Reprise : Rue Cases-Nègres, une Martinique douce-amère

Posté par Claire, le 16 février 2010

ruecasesnegres.jpgL’instruction est la clé qui ouvre la deuxième porte de notre liberté.”

 Synopsis: Martinique, années 30. Le jeune José vit avec sa grand-mère dans un extrême dénuement. Pour eux, comme pour tous les autres Noirs de la “Rue Cases-Nègres”, l’existence est très rude puisque les seules ressources proviennent de l’exploitation des champs de canne à sucre…qui appartiennent aux Blancs. Si l’esclavage a été aboli, la dépendance économique le remplace. C’est dans cet univers aride que grandit José, sous l’œil bourru mais ô combien lucide et tendre de sa grand-mère, dont les principes d’éducation plutôt rigides n’ont qu’un but : armer au mieux son petit-fils pour lui permettre d’affronter l’avenir,  un avenir qu’il ne pourra conquérir qu’en comptant exclusivement sur lui-même. D’après le roman de Joseph Zobel.

Notre avis :Le cinéma est fait pour ce genre de film initiatique où la vie d’un pays est décrit à travers les yeux d’un enfant. Après la vision de ce film, la canne à sucre a un goût amer, mais le message s’avère positif : avec un peu d’intelligence et beaucoup de travail, on peut se sortir de la misère, sans pour autant renier ses origines, ses racines ou sa famille. Un  premier long- métrage coup de maître pour Euzhan Palcy (qui n’a jamais fait mieux depuis), récompensé par plus de  17 prix à travers le monde entier (notamment le Lion d’or à Venise) avec les soutiens de François Truffaut et Robert Redford tombés sous son charme.

Mention spéciale pour la défunte Darling Legitimus, “Miss Darling”, épatante et touchante en grand-mère courage dont ce sera le dernier rôle après 50 ans de cinéma. Sans oublier les jeunes interprètes de José (Garry Cadenat) et son copain  mulâtre Léopold (Laurent Saint-Cyr). Aujourd’hui le film peut paraitre  un brin classique et académique dans sa forme , mais le fond reste -hélas- d’actualité, notamment avec les troubles qui ont agité la Martinique l’an dernier et la polémique récente sur l’absence de diversité dans le cinéma français.

Essentiel pour comprendre que notre identité nationale française ne se résume pas aux gaulois et à la chrétienté. Universel, atemporel, il s’adresse à toutes les générations.

Le cinéma israélien obtient enfin une récompense suprême du cinéma

Posté par vincy, le 12 septembre 2009

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Depuis le début de la décennie, le cinéma israélien renaît avec flamboyance. Sélectionné au plus haut niveau dans tous les grands festivals, cité aux Oscars, séduisant les publics cinéphiles, il ne lui manquait plus qu’une Palme d’or, un Ours d’or ou … un Lion d’or. Grâce à Ang Lee c’est chose faite. Un premier film qui plus est. Le palmarès récompense d’alleurs unegénération de cinéastes émergeants ou décalés.

Palmarès du jury :

- Lion d’or du meilleur film : Lebanon de l’Israélien Samuel Maoz

- Lion spécial pour l’ensemble de la carrière : Jacques Rivette

- Coupe Volpi du meilleur acteur : le Britannique Colin Firth (A Single Man) de Tom Ford. Le film a aussi le Queer Lion du meilleur film gay.

- Coupe Volpi de la meilleure actrice : Ksenia Rappoport (La doppia ora de Giuseppe Capotondi)

- Lion d’argent-Prix de la mise en scène : l’Iranienne Shirin Neshat ( Zanan bedoone mardan (Women Without Men))

- Prix spécial du jury : Soul Kitchen de Fatih Akin

- Prix Luigi De Laurentis de la meilleure Première Oeuvre : Engkwentro, de Pepe Diokno

- Prix Marcello Mastroianni du meilleur jeune interprète : Jasmine Trinca (Il grande sogno de Michele Placido)

- Osella du meilleur scénario : Todd Solondz (Life During Wartime)

- Osella de la meilleure direction artistique : Sylvie Olivé (Mr Nobody de Jaco Van Dormael)

Palmarès de la section Orizonti (Horizons)

- Meilleure fiction : Engkwentro, de Pepe Diokno

- Meilleur documentaire : 1428, de Du Haibin

- Mention spéciale : The Man’s Woman and Other Stories, d’Amit Dutta

Autres prix :

- Prix FIPRESCI de la critique internationale
Meilleur film de la 66ème Mostra de Venise : Lourdes, de Jessica Hausner
meilleur film dans les sections Horizons et Semaine internationale de la critique : Choi Voi ,de Bui Thac Chuyen

- Prix SIGNIS
Lourdes de Jessica Hausner
mention spéciale à Lebanon, de Samuel Maoz

- Controcampo Italiano
Cosmonauta, de Susanna Nicchiarelli
Mention spéciale - Negli occhi, de Daniele Anzellotti et Francesco Del Grosso

- Label Europa Cinémas aux Journées des auteurs-Venice Days 2009
The last days of Emma Blank, d’Alex van Warmerdam

- Lionceau d’or 2009
Capitalism: A love story de Michael Moore
- Prix de l’UNICEF
Women without Men, de Shirin Neshat

- Prix La Navicella – Venezia Cinema
Lourdes, de Jessica Hausner

- Prix Nazareno Taddei
Lebanon de Samuel Maoz

- Prix du numérique Future Film Festival
Metropia, de Tarik Saleh
mention spéciale : Là-haut, de Pete Docter

- Prix Brian
Lourdes, de Jessica Hausner

- Queer Lion du meilleur film gay
A Single Man, de Tom Ford

- Prix Arca Cinemagiovani
meilleur film de la 66ème Mostra : Soul Kitchen, de Fatih Akin
meilleur film italien : La doppia ora de Giuseppe Capotondi

- Prix Open 2009
Capitalism: A love story, de Michael Moore

- Prix Gianni Astrei. Le cinéma pour la vie
Lo spazio bianco, de Francesca Comencini

Venise 2009 : Brillante Mendoza, invité surprise de la sélection

Posté par vincy, le 10 septembre 2009

Le cinéaste philippin Brillante Mendoza, récent prix de la mise en scène au Festival de Cannes avec Kinatay, a présenté le deuxième film surprise de la compétition officielle de Venise. Et le Lion d’or n’est pas impossible. Pour son neuvième film (en 4 ans), Lola, chornique sociale, le réalisateur a frappé fort en rivalisant avec le coup de coeur du festival, Lebanon.

Ces deux portraits croisés de femmes âgées, survivant à la violente fatalité de leurs existences. deux femmes que tout sépare sauf un crime. Cette chronique sociale filmée comme un documentaire fait de Mendoza un des metteurs en scène les plus singuliers et les plus marquants de la décennie.

Venise 2009 : un film roumain menacé par la petite fille de Mussolini

Posté par vincy, le 9 septembre 2009

francesca.jpgOn vous le disait pas plus tard qu’hier : le festival de Venise est traumatisé par sa naissance mussolinienne. La petite fille du dictateur fasciste, Alessandra Mussolini, politicienne d’extrême-droite, a engagé une action en justice pour arrêter les projections de Francesca, un premier film roumain de Bobby Paunescu. Présenté dans le cadre de la sélection Orizzonti, deux de ses projections ont été annulées.

De quel odieux crime est responsable ce film? Francesca est une Roumaine (Monica Barladeanu) qui cherche à migrer en Italie pour trouver un job. Mais voilà, dans le film, un de ses compatriotes l’avertit qu’il y a “une salope qui veut tuer du Roumain“. Et la Alessandra s’est sentie visée. Quelle idée! Autre cible, le maire de Vérone, qui loin de la bluette shakespearienne entre Roméo et Juliette, a une politique plutôt haineuse et est traité, dans le film,  de “maire de merde“. On est étonné que le film n’aille pas plus loin en traitant le nouveau maire de Rome de “génocideur“. Rappelons que ça ne le gène pas de voir des immigrés morts sur une plage ou battus dans les rues. Mussolini veut que ces citations soient retirées. Le réalisateur, qui a vécu en Italie, refuse de changer une virgule, en se fondant sur le fait que ces propos sont basés sur des citations réelles.

Le film doit sortir en Italie dans un mois. Fandango, son distributeur, a maintenu la date.

Au delà de la censure, cela montre un triste visage raciste de l’Italie, repliée sur elle-même et loin des louables intentions de cette Mostra. Mais comment résister malgré soi à son époque? Le procès c’est la grande mode des minorités ou des activistes. Même si Marine Le Pen n’a pas porté plainte contre un film comme Welcome, souvenons-nous des propos indécents du Ministre Eric Besson au sujet de ce film. Plus tard, nous avons frémit aux menaces de Corses en furie contre Un prophète.

Il y a plus d’un million de Roumains en Italie.

Venise 2009 : le festival se veut toujours politique…

Posté par vincy, le 7 septembre 2009

stone_chavez1.jpgCréé par Mussolini, Venise, pour expier le trauma, a toujours voulu s’innocenter en étant le plus politique des festivals. Cette année, le festival frappe fort.  La présence du sulfurueux président vénézuélien, Hugo Chavez, fait monter la tension dans une ville déjà à cran après les provocations de Silvio Berlusconi. Ce dernier avait joué les critiques de cinéma pour le film d’ouverture, Baaria, en  disant tout le bien qu’il en pensait. logique puisque le film avait été inancé par une de ses sociétés. En revanche, les artistes ont préféré manifester contre lui et ses coupes budgétaires dont souffrent le milieu culturel.

Chavez, quant à lui, est à Venise grâce à Oliver Stone. Le cinéaste américain présente un documentaire, South of the Border, traitant des changements politiques, principalement des dirigeants de gauche élus par le peuple, en Amérique latine. Son propos démarre avec l’élection en 1998 de Chavez. “La pauvreté a été divisée par deux, ce que reconnaît la Banque mondiale, et les progrès sociaux ont été énormes au Vénézuela“, justifie Oliver Stone. “Il reste des problèmes, mais c’est un magnifique changement, un important phénomène historique dont on ne parle pas.” Pour Chavez, le propos est plus ambivalent : “Oui, oui, il est possible de changer le cours de l’histoire. Ceci est une révolution pacifique, mais armée.”

Pop corn et rébellion

Mais Venise a surtout mis en vedette le come-back de Michael Moore. Son documentaire, Capitalism, A Love story (en salles en France le 25 novembre), a fait forte impression. En revenant aux sources, et sans doute aussi parce qu’il ne peut plus critiquer la Maison Blanche, en bon supporter d’Obama, Moore a dénoncé l’impact des puissances financières sur le quotidien de ses concitoyens. Pour lui aussi tous les changements sont possibles. “On peut se révolter d’une bonne façon, sans violence, comme aux Etats-Unis en novembre dernier. (…) Qui aurait pensé il y a trois ans qu’un président afro-américain serait élu aux Etats-Unis? (…) Soyons des citoyens actifs! La démocratie n’estpas un sport de spectateurs, il faut y participer.” Il va plus loin en prônant lui aussi une révolution économique. “Le capitalisme, c’est le mal et l’on ne réforme pas le mal, on l’éradique pour le remplacer par le bien pour tous: la démocratie.”

Et puisque Venise s’intéresse au monde en pleine désagrégation, l’Afrique n’est pas loin. La réalisatrice française Claire Denis, qui est sélectionnée pour White Material, revendique sa vision non compassionnelle du continent noir. “Les sujets des luttes ethniques ou des enfants soldats en Afrique dont on parle beaucoup” sont “abordés souvent d’un seul bloc, soit très politisé soit très compassionnel, dans les documentaires“. “Je ne pense pas mes films comme des réponses à des situations politiques“, a précisé Claire Denis qui a écrit son film avec Marie Ndiaye, l’une des vedettes de la rentrée littéraire.

Soderbergh accepte de filmer Knockout

Posté par vincy, le 6 septembre 2009

Steven Soderbergh a connu un été difficile. Il a subit un désavoeu cinglant de la part de la Columbia qui l’a renvoyé du prochain film avec Brad Pitt (le scénario de Moneyball n’était pas convaincant) et The Girlfriend Experience a été un énorme fiasco public et critique. Il mise désormais tout sur la sortie de The Informant (avec Matt Damon) - le 18 septembre aux USA, deux semaines après en France.

Surtout, il reprend la main, en acceptant de réaliser Knockout, un thriller d’espionnage, avec Gina Carano. Cette star des arts martiaux fera ainsi ses débuts au cinéma. Le studio, Relativity Media, annonce que le scénario, écrit par Lem Dobbs (Kafka, Le limier) est proche de films comme Nikita et Kill Bill. La production devrait commencer en janvier et sera éparpillée autour du monde.

Soderbergh présentera The Informant cette semaine à Venise.

Venise 2009 : Sylvie Testud fait sa rentrée, avec un couac

Posté par vincy, le 5 septembre 2009

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Sylvie Testud est l’une des comédiennes que l’on verra le plus dont les prochains mois. Cette “rentrée” commençait par la présentation en compétition officielle à Venise du film Lourdes (le nom de la ville pieuse, pas de la fille de Madonna), de Jessica Hausner. Mais Venise n’est pas encore au point en projection numérique puisque la première projection de presse a pris une heure de retard. Pour une fois le couac n’était pas socio-politique (l’ouverture avait subit les aléas de manifestations contre la politique gouvernementale et les critiques vis-à-vis du film choisi, financé par Berlusconi).

Le projecteur numérique de la salle Perla a refusé de démarrer. Et comme les esprits s’échauffent vite dans les grands festivals, surtout chez les Latins, il a fallu l’intervention de Marco Müller, le directeur de la Mostra. Lourdes, qui raconte l’histoire d’une femme paralysée et miraculée lors d’un voyage de pèlerinage, a donc été présenté devant une salle à moitié vide. Le film rassemble aussi Léa Seydoux et Bruno Todeschini.

Après Venise, Testud sera sur les planches du Théâtre Edouard-VII à Paris, dans “Sentiments provisoires”, avec Pierre Arditi et François Berléand.

Sur les écrans, Sylvie Testud sera à l’affiche de Mumu les petites pattes (avec Marielle et de Caunes), Rose et Nina, Je m’appelle hmmm…, premier film d’Agnès B., Gamines, d’après le roman de la comédienne, et surtout Lucky Luke, en Calamity Jane. Elle vient de tourner La Rafle, de Roselyne Bosch.

Venise 2009 : le premier film surprise

Posté par vincy, le 4 septembre 2009

My son, my son, what have ye done de Werner Herzog est le premier film surprise invité à rejoindre les autres films en compétition au 66e festival de Venise. Herzog est déjà en compétition avec le remake de Bad lieutenant. Reçu de manière mitigée, le film permet au festival d’aligner pour la troisième journée de suite un parterre de stars internationales, parmi lesquelles Eva Mendes en prostituée droguée et Nicolas Cage en flic ripoux.

My son, my son, what have ye done raconte le parcours d’un jeune acteur qui joue dans une tragédie grecque et commet dans la vraie vie le crime au centre de la tragédie qu’il interprète: il tue sa mère. Michael Shannon est entouré de Willem Dafoe, Chloë Sevigny et Udo Kier.

Un deuxième film surprise doit encore être annoncé.

Venise 2009 : les festivaliers restent au bord de La route

Posté par vincy, le 3 septembre 2009

laroute.jpgLe film événement de ce deuxième jour de Mostra était l’adaptation cinématographique du best-seller de Cormac McCarthy, La Route. Un Prix Pulitzer en 2007 tout de même. Une histoire apocalyptique qui devait être en salles il y a près d’un an.

Réalisé par l’Australien John Hillcoat, dont le précédent film, The Proposition, tourné en 2005, sortira seuelement à la fin de l’année en France, La route n’a pas convaincu les journalistes présents à Venise.

Suicide, cannibalisme, dévastation, … le film offrait une piètre vision de la Planète et de ses habitants. Seul rescapé de l’assassinat critique, l’acteur Viggo Mortensen qui pourrait viser un prix d’interprétation. Les effets visuels et la musique de Nick Cave n’ont pas suffit à emballer les festivaliers. Et ce malgré un casting chic (en plus de Mortensen, on retrouve Charlize Theron, Guy Pearce et Robert Duvall).

Le problème avec une telle oeuvre littéraire est de placer l’attente à un si haut niveau que la déception ne peut être que grande. Modeste budget (15 millions d’euros), le film n’a toujours pas de date prévue pour une exploitation en France. Venise vient en plus de doucher l’espoir placé en lui. Les professionnels américains n’ont pas été tendres.

Rappelons que McCarthy est devenu très tendance à Hollywood depuis le succès critique, public, cannois et oscarisé de No Country for Old Men. Todd Field devrait réaliser l’adaptation de Blood Meridian et Andrew Dominik travaille sur celle de Cities of the Plain.


Venise 2009 : une histoire italienne

Posté par vincy, le 2 septembre 2009

baaria.jpgOuverture italienne pour la 66e Mostra de Venise qui va offrir 71 premières mondiales parmi les 75 films en sélections officielles. Le film de Giuseppe Tornatore (Cinema Paradiso, Oscar du meilleur film étranger), Baaria, est une fresque historique sur le destin d’une famille sicilienne. Financée par des sociétés de Silvio Berlusconi, elle dure 2 heures 30, avec la musique de Ennio Morricone en bonus. Consensuelle pour certains, indigeste selon beaucoup, divertissante pour d’autres, on y retrouve Michele Placido et Monica Bellucci, ainsi que les jeunes Francesco Scianna et Margareth Madè. Placido présentera par ailleurs Il grande sogno, film traitant de l’Italie soixante-huitarde.

Le cinéma italien n’a remporté que deux Lions d’or après son âge d’or des années 60, dont le dernier remonte à 1998. En 2009, on note la présence de 16 films italiens dans toutes les sélections, dont 4 en compétition.

Pourtant cette ouverture avec une production nationale, mélo et mélancolique, confirme la résurrection du cinéma italien dans les grands festivals internationaux, un an après le doublé Il Divo / Gomorra à Cannes. Il Divo a remporté sept prix David di Donatello (dont meilleur acteur et meilleure photo) en mai dernier, tandis que Gomorra récoltait les prestigieux Donatello du meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario et meilleur producteur.