Berlin 2017: Les derniers ajouts à la sélection officielle

Posté par vincy, le 20 janvier 2017

Le 67e Festival du film de Berlin a complété sa compétition et ses séances spéciales, après deux séries de révélations le 15 décembre et le 10 janvier.

A la sélection officielle déjà connue s'ajoutent Final Portrait de Stanley Tucci, avec Geoffrey Rush, Armie Hammer, Clémence Poésy, Tony Shalhoub, James Faulkner et Sylvie Testud, Hao ju le (Have a Nice Day), film d'animation chinois de Liu Jian et Sage femme, de Martin Provost, avec Catherine Frot, Catherine Deneuve et Olivier Gourmet.

Les soirées de galas accueilleront aussi Maudie de Aisling Walsh, avec Sally Hawkins et Ethan Hawke et The Lost City of Z de James Gray, avec Charlie Hunnam, Sienna Miller, Robert Pattinson et Tom Holland.

Competition 2017
Ana, mon amour de Calin Peter Netzer
Bamui haebyun-eoseo honja (On the Beach at Night Alone) de Hong Sangsoo
Beuys d'Andres Veiel - documentaire
Colo de Teresa Villaverde
The Dinner d'Oren Moverman (USA)
Django de Etienne Comar - premier film (ouverture)
Félicité d'Alain Gomis
Hao ji le (Have a Nice Day) de Liu Jian - animation
Helle Nächte (Bright Nights) de Thomas Arslan
Joaquim de Marcelo Gomes
Mr. Long de Sabu
The Party de Sally Potter
Pokot (Spoor) d'Agnieszka Holland
Return to Montauk de Volker Schlöndorff
Teströl és lélekröl (On Body and Soul) de Ildiko Enyedi
Toivon tuolla puolen (The Other Side of Hope) de Aki Kaurismäki
Una mujer fantástica (A Fantastic Woman) de Sebastián Lelio
Wilde Maus (Wild Mouse) de Josef Hader - premier film

Hors-compétition 2017
El bar (The Bar) de Álex de la Iglesia
Final Portrait bde Stanley Tucci (United Kingdom / France)
Logan de James Mangold
Sage femme (Midwife) de Martin Provost
T2 Trainspotting de Danny Boyle
Viceroy’s House de Gurinder Chadha

Berlinale Special 2017
Acht Stunden sind kein Tag (Eight Hours Don't Make A Day) dey Rainer Werner Fassbinder (1972) – série TV
the bomb de Kevin Ford, Smriti Keshari, Eric Schlosse - film expérimental
Es war einmal in Deutschland... (Bye Bye Germany) de Sam Garbarski
In Zeiten des abnehmenden Lichts (In Times of Fading Light) de Matti Geschonneck
La libertad del diablo (Devil's Freedom) de Everardo González - Documentaire
La Reina de España (The Queen of Spain) de Fernando Trueba
Le jeune Karl Marx (The Young Karl Marx) de Raoul Peck
The Lost City of Z de James Gray
Masaryk (A Prominent Patient) de Julius Sevcik
Maudie de Aisling Walsh
Nema-ye nazdik (Close Up) de Abbas Kiarostami
The Trial: The State of Russia vs Oleg Sentsov d'Askold Kurov - documentaire
Últimos días en La Habana (Last Days in Havana) de Fernando Pérez

Berlinale Special Series
4 Blocks de Marvin Kren
Below The Surface de Kasper Barfoed
Black Spot de Mathieu Missoffe, Thierry Poiraud, Julien Despaux
Der gleiche Himmel (The Same Sky) - de Paula Milne et Oliver Hirschbiegel
Patriot – de Steve Conrad

Berlin 2017: Danny Boyle, James Mangold, Alex de la Iglesia, Hong Sangsoo, Volker Schlöndorff s’ajoutent à la sélection officielle

Posté par vincy, le 10 janvier 2017

En plus des 10 films déjà révélés il y a près d'un mois (lire notre actualité du 15 décembre 2016) qui comprenait entre autres les nouveaux films de Alain Gomis, Sally Potter, Agnieszka Holland, Aki Kaurismäki et Raoul Peck, et du film d'ouverture en compétition (Django d'Etienne Comar), la 67e Berlinale (9-19 février), dont le jury sera présidé par Paul Verhoeven, a ajouté 12 films, dont la moitié en compétition, à sa Sélection officielle.

Compétition:
Bamui haebyun-eoseo honja (On the Beach at Night Alone) de Hong Sangsoo (Corée du sud), avec Kim Minhee, Seo Younghwa
El Bar (The Bar) d'Alex de la Iglesia (Espagne), avec Blanca Suárez, Mario Casas
Helle Nächte (Bright Nights) de Thomas Arslan (Allemagne) avec Georg Friedrich, Tristan Göbel
Joaquim de Marcelo Gomes (Brésil), avec Julio Machado, Isabél Zuaa
Mr Long de Sabu (Japon), avec Chen Chang, Sho Aoyagi
Retour à Montauk de Volker Schlöndorff (Allemagne), avec Stellan Skarsgård, Nina Hoss, Susanne Wolff, Niels Arestrup

Hors compétition:
Logan de James Mangold (USA), avec Hugh Jackman, Patrick Stewart
T2 Trainspotting de Danny Boyle (Royaume Uni), avec Ewan McGregor, Robert Carlyle, Jonny Lee Miller
Viceroy’s House de Gurinder Chadha (Royaume Uni/Inde), avec Hugh Bonneville, Gillian Anderson

Séances spéciales:
Es war einmal in Deutschland... (Bye Bye Germany) de Sam Garbarski (Allemagne), avec Moritz Bleibtreu, Antje Traue, Mark Ivanir
In Zeiten des abnehmenden Lichts (In Times of Fading Light) de Matti Geschonneck (Allemagne), avec Bruno Ganz, Hildegard Schmahl
Masaryk (A Prominent Patient) de Julius Sevcík (Rép. Tchèque), avec Karel Roden, Hanns Zischler

Un premier film français ouvre le Festival de Berlin 2017

Posté par vincy, le 4 janvier 2017

Le 67e Festival de Berlin s'ouvrira le 9 février avec le premier film du français Etienne Comar, Django. Le film sera également en compétition. Django raconte comment le célèbre guitariste et compositeur de jazz Django Reinhardt a réussi à fuir Paris sous l'Occupation en 1943, alors que lui et sa famille étaient harcelés et pourchassés par les Nazis.

Ce "biopic" qualifié de "poignant" par le directeur de la Berlinale, Dieter Kosslick est aussi une histoire de survie et de persévérance: le musicien n'a jamais cessé de jouer. Reda Kateb incarne le jazzman, aux côtés de Cécile de France (qui interprète une admiratrice), Alex Brendemühl (vu récemment dans Mal de pierres), Antoine Laurent, Aloïse Sauvage et Ulrich Brandhoff.

L'histoire a été écrite par le réalisateur (scénariste de Des hommes et des dieux, Timbuktu et Mon Roi) et le romancier Alexis Salatko, qui avait sortie en 2013 une biographie sur le musicien, Folles de Django.

Soulignons que la musique de Django Reinhardt a été réenregistrée par le groupe de jazz néerlandais Rosenberg Trio. Cette coproduction Fidélité, Arches Films et Pathé, est prévue dans les salles françaises le 26 avril prochain.

Le film que j’attends le plus en 2017 : The Other Side of Hope d’Aki Kaurismäki

Posté par vincy, le 1 janvier 2017

Six ans. Le temps n'a jamais été aussi long entre deux films du cinéaste finlandais Aki Kaurismäki. Déjà il avait fallu attendre cinq ans entre Les lumières du Faubourg et son dernier film Le Havre. The Other Side of Hope sera révélé au Festival de Berlin en février. Ce sera l'occasion de célébrer les cent ans du cinéma finlandais.

L'impatience de découvrir son nouveau film est un mélange de désir et d'appréhension. Il n'y a rien de pire que la déception après avoir autant attendu. Kaurismäki est l'un des grands cinéastes européens de ces quatre dernières décennies. Il y a dix ans le Festival de Locarno lui a consacré une rétrospective où toute son œuvre - ses longs comme ses courts et moyens métrages ou ses clips vidéo - était révélée, et ce fut une révélation. Punk et rock, humaniste et mélancolique, optimiste et délirant, ses films prenaient toute leur cohérence et trouvaient leur point d'équilibre entre rires et larmes, liberté et maîtrise.

Il y a peu de réalisateurs dont on peut deviner le nom rien qu'au style artistique, à la mise en scène, aux personnages. Il fait partie de ce club. A l'instar d'un Almodovar ou d'un Sorrentino, il a son esthétique propre (et singulière). A la manière d'un Loach ou d'un Jarmusch, ses anti-héros suscitent une empathie immédiate. Entre épure et naïveté, il dessine le portrait d'une société brutale avec les faibles et d'un monde où la marginalité est peut-être la seule voie possible pour rester libre. Pour, Kaurismäki, la solidarité est une valeur, au dessus de celles imposées par un dogmatisme moralisateur. En ces temps cyniques où le petit commentaire et l'insulte font figure de langage, cette élégance n'est pas mineure.

Le titre de son nouveau film, L'autre face de l'espoir pourrait-on traduire, démontre qu'il garde son cap. Tourné au début de l'automne 2016, à Helsinki, le récit suit un VRP finlandais qui croise un réfugié syrien. C'est le deuxième volet de sa trilogie sur les ports, après Le Havre, où là aussi il était question d'immigration. Je n'imagine aucun pathos et j'espère un regard sensible sur ce sujet délicat, tout en retrouvant son humour pince-sans-rire. L'espoir de voir de bons films en 2017 motive plus que jamais à être curieux. Cela n'empêche pas d'être fidèle, loyal et enthousiaste pour les cinéastes qu'on aime depuis longtemps.

Berlin 2017: déjà 10 films de la compétition révélés

Posté par vincy, le 15 décembre 2016

La 67e Berlinale (9-19 février) a commencé la révélation de ses sélections avec 10 films en compétition, parmi lesquels les nouveaux films de Teresa Villaverde, Alain Gomis, Sally Potter, Agnieszka Holland et Aki Kaursimäki. A cela s'ajoutent trois films hors compétition. Le jury est présidé cette année par Paul Verhoeven.

Competition

  • A teströl és a lélekröl (On Body and Soul) de Ildiko Enyedi (Hongrie), avec Géza Morcsányi, Alexandra Borbély, Zoltán Schneider
  • Ana, mon amour de C?lin Peter Netzer (Roumanie), avec Mircea Postelnicu, Diana Cavallioti, Carmen T?nase, Adrian Titieni, Vlad Ivanov
  • Beuys de  Andres Veiel (Allemagne), documentaire
  • Colo de Teresa Villaverde (Portugal), avec João Pedro Vaz, Alice Albergaria Borges, Beatriz Batarda, Clara Jost
  • The Dinner d'Oren Moverman (USA), avec Richard Gere, Laura Linney, Steve Coogan, Rebecca Hall, Chloë Sevigny
  • Félicité de Alain Gomis (France), avec Véro Tshanda Beya, Gaetan Claudia, Papi Mpaka
  • The Party de Sally Potter (Royaume Uni), avec Patricia Clarkson, Bruno Ganz, Cherry Jones, Emily Mortimer, Cillian Murphy, Kristin Scott Thomas, Timothy Spall
  • Pokot (Spoor) de Agnieszka Holland (Pologne), avec Agnieszka Mandat, Wiktor Zborowski, Miroslav Krobot, Jakub Giersza?, Patricia Volny, Borys Szyc
  • Toivon tuolla puolen (The Other Side of Hope) de Aki Kaurismäki (Finlande), avec Sakari Kuosmanen, Sherwan Haji (photo)
  • Una Mujer Fantástica de Sebastián Lelio (Chili), avec Daniela Vega, Francisco Reyes, Luis Gnecco, Aline Küppenheim, Amparo Noguera

Berlinale Special

  • La Reina de España (The Queen of Spain) de Fernando Trueba (Espagne), avec Penélope Cruz, Antonio Resines, Chino Darín, Cary Elwes, Mandy Patinkin, Neus Asensi, Ana Belén
  • Le jeune Karl Marx (The Young Karl Marx) de Raoul Peck (France), avec August Diehl, Stefan Konarske, Vicky Krieps, Hannah Steele, Olivier Gourmet
  • Últimos días en La Habana (Last Days in Havana) de Fernando Pérez (Cuba), avec Jorge Martínez, Patricio Wood, Gabriela Ramos

Paul Verhoeven président du jury du Festival de Berlin 2017

Posté par vincy, le 9 décembre 2016

Le scénariste, réalisateur et producteur néerlandais Paul Verhoeven sera le Président du jury de la 67e Berlinale qui se déroulera du 9 au 19 février 2017. Son dernier film, Elle, sortira sur les écrans allemands le 2 février 2017.

"Avec Paul Verhoeven comme Président du jury, nous avons un cinéaste qui a travaillé dans différents genres, aussi bien en Europe qu'aux Etats-Unis. La palette de son travail cinématographique reflète sa créativité, la diversité, l'audace ainsi que sa volonté d'expérimenter", a déclaré le directeur de la Berlinale, Dieter Kosslick dans un communiqué du Festival.

Verhoeven avait notamment participé au Berlinale Talent Campus de 2013 où il avait exposé et partagé ses méthodes de travail et sa vision de la production des deux côtés de l'Atlantique. Aucun film de Paul Verhoeven n'a été présenté à la Berlinale.

Avec Turkish Delight en 1973, il reçoit une nomination aux Oscars dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère. Quatre ans plus tard, avec Soldier of Orange, il obtient une nomination aux Golden Globes. L'appel d'Hollywood l'amène à réaliser trois gros hits consécutifs : Robocop, Total Recall et Basic Instinct (deux fois nommé aux Oscars, hors-compétition à Cannes). Malgré l'échec de Showgirls, devenu culte avec le temps, il reste à Los Angeles et réalise Starship Troopers et Hollow Man. Entre science-fiction, thriller et érotisme, le réalisateur a toujours aimé flirter avec les tabous et la transgression.

Il revient en Europe et sort le très bon drame de guerre Black Book en 2006, sélectionné à Venise. Les spectateurs attendront dix ans pour revoir un film signé Verhoeven: Elle, en compétition à Cannes, tourné en français, représente la France aux Oscars et reçoit de multiples distinctions, pour le film comme pour son actrice principale Isabelle Huppert.

Sept films dans la course pour le Prix Louis-Delluc 2016

Posté par vincy, le 10 novembre 2016

Nocturama de Bertrand Bonello (San Sebastian, compétition), Le fils de Joseph d'Eugène Green (Berlin, Forum), Rester vertical d'Alain Guiraudie (Cannes, compétition), L'avenir de Mia Hansen-Love (prix de la mise en scène à Berlin), Frantz de François Ozon (Venise, compétition), La mort de Louis XIV d'Albert Serra (Cannes, hors compétition), Le bois dont les rêves sont faits documentaire de Claire Simon (Locarno, hors compétition) sont les films nommés au prix Louis-Delluc 2016. Une sélection pour le moins radicale et très "auteuriste", pointue et exigeante.

Qui succédera à Fatima, de Philippe Faucon, qui avait réussi le doublé avec le César du meilleur film? Le lauréat sera connu le 14 décembre. En tout cas, aucun des cinéastes sélectionnés n'a été récompensé par le Delluc dans le passé. En revanche, Eugène Green en 2001 et Mia Hansen-Love en 2007 ont reçu le Prix Louis-Delluc du premier film.

La dernière charge d’Andrzej Wajda (1926-2016)

Posté par vincy, le 10 octobre 2016

Le réalisateur polonais Andrzej Wajda est mort dimanche 9 octobre dans la soirée à Varsovie à l'âge de 90 ans des suites d'une insuffisance pulmonaire. Oscar pour l'ensemble de sa carrière en 2000, Ours d'or d'honneur en 2006 et Ours d'argent pour sa contribution au cinéma en 1996 à Berlin, Palme d'or en 1981 pour L'homme de fer et prix spécial du jury en 1957 pour Ils aimaient la vie à Cannes, Lion d'or d'honneur en 1998 à Venise, César d'honneur en 1982 et César du meilleur réalisateur pour Danton en 1983, Prix Louis Delluc pour Danton en 1982 et BAFTA du meilleur film étranger pour Danton en 1984, le cinéaste était l'une des grandes figures du cinéma européen de la seconde moitié du XXe siècle.

Il a accompagné l'histoire de la Pologne depuis l'après guerre jusqu'en 2014.  Né le 6 mars 1926 à Suwalki , Andrzej Wajda a d'abord voulu être, comme son père, militaire de carrière. Sans succès. Son pays est alors envahi par l'Allemagne nazie. Il commence alors des cours de peinture, et, après un passage à l'Académie des Beaux-Arts de Cracovie, il intègre la célèbre école de cinéma à Lodz.

Figure de proue de l'Ecole de cinéma de Lodz

Sa filmographie, prolifique, suivra la respiration de la Pologne. Après la guerre, il réalise quelques courts métrages avant de filmer son premier long en 1955, Une fille a parlé (Génération), qui suit des jeunes de Varsovie pendant l'Occupation nazie. Avec Ils aimaient la vie (Kanal), œuvre sur l'insurrection de Varsovie, il signe son premier film reconnu dans un grand Festival international, tandis que Jerzy Kawalerowicz et Roman Polanski émergent en parallèle.

L'expérience douloureuse de la guerre et la résistance contre les nazis croisent ainsi l'héroïsme et le romantisme polonais. Il aime les révolutionnaires, les résistants, les combats qui bousculent l'Histoire. Wajda devient très rapidement un grand nom du cinéma. Mais avant tout, contrairement à Polanski, lui décide de rester dans son pays. Hormis trois films dans les années 1980, il préfère accompagner l'évolution d'une Pologne déchirée ou explorer son passé mouvementé. Wajda c'était la mémoire vivante de l’histoire de la Pologne, dans ce qu'elle a de meilleur et dans ce qu'elle a vécu de pire. Lui même résistant contre les Nazis quand il était adolescent, il en a fait un film sublime, Cendres et diamant (Popiól i diament, 1958, photo). La seconde guerre mondiale est encore présente dans La dernière charge (Lotna, 1959), Samson (1961) ou Landscape after Battle sur les Camps de concentration (1970). Il remonte le temps avec Cendres (Popioly, 1965) avec les guerres napoléoniennes.

Une Palme d'or qui le sauve

Il puise même dans le patrimoine littéraire polonais avec Le bois de bouleaux (Brzezina, 1970), Les Noces (Wesele, 1972), La Terre de la grande promesse (Ziemia obiecana, 1974), Pan Tadeusz, quand Napoléon traversait le Niemen (1999), La Vengeance (2002). Il adapte aussi Joseph Conrad avec La ligne d'ombre (1976) et l'auteur polonais contemporain Tadeusz Konwicki avec Chronique des événements amoureux (1986). Car Wajda aimait aussi le romanesque et s'essayait à d'autres genres, de la fresque historique à la comédie romantique en passant par le mélo et le musical (Les innocents charmeurs en 1960, La croisade maudite en 1968, Tout est à vendre, Polowanie na muchy en 1969, Les demoiselles de Wilko en 1979, Le chef d'orchestre en 1980, avec l'immense John Gieguld).

Le grand virage s'opère en 1977 avec un premier film réellement ancré dans son époque, L'Homme de marbre, critique de la Pologne communiste. Le titre en lui-même évoque une statue déchue d'un prolétariat opprimé. Trois ans plus tard plus tard, il signe une suite avec L'Homme de fer (photo), racontant pratiquement en temps réel l'épopée de Solidarité, le premier syndicat libre du monde communiste, emmené par un certain Lech Walesa, qui deviendra président de la Pologne quelques années plus tard. Le film emporte la Palme d'or.

"Le jour de la Palme a été très important dans ma vie, bien sûr. Mais j'étais conscient que ce prix n'était pas uniquement pour moi. C'était aussi un prix pour le syndicat Solidarité", avait-t-il expliqué. C'est aussi cette Palme d'or qui le sauve de la prison alors que de nombreux amis du cinéaste sont incarcérés lors du coup de force du général Wojciech Jaruzelski contre Solidarnosc en décembre 1981.

Exils artistiques

C'est aussi à cause de son opposition au régime de Jaruzelski qu'il décide de réaliser des films à l'étranger, avec la participation d'Agnieszka Holland à chacun de ces scénarios: Danton (1983) avec Gérard Depardieu, Un amour en Allemagne (1986) avec Hanna Schygulla, ou Les Possédés (1988) avec Isabelle Huppert, coécrit avec Jean-Claude Carrère d'après le classique Dostoïevski. Il reviendra à l'auteur russe dans un téléfilm en 1992, Crime et châtiment et dans un long métrage, Nastazja (d'après un chapitre de L'idiot) en 1994.

Après la chute du communisme en 1989, Andrzej Wajda revient à l'Histoire avec notamment la seconde guerre mondiale et les Juifs dans Korczak (1990), le patriotisme polonais dans L'Anneau de crin (1993) ou le ghetto de Varsovie dans La Semaine Sainte (1995), coécrit avec Jerzy Andrzejewski .

Andrzej Wajda a aussi mis en scène une quarantaine de pièces de théâtre. Par ailleurs, ce grand passionné de la culture japonaise a créé en 1994 à Cracovie un centre de civilisation japonaise, Manggha. Et en 2002, il avait lancé sa propre école de cinéma et d'écriture de scénarios.

De son cinéma, on retiendra une intensité jamais démentie, des séquences parfois baroques ou tourbillonnantes, des transes flamboyantes avec des acteurs en sueur, des héros insolents tandis qu'il n'a jamais été frontalement dissident. Finalement, Wajda luttait contre l'amnésie, aimait profondément les martyrs et son cinéma transposait les destins avec des grands angles, des images fortes visuellement, comme un peintre (les Beaux-Arts, ça marque) jetait son sujet dans un grand tableau rempli de multiples détails.

Candidat à l'Oscar en 2017

Après quelques téléfilms et documentaires, ainsi qu'une comédie transposée d'une pièce de théâtre, Zemsta en 2002, où Roman Polanski tient l'un des rôles principaux, il revient par la grande porte en 2007 avec Katyn (photo). En rétablissant la véritable version des faits, il y raconte l'histoire tragique de son propre père, Jakub Wajda, qui fut l'un des 22500 officiers polonais massacrés par les Soviétiques en 1940, notamment à Katyn. Mais Wajda reste ouvert à toutes formes de récit, comme en témoigne Tatarak, où une femme d'un certain âge, malheureuse dans son couple, retrouve une jeunesse en fréquentant un beau jeune homme (2009). Il retrouve Lech Walesa pour un biopic, L'homme du peuple (2013). Enfin, son dernier film, Powidoki (Après-image, 2016, le film doit sortir en janvier 2017 en Pologne), a a été présenté en avant-première il y a quelques semaines aux Festivals de Venise et de Toronto et a été choisi comme candidat polonais à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère. Le film suit les dernières années de la vie du peintre avant-gardiste, Wladyslaw Strzeminski, qui s'est battu contre l'idée dogmatique de l'art que voulait imposer Staline. Très critique à l'égard du pouvoir ultra-conservateur actuellement à la tête de la Pologne, les critiques y ont vu une métaphore critique à l'égard du régime de son pays. Wajda a toujours été à la fois une conscience morale et un cinéaste qui réveillait les Mémoires.

Lors de la rétrospective qui lui était consacrée à la cinémathèque française, le dossier de présentation rappelait: "Rares sont les cinéastes en effet qui se vouent si fidèlement à l’histoire et à la culture de leur pays. Il le fit, lui, avec une détermination jamais démentie. Avec vocation, pourrait-on dire, au risque que cela le desserve sur le plan international. Plus polonais que Bergman était suédois, Fellini italien, Buñuel espagnol ou Welles américain, Wajda a parfois pâti du caractère national de ses films. Il le dit fièrement : « Mes films sont polonais, faits par un Polonais, pour un public polonais »."

Oscars 2017: 85 films dans la course à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère

Posté par vincy, le 4 octobre 2016

Pour la 89e édition des Oscars, 85 pays (quatre de plus que l'an dernier) ont proposé un candidat à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère (la date limite d'inscription était hier). L'Académie des Oscars peut encore en refuser quelques uns pour cause d'inégibilité. Le 17 novembre une liste de neuf ou dix films sera proposée aux membres votants pour qu'ils choisissent les cinq nominations finales.

On notera une forte présence du Festival cannois avec sept films de la compétition, trois d'Un certain regard et deux de la Quinzaine des réalisateurs. Il y a cependant eut quelques bugs. Du côté de la Tunisie qui a du démentir le choix initial et affirmer son film définitif (A peine j'ouvre les yeux). Du côté du Brésil surtout puisque Aquarius, film favori et évident pour représenter le pays, a été retiré pour des raisons politiques. le nouveau gouvernement brésilien en a même fait une affaire personnelle. Parce que l'équipe du film avait manifesté officiellement, à Cannes, son hostilité à la destitution de la présidente brésilienne (qu'ils apparentaient à un Coup d'Etat invisible), Aquarius a été puni, entraînant la colère de la profession. Certains réalisateurs ont retiré leurs films de la liste des oscarisables par solidarité envers le réalisateur d'Aquarius, Kleber Mendonça Filho, et par désapprobation envers le gouvernement. Aquarius avait aussi subit une censure déguisé en étant interdit aux moins de 18 ans.

Notons aussi que la Chine ne présente aucun film cette année. Mais que le Yemen est sélectionné pour la première fois dans cette liste de candidats. Et pour l'anecdote on parle espagnol dans 12 des films choisis et français dans 8.

Afghanistan : Parting de Navid Mahmoudi
Afrique du Sud : Call me Thief de Daryne Joshua
Albanie : Chromium de Bujar Alimani
Algérie : Le puits de Lofti Bouchouchi
Allemagne : Toni Erdmann de Maren Ade
Arabie Saoudite : Barakah Meets Barakah de Mahmoud Sabbagh
Argentine : El ciudadano ilustre de Gastón Duprat et Mariano Cohn
Arménie : Earthquake de Sarik Andreasyan
Australie : Tanna de Martin Butler et Bentley Dean
Autriche : Stefan Zweig, adieu à l’Europe de Maria Schrader

Bangladesh : The Unnamed de Tauquir Ahmed
Belgique : Les Ardennes de Robin Pront
Bolivie : Carga sellada de Julia Vargas Weise
Bosnie Herzégovine : Death in Sarajevo (Mort à Sarajevo) de Danis Tanovic
Brésil : Little Secret de David Schurmann
Bulgarie : Losers d’Ivaylo Hristov

Canada : Juste la fin du monde de Xavier Dolan
Chili : Neruda de Pablo Larraín
Colombie : Alias Maria de José Luis Rugeles Gracia
Corée du Sud : The Age of Shadows de Kim Jee-woon
Croatie : On the Other Side de Zrinko Ogresta
Cuba : El acompañante de Pavel Giroud

Danemark : Land of Mine de Martin Zvandvliet
Egypte : Clash de Mohamed Diab
Espagne : Julieta de Pedro Almodóvar
Estonie : Mother de Kadri Kõusaare

Finlande : Olli Mäki de Juho Kuosmanen
France : Elle de Paul Verhoeven
Georgie : House of Others de Rusudan Glurjidze
Grèce : Chevalier d’Athina Rachel Tsangari
Hongkong : Port of Call de Philip Yung
Hongrie : Kills on Wheels d’Attila Till

Islande : Sparrows de Runar Runarsson
Inde : Interrogation de Vetrimaaran
Indonésie : Letters from Prague d’Angga Dwimas Sasongko
Irak : El clasico de Halkawt Mustafa
Iran : Le client d’Asghar Farhadi
Israël : Tempête de sable d’Elite Zexer
Italie : Fuocoammare, par-delà Lampedusa de Gianfranco Rosi

Japon : Haha to Kuraseba de Yoji Yamada
Jordanie : 3 000 Nights de Mai Masri
Kazakhstan : Amanat de Satybaldy Narymbetov
Kosovo : Home Sweet Home de Faton Bajraktari
Kirghizistan : A Father’s Will de Bakyt Mukul et Dastan Japar Uulu

Lettonie : Dawn de Laila Pakalnina
Liban : Very Big Shot de Mir-Jean Bou Chaaya
Lituanie : Seneca’s Day de Kristijonas Vildziunas
Luxembourg : Voices from Chernobyl (La supplication) de Pol Cruchten

Macédoine : The Liberation of Skopje de Rade et Danilo Serbedzija
Maroc : A Mile in my Shoes de Said Khallaf
Mexique : Desierto de Jonás Cuarón
Monténégro : The Black Pin d’Ivan Marinovic
Népal : The Black Hen de Min Bahadur Bham
Norvège : The King’s Choice d’Erik Poppe
Nouvelle-Zélande : A Flickering Truth de Pietra Brettkelly

Pakistan : Mah e Mir d’Anjum Shahzad
Palestine : The Idol de Hany Abu-Assad
Panama : Salsipuedes de Ricardo Aguilar Navarro et Manuel Rodriguez
Pays-Bas : Tonio de Paula Van des Oest
Pérou : Videophilia (and Other Viral Syndromes) de Juan Daniel Fernandez
Philippines : Ma’Rosa de Brillante Mendoza
Pologne : Afterimage d’Andrzej Wajda
Portugal : Letters from War d’Ivo M. Ferreira

République dominicaine : Flor de azucar de Fernando Baez Mella
République slovaque : Eva Nova de Marko Skop
République tchèque : Lost in Munich de Petr Zelenka
Roumanie : Sieranevada de Cristi Puiu
Royaume-Uni : Under the Shadow de Babak Anvari
Russie : Paradise d’Andrei Konchalovsky

Serbie : Train Driver’s Diary de Milos Radovic
Singapour : Apprentice de Boo Jun Feng
Slovénie : Houston, We Have a Problem! de Ziga Virc
Suède : A Man Called Ove de Hannes Holm
Suisse : Ma vie de Courgette de Claude Barras

Taïwan : Hang in Ther, Kids! de Laha Mebow
Thaïlande : Karme de Kanittha Kwanyu
Tunisie : À peine j’ouvre les yeux de Leyla Bouzid
Turquie : Cold of Kalandar de Mustafa Kara

Ukraine : Ukrainian Sheriffs de Roman Bondarchuk
Uruguay : Breadcrumbs de Manane Rodriguez
Venezuela : From Afar de Lorenzo Vigas
Vietnam : Yellow Flowers on the Green Grass de Victor Vu

Yemen: I am Nojoom, Age 10 and Divorced de Khadija al-Salami

Ma Vie de Courgette, Folles de Joie et Toni Erdmann dans la première sélection du prix Lux 2016

Posté par vincy, le 5 juillet 2016

Lors du Festival international du film de Karlovy Vary, le prix LUX du parlement européen a dévoilé sa première sélection 2016. Pour sa 10e édition, la commission de la culture et de l'éducation du Parlement européen a choisi dix films, dont 5 coproductions françaises. Trois films français, et parmi eux, pour la première fis, un film d'animation, Ma vie de courgette. Sur les 10 films, notons la présence de deux films de la Quinzaine des réalisateurs et deux films de la Compétition cannoise. Qui succédera à Mustang?

Les trois films finalistes, traduits en 24 langues, voyageront dans les 28 Etats membres entre octobre et décembre 2016.

À peine j'ouvre les yeux de Leyla Bouzid
A Syrian Love Story de Sean McAllister
L'Avenir de Mia Hansen-Løve
Cartas da guerra de Ivo M. Ferreira
Folles de joie de Paolo Virzi
Krigen (A War) de Tobias Lindholm
Ma vie de courgette de Claude Barras
Sieranevada de Cristi Puiu
Suntan d’Argyris Papadimitropoulos
Toni Erdmann de Maren Ade

Depuis 2007, la France et la Belgique ont été primés deux fois chacun. L'Allemagne, L'Autriche, l'Italie et la Pologne ont été récompensés respectivement en 2007, 2010, 2012 et 2014. Avec cette sélection, la Roumanie, la Grèce, le Portugal, le Danemark et le Royaume-Uni pourraient enfin s'inviter au palmarès de ce prix essentiel pour la diffusion du cinéma européen.