Deauville 2011 : des films trop académiques en quête d’un peu de folie…

Posté par kristofy, le 11 septembre 2011

Après les premières des films La couleur des sentiments, Drive, Fright Night et Echange Standard qui ont eu lieu le premier week-end, la 37ème édition du Festival du Cinéma américain de Deauville avait prévu d’autres films à faire découvrir en premier à ses festivaliers.

L’actrice Famke Janssen est venue présenter son premier film en tant que réalisatrice : Bringing up Bobby. Elle filme Milla Jovovitch en immigrée ukrainienne aux Etats-Unis qui élève seul son petit garçon de dix ans en jouant de différentes arnaques. Après avoir été arrêtée et condamnée à un petit séjour en prison, elle doit se résoudre à confier temporairement son fils à une autre famille… De l’amour d’une mère qui se sacrifie pour le bien-être futur de son enfant : le film est hélas bien trop classique pour réellement retenir l’attention. La belle Famke Janssen est encore en quête d’un hypothétique distributeur pour son film.

La dernière réalisation de Robert Redford, La Conspiration, aligne un casting très prestigieux : James McAvoy, Robin Wright, Evan Rachel Wood, Kevin Kline, Tom Wilkinson, Justin Long. Et pourtant le film a été un échec niveau box-office aux Etats-Unis (une nouvelle déception après Lions et Agneaux). Un jeune avocat doit défendre Mary Surrat accusée de complicité (avec d’autres Sudistes) du meurtre du président Abraham Lincoln. A l’époque de la fin de la guerre de Sécession il s’agit de punir sans tarder l’assassinat du président, et cela même si les preuves d’une culpabilité sont peut-être insuffisantes… C’est l’exemple même d’un cinéma très académique. La Conspiration est typique des films de procès américains avec la question de la justice (et de la vengeance). Ici la toute fin peut permettre un parallèle avec la situation post 11 septembre 2001. Il est possible que La Conspiration nous arrive directement en dvd sans passer par les salles de cinéma.

On attend un peu de folie, du spectaculaire, de l’émotion…

Pour plus de folie il y avait 4:44 last day on Earth de Abel Ferrara qui semble de plus en plus filmer par narcissisme avec ses acteurs, complices. Ses derniers films sont restés inédits en salles, et celui-ci pourrait suivre le même chemin. Bien que 4:44 last day on Earth soit intriguant dans ses juxtapositions d’informations (plusieurs écrans délivrent différents messages) il n’en reste pas moins peu avenant.

Heureusement parmi les autres premières de ce Deauville 2011 il y avait quelques valeurs sûres avec Gus Van Sant et Restless (sortie le 21 septembre), ainsi que Todd Solondz (qui a eu le droit à son hommage) et Dark Horse (meilleur que son précédent Life during wartime). On pourrait même remarquer que dans ces avant-premières du festival du cinéma américain  le scénario le plus incroyable était celui d’un téléfilm (avec un casting de luxe William Hurt, James Wood, Paul Giamatti, Bill Pullman, Billy Cudrup…, produit par HBO et diffusé ici sur la chaîne Orange) : Too big to fail : débacle à Wall Street (photo) où Curtis Hanson reconstitue les négociations autour du plan Paulson pour sauver les plus grosses banques américaines de la faillite en 2008 ; et que le réalisateur le plus surprenant du moment était en fait le danois Nicolas Winding Refn avec Drive (sortie le 5 octobre).

Le meilleur du cinéma américain à venir était bel et bien représenté par les 14 films qui avaient été sélectionnés en compétition, dont le Grand Prix Take Shelter est à découvrir le 7 décembre.

Avant tout ça, la grosse comédie romantique du moment Crazy Stupid Love est en salles en ce moment.

Deauville 2011 : la compétition à mi-parcours

Posté par kristofy, le 7 septembre 2011

Cette année, le réalisateur Olivier Assayas préside le jury du 37e Festival du cinéma américaine de Deauville, entouré par Nathalie Baye, Chiara Mastroianni, Bruno Todeschini, la réalisatrice Claire Denis, Nicolas Godin (musicien du groupe Air), Angelin Preljocaj (chorégraphe) et de Jean Rolin (écrivain). Ils vont devoir s’accorder pour remettre le Grand Prix et le Prix du Jury, le nombre de films en compétition est maintenant de 14.
Le jury Révélation a pour tâche de récompenser un des films de la sélection pour son originalité. C’est le réalisateur et écrivain Samuel Benchetrit qui en est le président, il est entouré des comédiennes Sabrina Ouzani, Leïla Hatami (à l’affiche du film Une Séparation), Elisa Sednaoui et de Benjamin Siskou.

A mi-parcours de la découverte de la compétition, l’occasion pour un point sur les films sélectionnés :

- Return : présenté par sa réalisatrice Liza Johnson et sa comédienne Linda Cardellini. Une femme militaire revient du front où se déroule la guerre, elle retrouve dans sa petite ville son mari et ses deux filles, son travail et ses amies. Elle éprouve des difficultés à reprendre sa vie d’avant après les violences qu’elle a vue et dont elle ne veut pas parler. Son couple se délite et différents incidents la conduisent à une condamnation pour ivresse au volant avec le risque de perdre la garde ses filles… Peut-être un prix du jury ?

- Take Shelter : présenté par son comédien Michael Shannon. Un homme est sujet à des hallucinations terrifiantes, et son comportement inquiète sa famille et ses proches. Le film était une des bonnes surprises de Cannes.

- On The Ice : présenté par son réalisateur Andrew Okpeaha MacLean. L’originalité du film est de se dérouler en Alaska, territoire rarement filmé. Trois adolescents partis à la chasse au milieu de la banquise se bagarrent et il en résulte un mort, les deux autres reviennent et déclarent un accident un accident de scooter des neige. Leur mensonge est en balance avec le poids de la culpabilité…

- Another Happy Day : présenté par son réalisateur Sam Levinson et ses comédiennes Ellen Barkin (aussi co-productrice) et Kate Bosworth (avec au casting : Ezra Miller, Demi Moore et Ellen Burstyn). Une famille décomposée se réunit quelques jours avant un mariage et les dysfonctionnements des uns et des autres éclatent lors de crises hystériques. Il y a surtout la mère encore meurtrie d’avoir été quittée par son premier mari qui avait choisi de garder avec lui l’aîné mais pas la petite sœur… Une réunion de famille où les membres de trois générations ont tous une blessure et en font souffrir les autres.

- En Secret : présenté par sa comédienne Sarah Kazemy. En Iran, deux jeunes filles profitent de leur jeunesse en cachette des interdits de la tradition, elle ses découvrent même une attirance réciproque. Mais le frère de l’une d’elle est très religieux et collabore à la police des mœurs qui réprime tout comportement d’émancipation…

- Yelling To The Sky : présenté par réalisatrice Victoria Mahoney et son comédien Jason Clarke. Une adolescente métisse (l’actrice Zoë Kravitz) subit la mauvaise influence de l’environnement de son quartier, et elle est en bute contre son père. Une genre de girl in the hood avec une ado sur la mauvaise pente avant qu’elle comprenne qu’elle doit s’en sortir…

- The Dynamiter : présenté par son réalisateur Matthew Gordon. Robbie est un adolescent qui va sur ses 15 ans qui doit déjà assumer des responsabilités d’adulte. Sa mère a abandonné le domicile et il doit s’occuper de son jeune demi-frère et de sa grand-mère, son grand-frère adulte revient car il a été viré de son logement… On découvre Robbie comme un mauvais élève voleur et menteur avant de mieux connaître sa vie où il doit travailler pour aider sa famille. Une tranche de vie émouvante à la fois bien interprétée et bien filmée qui a été favorablement remarquée... Peut-être un prix du jury ?

- Jess + Moss : présenté par son réalisateur Clay Jeter et sa comédienne Sarah Hagan. Jess est une grande fille de 18 ans et Moss est un garçon de 12 ans, ils sont tout les deux livrés à eux-mêmes dans un coin de campagne où ils profitent d’une maison à l’abandon comme refuge pour jouer et se raconter des histoires. Le film fait la part belle aux gros plans sur des parties de corps avec en voix-off des paroles des deux personnages qui viennent le plus souvent de leur magnétophone à cassette. On devine leur souffrance d’avoir été comme abandonnés avec des bribes de souvenirs. Le film est assez expérimental dans son traitement avec un montage d’images et de sons plutôt disparates duquel ressort, sinon un certain ennui, une certaine poésie. Peut-être un prix de la Révélation ?

Il leur reste encore six films à découvrir avant de rendre leur palmarès.

Deauville 2011 : Déficit d’inspiration et happy end en règle d’or à Hollywood

Posté par kristofy, le 6 septembre 2011

Pour son premier week-end, la 37ème édition du Festival du Cinéma américain de Deauville a vu de nombreuses personnalités arriver sur le tapis rouge pour les différentes séances en avant-première. Emma Stone,Viola Davis, Jessica Chastain ont accompagné le film d’ouverture La couleur des sentiments, qui triomphe sur les écrans américains actuellement, et le réalisateur Nicolas Winding Refn est venu présenter Drive, qui lui a valu le prix de la mise en scène au dernier festival de Cannes.

Parallèlement, Fright Night et Echange Standard (The Change-Up), deux films commerciaux dont se lamentaient Francis Ford Coppola et Shirley MacLaine durant leurs hommages, démontraient le savoir-faire hollywoodien en matière de marketing et l'abandon de la créativité de ce même Hollywood, qui abuse des remakes.

Anton Yelchin et Christoper Mintz-Plass sont venus présentés Fright Night 3D. C’est (encore) une histoire de vampire : un adolescent cool dans ses baskets découvre que la cause des absences de certains élèves de sa classe pourrait être liée à son nouveau voisin, possible vampire… Il s’agit en fait d’un remake du film Vampire…vous avez dit vampire ?. Cette relecture moderne d’un classique cherchait un équilibre entre humour et horreur mais elle bascule en fait vers une comédie pataude musclée aux effets spéciaux. Les bénéfices des effets 3D sont peu nombreux : même le sang qui gicle n’est pas spectaculaire ; les plus réussis sont des étincelles qui voltigent lorsqu’un corps se désintègre.

Pour Echange Standard, c’est le fringuant Jason Bateman qui était là sur scène pour conseiller de faire sortir les enfants de la salle : en effet son humour tape vraiment en dessous de la ceinture. Deux amis se réveillent dans le corps l'un de l’autre, ce qui rappelle le concept éprouvé dans Freaky Friday (où la fille Lindsay Lohan se retrouvait dans le corps de sa mère Jamie Lee Curtis et vice-versa). Ici il s’agit de deux caractères opposés : le cadre marié à la vie bien rangée et père de deux bébés, et le dilettante acteur raté et célibataire qui cumule les conquêtes. Chacun des deux héros va découvrir les avantages de la vie de l’autre, tout en voyant d’un nouvel œil sa propre vie. Si ce n’est pas très original, c’est en tout cas très efficace et très rythmé : les gags les plus régressifs se suivent tout comme les blondes aux seins nus. On en est encore là... Après de multiples scènes qui bousculent la bienséance, la morale sera quand-même sauve au final. ce qui anéantit tout espoir qu'Hollywood sorte de ses carcans.

La règle d'or des studios tient dans happy-end, aussi forcé que sacré.

Locarno 2011 : la France en force avec Ameur-Zaïmeche, Achard, Klotz, Hansen-Love

Posté par vincy, le 4 août 2011

Lancée aujourd'hui, la compétition du 64e Festival de Locarno comporte 20 films : deux latino-américains, deux japonais, deux israéliens, deux suisses, deux roumains, trois américains... et quatre français! Pour compléter le total, ajoutons un libanais, un néerlandais, un italien... Clairement le cinéma européen représente la moitié de cette compétition et le cinéma français prédomine.

Mais la spécificité de ce festival, classé parmi les cinq grands européens, c'est de ne pas choisir les plus grands noms du cinéma mais bien d'aller chercher ceux qui pourraient devenir les Maîtres du 7e art. Véritable exploration du film d'auteur contemporain, entre jeunes talents et cinéastes confirmés, animation, documentaire, très longs métrages ou à la limite du moyen métrage, ces quatorze avant-premières mondiales et six internationales, souvent des films sans vedettes, concourent pour le Léopard d'or.

- Abrir puertas y ventanas (Ouvrir portes et fenêtres), de Milagros Mimenthaler

- Another Earth, de Mike Cahill

- Beirut Hotel, de Danielle Arbid (avec Charles Berling)

- Crulic - Drumul Spre Dincolo, d'Anca Damian (animation)

- Dernière séance, de Laurent Achard

- Din Dragoste Cu Cele Mai Bune Intenti (Les meilleures intentions), d'Adrian Sitaru

- El ano del tigre, de Sebastian Lelio

- Hashoter (Policier), de Nadav Lapid

- Les chants de Mandrin, de Rabah Ameur-Zaïmeche (avec Jacques Nolot)

- Low Life, de Nicolas Klotz

- Mangrove, de Frédéric Choffat et Julie Gilbert

- Onder Ons (Parmi nous), de Marco Van Geffen

- Saudade, de Katsuya Tomita

- Sette Opere di Misericordia (Sept actions de miséricorde), de Gianluca et Massimiliano De Serio

- Tanathur (Derniers jours à Jérusalem), de Tawfik Abu Wael

- Terri, d'Azabel Jacobs (avec John C. Reilly)

- The Loneliest Planet, de Julia Loktev (avec Gael Garcia Bernal, en photo)

- Tokyo Koen, de Shinji Aoyama

- Un amour de jeunesse, de Mia Hansen-Love

- Vol spécial, de Fernad Mélgar (documentaire)

Coppola adopte la 3D et l’interactivité pour Twixt

Posté par vincy, le 29 juillet 2011

Francis Ford Coppola était aussi au Comic-Con de San Diego cette année. Un grand retour après 19 ans d'absence (il était venu présenter Dracula).

Cette fois-ci, Coppola est venu parler de son nouveau film, Twixt, qui fera son avant-première mondiale au prochain festival de Toronto. Film de genre, auto-produit, Twixt réunit Val Kilmer, Ben Chaplin, Elle Fanning et Bruce Dern.

C'est aussi le premier film en 3D du réalisateur de la trilogie du Parrain. Il précède chronologiquement Spielberg et Scorsese dans cet exercice du cinéma en relief.

Au Comic-Con, Coppola n'a pourtant pas été tendre avec cette technologie. "Je n'aime pas regarder la 3D avec des lunettes. J'ai même regardé Avatar en 3D mais la plupart du temps sans porter les lunettes. Je ne l'ai remettait que lorsque ces séquences l'exigeaient."

Coppola a surtout annoncé une tournée promotionnelle du film aussi insolite qu'intéressante : une tournée à la manière des concerts de musique, avec un orchestre pour interpréter en direct la bande originale.

Mais c'est surtout la projection du film dans les trente villes qu'il explorera un nouveau territoire : l'interactivité. Muni d'une tablette tactile, Coppola assemble les scènes de son film, en direct, selon les réactions du public. Un montage sur le vif, différent à chaque ville.

Sur Facebook, enfin, on peut aussi choisir la future affiche du film.

Quant au film, le cinéaste le résume ainsi : «  Un tiers de romance gothique, un tiers de film personnel, et un tiers de film d’horreur comme ceux avec lesquels j’ai démarré ma carrière ». L'idée lui est venue d'un rêve et de ses lectures. "Un écrivain sur le déclin arrive dans une petite ville pour une séance de dédicaces. Il se retrouve impliqué dans l’enquête sur le meurtre d’une jeune fille. Son fantôme lui apparaît en rêve, il décide d’écrire son histoire. Jusqu’à ce qu’il découvre que ce meurtre est intimement lié à sa propre vie" selon le synopsis officiel.

Harry Potter : Les reliques de la mort 2e partie dans 320 salles dès minuit

Posté par vincy, le 12 juillet 2011

Warner Bros veut battre tous les records avec cet ultime volet d'Harry Potter. Il y a d'abord l'avant-première à Bercy de ce soir, soit plus de 7 000 personnes attendues pour voir le film sur un écran 3D de 30 mètres sur 15 (qui pourrait faire son entrée dans le Livre des records). Sont attendus, Jason Isaacs (Lucius Malefoy), les jumeaux James et Oliver Phelps (Fred et George Weasley), Evanna Lynch (Luna Lovegood) et Clémence Poésy (Fleur Delacour).

Mais à minuit il y aura surtout 320 salles de cinéma dans toute la France qui organiseront une séance spéciale spéciale d'Harry Potter et les Reliques de la mort, 2e partie. La plupart de ces séances affiche complet. Une grande partie de ces cinémas débuteront la soirée avec la projection de la 1ere partie.

Harry Potter et les Reliques de la mort : affrontement final spectaculaire

Posté par vincy, le 8 juillet 2011

Si le premier épisode de ce dernier film de la saga Harry Potter nous semblait un peu bancal, pour ne pas dire un peu mou et inégal, la fin ultime de la série tient toutes les promesses d'un blockbuster. Harry Potter et les Reliques de la Mort, 2e partie, est tout autant nerveux que spectaculaire, fidèle au livre et conclut joliment l'épopée cinématographique. L'émotion n'est pas absente, principalement dans le long flash-back explicatif de l'ambivalence de Severus (Alan Rickman). Mais elle aurait pu être plus aigüe sur le final... Sans doute le soulagement (que tout se finisse bien, et même que tout se finisse enfin après une vingtaine d'heures de films) l'emporte sur les larmes d'adieux.

David Yates n'a pas démérité avec un découpage plus tendu et assez malin (un baiser cathartique surviendra en plein milieu du film), une mise en scène ciblant davantage les ados que les enfants, avec ses références à Tolkien, Star Wars, et récents péplums à effets spéciaux.

En réunissant les deux épisodes des Reliques de la mort, on s'apercevra quand même que l'ensemble est déséquilibré et long. Mais Warner Bros et J.K. Rawling ne s'en offusqueront pas : l'affrontement final multipliera les dollars, les ventes de coffrets DVD et Blu Ray et celles de livres, imprimés ou numériques. Pottermore.com ouvrira en octobre et proposera le premier tome en version téléchargeable.

Paris Cinéma 2011 : Derrière les murs, avec Laetitia Casta en 3D

Posté par kristofy, le 5 juillet 2011

Le film Derrière les murs s’annonce comme le premier film français réalisé en 3D (hors documentaire et animation) : un suspense où une romancière isolée à la campagne est sujette à des visions et à des cauchemars pendants que le village est troublé par de mystérieuses disparitions de petites filles…

Dans le cadre du Festival Paris Cinéma une avant-première a eu lieu avec la venue d’une partie de l’équipe du film : les deux réalisateurs Julien Lacombe et Pascal Sid, le comédien Jacques Bonaffé et l’actrice Laetitia Casta ont échangés quelques mots avec les spectateurs juste avant qu’ils découvrent leur film avec les lunettes 3D sur le nez.

Pour Jacques Bonaffé "il y a un monde inconnu derrière la 3D, c’est une chose un peu mystérieuse, et ce tournage a été une belle expérience cinématographique".

Laetitia Casta (à droite) est, elle, présente dans quasiment tout les plans du film : "j’ai été complètement immergée par le personnage, ça me touchait, ce qui m’a plu c’est la destruction de cette femme, sa douleur. C’est un personnage féminin complexe qui est très bien écrit. Quand les réalisateurs sont venus vers moi  environ trois semaines après le tournage commençait. Je n’ai pas eu vraiment le temps de me poser la question de la 3D, et tant mieux ce n’est pas si important quand on joue".

Les deux co-réalisateurs Julien Lacombe et Pascal Sid se sont expliqué sur leur choix pour cette technologie : "En fait on n’a pas écrit le scénario pour la 3D, le plus important était avant tout l’histoire racontée et le film fonctionne aussi en 2D traditionnelle. C’est au cours de la préparation que cette possibilité de narration nous a intéressé comme nouveau vecteur d’immersion et d’émotion. Techniquement sur le plateau il y a 2 caméras ensemble dans un seul bloc, c’est donc plus gros que d’habitude. C’est un appareil énorme qui peut être troublant pour les comédiens voir intrusif pour des gros plans, il y a beaucoup moins de place aussi pour l’équipe. Le procédé en lui-même ne révolutionne pas le cinéma mais c’est quelque chose qui est important. On apprécie que la 3D donne du volume aux visages, ça donne un relief qui apporte une sorte d’intimité plus grande avec les personnages".

Le film Derrière les murs veut raconter une histoire intimiste classique avec les codes du film à suspense, sortie en salles le  6 juillet.

Festival Paris Cinéma 2011 se déroule jusqu’au 13 juillet. Après Laetitia, on y verra sa sœur mannequin qui devient elle aussi actrice : Marie-Ange Casta est au générique du nouveau film de Tristan Aurouet Mineurs 27 avec Jean-Hugues Anglade.

Pa negre d’Agustí Villaronga, le film aux 9 goyas, au Festival Différent !

Posté par MpM, le 22 juin 2011

différent 4Depuis 2008, le festival Différent propose une autre vision du cinéma espagnol, traditionnellement peu présent sur les écrans français. Comme le soulignait José María Riba, journaliste et programmateur de la manifestation, lors de l'avant-dernière soirée de cette 4e édition,  Différent privilégie d'ordinaire " les tout petits films faits avec de petits budgets et peu de moyens, et qui s'avèrent être de vraies pépites en or" tandis qu'au cours de l'année, les soirées Espagnolas en Passy proposent pour leur part de grandes et prestigieuses avant-premières.

Avec Pa negre (Pain noir) d'Agustí Villaronga, "c'est les deux à la fois". En effet, depuis sa sélection, ce film difficile sur les conséquences de la guerre civile espagnole a trouvé un distributeur. Il sortira en France le 24 août prochain, tout auréolé  des 9 récompenses remportées lors de la dernière cérémonie des Goyas du cinéma espagnol (équivalents à nos César), parmi lesquels meilleur film, meilleur réalisateur et meilleure adaptation.

En présence du réalisateur et de sa distributrice Isona Passola, les quelque 300 spectateurs présents lors de cette avant-première exceptionnelle ont pu découvrir le jeune Andreu, issu d'une famille de républicains pauvres. Alors que la guerre civile est achevée depuis peu de temps, des événements terribles viennent bouleverser son existence simple et studieuse. Il découvre la haine tenace entre les "vainqueurs" et les "vaincus", les mensonges minables des adultes, et la nécessité de choisir son camp.

Le film, adapté de plusieurs romans d'Emili Teixidor, souffre d'un scénario "catalogue", cherchant à aborder en une seule histoire toutes les facettes de l'après-guerre civile : la misère, la haine irréconciliable, le désir de vengeance, la perte des idéaux, la méchanceté humaine... Ca fait beaucoup pour une seule famille. Dommage, car le sujet (poignant, presque trop) est servi par un casting impeccable, notamment le personnage principal, le jeune Francesc Colomer, et par un vrai sens de la mise en scène.

Pa negre a malgré tout été chaleureusement accueilli par le public qui l'a jugé "poignant" et "fort". A partir du 24 août, ce sera au tour de la France entière de se faire une idée sur ce film "différent" qui donne indéniablement une image atypique (c'est-à-dire ni romantique, ni emplie d'héroïsme) de la guerre civile espagnole.

L’avant-première de Bercy d’Harry Potter 7 (2e partie) fait déjà du bruit

Posté par vincy, le 15 juin 2011

Complet. C'est ce qu'annonçait en mai dernier Warner Bros à propos de la plus grande avant-première organisée en France : Harry Potter et les Reliques de la mort, 2e Partie au Palais Omnisports de Paris-Bercy le 12 juillet prochain (25 €). (voir actualité du 18 avril)

Mais dans un contexte où les salles de cinéma sont angoissées par un tassement de la fréquentation et où les organismes institutionnels s'alarment de la programmation d'événements extra-cinématographiques dans les salles de cinéma (sport, opéra...), rien n'est anodin pour défendre son pré-carré. Un film en avant-première à Bercy, à quand le Stade de France en salle IMAX?

Premiers à réagir, les membres de l'ARP. Cette séance "va priver d'un grand nombre d'entrées, en une seule fois, le marché de l'exploitation cinématographique parisien". L'argument est faible quand on sait que le premier épisode de HP 7 a attiré 8 141 entrées à la séance de 14h le 24 novembre dernier (sur 25 copies). C'est à peu près le même nombre de fans qui assistera à l'avant-première de Bercy (la jauge est prévue pour 8 000 spectateurs).

Le problème de la Taxe Spéciale Additionnelle est davantage problématique : cette séance ne serait pas soumise au paiement de cette taxe qui aliment le compte de soutien du CNC (10,72 % du prix du billet).

L'ARP alerte sur "la nécessité d'une réforme des textes si de nouvelles séances de cinéma, purement commerciales, venaient à échapper à un corpus articulé de règles, établies de longue date, sur la billetterie, les autorisations d'exercice et la taxe sur le prix des entrées de cinéma".

C'était le 8 juin. Depuis la SRF et l'Acid s'en sont mêlés. Pour les mêmes raisons (8 000 spectateurs en moins, soit environ 1% de la fréquentation moyenne parisienne des épisodes de la saga) et 21 000 € qui ne se réinvestiront pas dans la production. "Lieu non cinématographique", "mépris des règles", "recette de 200 000  €" diminuant d'autant les exploitants et défiant le système redistributif national. Or là, souci : certes ces spectateurs vont en effet rapporter 200 000 € à Warner (il faudra quand même retirer les frais de location de Bercy, et tout ce qui accompagne l'organisation d'un tel événement), mais dans une salle ils payent en moyenne leur billet 6 euros (un peu plus avec l'ajout 3D). Ce qui fait un manque à gagner de moins de 50 000 euros. Pas négligeable, mais moins dramatique.

Ceci dit, toutes ces questions sont justifiées : que ce soit pour du sport diffusé dans les salles ou du cinéma diffusé dans une salle omnisport, il est urgent d'établir des règles claires (quotas, obligations...) qui permettront à chacun d'y trouver son compte.