Cannes 2017: une Palme d’honneur pour le producteur Jeffrey Katzenberg

Posté par vincy, le 19 mai 2017

L'animation est peu présente cette année à Cannes? C'est l'occasion d'honorer un grand producteur de cinéma d'animation. Le Festival de Cannes pour sa 70e édition a décidé de remettre une Palme d'honneur à Jeffrey Katzenberg ce vendredi 19 mai, lors d'un dîner au Carlton "qui rassemblera les grandes personnalités des métiers du cinéma en France et dans le monde".

Pierre Lescure, Président du Festival de Cannes et Thierry Frémaux, Délégué général, rendront hommage à Jeffrey Katzenberg, pour sa contribution dans l’industrie de l’animation et plus largement dans l’histoire du cinéma mondial.

Le co-fondateur de Dreamworks (1996) avait présenté le premier film Shrek sur la Croisette en 2001. Cannes a accueilli par la suite Shrek 2 (en compétition), Nos voisins les hommes, Kung Fu Panda, Madagascar 3 et Dragons 2, tous hors compétition. Il a aussi produit Chicken Run et des séries TV telles The Contender et Neighbors from Hell.

Né le 21 décembre 1950 à New York, le K de Dreamworks SKG avait d'abord relancé Walt Disney en lançant des films comme Pretty Woman, Le Cercle des poètes disparus, Good Morning, Vietnam, Qui veut la peau de Roger Rabbit ? (Touchstone pictures) et La Petite Sirène, La Belle et la Bête, Aladdin ou Le Roi Lion (Walt Disney Animation).

Aujourd'hui, il a quitté DreamWorks, revendu à NBCUniversal. En janvier, il a réunit plus de 600M$ pour créer un fonds d'investissements, WndrCo, chargé de financer dans les nouveaux médias et les nouvelles technologies.

Avec une Palme d'honneur qui récompense un producteur (une première), un prince de l'animation, un fervent supporter du parti démocrate et un technophile passé du cinéma aux petits écrans, à coup sûr, Cannes continue de provoquer le débat sur l'avenir du cinéma.

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Lire aussi: nos entretiens avec Jeffrey Katzenberg

Cannes en Séries : Quand HBO emporte la Palme d’or!

Posté par wyzman, le 18 mai 2017

Alors que Netflix provoque une sérieuse polémique à Cannes et que David Lynch et Jane Campion présentent leur dernière série en date, voici en cinq films la preuve que Cannes a toujours été ouvert aux productions du petit écran.

Distribué par HBO Films et largement inspiré du court métrage éponyme d'Alan Clarke, Elephant demeure aujourd'hui encore l'un des meilleurs films de Gus Van Sant. Présenté en compétition lors du festival de Cannes 2003, son dixième long-métrage était reparti avec la Palme d'or et le Prix de la mise en scène. Un sacré palmarès pour un film qui revient sur le drame de Columbine.

Souvenez-vous, en avril 1999, le Colorado était à la Une des journaux après qu'une fusillade a éclaté dans un  lycée, causant la mort de douze élèves et professeur et qui était l'oeuvre de deux adolescents. Ces derniers s'étaient suicidés juste après. Si au départ Elephant devait faire un carton sur le petit écran en étant diffusé comme n'importe quel téléfilm de la chaîne qui produit Game of Thrones, Westworld et Big Little Lies, c'est finalement en salles qu'il connut un véritable succès. HBO ne le diffusera d'ailleurs sur petit écran que bien plus tard. Car avant cela, cette pépite du cinéma indépendant devra se contenter d'une sortie dans 6 salles américaines. Mais produit pour 3 millions de dollars, le film en rapporta 10 - dont 8,7 à l'international ! En France, il avait attiré près de 750000 spectateurs.

Producteur depuis 1983, HBO Films a accouché de Maria, pleine de grâce de Joshua Marston, Idlewild Gangsters Club de Bryan Barber et Sex and the City 2 de Michael Patrick King. Malheureusement, le miracle Elephant ne s'est pas reproduit depuis. Les projets Generation Kill et The Pacific ont directement été annoncés comme des mini-séries et Ma vie avec Liberace, pourtant présenté en compétition officielle en 2013, n'a disposé que d'une diffusion à la télévision aux Etats-Unis, car il était perçu comme "trop gay" pour trouver son public en salles…

Mais pour Gus Van Sant, ce passage par le petit écran avec Elephant fut une bénédiction. Après cela, ont suivi pas moins de cinq sélections au festival de Cannes (Last Days, Mala Noche, Paranoid Park, Restless, Nos souvenirs), une nomination aux Oscars (Harvey Milk) et une place au panthéon des réalisateurs de séries. En 2011, il réalise ainsi le pilote de la série Boss pour Starz et cette année, il a  fait le bonheur de la chaîne ABC en acceptant de diriger les deux premiers épisodes de la série LGBTQ When We Rise.

Cannes 2017: Isabelle Huppert et Maysaloun Hamoud, lauréates du 3e Women in Motion

Posté par vincy, le 15 mai 2017

Kering et le Festival de Cannes remettront le 3e Prix Women in Motion 2017 à Isabelle Huppert. L'actrice a choisi d'attribuer le Prix Jeunes Talents à Maysaloun Hamoud.

Les Prix seront décernés lors du dîner officiel Women in Motion le dimanche 21 mai 2017.

"Libre et audacieuse entre toutes, Isabelle Huppert a multiplié les prises de risque artistique, et joué auprès des plus grands pour imposer son style dans les registres les plus variés, allant du drame à la comédie. Faisant bouger les lignes à travers les rôles forts et loin de tout stéréotype qu’elle interprète depuis ses débuts, qu’elle soit dirigée par des réalisateurs mythiques ou par une nouvelle génération de créatrices et créateurs brillants, Isabelle Huppert est l’une des figures les plus inspirantes du monde du cinéma" explique le communiqué. Par ailleurs, Kering, partenaire officiel du Festival, a choisi un portrait d’Isabelle Huppert pour l’affiche officielle de la 3e édition de Women in Motion.

Et pour conforter l'image de cette comédienne qui multiplie les sélections cannoises années après années (pour cette édition 2017, Huppert est présente deux fois en sélection officielle), il suffit de voir son choix pour le Prix Jeunes Talents. La jeune réalisatrice et scénariste palestinienne Maysaloun Hamoud a réalisé en 2016 Je danserai si je veux (Bar Bahar), à l'affiche en France depuis un mois. Le film avait déjà été récompensé par le Prix NETPAC (Network for the Promotion of Asian Cinema) au 41e Festival International du Film de Toronto et trois récompenses au 64e Festival de San Sebastian : le Prix Sebastiane, le Prix L’Autre Regard et le Prix de la Jeunesse.

Ce premier long-métrage suit le quotidien de trois jeunes femmes palestiniennes vivant à Tel Aviv, partagées entre leur désir d’indépendance et les traditions familiales. "Ce film remarqué dans les Festivals du monde entier a été produit par Shlomi Elkabetz dont la soeur, la grande scénariste, réalisatrice et actrice Ronit Elkabetz, disparue l'année dernière, a marqué de son empreinte le cinéma israélien" rappelle le communiqué.

Le Prix Jeunes Talents, accompagné d’un soutien financier de 50 000 euros, permettra à Maysaloun Hamoud de poursuivre ses projets cinématographiques.

Un partenariat avec Unifrance

Isabelle Huppert et Maysaloun Hamoud rejoignent ainsi les personnalités mises à l’honneur lors des éditions précédentes de Women in Motion. En 2016, Geena Davis et Susan Sarandon, les deux actrices américaines de Thelma et Louise particulièrement engagées dans la défense des droits des femmes, avaient ainsi reçu le Prix Women in Motion, avant de mettre à l’honneur les trois jeunes réalisatrices Leyla Bouzid, Gaya Jiji et Ida Panahandeh. Cinq femmes de talent qui succédaient à l’actrice mythique Jane Fonda et à la productrice Megan Ellison, récipiendaires de la première édition.

Lancé en 2015, Women in Motion continuera cette année à organiser des Talks ouverts aux journalistes et aux professionnels du cinéma permettront de confronter les expériences et les points de vue de grandes personnalités autour de la question de la contribution des femmes au cinéma, et de partager leurs recommandations pour faire avancer leur représentation au sein de ce secteur.

Cette année, Kering et Unifrance se sont associés pour accélérer le déploiement de Women in Motion et assurer sa présence dans les festivals à l’étranger. Un partenariat de deux ans a été signé pour accroître la portée du programme et l’inscrire dans des manifestations cinématographiques internationales.

Cannes 2017: les jurys d’Un certain regard, des Courts métrages et de la Cinéfondation et de la Caméra d’or enfin révélés

Posté par vincy, le 14 mai 2017

On s'inquiétait un peu. A trois jours du lancement du 70e Festival de Cannes, il manquait les membres de trois jurys majeurs. C'est chose faite en ce dimanche présidentiel.

"Après le Jury des films en compétition, présidé par Pedro Almodóvar et dont la composition a été révélée le 25 avril dernier", voici ceux qui seront aux côtés des présidents Uma Thurman (Un Certain Regard), Sandrine Kiberlain (Caméra d’Or) et Cristian Mungiu (Courts métrages et Cinéfondation).

Jury d'Un certain regard

Uma Thurman (présidente), actrice américaine ; Mohamed Diab, réalisateur égyptien ; Reda Kateb, acteur français ; Joachim Lafosse, réalisateur belge ; Karel Och, directeur artistique du Festival International de Karlovy Vary.

Jury des Courts métrages et de la Cinéfondation

Cristian Mungiu (président), réalisateur, scénariste et producteur roumain ; Clotilde Hesme, actrice française ; Barry Jenkins, réalisateur et scénariste américain (oscarisé avec Moonlight) ; Eric Khoo, réalisateur, scénariste, producteur singapourien ; Athina Rachel Tsangari, réalisatrice, scénariste et productrice grecque.

Jury de la Caméra d'or

Sandrine Kiberlain (présidente), actrice et chanteuse française : Patrick Blossier, chef opérateur français ; Elodie Bouchez, actrice française ; Guillaume Brac, réalisateur et producteur français ; Thibault Carterot, président de M141, société de Post-Production ; Fabien Gaffez, écrivain et critique de cinéma ; Michel Merkt, président suisse.

Cannes 2017: le directeur de la photographie Christopher Doyle (« In the Mood for love ») honoré pour sa carrière

Posté par redaction, le 12 mai 2017

Le "Pierre Angénieux ExcelLens in Cinematography" sera décerné au chef opérateur hong-kongais Christopher Doyle (aka Du Ke Feng en chinois). l'hommage aura lieu de 26 mai au Festival de Cannes.

Le prix récompense la carrière d'un directeur de la photographie ayant marqué l’histoire du Cinéma: Doyle succède à Philippe Rousselot (2013), feu Vilmos Zsigmond (2014), Roger A. Deakins (2015) et Peter Suschitzky (2016).

D'origine australienne, francophone et parlant aussi mandarin, Christopher Doyle, 65 ans, a collaboré avec divers cinéastes du monde entier depuis ses débuts dans les années 1980: Edward Yang (That Day, on the Beach), Claire Devers (Noir et blanc), Stanley Kwan ( Red Rose White Rose), Chen Kaige (Temptress Moon), Gus Van Sant (Psycho, Paranoid Park), Barry Levinson (Liberty Heights), Jon Favreau (Made), Phillip Noyce (Le chemin de la liberté, Un Américain bien tranquille), Zhang Yimou (Hero), Andrew Lau (Internal Affairs), Pen-ek Ratanaruang (Last Life in the Universe, Vagues invisibles), James Ivory (The White Countess), M. Night Shyamalan (La Jeune Fille de l'eau), Jim Jarmusch (The Limits of Control), Neil Jordan (Ondine), Sebastián Silva (Magic Magic) ou encore Alejandro Jodorowsky (Poesia Sin Fin).

Mais c'est évidemment et avant tout pour son travail avec Wong Kar-wai qu'il a assis sa réputation d'esthète et apposé sa signature visuelle dans le regard des spectateurs. Avec le cinéaste aux lunettes noires, il a su créer une atmosphère unique et colorée, maîtrisant aussi bien l'énergie que la contemplation, dans Nos années sauvages (1991), Chungking Express, Les Cendres du temps, Les Anges déchus, Happy Together (prix de la mise en scène à Cannes), le culte In the Mood for Love (pour lequel il avait reçu le grand prix de la CST à Cannes) et 2046 (2004), sans compter trois courts métrages.

Pour expliquer son approche, Christopher Doyle pense que la musique et le mouvement, comme la danse, ainsi que la littérature enrichissent son travail: "Je pense qu'un film est un danse, entre l'acteur, la caméra et moi."

Créée par Thales Angénieux et Orbis Media, la 5e soirée « Pierre Angénieux ExcelLens in cinematography », est soutenue par Weying (plateforme de billetterie en ligne sur WeChat) et Movie View (magazine chinois sur le cinema et entreprise de relations publiques), et réalisée par Orbis Media.

Cannes 70: Et Cannes créa l’actrice française…

Posté par vincy, le 23 avril 2017

70 ans, 70 textes, 70 instantanés comme autant de fragments épars, sans chronologie mais pas au hasard, pour fêter les noces de platine des cinéphiles du monde entier avec le Festival de Cannes. En partenariat avec le site Critique-Film, nous lançons le compte à rebours : pendant les 70 jours précédant la 70e édition, nous nous replongeons quotidiennement dans ses 69 premières années.

Aujourd'hui, J-25. Et pour retrouver la totalité de la série, c'est par .

Au fil des décennies, entre flâneries sur la Croisette, poses sur le tapis rouge, robes traînant sur les marches ou sourires radieux éclairés par les flashs des photographes, l'actrice française a su être la Marianne, l'emblème du chic gaulois, l'ambassadrice de la beauté et le symbole d'un jeu mêlant glamour et drame. Souvent jurées, voire présidentes de jury, les comédiennes ont aussi été les égéries de grandes marques, les figurantes classes d'une montée des marches ou d'une remise de prix.

Inutile d'en faire la liste exhaustive. Elles sont toutes passées par Cannes. De Danielle Darrieux à Emmanuelle Béart, de Marie-France Pisier à Laetitia Casta en passant par Simone Signoret, Sandrine Bonnaire ou Nathalie Baye. Mais on ne va en retenir que quelques-unes, celles qui ont cette particularité d'avoir marqué le Festival, par leur nombreux films sélectionnés ou par leur présence sensationnelle, et qui ont un retentissement mondial, dont Cannes n'est pas étranger. Un Top 10, qui couvre toutes les décennies cannoises. Et en cadeau bonus, une comédienne à part dont on fête les 50 ans de la disparition.

Françoise Dorléac. Il y a 50 ans, le 26 juin 1967, Françoise Dorléac disparaissait tragiquement pas très loin de Cannes. Elle avait 25 ans. La sœur de Catherine Deneuve était alors une des rares stars françaises de la nouvelle génération. 16 films à son actif en 8 ans de carrière. Magnétique, charmeuse, à l'aise dans la comédie et le drame, gracieuse, la comédienne avait tout pour plaire. Elle avait tourné avec Michel Deville, René Clair, Édouard Molinaro, Philippe de Broca, Roger Vadim, Roman Polanski, Ken Russell.

Tout la destinait à une carrière internationale. Juste avant son accident de voiture, elle avait conquis le public, en compagnie de Deneuve, avec les éternelles Demoiselles de Rochefort, de Jacques Demy. Pourtant c'est bien un film de Demy et avec Deneuve qui avait assombrit son passage sur la Croisette.

En 1964, Françoise Dorléac accompagnait le film de François Truffaut, La peau douce. Dorléac et Truffaut sont alors en couple. La première est au top du box office avec L'Homme de Rio. Le second a des difficultés financières. Le film est là pour consacrer la star en devenir et remettre le réalisateur sur les rails de la prospérité. Hélas, la critique éreintera le beau drame adultérin. Et le jury ignorera complètement le film au palmarès. Le film ne sera finalement vu que par 600000 spectateurs. La blessure est immense pour Truffaut, qui ne reviendra plus à Cannes avant 1973.

Mais l'ironie de l'histoire est ailleurs, dans un match que personne n'attendait. De ce Festival, personne ne retiendra la sublime Françoise Dorléac. Tous les yeux étaient rivées sur sa cadette, Catherine Deneuve, qui explose à Cannes avec son premier grand rôle dans le film qui, en bonus, reçoit la Palme d'or : Les Parapluies de Cherbourg.

Michèle Morgan. Le cas particulier de l'actrice récemment disparue est qu'elle était déjà une star internationale lorsqu'elle est venue au premier festival de Cannes, en 1946. Elle y a présenté La symphonie pastorale en compétition. Elle est revenue en compétition en 1956 avec Marie Antoinette, reine de France, en 1990 avec Ils vont tous bien et hors-compétition en 1962 avec Le crime ne paie pas. Ce fut surtout la première actrice de l'histoire du Festival à recevoir le prix d'interprétation féminine. La quintessence du jeu à la Française où elle incarne une aveugle dans le film de Jean Delannoy. C'était son grand retour en France, pays qu'elle avait quitté au début de la guerre pour Hollywood. Elle avait le mal du pays et son passage sur la Côte d'Azur lui faisait un bien fou. Elle était ravie de son prix. Et à jamais, l'image la plus représentative de ce premier festival c'est cette jeune femme de 25 ans, en bikini, libre et radieuse, s'amusant devant les photographes sur le sable de la plage du Carlton.

Brigitte Bardot. Avec elle l'après-guerre prend fin, l'émancipation sexuelle éclot, la libération de la femme naît. La star des starlettes, c'est elle. Elle débarque sur la Croisette et va affoler paparazzis et photographes. La première "people" de l'histoire du Festival. Brigitte Bardot n'a jamais été en compétition à Cannes.

Mais sa seule présence, en "touriste", en 1953, convaincue que son sex-appeal ferait tourner la tête des festivaliers, a suffit à en faire une vedette dans l'air du temps. Elle n'a tourné que quelques films, avec des petits-rôles. Son sex-appeal n'est pas encore mondial. Elle vit avec Roger Vadim, qui a des difficultés à monter son film, Et Dieu créa la femme... En débarquant à Cannes, elle veut à la fois voler la vedette aux grandes actrices, améliorer sa notoriété et ainsi rassurer les éventuels producteurs d'investir dans le projet de son époux.

Le film sort trois ans plus tard, grâce à la participation financière de l'acteur principal, Curd Jürgens. Il en fait une actrice de premier rang. Déchaînant les passions, défiant la censure, entre érotisme libéré et modèle féministe, Et Dieu créa la femme... entraînera aussi la fin du couple Bardot/Vadim.

Jeanne Moreau. Deux fois présidente du jury (1975 et 1995), Jeanne Moreau est l'une des plus fortes incarnations du festival. A la fois actrice incontournable, autorité cinéphile, muse de la Nouvelle vague, citoyenne engagée. Lady Moreau a débarqué en 1960 avec Moderato Cantabile. Elle fait face à Jean-Paul Belmondo dans un film mis en scène par Peter Brook d'après le roman de Marguerite Duras. Excusez du peu. Jeanne Moreau obtient le prix d'interprétation à Cannes.

Elle a déjà dix ans de carrière derrière elle, avec Vadim, Malle, Becker, Allégret, Decoin dans sa filmographie. Certains de ses films ont été de jolis succès (La Reine Margot a séduit 2,4 millions de Français). Moderate Cantabile sera aussi un succès avec un million de spectateurs. Mais ce prix d'interprétation à Cannes est son premier grand prix international.

De ce jour-là, elle ne quittera plus la Croisette avec parfois deux films en compétition la même année (en 1966 tout comme en 1991). Les dernières fois où Jeanne a présenté un film à Cannes, c'était en 2005, à Un certain regard avec Le temps qui reste de François Ozon, et en 2009 avec Visage de Tsai Ming-liang, en compétition. Elle n'était pas là pour monter les marches. Le temps est passé.

Catherine Deneuve. On ne va pas s'éterniser sur le cas Deneuve. Une Palme d'or d'honneur. Un prix d'interprétation spécial. Deux films ayant reçu la Palme d'or. Une vice-présidence de jury. Plusieurs fois remettante de la Palme. La Deneuve est plus qu'une abonnée de la Croisette, elle est Cannes. Même si elle apprécie peu le chaos du Festival comme toutes ces mondanités du 7e art. Le plus impressionnant est sans doute le nombre de films qu'elle a accompagné, depuis son lancement au firmament des étoiles en 1964, avec Les Parapluies de Cherbourg, jusqu'à aujourd'hui. Six décennies de présence ininterrompues.

D'abord Hors compétition avec Luis Bunuel, Claude Lelouch, Tony Scott et Alain Corneau. Puis régulièrement en compétition grâce à André Téchiné (trois fois), Manoel de Oliveira, Raoul Ruiz, Leos Carax, Lars von Trier, Marjane Satrapi, Arnaud Desplechin... Ces dernières années, elle a soutenu un film d'ouverture, une petite production de Paul Vecchiali, un film de Christophe Honoré. Mais elle est surtout revenue pour présenter ses grands films à Cannes Classics, du Dernier métro à Indochine, du Sauvage à La vie de château.

Cannes a toujours illustré sa carrière en soulignant son éclectisme et son ouverture sur le monde. Star mondiale, elle assume son rôle : avec des tenues extravagantes et glamours de grands stylistes, en épaulant la novice Björk qu'elle défend en conférence de presse, en rendant hommage aux cinéastes à qui elle doit beaucoup ou en embrassant à pleine bouche le Maître de cérémonie, juste pour le fun.

Isabelle Huppert. On a déjà évoqué le cas spécifique de Isabelle Huppert dans cette série (lire notre article). L'actrice est celle qui a reçu deux prix d'interprétation, avec ses deux cinéastes emblématiques (Chabrol et Haneke). Une exception en soi. Depuis Aloise en 1975, Huppert est une régulière. Dès l'année suivante elle est couronnée avec Violette Nozière. Quatre films en compétition dans les années 70, 6 dans les années 80 (dont trois en 1980), 2 dans les années 90, 2 dans les années 2000 et 6 depuis 2010.

Avec les autres sélections, le compteur explose. Huppert est une sorte de quintessence cannoise. L'actrice française par excellence, qui, comme Moreau, Deneuve, Binoche ou Cotillard, est sur le tapis rouge pour un film français, européen, américain ou asiatique. Elle n'a aucune frontière. Toutes ces comédiennes révèlent ainsi l'universalité du cinéma, en bonnes héritières des frères Lumière et de l'esprit des Lumières.

Isabelle Adjani. En 1976, Adjani arrive sur la Croisette, auréolée du génie qu'on lui colle à la peau, avec Roman Polanski, pour Le Locataire. Elle est déjà populaire (La gifle), admirée (L'histoire d'Adèle H), curieuse (Barocco). Cannes s'offre alors les deux Isabelle. La Huppert qui repartira avec un prix d'interprétation pour Violette Nozière. L'Adjani déjà insaisissable.

Isabelle A. et Isabelle H. reviennent d'ailleurs ensemble en 1979 avec un Téchiné, Les sœurs Brontë. Mais en 1981, c'est bien Adjani qui domine Huppert. La star de l'époque,c'est elle. Elle obtient un prix d'interprétation pour deux films radicalement différents: Quartet de James Ivory et Possession d'Andrzej Zulawski. Ce dernier film a été un cauchemar. Le début du déraillement qui la conduira dans le mur dix ans plus tard.

Entre temps, elle revient à Cannes, avec L'été meurtrier. Puis se fait rare. Le désastreux Toxic Affair est présenté hors-compétition en 1993. Un échec. Son grand retour s'annonce en 1994 avec La Reine Margot. Le rôle de Jeanne Moreau. Catherine Deneuve au jury. Adjani au sommet. Mais c'est Virna Lisi qui emporte le prix d'interprétation. Une dispute au sein du jury prive la Reine Isabelle de la gloire promise. Et l'étoile file vers les confins obscurs d'une galaxie de films plus ou moins oubliés. Parfois, elle revient briller. Pour présider le 50e Festival de Cannes, remettre un prix, ou s'attirer la colère des photographes. Elle sait encore créer l'événement.

Sophie Marceau. On ne peut pas passer à côté de l'actrice chérie des Français. A Cannes, elle n'a jamais été en compétition. Tout juste au début de sa carrière, elle a quand même accompagné Noiret, Depardieu et Deneuve sur le tapis rouge pour le film d'ouverture de 1984, Fort Saganne. 25 ans plus tard, elle est revenue en séance de minuit avec un film de genre, Ne te retourne pas. Elle a bien présenté deux films à Un certain regard (dont son premier film en tant que réalisatrice, le court métrage L'aube à l'envers).

Bref on ne peut pas dire que Sophie Marceau ait une histoire particulière en tant qu'actrice avec Cannes. Elle fut quand même membre du jury en 2015. Mais, connue de la Chine à la Russie, du Japon à l'Allemagne, elle a souvent été réclamée par Cannes pour faire sensation sur le tapis rouge ou remettre un prix. Parfois tout se mélangeait. Un décolleté qui dénude un sein, une robe qui s'emmêle les pinceaux, une autre qui dévoile sa culotte, un discours brouillon où tout se mélange. Son franc-parler, sa sincérité, sa personnalité difficile affrontent alors les quolibets, moqueries, critiques. C'est la copine sympa qu'on regrette parfois d'inviter. Mais elle fait partie du folklore. Les malheurs de Sophie ont toujours fait le bonheur des magazines people et féminins qui ne viennent pas à Cannes pour le cinéma mais bien pour chopper une Cendrillon perdant sa chaussure sur les marches.

Juliette Binoche. Comme Deneuve, elle est née sur la Croisette. En 1985, l'actrice vient de présenter le dernier film de Godard, Je vous salue Marie à Berlin. Trois mois plus tard, elle monte les marches grâce à André Téchiné pour Rendez-vous, le film qui la révèle définitivement. Elle obtient quelques mois plus tard sa première nomination aux César comme meilleure actrice et reçoit le Prix Romy Schneider. Rendez-vous sera primé pour sa mise en scène et Binoche, nue sur l'affiche, va alors rapidement devenir l'une des comédiennes les plus sollicitées.

Pourtant, il faut attendre quinze ans avant qu'elle ne revienne à Cannes. Entre temps, elle a eu un Oscar, un César, un prix à Venise et un autre à Berlin. La jeune comédienne est devenue une actrice internationale. Et c'est d'ailleurs avec des cinéastes étrangers qu'elle vient sur la Croisette : Michael Haneke, Hou Hsiao-hsien, Abbas Kiarostami, qui lui permet, grâce à Copie Conforme, de réaliser le grand chelem, et David Cronenberg. Olivier Assayas (co-scénariste de Rendez-vous) et Bruno Dumont ont été les deux derniers cinéastes en date à la faire briller sur les marches. Mais surtout, Juliette Binoche a été la seule actrice française a être le visage de Cannes, égérie le temps d'une édition, sur une affiche bleue électrique.

Marion Cotillard. Après un long moment où les vedettes francophones se sont enchaînées dans l'histoire de Cannes - Emmanuelle Devos, Elodie Bouchez, Audrey Tautou, Valéria Bruni Tedeschi, Emilie Dequenne, Ludivine Sagnier, Mélanie Laurent, etc... - une seule actrice a émergé dans les années 2000 : Charlotte Gainsbourg, qui fut d'ailleurs récompensée par un prix d'interprétation en plus d'être membre du jury. Mais on ne peut pas dire que sa filmographie comme son itinéraire soit liés à Cannes. Ce fut plutôt une forme de consécration d'une déjà longue carrière.

En revanche, Marion Cotillard, après plus de quinze ans de carrière, un Oscar, deux César et quelques films hollywoodiens, va devenir la plus fidèle des actrices à partir de 2010. C'est déjà une star et elle va devenir durant cette décennie l'actrice cannoise par excellence. Pas une année depuis Minuit à Paris en 2011 où elle n'aura pas un ou deux films en sélection officielle: De rouille et d'os en 2012, The Immigrant et Blood Ties en 2013, Deux jours, une nuit en 2014, Le petit prince et Macbeth en 2015, Juste la fin du monde et Mal de pierres en 2016, Les fantômes d'Ismaël en 2017.

Miss Dior qu'on adore ou qu'on abhorre est devenue une tête d'affiche pour Hollywood et une valeur sûre pour les films de festivals. A chaque fois le prix d'interprétation lui échappe. Mais après tout, Deneuve, Binoche ou Gainsbourg justement ont du longtemps attendre avant de l'obtenir. C'est l'actrice qui tourne avec un québécois, un américain, un australien, deux belges, son mari, les grands auteurs du cinéma français. Elle a troqué le taxi marseillais pour la limousine de Renault cannoise. Cotillard c'est la french touch du XXIe siècle.

Léa Seydoux. Dernière venue du casting. Il y a eu La vie d'Adèle, avant et après. Avant pourtant, elle était déjà un peu connue avec des auteurs comme Bonello, Breillat, Honoré, Ruiz. Mais Cannes, elle était surtout hors-compétition, en second rôle. Dans Robin des Bois et Minuit à Paris (comme Cotillard). Ou avec un personnage éphémère dans le premier chapitre de Inglorious Basterds en compétition.

Il faut attendre 2013 pour qu'elle s'impose. Dans Grand central à Un certain regard et dans La vie d'Adèle en compétition. Le film obtient la Palme d'or. On n'a d'yeux que pour sa partenaire, la novice et fraîche Adèle Exarchopoulos. Mais les deux comédiennes reçoivent une Palme chacune en distinction honorifique. Une première. Pour Léa Seydoux, c'est le grand virage. Les grosses productions s'ouvrent à elle, de James Bond à Wes Anderson. Elle devient la It-Girl frenchy du cinéma mondial.

Depuis sa Palme, elle est toujours en compétition: chez Bonello avec Saint Laurent, chez Lanthimos avec The Lobster, chez Dolan avec Juste la fin du monde. A l'instar de Cotillard, elle navigue entre blockbusters et films d'auteur, entre Tom Cruise et Benoit Jacquot. Elle assure la promo et assume son statut de "cover girl", avec belles robes, bijoux et ce petit accent français quand elle parle anglais. Elle aussi se joue des frontières, des genres, des étiquettes. Elle vise la catégorie "world actress". Avant la femme française faisait rayonner le cinéma du pays dans le monde ; aujourd'hui le cinéma mondial fait rayonner l'actrice française.

BIFFF 2017 : Corbeau d’or pour Safe Neighborhood

Posté par kristofy, le 18 avril 2017

Le 35e BIFFF, le Bruxelles International Fantastic Film Festival, a fait le plein de fidèles qui ont vidé le bar et de nouveaux convertis aux projections où on peut crier "derrière toi..., la porte..., mais pourquoi est-il si méchant? " : d'ailleurs après The girl with all the gifts de Colm McCarthy en ouverture c'était le bien nommé Le Bar de Alex de la Iglésia en clôture. Quelques pointures du genre sont venues au BIFFF cette année : hommage aux réalisateurs Park Chan-wook et Alejandro Amenabar, une masterclass de Fabrice Du Welz, le légendaire Stanley Tong, le retour de Dick Maas, l'arrivée du nouveau maître du polar coréen Hyun Na avec The Prison... et même Timo Vuorensola avec des images de la suite à venir de Iron Sky.

Génération XX

Un anniversaire où, pour la Compétition Internationale, il y avait un jury 100% féminin : présidé par Euzhan Palcy, avec Christina Lindberg, Macarena Gomez, Mar Targarona, et Axelle Carolyn. Un symbole comme pour signifier qu'il y aurait un manque de visibilité des femmes dans le fantastique: la réalisatrice Axelle Carolyn a d'ailleurs remarqué à ce sujet qu'on voit une parité hommes-femmes dans les écoles, à la réalisation de courts-métrages, mais que cela devient plus compliqué au niveau des producteurs pour financer le budget d'un long-métrage réalisé par une femme...

L'autre film de clôture était tout aussi féminin : XX, quatre histoires filmées par Karyn Kusama, Roxane Benjamin, Jovanca Vucovic et Sofia Carillo.

Espagne et Corée du sud

On constate que le fantastique à toutes les sauces est toujours vivant en particulier en Espagne "option suspens et revanche" avec The Invisible guest de Oriol Paulo, La colère d'un homme patient de Raul Arevalo, Orbiter 9 de Hatem Khraiche (dans le palmarès), Boy missing de Mar Targarona (et la participation de Macarena Gomez) ; et en Corée du Sud "option voyages dans le temps et gangsters" avec Vanishing Time : A Boy who returned de Um Tae-hwa (dans le palmarès), Luck Key de Lee Gye-Byeok (2ème film le plus drôle cette année), The Tunnel de Kim Seong-hun (aussi au palmarès), Seras-tu là ? présenté par la réalisatrice Hong Ji-young avec l'écrivain Guillaume Musso (puisqu'il s'agit d'une adaptation de l'écrivain le plus lu de France), Sori, voice from the heart de Lee Ho-Jae, The Prison de Hyun Na... soit autant de films dont on croise les doigts pour les voir arriver en salles en France (mais sans trop d'espoir pour la plupart). Par contre on est resté plutôt tiède avec les films originaires du Japon, dont Innocent Curse de Takashi Shimizu en avant-première mondiale où la suite de Death Note: light up the new world de Shinsuke Sato.... Reste l'exception Hentai Kamen:the abnormal crisis aussi improbable que jouissif (qui figurait d'ailleurs en compétition).

Toutes sélections confondues (Compétition internationale, Compétition 7e Orbit, la Compétition Thriller…) il y avait beaucoup de démons, de combats au corps à corps en Asie, de serial-killers...   ...et sur le moment nos films préférés ont été : Free Fire de Ben Wheatley, Headshot de The Mo Brothers, Cold Hell de Stefan Ruzowitzky, Luck Key de Lee Gye-Byeok, Strangled de Arpad Sopsits, Tunnel de Kim Seong-hun, The Autopsy of Jane Doe de Andre Ovredal, The Limehouse Golem de Juan Carlos Medina (un autre favori de la compétition). On place sur un podium Small Town Killers de Ole Bornedal (le film le plus drôle du BIFFF, d'ailleurs au palmarès), Call of Heroes de Benny Chan (épique), et la belle surprise Safe Neighborhood de l'Australien Chris Peckover qui a d'ailleurs reçu le Corbeau d'Or. Le film fait le tour des festivals depuis quelques mois et d'ailleurs reçu deux prix en Australie l'automne dernier.

Le palmarès de ce 35ème BIFFF 2017 :

- Corbeau d’Or : Safe Neighborhood de Chris Peckover
Corbeau d’Argent ex aequo: The Mermaid de Stephen Chow ; We Go On de Jesse Holland & Andy Mitton
- Mention spéciale : Vanishing Time : A Boy who returned de Um Tae-hwa

Le palmarès des autres sections :

Méliès d’Argent : Small Town Killers de Ole Bornedal + Mention Spéciale pour Orbiter 9 de Hatem Khraiche
Prix Thriller At The End of the Tunnel de Rodrigo Grande + Mention Spéciale pour Free Fire de Ben Wheatley
Prix du 7e Parallèle : Swiss Army Man de Dan Kwan & Daniel Scheinert + Mention spéciale pour Saving Sally de Avid Liongoren
- Prix de la Critique : Tunnel de Kim Seong-hun
- Prix du Public : The Autopsy of Jane Doe de Andre Ovredal

Cannes 2017: Sandrine Kiberlain présidera le jury de la Caméra d’or

Posté par vincy, le 11 avril 2017

sandrine kiberlainPour le 70e Festival de Cannes, Sandrine Kiberlain présidera le Jury de la Caméra d’or, qui récompense une première œuvre issue de la Sélection officielle, de la Quinzaine des Réalisateurs ou de la Semaine de la Critique.

César du meilleur espoir féminin (En avoir (ou pas) de Laetitia Masson en 1996) puis César de la meilleure actrice (9 Mois ferme d'Albert Dupontel en 2014 ), la comédienne (et chanteuse) s'est illustrée à travers des rôles éclectiques au cinéma dans Les patriotes (Prix Romy-Schneider), A vendre, Betty Fisher et autres histoires, Tout va bien on s'en va, Un héros très discret, Le septième ciel, Mademoiselle Chambon ou encore Elle l'adore, cumulant ainsi six nominations aux César. Elle aussi été primée à Montréal, Chicago et Angoulême, en plus d'obtenir un Molière de la révélation théâtrale il y a 20 ans. Elle a ainsi oscillé entre les univers variés d'Edouard Moliaro, Jacques Audiard, Benoît Jacquot, Pascal Bonitzer, Jeanne Labrune, Pierre Salvadori, Jean-Paul Rappeneau,, Nicole Harcia, Maïwenn, Serge Bozon, Alain Resnais ou Bruno Podalydès.

Ses succès les plus populaires sont assez récents (Le petit Nicolas, Les femmes du 6e étage, 9 mois ferme, Les gamins et Un balcon sur la mer sont tous sortis ces dix dernières années). L'an dernier elle était formidable dans Quand on a 17 ans d'André Téchiné. Elle est attendue en 2017 chez Erick Zonca et Sophie Fillières.

Sandrine Kiberlain a déjà été jurée à Cannes, en 2001 et a monté les marches trois fois en compétition et une fois à Un certain regard.

La Caméra d'or sera décernée le 28 mai prochain.

Cannes 70: la Palme d’or maudite

Posté par vincy, le 2 avril 2017

70 ans, 70 textes, 70 instantanés comme autant de fragments épars, sans chronologie mais pas au hasard, pour fêter les noces de platine des cinéphiles du monde entier avec le Festival de Cannes. En partenariat avec le site Critique-Film, nous lançons le compte à rebours : pendant les 70 jours précédant la 70e édition, nous nous replongeons quotidiennement dans ses 69 premières années.

Aujourd'hui, J-46. Et pour retrouver la totalité de la série, c'est par .

Il y a plusieurs malédictions pour un cinéaste cannois. La plus sensationnelle fut sans doute celle de l'annulation du palmarès en 1968 pour cause de grève générale en France. Imaginez: 25 cinéastes en compétition dont Milos Forman, Alain Resnais, Carlos Saura, Miklos Jancso, Alexandre Zarkhi ou encore Jiri Menzel. Et aucun ne peut recevoir la Palme d'or.

De grands films snobés

L'autre malédiction, c'est évidemment celle de présenter un grand film, si ce n'est son meilleur film, et de repartir bredouille. D'être un immense réalisateur, reconnu, respecté, et de ne pas être consacré à Cannes. Ce n'est pas si rare. On pense à Jean Eustache avec La maman et la putain, Claude Sautet avec Les choses de la vie, Alfred Hitchcock avec L'homme qui en savait trop ou La loi du silence, Joseph L. Mankiewicz avec All about Eve, Vincente Minnelli avec Un Américain à Paris, Eric Rohmer avec Ma nuit chez Maud, François Truffaut avec Les 400 coups, Jacques Tati avec Les vacances de monsieur Hulot ou encore David Lean et son Docteur Jivago.

docteur jivago david lean

Et puis surtout, il y a ce sortilège qui s'abat sur certains: de multiples fois sélectionnés, ces habitués, vénérés par les cinéphiles, souvent récompensés au gré des palmarès, et qui ont récolté de beaux prix à Cannes, mais jamais la suprême Palme.

Des habitués refoulés

Et là, avouons-le, la liste est longue. Si longue qu'on ne sait pas comment l'énoncer. Alors on va procéder par une forme de hiérarchie: le nombre de sélection en compétition sans Palme au final. La liste n'est pas exhaustive, mais elle reste significative. En plus d'être sélectionnés plusieurs fois, nombreux sont ceux, dans cette liste, qui ont d'ailleurs reçu un (ou plusieurs) Grand prix du jury ou prix de la mise en scène mais aussi des Ours d'or ou des Lion d'or, des César ou/et Oscars (ou des nominations).

Trois réalisateurs ont ainsi échoué 8 fois. Trois autres 7 fois (mais deux d'entre eux peuvent encore "espérer"). Et quand on regarde ce "panthéon" des maudits, c'est assez digne qu'ils entrent tous dans notre propre cinémathèque. Parfois, certains ont frôlé la Palme, favori des critiques, de certains jurys parallèles. D'autres n'ont pas forcément présenté leur plus grand film. D'autres encore ont tout simplement trouvé plus fort qu'eux dans des années très riches en films de qualité.

Cela a conduit le Festival à distribuer des Palmes d'or d'honneur afin de réparer ces oublis, manques, fautes de goût des jurés. Quelques uns ont même été président du jury de la compétition.

8 films
Marco Ferreri (Grand Prix Spécial du Jury pour Rêve de singe) ; Carlos Saura (Grand Prix Spécial du Jury pour Cria Cuervos ; Prix de la meilleure contribution artistique pour Carmen) ; Ettore Scola (Prix de la mise en scène pour Affreux, sales et méchants ; Prix du scénario pour La Terrasse)

7 films

Michael Cacoyannis (Prix de la meilleure transposition cinématographique pour Electre) ; Hou Hsiao-hsien (Prix du Jury pour Le Maître de marionnettes, Prix de la mise en scène pour The Assassin) ; Jim Jarmusch (Caméra d'or pour Stranger than paradise ; Prix de la meilleure contribution artistique pour Mystery Train ; Grand Prix pour Broken Flowers)

6 films

Ingmar Bergman (Prix de l'humour poétique pour Sourires d'une nuit d'été ; Prix spécial du Jury pour Le Septième sceau ; Prix de la mise en scène pour Au seuil de la vie) ; Atom Egoyan (Grand Prix pour De beaux lendemains) ; Jean-Luc Godard (Prix du Jury pour Adieu au langage) ; James Ivory (Prix du 45e anniversaire pour Retour à Howards End) ; Paolo Sorrentino (Prix du jury pour Il Divo) ; André Téchiné (Prix de la mise en scène pour Rendez-Vous)

5 films

Pedro Almodovar (sélectionné pour la première fois avec son 13e film, il a obtenu le Prix de la mise en scène pour Tout sur ma mère et le Prix du scénario pour Volver) ; Olivier Assayas (Prix de la mise en scène pour Personal Shopper) ; Mauro Bolognini ; Youssef Chahine (Prix du cinquantième anniversaire pour Le Destin) ; David Cronenberg (Prix du jury pour Crash) ; Arnaud Desplechin ; Clint Eastwood (Prix spécial du 61e Festival pour L'Échange) ; Naomi Kawase (Caméra d'or pour Suzaku ; Grand Prix pour La Forêt de Mogari) ; Mario Monicelli ; Manoel de Oliveira (Prix du jury pour La Lettre) ; Alan Parker (Grand Prix pour Birdy) ; Alain Resnais (Grand Prix pour Mon oncle d'Amérique et Prix exceptionnel pour l'ensemble de sa carrière et sa contribution à l'histoire du cinéma pour Les herbes folles); Alexandre Sokourov ; Andrei Tarkovski (Grand Prix pour Solaris et Le Sacrifice et Grand Prix du cinéma de création pour Nostalghia) ; Bo Widerberg (Grand prix pour Les Troubles d'Adalen et Prix du jury pour Joe Hill)

4 films
John Boorman (deux Prix de mise en scène pour Leo the last et The general, Prix de la meilleure contribution artistique pour Excalibur) ; Robert Bresson (au palmarès pour chacun de ses films) ; Jules Dassin (Prix de la mise en scène pour Du rififi chez les hommes) ; James Gray ; Werner Herzog (Grand Prix pour L'Énigme de Kaspar Hauser et Prix du jury pour Fitzcarraldo) ; Aki Kaurismäki (Grand Prix pour L'Homme sans passé) ; Elia Kazan (Prix du film dramatique pour A l'est d'Eden) ; Hirokazu Kore-eda (Prix du jury pour Tel père, tel fils) ; Sidney Lumet (Prix du scénario pour La Colline des hommes perdus) ; Nagisa Ôshima (Prix de la mise en scène pour L'Empire de la raison) ; Satyajit Ray (Prix du document humain pour  La complainte du sentier) ; Istvan Szabo (Prix du scénario pour Méphisto et Prix du jury pour Colonel Redl) ; Wong Kar-wai (Prix de la mise en scène pour Happy together) ; Jia Zhangke (Prix du scénario pour A touch of sin)

3 films
Andrea Arnold (à chaque fois récompensée par un prix du jury) ; Bruce Beresford ; Alain Cavalier (Un prix du jury pour Thérèse) ; Patrice Chéreau (Prix du jury pour La Reine Margot) ; Bruno Dumont (deux fois Grand prix du jury) ; Han Hsiang-li ; Krzysztof Kieslowski (Prix du Jury pour Tu ne tueras point) ; Pier Paolo Pasolini (prix du scénario pour Les jeunes maris de Mauro Bolognini et Grand prix pour Les Mille et une nuits) ; Otto Preminger ; Zhang Yimou (Grand Prix pour Vivre !)

Moonlight sacré aux GLAAD Media Awards 2017

Posté par wyzman, le 2 avril 2017

C'est hier soir qu'avait lieu la première partie de la 28ème cérémonie des GLAAD Media Awards. Organisée et présentée par l'alliance gay et lesbienne contre les diffamations, les Media Awards récompensent chaque année les programmes qui valorisent la représentation des personnes LGBT. Ainsi, c'est sans surprise que Moonlight est reparti de la cérémonie avec le Graal, le Media Award du meilleur film (sorti sur tout le territoire nord-américain). Déjà sacré aux Oscars (après la gaffe du siècle), Moonlight est l'oeuvre de Barry Jenkins. Avant de revenir à la série pour Amazon et Netflix, il s'est intéressé aux tourments d'un jeune homme noir issu des quartiers pauvres de Miami. Film le plus récompensé de l'année,  Moonlight n'avait de concurrent que Star Trek Beyond hier soir.

Dans le reste de cette première partie de cérémonie, on retiendra bien évidemment les sacres de Other People (en sortie limitée), Transparent (meilleure série comique) et Shadowhunters (meilleure série dramatique). Face à The Fosters, The OA et How to Get Away with Murder, la série diffusée sur Freeform a créé la surprise. En montrant sur deux saisons les difficultés qu'Alec rencontre avec son homosexualité et l'homophobie latente de ses parents, Shadowhunters a conquis le cœur des votants. Ou serait-ce dû au charme incomparable de son interprète, Matthew Daddario ? Pour rappel, la deuxième partie des GLAAD Media Awards 2017 aura lieu ce jeudi 6 avril à New York.

Outstanding Film – Wide ReleaseMoonlight (A24)

Stephen F. Kolzak Award: Troye Sivan

Outstanding Comedy SeriesTransparent (Amazon)

Outstanding Drama Series: Shadowhunters (Freeform)

Vanguard Award: Patricia Arquette

Outstanding Film – Limited ReleaseOther People (Vertical Entertainment)

Outstanding TV Movie or Limited SeriesEyewitness (USA Network)

Outstanding Individual Episode: “San Junipero” Black Mirror (Netflix)

Outstanding Daily DramaThe Bold and The Beautiful (CBS)

Outstanding Comic BookThe Woods, écrit par James Tynion IV (BOOM! Studios)