Francesco Rosi fait main basse sur le Festival de Venise

Posté par vincy, le 10 mai 2012

Le 69e Festival de Venise (29 août-8 septembre) honorera le cinéaste italien Francesco Rosi en lui décernant un Lion d'or pour l'ensemble de sa carrière. Le napolitain Rosi, 89 ans, avait déjà reçu un prix équivalent à Berlin en 2008. Parmi ses multiples récompenses, il a obtenu une Palme d'or à Cannes en 1972 avec L'affaire Mattei, un Ours d'argent de la mise en scène à Berlin en 1962 pour Salvatore Giuliano, 6 prix David du Donatello du meilleur réalisateur entre 1965 et 1997, un Lion d'or à Venise en 1963 pour Main basse sur la ville.

L'affaire Mattei vient d'être l'objet d'une restauration grâce au soutien de The Film Foundation de Martin Scorsese. Le film sera diffusé avec cette copie neuve le 31 août lors de la soirée hommage.

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Actualités autour de Francesco Rosi

Festivals de Venise et de Rome : la guerre est déclarée

Posté par vincy, le 16 mars 2012

Venise est menacé. La Mostra, l'un des quatre plus importants festivals de cinéma du monde, entame donc sa révolution.

Car le tout jeune Festival de Rome a de l'ambition. Celui-ci vient d'annoncer aujourd'hui la nomination de Marco Müller, comme directeur artistique du Festival (rappelons qu'il a été évincé de Venise en décembre dernier). Cela faisait plusieurs semaines que la rumeur courrait...

Rome, en s'octroyant les services de Müller, s'offre aussi son extraordinaire carnet de contacts. Il aura pour mission  de dynamiser le profil international de la manifestation.

Venise a commencé à répliquer. Le nouveau directeur artistique, Alberto Barbera, a décidé de réduire le nombre de sélections (Contro Campo Italiano disparaît au bout d'un an d'existence), de créer un marché (qui sera dirigé par Pascal Diot) et d'une résidence, sur le modèle de celle qui existe déjà à Cannes. Venise n'aura donc plus que trois sélections : compétition (20 films maximum), hors compétition et Orizzonti. La Semaine de la Critique ne pourra pas montrer plus de 8 films et Venice Days 12.

La rénovation du palais du Lido a été votée et commencera en octobre 2012. De quoi essayer de relancer un Festival qui a subit une mauvaise édition en 2011.

Mais contrairement aux autres gros festivals, la Mostra a un rival dans son propre pays, ce qui pourrait à terme devenir plus dangereux. Les subventions ne sont pas extensibles et les bons films ne se multiplient pas non plus. Le Festival de Venise devra convaincre qu'il est toujours la meilleure rampe de lancement de l'automne, alors que, déjà Toronto lui prend de nombreuses avant-premières.

Etrange et dernier voyage pour Théo Angelopoulos (1935-2012)

Posté par vincy, le 25 janvier 2012

Le réalisateur grec Theo Angelopoulos (Theódoros Angelópoulos), Palme d'or à Cannes en 1998 pour L'éternité et un jour, est décédé mardi soir à l'âge de 76 ans dans d'étranges circonstances. Plus tôt dans la soirée, nous avions appris qu'il avait été renversé par un motard dans la rue au Pirée, le port d'Athènes. On l'annoncé blessé, transféré immédiatement à l'hôpital.

C'est une figure emblématique du cinéma européen, et le plus grand réalisateur grec de ces trente dernières années. Né le 27 avril 1935, il avait incarné le Nouveau cinéma grec des années 70, avant de livrer une oeuvre symbolique, poétique, contemplative, émouvante. Ses fresques reflétaient son pays, ses troubles et ses tourments, dénonçant la tyrannie, tissant un portrait mélancolique de la condition humaine, tout en esthétisant au maximum chacun de ses plans. Il ne se lassait pas des paysages pluvieux, venteux et grisâtres de son pays pour mieux dépeindre l'aspect existentiel de son cinéma.

Après avoir voulu devenir écrivain, Théo Angelopolos, qui avait étudié le droit, avait poursuivi ses études à Paris en 1962 et 1963, à l'Institut des Hautes études cinématographiques (Idhec, l'ancienne Fémis) avant de devenir critique cinématographique. Membre du jury des festivals de Berlin (1978) et de Cannes (1987), il a aussi été largement récompensé dans les plus grands festivals du monde : Prix de la critique à Berlin pour Jours de 36 en 1972, prix de la Critique également à Cannes pour Le voyage des comédiens (1975), Le Voyage à Cythère (1984) et Le regard d'Ulysse (1995) qui a aussi emporté le Grand prix du jury, Palme d'or toujours à Cannes en 1998 avec L'éternité et un jour, Grand prix spécial des Amériques en 2004 à Montréal, prix de la critique toujours mais à Venise avec Alexandre le Grand en 1980 et cinq fois primé sur la lagune pour Paysage dans le brouillard en 1988... Il avait tourné avec les plus grands : Harvey Keitel, Marcello Mastroianni (L'apiculteur), Bruno Ganz, Jeanne Moreau (Le pas suspendu de la cigogne,...

Il avait énormément de difficulté à convaincre des producteurs pour financer ses films. Son perfectionnisme ralentissait évidemment son rythme de travail. Après sa Palme d'or, les cinéphiles ont attendu six ans pour revoir un film, en 2004, du cinéaste. Eleni, la terre qui pleure avait été présenté à Berlin. C'était le début d'une nouvelle trilogie qui se poursuivra en 2008 avec La poussière du temps, boudé tant par la critique que par le public.

Il avait démarré récemment le tournage de son dernier film, L'autre mer, miroir tendu à l'échec européen et la faillite de la Grèce (voir notre actualité du 1er juin 2011).

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Bilan 2011 : les films les plus consultés sur Ecran Noir

Posté par redaction, le 1 janvier 2012

Chers lecteurs, vous avez des goûts éclectiques. Des succès du box office, des films d'auteurs, des comédies, une Palme d'or, un Ours d'or et un Lion d'or. Et même le film oscarisé de l'année en tête. Du Québec à l'Iran, les films que vous avez le plus consulté ne sont pas forcément nos choix en tant que critiques. Comme souvent les films sortis au début de l'année, et déjà en DVD/Blu-Ray prennent l'avantage.

1 - Le discours d'un roi. 3 *. Oscar du meilleur film.
2 - Rien à déclarer. 2*. 2e au box office français.
3 - Somewhere. 3*. Lion d'or 2010 à Venise.
4 - Incendies. 4*. Meilleur film canadien.
5 - Black Swan. 4*. Meilleur film indépendant américain.
6 - 127 heures. 4*.
7 - Les femmes du 6e étage. 3*.
8 - Crazy, Stupid, love. 2*.
9 - The Tree of Life. 2*. Palme d'or à Cannes.
10 - Une séparation. 5*. Ours d'or à Berlin.

2011 – septembre : Michael Fassbender sacré à Venise

Posté par vincy, le 30 décembre 2011

10 septembre 2011. Il était doublement en compétition au Festival de Venise. Le lido n'en avait que pour sa moustache dans A Dangerous Method et son pénis (doublure or not doublure?) dans Shame. Michael Fassbender s'est imposé comme l'un des acteurs incontournables de ces dernières années. Venise le sacre avec son personnage d'addict au sexe.

Prix d'interprétation amplement justifié, attendu. Il était quelques semaines auparavant un Magneto fantastique dans X-Men : le commencement, gros succès international. Passé d'un super-héros traumatisé à Carl Jung psychanalysé par Cronenberg permet de toucher tous les publics et de marquer les esprits des cinéphiles. Dans Shame, sa mise à nu bouleverse autant qu'elle épate.

Tout le bilan 2011

Venise en crise (bis) : changement de tête

Posté par vincy, le 28 décembre 2011

Palais des Festivals de Venise

Le nouveau comité de direction de la Biennale de Venise n'a pas confirmé Marco Müller à la direction artistique de la Mostra du cinéma. Comme quoi le mérite ne paie pas. Alberto Barbera lui succédera (c'est un retour puisqu'il avait dirigé le Festival entre 1998 et 2002). Critique de cinéma, directeur du Musée national du cinéma à Turin depuis 7 ans, le vénérable Barbera (61 ans) fera un mandat de 4 ans. Il avait été membre du jury du Festival de Cannes en 2010.

La tache qui lui a été assignée sera rude : attirer des films de qualité, alors que Locarno s'empare du cinéma de demain et que Toronto, à peu près aux mêmes dates, prend une ampleur digne de Cannes et Berlin. Il devra aussi impliquer les "différentes manifestations artistiques liées au langage cinématographique". Venise a enflé ces dernières années, sous l'impulsion de Müller qui cherchait à couvrir toutes les formes de cinéma, sans forcément donner une cohérence et une visibilité à toutes ses sélections parallèles. Barbera devra également développer un marché du cinéma. Venise, contrairement à Berlin, Cannes, Locarno, Sundance, et Toronto, ne dispose pas de marché, longtemps délégué à Milan, désormais moribond.

Mais Venise a d'autres défis à surpasser : la concurrence du nouveau Festival de Rome, doté d'un budget conséquent, un financement fragile, des relations avec le pouvoirs vulnérables, l'absence d'un véritable centre névralgique dédié au Festival (la ville procède à un lifting" global des lieux du Festival) et surtout les contraintes mêmes de la ville (coûts élevés pour les accrédités). Tout cela contribue à une relative désaffection du monde du cinéma (professionnels, journalistes, ...).

Barbera aura à coeur de vouloir continuer l'oeuvre de celui qui a fait revenir Venise dans la cour des grands. Marco Müller a redonné à la Mostra une dimension artistique qui lui avait longtemps manqué. Huit belles années.

A croire que cela ne suffisait pas pour renouveler son mandat. Müller est en fait "coupable" de ne pas s'entendre avec le président de la Biennale (qui chapeaute tous les événements artistiques de la Cité des doges) et de d'avoir, parfois, été trop complaisant avec Berlusconi (qui est aussi producteur et distributeur de films). Berlusconi, avant de quitter le pouvoir, avait déjà tenté un coup de force en remplaçant le Président de la Biennale par un agent publicitaire qui lui était proche.

Cependant, le jeu de chaises musicales n'est pas terminé puisque Müller est pressenti pour aller diriger le Festival de Rome. De quoi réellement inquiéter Venise.

Venise 2011 : les autres prix

Posté par vincy, le 11 septembre 2011

Comme tous les grands festivals, Venise foisonne de prix, remis par différentes associations ou divers organismes. Globalement ce sont souvent les mêmes films qui reviennent, avec, en tête de la compétition Shame (avec Michael Fassbender, en photo, qui a reçu le prix d'interprétation) et Faust (Lion d'or).  Voici la liste complète des autres prix (hors palmarès officiel).

Sélection officielle : prix Orrizonti (jury présidé par Jia Zhangke).

Meilleur film : Kotoko, de Shinya Tsukamoto (Japon)

Prix spécial du jury : Whore's Glory, de Michael Glawogger (Autriche)

Meilleur court-métrage : In Attesa dell'avvento, de Felice D'Agostino et Arturo Lavorato (Italie)

Meilleur moyen-métrage : Accidentes Gloriosos, de Mauro Andrizzi et Marcus Lindeen (Suède)

Mention spéciale à : O le Tulafale (The Orator) de Tusi Tamasese (Nouvelle Zélande) et All the Lines Flow Out de Charles Lim Yi Yong (Singapour)

Sélection officielle : Controcampo Italiano (jury présidé par Stefano Incerti)

Meilleur film : Scialla! de Francesco Bruni

Meilleur court métrage : A Chjàna de Jonas Carpignano

Meilleur documentaire : Pugni chiusi de Fiorella Infascelli

Mention spéciale au documentaire Black Block de Carlo Augusto Bachschmidt

Prix FIPRESCI (Critique internationale)

Compétition officielle : Shame de Steve McQueen (Royaume Uni)

Sélection Orrizzonti et Semaine de la critique : Two Years at Sea de Ben Rivers

Prix Signis

Faust, d'Alexandre Sokourov (Russie)

Mention spéciale : A Simple Life d'Ann Hui

Prix du public Kino - Semaine internationale de la critique

Là-bas de Guido Lombardi

Prix Label Europa Cinémas

Présumé Coupable de Vincent Garenq (France)

Lionceau d'or (Prix Agiscuola) - jeunesse

Carnage, de Roman Polanski (France)

Mention Unicef : Terraferma, d'Emanuele Crialese (Italie)

Prix Francesco Pasinetti

Terraferma, d'Emanuele Crialese (Italie)

Mention SNGCI : L'ultimo terreste de Gian Alfonso Pacinotti (Italie)

Prix Brian

The Ides of March, de George Clooney (USA)

Prix Queer Lion (cinéma LGBT)

Wilde Salomé, d'Al Pacino (USA)

Prix Arca CinemaGiovani - jeunesse

Compétition officielle : Shame de Steve McQueen (Royaume Uni)

Meilleur film italien : L'ultimo terreste de Gian Alfonso Pacinotti

Prix lancia Biografilma

Meilleur film : Black Block de Carlo Augusto Bachschmidt (Italie)

Prix du jury : Pivano Blues – Sulla strada di Nanda de Teresa Marchesi

Prix “Enrico Fulchignoni” UNESCO

Tahrir 2011 de Tamer Ezzat, Ayten Amin, Amr Salama (Egypte)

Prix CICAE (Arte & Essais)

O le tulafale (The Orator) de Tusi Tamasese (Nouvelle Zélande)

Prix CinemAvvenire

Compétition officielle : Shame de Steve McQueen (Royaume Uni)

Meilleur film (autres sélections) : O le tulafale (The Orator) de Tusi Tamasese (Nouvelle Zélande)

Prix Vittorio Veneto Film Festival

Scialla! de Francesco Bruni

Mention spéciale : Eva de Kike Maillo

Venise 2011 pactise avec le Faust d’Alexandre Sokourov

Posté par vincy, le 10 septembre 2011

Le jury du 68e Festival de Venise, présidé par Darren Aronofsky, a joué le consensus. En récompensant le vétéran russe Alexandre Sokourov, toujours audacieux dans son formalisme, il répare une injustice de 30 ans : le cinéaste, pour la première fois sélectionné à Venise, n'avait jamais obtenu plus qu'un prix de la critique et un prix du meilleur scénario à Cannes. Il avait aussi obtenu un Léopard de bronze et un Léopard d'honneur à Locarno.

Avec sa version de Faust (photo du casting lors de la présentation officielle le 8 septembre), parabole de la corruption du pouvoir dans une atmosphère suffocante (à l'instar de sa trilogie sur les dictateurs), Sokourov remporte le Lion d'or, au nez et à la barbe des favoris (Carnage de Polanski était le film le plus apprécié de la critique). C'est la deuxième fois en 68 Mostras qu'un cinéaste russe gagne la prestigieuse récompense, après Le retour en 2003. Mais c'est la troisième fois si l'on compte Urga du soviétique (à l'époque) Nikita Mikhalkov.

Le Palmarès, très porté sur des oeuvres radicales ou "auteurisantes" fait la part belle au cinéma asiatique. On remarquera que le prix de la mise en scène a été décerné au film surprise, le 23e de la compétition, invité en dernière minute, People Mountain, people sea.

Le cinéma français n'obtient rien. De nombreux primés ont déjà été remarqués dans d'autres festivals.

Notons enfin la consécration de l'allemand Michael Fassbender, dans son rôle d'addict au sexe dans Shame, et qui se voit propulser ainsi parmi les incontournables du cinéma anglo-saxon, après un blockbuster (X-Men : First Class) et un autre film remarqué à Venise et reparti bredouille, A Dangerous Method de David Cronenberg.

Lion d'or : Faust, d'Aleaxandre Sokourov (Russe)

Lion d'agent de la mise en scène : Cai Shangjun pour People Mountain, people sea (Chine)

Prix spécial du jury : Terraferma, d'Emmanuele Crialese (Italie)

Coupe Volpi du meilleur acteur : Michael Fassbender pour Shame (Honte) de Steve McQueen (Grande-Bretagne)

Coupe Volpi de la meilleure actrice : Deanie Yip pour Taojie (Une vie simple) de Ann Hui (Chine Hong-Kong)

Prix Marcello Mastroianni du meilleur jeune interprète: Shôta Nikaidô et Fumi Nikaidô pour Himizu de Sion Sono (Japon)

Prix Osella du meilleur scénario : Alpeis (Alpes) de Yorgos Lanthimos (Grèce)

Prix Osella de la meilleure direction artistique : Robbie Ryan pour Wuthering Heights (Les hauts de Hurlevent) d'Andrea Arnold (Grande-Bretagne)

Présumé coupable, prix du meilleur film européen à Venise

Posté par vincy, le 9 septembre 2011

Le film de Vincent Garenq, sorti en salles mercredi dernier, Présumé coupable, a remporté le prix du meilleur film européen (jury de quatre exploitants), au Festival de Venise. Il était présenté dans le cadre de la section Giornate degli Autori. Il reçoit du même coup le Label Europa Cinema. C'est la huitième année du label à la Mostra de Venise.

Cette année le label a été attribué à Cannes à Atmen (Breathing), à Karlovy-Vary à Cigàn (Gitan) et à Berlin à Über uns das all (Il n'y a que le ciel au dessus de nous). Parmi les autres films français à avoir reçu ce prix, notons Le petit lieutenant (Venise en 2005), Crustacés et coquillages (Berlin en 2005) et La moustache (Cannes en 2005).

Présumé coupable a attiré 22 000 spectateurs (195 copies) lors de son premier jour d'exploitation en France.

Venise sélectionne un film suprise… chinois

Posté par vincy, le 6 septembre 2011

On attendait Captured, le nouveau film du philippin Brillante Mendoza, avec Isabelle Huppert. C'est en fait People Mountain, People Sea, du chinois Cai Shangjun, qui créé la surprise. Le film a été sélectionné par le 68e Festival de Venise et devient ainsi le 23e à être en lice pour le Lion d'or. Projeté le 6 septembre, le film raconte le drame d'un jeune homme en quête du meurtrier de son frère. Cai Shangjun a scénarisé trois films de Zhang Yang - Spicy Love Soup, Shower (Prix de la critique internationale à Toronto, prix du public à Rotterdam...) et Sunflower (primé à San Sebastian) - avant de réaliser son premier long métrage, Les moissons pourpres, Grand prix à Thessalonique, prix de la critique internationale à Pusan et Grand prix du jury aux Asia Pacific Screen Awards.