Le Coronavirus raconté avec des extraits de films

Posté par kristofy, le 5 avril 2020

Cette longue période de confinement, qui s'allonge, est propice à des nombreuses blagues et à divers détournements d'images. L'humour est bienvenu en cette période difficile, qu'il s'agisse de second degré parfois idiot ou d'une délicieuse ironie qui vise juste, rions un peu.

Les réseaux sociaux explosent de nouveaux rendez-vous tels que apéro virtuel, coaching de gym, recettes de cuisines, challenges divers... Un compte Instagram a été initié par deux comédiens (instagram.com/creustel) pour y faire des pastiches de doublage d'extraits de films, soit autant de pastilles amusantes.En voici une sélection de 4 particulièrement savoureuses :

Jessica Chastain dans Interstellar : restez chez vous, le plus possible

Macaulay Culkin dans Maman j'ai raté l'avion : la communication de l'Etat français est confuse avec des mesures prises en retard sur les événements et même désastreuse sur la pénurie des moyens nécessaires à se protéger, comme l'absence de masques...

Kate Winslet dans Les noces rebelles : soutien aux soignant(e)s, et pas qu'avec des applaudissements aux fenêtres à 20h et des respirateurs bricolés avec des masques de plongée Decathlon sans parler du manque de masques et de lits (et de chloroquine)...

Laura Dern et Sam Neill dans Jurassic Park : des dauphins ont été aperçus dans l'eau de Venise redevenue transparente, la pollution de l'air au dessus de Paris a rarement été aussi basse (aussi ailleurs en Europe, et en Chine), le ralentissement des activité humaines durant le confinement permet aussi à la nature de soigner un peu notre planète : (sans l'Homme) la vie trouve toujours un chemin

Et si on regardait… Le Sauvage

Posté par vincy, le 3 avril 2020

France 2 diffuse cet après midi à 14h Le Sauvage, réalisé par Jean-Paul Rappenau, avec Yves Montand et Catherine Deneuve. Un misanthrope dégoûté par la société matérialiste et une emmerdeuse qui ne pense qu'au fric, dans un décor paradisiaque (et qui tourne à l'enfer).

C'est sans doute l'une des comédies mélangeant aventure et romantisme les plus réussies du cinéma français.

Un duo de rêve (deux stars magnifiques), un scénario rebondissant (cascades, poursuites, obstacles...), des décors exotiques (Venezuela, mer des Caraïbes, New York...), et une love story style Je t'aime moi non plus, on n'avait pas vu ça depuis les tribulations de De Broca avec L'Homme de Rio (co-écrit par Rappeneau d'ailleurs)!

C'est coquin, cocasse, alerte, comme un bon Wilder, Hawks ou Capra. Rien que ça. La femme entraîne les catastrophes en tornade, mène par le bout du nez un ours sexy daddy et fout le bordel jusqu'à dévaster la vie tranquille d'un nez (qui pour le coup manque de flair en acceptant cette chieuse sur son îlot). Les répliques de Jean-Loup Dabadie sont autant de flèches qui ciblent juste.

C'est un peu Robinson qui croise Vendredi, sauf que Vendredi est blonde, belle et baratineuse. La femme, en robe de mariée, simple chemise d'homme ou en salopette, est un idéal précieux et rare, une insatisfaite et une pudique, une chieuse et une amante, qui aimante. L'homme est toujours à sa recherche, à sa poursuite, en quête de cet inaccessible objet du désir, à la fois héros macho et toutou soumis.

Cette confrontation de caractères fait des étincelles. Tout feu, tout flamme, tous les dragons seront terrassés: du mari possessif et violent à l'épouse cupide et intrusive. Plus féministe qu'on ne le croit - c'est la femme qui dirige le récit pourtant fondé sur l'histoire d'un homme solitaire - le film est régulièrement cité parmi les grandes œuvres de la filmographie de Deneuve, qui rivalise ici avec les actrices de l'âge d'or hollywoodien. Le film a d'ailleurs inspiré une chanson de Robert Charlebois, où il annonce qu'il va regarder le pianiste de son bar "comme Catherine Deneuve regardait Yves Montand dans le Sauvage".

Et si on regardait… Un rêve solaire

Posté par MpM, le 3 avril 2020

Bien sûr, par les temps qui courent, les offres cinématographiques ne manquent pas. A vrai dire, les propositions sont même si nombreuses qu'elles ont fait naître une nouvelle forme d'anxiété, celle de ne pas réussir à profiter de tous les films, mais aussi livres, expositions ou spectacles, disponibles gratuitement en ligne d'ici la fin du confinement. Parmi cette profusion d'oeuvres d'art qui valent évidemment toutes le déplacement (si l'on peut dire), on vous parle aujourd'hui d'un film exceptionnel, incontournable et tout simplement merveilleux, Un rêve solaire de Patrick Bokanowski.

Résultat de la réunion de deux courts métrages (Battements solaires et Un rêve), eux même nés du désir du cinéaste de rompre avec son travail précédent (acteurs portant des masques, images transformées par l'usage de verre soufflé ou de miroirs, tels qu'on peut le voir dans ses courts métrages La femme qui se poudre, Déjeuner du matin ou La plage, et dans son premier long métrage L'Ange), le film est un voyage nécessairement onirique dans différents espaces, temporalités et séquences qui sont moins assemblés dans une idée de narration que dans celle d'une logique inhérente aux images elles-mêmes.

Au départ, il y a une falaise sur laquelle s'écrasent les vagues, avec le soleil au zénith. A la fin, il y a des poussières d'étoiles. Entre les deux, des silhouettes dansent, des ombres mouvantes se projettent sur un mur, la mer scintille, des acrobates travaillent, des acteurs jouent, des mécanismes sont en action, un enfant rêve... Il est impossible de décrire cette succession de tableaux, de mouvements, de couleurs, qui défilent sous les yeux du spectateur, au son de la musique tantôt légère et lancinante, tantôt rythmique et entêtante de Michèle Bokanowski.

Il faut véritablement se laisser bercer, surprendre, interpeller, et souvent émerveiller par la poésie visuelle née de ces images savamment composées, construites par couches successives, et qui mêlent prise de vue continue (y compris des films super 8 issues des propres archives de Bokanowski), ombres projetées, encres liquides, feux d'artifice, pâte à modeler ou encore dessins sur pellicule. Ce qui se joue à l'écran tient à la fois d'une évocation hypnotique de l'incessant ballet entre l'ombre et la lumière, et d'une recherche plus impalpable sur le médium cinéma lui-même, avec des expérimentations formelles qui interrogent la teneur même de l'image (créée, déformée, recomposée...) et un jeu de mise en abyme qui inclut à plusieurs reprises le projecteur et la pellicule dans le plan.

Chance inestimable, la société d'édition Re:Voir proposera gratuitement le film en VOD sur son site le 7 avril prochain ! En effet, depuis le début du confinement, Re:Voir offre chaque jour une pépite issue de son formidable catalogue de films expérimentaux, en utilisant le code STAYHOME. Après des oeuvres de Len Lye, Vivian Ostrovsky, Virgil Widrich ou encore Maurice Lemaître, on pourra ainsi découvrir prochainement Paysages de Jacques Perconte, L'enfant secret de Philippe Garrel, Once every day de Richard Foreman, Sleepless night stories de Jonas Mekas ou encore Octobre à Madrid de Marcel Hanoun. Et si c'était justement l'occasion d'aller vers un cinéma singulier et rare qui nous emmène loin des sentiers cinéphiles (re)battus, exactement à l'image de la période ?

31 films peuvent avancer leur sortie en VOD et DVD

Posté par vincy, le 2 avril 2020

Le CNC a autorisé 31 films sortis après le 18 décembre à avancer leurs sorties en vidéo à la demande et en DVD, suivant la dérogation à la chronologie des médias adoptée hier par son conseil, mesure exceptionnelle réduisant le délai d'exploitation en salle liée à l'état d'urgence sanitaire..

Il y en aura pour tous les goûts: du blockbuster à la comédie française, de films sélectionnés à Venise et Cannes à des films d'auteur plus pointus. Les studios américains ont ainsi la possibilité de montrer les films de Sam Mendès, Clint Eastwood, mais aussi Birds of Prey, Invisible Man et Sonic, le film. On remarquera l'absence du Prince oublié de Michel Hazanaviciu , Ducobu 3 ou Dark Waters.

Seuls deux films sortis début mars ont postulé pour ce dispositif.

Décembre

La vérité de Hirokazu Kore Eda ; Le lac aux oies sauvages de Diao Yinan ; Notre dame de Valérie Donzelli ; Au cœur du monde de Gabriel Martins, Maurillio Martins

Janvier

Les siffleurs de Corneliu Porumboiu ; Cuban Network de Olivier Assayas ; Histoire d’un regard de Mariana Otero ; Play de Anthony Marciano ; La voie de la justice de Destin Daniel Cretton ; Une belle équipe de Mohamed Hamidi ; Selfie de Thomas Bidegain, Marc Fitoussi, Tristan Aurouet, Cyril Gelblat, Vianney Lebasque ; L’esprit de famille de Eric Besnard ; 1917 de Sam Mendes ; Le Lion de Ludovic Colbeau-Justin

Février

La fille au bracelet de Stéphane Desmoustier ; SamSam de Tanguy de Kermel ; Un divan à Tunis de Manele Labbe Labidi ;#jesuislà de Eric Lartigau ; Une mère incroyable de Franco Lolli ; Birds of prey et la fabuleuse histoire de Harley Quinn de Cathy Yan ; Mine de rien de Mathias Mlekuz ; Adam de Maryam Touzani ; Le cas Richard Jewell de Clint Eastwood ; Des hommes de Alice Odiot, Jean-Robert Viallet ; Sonic, Le film de Jeff Fowler ; Lucky de Olivier Van Hoofstadt ; Invisible man de Leigh Whannell ; Queen & Slim de Melina Matsoukas ; Le voyage du Dr Dolittle de Stephen Gaghan

Mars

Monos de Alejandro Landes ; Papi Sitter de Philippe Guillard

Confinement: le streaming en pleine forme, la chronologie des médias obsolète

Posté par vincy, le 2 avril 2020

Les confinés que nous sommes passent de plus en plus de temps sur les écrans (4h29 quotidiennement en mars de consommation télévisuelle, soit 44 minutes de plus qu'en mars 2019). La SVod explose.

La dernière semaine de mars, en France, 5 millions de confinés étaient branchés sur une plateforme, contre 2,7 millions il y a un an. En une semaine, le nombre de programmes regardés est passé de 14,8 millions à 18 millions, avec, en tête, la 3e saison (plutôt réussie) d'Elite sur Netflix et la dernière saison de The Walking Dead sur OCS. Netflix est le grand vainqueur de cette période : l'application a été téléchargée deux fois plus dans le monde, ses séries occupent toutes les places du Top 10 des consultations, les souscriptions ont doublé au minimum, s'accaparant les deux tiers de la consommation de Svod. Des séries comme Peaky Blinders, Stranger Things, Messiah, Riverdale occupent le terrain jusque dans les recherches Google. Et l'arrivée de la 4e saison de La Casa de Papel cette semaine va dynamiter les compteurs.

Dans le contexte, et en l'absence de salles de cinéma, il était urgent que la chronologie des médias s'adapte en France. Car, on le voit bien, hormis les feuilletons quotidiens sur les grandes chaînes nationales, les créations françaises sont inexistantes. Alors même que la vidéo à la demande profite elle aussi d'une forte croissance grâce à des initiatives comme La Toile ou des plateformes de niche comme La Cinetek, Queerscreen, Tënk ou Bref cinéma. D'autant que Canal + a du arrêter la gratuité mardi : on n'évite aucune guéguerre en France. Les chaînes concurrentes (TF1, M6) et des ayant-droits se sont plaints de cette opération destinée à valoriser les contenus de Canal (dont d'excellentes séries françaises comme Baron noir, Hippocrate, Le bureau des légendes ou la deuxième saison de L'amie prodigieuse qui commence se soir) en période de confinement au détriment de leurs intérêts (fortement fragilisés depuis le début de la crise sanitaire qui touche le pays).

Sorties anticipées en vod

Hier soir, le Conseil d’administration du CNC a finalement décidé la mise en place de nouvelles mesures pour faire face à cette période exceptionnelle.

La loi d'urgence sanitaire du 23 mars a donné la possibilité au président du CNC, Dominique Boutonnat, d’accorder des dérogations aux films encore en salles le 14 mars pour des sorties anticipées en vidéo à la demande. 25 demandes ont été déposées dans ce sens selon le Film Français, 11 selon Le Monde. Aux Etats-Unis, où il n'y a pas de chronologie des médias, les poids lours de l'hiver ont déjà été mis en ligne. Dernier en date, La Reine des neige 2 qui a avancé sa diffusion en vod de trois semaines.

Restait à savoir ce qu'il advenait des films qui devaient sortir après la date de confinement (18 mars, 25 mars, ...). Le CNC a officialisé la dispense de remboursement des aides du CNC, conditionnés à leur sortie en salles. Autrement dit, si tous les ayant-droits sont d'accord pour diffuser le film en vidéo à la demande, et non pas en salles de cinéma, les producteurs et distributeurs pourront toucher ces aides tout en évitant une exploitation au cinéma. C'est un premier pas en avant, qui montre que la chronologie des médias n'est plus si sacrée.

Souveraineté, exception culturelle et soft power

Alors que Disney + débarque le 7 avril et que le gouvernement parle de souveraineté nationale à tout bout de champs, il serait temps de faire prévaloir l'exception culturelle française, notion un peu oubliée, pour que les confinés, prisonniers chez eux, aient un accès simple et efficace, ôté de toute logique dogmatique à un contenu le plus varié possible. Mettre à disposition dans les foyers dès maintenant des films récents n'est pas à l'ordre du jour pour l'instant. On peut au moins sauver certains films prévus en début de printemps dans les salles, qui ont peu de chance de pouvoir lutter contre l'inflation de sorties lors du déconfinement, en les proposant à un public naturellement captif. Il s'agit de montrer les œuvres et d'assurer des recettes pour des productions qui risquent de n'avoir ni l'un ni l'autre quand les cinémas seront rouverts.

Et c'est toujours mieux que de laisser les Français face à une offre principalement américaine.

Ce n'est pas une question de souveraineté, mais de soft power. Les références culturelles et les habitudes de la demande se forgent d'abord dans l'offre. Pourquoi pas les sagas de Pagnol, les comédies avec Louis De Funès ou les Tontons flingueurs. Mais le cinéma et la télévision française peuvent aussi montrer qu'ils peuvent rivaliser avec des productions étrangères. Même si personne n'oserait ici Sex Education (Netflix), Game of Thrones (OCS) ou les Vikings (Amazon).

On en revient à l'audace et à l'écriture, mais c'est un autre débat.

Et si on lisait… un scénario inédit de Spike Lee

Posté par vincy, le 1 avril 2020

Premier à soutenir la décision d'un report du Festival de Cannes, Spike Lee, président de la prochaine édition, a trouvé un moyen de vous divertir en période de confinement. Il a mis en ligne la cinquième version du scénario d'un film qu'il n'a jamais réalisé, Jackie Robinson.

Cela ravira les fans de baseball. Le projet a longtemps traîné depuis 1996. A l'époque, Lee voulait refaire équipe avec Denzel Washington, avec qui il avait tourné Malcolm X. Il s'agit de l'histoire des Brooklyn Dodgers, équipe new yorkaise légendaire de 1883 à 1957 (avant de migrer à Los Angeles, où elle est devenue mythique). Mais Denzel Washington se trouvait trop vieux pour le rôle et le film fut abandonné.

Il s'agit là encore d'un biopic sur le joueur Jackie Robinson (1919-1972), premier afro-américain à avoir joué dans une équipe de baseball nationale en 1947, devenu l'un des plus grands joueurs de ce sport dans les années 1940-1950. Il a été élu au Temple de la renommée du baseball en 1962, dès sa première année d'éligibilité. En 1999, il est nommé dans l'Équipe du siècle. Surtout, le numéro 42 que portait Robinson est retiré du baseball, honneur unique, de l'ensemble des franchises de baseball de la MLB le 15 avril 1997. Depuis 2004, la Ligue dédie le 15 avril à la mémoire de Robinson avec le « Jackie Robinson Day ».

Jackie Robinson a été la vedette d'un musical, The First, en 1981, sur Broadway, mais aussi dans un téléfilm pour HBO en 1996, Soul of the Game, et surtout en 2013, dans le film 42, incarné par Chadwick Boseman.

Bon, et pour finir, vous avez remarqué que Mookie, le personnage principal de Do the Right Thing (1989), film culte de Spike Lee, aporte un maillot avec le numéro 42?

Et si on regardait… Charlot musicien

Posté par MpM, le 1 avril 2020

Non, ce n'est pas un poisson ! En ce premier jour d'avril, nous vous proposons de renouer avec le cinéma burlesque et joyeux de Charlie Chaplin, époque 1916 ! Effet madeleine garanti avec ce court métrage de 25 minutes mettant en scène le célèbre personnage de Charlot en vagabond violoniste et un peu justicier qui distribue des coups de bâton aux méchants et sauve la jolie héroïne.

Comme toujours chez Chaplin, la comédie recouvre une réalité sociale violente, entre misère et exploitation, qui finit systématiquement par se retourner contre les exploiteurs, au profit des plus faibles. Charlot tient ainsi tête à une troupe de musiciens patibulaires, bien décidés à lui voler sa maigre recette, puis à une bande de "bohémiens" (pardon pour les clichés du début du XXe siècle) responsables de l'enlèvement de la jolie jeune fille qu'il a rencontrée. S'en suivent une succession de gags qui fonctionnent à la perfection, malgré les années et l'habitude.

Armé d'un bâton, de son esprit rusé et de sa grandeur d'âme, Charlot offre ainsi une belle revanche à tous les opprimés, et un formidable moment de cinéma à tous les cinéphiles confinés. Moment à partager en famille, évidemment, tant l'humour visuel et les situations à la fois burlesques et romanesques imaginées par Chaplin plaisent au jeune public !

Ce n'est donc pas un hasard si le film est disponible gratuitement sur Bref Cinéma jusqu'au 17 avril, au sein d'un programme de six courts métrages recommandé pour les enfants à partir de 6 ans, comprenant La Saint-Festin de Anne-Laure Daffis & Léo Marchand, Lisboa orchestra de Guillaume Delaperriere, L'hiver de Léon de Pascal Le Nôtre & Pierre-Luc Granjon, Le renard minuscule de Aline Quertain & Sylwia Szkiladz et Sientje de Christa Moesker.

La plate-forme de svod, éditrice de la Revue Bref consacrée à l'actualité du court métrage, propose également chaque semaine trois films en accès libre pour une durée de 7 jours. Le site, dont une nouvelle formule initialement prévue le 25 mars verra le jour après la fin du confinement, est par ailleurs disponible en illimité sur abonnement. Une belle idée pour occuper autrement cette période de vache maigre cinématographique...

Et si on regardait… The Migrating image

Posté par MpM, le 30 mars 2020

Il figurait parmi nos courts métrages préférés de l'année 2018 : The Migrating image de Stefan Kruse est désormais disponible en ligne ! L'occasion de (re)découvrir cette oeuvre importante qui, à partir de photographies et de vidéos trouvées sur les réseaux sociaux ou utilisées par des organismes publics, explore la manière dont sont perçus et représentés les migrants et réfugiés et interroge cette surproduction d'images autour de leurs drames intimes.

Avec une voix off d’une extrême simplicité, Stefan Kruse décortique tour à tour les pages Facebook des passeurs qui affichent paquebots de luxe et autres mers caribéennes, les films de propagande institutionnels qui misent sur l’émotion en présentant les gardes côtes comme des super-héros ou les vidéos faites par les médias pour alimenter leurs différents supports, jusqu’à des films en 360 degrés pour la page Facebook du journal ou de la chaîne.

Dans cette profusion d’images, chacune raconte (comme toujours) sa propre histoire,  au service de celui qui prend ou diffuse ces vidéos, plus que de celui qu’elles mettent en scène. C’est particulièrement saisissant dans les images prises en parallèle au Danemark, d’un côté par les défenseurs des migrants, et de l’autre par des groupes d’extrême-droite qui les rejettent, chacun pensant détenir une vérité absolue sur les réfugiés.

Sous ses airs faussement pédagogiques, le film amène ainsi le spectateur à prendre conscience de ce qui se joue dans chaque image montrée, et à comprendre la stratégie de communication qui accompagne à chaque étape ce que l’on appelle communément la « crise des réfugiés ». Peu importe si l’on donne de la réalité un aperçu parcellaire et orienté du moment que l’on remporte la guerre idéologique, celle des apparences ou tout simplement de l’audimat.

Le casting de « Contagion » réuni contre le coronavirus

Posté par kristofy, le 29 mars 2020

Le film Contagion de Steven Soderbergh de 2011 est l'un des films qui le plus (re)vu depuis l'apparition  du coronavirus : il raconte une pandémie qui se répand à toute vitesse sur la planète, les victimes contaminées se multiplient et meurent en quelques jours...

Dans son générique de fin après avoir déroulé la liste des noms des artisans ayant contribué au film on trouve cette prophétique indication qui a(vait) valeur d'avertissement : "it's not if, but when. Get ready at www.takepart.com/contagion".

Le lien internet redirige désormais vers le site web de l'université de Columbia où justement le casting du film vient de faire quelques vidéos de prévention contre ce virus Covid-19 : Matt Damon, Kate Winslet, Laurence Fishburne, Jennifer Ehle, Marion Cotillard. Les messages sont en anglais et  en espagnol, principalement destinés aux Etats-Unis, pays qui devient le plus gros épicentre de contagion : se laver les mains, éviter de sortir de chez soi, garder ses distances par rapport aux autres, suivre les consignes des autorités...

Le message de Marion Cotillard :

Le message de Kate Winslet :

Le message de Laurence Fishburne :

Le message de Jennifer Ehle :

Le message de Matt Damon :

Et si on regardait… Cinéma du réel

Posté par vincy, le 28 mars 2020

Le 42e Festival Cinéma du réel qui se tient traditionnellement mi-mars au Centre Pompidou n'a pas pu avoir lieu. Cela n'a pas empêché les jurys de rendre leurs verdicts et de récompenser plusieurs documentaires. Le Grand prix Cinéma du réel a été décerné à El ano del descubrimineto (L'année de la découverte, photo) de l'espagnol Luis Lopez Carrasco, qui a aussi reçu le prix (ex-aequo) des bibliothèques.

On aussi été primés: Makongo d'Elvis Sabin Ngaibino (Prix international de la Scam, Prix des bibliothèques), Chronique de la terre volée de Marie Dault (Prix de l'Institut français), le premier film Ontem Havia Coisas Estranhas no céu (Hier, il y 'avait des choses étranges dans le ciel) de Bruno Risas (Prix Loridan-Ivens), les courts métrages Back to 2069 et Don't Rush, tous deux de d'Elise Florenty et Marcel Türkowsky (Prix du court métrage), le court This Means More de Nicolas Gourault (Prix du court métrage Tënk, Prix des détenus de Bois d'Arcy), Il n'y aura plus de nuit d'Eléonore Weber (Prix des jeunes), L'âge d'or de Jean-Baptiste Alazard (Prix du patrimoine de l'immatériel) et Maria K. de Juan Francisco Gonzalez (Prix du public "Première fenêtre").

Si le Festival n'a pas pu avoir lieu physiquement, on peut voir une grande partie de ses sélections de chez soi.

Sur Tënk
La plateforme (sur abonnement) dédiée au documentaire d’auteur propose trois programmations successives autour de Cinéma du réel. On peut y découvrir une grande partie des films primés. Par ailleurs, partir du 27 mars, elle proposera Dans la chambre de Vanda de Pedro Costa, film qui a déjà 20 ans, ainsi que trois films de Mosco Boucault (tous projetés durant le festival), et à partir du 3 avril, deux films de l’édition 2020.

Sur Mediapart
Mediapart accueille les 13 films de la sélection Première Fenêtre, une programmation de premiers gestes documentaires venus de réalisatrices et réalisateurs émergents. Le public pourra voter sur la plateforme de Mediapart pour son film préféré jusqu’à la fin du festival.

Sur Festival Scope
La plateforme dédiée aux festivaliers à travers le monde propose l’accès gratuit aux films de la sélection française, en version sous-titrée en anglais. Si la plupart des séances sont déjà complètes, quelques un sont encore accessibles gratuitement.

Sur UniversCiné
A partir du 24 mars, dans la continuité du festival, UniversCiné offre sur un corner dédié de son portail un large choix de films de la programmation hors compétition et du palmarès 2019, ainsi que des éditions précédentes.