Cannes 2018: Bergman, Besson, Chahine, Hitchcock, Kubrick, Ozu, Rappeneau, Varda et Wilder à Cannes Classics

Posté par vincy, le 23 avril 2018

Des femmes, des cinéastes de légendes, des films qui célèbrent leurs anniversaires: Cannes Classics mettra en lumière toutes les facettes du 7e art.

Alice Guy et Jane Fonda

Be Natural: The Untold Story of Alice Guy-Blaché (Soyez naturel : L’histoire inédite d’Alice Guy-Blaché) de Pamela B. Green (2018, 2h, États-Unis)
Alice Guy est la première femme réalisatrice, productrice et directrice de studio de l’histoire du cinéma. En présence de la réalisatrice Pamela B. Green.

Jane Fonda in Five Acts de Susan Lacy (2018, 2h13, États-Unis)
En présence de Susan Lacy et de Jane Fonda.

Les 50 ans de 2001 : l’odyssée de l’espace

2001: A Space Odyssey (2001 : l’odyssée de l’espace) de Stanley Kubrick (1968, 2h44, Royaume-Uni, États-Unis)
Une Copie 70mm tirée à partir d’éléments du négatif original. Présenté par le réalisateur Christopher Nolan, le film sera projeté en salle Debussy, avec entracte de 15mn, dans l’exacte reproduction de l’expérience vécue par les spectateurs lors de la sortie du film au printemps 1968. En présence également de la fille de Stanley Kubrick, Katharina Kubrick, et de son coproducteur Jan Harlan.

Orson Welles

The Eyes of Orson Welles (Les Yeux d’Orson Welles) de Mark Cousins (2018, 1h55, Royaume-Uni)
En présence du réalisateur Mark Cousins.

Centenaire Ingmar Bergman

Searching for Ingmar Bergman (À la recherche d’Ingmar Bergman) de Margarethe von Trotta (2018, 1h39, Allemagne, France)
En présence de Margarethe von Trotta.

Bergman — ett ar, ett liv (Bergman – A Year in a Life) de Jane Magnusson (2018, 1h56, Suède)
En présence de Jane Magnusson.

Det sjunde inseglet (Le Septième Sceau / The Seventh Seal) d’Ingmar Bergman (1957, 1h36, Suède)
Numérisation et restauration 4K à partir du négatif original et du mixage final sur bande magnétique.

Cannes Classics

Battement de cœur (Beating Heart) d’Henri Decoin (1939, 1h37, France)
Restauration 2K

Enamorada d’Emilio Fernández (1946, 1h39, Mexique)
Présenté par Martin Scorsese.

Ladri di biciclette (Le Voleur de bicyclette / Bicycle Thieves) de Vittorio De Sica (1948, 1h29, Italie)
Version restaurée pour les 70 ans du film.

Tôkyô monogatari (Voyage à Tokyo / Tokyo Story) de Yasujiro Ozu (1953, 2h15, Japon)
Restauration numérique 4K.

Vertigo (Sueurs froides) d’Alfred Hitchcock (1958, 2h08, États-Unis)
Restauration numérique 4K à partir du négatif VistaVision pour les 60 ans du film. Projeté au Cinéma de la Plage.

The Apartment (La Garçonnière) de Billy Wilder (1960, 2h05, États-Unis)
Restauration numérique 4K à partir du négatif original caméra.

Démanty noci (Les Diamants de la nuit / Diamonds of the Night) de Jan N?mec (1964, 1h08, République tchèque)

Voyna i mir. Film I. Andrei Bolkonsky (Guerre et paix. Film I. Andrei Bolkonsky / War and Peace. Film I. Andrei Bolkonsky) de Sergey Bondarchuk (1965, 2h27, Russie)
Restauration numérique image par image de l’image et du son à partir d’un scan 2K.

La Religieuse (The Nun) de Jacques Rivette (1965, 2h15, France)
Une Restauration 4K d’après le négatif image original. Restauration son à partir du négatif son (seul élément conforme).

Cetri balti krekli (Quatre Chemises blanches / Four White Shirts) de Rolands Kalnins (1967, 1h20, Lettonie)
Scan 4K et restauration numérique 3K à partir de l’internégatif original 35mm et d’un marron afin d’obtenir un master 2K. En présence du réalisateur Rolands Kalnins.

La Hora de los hornos (L’Heure des brasiers / The Hour of the Furnaces) de Fernando Solanas (1968, 1h25, Argentine)
Restauration 4K à partir des négatifs originaux pour les 50 ans du film. En présence de Fernando Solanas.

Le Spécialiste (Gli specialisti / Specialists) de Sergio Corbucci (1969, 1h45, France, Italie, Allemagne)
Version intégrale inédite restaurée en 4K à partir du négatif image original Technicolor - Techniscope et des magnétiques français et italien. Projeté au Cinéma de la Plage.

João a faca e o rio (João et le couteau / João and the Knife) de George Sluizer (1971, 1h30, Pays-Bas)
Restauration 4K à partir du négatif caméra Techniscope 35mm filmé par Jan de Bont.

Coup pour coup (Blow for Blow) de Marin Karmitz (1972, 1h30, France)
Restauration à partir du négatif original en 2K. En présence de Marin Karmitz.

L'une chante, l'autre pas (One Sings the Other Doesn't) d'Agnès Varda (1977, 2h, France)
Numérisation en 2k à partir du négatif original et restauration. Projeté au Cinéma de la Plage. En présence d’Agnès Varda.

Grease de Randal Kleiser (1978, 1h50, États-Unis)
Restauration numérique 4K à partir du négatif caméra original pour les 40 ans du film. Projeté au Cinéma de la Plage. En présence de John Travolta.

Fad,jal (Grand-père, raconte-nous) de Safi Faye (1979, 1h52, Sénégal, France)
Restauration numérique effectuée à partir de la numérisation en 2K des négatifs 16mm. En présence de Safi Faye.

Cinq et la peau (Five and the Skin) de Pierre Rissient (1981, 1h35, France, Philippines)
Restauration 4K à partir du négatif image original et du magnétique français. En présence de Pierre Rissient.

A Ilha dos Amores (L’Île des amours / The Island of Love) de Paulo Rocha (1982, 2h49, Portugal, Japon)
Scan wet gate 4K de deux interpositifs 35mm image et son.

Out of Rosenheim (Bagdad Café) de Percy Adlon (1987, 1h44, Allemagne)
Numérisation et restauration 4K. Projeté au Cinéma de la Plage. En présence de Percy Adlon.

Le Grand Bleu (The Big Blue) de Luc Besson (1988, 2h18, France, États-Unis, Italie)
Restauration 2K. Séance organisée à l’occasion des trente ans de la projection du film en ouverture du Festival de Cannes 1988. Projeté au Cinéma de la Plage.

Driving Miss Daisy (Miss Daisy et son chauffeur) de Bruce Beresford (1989, 1h40, États-Unis)
Restauration 4K à partir des négatifs 35mm originaux image et son.

Cyrano de Bergerac de Jean-Paul Rappeneau (1990, 2h15, France)
Numérisation supervisée par Jean-Paul Rappeneau à partir du négatif original et restauration 4K. En présence de Jean-Paul Rappeneau.

Hyènes (Hyenas) de Djibril Diop Mambéty (1992, 1h50, Sénégal, France, Suisse)
Restauration numérique effectuée à partir de la numérisation en 2K des négatifs 35mm.

El Massir (Le Destin / Destiny) de Youssef Chahine (1997, 2h15, Égypte, France)
En avant-première de la rétrospective intégrale à la Cinémathèque française en octobre 2018. Restauration en 4K . Projeté au Cinéma de la Plage.

Cannes 2018: Quatre courts tunisiens à la Quinzaine

Posté par vincy, le 20 avril 2018

Après Taipei Factory en 2013, Nordic Factory en 2014, Chile Factory en 2015, South Africa Factory en 2016 et Lebanon Factory en 2017, la Quinzaine des Réalisateurs, avec la collaboration du CNCI tunisien, poursuit l’aventure cette année avec Tunisia Factory.

La Factory vise à l’émergence de nouveaux talents sur la scène internationale en permettant à de jeunes cinéastes tunisiens et internationaux, de se rencontrer et de créer ensemble. Cela donne 4 courts métrages de 15 minutes chacun, coréalisés durant trois mois par 4 tandems de jeunes réalisateurs.

Les 4 courts métrages seront projetés le mercredi 9 mai 2018 en ouverture de la 50e édition de la Quinzaine.

  • Omerta de Mariam Al Ferjani (Tunisie) et Mehdi Hamnane (France)
  • Leila's Blues de ismaël (Tunisie) et Fateme Ahmadi (Iran)
  • L'oiseau bleu de Rafik Omrani (Tunisie) et Suba Sivakumaran (Sri Lanka)
  • Best Day Ever de Anissa Daoud (Tunisie) et Aboozar Amini (Afghanistan)

Cannes 2018: Yann Gonzalez, Nuri Bilge Ceylan, Lars von Trier et Terry Gilliam en Sélection officielle

Posté par vincy, le 19 avril 2018

Le 71e Festival de Cannes a fait un certain nombre d'ajouts dans toutes les sections de la sélection officielle. Notons que le Lars von Trier sera à Cannes, mais hors-compétition, et que le Terry Gilliam, malgré le litige juridique, sera présenté en clôture. Enfin, si Claire Denis n'est toujours pas présente sur la croisette avec High Life, le dernier film du palmé Nuri Bilge Ceylan arrive en compétition.

Compétition

Un couteau dans le cœur (Knife + Heart) du français Yann Gonzalez avec Vanessa Paradis

Ayka du kazakh Sergey Dvortsevoy, réalisateur de Tulpan, vainqueur du Prix Un Certain Regard en 2008

Ce sont les deuxièmes films de Yann Gonzalez et de Sergey Dvortsevoy et c’est la première fois qu’ils viennent en Compétition.

Ahlat Agaci (The Wild Pear TreeLe Poirier sauvage) du turc Nuri Bilge Ceylan, Palme d’or 2014 avec Winter Sleep

La Compétition 2018 sera donc composée de 21 films.

Hors Compétition

The House That Jack Built de Lars von Trier avec Matt Dillon et Uma Thurman

Un Certain Regard

Muere, Monstruo, Muere (Meurs, monstre, meurs) de l’argentin Alejandro Fadel

Chuva E Cantoria Na Aldeia Dos Mortos (The Dead and the OthersLes Morts et les autres) du portugais João Salaviza et de la brésilienne Renée Nader Messora

Donbass de l’ukrainien Sergey Loznitsa qui, le mercredi 9 mai, fera l’ouverture de Un Certain Regard 2018.

Séances de Minuit

Whitney, un documentaire de l’écossais Kevin Macdonald, qui retrace l’existence de la chanteuse Whitney Houston.

Fahrenheit 451 de l’américain Ramin Bahrani avec Sofia Boutella, Michael B. Jordan et Michael Shannon. Il s’agit de la deuxième adaptation, après celle de François Truffaut, du roman de Ray Bradbury.

Film de Clôture

En 2018, le Festival de Cannes renoue avec la tradition du film de clôture (hors-compétition).

The Man Who Killed Don Quixote du britannique Terry Gilliam, avec Adam Driver, Jonathan Pryce et Olga Kurylenko. Il sera projeté le samedi 19 lors la cérémonie de Clôture, le film sortira en France le même jour.

Cannes 2018: poids lourds et nouveaux talents pour la 50e Quinzaine des réalisateurs

Posté par vincy, le 17 avril 2018

1609 longs métrages et 1667 courts métrages ont été visionnés. La 50e Quinzaine des réalisateurs (9-19 mai), en plus du Carrosse d'or pour Martin Scorsese, s'offre de beaux noms: Noé, Nicloux, Faucon, Salvadori côté français, Hosoda, Rosales, Guerra & Gallego, Cosmos... Mais il y aura aussi ce qu'il faut de stars et habitués cannois du côté du JW Marriott: Vincent Cassel et Isabelle Adjani chez Gavras, Emmanuelle Devos chez Faucon, Tahar Rahim et Stacy Martin chez Monge, Gérard Depardieu et Kevin Janssens chez Nicloux, Adèle Haenel et Audrey Tautou chez Salvadori, Nicolas Cage et Andrea Riseborough chez Cosmos, Ben Foster chez Granik, Alex Brendemühl chez Rosales, Alba Rohrwacher chez Zanasi...

Pájaros de verano (Les oiseaux de passage) de Ciro Guerra & Cristina Gallego (Ouverture)
Amin de Philippe Faucon
Le monde est à toi de Romain Gavras
Joueurs de Marie Monge - premier film
Les Confins du monde de Guillaume Nicloux
Climax de Gaspar Noé
En Liberté ! de Pierre Salvadori
Weldi (Mon cher enfant) de Mohamed Ben Attia
Cómprame un revólver (Buy me a gun) de Julio Hernández Cordón
Mandy de Panos Cosmos
Carmen y Lola de Arantxa Echevarria - premier film
Teret de Ognjen Glavonic
Leave No Trace de Debra Granik
Mirai (Mirai ma petite sœur) de Mamoru Hosoda - animation
Petra de Jaime Rosales
Samouni Road de Stefano Savona - documentaire
Los silencios de Beatriz Seigner
El motoarrebatador (The snatch Thief) de Agustín Toscano
Ming wang xing shi ke (The Pluto moment) de Ming Zhang
Troppa grazia de Gianni Zanasi (clôture)

Courts métrages

Basses de Félix Imbert
Ce magnifique gâteau de Emma De Swaef & Marc Roels
La chanson de Tiphaine Raffier
La lotta de Marco Bellocchio
Las cruces de Nicolas Boone
La nuit des sacs plastiques de Gabriel Harel
O Orfao (L'orphelin) de Carolina Markowicz
Our song to war de Juanita Onzaga - documentaire
Skip Day de Patrick Bresnan & Ivette Lucas - documentaire
Le sujet de Patrick Bouchard

Cannes 2018: 12 films à l’ACID

Posté par vincy, le 17 avril 2018

Pour sa 26ème édition, les cinéastes de l'ACID propose un programme de 9 longs métrages, enrichi d'une séance spéciale « ACID Patr imoine » et d'un focus sur le cinéma portugais, l'ACID TRIP #2. Au total 12 films, dont 10 premiers longs, seront présentés dans la sélection "off" du festival de Cannes.

Sélection

L'AMOUR DEBOUT de Michaël Dacheux (France)
avec Paul Delbreil, Adèle Csech, Samuel Fasse, Jean-Christophe Marti, Thibaut Destouches, Shirley Mirande, Pascal Cervo, Françoise Lebrun

BAD BAD WINTER de Olga Korotko (Kazakhstan)
avec Tolganay Talgat, Marat Abishev, Zhalgas Zhangazin, Nurgul Alpysbayeva, Tair Magzumov

CASSANDRO THE EXOTICO ! de Marie Losier (France)
avec Cassandro - Documentaire

DANS LA TERRIBLE JUNGLE de Caroline Capelle & Ombline Ley (France)
avec Ophélie Lefebvre, Léa Lenoir, Médéric Sergott, Ophélie Dufromentel, Alexis Dardenne, Émeline Colard, Valentin Dufour

IL SE PASSE QUELQUE CHOSE de Anne Alix (France)
avec Lola Dueñas et Bojena Horackova

SEULE A MON MARIAGE de Marta Bergman (Belgique)
avec Alina ?erban, Tom Vermeir, Rebeca Anghel, Marie Denarnaud, Marian ?amu, Viorica Tudor, Johan Leysen, Karin Tanghe, Jonas Bloquet

THUNDER ROAD de Jim Cummings (Etats-Unis)
avec Jim Cummings, Kendal Farr, Nican Robinson, Chelsea Edmundson, Macon Blair, Bill Wise

UN VIOLENT DÉSIR DE BONHEUR de Clément Schneider (France)
avec Quentin Dolmaire, Grace Seri, Francis Leplay, Franc Bruneau, Vincent Cardona

NOUS, LES COYOTES / WE THE COYOTES de Hanna Ladoul & Marco La Via (France/Etats-Unis)
avec Morgan Saylor, McCaul Lombardi, Betsy Brandt, Khleo Thomas, Lorelei Linklater, Cameron Crovetti, Nicholas Crovetti, Vivian Bang, Ravil Isyanov

Acid Trip #2 Portugal

VERÃO DANADO de Pedro Cabeleira
avec Pedro Marujo, Lia Carvalho, Ana Valentim, Daniel Viana, Sérgio Coragem

TERRA FRANCA de Leonor Teles
Documentaire

COLO de Teresa Villaverde
avec Joao Pedro Vaz, Alice Alergaria, Beatriz Batarda, Clara Jost, Tomas Gomes

Séance spéciale - Mai 68

REPRISE de Hervé Le Roux
Avec : Georges Abbachi, Edmond Adler, Jean-Louis Blanc et Pierre Bonneau - Documentaire

Cannes 2018 : une 57e sélection européenne et prometteuse pour la Semaine de la critique

Posté par MpM, le 16 avril 2018

Les deux comités de sélection de la Semaine de la Critique, sous la houlette du délégué général Charles Tesson, ont retenu cette année 13 courts métrages (sur 1500 visionnés) et 11 premiers et deuxièmes longs métrages (sur 1100) qui composeront le programme de cette 57e édition. Une édition qui s'annonce particulièrement tournée vers l'Europe, avec 10 longs métrages et 10 courts produits ou co-produits par un pays européen, dont la Grèce, la Finlande, le Portugal, l'Islande, la Pologne, la Suisse ou encore la Hongrie.

En compétition, on retrouve 5 premiers films, dont le très attendu documentaire animé Chris the Swiss dont nous vous parlions à l'occasion du dernier Cartoon Movie. La réalisatrice Anja Kofmel y explore les circonstances (obscures) dans lesquelles son cousin journaliste est mort pendant la guerre en Yougoslavie. On est également curieux de découvrir le premier film de Gabriel Abrantes (co-réalisé avec Daniel Schmidt), que l'on avait remarqué avec ses courts métrages, et notamment le programme sorti en salles sous le titre Pan pleure pas. En compétition, deux autres réalisateurs sont particulièrement attendus : Benedikt Erlingsson, dont on avait tant aimé Of horses and men, et Agnieszka Smoczynska, qui avait impressionné avec The lure.

Côté séances spéciales, on retrouve le premier film de Paul Dano en ouverture et le deuxième d'Alex Lutz en clôture, mais aussi le deuxième long métrage de Guillaume Senez (Keeper) et une séance de courts métrages qui réunit des auteurs déjà très remarqués puisqu'on y retrouve Bertrand Mandico (quelques semaines seulement après son premier long Les garçons sauvages), Yorgos Zois (Casus Belli, Interruption) et Boris Labbé dont le précédent film Orogenesis figurait dans nos dix courts métrages français ayant marqué l'année.

En compétition courts métrages, on peut noter la présence de la réalisatrice grecque Jacqueline Lentzou (sélectionnée à Berlin en 2017 avec Hiwa, dont nous vous parlions ici), de Mikko Myllylahti, scénariste d'Olli Mäki, récompensé à Cannes en 2016, ou encore de l'actrice Anaïs Demoustier, à l'affiche de Pauline asservie de Charline Bourgeois-Tacquet.

Compétition longs métrages
Chris the Swiss d'Anja Kofmel
Diamantino de Gabriel Abrantes & Daniel Schmidt
Egy Nap (Un jour) de Zsófia Szilágyi
Fuga (Fugue) de Agnieszka Smoczynska
Woman at War de Benedikt Erlingsson
Sauvage de Camille Vidal-Naquet
Sir de Rohena Gera

Compétition courts métrages
Amor, Avenidas Novas de Duarte Coimbra
Hector Malot - The Last Day Of The Year de Jacqueline Lentzou
Exemplary citizen de Kim Cheol-Hwi
Pauline asservie de Charline Bourgeois-Tacquet
La Persistente de Camille Lugan
Rapaz de Felipe Gálvez
Schächer de Flurin Giger
Tiikeri de Mikko Myllylahti
Un jour de mariage de Elias Belkeddar
Ya normalniy de Michael Borodin

Film d’Ouverture
Wildlife de Paul Dano

Séances spéciales longs métrages
Nos Batailles de Guillaume Senez
Shéhérazade de Jean-Bernard Marlin

Séance spéciale courts métrages
La Chute de Boris Labbé
Third Kind de Yorgos Zois
Ultra Pulpe de Bertrand Mandico

Film de Clôture
Guy de Alex Lutz

BIFFF 2018 : Inuyashiki, 2ème Corbeau d’or pour Shinsuke Sato

Posté par kristofy, le 16 avril 2018

Une centaine de films dont une douzaine en première mondiale, quelques grands noms Yuen Woo-Ping, Kim Ki-duk, Jaume Balagueró, Paco Plaza, Kiyoshi Kurosawa... et pleins de cinéastes appelés à devenir grands, la venue de Shauna Macdonald et la masterclasse de Guillermo del Toro... Le 36e BIFFF, le Bruxelles International Fantastic Film Festival, a fait venir environ 58000 spectateurs sur 13 jours pour crier “Attention, derrière toi !”. Entre grosses frayeurs et grosses rigolades l'ambiance du BIFFF reste unique.

Pour le Fantastique, le BIFFF gonfle ses muscles et a lancé différentes initiatives pour que les films soient vendus/achetés/distribués et que des projets soient soutenus/financés/produits en coulisses (c'est par exemple le cas pour le développement de Muse réalisé par Jaume Balaguero). Le BIFFF, ce sont certains membres du jury international qui en parlent le mieux.

Pour Lloyd Kaufman (papa des films Troma) : « Aujourd'hui pour apporter un film de genre auprès du public il faut être un vassal soumis à un grand conglomérat qui y voit de l'argent à se faire. Il y a 30 ans c'était plus facile d'être producteur indépendant et d'être quand-même un peu distribué et avoir un public. Il faut se faire proxénète de son art; Picasso a eu beaucoup de succès en sachant se vendre, Van Gogh moins. Il est très difficile d'être indépendant. ».

Pour Julia Ducournau (maman de Grave) : « Beaucoup de film ne sont pas ou sont mal distribués, les festivals c'est la vie d'un film. Le fait que Grave soit allé à Cannes c'est essentiel pour reconnaître qu'un film de genre c'est aussi un film d'auteur. Ensuite la presse en a plus parler que si il avait été uniquement catégorisé comme film d'horreur, trop réducteur. Dans les salles on est toujours face à la prédominance de drames et de comédies. Il y a une bataille à mener auprès des exploitants pour leur faire comprendre que le film de genre ne doit pas être stigmatisé et qu'ils ne doivent pas craindre leur public. ».

Les différentes sélections - Compétition Internationale, Compétition Européenne, Compétition 7e Orbit, la Compétition Thriller… -  avaient chacune son jury. Le palmarès est presque sans fausse note puisque nos différents favoris se retrouvent récompensés.
En ce qui concerne la Compétition Internationale il y avait 11 films allant du voyage dans le passé (Man divided) au transport dans une dimension parallèle (Parallel), de la fantasy qui peine à séduire (The Scythian, Legend of Naga pearls, Along with Gods), des apparitions dans des recoins sombres (Terrified, House of the disappeared), du manga japonais horripilant (Ajin: demi-human) ou enthousiasmant (Inuyashiki), des enfants avec des créatures plus moins réelles (Mon mon mon monsters, Tigers are not afraid, qui révélait la production riche et variée venue du Mexique) : clairement ces trois derniers titres étaient les (nos) favoris, avec une préférence pour Inuyashiki dès la sortie de sa projection pour le spectacle drôle et jouissif qu'il propose. C'est aussi ce film Inuyashiki qui a été choisi par le jury, ce qui fait de son réalisateur Shinsuke Sato le récipiendaire d'un second Corbeau d'or après avoir déjà remporté cette récompense en 2016 pour I am a hero.

Notons quand même que Tigers are not afraid remporte ex-aequo un Corbeau d'argent et le prix du public.

Tout le palmarès

- Corbeau d’Or, Grand Prix: Inuyashiki, réalisé par Shinsuke Sato (Japon)
Corbeau d’Argent ex aequo: Tigers are not afraid, réalisé par Issa Lopez (Mexique)
Corbeau d’Argent ex aequo: Mon mon mon monsters, réalisé par Giddkens Ko (Taiwan)

Le palmarès des autres sections :

Méliès d’Argent: The Cured, réalisé par David Freyne (Irlande)
Prix Thriller: Memoir of a murdererréalisé par Won Shin-yeon (Corée du Sud) + mention spéciale: A special lady, réalisé par Lee An-Kyu (Corée du Sud)
Prix du 7e Parallèle: Blue my mind, réalisé par Lisa Brühlmann (Suisse) + mention spéciale: The Place, réalisé par Paolo Genovese (Italie)
- Prix de la Critique: Dhogs, réalisé par Andrés Gotera (Espagne)
- Prix du Public: Tigers are not afraid, réalisé par Issa Lopez (Mexique)

Pour la sélection Thriller Memoir of a murderer (un policier est suspecté d'être un tueur en série par un ancien tueur en série atteint de la maladie d'Alzheimer. Sauf quand il oublie ou à moins qu'il ne se trompe. Tandis que sa fille est en danger cible d'un tueur qui serait...) surclassait largement les autres films, pareil pour Blue my mind dans sa section (une jeune fille dans une nouvelle école s'interroge sur sa sexualité et sa famille tandis que son corps change..., ce qui en fait une héroïne cousine de Grave de Julia Ducournau). Seule la sélection européenne pour le Méliès d'Argent était plus disputée avec quelques autres films forts, mais c'est The Cured qui a finalement  distingué.

Pour vous donner le sang à la bouche : vous vous souvenez que depuis 28 jours plus tard de Danny Boyle et 28 semaines plus tard de Juan Carlos Fresnadillo beaucoup attendent une trilogie avec un hypothétique 28 mois plus tard ? The Cured de David Freyne est en fait le scénario idéal pour ça. On regrette presque qu'il ne s'agisse pas d'une suite officielle... Il existe désormais un remède pour soigner presque tous les 'zombies', les infectés guéris redeviennent humain mais ils se souviennent des atrocités commises durant leur transformation. Les 75% des gens guéris peuvent-ils réintégrer la société, leur famille, un travail alors qu'ils ont tué/dévoré des amis ? Pour les 25% des infectés qui ne peuvent pas être guéris et toujours férocement dangereux, peut-on attendre la recherche d'un nouveau traitement qui les ferait redevenir normaux pour leurs proches ou faut-il tous les tuer comme menace d'une nouvelle propagation de l'infection ? Comme dans les meilleurs classiques zombies on y retrouve une procédure de mise en quarantaine des infectés qui n'est pas optimum et une lutte de certains humains pour plus de pouvoir et de domination sur les autres : le combat pour la survie va reprendre...

The Cured est porté par le trio Sam Kelley, Ellen Page et Tom Vaughan-Lawlor, alors on pourrait espérer une sortie dans les salles françaises ;

BIFFF 2018 : 3 films du Mexique, nouvelle patrie du Fantastique

Posté par kristofy, le 15 avril 2018

Guillermo del Toro était donc l'invité d'honneur du BIFFF avec une masterclasse exceptionelle. Il apparait en ce moment presque comme un ambassadeur du cinéma du Mexique (où il va produire les prochains films de deux réalisatrices, Issa Lopez et Karla Castaneda), mais il n'est pas le seul : c'est également le cas de ses amis réalisateurs Alfonso Cuarón et Alejandro González Iñárritu.

Souvenez-vous de la cérémonie des Oscars de 2007 : le trio del Toro + Cuarón + González Iñárritu y étaient chacun dans la plupart des nominations (meilleur scénario, meilleur réalisateur, meilleur film...) avec leurs films Le labyrinthe de Pan, Le fils de l'homme et Babel. Par la suite le même trio a encore reçu des Oscars pour La forme de l'eau, Gravity, Birdman... soit effectivement des "films de genre".

Le Mexique est l'un des nouveaux pays où le genre Fantastique se renouvèle le plus brillamment (de même que d'autres pays d'Amérique du Sud, en opposition par exemple à la Corée qui s'essouffle), peut-être parce que les éléments-clé du genre sont dans leurs films plus ancrés dans une réalité sociale actuelle (comme les trafics de drogue et la frontière avec les Etats-Unis). Cette année, justement au Bruxelles International Fantastic Film Festival, on a pu découvrir quelques-uns de ces nouveaux talents du Mexique.

Voilà trois films dont les cinéastes forment déjà un nouveau trio de talents dont on reparlera :

Tigers are not afraid (Vuelven), de Issa Lopez
Dans une salle de classe, les enfants se jettent tout à coup au sol car on entend des coups de feu : dès le début le film indique que le bruit des armes des trafiquants est quelque chose d'habituel, tout comme de rentrer chez soi quand il y a sur le trottoir un homme tué. Des femmes disparaissent aussi, on ne sait pas combien d'enfants se retrouvent orphelins et seuls dans la rue.

Les héros de ce film sont justement une bande de gamins qui vivotent dans la rue en chapardant deci delà nourriture ou téléphones à revendre, rejoints par la jeune Estrella dont la maman a disparu. Elle aurait comme des visions de différents animaux et fantômes, et il se dit qu'elle aurait tué quelqu'un,mais aussi que les gamins ont volé le téléphone et le pistolet d'un homme très dangereux... Les enfants vont être pourchassés au delà de leur enfance, vers la violence des adultes. Le film fait la tournée de tout les festivals (dont Paris et Gérardmer en attendant une sortie en France) et fait forte impression, et Guillermo del Toro va donc produire le prochain film de Issa Lopez.

El Habitante, de Guillermo Amodeo
Trois jeunes femmes s'introduisent la nuit dans la grande maison d'un homme important et riche, car elles savent y trouver une grosse somme d'argent dans un coffre. Ligoter le couple et les forcer à indiquer où est l'argent se révèle assez facile, l'argent espéré est là, mais il n'y en a pas assez, il faut fouiller la maison : à la cave elles découvrent la jeune enfant du couple qui a l'air en mauvaise santé et attachée à un lit... Que faire : délivrer la jeune fille et l'emmener à l'hôpital ou écouter les parents qui demandent de la rattacher dans la cave ?

C'est déjà trop tard, car l'enfant semble possédée par une force démoniaque... Guillermo Amodeo (en fait originaire d'Uruguay) réalise là son deuxième film mais il est déjà reconnu comme scénariste des derniers films de Eli Roth (The green infernoAftershock l'Enfer sur Terre). Durant le film, on va en apprendre plus sur ces différents personnages mexicains : viol, inceste, prison, religion... El Habitante ré-actualise avec malice le film d'exorcisme, jusqu'à son dernier plan final qui apporte une surprise.

Belzebuth, de Emilio Portes :
Avec un titre pareil, on se dout qu'il y aura quelque chose de diabolique dans ce film. La première séquence est déjà sanglante : dans une maternité, une infirmière vient de prendre son service, elle va dans la salle avec les berceaux des multiples bébés, verrouille la porte derrière elle, et avec un scalpel elle va les tuer sauvagement un par un. Plus tard, dans une école maternelle, il y a une fusillade et plein d'enfants tués, le tireur est lui-même un enfant d'environ 10 ans. Les policiers mexicains se posent plein de questions, surtout à propos d'un homme avec des tatouages ésotériques aperçu dans l'entourage. De plus on leur envoie en plus un enquêteur d'une division médico-légale paranormale pour chercher des pistes occultes. L'homme aux tatouages bizarres (Tobin Bell, le méchant de la saga Saw) serait un prêtre excommunié suspecté de la disparition de plusieurs enfants...

Le film se passe dans une ville mexicaine proche de la frontière avec les Etats-Unis, là où justement il y certains tunnels secrets longs d'environ 2km que les trafiquants utilisent pour passer sous la frontière. Emilio Portes a à son actif des succès au box-office local où un peu de fantastique est utilisé pour des comédies survitaminées, avec même des Ariel comme distinction (les César mexicain). Cette fois avec Belzebuth il n'y a aucun humour et que du fantastique de plus en plus angoissant : de la démonologie ! Il y aurait un enfant en particulier qui est visé par ces crimes, car il pourrait être la réincarnation du... Si vous cherchez le film avec une longue séquence d'exorcisme éprouvante et très bruyante, le voila.

Le cinéma lusophone à l’honneur de Visions Sociales 2018

Posté par vincy, le 14 avril 2018

Ce n'est pas forcément la sélection la plus connue du festival, mais elle existe depuis déjà 16 ans. Visions Sociales aura lieu du 12 au 19 mai à Mandelieu - La Napoule.

Cette année, le parrain est Nicolas Philibert (Être et avoir), qui présentera deux de ses films : La Maison de la Radio et Retour en Normandie.

Visions sociales a décidé de mettre en lumière le cinéma lusophone (de langue portugaise).

  • Menina de Cristina Pinheiro
  • Saint Georges de Marco Martins
  • L’Usine de Rien de Pedro Pinho
  • Arábia de João Dumans
  • Comboio del sal e azuçar de Licínio Azevedo
  • Pela janela de Caroline Leone
  • Lettres de la guerre d'Ivo M. Ferreira
  • Tous les rêves du monde de Laurence Ferreira-Barbosa

Les partenaires de Visions Sociales, l’Acid, la Semaine de la Critique, la Quinzaine des Réalisateurs et Un Certain Regard complètent la programmation en présentant un film inédit de leur sélection. Le festival proposera également de découvrir des films soutenus par les Activités sociales comme Ausência de Chico Teixeira, Ultimo dias en La habana de Fernando Perez, Il filglio de Dario Albertini, Wajib d’Annemarie Jacir ou encore Winter Brothers d’Hlynur Pálmason.

A cela s'ajoutent des rencontres et des débats, notamment celle avec Tangui Perron, auteur de L'écran rouge, syndicalisme et cinéma de Gabin à Belmondo, que L(Atelier publiera le 17 mai, et une autre consacrée à "Mai et Juin 1968: une rébellion ouvrière".

Le programme

Masterclasse du cinéaste iranien Amir Naderi au Centre Pompidou

Posté par vincy, le 13 avril 2018

Le cinéma iranien est en fête ce printemps en France. Alors qu'Asghar Farhadi fera l'ouverture, en compétition, du prochain festival de Cannes, et que le nouveau film de Jafar Panahi, Three Places, sera lui aussi en compétition sur la Croisette, le Centre Pompidou, depuis le 5 avril propose une rétrospective du cinéaste Amir Naderi, en plus d'une sélection de films illustrant le cinéma moderne iranien.

Amir Naderi, pour la première fois en France, fera une masterclasse samedi 14 avril à 17h à Beaubourg. Entrée libre pour info. Elle sera animée par notre confrère Jean-Michel Fredon, ancien red'chef des Cahiers du cinéma. La masterclasse sera diffusée en direct sur le site web et sur la chaîne YouTube du Centre Pompidou.

Pour prolonger cette "leçon de cinéma", les cinéphiles peuvent voir demain La Montagne, son dernier film, qu'il présentera en compagnie de l'acteur principal du film Andrea Sartotetti (vu dans la série "Romanzo Criminale"). Le film avait été présenté à Venise en 2016. Entre la masterclasse et la projection, les fans du réalisateur pourront voir le film commandé par Pompidou dans le cadre d'une collection spécifique, "Où en êtes-vous?". Naderi a réalisé un court métrage à Los Angeles où il vient de terminer son dernier film, Magic Lantern.

Amir Naderi a ouvert son cycle avec Le coureur jeudi 5 avril, sans aucun doute son chef d'oeuvre datant de 1985, en compagnie de son acteur principal Madjid Niroumand. Ce dernier n'a tourné qu'un seul autre film, L'eau, le vent, la terre, réalisé par Amir Naderi en 1988.

Le coureur, qui sera de nouveau projeté les 6 et 16 juin, est emblématique de son œuvre. Le réalisateur y suit l'existence d'un gamin, sans attaches, errant dans une ville portuaire du Golfe persique, qui, entre débrouilles et volonté de s'affranchir de sa condition, repousse ses limites physiques en courant, pour rattraper un voleur, un train ou pour le plaisir. L'acmé du film  est un final où le montage (visuel) et le mixage (sonore) mélangent une course pour atteindre le premier un gros bloc de glaçe, à proximité des flammes d'une raffinerie et la récitation de l'alphabet au milieu d'éléments naturels déchaînés. le feu, la glace, l'eau, le vent: derrière ce naturalisme, il y a ce qui dessine toute l'œuvre de Naderi, un formalisme qui mue selon les lieux et les périodes. Le coureur, par son aspect autobiographique, film sensoriel où l'on ressent la canicule poussiéreuse comme le rafraîchissement des glaçons, a cette vertu d'être une ode au rêve (celui de l'envol, de l'exil) et de ne jamais se complaire dans le misérabilisme. La libération du garçon est accompagnée par l'élévation du film vers ce final "eisensteinien".

C'est là la beauté du cinéma iranien, et de celui de Naderi en particulier: des allégories symphoniques où une action simple, une situation banale sont transcendées par la magie du cinéma et de toutes ses possibilités, sans effets spéciaux.