Les Arcs » Le Blog d'Ecran Noir

Les Arcs 2017 : l’émigration s’invite en compétition

Posté par MpM, le 20 décembre 2017

Il est toujours fascinant d'observer comment, dans le cadre d'un festival, les thématiques se répondent d'un film à l'autre, et viennent donner du monde une vision particulière, renforcée par le hasard (et les coïncidences) des sélections. Ainsi, trois films présentés dans la compétition officielle de ce 9e festival des Arcs traitent plus spécifiquement des questions de migration, d'exil et d'expatriation : La mauvaise réputation d'Iram Haq, The charmer de Milad Alami et Beyond words d'Urszula Antoniak.

Le premier prend le sujet à contrepied en racontant l'histoire, inspirée de l'expérience personnelle de la réalisatrice, d'une jeune fille d'origine pakistanaise vivant en Norvège, parfaitement intégrée, qui est enlevée par sa famille puis envoyée au Pakistan, pays qu'elle ne connaît pas et avec lequel elle doit se confronter. Le deuxième raconte le combat mené par Esmail, un jeune homme iranien dont le permis de résidence au Danemark a été refusé. Son seul espoir réside dans le fait de se marier avec une Danoise, ce qui l'oblige à draguer inlassablement toutes les jeunes femmes qu'il rencontre. Le troisième s'intéresse à Michael, un jeune avocat d'affaires talentueux exerçant à Berlin et cherchant à dissimuler au maximum ses origines polonaises.

A chaque fois, il y a une originalité dans la manière de traiter le sujet de l'exil et de l'intégration. L'angle choisi par Milad Alamai est à ce titre particulièrement intéressant puisqu'il place son personnage dans une situation de "séduction" permanente complètement intenable, faisant de lui une sorte de gigolo dissimulé à qui toute sincérité est refusée. Son parcours est un peu trop tracé d'avance (notamment dans la dernière partie du film qui multiplie les maladresses de scénario), mais il est malgré tout assez représentatif d'une détresse humaine impossible à exprimer. Le personnage, en plus du stress de sa situation, souffre en effet à la fois de la honte de devoir utiliser son corps, de la culpabilité de mentir aux femmes qu'il rencontre et du déshonneur de trahir sa famille.

Le réalisateur parvient à s'abstraire de tout misérabilisme, grâce à des scènes très courtes et une mise en scène tout en retenue, et suggère habilement à la fin que le destin d'Esmail n'a rien d'un cas particulier. Il observe ainsi un durcissement des conditions d'accueil des réfugiés qui les pousse à renoncer à toute dignité élémentaire. Car tout le paradoxe est là : Esmail est intégré socialement, a un travail, et parvient à se débrouiller au Danemark, mais il doit malgré tout monnayer son corps et ses sentiments dans le but d'être autorisé à rester.

Discours plus ambigu dans Beyond words d'Urszula Antoniak, une réalisatrice néerlandaise d'origine polonaise, qui s'inspire de son propre vécu d'émigrante pour dresser le portrait d'un jeune homme parfaitement intégré dans le pays où il a choisi de vivre, et qui pourtant n'y serait pas parfaitement à sa place. On a de quoi être dérangé par le fort relent de déterminisme qui émane de la cinéaste pour qui son personnage continue d'appartenir au monde des réfugiés vivant dans des conditions précaires bien qu'il soit installé depuis longtemps en Allemagne et ait réussi à y avoir une belle carrière.

Avec un mélange de naïveté et de didactisme, le film traque en lui tout ce qui le distingue d'un "vrai" Allemand, s'embourbant dans un parallèle douteux avec un réfugié africain tentant d'obtenir le droit d'asile. On vous passe la justification hallucinante du choix d'une image noir et blanc pour mieux renforcer ce qui semble être le message clef du récit : il est plus facile pour un émigré blanc de passer inaperçu en Allemagne, que pour un émigré noir. C'est d'autant plus regrettable que le film dispose de belles qualités esthétiques et qu'il sonne juste lorsqu'il s'attache aux scènes de rue, aux respirations dans un Berlin parfaitement capté, ou encore à la relation ténue et hésitante qui se tisse entre le personnage et son père qu'il croyait mort.

On sent ainsi que le cinéma a besoin de s'emparer du sujet de l'exil et des migrations, volontaires ou contraintes, et d'interroger à la fois les représentations du migrant (Esmail comme Michael sont loin de la figure stéréotypée du réfugié en galère) et l'histoire particulière de chaque pays avec son immigration. Pourtant, le sujet le plus brûlant, celui des réfugiés de guerre ou victimes de répression politique, et qui est au coeur des préoccupations européennes actuelles, est étonnamment hors champ, laissé à distance. Comme s'il était trop tôt (trop douloureux ?) de se pencher sur une réalité contemporaine dans laquelle la responsabilité collective est plus présente.

Les Arcs 2017 : le cinéma allemand à l’honneur

Posté par MpM, le 19 décembre 2017

Pour sa 9e édition, le festival des Arcs, qui a ouvert ses portes le 16 décembre, consacre un focus au cinéma allemand. Cela se traduit par un panorama des réalisateurs allemands contemporains des plus emblématiques aux plus prometteurs avec une sélection de dix films parmi lesquels Barbara de Christian Petzold, Everyone Else de Maren Ade, L’amour et rien d’autre de Jan Schomburg, L’étrange petit chat de Ramon Zürcher, ou encore Victoria de Sebastian Schipper. L'occasion de (re)découvrir ce que le cinéma allemand a proposé de plus excitant ces dernières années.

C'est également la première fois que les Rendez-vous franco-allemands du cinéma, organisés par UniFrance et German Films dans le but de favoriser les coproductions entre les deux pays ainsi que la distribution de leurs films respectifs, se tiennent aux Arcs, dans le cadre du festival. Au programme, de nombreuses rencontres, débats et tables rondes qui permettent d'aborder des questions liées aux enjeux comparés du numérique ou de la chronologie des médias, et de réfléchir à des cas concrets de co-productions réussies.

On en a bien entendu profiter pour découvrir en avant-première le seul film allemand de la compétition, Le capitaine de Robert Schwentke (Flight plan, Divergente 2 et 3...) qui sortira en France le 21 mars. Une fresque historique décapante, inspirée de faits réels, qui se déroule en avril 1945, dans une Allemagne au bord de la défaite. Alors que le chaos se répand dans le pays et que l'armée se fracture entre commandos punitifs zélés et déserteurs aux abois, un jeune soldat usurpe l'identité d'un capitaine. Ce qui était au départ une manière de survivre devient un jeu dangereux lorsqu'il réunit autour de lui une troupe de déserteurs qu'il embarque dans une mission spéciale dont lui seul connaît les limites.

Dans un noir et blanc impeccable, servi par une mise en scène ample et inspirée, le film s'offre des fulgurances esthétiques lorsque la caméra semble flotter au-dessus d'une scène pour nous en faire lentement découvrir tous les détails, ou quand elle pivote soudainement pour révéler le contre-champ signifiant d'un plan déjà glaçant. Avec Le capitaine, on est un peu dans les montagnes russes du genre cinématographique comme de l'émotion. Par moments, le film a presque des accents de comédie : le faux capitaine se délecte de son pouvoir tout neuf, ce qui donne quelques scènes humoristiques assez réussies. On se réjouit d'ailleurs de le voir se jouer de ceux qui auraient dû être ses supérieurs, et se moquer de l'absurdité du monde militaire comme de celle de la guerre tout en les portant à leur paroxysme.

Le drame et l'horreur la plus abjecte sont pourtant eux-aussi au rendez-vous, lorsque le faux capitaine perd tout contrôle de son personnage. On ne sait s'il est contaminé par une époque qui vante la loi du plus fort, grisé par sa propre puissance, ou entraîné malgré lui toujours plus loin dans un rôle dont il ne peut plus se défaire et qui l'emporte aux confins de la folie, mais la deuxième partie est le récit sans fard d'une perte d'humanité froide et terrifiante. Robert Schwenkte ne filme pas les états d'âme du personnage (un seul plan très bref nous livre son sentiment intérieur) mais plutôt le mécanisme très bureaucratique qui lui permet de perpétrer ses crimes. C'est cela qui est probablement le plus frappant : un être tel que le capitaine ne peut exister que parce que le contexte le permet, les individus autour de lui étant au mieux passifs, au pire enthousiastes. Toute l'ironie (violente) de la chose étant renforcée par le simulacre de procès qui est relaté dans la dernière partie du film.

On sent bien toute l'ambiguïté que cherche à instiller le réalisateur, montrant à la fois la facilité avec laquelle son personnage, pur produit d'un système déshumanisé, bascule dans le mal absolu, et l'ambivalence compassionnelle qui anime le spectateur malgré lui. En effet, la séquence d'ouverture nous place d'emblée du côté du personnage, proie pitoyable d'une chasse à l'homme cruelle. On a peur pour lui, on se réjouit quand il trouve un moyen de sauver sa peau, et c'est seulement lorsqu'on réalise l'horreur dans laquelle il se jette à corps perdu que le piège se referme. Car on a beau être horrifié par son comportement, on voit toujours en lui la victime aux abois prête à tout pour survivre.

Ce regard ambivalent n'est évidemment pas une manière d'excuser le personnage, ou de justifier ses actes, mais plutôt de couper court à la théorie du "monstre inné" pour obliger le spectateur à réfléchir sur la fabrique du monstrueux et la responsabilité d'une société toute entière dans les pires exactions qui sont commises en son sein. Il n'est d'ailleurs guère difficile de trouver des exemples actuels, bien éloignés de la deuxième guerre mondiale, mais qui interrogent tout aussi crûment cette responsabilité collective, ainsi que la facilité de se retrancher derrière le "droit" et le danger d'une indifférence docile. C'est ce qui distingue Le capitaine d'un énième film sur la deuxième guerre mondiale, lui apportant non seulement une puissance d'évocation singulière, mais également une modernité cruciale.

Andrea Arnold présidera le jury du Festival de Cinéma européen des Arcs

Posté par vincy, le 19 septembre 2017

Le Festival de Cinéma Européen des Arcs a choisi la cinéaste britannique Andrea Arnold comme présidente du Jury pour sa 9e édition qui aura lieu du 16 au 23 décembre.

Andrea Arnold, Oscar du meilleur court métrage en 2004 (Wasp), a été récompensé de multiples fois à Cannes: prix du jury avec Red Road (2006), Prix du jury (et Bafta du meilleur film britannique) avec Fish Tank (2009) et de nouveau Prix du jury pour American Honey (2016). Red Road avait aussi reçu un prix Coup de cœur au Festival du film britannique de Dinard, tandis qu'avec Fish tank etAmerican Honey, elle a été deux fois récompensée comme meilleur réalisateur aux British Independent Film Awards. Andrea Arnold a aussi réalisé Les Hauts de Hurlevent, en compétition à Venise en 2011.

Le reste du Jury et la programmation du Festival seront dévoilés lors de la conférence de presse du 6 novembre.

L'an dernier, le jury des Arcs avait récompensé le long-métrage de Kristina Groseva et Petar Valchanov, Glory par la Flèche de Cristal et celui de Fien Troch, Home, en salles depuis mercredi, par le Grand prix du jury.

120 battements par minute et L’autre côté de l’espoir parmi les 10 films en lice pour le Prix LUX 2017

Posté par vincy, le 3 juillet 2017

Comme chaque année, au Festival de Karlovy-Vary, le Parlement européen a révélé sa première liste de films sélectionnés en vu du Prix LUX du cinéma européen. Pour son dixième prix, le comité de sélection a choisi 4 premiers films, cinq films réalisés par des femmes et pas mal de films sélectionnés à Venise, Berlin et Cannes.

Les trois finalistes seront dévoilés lors de la conférence des Venice Days fin juillet.

A Cambra de Jonas Carpignano (Italie) - Quinzaine des réalisateurs 2017
120 battements par minute de Robin Campillo (France) - Grand prix du jury à Cannes 2017
Glory (Slava) de Kristina Grozeva & Petar Valchanov (Bulgarie) - Flèche de cristal et prix de la critique au Festival des Arcs 2016
Heartstone de Gudmundur Arnar Gudmundsson (Islande) - Queer Lion à Venise 2016, Grand prix du jury et prix du public à Angers 2017
King of the Belgians de Peeter Brosens et Jessica Woodworth (Belgique) - sélectionné à Venise 2016 (section Horizons)
Sami Blood d'Amanda Kernell (Suède) - Prix Label Europa à Venise 2016
Eté 1993 de Carla Simón (Espagne) - Prix du meilleur premier film à Berlin 2017
The Last Family de Jan P. Matuszynski (Pologne) - Prix du meilleur acteur à Locarno 2016
L'autre côté de l'espoir d'Aki Kaurismäki (Finlande) - Prix de la mise en scène à Berlin 2017
Western de Valeska Grisebach (Allemagne) - sélectionné à Un certain regard (Cannes) 2017

Glory, Fixeur, Layla M et L’indomptée multiprimés aux Arcs

Posté par vincy, le 16 décembre 2016

Le jury de la 8e édition du Festival de Cinéma Européen des Arcs a décerné ses prix vendredi 16 décembre.

La Flèche de Cristal, en partenariat avec Hiventy, a été remise au long-métrage bulgare de Kristina Groseva et Petar Valchanov, Glory, distribué par Urban Distribution. Le film a également reçu le Prix de la presse. Il avait déjà reçu l'Atlas d'or à Arras après une sélection au Festival de Locarno. L'histoire raconte celle d'un cheminot nommé Tsanko Petrov qui trouve des millions de lev sur la voie ferrée. Alors il décide de remettre la totalité de la somme à la police. L’État reconnaissant lui offre une nouvelle montre-bracelet en récompense… qui s’arrête bientôt. Pendant ce temps, Julia Staikova, la directrice des relations publiques du ministère des transports, égare sa vieille montre. Ici commence la bataille désespérée dans laquelle se lance Petrov pour récupérer non seulement sa vieille montre, mais aussi sa dignité.

Le Grand Prix du Jury a été décerné à Home de Fien Troch. Une mention a été remise à l'excellent film roumain Fixeur (The Fixer) d’Adrian Sitaru, qui a aussi été distingué par le prix d’interprétation masculine poiur Tudor Istodor.

Layla M de Mijke de Jong a reçu deux prix: le Prix d’interprétation féminine pour Nora El Koussour et le Prix du Public.

Le Prix de la meilleure musique originale, doté par la SACEM, a été attribué à Nicola Piovani pour le très original L’Indomptée de Caroline Deruas, également récompensé par le Prix du Jury Jeune. Ce jury a donné une mention spéciale au dérangeant Zoology d'Ivan Ivanovitch Tverdovskiy, qui a aussi reçu le Prix 20 Minutes d’Audace.

Par ailleurs, le Prix de la meilleure photographie est revenu à Gösta Reiland pour Pyromaniac d’Erik Skojblærg.

Enfin, le Prix Cineuropa, attribué à un film produit ou co-produit par un pays participant au programme MEDIA ou membre du programme Eurimages, a distingué Lady Macbeth (qui sera retitré The Young lady), film britannique saisissant adapté d'une nouvelle russe du XIXe siècle. Le film sortira en avril 2017.

En Europe, derrière la caméra, on est encore très loin de la parité

Posté par vincy, le 13 décembre 2016

A l’occasion du Festival de cinéma européen des Arcs, une étude sur l’émergence d’une nouvelle génération de réalisatrices européennes, coréalisée avec le soutien de France Télévisions, la Fondation Sisley et le CNC a été publiée alors que le Festival met à l’honneur ces mêmes jeunes réalisatrices. La compétition est d’ailleurs paritaire. Jérémy Zelnik, Responsable des événements professionnels du festival, veut, par cette étude, « faire bouger les choses ». Et c’est en effet nécessaire. « On est très loin de la parité » insiste-t-il.

Le constat est douloureux : sur quatre ans, de 2012 à 2015, dans 30 pays, seuls 19,4% des films sont réalisés par des femmes. Même dans les pays les plus « féminisés » comme la Norvège ou la Suède, la proportion ne dépasse par un film sur trois. Les cinémas italiens et britanniques sont en queue de peloton, tandis que le cinéma français atteint les 25%, se situant ainsi au dessus du niveau moyen européen. Cette étude recoupe les chiffres d'une autre étude de l'European Women's Audiovisual Network, "Rapport sur l'égalité des genres au sein de l'industrie cinématographique européenne", parue au moment du Festival de Cannes où 21% des films dans les 7 pays étudiés était réalisés par une femme.

La parité n’est pas forcément souhaitable. Pour Jérémy Zelnik, « l’importance c’est l’égalité des chances. Les femmes n’ont pas moins de talents que les hommes ». Dans des pays où la production n’est pas très importante, la parité n’est pas l’objectif principal. Par ailleurs, la politique de quotas peut s’avérer contre-productive et doit s’adapter au temps nécessaire de la création. L’an dernier les femmes étaient majoritaires aux Work in Progress des Arcs, cette année, elles sont minoritaires. "La parité est plus intéressante à imposer dans les comités de décision ou les écoles de cinéma" selon lui. Mais Jérémy Zelnik confirme qu’il faut constamment porter une attention particulière pour que les femmes ne soient pas oubliées. C’est l’idée de ce focus aux nouvelles femmes réalisatrices européennes, accompagné de deux tables rondes : mettre en lumière ces nouveaux talents.

Car le renouvellement des générations est l’autre grand axe de l’Etude, et l’autre problème dans une grande partie des pays. Une fois de plus, le cinéma italien se fait remarqué par l’âge de ses réalisatrices : avec la moyenne la plus élevée, il s’agit du cinéma qui se renouvelle le moins. Face à ce cinéma le plus ancien, on peut opposer des cinémas « plus jeunes » comme ceux de Lettonie, Bulgarie, Slovénie, Belgique, Slovaquie, Irlande ou Norvège. « En Europe, les hommes qui ont réalisé un film entre 2012 et 2015, en sont à leur 3,7ème film, tandis que pour la même période les femmes en sont à leur 2,7ème film. Le cinéma européen féminin est en moyenne plus jeune d’une génération par rapport au cinéma européen masculin » explique l’étude.

Encore une fois, l’Italie est en tête de file, avec 5,7 films réalisés en moyenne par les hommes et 3,06 par les femmes. En Suède, de la même façon, on passe de 4,19 films réalisés par les hommes à 1,93 films réalisés par les femmes. En France, ce sont 2,53 films pour les femmes contre 4,07 films pour les hommes.

Il y a quand même une évolution. Ainsi, si 19,4% des films ont été réalisés par des femmes en France, 22,44% des premiers et deuxièmes films sont l’œuvre d’une cinéaste. Pour les premiers et deuxièmes films, la proportion atteint même plus de 35% pour la Suède et la Norvège. En France, le chiffre est à 28,2% mais si « l’évolution transgénérationnelle française existe », elle reste « progressive ». En revanche, au Royaume Uni, en Turquie comme en Italie, on reste en dessous des 15%. « Si les chiffres du Royaume-Uni sont donc bas et, en plus de cela, ne présentent aucune évolution transgénérationnelle » ceux de « L’Italie, au contraire, bien qu’elle se situe en bas de l’échelle en termes de proportion de femmes réalisatrices, gagne des échelons dans les jeunes générations. »

Globalement, la présence des femmes derrière la caméra est en hausse dans de nombreux pays, à quelques exceptions. Grâce à des politiques dédiées, la Norvège, la Suède et la Suisse font figure de bons élèves. La France, l’Allemagne et la Slovaquie, sans avoir de politiques spécifiques concernant le cinéma au féminin, sont au dessus de la moyenne et continuent de miser sur de nouveaux talents féminins. Des pays comme la Roumanie, la Russie, l’Italie, la Pologne, la Turquie et le Portugal connaissent des évolutions et révolutions culturelles « qui vont mettre un peu de temps à s’installer » souligne l’étude. Et puis il y a les cancres comme le Royaume Uni et la Grèce, tous deux très en retard.

Les Arcs 2016: trois projets de films récompensés

Posté par vincy, le 12 décembre 2016

Le jury professionnel présidé par Bertrand Bonello au Festival du cinéma européen des Arcs a distingué deux films en "work in progress" parmi les 16 films sélectionnés.

Le très convoité prix Eurimages Lab Project a été remis à The Hidden City de l'espagnol Victor Moreno (The Building, Goya 2012 du meilleur documentaire). Cette coproduction espagnole (El Viaje Films) et française (Pomme Hurlante Films) a reçu 50000€. Il s'agit d' "un projet innovant et non traditionnel en termes de contenu et de production" et la dotation devrait permettre de boucler la post-production.

Le prix Hiventy (10000€ de prestations de post-production par le laboratoire) revient à Good Luck de l’américain Ben Russell, qui fut donc honoré du prix Hiventy. Coproduction entre la France (KinoElektron) et l’Allemagne (CaSk Films), ce documentaire se concentre sur les employés d’une mine souterraine en Serbie et d’une mine d’or illégale au Suriname.

La sélection Work In Progress était aussi composée de All You Can Eat Buddha de Ian Lagarde (Canada), Cemetery de Carlos Casas (Espagne), Dog de Florin Serban (Roumanie) , Dovlatov de Alexey Guerman Jr (Russie), Hier de Balint Kenyeres (Hongrie), I Am Not A Witch de Rungano Nyoni (Royaume Uni), In My Room de Ulrich Köhler (Allemagne), Koko-di Koko-da de Johannes Nyholm (Suède), La part sauvage de Guérin Van Der Vorst (Belgique), My Happy Family de Nana & Simon (Géorgie/Allemagne), Sans Titre de Olmo Omerzu (République tchèque), The Elephant in a Dark Room de Konstantin Bojanov (Bulgarie), The Gulf de Emre Yeksan (Turquie) et The Real Estate de Mans Mansson et Axel Petersén (Suède).

Par ailleurs, la chaîne franco-allemande Arte, partenaire du Festival, a donné le 3e Arte International Prize (4000€) au projet The Father Who Moved Mountains, parmi les 21 projets de la sélection Village des coproductions. Ce drame roumain de Daniel Sandu, qui avait déjà présenté One Step Behind the Seraphims dans la sélection Work-in-Progress l’an dernier. Produit par Mobra Films, la société de Cristian Mungiu, il a déjà réuni les deux tiers de son budget (1,6 M€).

Cette sélection avait dans sa liste L'enfance Martha Jane Cannary de Rémi Chayé, The Last Words de Jonathan Nossiter, Magic City de Eva Ionesco et Sad Liza de Caroline Deruas, qui présentait L'indomptée, son premier film dimanche en compétition.

Les Arcs 2016: un festival sous le signe de la diversité et de l’enthousiasme

Posté par vincy, le 11 décembre 2016

La 8e édition du Festival du cinéma européen des Arcs a été lancée samedi soir après un petit cocktail où le vin savoyard frappait un peu les festivaliers. La salle était remplie. Cofondateur du festival, avec Guillaume Calop, Pierre-Emmanuel Fleurantin était aux anges: "ça fait du bien d'avoir autant d'ouverture d'esprit et d'enthousiasme. Ça rend optimiste par les temps qui courent."

120 films seront présentés entre Bourg Saint-Maurice dans la vallée et les cimes savoyardes, aux Arcs 1800, 1950 et 2000. Cette année, plutôt que de faire un focus sur une cinématographie nationale, les Arcs ont privilégié les femmes cinéastes. En Europe, un film sur cinq seulement est réalisé par une femme. "Aux Arcs, cette statistique nous heure, nous questionne, comme un cailloux dans une chaussure" explique la responsable des RP, Fabienne Silvestre-Bertoncini, appelant tous les festivaliers à se "mobiliser pour faire changer les choses."

Le président Claude Duty animait la soirée d'ouverture et a présenté le jury, présidé par Radu Mihaileanu qui a "félicité la diversité et la beauté de l'expression en Europe".

De la diversité et de la beauté humaine, il y en avait dans le film d'ouverture, Patients (Step by Step pour les marchés internationaux). Réalisé par Mehdi Idir et Grand Corps Malade, librement inspiré de son roman en grande partie autobiographique, cette comédie douce-amère, tantôt drôle, tantôt dramatique, "un rollercoaster" comme le définirait Frédéric Boyer, directeur artistique du festival, est un quasi huis-clos dans un centre de rééducation pour tétra et quadriplégiques, porté par un groupe d'acteurs formidables. Le film est promis à un joli succès en salles. Gaumont le sortira le 1er mars 2017.

Les Arcs 2016: le cinéma européen au sommet

Posté par vincy, le 9 décembre 2016

Du 10 au 17 décembre, le Festival de cinéma européen des Arcs célèbrera sa 8e et ambitieuse édition sous le signe des femmes. Cette année le festival a décidé de célébrer la jeune génération de femmes réalisatrices européennes à travers un programme "Nouvelles Femmes de cinéma". Outre la sélection de 10 réalisatrices qui viendront présenter leur film, la manifestation publiera une étude sur le thème, organisera deux tables rondes et une masterclass de la compositrice Béatrice Thiriet en plus d'ateliers "boîte à idées" et de la venue de Valéria Golino, invitée d'honneur du Festival. De plus la moitié des films en compétition sont l'œuvre d'une cinéaste.

Les 10 "Nouvelles Femmes de cinéma":
Houda Benyamina (Divines) ; Rebecca Daly (Mamal) ; Laura Bispuri (Vierge sous serment) ; Veronika Franz (Goodnight Mommy) ; Jessica Hausner (Lourdes) ; Agnes Kocsis (Fresh Air) ; Alanté Kavaïté (The Summer of Sangaile) ; Rachel Lang (Baden Baden) ; Nanouk Leopold (Brownian Movement) ; et Pia Marais (Layla Fourie)

EVENEMENTS

Ouverture: Patients, de Grand Corps Malade et concert du groupe La Femme.
Clôture: La communauté de Thomas Vinterberg et concert de The Pirouettes
Masterclass: Bertrand Bonello, invité d'honneur, qui accompagnera trois films dans le cadre sa carte blanche - Scum d'Alan Clarke, Deep End de Jerzy Skolimowski et Le braqueur de Benjamin Heisenberg

BUSINESS

Les Arcs c'est aussi un rendez-vous B2B avec le village des coproductions Arc 1950 du 10 au 13 décembre avec 20 projets en développement et notamment trois projets québécois en plus d'une conférence "Coproduire avec le Québec" ; Work in Progress avec 15 projets de films européens en post-production en quête de financements complémentaires et/ou de distributeurs ; Le sommet des Arcs, du 13 au 17 décembre, rencontre s professionnelles pour les distributeurs et les exploitants avec en parallèle le Laboratoire des initiatives, L'atelier des sorties et Les ateliers di Sommet (dont l'un consacré à l'utilisation des réseaux sociaux)

FUN

Le festival a d'autres atouts:
- Du futurisme avec Drive Test 360° ; Everest VR ; Drone l'Expérience ; Le Village VR
- Du son avec un quiz cinéma-musique le dimanche, des concerts, des DJ sets
- De la glisse avec l'Igloo Party (non non non ce n'est pas ce que vous pensez)
- Des cocktails.

JURYS

- longs métrages: Radu Mihaileanu (Président), Mélanie Doutey, Mélanie Bernier, Ólafur Darri Ólafsson, Sebastian Schipper, Catherine Corsini et Bruno Coulais.
- courts métrages: Antonin Peretjatko (Président), Alice de Lencquesaing, Lola Bessis, Audrey Estrougo,  Finnegan Oldfield, Grégory Audermatte et François Theurel.

FILMS

La compétition:
- Clair obscur de Yesim Ustaoglu (Turquie)
- Home de Fien Troch (Belgique)
- Glory de Kristina Grozeva et Petar Valchanov (Bulgarie)
- Layla M de Mijke De Jong (Pays-Bas) accompagné d'un ciné-débat avec le jeune publuc
- L'indomptée de Caroline Deruas (France)
- Miséricorde de Fulvio Bernasconi (Suisse)
- Lady Macbeth de William Oldroyd (Royaume Uni)
- Pyromaniac de Erik Skjoldbaerg (Norvège)
- The Fixer de Adrian Sitaru (Roumanie)
- Zoology d'Ivan Tverdovskiy (Russie)

Sélection Playtime:
- Indivisibili d'Edoardo de Angelis (Italie)
- King of Belgians de Jessica Woodworth et Peter Brosens (Belgique)
- Jamais contente d'Emilie Deleuze (France)
- Paris pieds nus de Fiona Gordon et Dominique Abel (Belgique)
- Primaire d'Hélène Angel (France)
- Une vie ailleurs d'Olivier Peyon (France)
- The Oath de Baltasar Kormakur (Islande)

Sélection Hauteur:
- Belle dormant d'Ado Arrietta (France)
- L'ami (François d'Assise et ses frères) de Renaud Fely et Arnaud Louvet (France)
- It's not the time of my life de Szabolcs Hajdu (Hongrie)
- Orpheline d'Arnaud Des Pallières (France)
- Quit staring at my plate de Hana Jusi (Croatie)
- The Last Family de Jan Matuszynski (Pologne)

Sessions frayeurs:
- Grave de Julia Ducounrau (France)
- Cave de Henrik Martin Dahlsbakken (Norvège)
- Dans la forêt de Gilles Marchand (France)
- Goodnight Mommy de Veronika Franz et Severin Fiala (Autriche)

Le film islandais Sparrows décroche la Flèche de Cristal et trois autres prix aux Arcs

Posté par vincy, le 18 décembre 2015

Sparrows de Runar Runarsson a été récompensé d'une Flèche de Cristal ce vendredi 18 décembre au Festival de cinéma européen des Arcs. Le jury était présidé par Sylvie Pialat et composé de Clotilde Hesme, Ludovic Bource, Malgorta Szumowska, Anders Danielsen Lie et Daverio Costanzo. Pour Sparrows, il s'agit d'une consécration après la Coquille d'or à San Sebastian en septembre (meilleur film), le prix du meilleur nouveau réalisateur à Chicago, le prix du meilleur scénario et du meilleur film à Sao Paulo ou encore le prix du meilleur film à Varsovie. Le film reçoit aussi le prix d'interprétation masculine pour Atli Oskar Fjalarsson et le prix de la meilleure photographie pour Sophia Olsson. A cela s'ajoute le Prix de la presse. Il n'a toujours pas de distributeur en France.

5 prix pour Ad Vitam

Ce n'est pas le cas des autres films récompensés. Ad Vitam fait d'ailleurs une belle razzia avec Bang Gang (une histoire d'amour moderne) d'Eva Husson - qui repart avec le Grand prix du Jury et le prix de la meilleure musique originale (White Sea) mais aussi le prix Cineuropa et le prix du jury Jeune - et Peur de rien de Danielle Arbid récompensée par un prix d'interprétation féminine pour Manal Issa.

Le public a préféré le film irlandais Room, de Lenny Abrahamson, déjà plébiscité par le public du Festival de Toronto en septembre, et dont l'actrice, Brie Larson, est l'une des favorites pour l'Oscar cette année.

Le prix Arte-Village des Coproductions a choisi le projet franco-italien de Giacomo Abbruzzese, Disco Boy. Le jury du Prix Work in Progress a décerné le prix Digimage à Son of Sofia de la grecque Elina Psykou.

Pour sa 7e édition, le festival a accueilli 20 000 spectateurs.