Berlin 2012 : « Nous savons que nos décisions peuvent affecter le sort d’un film »

Posté par MpM, le 9 février 2012

Alors que le festival s'ouvrait ce jeudi soir, le réalisateur britannique Mike Leigh s'est exprimé sur son rôle de juré (et président du jury) lors de cette 62e édition. Fidèle à sa réputation de cinéaste engagé, il a notamment rappelé qu'on "ne peut voir un film et le considérer sérieusement sans tenir compte de son contexte social et environnemental : c'est un tout".

Il a également souligné la responsabilité de tout jury : "Nous savons que nos décisions peuvent affecter le sort d'un film". L'un de ses co-jurés, l'Iranien Asghar Farhadi, en sait quelque chose, lui qui a vu son film Une séparation connaître un succès retentissant après son Ours d'Or en 2011.

On peut donc faire confiance au jury 2012 pour peser soigneusement ses décisions... "Les cinéastes savent que nous sommes de leur côté", a d'ailleurs assuré Mike Leigh. "Il s'agira d'une décision collective et qui sera prise avec sérieux."

Berlin 2012 : la section Panorama avec Tony Gatlif, Hou Hsiao-Hsien, Volker Schlöndorff…

Posté par MpM, le 9 février 2012

Avec 53 longs métrages programmés, la section Panorama est l'une des plus riches de cette Berlinale 2012, faisant la part belle au documentaire. Cette année, on y retrouvera des témoignages du Printemps arabe (The Reluctant Revolutionary, Words of Witness...) et plus généralement des œuvres s'intéressant à l'actualité du monde arabe et du Moyen Orient (Sharqiya, La Vierge, les Coptes et Moi...), mais aussi deux films revenant sur les violences policières lors du G8 2001 (Diaz - Don’t Clean Up This Blood et The summit).

Section volontairement engagée, donc, puisque l'autre grand thème abordé par les cinéastes du Panorama est celui de la mémoire homosexuelle, avec notamment un documentaire revenant sur les combats politiques des années 80 (Vito), un film collectif sur ce qu'est être lesbienne dans l'Indonésie d'aujourd'hui (Children of Srikandi) et un hommage à l'activiste ougandais David Kato (Call Me Kuchu).

C'est par ailleurs l'occasion de retrouver des cinéastes majeurs comme Hou Hsiao-Hsien, à la tête d'une œuvre collective réalisée par 20 auteurs taïwanais, Tony Gatlif, qui adapte librement le livre de Stéphane Hessel, Indignez-vous, ou encore Pen-Ek Ratanaruang, sur un tueur à gages cherchant à se reconvertir...

A noter la forte représentation de l'Allemagne (surtout dans la partie documentaire) et de l'Asie. La France est elle aussi bien présente avec Tony Gatlif et Héléna Klotz ainsi qu'avec plusieurs coproductions (Death For Sale, Elles, La mer à l'aube...)

LES LONGS METRAGES DE FICTION

Bugis Street Redux de Yonfan (Hong Kong)
Cherry de Stephen Elliott (USA)
Chocó de Jhonny Hendrix Hinestroza (Colombie)
GLAUBE, LIEBE, TOD (BELIEF, LOVE, DEATH) de Peter Kern (Autriche)
HIGHWAY de Deepak Rauniyar (Népal/USA)
Iron Sky de Timo Vuorensola (Finlande)
Love de Doze, Niu Chen-zer (Chine/Taïwan)
Man On Ground de Akin Omotoso (Afrique du Sud)
My Brother The Devil de Sally El Hosaini (Grande Bretagne)
Rentaneko (Rent-a-Cat) de Naoko Ogigami (Japon)
The Convoy de Alexey Mizgirev (Russie)
10+10 de Hou Hsiao-hsien, Wang Toon, Wu Nien-Jen, Sylvia Chang... (Taïwan)
Death For Sale de Faouzi Bensaïdi (Belgique/France)
Diaz - Don’t Clean Up This Blood de Daniele Vicari (Italie)
Die Wand (The Wall) de Julian Roman Pölsler (Autriche)
Dollhouse de Kirsten Sheridan (Irlande)
Elles de Malgoska Szumowska (France)
Fon Tok Kuen Fah (Headshot) de Pen-Ek Ratanaruang (Thaïlande)
From Seoul To Varanasi de Kyuhwan Jeon (Corée du Sud)
Lost In Paradise de Vu Ngoc Dang (Vietnam)
Indignados de Tony Gatlif (France)
Keep The Lights On de Ira Sachs (USA)
Kuma de Umut Dag (Autriche) [film d'ouverture]
La mer à l'aube de Volker Schlöndorff (France/Allemagne)
L'âge atomique de Héléna Klotz (France)
Leave It On The Floor de Sheldon Larry (USA/Canada)
Mai-wei (My Way) de Kang Je-kyu (Corée du Sud)
Mommy Is Coming de Cheryl Dunye (Allemagne)
Parada (The Parade) de Srdjan Dragojevic (Serbie/République de Croatie)
Sharqiya (Central Station) de Ami Livne (Israël)
The Woman Who Brushed Off Her Tears de Teona Strugar Mitevska (Macédoine)
Wilaya de Pedro Pérez Rosado (Espagne)
Xingu de Cao Hamburger (Brésil)

LES DOCUMENTAIRES

Our Story –10-year ‘Guerrilla Warfare’ of Beijing Queer Film Festival de Yang Yang (Chine)
“Blut muss fließen” - Undercover unter Nazis de Peter Ohlendorf (Allemagne)
Children of Srikandi du collectif "the Children of Srikandi Collective" (Allemagne/Indonésie)
Democracy Under Attack - An Intervention de Romuald Karmakar (Allemagne)
Audre Lorde - The Berlin Years 1984 to 1992 de Dagmar Schultz (Allemagne)
Brötzmann – That’s When The World Is Mine de Uli M Schueppel (Allemagne)
Call Me Kuchu de Malika Zouhali-Worrall, Katherine Fairfax Wright (USA)
Detlef de Stefan Westerwelle, Jan Rothstein (Allemagne)
Henryk from the back row de Andreas Dresen (Allemagne)
In the Shadow of a Man de Hanan Abdalla (Egypte)
King of Comics de Rosa von Praunheim (Allemagne)
La Vierge, les Coptes et Moi de Namir Abdel Messeeh (France)
Marina Abramović The Artist is Present de Matthew Akers (USA)
Look at me again de Kiko Goifman, Claudia Priscilla (Brésil)
The Reluctant Revolutionary de Sean McAllister (Grande Bretagne)
The Summit de Franco Fracassi, Massimo Lauria (Italie)
Ulrike Ottinger - nomad from the lake de Brigitte Kramer (Allemagne)
Among Men – Gay in East Germany de Markus Stein, Ringo Rösener (Allemagne)
Vito de Jeffrey Schwarz (USA)
Words of Witness de Mai Iskander (USA)

LES COURTS METRAGES

7 Deadly Kisses de Sammaria Simanjuntak (Indonésie)
A Lazy Summer Afternoon de John Heys (Allemagne)
Green Laser de John Greyson (Canada)
LAW and ORDER de Jan Soldat (Allemagne)

Berlin 2012 : la sélection officielle avec Jacquot, Mendoza, Taviani, Thornton, Jolie, Soderbergh, Daldry et les autres

Posté par MpM, le 9 février 2012

La sélection officielle du 62e festival de Berlin qui s'ouvre aujourd'hui fait une nouvelle fois la part belle à un cinéma d'auteur exigeant venu en priorité d'Europe (Danemark, Grèce, Hongrie, Portugal, Espagne...) et d'Asie (Philippines, Indonésie, Chine), laissant peu de place aux films venus d'Amérique du Nord : seulement deux sur dix-huit (le premier long métrage réalisé par Billy Bob Thornton et le nouveau film du Canadien Kim Nguyen) !

Automatiquement, les cinéastes retenus ne font pas partie (à quelques rares exceptions-près) des grands habitués des palmarès et des tapis rouges, ce qui promet à la fois un renouvellement salutaire, et de belles découvertes.

Pour trouver des réalisateur plus "grand public", il faudra donc se tourner du côté du "hors-compétition", qui accueille le premier film d'Angelina Jolie, les nouveaux opus de Stephen Daldry et de Steven Soderberg, le très attendu Iron lady, et deux films d'action asiatiques signés par des maîtres du genre : Zhang Yimou et Tsui Hark.

Sur la papier, la section la plus prestigieuse du festival semble donc d'ores et déjà bien équilibrée, entre découvertes intrigantes et retrouvailles attendues. Exactement ce que l'on espère chaque année de Berlin, grand pourvoyeur en surprises cinématographiques, à qui l'on doit d'avoir su attirer l'attention avant tout le monde sur des auteurs comme Wang Quan'an, Hans-Christian Schmidt ou Asghar Farhadi. Le prochain est peut-être dans la liste ci-dessous...

Compétition

  • Les adieux à la reine de Benoît Jacquot
  • À moi seule de Frédéric Videau
  • Aujourd´hui d'Alain Gomis
  • Bel Ami de Declan Donnellan et Nick Ormerod
  • Captive de Brillante Mendoza
  • Cesare deve morire de Paolo et Vittorio Taviani
  • Childish Games d'Antonio Chavarrías
  • L´enfant d’en haut d'Ursula Meier
  • Gnade de Matthias Glasner
  • Home for the Weekend de Hans-Christian Schmid
  • Jayne Mansfield’s Car de Billy Bob Thornton
  • Just the Wind de Bence Fliegauf
  • Meteora de Spiros Stathoulopoulos
  • Postcards From The Zoo d'Edwin
  • Rebelle de Kim Nguyen
  • A Royal Affair de Nikolaj Arcel
  • Tabu de Miguel Gomes
  • Bai lu yuan de Wang Quan'an

Hors compétition

  • Au pays du miel et du sang d'Angelina Jolie
  • Extremely Loud and Incredibly Close de Stephen Daldry
  • The Flowers of War de Zhang Yimou
  • Haywire de Steven Soderbergh
  • Shadow Dancer de James Marsh
  • The Iron lady de Phyllida Lloyd
  • Flying swords of Dragon Gate de Tsui Hark

Berlin 2012 : un jury bien équilibré autour du Président Mike Leigh

Posté par MpM, le 8 février 2012

C'est parti ! La 62e édition du Festival de Berlin s'ouvre jeudi, avec le film historique Les adieux à la reine du Français Benoit Jacquot. Dix huit films sont en lice pour l'Ours d'or, qui sera décerné par le jury mi-glamour, mi-intello, présidé par le cinéaste britannique Mike Leigh.

A ses côtés, on retrouvera Charlotte Gainsbourg, réputée pour son charme comme pour ses choix d'actrice exigeants, et Barbara Sukowa, actrice fétiche de Rainer Werner Fassbinder. Les deux femmes ont en commun un prix d'interprétation à Cannes : la première pour Antichrist en 2009, la seconde pour Rosa Luxemburg en 1986.

Elles seront fort bien accompagnées par l'acteur américain Jake Gyllenhaal (Brokeback mountain, Source code...), le cinéaste et photographe néerlandais Anton Corbijn (Control, the Americain), l'Iranien Asghar Farhadi, Ours d'or en 2011 avec Une séparation, François Ozon, habitué de Berlin (Gouttes d'eau sur pierre brûlante, Angel, Ricky...) et l'écrivain algérien Boualem Sansal (prix du premier roman en 1999 avec Le serment des barbares).

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Mike Leigh (Grande Bretagne)
Président

Anton Corbijn (Pays-Bas)
Asghar Farhadi (Iran)
Charlotte Gainsbourg (France)
Jake Gyllenhaal (USA)
François Ozon (France)
Boualem Sansal (Algérie)
Barbara Sukowa (Allemagne)

Travelling Rennes 2012 : Bruxelles et la Belgique à l’honneur

Posté par MpM, le 7 février 2012

Chaque année, le festival Travelling à Rennes propose de découvrir une ville à travers les films qui l'évoquent ou s'y déroulent. Après Mexico, Istanbul, Jérusalem ou encore Buenos Aires, c'est donc au tour de Bruxelles de faire son cinéma durant toute une semaine d'avant-premières, de compétitions, et de rencontres.

Pour rendre hommage à la cité cosmopolite dont les dix-neuf communes forment l'identité multiple, le festival a sélectionné 35 longs métrages des années 30 à nos jours, parmi lesquels Le Départ de Jerzy Skolimowski, Jeanne Dielman 23, quai du Commerce, 1080 Bruxelles de Chantal Akerman, C’est arrivé près de chez vous de Rémy Belvaux, André Bonzel et Benoît Poelvoorde (le film fête ses 20 ans !!!), Dikkenek d’Olivier Van Hoofstadt ou encore Élève libre de Joachim Lafosse. Une compétition de courts métrages vient compléter la sélection, ainsi qu'un hommage au dessinateur et scénographe François Schuiten et une carte blanche au cinéma Nova de Bruxelles, géré par un collectif de bénévoles depuis 15 ans.

D'autres grandes sections accompagnent ce focus bruxellois, comme des portraits de cinéastes belges au présent (qui mettent à l'honneur Bouli Lanners, Jaco Van Dormael, Dominique Abel et Fiona Gordon, les frères Dardenne...), un gros plan sur le cinéma d'animation belge (et notamment Stéphane Aubier et Vincent Patar) et un retour sur "une certaine histoire politique et sociale de la Belgique". Sans oublier la création du ciné-concert Monsieur Fantômas & Cie par David Euverte, un concours de scénario, un concert, des expositions... et bien sûr le festival Travelling Junior réservé aux plus jeunes spectateurs.

Parmi les nombreux films présentés, tout est alléchant, mais plusieurs inédits valent particulièrement le détour : Bullhead de Michaël R. Roskam qui a raflé quatre prix aux Magritte et concourra pour l'Oscar du film étranger (dans les salles françaises le 22 février), Turquaze de Kadir Balci, une comédie familiale sur l'intégration, l'intolérance et le choc des différences, ou encore Hasta la vista de Goeffrey Enthoven, jumeau cru et déjanté, mais non dépourvu d'une (grosse) dose de bons sentiments, de notre Intouchables national (dans les salles françaises le 7 mars).

Difficile d'imaginer qu'avec tous ces temps forts, et surtout en présence de ces nombreux invités, l'ambiance ne soit pas à la fête dans la belle ville de Rennes ! Une fête qui, bien sûr, sera avant tout celle du cinéma et de ceux, comme les organisateurs de Travelling Rennes, qui l'aiment, le défendent et le partagent.

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Travelling Rennes : Bruxelles
Du 7 au 14 février 2012
Informations et programme sur le site de la manifestation

Ciné-Junior 2012 : une ouverture de haut vol avec Zarafa

Posté par MpM, le 6 février 2012

C’est Zarafa de Rémi Bezançon et Jean-Christophe Lie qui a officiellement ouvert la 22e édition de Ciné-Junior, manifestation de cinéma "jeunes publics" qui se tient jusqu’au 14 février dans le Val de Marne. L’œuvre animée, qui s’inspire de l’histoire de la première girafe en France, est à l’image de la programmation du festival : intelligente et exigeante, mais aussi ludique et drôle. De quoi séduire les jeunes spectateurs présents (le film est recommandé à partir de cinq ans) ainsi que leurs parents.

L’accueil chaleureux réservé à Zarafa a par ailleurs dû rassurer l’organisation du festival, qui avouait en préambule les doutes permanents auxquels elle est confrontée : peur d’avoir choisi des films "trop durs ou trop tristes", inquiétude sur la réception que vont en faire les enfants, angoisse sur l’accessibilité de certaines œuvres… Doutes évidemment balayés au bout de deux jours, tant le jeune public est avide de découvrir ce cinéma différent. L’occasion de rappeler "qu’il ne faut jamais sous-estimer l’intelligence et la curiosité des enfants".

Une curiosité qui va parfois se nicher dans les plus petits détails, comme ont pu le constater Rémi Bezançon et Jean-Christophe Lie lors du traditionnel échange de questions-réponses à l’issue de la projection. Un feu nourri d’interrogations, qui allait des origines du projet aux inspirations artistiques, en passant par la possibilité de voir apparaître sur les écrans un Zarafa 2…

On retiendra l’engagement dont a voulu faire preuve Rémi Bezançon en écrivant le scénario du film. "Je voulais dénoncer la bêtise des hommes qui prennent un animal dans leur pays et l’envoient vivre dans un autre. Il y a deux cent ans, c’était Zarafa. Aujourd’hui, ce sont deux pandas envoyés en France par la Chine !", explique-t-il. D’où la volonté de s’inspirer d’une histoire vraie pour réhabiliter le destin de la première girafe envoyée en France, et à travers elle, de tous les animaux étrangers venus peupler les zoos français.

Incontestablement, le message est passé auprès des plus jeunes spectateurs, qui ont quitté la salle avec des images de girafes libres plein les yeux ! De quoi lancer en beauté ce 22e Ciné-Junior qui propose pendant encore dix jours une compétition internationale de longs et courts métrages, un hommage au cinéma italien et de nombreux ateliers.

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Horaires et informations sur le site internet de la manifestation.

Les Géants et Bullhead se partagent les prix Magritte

Posté par vincy, le 5 février 2012

Les Magritte du cinéma belge, 2e clap, l'équivalent de nos Césars, ont couronné Les Géants, de Bouli Lanners, qui avait fait la clôture de la Quinzaine de réalisateurs en mai dernier à Cannes. Le film a remporté cinq Magritte, dont celui de meilleur film et de meilleur réalisateur.

Les Magritte sont censés récompensé le cinéma belge francophone. Le gamin au vélo aurait pu ainsi prétendre à de nombreux prix. Mais c'est un film flamand, cofinancé avec des producteurs francophones, Bullhead, qui a été l'autre grand vainqueur de la soirée d'hier, présidée par Bertrand Tavernier. Le film a récolté quatre prix et sera présent aux Oscars dans la catégorie meilleur film en langue étrangère.

Le film des Dardenne n'est reparti qu'avec le prix du meilleur espoir masculin tandis que Lubna Azabal a reçu celui de la meilleure actrice pour le film québécois Incendies. Les émotifs anonymes, de Jean-Piere Améris, a été distingué comme meilleur film étranger en coproduction. Et le belge Jérémie Rénier n'a pas été oublié en fils à maman de Potiche, comme second rôle masculin. Enfin Nathalie Baye a reçu un Magritte d'honneur pour l'ensemble de sa carrière.

Le palmarès:

Les géants : film, réalisateur (Bouli Lanners), second rôle féminin (Gwen Berrou), image, musique (Bram Van Parys (The Bony King of Nowhere))

Bullhead : film flamand, scénario, acteur (Matthias Schoenaerts), montage

La fée : son, costumes

Les émotifs anonymes : film étranger

Incendies : actrice (Lubna Azabal)

Potiche : second rôle masculin (Jérémie Rénier)

Elle ne pleure pas, elle chante : espoir féminin (Erika Sainte)

Le gamin au vélo : espoir masculin (Thomas Doret)

Quartier lointain : décors

Dimanches : court métrage

LoveMEATender : documentaire

Sundance 2012 : Beasts of the Southern Wild grand prix de la ficton américaine

Posté par vincy, le 29 janvier 2012

Sundance 2012 s'est achevé avec sa remise de prix. Un conte fantastique (et animalier) a triomphé dans la catégorie fiction tandis que qu'un portrait de la guerre contre la drogue a vaincu ses concurrents dans la catégorie documentaire. Dans le reste du palmarès, les musiciens ont tenu la vedette.

Grand prix de la fiction américaine, Beasts of the Southern Wild, de Benh Zeitlin, applaudit par les critiques, est un conte fantastique se déroulant dans les bayous de Louisiane, adapté d'une pièce de Lucy Alibar, "Juicy and Delicious". L'histoire suit une enfant qui entreprend un voyage initiatique dans un monde peuplé d'animaux imaginaires. La dimension apocalyptique n'a échappé à personne, avec une région dévastée par le cyclone Kathrina. Le film a aussi remporté le prix de la meilleure image. Il s'agit d'un premier long métrage. Fox Searchlight a acquis les droits de distribution, après une rude bataille entre studios.

Grand prix du documentaire américain, The House I Live In, d'Eugene Jarecki, retrace  40 ans de "guerre contre la drogue" par les Etats-Unis (depuis la déclaration de Nixon), envoyant du même coup des millions de personnes en prison, principalement des afro-américains, et dépensant plus d'un trilliard de dollars dans ce combat.

Le reste du palmarès comprend le Grand prix de la fiction internationale à Violeta se fue a los cielos (Violeta s'en est allée au ciel) du Chilien Andrés Wood, un "biopic" sur la chanteuse Violeta Parra, icône de la musique chilienne qui s'est suicidée en 1967, et un prix spécial du jury, en plus du prix du public, pour Seaching for Sugarman, de Malik Bendjelloul, qui ressuscite un musicien américain qui a fait fortune en Afrique du sud (voir notre actualité).

Par ailleurs, le Grand Prix du Jury du documentaire international a été décerné à The Law in these parts de l'Israélien Ra'anan Alexandrowicz qui fait témoigner des magistrats questionnés sur le bien-fondé des lois d'exception créées en 1967 par Israël pour les territoires palestiniens occupés.

Coup de coeur dès le début du festival (voir notre actualité), The Surrogate a reçu le prix du public dans la catégorie fiction américaine, en plus d'un prix spécial du jury pour l'ensemble du casting.

58 films, sur 120, étaient en compétition cette année. La soirée de remise des prix a rendu hommage au producteur Bingham Ray (Secrets et mensonges, Lost Highway, Breaking The Waves) décédé lundi, alors qu'il était au festival.

Le palmarès

Grand Prix du Jury - Fiction américaine : Beasts of the Southern Wild, de Benh Zeitlin

Grand Prix du Jury - Documentaire américain : The House I Live In, de Eugene Jarecki

Grand Prix du Jury - Fiction internationale : Violeta se fue a los cielos, de Andrés Wood

Grand Prix du Jury - Documentaire international : The Law In These Parts, de Ra'anan Alexandrowicz

Prix Spécial du Jury - Documentaire américain, ex-aequo: Love Free Or Die, de Macky Alston et Ai Weiwei: Never Sorry, de Alison Klayman

Prix spécial du Jury - Fiction internationale : Can, de Rasit Celikezer

Prix Spécial du Jury - Documentaire international : Searching For Sugarman, de Malik Bendjelloul

Prix spéciaux du jury : Jonathan Schwartz et Andrea Sperling pour Smashed et Nobody Walks et l'ensemble des comédiens de The Surrogate

Prix du public - fiction américaine : The Surrogate

Prix du public - documentaire américain : The Invisible War

Prix du public - fiction internationale : Valley of Saints

Prix du public - documentaire international : Seaching for Sugarman

Meilleure réalisateur - fiction américaine : Ava DuVernay pour Middle of Nowhere

Meilleur réalisateur - documentaire américain : Lauren Greenfield pour The Queen of Versailles

Meilleur réalisateur - fiction internationale : Mads Matthiese pour Teddy Bear

Meilleur réalisateur - documentaire international : Emad Burnat et Guy Davidi pour 5 Broken Cameras

Prix du meilleur scénario américain : Derek Connolly pour Safety Not Guaranteed

Prix du meilleur scénario international : Marialy Rivas, Camila Gutierrez, Pedro Periano et Sebastian Sepulveda pour Young & Wild

Prix de la meilleure image - fiction américaine : Ben Richardson pour Beasts of the Southern Wild

Prix de la meilleure image - documentaire américain : Jeff Orlowski pour Chasing Ice

Prix de la meilleure image - fiction internationale : David Raedeker pour My Brother the Devil

Prix de la meilleure image - documentaire international : Lars Skree pour Putin's Kiss

Prix du meilleur montage - documentaire américain : Enat Sidi pour Detropia

Prix du meilleur montage - documentaire international : Lisanne Pajot et James Swirsky pour Indie Game: The Movie

Prix du public - sélection Next : Sleepwalk with Me

Prix Alfred P. Sloan (récompensant un film lié à la Science et aux Technologies), ex-aequo : Robot & Frank et Valley of Saints

Sundance 2012 : quelques gros contrats dans un marché apaisé

Posté par vincy, le 28 janvier 2012

Pas de surenchère. Le marché du film de Sundance a été raisonnable. Selon Variety, cinq films ont été acquis pour des montants supérieurs à 2 millions de $: The Surrogate (6 millions de $), Red Lights (4 millions de $), Robot & Frank (photo), Arbitrage et For a Good Time Call (2 millions de $ chacun). Respectivement, les chèques ont été signés par Fox Searchlight, Millennium Entertainment, Sony Pictures, Focus Features et Lionsgate.

Selon les experts, aucun film n'a été surévalué. La crise est passé par là. Et la prudence (comme la patience) semble être de rigueur, contrairement à l'an dernier, où certains contrats avaient été surestimés, et conduits à des surenchères irrationnelles.

La crise n'est pas là pour tout expliquer. Les distributeurs ont conscience que la salle de cinéma n'est plus le seul sésame pour les films indépendants. La Vidéo à la demande et les supports numériques ont changé la donne et les modèles économiques. La salle de cinéma est devenue une option parmi d'autres pour la distribution. Les réactions du public (et dans une certaine mesure des critiques) sont ainsi auscultées de près par les décideurs hollywoodiens avant de s'aventurer dans une sortie en salles.

Les studios ont aussi apprécié qu'il y ait plusieurs bons films. Les festivaliers ont été séduits et les professionnels ont eu le choix sans avoir à se faire la guerre entre eux. Rien de pire qu'une édition où deux trois films écrasent les autres dans l'esprit du public. Le palmarès devrait conduire à quelques autres contrats juteux pour les producteurs.

La vie des films va surtout continuer avec leur sélection à Berlin et Cannes, où l'exposition internationale déterminera la suite et notamment les sorties en salles dans le monde.

Césars 2012 : la guerre est déclarée

Posté par vincy, le 27 janvier 2012

Toutes les nominations aux Césars 2012
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6 films sur 7 dans la catégorie reine : les sélections du festival de Cannes ont fournit l'essentiel des nominations pour les Césars 2012. Polisse, prix du jury, arrive en tête avec 13 nominations (dont 7 pour les interprètes!), devant L'exercice de l'Etat (11), The Artist (10) et Intouchables (9). Car le film le plus populaire de l'année, et le 2e film le plus populaire du cinéma français, n'a pas été oublié, y compris dans des catégories souvent oubliées pour les comédies.

C'est l'autre enseignement de cette liste : les films nommés ont été des films à succès. Est-ce parce que les spectateurs n'ont pas si mauvais goût? Professionnels et publics se rejoignent cette année. Cela veut aussi dire que des oeuvres plus radicales n'ont pas trouvé grâce aux yeux des votants : Hors Satan par exemple, ou encore le magnifique Tomboy ; ou encore L'apollonide, qui n'est dans aucune grande catégorie ; même Guédiguian et Hansen-Love ont semblé avoir été oubliés. Pater pourrait être l'exception (meilleur film et meilleur réalisateur) et on pourrait regretter l'absence de Lindon dans les nominations. Mais Polisse, The Artist, Intouchables ont ont trouvé un large public, Le Havre et L'exercice de l'Etat ont séduit au delà des espérances. On retrouve le même phénomène dans la catégorie du meilleur film étranger.

Ce qu'on retiendra surtout c'est évidemment la touche féminine de cette édition 2012. Deux films réalisées par des femmes, Polisse et La guerre est déclarée, squattent les catégories artistiques et techniques. Idem pour les nominations au César du meilleur premier film. Même si elles restent minoritaires, les réalisatrices ont montré que le vent frais qui souffle sur le cinéma français venait d'elle. Les deux films ont des sujets très différents : mais ils sont tournés avec une vraie liberté, une envie d'aller au plus près de la vérité, et sans ennuyer. Au contraire, elles cherchent l'émotion, à travers des visages ou des images. Mais dans les deux cas c'est un cinéma vif, réalisé un peu en marge du système, et surtout très personnel qui est reconnu.

Les 37e Césars rendront hommage à Annie Girardot, honoreront Kate Winslet et seront présidés par Guillaume Canet.