Posté par vincy, le 24 mai 2012
Naître à Roseau et disposé d'un physique aussi sauvage, on ne peut que croire à la prédestination. Garrett Hedlund, pas encore 28 ans, est la révélation du film de Walter Salles, Sur la route. Une bombe sexuelle avec une énergie solaire, une allure de voyou, sa voix rauque imbibée d'alcool et de tabac. Il s'exhibe nu, de dos lors de son apparition. Manière de se débarrasser de tous les oripeaux hollywoodiens qu'on tente de lui imposer.
Véritable cowboy du Minnesota (il a grandit dans un ranch) avant de migrer sous le soleil d'Arizona pour le collège. Sportif (ça se voit avec sa silhouette athlétique), il décolle vite grâce à sa belle gueule lorsqu'une agence de comédiens le recrute à 18 ans. Cousin de Brad Pitt dans Troie à 19 ans, fils abusé dans Friday Night Lights, jeune rock star dans Quatre frères, meurtrier dans Death Sentance, il tourne également avec des comédies, des films fantastiques (Eragon) et de science-fiction (Tron : L'héritage). Il s'essaie même à la composition et au chant, avec talent, dans Country Strong, avec Gwyneth Paltrow.
C'est bien entendu en sortant des sentiers battus, en incarnant Dean Moriarty, objet de fascination des hommes comme des femmes dans Sur la route, qu'il va séduire et étonner : capable de s'abandonner, l'ange déchu ose même une scène de sodomie impudique. Sans doute, sa carrière va prendre un autre chemin. Les Coen l'ont d'ailleurs engagé pour leur prochain film, Inside Llewyn Davis. Ce grand gaillard (1m89), fan de punk rock, est déjà très adulé : le nombre de sites et de blogs de fans sur lui se multiplient sur le web.
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Posté par matthieu, le 23 mai 2012

Film que l'on ne présente plus et dont le scandale autour a largement contribué à son succès (plus de 500 000 entrées en France tout de même), Irréversible est ce long-métrage français réalisé par le sulfureux Gaspard Noé et qui a bousculé (choqué même) le festival de Cannes en 2002. C'est l'un des rares films à avoir divisé la rédaction d'Ecran Noir au point de publier deux critiques (l'une emballée, l'autre très réticente).
Suscitant indignations et abandons multiples pendant les séances, mais aussi acclamations et étonnements, le film, provocateur et troublant, ne laissa donc personne indifférent. À en croire cette vidéo, l'ambiance de la séance cannoise fut explosive, plaçant Noé tantôt comme un preux chevalier du 7ème art, tantôt comme une monstre anti-artistique à abattre. Si au départ Irréversible ne devait être qu'un projet mineur, celui-ci évolua progressivement vers une oeuvre plus ambitieuse au budget plus conséquent, avant de devenir ce que l'on en garde aujourd'hui... Et justement, quel souvenir dix ans après ? Oeuvre marquante et toujours controversée ?
Dès le début du film, on est happé par ce générique à l'envers qui bascule. L'aura et la réputation toujours intacts précédant le film donne l'impression au spectateur d'assister à quelque chose d'unique qui a autrefois affolé les cinéphiles. Et ce n'est pas la caméra virevoltante durant les vingt premières longues minutes qui vont nous faire dire le contraire. Le rendu est déjà indescriptible, sorte de manège sordide qui slalome entre les corps, sillonnant dans l'obscurité ce baisodrome, pour mieux en dévoiler les tréfonds sexuels de l'espèce humaine. Ou plutôt d'homosexuels dont la présence relève de l'animal de foire et de vitrine à dégoût (ça se brûle les tétons à la bougie, ça se doigte, ça se masturbe, ça se sodomise dans tous les coins, il ne manque que les "fists" auxquels on échappe de justesse). Vingt premières minutes de mascarade expérimentale autour de sexualités débridées, le tout sur une bande son agressive qui nous oppresse voire nous enferme dans ces couloirs érotiques aux lumières folles où se pavanent des monstres. Un résultat inouï qui se conclut par une défiguration à couper le souffle. Même dix ans après, l'ultra-violence du film n'a pas prit une ride et les effets visuels n'ont pas perdu de leur vigueur.
"Le temps détruit tout"
Lorsque l'histoire se lance enfin - certainement après que la moitié des salles se soient vidées en 2002 : la ménagère égarée comme l'homosexuel blessé ou encore l'hétérosexuel dégoûté, peu importe, ils auront participé au buzz du film en courant vers un échappatoire - on comprend comment vont s'organiser les scènes selon un ordre antéchronologique. Les mouvements fous de caméras orchestrent cette succession d'histoires qui s'emboitent pour former un récit à l'envers, ça pivote vers le ciel noir à chaque fin de scénettes pour passer à une autre sans coupure. La scène la plus marquante du film est bien évidemment l'interminable et éprouvante scène de viol de Monicca Bellucci aux formes érotisantes dans un décor électrique rouge pétant. Voyeurisme jusqu'au-boutiste. Mais c'est aussi le moment où le récit commence à prendre de la consistance et les personnages gagner en intérêt, à partir de là, on comprend ce qui se trame depuis le début : simple histoire de vengeance en milieu urbain. De même, l'ordre antéchronologique parvient enfin à toucher lorsque l'on sait ce qui va arriver à Bellucci si elle quitte la fête. Irréversible affiche l'horreur de certains faits divers qu'on préfèrerait ne jamais voir.
"Le temps détruit tout" annonce l'un des personnages au tout début, le comble d'Irréversible est alors de parcourir une temporalité inversée pour en appuyer la transgression des repères originaux : ceux de l'amour, de la vie, de l'harmonie. Sorte de fausse catharsis, on va vers le bonheur et le folie disparait au fil des minutes : ce choix artistique du réalisateur d'inverser les évènements. On va de la barbarie vers un état nature, où l'homme et la femme en tant que couple sont complètement nus et ne répondent qu'à la passion qui les unit. L'apothéose finale fait que l'on en ressort épuisé, aveuglé, avec cette sensation de vertige.
Exercices techniques ingénieux, plans séquences de longues durées et réussis avec Cassel, Dupontel et Belluci qui prouvent l'étendue de leur talent, voilà ce que l'on garde encore dix ans d'après d'Irréversible. Alors oui, le long-métrage met toujours une claque au spectateur avec sa violence très dérangeante, un sommet dans son genre, et qui ne laissait en rien présager autant d'entrées en France. Le succès est certainement dû au bouche-à-oreille, à l'entreprise cannoise, aux réactions disproportionnées et aux sélections et quelques prix engrangés par le film (meilleur réalisateur Gaspard Noé au Stockholm film festival et meilleur film étranger au San Diego Film Critics Society Awards). Irréversible s'est également bien exporté à l'étranger puisqu'une quarantaine de pays l'ont distribué - dans un cercle de salles sûrement réduit - et le réalisateur peut remercier le Festival de Cannes, facilitant l'exportation d'oeuvres aussi viscérales. À titre de comparaison, son film précédent, Seul contre tous, était distribué dans une dizaine de pays ; et son tout dernier nommé Enter The Void, dans lequel il continuait l'exploration visuelle, une petite trentaine seulement.
Gaspar Noé est de retour cette année sur la Croisette, dans un film collectif, 7 jours à La Havane, présenté à Un certain regard. Le film est présenté ce 23 mai. Irréversible avait été projeté le 24 mai 2002.
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Posté par vincy, le 23 mai 2012
On croit toujours que Cannes est coupé du monde mais parfois le monde se rappelle à Cannes. Entre 150 000 et 250 000 Québécois se sont rassemblées hier à Montréal pour marquer le 100ème jour du conflit étudiant au Québec et dénoncer la loi spéciale restreignant le droit de manifester, qui a été adoptée honteusement vendredi dernier par un gouvernement aux abois.
Lundi, le "Printemps érable" s'est invité, modestement, sur la Croisette. Plus d'une vingtaine de cinéastes et de professionnels du cinéma québécois, déployant un immense carré rouge, ont arpenté le trottoir, sous la pluie, devant le Palais, pour montrer leur soutien à la cause des étudiants en grève. Peut-être trop discrète (il aurait sans doute fallu mieux communiquer en amont), cela n'a pas fait beaucoup de bruit dans le brouhaha général médiatique. Cependant, hier encore, une banderole rouge a été accrochée au stand de la SODEC (Société de développement des entreprises culturelles) pour la réception du Festival du nouveau cinéma.
Déjà vendredi, lors de la présentation de Laurence Anyways, film du québécois Xavier Dolan, l'équipe du film avait monté les marches de la salle Debussy, avec un bout de tissu rouge (photo). Dolan a récidivé dimanche soir en allant voir Amour. Thierry Frémaux, mardi soir, en présentant les artistes venus voir A perdre la raison, du belge Joachim Lafosse, a souligné la présence de Dolan, "jeune homme révolté comme le Québec l'est aujourd'hui".
Une pétition en ligne réclame l'annulation de la loi. Elle a rapidement été signée par plus de 150 000 internautes, selon les associations d’étudiants qui l’ont mise en ligne.
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Posté par MpM, le 23 mai 2012
Grâce à une initiative du Monde et du magazine Trois Couleurs, soutenue par l'organisation du Festival, Cannes se délocalise au MK2 Bibliothèque de Paris du 25 au 27 mai. Durant ces trois jours, Parisiens et Franciliens sont ainsi invités à découvrir une quinzaine de films de la sélection officielle et à assister à la retransmission en direct de la cérémonie de clôture.
Parmi les films présentés, Ecran Noir recommande notamment The hunt de Thomas Vinterberg, Lawrence anyways de Xavier Dolan, Le grand soir de Gustave Kervern et Benoit Delépine, A perdre la raison de Joachim Lafosse ou encore Polluer le paradis de Fatih Akin. En outre, le soir de la clôture, deux films primés seront également projetés au public présent.
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Informations et réservations sur le site de MK2
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Posté par vincy, le 23 mai 2012
A 45 ans, Andrew Dominik n'aura réalisé que trois films. Un cinéaste rare, qui ne comprend pas comment on peut enchaîner les tournages tellement, selon lui, ce travail est éprouvant.
3 films en 12 ans. Car Dominik, né en Nouvelle-Zélande (où il ne vécu que ses deux premières années avant d'émigrer en Australie avec sa famille), n'est pas non plus un talent précoce. Diplômé Swinburne Film School de Melbourne à 20 ans, il attendra 12 ans pour tourner. Son premier film, Chopper, retrace la vie du célèbre criminel australien Mark Brandon Read, incarné par Eric Bana, alors méconnu, transfiguré. Dominik pose là les piliers de son cinéma : des films autour de personnages hors-la-loi, ayant réellement existé, partagés entre l'auto-destruction et leur propre déclin, dans un cadre violent, où la trahison et la peur hantent chacun de leur geste. Le film est interdit aux moins de 16 ans lors de sa sortie en France. Et si l'oeuvre est restée confidentielle auprès du public, les critiques s'emballent et les prix pleuvent : Grand prix du Festival du film policier de Cognac, Meilleur réalisateur aux Australian Film Institute Awards, ...
Dominik utilise l'image pour illustrer les distorsions psychologiques de ses personnages. Il aime troubler le spectateur avec le visuel, la musique, mais aussi une écriture subtile qui humanise à la fois les monstres et se moque des spectateurs qui semblent se régaler de ces actes sensationnels et les oublier aussi rapidement.
7 ans de réflexion plus tard, il sort L'Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, avec Brad Pitt et Casey Affleck. Ce Western magnifié par l'image de Roger Deakins, est considéré comme l'un des meilleurs films de ces dernières années. A la fois dramatique et psychologique, stylisé et intime, il hypnotise par sa maîtrise. La paranoïa, la rivalité et l'amitié entre deux ennemis forment le récit de ce long requiem sonnant comme le crépuscule d'une époque révolue. Deux nominations aux Oscars (pour Deakins à l'image et Affleck en second rôle), un prix d'interprétation masculine pour Brad Pitt au festival de Venise, de multiples mentions dans les Top 10 annuels des critiques : Dominik aurait de quoi se réjouir. Mais le film est un fiasco financier.
Exigeant, perfectionniste, cet admirateur de Scorsese, Mallick, Lynch et Kubrick, arrive pour la première fois à Cannes avec Killing Them Soflty, toujours avec Brad Pitt. En compétition. Une Palme d'or l'installerait définitivement parmi les grands talents du 7e art...
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Posté par cynthia, le 22 mai 2012
Synopsis : Après s'être rencontré dans des circonstances peu praticable dans leur pays d'origine, le Jérusalem-Est, Nour et Iyad décide d'immigrer en France. Alors qu'ils sont en route à l'aéroport pour une nouvelle vie, les évènements désastreux que rencontre leur ville, va obligé ce dernier, chirurgien, a favorisé son métier aux détriments de son épouse.
Délaissée une fois de plus par son mari, Nour va remettre en cause leur voyage ainsi que leur relation, tout en témoignant son attachement à ceux qu’elle s’apprête à quitter.
Critique : Entre Nour et son mari, tous les opposent. Elle est moderne, séduisante, croque la vie à pleine dents et débute une carrière d'actrice. Iyad, quant à lui, est un chirurgien stressé qui a laissé sa jeunesse mourir au bloc opératoire.
Au premier abord, nos deux protagonistes semblent représenter un couple tout ce qu'il y a de plus banal, les contraires s'attirent mais l'amour est là. Et pourtant, outre leur environnement qui est risqué, il y a quelque chose en eux de mort, une chose qui les empêchent de savourer leur vie de couple pleinement. On a l'impression que seul le voyage, ce changement, pourra sauver leur mariage. Mais ce dernier étant repoussé, nous sommes témoins de leurs "derniers jours à Jérusalem" et on se demande si ce n'est pas non plus leur derniers jours d'amoureux. Il est vrai que dès leur rencontre, les questions fusaient. Sous forme de destin, cette rencontre était à la fois une naissance et une mort dans une histoire qui vacille entre rire et larmes.
Comme cette scène qui illustre parfaitement le paradoxe présent dans leur relation : Nour se maquille devant son miroir et commence à se chamailler avec Iyad qui l'observe. Celui-ci rentre dans son jeu, ils se mettent à rire comme n'importe quel couple jusqu'à ce que cette dernière se lasse et s'arrête subitement de jouer.
Soutenu par le festival de Locarno et sélectionné par celui de Toronto, le film de Tawfik Abu Wael est un hymne à la complexité amoureuse. "Je t'aime moi non plus" ou "tu veux ou tu veux pas", serait un qualificatif parfait pour cette histoire. Un amour à double sens mais trop bancal, nous laissant ainsi sur notre fin.
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Posté par vincy, le 22 mai 2012
C'est le grand jour pour Le grand soir. Le nouveau film, punk et azimuté, du duo Delépine/Kervern est présenté aujourd'hui à Un Certain Regard. Gustave Kervern en profite pour créer le buzz, soit un joyeux bordel depuis ce matin. Figurez-vous que sur les autres Marches, les prestigieuses, celles filmées par la télévision, il y a Brad Pitt (qui vient présenter Killing Them Softly). La concurrence est rude, médiatiquement.
Pour que Le grand soir ne soit pas éclipsé par The Big Brad, le coréalisateur a commencé la matinée en s'invitant à la séance photo précédant la conférence de presse de la star américaine. Le fiancé d'Angelina Jolie l'a plutôt bien pris, hilare devant les pitreries du Français parvenant même à lui baiser la main. Comme l'a confirmé Thierry Frémaux quelques instants plus tard, Kervern a aussi endommagé le décor du "photocall". Le souk total. Cela va faire le bonheur des photographes.
Cela devrait être normal. Dans Festival il y a fête. Dans 7e Art il y a art. Mais depuis quelques années, Cannes s'est assagit. Moins de scandales durant les projections de films, plus de contrôle sur l'agenda des stars. Les avocats, agents, relations publiques qui entourent les comédiens les plus connus obstruent toute forme d'improvisation. Tout est devenu plus lisse. Il faut se foutre des convenances et avoir l'audace de rester soi-même pour provoquer le protocole et les rituels.
Kervern n'a pas hésité une seconde. Son plus pur style "anar" s'est d'ailleurs prolongé pour la première projection du film, à 11h. Avant la présentation officielle par Thierry Frémaux, il se promenait dans la salle et discutait avec les journalistes. Le voici rattrapé par son attaché de presse essayant de canaliser ses pulsions bordéliques. Quand on lui tend le micro devant le public, Gustave Kervern se lance dans un long discours pour draguer les jurés de la sélection, déclarant son amour pour chacun, Tim Roth en tête. Puis il dévie : "La France, maintenant, avec François Hollande, c'est une France de winners!", incitant ainsi à donner le prix samedi à leur film. Dans la foulée, il rappelle qu'il a l'adresse de chacun des membres du jury, qu'il connait très bien les enfants de Tim Roth - "Tim Roth je sais ou t'habites, où tes enfants vont à l'école" -, menace implicitement, mais pas sérieusement, de conséquences fâcheuses s'il n'emportait pas ce prix. La salle rit aux éclats. Il lance enfin un ultime défi : une ovation de 6 minutes 30 à la fin du film, puisque la plus longue ovation depuis le début de cette 65e édition a duré 6 minutes.
Si une grande partie de la salle s'est vidée, les spectateurs restants admirent le show du bonhomme, qui n'hésite pas à monter sur scène torse nu pour faire durer les salves d'applaudissements. Qu'on se le dise, Kervern est prêt à payer de sa personne pour que Le grand soir reste dans les mémoires des festivaliers.
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Posté par vincy, le 22 mai 2012
Rin Takanashi est une ancienne top model et tient un blog qui, esthétiquement, fait penser à un journal intime de jeune fleur bleue. Elle a débuté par le petit écran, ce qui est logique dans un pays où l'essentiel de la production audiovisuelle est destinée à la télévision ou à la vidéo. A 19 ans, elle débute dans l'adaptation du manga Detective School Q. mais c'est l'année suivante qu'elle se fait remarquer dans une autre adaptation, celle du roman culte Goth. Cette histoire deux lycéens fascinés par le meurtre offre à la jeune fille un personnage étrange, qui ne sourit jamais, n'échange pas grand chose avec les autres et porte du noir en toutes circonstances.
Sa notoriété décolle la même année avec la franchise de Super Sentai (des séries SF pour enfants), Samurai Sentai Shinkenger, et les déclinaisons cinématographiques qui en ont découlé (trois films adaptés d'une série TV). Elle y est Mako Shiraishi, héroïne d'action parmi ces nouveaux Power Rangers. Les films ne sont pas forcément des cartons en salles, mais ils sont fortement médiatisés.
C'est donc très surprenant de la voir en vedette d'un film d'Abbas Kiarostami. Le cinéaste iranien, Palme d'or en 1997, l'a choisi pour être son héroïne dans un film tourné au Japon (voir actualité du 4 novembre), Like Someone in Love, en compétition cette année à Cannes. Une quasi inconnue, toute fraîche, qui, en montant les marches, verra peut-être son destin se transformer. Les japonais y verront de l'audace, les autres une nouveauté.
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Posté par vincy, le 21 mai 2012

D'un côté, Kylie Minogue, chanteuse pop (tendance dance) australienne de 44 ans. De l'autre côté, Pete Doherty, auteur-compositeur-interprète rock (tendance post-punk ou garage selon les époques) britannique de 33 ans. Elle est une star mondiale depuis ses premiers tubes à la fin des années 80. Lui est moins connu mais pas moins respecté par la presse musicale depuis ses débuts avec son groupe The Libertines.
Kylie a connu des très hauts et des très bas, une renaissance spectaculaire en 2001 avec l'album Fever. Elle a aussi été l'égérie d'H&M durant une saison. La presse people s'est emballée pour sa liaison avec Olivier Martinez. La presse féminine a préféré compatir pour sa bataille intime contre un cancer du sein.
Pete est plus sulfureux. Les scandales ne manquent pas dans son parcours. Il fut même condamné à 14 semaines de prison pour conduite en état d'ivresse et non-respect de sa liberté conditionnelle. Alcool, drogue (addict à l'héro) et rock n'roll. Cela ne l'empêche pas de jouer aussi les mannequins de mode (Roberto Cavalli, The Kooples).
Kylie et Pete seront à Cannes. Elle en compétition, lui à Un certain regard. La minuscule et sexy australienne a commencé sa carrière en jouant dans des séries locales à gros succès (The Sullivans, Neighbours, ...). Dans les années 90, elle s'invite aux génériques de films de séries Z. En 2011, elle joue la fée verte, couleur de l'absinthe, dans Moulin Rouge!, qui ouvre le festival de Cannes. On l'entend dans le dessin animé Pollux, le manège enchanté, et elle fait une apparition dans un film bollywoodien. Mais cette année, elle surprendra assurément en incarnant une actrice dans Holy Motors, de Léos Carax. Un film d'auteur européen, il n'y a pas meilleur contre-emploi pour elle.
Le dandy grunge anglais va faire ses premiers pas au cinéma avec une réalisatrice elle aussi française, Sylvie Vehreyde. Adapté du roman autobiographique d'Alfred de Musset, Confession d'un enfant du siècle, il sera Octave, le narrateur trompé par sa maîtresse, et tombant amoureux d'une jeune veuve pieuse, interprétée par Charlotte Gainsbourg, qui incarne l'alliance de la pop et du rock.
Si musicalement, les deux chanteurs n'ont rien en commun, à Cannes, ils seront présents tous deux avec des films d'auteurs français. Ça devrait swinguer dans les soirées d'après projection...
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Posté par vincy, le 20 mai 2012
Il est de retour à Cannes après 14 ans d'absence. Et ce sera, sans doute, son dernier film. Jean-Louis Trintignant, 81 ans, est venu présenter Amour, de Michael Haneke, dont il est l'acteur principal. Prix d'interprétation en 1969 pour Z, de Costa-Gavras, le comédien n'était pas revenu sur la Croisette depuis Ceux qui m'aiment prendront le train, de Patrice Chéreau, en 1998. Et entre temps, il n'a tourné qu'un long métrage, Janis et John de Sameul Benchetrit, ex-compagnon de sa défunte fille Marie, en 2002. 10 ans d'abstinence pour ce monstre sacré qui a préféré les planches durant tout ce temps. "Je ne voulais plus faire de cinéma, seulement du théâtre", reconnaît-il aujourd'hui en conférence de presse. "Mais Haneke est l'un des plus grands cinéastes du monde, c'était une opportunité. Je n'en ferai plus d'autre". Après 56 ans de cinéma, Trintignant semble vouloir raccrocher les gants.
Finir en beauté avec un film qui est une déclaration d'amour et un testament à la fois. Quoi de plus beau?
"Je suis fier et content de ce film. J'ai beaucoup souffert, c'était douloureux, mais beau. J'ai fait plus de cent films et d'ordinaire je ne m'aime pas au cinéma. Je fais d'ailleurs du théâtre parce qu'on ne se voit pas. Mais là, c'est la première fois que je suis content de m'être vu, je dis ça sans vanité", explique l'acteur, assez prolixe, et en forme.
Mais il avoue sa souffrance : "je n'ai jamais vu de metteur en scène aussi exigeant ... je ne vous le conseille pas" ajoute-t-il ironique. Durant le tournage, il s'est cassé le poignet, en tombant bêtement. Et le réalisateur autrichien, Palme d'or pour Le ruban blanc, qui lui demande de retirer son plâtre et de courir après un pigeon... Deux jours de tournage et deux pigeons pour 3 minutes de scène à l'écran. Il raconte ça comme une blague et cela fait rire tout le monde.
Trintignant veut sortir de la planète cinéma par le haut. Il semble heureux, souriant. Ses soucis de santé semblent loin, même s'il boîte, ceux-là même qui l'empêchent parfois de jouer sur scène. Il ne s'est jamais remis de la mort tragique et accidentelle de sa fille il y a 9 ans. Il a décidé de vire, ou de revivre. Et comme il le disait l'an dernier, son "existence n'est que l'ombre de ce qu'elle fut jadis". Pourtant aujourd'hui, il semblait heureux, il riait. Comme s'il voulait offrir une dernière image de lui-même : un homme qui aime son métier jusqu'au bout.
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