Cannes 2020: 17 films sélectionnés pour la Cinéfondation

Posté par vincy, le 2 juillet 2020

Le Festival de Cannes a dévoilé aujourd'hui la Sélection 2020 de la Cinéfondation.

Depuis 1998, la Sélection de la Cinéfondation présente des courts métrages issus des écoles de cinéma du monde entier. Emmanuelle Bercot, Deniz Gamze Ergüven, Léa Mysius, Kornél Mundruczó, Claire Burger, Jessica Hausner, Corneliu Porumboiu ou encore Nadav Lapid ont été découverts à Cannes à cette occasion.

Pour sa 23e édition, le comité de Sélection dirigé par Dimitra Karya a choisi 17 films (13 fictions et 4 animations), réalisés par onze hommes et huit femmes, et sélectionnés parmi les 1952 œuvres qui ont été présentées par l’ensemble des écoles de cinéma. Cette édition 2020 est dédiée à la mémoire de David Kessler (1959-2020), qui soutenait et aimait la Cinéfondation.

La projection des films de la Sélection de la Cinéfondation, à l’issue de laquelle les Prix seront décernés par le Jury, se déroulera à l’automne prochain, à Cannes, dans le Palais des Festivals. La date de l’événement, ainsi que la composition du Jury, seront dévoilées très prochainement.

Shaylee ATARY NEURIM - 30’
The Steve Tisch School of Film & Television, Tel Aviv University, Israël

Toby AUBERG PILE - 4’
Royal College of Art, Royaume-Uni

Santiago BARZI MURALLA CHINA – 17’
Universidad del Cine, Argentine

Márk BELEZNAI AGAPÉ – 16’
Budapest Metropolitan University, Hongrie

Lucia CHICOS CONTRAINDICATII – 19’
UNATC "I. L. CARAGIALE", Roumanie

Tzor EDERY & Tom PREZMAN TAMOU – 10’
Bezalel Academy of Arts and Design, Israël

Ashmita GUHA NEOGI CATDOG – 21’
Film and Television Institute of India, Inde

Sarah IMSAND LE CHANT DE L'OISEAU – 19’
HEAD Genève, Suisse

Matjaž JAMNIK NIH?E NI REKEL, DA TE MORAM IMETI RAD – 18’
UL AGRFT, Slovénie

KEFF TAIPEI SUICIDE STORY – 45’
NYU Tisch School of the Arts, États-Unis

KIM Min-Ju SEONGINSIK - 22’
Soongsil University, Corée du Sud

Timothée MAUBREY CARCASSE – 33’
La Fémis, France

Yelyzaveta PYSMAK JA I MOJA GRUBA DUPA – 10’
The Polish National Film School in Lodz - Pologne

Afonso & Bernardo RAPAZOTE CORTE – 28’
Escola Superior de Teatro e Cinema - Portugal

Elsa ROSENGREN I WANT TO RETURN RETURN RETURN – 32’
DFFB - Allemagne

Mitchelle TAMARIZ EN AVANT – 4’ (photo)
La Poudrière - France

ZHANG Linhan DOU ZEOI GU SI – 14’
NYU Tisch School of the Arts - États-Unis

Un beau programme en ligne pour le Festival du Film court de Grenoble (privé de plein air)

Posté par MpM, le 29 juin 2020

Son intitulé est cette année un peu trompeur. Crise sanitaire oblige, le Festival du Film court en plein air de Grenoble migre sur une plate-forme en ligne, accessible gratuitement à tous du 30 juin au 4 juillet. Les habitués auront un petit pincement au coeur à l'idée de ne pas retrouver l'ambiance particulière des projections sous le ciel étoilé, mais tout le monde se réjouit du maintien de la manifestation qui propose, comme chaque année, un programme riche et alléchant.

En compétition officielle, on retrouvera avec plaisir des incontournables comme Physique de la tristesse de Théodore Ushev, fraîchement auréolé de son Cristal à Annecy et Genius Loci d'Adrien Merigeau (lui aussi primé à Annecy, après être passé par Angers, Clermont et Berlin), mais aussi Hãy Tinh thuc và san sàng de Pham Thien An, découvert à la Quinzaine des Réalisateurs 2019 ou Un adieu de Mathilde Profit, dont on vous parle depuis des mois, et qui vient d'obtenir le prix du meilleur premier film à Côté Court.

On retrouvera également des réalisateurs repérés comme Salvatore Lista (Rap night), Valérie Leroy (Teen Horses) et William Laboury (Yandere), et des films à ne pas rater à l'image de Sororelle de Frédéric Even et Louise Mercadier, huis clos tchekhovien et minimaliste.

Le Festival proposera par ailleurs des "masterclasses" décalées avec les youtubeurs Le Fossoyeur de Films et Amazing Lucy, des ateliers en ligne, des séances jeune public et une nuit blanche "Horreur et Frissons" déclinée en 24 films dont le classique Do you have the shine de Johan Thurfjell, mais aussi le délirant Wild love de Paul Autric, Quentin Camus, Léa Georges, Maryka Laudet, Zoé Sottiaux et Corentin Yvergniaux, Acide de Just Philippot, Fast film de Virgil Widrich ou encore La Femme qui se poudre de Patrick Bokanowski.

Chaque programme sera mis en ligne à heure fixe pour une durée de 48h.

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43e Festival du Film court en plein air de Grenoble
Du 30 juin au  4 Juillet 2020
https://www.festivalcourtgrenoble.fr/home

Et si on regardait… 3 clips pour la Fête de la musique 2020

Posté par kristofy, le 21 juin 2020

La Fête de la Musique 2020 est un évènement qui comme d'autres festivals de cinéma ne peut pas avoir lieu comme d'habitude avec un public nombreux qui se mélange, c'est induit par les règles de précaution sanitaire contre le coronavirus. Pas de rassemblement au delà de 10 personnes, les différentes initiatives ont cette année un relais numérique via internet.

L'actualité de ces derniers mois résonne aussi à travers divers clips de musique :

Angèle - Balance ton quoi : Angèle sera au générique de Annette, le nouveau film de Leos Carax avec Marion Cotillard et Adam Driver qui faute de Festival de Cannes 2020 pourrait être à Cannes 2021. Son tube acidulé contient des paroles anti-harcèlement de rue comme « Y a plus d'respect dans la rue, tu sais très bien quand t'abuses », le clip va encore plus dans cette direction avec notamment une parenthèse de comédie avec les acteurs Pierre Niney et Antoine Gouy à propos du consentement « Quand une fille dit non... c'est non ». Parce que certains messages doivent être répétés.

Indochine - Station 13 : le groupe se prépare pour encore une nouvelle tournée de concerts pour fêter leurs 40 ans de chansons. Ce clip de 2018 n'a pas été beaucoup diffusé à la télévision pour sa représentation de violences policières racistes en Afrique du Sud, les images ont depuis un sens encore plus dramatiques depuis ce 25 mai et la mort de George Floyd provoquées par des policiers aux Etats-Unis. Parce que Jack Lang, ancien ministre à l'origine de la Fête de la Musique, veut dédier cet évènement cette année à Steeve mort noyé à Nantes en 2019, lors d'une intervention policière.

The Rolling Stones - Living In A Ghost Town : le coronavirus et ses mois de quarantaine a vidé les villes et les rues désertes sont alors devenues un décor sans personne, donc aussi un décor possible pour un clip. Justement les Rolling Stones avaient dans leur tiroir un titre resté inédit aux paroles prémonitoires « life was so beautiful then we all got locked down »... Parce que si le coronavirus empêche les concerts, durant cette période difficile la musique a beaucoup circulé.

Annecy 2020: « Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary » couronné

Posté par vincy, le 20 juin 2020

La 44e édition du Festival international du film d'animation d'Annecy était en ligne, mais cela ne l'a pas empêché de proclamer aujourd'hui son palmarès.

C'est un film français, en salles le 14 octobre, qui a triomphé avec le Cristal du court métrage. Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary de Rémi Chayé succède ainsi à J'ai perdu mon corps. Plus généralement, l'animation européenne a triomphé cette année même si quelques titres asiatiques et nord-américains ont pu récupérer quelques prix, notamment le Cristal du meilleur court-métrage pour le canadien Physique de la tristesse.

Cristal du long métrage
Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary de Rémi Chayé (France-Danemark) - Sortie le 14 octobre 2020, photo

Prix du jury
The Nose or the Conspiracy of Mavericks d'Andreï Khrzhanovski (Russie)

Mention du jury
Kill It and Leave this Town de Mariusz Wilczynski (Pologne)

Prix du jury Contrechamp
My Favorite War d'Ilze Burkovska Jacobsen (Lettonie-Norvège)

Mention du jury Contrechamp
The Shaman Sorceress
de Jae-huun Ahn (Corée du Sud)

Cristal de la meilleure œuvre VR
Minimum Mass de Raqi Syed et Areito Echevarria (France-Nouvelle-Zélande)

Mention spéciale du jury
Battlescar – Punk Was Invented by Girls de Martin Allais et Nicolas Casavecchia (Etats-Unis-France)

Cristal du court métrage
Physique de la tristesse de Theodore Ushev (Canada)

Prix Jean-Luc Xiberras de la première œuvre
The Town d'Yifan Bao (Chine)

Prix du jury
Homeless Home d'Alberto Vázquez (France-Espagne)

Mentions du jury
Genius Loci d'Adrien Merigeau (France) et Freeze Frame de Soetkin Verstegen (Belgique)

Cristal pour un film de commande
Traveler de Daniel Almagor et Raman Djafari (Allemagne) pour Lucky Chops

Prix du jury
Greenpeace : Turtle Journey de Gavin Strange (Royaume-Uni)

Cristal pour une production TV
L’odyssée de Choum de Julien Bisaro (Belgique-France)

Prix du jury pour un spécial TV
The Tiger Who Came to Tea de Robin Shaw (Royaume-Uni)

Prix du jury pour une série TV
Undone : The Hospital de Hisko Hulsing (Etats-Unis)

Cristal du film de fin d'études
Naked
de Kirill Khachaturov (Russie)

Mention du jury
Sura de Hae-Ji Jeong (Corée du Sud)

Prix du jury
Pile de Toby Auberg (Royaume-Uni)

Prix du court métrage "Off-Limits"
Serial Parallels
de Max Hattler (Allemagne-Hong Kong)

Cannes 2020: 11 courts en lice pour une Palme d’or

Posté par vincy, le 19 juin 2020

Le Festival de Cannes a annoncé les onze films pour sa compétition court métrage, issus de 12 pays différents, pour un programme cumulé de 2h24. Cinq réalisatrices font partie de cette Sélection officielle 2020.. La Palme d’or sera remise cet automne. La date et le jury seront dévoilés plus tard.

Cette année, le comité de sélection du Festival de Cannes a reçu 3810 courts métrages, en provenance de 137 pays différents.

I am afraid to forget your face de Sameh Alaa (Égypte) - 15’ - Egypte, France, Belgique, Qatar
Filles bleues, peur blanche de Marie Jacotey & Lola Halifa-Legrand (France) - Animation - 10’ - France (photo)
Motorway65 de Evi Kalogiropoulou (Grèce) - 14’ – Grèce
Sudden Light de Sophie Littman (Royaume-Uni) - 14’ - Royaume-Uni
Son of Sodom de Theo Montoya (Colombie) - Documentaire - 15’ - Colombie, Argentine
Camille sans contact de Paul Nouhet (France) - 15’ - France
O Cordeiro De Deus (L’agneau de Dieu) de David Pinheiro Vicente (Portugal) - 15’ – Portugal, France
Shiluus de Lkhagvadulam Purev-Ochir (Mongolie) - 13’ – Mongolie, Royaume Uni
Benjamin, Benny, Ben de Paul Shkordoff (Canada) - 7’ - Canada
Stéphanie de Leonardo Van Dijl (Belgique) - 15’ - Belgique
David de Zachary Woods (États-Unis) - 11’ - États-Unis

Annecy 2020 – le film du jour : Ghosts de Park Jee-Youn

Posté par MpM, le 18 juin 2020

Puisque cette année, Annecy se déroule en ligne, Ecran Noir se fait votre guide parmi les différentes sections et vous aide à savoir ce qu'il ne faut surtout pas rater ! Pour les plus pressés, nous mettons en lumière chaque jour un film qui nous semble indispensable. Pour les autres, nous ajoutons quelques conseils supplémentaires à grapiller dans le même programme. Et enfin, pour les plus gourmands, on va plus loin avec des idées de films, hors festival, à regarder en ligne pour prolonger le plaisir...

C'est le programme 5 qui nous occupe aujourd'hui, avec en premier lieu Ghosts de la réalisatrice coréenne Park Jee-Youn, une étude assez cynique des rapports de couple. Le personnage principal est une femme mûre vivant en couple avec un homme perpétuellement représenté sous les traits d'un nageur (bonnet de bain et lunettes incluses). Leur univers consiste principalement en une grande pièce (inondée) qui fait à la fois office de chambre à coucher et de cuisine. Il se décline dans des tons de noir, de gris et de blanc, avec parfois des aplats de couleurs localisés.

Le couple vit donc ensemble sans vraiment se voir, devenus "fantômes" l'un à l'autre, et au monde en général. Le réalisatrice joue alors sur un mélange d'images allégoriques et de situations absurdes pour ausculter cet effet du temps et de l'existence sut les êtres. Le décor dans lequel évolue les personnages se fissure, ou en tout cas semble sans cesse inviter à regarder au-delà : des brèches dans le sol, une fente par lequel on regarde, et même un trou béant dans le crâne de l'un des protagonistes. Le personnage féminin ne cesse de vouloir sonder ces cavités / orifices : au départ, elle glisse son oeil par une fente, puis se penche sur différents trous dans le sol. "Qui est là ?" demande-t-elle à plusieurs reprises.

On ne sait exactement où conduisent ces ouvertures, mais elles semblent sans cesse ramener dans l'appartement du couple, ou en tout cas dans son intimité. Différentes dimensions se croisent ainsi dans des scènes de plus en plus étranges et décalées, peuplées d'apparitions spectrales : un poisson géant qui flotte dans la chambre, des nuées de nageurs qui dansent, volent ou plongent, et des corbeaux omniprésents, comme s'ils étaient parfaitement à leur place.

Les dialogues, rares, hésitent eux-aussi entre ironie et cliché. "Alors, heureuse ?" glisse le nageur à sa compagne avant de la caresser presque mécaniquement, jusqu'à ce que sa main traverse son corps. Un autre dialogue faussement éthéré singe les habituelles envolées sentimentales. Quand au plus bel échange du film, il se joue entre deux femmes, et se traduit métaphoriquement par des gouttelettes jaillissant de leur bouche pour venir se percuter dans l'air. Par ces temps de covid, ça fait frémir, mais on adore cette vision d'un dialogue qu'on imagine de sourds, et qui se finit d'ailleurs par un acte de violence. Difficile d'en dire plus sans gâcher complètement le plaisir de spectateur, si ce n'est que l'ambiance du film, et sa manière de jouer sur des motifs récurrents et ironiques, nous ont pas mal emballés.

On se laissera ensuite tenter par My galactic twin Galaction de Sasha Svirsky, parodie d'une séance de "pitch" d'un court métrage de science fiction survitaminé et fourmillant d'idées visuelles. Au fur et à mesure, le réalisateur raconte donc ce qu'est son scénario, une histoire compliquée de jumeau galactique et de terribles ennemis extraterrestres à combattre, tandis que les images partent de plus en plus en roue libre. C'est un délire de collages, de couleurs et de trouvailles kitsches. Il y a même une sorte de chanson. A la fin, on apprend (avec désarroi) que le projet est finalement devenu une version ultra épurée et schématique de ce grand n'importe quoi intersidéral. Si l'on était mauvais esprit, on dirait que cela nous évoque (brillamment) les effets de bord induits parfois par le système de financement du cinéma français.

Autre film qui vaut le détour dans le programme, Friend of a friend de Zachary Zezima, qui met son esthétique ronde et ultra colorée, très pop, au service d'une histoire ambivalente d'agression sexuelle, de vengeance et d'attirance-répulsion. Le réalisateur sonde les coeurs, les âmes et les corps au sein d'un étrange trio constitué d'une femme, de son petit ami, et de l'homme qui a tenté de l'agresser, persuadé qu'il lui avait fait des avances. Le réalisateur ne donne aucune réponse, mais pose des questions dérangeantes autour de la notion de consentement et de la part de violence, réelle ou symbolique, que comportent les relations humaines, amoureuses ou amicales.

Enfin, No, I don't want to dance de Andrea Vinciguerra et Yo de Begona Arostegui complèteront agréablement ce tour d'horizon du dernier programme de la compétition officielle. Le premier met en scène des situations absurdes au cours desquelles un geste d'appel à l'aide est interprété comme un mouvement de danse. C'est sans prétention et plutôt drôle, quoique cruel. Et en plus le film est disponible sur la page vimeo du réalisateur, on vous invite à le découvrir ci-dessous :

Le second est une plongée d'abord joyeuse, puis de plus en plus effrayante dans le quotidien (trop) bien réglé d'un homme qui ne se remet pas d'avoir vu un panneau indiquant "parc" au milieu de son parc préféré. Il se met alors à tout étiqueter avec une constance qui aurait pu être glaçante, si le film n'avait pas choisi de rester sur un registre faussement comique, et surtout terriblement bavard.

Pour compléter cette séance de visionnages (on vous rappelle que l'accréditation pour le festival reste ouverte à tous, à partir de 15 euros), n'hésitez pas à vous rendre sur la page vimeo de Sasha Svirsky, d'Andrea Vinciguerra sur celle de Zachary Zezima, dont on vous invite à découvrir ci-dessous le film It's a date.

Le Festival Côté Court commence aujourd’hui en ligne et en accès libre

Posté par MpM, le 17 juin 2020

C'est déjà la 29e édition du Festival Côté Court de Pantin, manifestation consacrée comme son nom l'indique aux films courts et moyens. Si l'événement a lieu cette année en ligne, comme la majorité des festivals du printemps, il n'en présente pas moins 132 courts métrages répartis en 5 sections : Compétition Fiction, Compétition Essai / Art vidéo, Compétition Prospective Cinema, Écrans libres et Panorama. Cette dernière section est elle-même divisée en trois : fiction, documentaire et animation. On notera que "fiction" est généralement le nom que les gens venant de la prise de vues continues donnent à leurs films, afin de les distinguer absolument de l'animation, bien que cette dernière puisse, comme chacun sait, être soit fiction, soit documentaire, soit même hybride.

A l'exception de ce classique problème d'appellation, on se réjouira de pouvoir découvrir assez facilement (chaque programme étant disponible pendant 6 jours) un échantillon non négligeable de la production française de courts des 18 derniers mois. En compétition "fiction", on note la présence de certains de nos films préférés de l'an passé, tels que Sapphire Crystal de Virgil Vernier et Un Adieu de Mathilde Profit, mais aussi Journey Through a Body de Camille Degeye qui était à Cannes en 2019 et Sole Mio, l'avant-dernier court de Maxime Roy (le réalisateur ne chôme pas, il a eu le temps depuis de boucler un autre court et un premier long). On vous recommande aussi Miss Chazelles de Thomas Vernay et Massacre de Maïté Sonnet qui ont déjà pas mal fait parler d'eux auparavant.

En compétition "Essai / Art vidéo", ne passez pas à côté de l'incontournable Clean With Me (After Dark) de Gabrielle Stemmer, étonnant film de montage sur des femmes se filmant en train de faire le ménage de manière frénétique, qui débouche sur une réflexion passionnante sur la place des femmes dans la société contemporaine. Il faudra aussi voir À l’entrée de la nuit d’Anton Bialas (qui était à Berlin), Bab Sebta de Randa Maroufi (primé notamment à Winterthur), 1998 de Sigrid Bouaziz et Shanzhài Screens de Paul Heintz. Sans oublier les nouveaux films de Bertrand Mandico (Extazus), Patrick Bokanowski (Vers Syracuse), Antonin Peretjatko (Mandico et le TopsychoPor) ou encore Marie Losier (Which is Witch ?).

Plus globalement, le festival est aussi l'occasion de (re)découvrir Electric Swan de Konstantina Kotzamani (prix du court métrage du syndicat de la critique), Jusqu’à l’os de Sébastien Betbeder, Genius Loci d’Adrien Mérigeau, L’Heure de l’ours d’Agnès Patron ou encore Douma Underground de Tim Alsiofi. Mais aussi d'assister à des rencontres (virtuelles) en direct avec Marie Losier, Virgil Vernier, Bertrand Mandico, Antonin Peretjatko ou encore Sigrid Bouaziz.

Le Festival se clôturera le 27 juin avec l'annonce du traditionnel palmarès. A noter enfin que si tous les films sont accessibles gratuitement, il est possible de faire un don libre pour soutenir la manifestation.

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Côté Court, 29e édition
Edition en ligne du 17 au 27 juin

Annecy 2020 – le film du jour : Carne de Camila Kater

Posté par MpM, le 16 juin 2020

Puisque cette année, Annecy se déroule en ligne, Ecran Noir se fait votre guide parmi les différentes sections et vous aide à savoir ce qu'il ne faut surtout pas rater ! Pour les plus pressés, nous mettons en lumière chaque jour un film qui nous semble indispensable. Pour les autres, nous ajoutons quelques conseils supplémentaires à grapiller dans le même programme. Et enfin, pour les plus gourmands, on va plus loin avec des idées de films, hors festival, à regarder en ligne pour prolonger le plaisir...

On se penche aujourd'hui sur le programme 1 de la compétition officielle de courts métrages qui propose une sélection riche et dense de films marquants à ne surtout pas rater. Le plus saillant est sans doute Carne, premier court métrage de Camila Kater, sélectionné à Locarno en 2019, un documentaire qui donne la parole à cinq femmes d'âges et d'origines différentes, livrant chacune l'expérience intime et personnelle qu'elles ont de leur corps. La métaphore de la "viande", filée de bout en bout, renvoie sans cesse à la manière dont la société considère le corps des femmes : objets destinés au plaisir d'autrui, qu'il soit purement esthétique ou carrément sexuel, et à la reproduction.

On est donc enthousiasmé par la spontanéité avec laquelle chacune des cinq interlocutrices se livre sur des sujets généralement tabous ou juste totalement inexistants. Il y a une adolescente qui raconte la détestation de sa mère pour son corps qui ne correspond pas aux critères de beauté en vigueur. Une autre parle de ses premières règles, et du formidable sentiment d'appartenance qui l'a accompagnée. Une femme trans pointe l'hypersexualisation permanente de la femme noire, et l'intolérance brutale qui la suit partout. Une femme plus mûre aborde le passage de la ménopause et dénonce comment, parce qu'elle est lesbienne et sans enfants, on a voulu la priver de son utérus. Enfin, une comédienne désormais âgée de 79 ans donne une vision peu orthodoxe de la vieillesse, qui n'est pas nécessairement un naufrage.

L'animation change en fonction des chapitres, tantôt illustrative et presque naïve, tantôt complètement abstraite, jouant avec les représentations visuelles que l'on a généralement du corps. Si ce travail formel est souvent très expressif, synthétisant en quelques images les grandes idées sous-tendues par chaque récit, on peut malgré tout reprocher au film son rythme trépidant, presque frénétique. On aurait aimé qu'il ménage des moments de pause dans les témoignages aussi denses que passionnants, laisse l'image exister au-delà du texte et le spectateur respirer à l'intérieur de chaque partie, pour mieux accompagner chaque femme dans sa démarche. Mais qui sait, peut-être cet excellent concept pourra-t-il s'étoffer, ou se décliner à l'avenir sous une forme plus longue, car ce qui est certain, c'est que Carne est loin d'épuiser son sujet.

Au sein du même programme, 4 films ont retenu notre attention. D'abord, il y a Genius Loci d'Adrien Mérigeau, autre premier court métrage dont nous avons déjà eu l'occasion de vous parler lors de son passage à Clermont-Ferrand. Une errance narrative syncopée qui donne l'impression d'imiter les volutes du jazz, improvisant en toute liberté, ajoutant ici des images à peine esquissées qui se superposent au plan ; là, au contraire, dépouillant  le cadre de tout détail superflu. Une esthétique changeante qui est le reflet des émotions de son héroïne, et des sensations qu'elle traverse face à la vitalité invisible du monde.

Autres films pour le moins attendus, les nouveaux courts métrages de Kaspar Jancis, Kosmonaut, et Niki Lindroth von Bahr, Something to remember. Le premier oscille entre humour noir et mélancolie profonde dans son portrait d'un vieux cosmonaute qui continue de vivre comme s'il était dans l'espace. Il y a à la fois le personnage de la fille totalement indifférente (elle vérifie juste avec un miroir que son père respire encore, avant de s'éclipser sans un mot), du bébé casse-cou qui frôle de multiples accidents domestiques et du gendre scotché à son téléphone, et celui, magnifique, de ce vieil homme solitaire, enfermé dans son passé (on aura compris que son présent ne vaut pas tellement le déplacement) et qui, après avoir été un héros, est devenu un fardeau.

Dans le second, Niki Lindroth von Bahr poursuit sa veine de comédie musicale nihiliste avec des animaux coincés dans les mêmes situations désespérantes que les humains : un petit pigeon visite un zoo vide en chantant une étrange comptine sur la diable, un escargot médusé vérifie sa tension chez le médecin, des insectes travaillant au CERN supplient Dieu de leur donner "quelque chose dont se souvenir". C'est à la fois désespéré et ironiquement drôle, exactement comme l'existence.

Enfin, on avait également envie de souligner Time O' the signs de Reinhold Bidner qui dresse un portrait si brutal de nos vies numériques, vaines et abrutissantes, qu'il nous donne envie de déconnecter pour se consacrer à des choses importantes (comme voir plus de courts métrages sur la plate-forme d'Annecy). La critique est relativement facile et pas forcément d'une grande subtilité, mais le geste esthétique est réussi, avec de très beaux plans, et une manière plutôt efficace de capter l'air du temps.

Pour terminer, nous vous invitons à découvrir Kosmonaut et Something to remember directement sur le site d'Arte pour ceux qui ne sont pas accrédités pour Annecy Online, mais aussi à revoir d'autres films de Kaspar Jancis sur sa page Vimeo ainsi que Bath House de Niki Lindroth von Bahr également disponible en ligne. Adrien Merigeau a lui aussi une page Vimeo, sur laquelle on trouve notamment Old Fangs, réalisé à la fin des années 2000 avec Alan Holly, et que nous vous offrons ci-dessous.

Annecy 2020 – le film du jour : Physique de la tristesse de Theodore Ushev

Posté par MpM, le 15 juin 2020

Puisque cette année, Annecy se déroule en ligne, Ecran Noir se fait votre guide parmi les différentes sections et vous aide à savoir ce qu'il ne faut surtout pas rater ! Pour les plus pressés, nous mettons en lumière chaque jour un film qui nous semble indispensable. Pour les autres, nous ajoutons quelques conseils supplémentaires à grapiller dans le même programme. Et enfin, pour les plus gourmands, on va plus loin avec des idées de films, hors festival, à regarder en ligne pour prolonger le plaisir...

En ce premier jour, une évidence, un film dont on vous disait déjà tout le bien que l'on pensait en novembre dernier : Physique de la tristesse de Theodore Ushev, disponible dans la compétition de courts métrages dite "L'officielle" n°4.

Il s'agit incontestablement de l'un des courts métrages incontournables de l'année passée, dont la carrière a brillamment commencé à Toronto (prix du meilleur court métrage). Un film-somme intime et introspectif, qui frôle les 30 minutes de plaisir cinématographique pur.

Adapté du roman Physique de la mélancolie de l'écrivain bulgare Gueorgui Gospodinov, il s'agit d'un récit à la première personne qui fait écho avec acuité à la propre vie du réalisateur, et plus généralement de quiconque a connu l'exil, le désenchantement et la nostalgie de l'enfance. "J’avais l’impression d’y trouver, non seulement ma propre vie, mais celle de toute une génération également", explique Theodore Ushev, qui a lui-même quitté la Bulgarie pour le Québec à la fin des années 90.

Il est réalisé dans une technique d'animation unique que le cinéaste est le premier à mettre au point, celle de la peinture à l'encaustique. Jouant sur la perpétuelle métamorphose de l'image et sur la dualité lumière-obscurité, ce récit poignant nous entraîne dans les souvenirs d'un narrateur qui se remémore son enfance et sa jeunesse, tout en évoquant le déracinement et la mélancolie prégnante de ceux qui ne se sentent chez eux nulle part.

A voir dans le même programme, et c'est là aussi un incontournable, 10 000 ugly Inkblots, le nouveau film du réalisateur russe Dmitry Geller (primé à Annecy en 2001 avec Hello from Kislovodsk) : qui raconte les retrouvailles entre deux artistes ne s'étant pas vus depuis longtemps. Le titre fait référence à un tableau du peintre chinois paysagiste du XVIIe siècle, Shitao, réalisé à l'encre de Chine et au lavis, qui représente un paysage dans une forme presque abstraite, annonçant plusieurs siècles à l'avance le pointillisme comme le travail de Pollock.

Le récit s'attache principalement au trajet des deux hommes, et à leur attente à un passage à niveau, racontés par un mélange de plans relativement traditionnels sur les deux personnages et sur ce qui les entoure, et de passages beaucoup plus graphiques qui jouent sur l'esquisse des lignes et des fameuses tâches d'encre du titre. On est comme happé par ce travail de recherche sur le trait, la texture et les nuances de noir de ces éléments basiques qui reviennent aux origines du dessin, et se succèdent au rythme entêtant d'une musique jazzy presque stridente.

Autre film très attendu, Homeless home d'Alberto Vazquez signe le retour du réalisateur culte de Decorado et Psiconautas. Il nous entraîne dans un univers d'heroic fantasy parodique et désespéré, dans lequel nos propres maux (reproduction sociale, quête de soi-même, violence endémique) apparaissent comme dans un miroir grossissant. Comme toujours avec le cinéaste espagnol, le résultat est à la fois d'une noirceur extrême et d'une drôlerie grinçante et irrésistible.

Enfin, on vous conseille également Rivages, premier court produit de Sophie Racine, film sensoriel et immersif qui prend le temps d'observer la nature en action : des oiseaux dans le ciel, des herbes agitées par le vent, la mer qui se précipite sur des rochers... Le trait est extrêmement délicat, précis et sensible, et propose une oeuvre à la fois graphique et contemplative qui prend le contrepied d'un cinéma parfois excessivement narratif.

Et pour prolonger la (re)découverte de ces films et de leurs auteurs, nous vous encourageons à revoir Decorado et Sangre de Unicorno d'Alberto Vazquez et à vous pencher sur la travail de Theodore Ushev proposé sur le site de l'ONF ainsi que sur celui de Dmitry Geller, disponible sur sa page Vimeo. Nous vous invitons également à aller sur la page de Sophie Racine, où l'on trouve notamment son très beau premier court métrage, réalisé lors de ses études à la Cambre : L'échappée, à voir ci-dessous.

Annecy 2020 : une édition en ligne ouverte à tous

Posté par MpM, le 12 juin 2020

Puisqu'une édition physique était impossible, le Festival d'Annecy se tiendra donc en ligne du 15 au 30 juin prochain. L'ambiance électrique du festival, les rencontres, les retrouvailles avec la petite planète animation, les fondues au champagne et le lac nous manqueront. Voir les films sur grand écran, aussi.

Mais à quelque chose malheur est bon puisque cette année, la manifestation s'offre au monde entier par le biais d'accréditations grand public au tarif attractif de 15 euros. L'occasion de mettre le festival à la portée de tous, ou presque, et d'apporter le cinéma d'animation sous toutes ses formes jusque dans votre salon.

En plus des différentes compétitions de courts métrages dévoilées en avril dernier, l'accréditation permettra de découvrir une grande partie des deux compétitions de longs métrages : 12 films sur 20 pourront en effet être regardés intégralement sur la plate-forme. Pour des questions de droits, il ne sera possible de découvrir que des extraits des autres, ainsi que des making-off ou vidéos de présentation.

Parmi les films sélectionnés cette année, on retrouve Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary de Rémi Chayé (dont on vous parlait ici), Petit Vampire de Joan Sfar, Lupin III The First de Takashi Yamazaki ou encore Kill it and leave this town de Mariusz Wilczynski, qui avait fait sensation à Berlin en février dernier. Pour des raisons logiques de calendriers, des films très attendus comme Josep d'Aurel (Label Cannes 2020) ou La Traversée de Florence Miailhe (dont la sortie a été reportée à 2021) ne sont pour leur part pas présents cette année... Il faudra donc s'armer une nouvelle fois de patience avant de les découvrir.

Les festivaliers frustrés pourront se consoler (et probablement voir naître de nouveaux motifs de frustrations) avec les Work in Progress et les Preview, qui mettent en avant des films en train de se faire, présentant notamment les différentes étapes de fabrication et parfois des images inédites. En l'occurence, il y a de quoi faire avec Insula d'Anca Damian, Interdit aux chiens et aux Italiens d'Alain Ughetto (dont on vous parlait ici), Le Sommet des Dieux de Patrick Imbert, Sirocco et le royaume des courants d'air de Benoit Chieux, Wolfwalkers de Tomm Moore et Ross Stewart ou encore Inu-Oh de Masaaki Yuasa.

Enfin, les festivaliers pourront aussi découvrir la compétition VR, des programmes spéciaux, dont l'incontournable sélection What The Fuck qui réunit des films "décloisonnés, décomplexés et libres", et assister (virtuellement) aux différentes leçons de cinéma : "la violence sexuelle en animation" par les frères Blies (Zero impunity, découvert l'an dernier), Conversation entre Henri Selick et Bruno Coulais, Conversation avec Dean DeBlois...

Pour compléter cette offre pléthorique, les courts d'animation fleurissent un peu partout sur la toile. Dès maintenant, Arte propose sept films en avant-première, dont Something to remember, le nouveau film de Niki Lindroth von Bahr (The Burden, Cristal en 2017). Le magazine en ligne Bref mettra lui-aussi le Festival à l'honneur dès le 17 juin à travers plusieurs films sélectionnés et primés lors des éditions précédentes. Enfin, Format Court proposera à partir du 15 juin sa propre sélection de films passés par Annecy disponibles gratuitement en ligne, dont trois qui concourent cette année : No I don't want to dance de Andrea Vinciguerra, Mashrou' Leila "Radio Romance" de Vladimir Mavounia-Kouka et Catgot de Tsz Wing Ho.

De son côté, Ecran Noir vous fera vivre la manifestation au plus près, avec des conseils quotidiens sur les films à ne pas louper, et un guide des courts métrages d'animation à découvrir facilement sur la toile. Pour commencer, on ne résiste pas à la tentation de partager avec vous un court métrage étudiant présenté l'an dernier à Annecy dans la sélection What The Fuck : We are Future shock de Zohar Dvir avec rien de moins que Jesus Christ et Elvis Presley aux côtés d'un grizzli, d'un chat qui fume et de poissons volants.