joséphine de Filip Posivac et Bara Valecka, deux films d'animation en marionnettes venus de République tchèque (14 février). De quoi passer indéniablement les meilleures vacances de l'année !

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Mon premier festival 2017
Du 25 au 31 octobre
Informations et réservations sur le site de la manifestation

Voix d’étoiles, le festival qui met les voix du cinéma d’animation à l’honneur

Posté par MpM, le 19 octobre 2017

Le Festival Voix d'étoiles, dont la 12e édition se tient à Port Leucate du 25 au 29 octobre, est l'unique manifestation au monde consacrée aux voix et aux musiques du cinéma et de la série d’animation internationaux. Il propose notamment une sélection d'avant-premières et plusieurs compétitions, mais aussi des ateliers, des rencontres et des expositions. En tout, plus de 250 heures de projection à destination d'un public jeune et familial.

Parmi les films présentés, on trouvera Ernest et Célestine en Hiver de Julien Chheng et Jean-Christophe Roger, Zombillénium d’Arthur de Pins et Alexis Ducord, La passion Van Gogh de Dorota Kobiela et Hugh Welchman ou encore Cars 3 de Brian Fee. Seront également à l'honneur des séries comme Miraculous de Thomas Astruc, Mafalda de Juan Padron et Les légendaires de Prakash Topsy. Enfin, des courts métrages de fin d'étude seront en lice pour le prix du public.

Côté ateliers, les enfants pourront s'initier au doublage, au bruitage et à la fabrication de films d’animation. Des rencontres sont également prévues avec les invités, notamment Bibo Bergeron, réalisateur de Gang de Requin et Un monstre à Paris, parrain du festival, les voix françaises de Marge et Homer Simpson (Véronique Augereau et Philippe Peythieu) et les comédiens Timoté von Dorp (Baby boss), Emmanuel Curtil (Zombillénium, Les As de la jungle), Gérard Hernandez (Les Schtroumpfs et le village perdu), Sherine Seyad (Le voyage de Ricky), Lila Lacombe et Lisa Caruso (Ernest et Célestine en Hiver) ou encore Sophie Arthuys (Capitaine Superslip).

Et pour bien commencer cette édition qui s'annonce riche en découvertes, c'est Un conte peut en cacher un autre de Jakob Shuh et Jan Lachauer qui lancera les festivités. Récemment sorti en salles, le film est une adaptation de Roald Dahl qui réinvente les contes de fées avec humour et intelligence. Exactement ce qu'il fallait pour une ouverture pétillante et décalée.

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12e Festival Voix d'étoiles
Du 25 au 29 octobre 2017
Port leucate
Informations et programme sur le site de la manifestation

Le 14e Festival Court métrange de Rennes met le fantastique à l’honneur

Posté par MpM, le 18 octobre 2017

Créé en 2004, le Festival Court Métrange s'est fixé comme objectif de mettre à l'honneur le court métrage insolite et fantastique. Cette année, c'est à travers une sélection de 71 courts métrages en provenance de 19 pays, présentés dans 13 programmes mixant animation et fiction, que le cinéma de genre version courte s'affiche à Rennes.

L'occasion bien sûr de découvrir le meilleur de la production internationale actuelle,  en présence des réalisateurs invités, mais aussi de s'immerger dans le cinéma fantastique via des cartes blanches et des programmes spéciaux.

La 5e édition du "parcours métrange" propose par ailleurs d’explorer les secrets et les failles de l’intelligence artificielle au travers de nombreux rendez-vous dans différents lieux de la ville comme une battle "Cinéma VS Philosophie", des ateliers populaires de philosophie autour de "Être ou ne pas être … artificiel" et une exposition d'art fantastique.

Côté films, on ne ratera pas la séance consacrée aux années 90, qui permettra de revoir plusieurs courts de Jan Kounen (Gisèle Kérozène, Vibroboy) et Fabrice Du Welz (Quand on est amoureux, c'est merveilleux), ainsi que la compétition internationale qui présente des films déjà repérés comme Panthéon discount de Stéphan Castang (présélectionné aux César), Nocturne d'Anne Breymann (en compétition à Annecy), Mr. Death de Andreas J. Riiser (sélectionné à l'Etrange festival) ou encore The Absence of Eddy Table de Rune Spaans (sélectionné à Clermont), et bien sûr plein de films encore confidentiels à découvrir.

Que l'on aime le court métrage, ou juste le cinéma fantastique, cette semaine, c'est définitivement à Rennes que ça se passe !

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14e Festival Court Métrange
Du 18 au 22 octobre
Rennes
Informations et programme sur le site du festival

Le vent dans les roseaux : un programme qui exalte la musique et la liberté

Posté par MpM, le 18 octobre 2017

Il n'y a pas d'âge pour faire l'expérience de la liberté et du désir de justice. C'est en tout cas l'idée directrice du Vent dans les roseaux, un très beau programme de cinq courts métrages d'animation qui ont en commun de mettre en scène de jeunes héroïnes (ce qui n'est pas anodin) qui se battent pour ce qui leur semble juste. L'une dépasse ses peurs pour libérer son petit frère, l'autre refuse le rôle social qu'on lui impose, une troisième s'oppose à un tyran...

Avec cette nouvelle production des films du Nord (en association avec La Boite,... productions, Nadasdy Film, PictaNovo...), les enfants sont incités à la désobéissance civique et à la poursuite de leurs rêves, mais aussi au questionnement des codes sociaux et de l'autorité. Un vent de liberté et de rébellion souffle donc dans les roseaux, et pas seulement, tant les cinq films forment un programme cohérent qui tournent tous, à leur manière, autour des mêmes thèmes.

On se régale avec des histoires à la fois malicieuses (ah, cette petite fille qui n'en peux plus des dînettes et des tenues de princesse, se rêvant chevalière pourfendant le dragon !), poétiques (l'allégorie de la liberté à travers le personnage de la licorne qui ne supporte pas d'être enfermée, même dans un palais somptueux), joyeuses (l'amitié naissante entre une petite princesse et un gentil dragon), fantastiques (la rencontre entre la gardienne de buffles et la dame de la nuit) et profondes (la nécessité de se révolter contre l'injustice et l'arbitraire et de se battre pour défendre sa liberté, passant par la force et la puissance de la musique).

Chaque réalisateur propose un univers esthétique personnel où l'animation, simple et délicate, nimbe chaque histoire d'une atmosphère qui en renforce le message ou la portée symbolique. C'est notamment un vrai plaisir visuel que de découvrir le travail effectué par Rémi Durin sur La licorne, adaptation de l'album de Martine Bourre (éditions Pastel), où les personnages ont l'air à peine esquissés dans des décors minimalistes aux grands aplats de couleur. La licorne est comme nimbée de lumière, à la fois irréelle et spectrale, apparition merveilleuse qui est l'apogée du film.

Parfaitement adapté au jeune public qui est captivé par ces aventures à la fois faciles à appréhender et stimulantes pour l'imagination, mais également passionnant pour les plus âgés qui y trouveront la matière à de nombreuses conversations en famille, Le vent dans les roseaux est une très belle proposition cinématographique. De celles qui font pleinement confiance aux enfants et à leur capacité d'émerveillement et de réflexion, sans en faire des tonnes. Une réussite à ne surtout pas laisser passer.

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Le vent dans les roseaux
Programme de cinq courts métrages d'Anaïs Sorrentino (Dentelles et dragon), Arnaud Demuynck (La chasse au dragon), Madina Iskhakova (La petite fille et la nuit), Rémi Durin (La licorne) et Nicolas Liguori et Arnaud Demuynck (Le vent dans les roseaux).
A partir de 5 ans
Cinéma Public Films
Bande annonce

Quel cirque ! Un programme d’animation enchanteur et insolite

Posté par MpM, le 11 octobre 2017

Ce n'est pas encore Noël, et pourtant Malavida nous gâte au-delà du raisonnable cette semaine avec Quel cirque !, un programme enchanteur de trois courts métrages réunis autour du thème du cirque, et issus de la grande école d'animation tchèque de la seconde moitié du XXe siècle.

Formant un ensemble cohérent, les trois films sont véritablement à destination de tous les publics, à partir de trois ans, et tellement captivants, voire émouvants, que des spectateurs adultes peuvent y aller sans hésiter, même s'ils n'ont pas d'enfants à accompagner.

Le premier film, Le petit parapluie, est réalisé par Bretislav Pojar en 1957. Cet animateur tchèque collaborateur de Jirí Trnka est connu pour sa virtuosité technique. Il a été récompensé à plusieurs reprises à Cannes (prix du film de marionnettes pour Un verre de trop en 1953, grand prix du court métrage pour Balablok en 1973 et prix du jury animation - court métrage pour Boom en 1979). Le petit parapluie, également sélectionné à Cannes en 1957, met en scène un personnage connu du grand public tchèque, Ole ferme l’œil, conçu par Trnka pour ses illustrations des Contes d’Andersen. Il est ici détourné de sa fonction première (aider les enfants à s'endormir) pour se transformer en une sorte de Monsieur Loyal facétieux et tout-puissant qui donne vie aux jouets de la maison et leur intime de se livrer à des numéros de cirque.

On est évidemment frappé par la poésie et la délicatesse de l'animation, notamment lorsque le personnage crée un Pierrot fait de bulles aériennes qui s’anime soudain, ou que des dragons de papier deviennent de terribles fauves à dompter. C'est ainsi tout un monde onirique qui apparaît ainsi sous nos yeux, le temps d'une unique représentation, magnifié par le travail de précision de Pojar, qui anime les marionnettes devant la caméra à l'aide d’une tringle, d’une gaine, d’une tige ou de fils en nylon translucides (l'un d'entre eux apparaît fugacement dans une scène) et combine ce premier plan avec une animation à plat et des ombres en arrière-plan.

Deux cœurs en piste de Zdenek Ostrcil est à la fois le film le plus récent du programme (1983), et le seul à ne pas être réalisé en volume. Le cinéaste, qui fut un proche collaborateur à la fois de Karel Zeman et de Hermina Tyrlova, choisit ici une animation image par image, en plans fixes, qui joue sur les échelles de plans pour donner un sentiment de dynamisme à l'action.

Très découpé, utilisant le montage alterné et les plans de coupe, le film raconte avec humour et légèreté une histoire d'amour contrariée entre l'acrobate et le clown du cirque. Plein de gags visuels, tournant en ridicule le "méchant" du récit, un monsieur Loyal fantoche à souhait, c'est clairement le film le plus comique du programme, ode à irrévérence, à la liberté d'esprit et à l'insouciance.

Enfin, Monsieur Prokouk acrobate de Karel Zeman et Zdenek Rozkopal reprend un personnage créé par Zeman en 1946 pour une série de films éducatifs dans lesquels il « découvre » qu’il est bon de modérer sa consommation d’alcool, de recycler ou de faire des économies. Il est donc surprenant, et par avance réjouissant pour le public, de le retrouver en acrobate dans un cirque itinérant. D'autant que Monsieur Propouk s'avère tout à fait à son aise dans cet univers où il présente un numéro époustouflant de patinage en duo avec un lion...

Dès la séquence d'ouverture, une parade d'embarcations toutes plus décalées les unes que les autres, on pénètre dans un monde insolite et humoristique qui mêle les prouesses visuelles à une très grande fantaisie. Les situations cocasses se succèdent, et détournent les attentes du spectateur : le lion danse avec la tête de son partenaire dans la gueule, il mange avec un couteau et une fourchette, le clown jongle avec un piano... La fin délivre malgré tout un message éducatif (afin de rester fidèle au personnage) qui passe d'autant mieux qu'il est distillé avec une bonne dose de second degré, à l'image du film lui-même. L'animation est évidemment remarquable, si fluide et naturelle qu'elle laisse totalement la place aux clins d’œil visuels et aux facéties du scénario.

C'est déjà une chance énorme que de pouvoir (re)découvrir ces chefs d'oeuvre de l'animation tchèque sur grand écran, mais en plus, un très beau dossier pédagogique permet de travailler sur les différents niveaux de lecture des films avec les plus jeunes, leur présentant à la fois des jeux et des informations pour mieux comprendre le principe du cinéma d'animation et, par extension, apprendre à lire et analyser l'image animée. Une occasion incontournable d'initier les jeunes cinéphiles au langage cinématographique tout en découvrant la féerie enchantée d'un monde du cirque, magnifié et même réinventé avec une fantaisie qui n'a rien perdu de son acuité.

Retour sur le 10e Paris international animation Film Festival

Posté par MpM, le 4 octobre 2017

La 10e édition du Paris international animation Film Festival (PIAFF) s'est achevée mardi 26 septembre avec la proclamation du Palmarès. C'est Impossible figures and other stories II de Marta Pajek qui a remporté le grand Prix décerné par le jury. Il s'agit d'un film au graphisme très épuré (trait noir, rares touches de couleur) qui suit une jeune femme dans son appartement aux dimensions labyrinthiques.

On ne sait si elle s'y perd, ou choisir d'y déambuler au hasard, se laissant surprendre par les rencontres et les découvertes. Un film étrange et saisissant qui tend au spectateur un miroir pour qu'il puisse sonder à son tour les méandres de son labyrinthe intime. Un très beau choix de la part du jury qui va avec ce film vers un cinéma peu narratif et très elliptique.

Le palmarès

Figurent également au palmarès Vilaine Fille d'Ayce Kartal (Prix du jury), délicat récit à la première personne d'une petite fille ayant subi une agression ; Locus d'Anita Kwiatkowska-Naqvi, curieux Prix du scénario pour une œuvre à la beauté indéniable, réalisée avec des figurines translucides presque déchirantes, mais qui demeure assez absconse ; Min Borda de Niki Lindroth von Bahr (Prix de la mise en scène), comédie musicale existentielle dans laquelle des animaux chantent la solitude, l'absurdité du monde et le fardeau qui pèse sur leurs épaules (découvertà la Quinzaine des réalisateurs et couronné à Annecy) et Morning cowboy de Fernando Pomares (Prix d'interprétation ex-æquo avec Alphonse s'égare de Catherine Buffat et Jean-Luc Greco) qui raconte la révolte d'un homme qui décide de renouer avec ses rêves d'enfance.

On y retrouve aussi Orogenesis de Boris Labbe (Prix du meilleur son), indescriptible succession de plans en noir et blanc qui simulent la formation des montagnes sur la croûte terrestre, en une reconstitution presque aride d'un passé qui nous bouleverse par la seule force de ses images et enfin (Fool time) job de Gilles Cuvelier, fable clinique et désespérée sur un homme contraint d'accepter un travail terrifiant pour nourrir sa famille, mise en scène avec une précision et un sens de l'ellipse aussi admirables que glaçants.

Les temps forts

Cette 10e édition proposait en plus de la compétition professionnelle et films d'étudiants de nombreux temps forts permettant au public d'avoir un large aperçu de la production actuelle (films de commande, films du monde, films envisagés mais non retenus compétition, rencontres avec des auteurs comme Claude Barras ou Arthur de Pins, carte blanche au studio Train Train...).

Une très belle séance consacrée au cinéma de patrimoine, conçue par Jean-Baptiste Garnero du CNC, a également permis de découvrir l'œuvre primordiale et atypique de Peter Foldès, cet animateur d'origine tchèque installé en France, à qui l'on doit notamment le saisissant La faim mais aussi des œuvres plus légères comme des publicités pour Bahlsen et la Samaritaine, et même le générique de Stade 2. Un animateur qui fait date dans l'histoire de l'animation française comme mondiale notamment parce qu'il a décloisonné tous les genres et essaimé dans l'inconscient collectif. Ce fut également un pionnier de l'informatique, qui a très vite détecté ce que les nouvelles technologies pouvaient apporter à l'animation.

La compétition professionnelle


Moment phare du Festival, la compétition professionnelle a littéralement estomaqué par sa qualité et son audace. C'est vraiment le meilleur de l'animation mondiale qui a été rassemblé par le sélectionneur Alexis Hunot à travers 25 films qui mêlaient les genres et les techniques avec un sens très aigu du dosage. L'animation y était entendue ici au sens le plus noble du terme, sans concessions à son image tarte à la crème de genre léger, voire enfantin, qui privilégie la forme au fond. On a donc vu des films engagés, existentiels, profondément ancrés dans leur époque, parfois intimes, qui livrent du monde une vision en demi-teinte, entre désespoir et ironie, dénonciation et prise de conscience.

On a déjà cité le très fort (Fool time) job de Gilles Cuvelier, sur les extrémités auxquelles sont amenées certaines personnes pour survivre, ainsi que Min Börda de Niki kindroth von Bahr, sur l'extrême moderne solitude, mais on pourrait également parler de Airport de Michaela Müller qui montre comment les aéroports sont devenus des lieux anxiogènes de contrôle et de sécurité, où tout semble pouvoir déraper à tout moment ; Le curry de poisson d'Abhishek Verma sur un coming out tout en retenue entre un père et son fils ou encore Buddy Joe de Julien David qui donne la parole à son beau-père atteint de la maladie de Parkinson en chassant toute velléité de dramatisation lacrymale.

Un cinéma plus expérimental, plus formaliste aussi, était également présent. On pense notamment à l'hypnotique Orogenesis de Boris Labbé, ou au déconcertant Miller Fisher de Falyaz Jafri qui joue lui-aussi sur un cinéma purement sensoriel avec des plans répétés dont on ne peut détacher le regard. L'explication du film (il s'agit de l'expérience visuelle, physique et existentielle distordue de la maladie auto-immune du même nom, dont souffre le réalisateur)) importe au fond moins que l'impression saisissante que ces images opèrent sur celui qui les regarde. Casino de Steven Woloshen propose également un travail très visuel où des formes presque abstraites (qui évoquent la passion du jeu du père du réalisateur) bougent en adéquation avec une musique de jazz entraînante.

Nos chouchous


Enfin, parmi ces 25 films, trois nous ont plus particulièrement marqués. Il y a tout d'abord Diamenteurs de Chloé Mazlo (Oscar du meilleur court métrage en 2015 avec Les petits cailloux), une oeuvre hybride captivante qui utilise un matériau intime pour raconter un conte apparemment anodin aux accents pourtant universels. La réalisatrice travaille l'intime depuis ses premiers courts métrages et c'est, chez elle, une constante quasiment aussi forte que son travail d'animation mêlant stop Motion et prise de vue réelle.

Sa famille est donc presque naturellement la matière principale du film, que ce soit à travers des images d'archives familiales, via la voix de son père, qui est le narrateur, ou avec ses propres apparitions (et celles de ses frère et sœur) à l'écran. Mais elle le fait paradoxalement au service d'une narration qui n'a plus rien à voir avec l'histoire de sa famille puisqu'il s'agit de raconter le processus qui transforme un diamant brut en une pierre calibrée et polie prête à être montée en bijou. C'est petit à petit, dans le décalage entre les images et la voix-off, qu'apparaît le vrai sujet du film : le formatage tout aussi brutal que l'on fait subir à l'être humain dès la naissance.

Dans un style très différent, Toutes les poupées ne pleurent pas de Frédérick Tremblay (Prix du jury de la critique) laisse le spectateur dans un état de sidération difficilement descriptible. On est à la fois ébahi par l'expressivité des marionnettes qui sont au cœur du récit, frappé par l'intelligence de la mise en abîme (le film montre dans une grande épure, en prise de son direct, et sans musique, le tournage d'un film en stop-motion par un couple - également de marionnettes - qui ne se croise jamais) et émerveillé par la précision de la mise en scène à la fois au niveau du film dans le film (choix des plans, mouvements minuscules pour animer les marionnettes, magie de la succession de plans fixes qui recrée une histoire) et dans le récit lui-même qui effectue le même travail avec une force dramatique décuplée.

On est face à du grand art de l'animation, mais aussi devant une oeuvre solide, qui suggère et propose plusieurs niveaux de lecture sans jamais rien asséner, et fait naître de ses êtres pourtant inanimés des fulgurances existentielles déchirantes.

Enfin, Alphonse s'égare de Catherine Buffat et Jean-Luc Greco (prix d'interprétation ex-aequo) est un récit en apparence plus classique d'une initiation adolescente dans laquelle tout déraille. Le film crée un décalage systématique (avec  notamment la voix volontairement très nasillarde du personnage, mais aussi les situations et les dialogues) qui rend tout à la fois drôle et un peu tragique. On est dans ce moment symbolique de la fin de l'adolescence et du passage à l'âge adulte où tout s'emballe, parce que tout semble tout à coup possible et à portée de mains, mais sans pathos, sans psychologie de comptoir. Et c'est vrai que le film se moque allègrement de lui-même et de ses congénères teen-movies,  tout en rendant son (anti) héros terriblement attachant.

Pour son anniversaire, le PIAFF s'est ainsi offert une édition exemplaire et enthousiasmante, qui fera vraisemblablement date dans son histoire. De quoi galvaniser l'équipe organisatrice qui devra justement faire face, dès l'année prochaine, à de nouveaux défis, et notamment au départ de son directeur artistique.

Dinard 2017 : retour sur la compétition courts métrages

Posté par MpM, le 2 octobre 2017

Pour la 2e année consécutive, le Festival de Dinard proposait une compétition de courts métrages constituée de douze films datant des deux dernières années. Le jury présidé par Phil Davis et composé de la productrice française Manon Ardisson, la journaliste française Stéphanie Chermont et l’acteur britannique Michael Smiley, a décerné deux récompenses : une mention à The party de Andrea Harkin (drame sur le conflit irlandais mettant en scène des règlements de comptes sanglants entre une milice protestante et des adolescents catholiques) et le Grand Prix à We love Moses de Dionne Edwards (drame intime autour de l'homosexualité raconté à la première personne par une jeune adolescente). Le public, lui, à plébiscité The driving seat de Phil Lowe, comédie sur un couple d'âge mûr qui tente de pimenter sa vie sexuelle en faisant l'amour dans sa voiture.

Leurs choix vont dans le sens de la sélection elle-même, qui privilégiait majoritairement une forme de cinéma classique, narratif et consensuel, donnant du court métrage une vision assez balisée et traditionnelle : histoire courte reposant sur une idée ou un sujet, tenant souvent uniquement par ses dialogues, et ménageant une forme de chute finale. Face à ces propositions, le jury est allé dans la direction la plus logique, privilégiant un cinéma de bonne facture, pas franchement subtil, mais au sujet facilement identifiable et à l'impact émotionnel indéniable sur le spectateur.

Le reste de la sélection proposait notamment un court métrage maladroit sur les expulsions locatives à Londres (The nest de Jamie Jones), une comédie sympathique sur le sexisme bon teint de la première moitié du XXe siècle (Domestic policy d'Alicia MacDonald), un drame complaisant sur le veuvage et la difficulté de faire la paix avec son passé (Edith de Christian Cooke), une blague programmatique sur le décalage entre le discours d'experts et leur comportement (Bad advice de Matthew Lee) ou encore une allégorie un peu simpliste autour de la parentalité (Homegrown de Quentin Haberham). Des œuvres inégales qui ne brillent pas plus par leurs qualités cinématographiques que par leur finesse d'écriture.

On peut malgré tout distinguer Ghosted de Neville Pierce, sorte de comédie romantique hantée dans laquelle une jeune veuve (Alice Lowe) est importunée par le spectre de son mari (infidèle, en plus) lors de chacun de ses rendez-vous amoureux. Les dialogues loufoques et la construction assez rythmée font oublier l'aspect légèrement répétitif des situations, et surtout font pardonner une fin que l'on voit venir de loin.

Se détachent également deux films singuliers qui apportent à la sélection une autre forme de cinéma : White riot : London de Rubika Shah est un documentaire sur les affrontements liés aux questions d'immigration et de racisme qui ébranlèrent la Grande Bretagne à la fin des années 70. Avec des images d'archives et des témoignages actuels, il retrace la naissance d'un mouvement punk réuni autour du fanzine Temporary Hoarding qui relayait les informations tues par les autres médias, et dresse le parallèle avec la société actuelle.

Le principal reproche que l'on puisse faire au film est d'être trop court, ce qui tombe bien, car la réalisatrice a décidé de traiter le même sujet dans son premier long métrage.

Dans une veine plus expérimentale, mais tout aussi passionnante, Dear Marianne de Mark Jenkin est une succession de cartes postales en super 8 enregistrées par un voyageur originaire de Cornouailles qui cherche des points communs entre sa terre natale et les comtés irlandais de Wexford, Waterford et Cork qu'il traverse. Très simple et assez hypnotique, le film a à la fois une grande puissance d'évocation et une tonalité éminemment poétique. Quelque chose entre la magie de la découverte et la nostalgie des lieux de son enfance.

Et si tout cela reste forcément très subjectif, c'est sans hésiter le film que l'on retiendra de cette sélection en demi-teinte, dont on voit bien qu'elle se cherche encore,  essayant pour le moment de privilégier la pédagogie (amener le grand public au court métrage) au détriment d'une certaine audace de programmation.

La Péniche cinéma menacée de couler

Posté par vincy, le 17 septembre 2017

La péniche Cinéma, soutenue par la maison du court métrage et Shorts TV entre autres, et la péniche Anako sont contraintes de quitter leur quai le 2 janvier 2018 dans le XIXe arrondissement de Paris, situé entre le MK2 Quai de Seine-Loire et le Parc de la Villette. Il y a au total neuf péniches associatives sur ces quais.

La décision est d'autant plus étrange que quatre emplacements supplémentaires ont été créés et que cette zone qui couvre le canal mais aussi le bassin de la Villette est de plus en plus axée sur les loisirs et la culture.

Cette décision est même inquiétante pour la place de la culture associative à Paris. Ces deux péniches installées ici depuis plus de dix ans vont devoir faire place à un projet d’agriculture urbaine avec restauration sur place, et une "péniche-bal" soutenue par le créateur de lieux culturels-festifs "bobos" comme La Rotonde, la Petite Halle de La Villette, les Dock B à Pantin et de la Bellevilloise. La Mairie a lancé l'appel d'offre en mars dernier et cèderait ses amarres pour dix ans en échange de fructueuses rémunérations.

Ce dimanche 17 septembre, une mobilisation conjointe entre les péniches était prévue. Une pétition pour la péniche Cinéma a déjà récolté plus de 10000 signatures, qui s'ajoutent aux 12000 signatures pour sauver la péniche Anako.

Après 10 ans d’exploitation axés sur le quartier, de contraintes administratives rocambolesques où on nous imposait de ne pas faire de bénéfices sous peine d’être virés, lisez donc dans les détails (cf. Marianne du 11 Août 2017 “La Mairie de Paris coule la culture “) ce qu’a décidé la Mairie de Paris : nous virer, nous et la Péniche Anako, au premier janvier 2018 pour mettre à notre place une antenne de La Bellevilloise et à l’emplacement d’Anako, une épicerie flottante appartenant au groupe Carrefour.
J’en appelle à ceux qui ont été diffusés sur ce bateau, y ont été produits, aux écoles de cinéma, aux réalisateurs (trices), aux comédiens (nes), aux Festivals passés par chez nous, à ceux qui sont nés ici et passent maintenant au Forum des Halles, à toutes les associations que nous avons soutenues et/ou reçues gracieusement, à vous Mme Goodall, grande primatologue venue nous rendre visite à plus de 80 ans, aux participants et organisateurs de la Ouishare Fest, du Festival Zéro Wast, aux abonnés du restaurant 100% produits frais que nous avions créé, aux clubbers, aux marié(e)s , aux pacsés, aux hétéros, aux homos, aux riverains, au quartier dans lequel nous vivons depuis 10 ans et où nous nous sentons chez nous.

En fait, le plus gênant dans cette histoire, c'est le changement des règles du jeu. Les péniches sur ces quais devaient être associatives, à but non lucratif. Actives culturellement, ces péniches parvenaient à créer des dizaines d'événements et accueillaient des artistes souvent snobés par les institutions. Désormais, elles sont ouvertes au privé, qui va chercher de la rentabilité, mais qui devront aussi reverser un pourcentage de leurs ventes à la Ville.

Le profit comme seul mobile

On s'étonne ainsi quand le maire socialiste du XIXe arrondissement, François Dagnaud, explique que les projets retenus doivent répondre aux critères suivants (dans Le canard enchainé): "Ouverture sur le quartier et participation aux initiatives locales, valorisation de la voie d'eau et viabilité du modèle économiques." Les deux péniches menacées semblaient répondre à ces critères, mais, sans doute jugées pas assez profitables (en même temps, ça leur était interdit).

La mairie n'a pour l'instant présenter aucune alternative. Des emplois sont menacés, aucun nouveau lieu d'amarrage n'est trouvé. Il reste à savoir si le Conseil de Paris va oser sabrer dans ces symboles culturels au nom du respect de la loi Sapin 2 qui oblige à mettre en concurrence les occupants du domaine public (rien ne les obligeait à changer les modes d'attribution en voulant faire du profit un critère indispensable).

Un recours devrait être déposé. L'affaire devrait se terminer au tribunal. Face à face, la marchandisation d'un espace public gentrifié et deux associations alternatives et populaires déterminées à rester à quai. Touchées mais pas coulées.

Edit : à noter qu'un appel à solidarité a été lancé par Frank Delrieu, responsable de l’association de la péniche cinéma. Il est disponible en ligne sur le site GoFundMe.

Cartoon Forum 2017 : tour d’horizon des premiers projets présentés

Posté par MpM, le 13 septembre 2017

Carrefour de la série télévisée animée, Cartoon Forum est le lieu des possibles. L'endroit où se rencontrent espoirs et désirs, inventivité et audace, coups de cœur et paris fous. Pendant trois jours, les projets se succèdent, et les professionnels se pressent (littéralement) devant les présentations qui répondent toutes à un rituel assez précis. En une demi-heure, il faut convaincre, avec parfois peu d'éléments et un trac plus ou moins bien dissimulé, de l'intérêt et de la faisabilité d'un projet.

Les équipes présentes (producteurs, créateurs, réalisateurs) sont à la recherche de coproductions européennes, et de diffuseurs susceptibles de s'engager à leurs côtés. Du Carton Forum peut ainsi dépendre l'avenir du projet, et l'on a parfois du mal à réaliser que tous ne pourront pas se faire, ou n'arriveront pas jusqu'à nous. Pourtant, a priori, on aurait envie de tous les voir, et l'on est frappé par la diversité et l'éclectisme des thèmes, des graphismes et des univers visuels. Petit tour d'horizon des premiers projets présentés.

LA FOIRE AGRICOLE
Production : PANIQUE! et Autour de minuit
Réalisation : Stéphane Aubier et Vincent Patar

Cowboy et Indien, les héros loufoques et délirants de Panique au village, sont de retour pour un 3e "spécial" de 26 Minutes (après La Bûche de Noël et La Rentrée des classes). Ce nouvel épisode de la fameuse série (en stop Motion) créée par Vincent Patar et Stéphane Aubier se déroule au moment des examens de fin d'année et explore la thème du voyage dans le temps. Confrontés à leurs propres clones, les deux pires garnements du village réussiront-ils à se rendre à la foire agricole, objet de tous leurs désirs ?

Si le film est globalement assuré de se faire (il est suffisamment avancé pour être attendu fin 2018) et sera rapidement suivi d'un 4e (sur les vacances scolaires), la question est plutôt de savoir de quelle diffusion (sortie en salles et télévision) il bénéficiera en Europe, toutes les combinaisons (des épisodes entre eux) étant possible.

Le plus : un ton décalé et une fantaisie débridée auxquels il est impossible de résister.
Le bémol : gare aux attentes (démesurées) du spectateur : on aime tant Panique au village que l'on a toujours un peu peur d'une baisse de forme des auteurs !
A noter : les réalisateurs Vincent Patar et Stéphane Aubier sont doublement présents au Cartoon forum puisqu'ils participent également au projet Chien pourri (adapté des livres jeunesses de Colas Gutman et Marc Boutavant) à l'Ecole des loisirs) présenté par Dandeloo, Folivari et PANIQUE!

TULIPOP ANIMATED SERIES
Production : Tulipop et Blink Industries
Réalisateurs : Nina Gantz & Simon Cartwright

Un projet de série (52 x 11 minutes) totalement dépaysant qui s'inspire de l'Islande, la terre natale de sa créatrice Signy Kolbeinsdottir. L'île, avec ses glaciers, ses montagnes et ses coulées de lave, y est d'ailleurs un personnage à part entière, rebaptisé Tulipop pour l'occasion. On y suivra Gloomy et Bubble, des frères et soeurs champignons, ainsi que de toute une galerie de personnages proches de la nature. Dans cet univers fantastique sans humains, inspiré des contes islandais et scandinaves, se déroulent des aventures pleines de magie et de bienveillance. L'animation 2D fait la part belle aux couleurs vives, voire flashys, créant ainsi une ambiance visuelle forte et immédiatement reconnaissable.

Le plus : un projet singulier porté par ses inspirations islandaises.
Le bémol : on est désespéré de ne pas avoir gagné l'une des peluches représentant les personnages mises en jeu lors de la présentation. Elles sont juste superbes.
A noter : il existe environ 70 produits estampillés Tulipop et vendus à travers le monde. Un merchandising pensé en amont pour financer la série et les contenus cross medias qui devraient l'accompagner.

L'ODYSSEE DE SHOOOM
Production : Picolo Pictures
Réalisateur : Julien Bisaro

Shooom est une adorable petite chouette qui a la mauvaise idée d'éclore pendant une tempête en Louisiane. Avec son frère (qui est lui toujours au chaud dans sa coquille), elle part en quête de parents prêts à les adopter. L'occasion d'aller à la rencontre de nombreux animaux de la forêt. On craque littéralement devant le graphisme délicat et terriblement mignon de ce "spécial" de 26 minutes à destination des tout-petits. La douceur de l'animation ainsi que la simplicité du récit a tout pour séduire même les plus endurcis qui ne pourront rester de marbre devant ce très joli parcours initiatique sur fond de familles recomposées.

Le plus : le film bénéficiera d'une sortie en salles grâce aux Films du préau.
Le bémol : les deux autres films prévus sur le même modèle (dans la collection Egg's stories), mais avec d'autres animaux et d'autres lieux, ne risquent-ils pas de donner l'impression de se répéter ?
A savoir : les auteurs Julien Bisaro et Claire Paoletti se sont rencontrés à l'école de La poudrière et ont créé ensemble la société de production Picolo Pictures.

CHICKEN OF THE DEAD
Production : Anoki et Melting productions
Réalisateur : Julien David

Chicken of the dead se veut un mix entre Walking dead et Chicken run, avec un héros qui oscillerait entre Bernard Tapie et Michel-Edouard Leclerc, ce qui annonce tout de suite la couleur. On est clairement dans un projet à destination d'un public pour adultes et jeunes adultes, très engagé contre le capitalisme et la malbouffe. Il s'agit en effet d'un entrepreneur confronté à un problème délicat : sa nouvelle recette de poulet industriel transforme tous les consommateurs en poulets-zombies très en colère (contre lui).

Le projet de série (10 x 7) s'accompagne d'un projet de court métrage qui sera réalisé à Toulouse. Avec son graphisme rock'n roll proche de la bande dessinée et son ironie mordante, le concept s'inscrit sans ambiguïté à la fois dans la tradition de la satire sociale et du film de genre.

Le plus : le projet va très loin dans la dérision et envisage une saison 2 qui lorgne du côté de la planète des singes, avec une révolution anti-humaine
Le bémol : la radicalité du propos risque de terrifier certains diffuseurs
A savoir : parmi les références cinématographiques citées par les auteurs, on retrouve aussi bien Terminator que Cannibal holocaust ou Invasion Los Angeles.

Venise 2017 : John Landis fait revivre Michael Jackson en 3D

Posté par kristofy, le 5 septembre 2017

Qui n’a jamais vu le clip de ThrillerMichael Jackson se transforme en loup-garou pendant que des zombies sortent de terre ? Il est considéré que la première superproduction de clip musical ayant bénéficié d’un budget et de conditions de tournage dignes d'un film de cinéma. Il y avait une raison à cela : dès l’origine Thriller a été conçu pour être un court-métrage diffusé en salle de cinéma. Son réalisateur John Landis propose de revivre une projection comme en 1983 : le making-of du clip (45 minutes) et donc une nouvelle version (avec sa durée de 14 minutes) du clip en 3D !

C’est Michael Jackson lui-même qui a souhaité que Thriller soit réalisé par John Landis, parce qu’il voulait se métamorphoser en créature tout comme dans le film Le Loup-garou de Londres de John Landis. C’est son deuxième très gros succès au cinéma juste après The Blues Brothers (que Jackson n’avait pas vu, pas plus que ses films précédents).

John Landis explique comment cette nouvelle version Thriller 3D est une belle manière de se souvenir du meilleur de Michael Jackson : "Je suis toujours fier du clip Thriller, je n’aime pas trop le voir comme il est sur Youtube, et comme j’avais accès aux négatifs c’était le moment de le montrer comme moi et Michael Jackson on voulait qu’il soit vu. C’est à dire dans une salle de cinéma, et dans sa meilleure version longue. On a fait une restauration des images en 4K, une conversion en 3D, et aussi un remix audio en Dolby Atmos. Michael Jackson avait 24 ans à l’époque, c’était déjà un pro de la musique avec plein d’années d’expériences depuis qu'il était gamin, il travaillait dur. Le Michael que j’ai rencontré était en fait plus comme un enfant de 18 ans qui s’amusait, mais il voulait le meilleur. L’idée de départ quand il m’a téléphoné c’était qu’il voulait être métamorphosé en monstre, comme dans mon film qu’il adorait. Quand je l’ai rencontré à Los Angeles j’ai vu qu’il était très fan de mon film Le Loup-garou de Londres, il m’a m’a posé plein de questions. Lui voulait faire un clip extraordinaire, il était d’ailleurs plus intéressé par ce projet que sa maison de disque. A l’époque il avait deux clips pour Billie Jean et Beat it, mais la télévision n’en voulait pas parce qu’il était noir. Au début le clip de Thriller a donc été projeté dans quelques cinémas, comme prévu. Le disque est sorti et ça marchait bien, et la maison de disque a vite compris que c’était mieux de le pousser à la télévision pour augmenter les ventes. Thriller est donc passé à la télé, et l’impact a été énorme, les ventes du disque ont monté en flèche. Michael Jackson a commencé à devenir la personne la plus célèbre du monde. Plus tard j’ai réalisé un autre de ses clips, Black or White, comme si je travaillais 'pour lui' plutôt que 'avec lui' comme c'était le cas pour Thriller. Durant la production de Thriller on est vraiment devenu ami. Revoir le making-of aujourd’hui c’est le revoir lui à son sommet, on y voit surtout Michael Jackson heureux et joyeux."

Le making-of montre qu'il s'agissait bien d'un tournage de cinéma : répétition des pas de danse avec un chorégraphe, préparation de moulage de la tête et autres prothèses pour la transformation, maquillage des figurants, le tournage dans une rue bloquée avec des fans venu l'apercevoir, le tournage en studio... On y voit un Michael Jackson en effet juvénile et rieur, à chaque étape il suit les directives de John Landis. D'ailleurs, on y voit aussi leur amitié avec Landis qui lui fait des blagues, le porter sur ses épaules ou même lui faire des chatouilles sous les pieds. De quoi avoir envie d'ailleurs de remuer les pieds avec la musique de Michael Jackson. A Venise, ce Thriller 3D a fait battre des mains avec beaucoup d'applaudissements nostalgiques.

Paradoxalement, Thriller n'a pas été numéro 1 aux Etats-Unis (son meilleur classement est la 4e place) ou au Royaume-Uni (10e), alors qu'il a été leader des ventes en France, avec un disque de platine. Mais il faut dire que le titre était le 7e single issu de l'album, sorti 18 mois plus tôt. L'album s'est vendu à 32 millions d'exemplaires aux USA et avec un total de 66 millions d'albums dans le monde, il reste le disque le plus vendu de l'histoire.