Ma vie de Courgette continue sa récolte de prix

Posté par vincy, le 11 mars 2017

Le film d'animation franco-suisse Ma vie de Courgette a reçu deux nouvelles récompenses au Cartoon Movie Tributes. Grand prix et prix du public à Annecy, deux fois césarisé (meilleur film d'animation et meilleure adaptation), primé à Angoulême, San Sebastian, Bratislava, Varsovie, Zurich, aux European film awards, aux prix Lumière, et duo révélations des Trophées du Film Français, le film de Claude Barras continue de récolter les honneurs puisque vendredi 10 mars il a reçu deux prix professionnels au Cartoon Movie, le forum européen du cinéma d'animation, à Bordeaux.

Il a été distingué par le prix du producteur européen de l’année (Rita productions, Blue Spirit Productions et Gebeka Films) et le prix du réalisateur européen de l’année. Et indirectement, même le troisième prix lui a été décerné puisque Angel film, société danoise, a été honoré du prix du distributeur européen de l’année. Le distributeur est spécialisé dans les films d’animation qui sortent dans les pays scandinaves de Ernest et Célestine à... Ma vie de Courgette.

Présenté en avant-première mondiale à la Quinzaine des réalisateurs en mai dernier, le film, nommé aux Oscars, a attiré plus de 770000 spectateurs en France et environ 80000 entrées dans le reste du monde.

Alain Gomis reçoit son 2e Etalon d’or au Fespaco avec « Félicité »

Posté par vincy, le 5 mars 2017

C'est la félicité pour le cinéaste sénégalais Alain Gomis. Il y a deux semaines, Félicité, son dernier film, avait reçu le Grand Prix du jury au Festival de Berlin. Un Ours d'argent qui couronnait pour la première fois dans l'histoire de la Berlinale un film africain, coproduit par la France (notons quand même que le film sud-africain Carmen de Khayelitsha de Mark Dornford-May est jusque là le seul film africain sacré par un Ours d'or).

Félicité a réussi un beau doublé en remportant l'Etalon d'or hier soir, samedi 4 mars, au Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco). Le film raconte la difficile vie d'une chanteuse de bar de Kinshasa confrontée à la pauvreté, dont le fils vient d'avoir un grave accident de moto.

"C'est un grand honneur de recevoir ce trophée pour la deuxième fois", a déclaré Alain Gomis, quatre ans après son Etalon d'or pour Tey. Jusqu'ici, seul le Malien Souleymane Cissé avait été deux fois primé par l'Etalon d'or dans sa carrière. Il a cependant mis en garde l'assistance: "Le cinéma est en danger" selon lui. "On parle de moins en moins de culture et de plus en plus de commerce" rappelle-t-il. "L'arrivée des grands opérateurs nous aide, mais il est aussi un danger. Il faut lutter pour notre indépendance" affirme-t-il à un moment donné où des multinationales comme Vivendi ou la Fnac investissent en Afrique francophone pour développer des réseaux de cinémas ou de grandes surfaces culturelles.

Chouchou des festivaliers, le film anticolonialiste béninois Un orage africain de Sylvestre Amoussou a reçu l'Etalon d'argent. Au moment où le film (qui n'est pas antioccidental souligne le cinéaste), a été primé, le Palais des Sports à Ouaga 2000 a été plongé dans un noir total. Ce manifeste cinématographique contre l’exploitation du continent africain par des gouvernements et entreprises occidentaux a été de loin le film le plus acclamé de la 25e édition du Fespaco selon les journalistes sur place.

L'Etalon de bronze de la mise en scène a été décerné au film marocain A mile in my shoes de Saïd Khallaf. Le prix d'interprétation masculine est revenu à l'acteur français Ibrahim Koma pour son rôle dans le film malien Wulu, autre film ayant reçu un très bel accueil du public et qui a été également récompensé du Prix Sembene Ousmane. Enfin, le prix d’interprétation féminine a été attribué à l’actrice Noufissa Benchehida dans A la recherche du pouvoir perdu du réalisateur marocain Mohammed Ahed Bensouda.

Edito: Life is bigger than films

Posté par redaction, le 2 mars 2017

On croyait les scénaristes dotés d'une imagination sans limites. On critiquait même, parfois, l'exagération de certains scripts hollywoodiens, toujours prompts à la surenchère ou au rebondissement artificiel. Mais on doit reconnaître que ce final des Oscars, épiphénomène médiatique qui nous régale mais qu'on aura vite oublié tant il a peu d'importance sur le cours de nos vies, était sacrément machiavélique.

Un twist digne d'Usual Suspect ou de Sixième sens. C'est l'épilogue de Lost en spectacle vivant. Et en plus, à la fin, c'est le plus petit qui gagne. Moonlight, en partie auto-produit, tourné rapidement, avec un sujet engagé, plaidoyer vibrant pour les minorités, l'a finalement emporté. Le chaos qui régnait alors sur la scène du Dolby Theatre était inimaginable.

En France, c'est la vie politique qui nous offre le meilleur feuilleton de l'année, à raison d'un épisode de la saga par semaine. C'est House of Cards en live. Rien ne se passe comme prévu. Et malin celui qui pourra prédire la fin de la saison début mai. On en vient à suivre les péripéties d'une campagne électorale comme on se captive pour une série télévisée, commentaires sur les réseaux inclus. Quiconque aurait écrit un scénario de ce genre aurait été accusé d'en faire trop. Pourtant le trop est bien réel.

Ironiquement, pendant que la vie présente nous offre des histoires à dormir debout, le cinéma se teinte de nostalgie. Aucun rebondissement dans Logan, T2 Trainspotting, Patients ou 20th Century Women, qui sortent cette semaine dans les salles. Ces films regardent dans le rétroviseur et rappellent que la vie est courte et semée d'embûches, ponctuée d'erreurs, et se termine toujours de la même façon: on vieillit, on meurt. Point de héros, juste des hommes et des femmes abimés par l'existence, physiquement ou psychologiquement. Il n'y a pas, ici, un retournement de situation où Wolverine rajeunirait, où Rent Boy et ses potes vivraient heureux, où des handicapés seraient de nouveau entièrement valides, où Abbie guérirait de son cancer. Le cinéma est, paradoxalement, plus réaliste que la fiction.

"La réalité dépasse la fiction, car la fiction doit contenir la vraisemblance, mais non pas de la réalité” disait Mark Twain. On est en plein dedans: dans ce monde absurde et irrationnel. On croit davantage à un mutant aux griffes de métal qu'à notre propre système médiatique ou politique, qui n'inspire désormais que le doute ou la méfiance.

Oscars 2017: La La Land, Moonlight, deux enveloppes et un addict aux tweets

Posté par cynthia, le 1 mars 2017

Dans la nuit de dimanche à lundi, le plus grand malaise de l'histoire des Oscars a eu lieu au Dolby Theater. Non ce n'est pas Jennifer Lawrence qui s'est encore cassée la figure, c'est bien pire: ils ont annoncé le mauvais gagnant. Alors si vous vivez dans une grotte et que vous n'avez pas vu cet accident industriel, on vous rappelle les faits.

Le pataquès sur scène devant les caméras

La cérémonie touche à sa fin lorsque Faye Dunaway et Warren Beatty, le duo de Bonnie & Clyde (ça finissait mal d'ailleurs ce film) sont appelés à annoncer le grand gagnant, soit l'Oscar du meilleur film. Silence dans la salle, Warren ouvre l'enveloppe, semble mal à l'aise, regarde son amie, regarde l'enveloppe, regarde de nouveau son amie qui termine par lui lancer un "Non mais vas-y" avant d'hésiter (deux fois), de regarder le papier de la discorde puis l'actrice à ses côtés. N'en pouvant plus, Faye lui arrache l'enveloppe, mot devenu très tendance, et annonce le titre du film qu'elle voit: "La La Land!" Damien Chazelle sert dans ses bras avec fougue sa petite copine, toute l'équipe saute de joie et monte sur scène. Les producteurs Jordan Horowitz, Fred Berger, Marc Platt remercient tout le monde. Mais soudainement, alors qu'il discute avec Ryan Gosling, Horowitz déboule devant le micro. Il a entendu quelque chose et balance dans la confusion la plus totale: "Les gars, il y a eu une erreur! Moonlight c'est vous qui avez gagné ! Ce n'est pas une blague !" Alors que tout le monde s'attend à ce qu'il découpe son Oscar tel Adele avec son Grammy, afin de le partager avec l'équipe de Moonlight, le producteur de La La Land arrache la nouvelle enveloppe que l'on vient de donner à Warren Beatty pour montrer à la caméra et à l'assistance que c'est bien le film de Barry Jenkins qui est marqué sur le carton... Le temps que l'équipe de La La Land se mette en retrait, que Jimmy Kimmel intervienne un peu hagard, que Warren Beatty explique sa confusion, et que l'équipe de Moonlight monte sur scène et reçoive ces applaudissements: le mal était fait.

Choc dans l'assemblée nous avons eu le droit aux meilleures réactions de l'histoire du septième art, entre Ryan Gosling qui pouffe de rire sur scène (on adore), l'équipe de Moonlight où chacun se maintien la poitrine, Dwayne Johnson qui lève tellement son sourcil que ce dernier s'est réfugié en son crâne, Casey Affleck aussi mal à l'aise que lorsqu'il a été accusé d'agressions sexuelles ou encore Michelle Williams et Meryl Streep la bouche bloquée dans un "WHAT"! En 89 ans, c'était une première. Tout a foiré.

Pendant ce temps, dans les coulisses...

Dans les coulisses, Jimmy Kimmel prépare sa sortie avec Matt Damon. Il est tranquille mais l'acteur lui dit qu'il a entendu le régisseur parler d'erreur sur le gagnant. Kimmel ne comprend pas tout de suite, de son propre aveu, et son ami Damon le pousse à aller sur scène pour calmer l'effervescence.

Damien Chazelle sert dans ses bras le réalisateur de Moonlight (mais quel homme ce Damien) avant de s'éclipser, le regard sombre, avec son équipe de la scène. Warren Beatty s'excuse en expliquant qu'il avait la précédente enveloppe dans les mains (Oscar à Emma Stone pour LA LA LAND) et non celle qu'il devait avoir. Or, Emma Stone (grande fan de Moonlight), lors de son interview en backstage, explique qu'elle était très excitée pour Moonlight "car c'est le meilleur film de tous les temps" et qu'elle s'est mise sur le côté tout en tenant dans ses mains le carton où était inscrit son nom. "J'étais ultra-excitée pour Moonlight et je tenais la carte avec mon nom en tant que meilleure actrice tout ce temps! Je n'ai pas envie de commencer une histoire ou quoique ce soit mais je veux juste préciser que j'avais cette carte dans les mains! Du coup je ne sais pas ce qui s'est passé et j'ai vraiment eu envie de vous en parler en premier!"

Donc, DOUX JESUS que s'est-il passé? Un complot afin de discréditer le film hollywoodien par excellence que tout le monde voyait gagner? Miles Teller aurait-il jeter un sort à Damien Chazelle après avoir été évincé du projet La La Land?

Selon d'autres rumeurs et même si Emma Stone affirme avec force qu'elle avait son carton, l'un des responsables des enveloppes, Brian Cullinan, à ce poste depuis 4 ans, était plus occupé à tweeter des photos avec les lauréats (qu'il a retiré par la suite, comme par hasard) qu'à surveiller le bon échange des papiers sacrés. Quand on vous dit que les réseaux sociaux sont un fléau! Mais désormais on en a la preuve: Variety a réussit à obtenir des photos de Brian Cullinan en coulisses durant toute cette séquence.

Le distrait

En fait il y a deux piles d'enveloppes : pour chacune des catégories, il y a deux cartons si vous préférez. L'une à la gauche de la scène, l'autre à la droite. Selon par où entrent les remettants. Le rigoureux cabinet PwC, en charge de l'opération "enveloppe", ne s'était jamais trompé pourtant en 83 ans. C'est arrivé ce soir là. Quelqu'un, distrait par son narcissisme, a confondu de pile. Mais immédiatement, Cullinan et sa collègue Martha Ruiz, qui connaissent par cœur la liste des vainqueurs, comprennent qu'il y a une erreur. Martha Ruiz ouvre alors l'enveloppe de sa pile pour vérifier que c'est normalement Moonlight le gagnant. Et Cullinan a alors prévenu toute la production. Cela a quand même pris deux minutes entre La La Land de Dunaway et Moonlight de Horowitz.

Avec ce scandale, soit le moment le plus dingue de toute l'histoire de l'académie, les Oscars ont réussi à faire parler d'eux alors que c'est le film le moins coûteux de l'histoire de la récompense qui a été primé. PwC a évidemment pris l'entière responsabilité de son erreur. Cela a empêché Jimmy Kimmel de faire son épilogue avec Matt Damon. En revanche, les internautes ont très vite détourné ce moment, de M. Night Shyamalan qui avoue avoir écrit la fin de cette cérémonie, à Kimmel qui confesse qu'un tel final ne s'était jamais vu à la TV depuis l'épilogue de Lost, en passant par ceux qui ont parodié le carton.

L'académie s'est excusée. Une enquête est en cours. Des têtes vont tomber. Pendant ce temps, on peut dire que la victoire de Moonlight a été un peu volée (le temps des discours a été fortement réduit) et que le triomphe de La La Land a été amoché.

César / Oscars: Moins d’audience à la TV mais plus de salles pour les lauréats

Posté par vincy, le 28 février 2017

jerome commandeur jimmy kimmelIls ont été césarisés ou oscarisés: Elle, Divines et Moonlight vont essayer de profiter de leur statut de lauréat dès demain dans les salles. Même si dans les deux cas, l'audience TV n'était pas au rendez-vous.

Côté César, Canal+ n'est que 4e de la soirée (retransmise en clair et sur Dailymotion) avec 1,9 million de téléspectateurs, soit 10,5% du public. On est loin du score de l'an dernier (2,5 millions de téléspectateurs, 11,9% de PDA). C'est l'audience la plus faible depuis 2010.

Côté Oscars, pour ABC ce n'est pas mieux. Avec 32,9 millions de téléspectateurs et une PDA d'environ 22%, c'est la plus faible audience depuis 2008. Selon Nielsen, c'est principalement les habitants des grandes métropoles qui ont regardé la cérémonie (New York, Chicago et la Californie).

Dans tous les cas, français comme américain, la formule semble s'user. Après tout, combien attendent le lendemain pour voir les "meilleurs moments" (gaffes ou gags) sur leur smartphone?

Cependant, les lauréats vont quand même essayer de profiter de cet effet d'aubaine.

Elle de Paul Verhoeven, César du meilleur film et de la meilleure actrice, sorti le 25 mai dernier et déjà disponible en vidéo à la demande, avait déjà bénéficié d'une ressortie en salles mi-janvier à l'occasion du festival Télérama, pile-poil au moment des révélations de ses nominations aux César et aux Oscars. Grâce à cette sortie, il s'était ajouté 50000 spectateurs en plus dans son escarcelle. Le film totalise aujourd'hui 603000 entrées, toujours diffusé dans 80 salles. Dès le mercredi 1er mars, Elle sera projeté sur 125 écrans.

Divines d'Houda Benyamina, César du meilleur premier film, du meilleur espoir féminin et du meilleur second-rôle féminin, lui aussi disponible en vidéo à la demande. Tout comme Elle, il est ressorti en salles lors du festival Télérama. Avec seulement 321000 entrées au compteur, c'est sans doute lui qui a le plus à gagner. Le film devrait passer de dix salles à une quarantaine de copies.

Enfin, Moonlight, Oscar surprise du meilleur film, mais également Oscar de la meilleure adaptation et Oscar du meilleur second-rôle masculin, va doubler son nombre de copies en passant de 148 salles à 346. Il a déjà séduit 280000 spectateurs. Il peut espérer dépasser les 500000 entrées. C'est, malgré tout, la troisième année consécutive qu'un lauréat de l'Oscar du meilleur film ne dépassera pas le million de spectateurs en France. Ce film produit pour 1,5 million de $ (le plus petit budget récompensé par un Oscar du meilleur film dans l'histoire de la cérémonie!) a rapporté 22M$ au box office nord-américain. Par anticipation, le distributeur A24 avait ajouté 130 copies dès vendredi dernier. Pour l'instant Moonlight est avant-dernier sur les 40 dernières années: seul Démineurs, en 2009, avait récolté moins de recettes (17M$ au total). Le tout est de savoir si cet Oscar permettra au film de Barry Jenkins de dépasser Birdman, The Artist et Spotlight, tous autour de 40-45M$ (et bons cancres dans la liste des films oscarisés).

Oscars 2017: Moonlight triomphe, La La Land et Manchester by the Sea rayonnent

Posté par vincy, le 27 février 2017

Il y avait une revendication anti-Donald Trump dans l'air. Hollywood est entré en résistance. "Puissiez-vous toujours avoir le courage d'affronter vos peurs" le disait si bien le réalisateur Alan Barillaro, auteur du court de chez Pixar, Piper, en gagnant son Oscar. Dans un registre plus léger, Jimmy Kimmel s'inquiétait: "Ça fait plus de 2 heures qu'on a commencé et Trump a pas fait un seul tweet sur les Oscars... Ça commence à m'inquiéter !". Il lui a donc envoyé un court tweet au président où "Meryl Streep lui disait bonjour", en référence au tweet de Trump considérant Streep "surévaluée". Kimmel en a fait son "running gag" puisqu'il avait déjà balancé plus tôt dans la soirée: "Dès le début de sa carrière, Meryl Streep a été médiocre. Elle a déçu dans 50 films et c'est sa 20ème nomination !" (bon en même temps celle de cette année était peut-être un peu superflue).

Mais Kimmel aussi pointé avec ironie la polémique de l'an dernier sur des Oscars jugés trop blancs: "J'aimerais remercier le président Trump. L'année dernière, on pensait tous que c'était les Oscars qui étaient racistes !"

Accident en direct

Oscars so white? Oubliez-ça! Pour une fois, les Oscars ont sacré, Moonlight, un premier film, avec un casting 100% black et une histoire gay! Le combo total! "Il y a une époque où je pensais que ce film était impossible ! Merci beaucoup" a clamé le cinéaste Barry Jenkins. Bon, on va passer sur l'erreur la plus dingue de l'histoire des Oscars: Warren Beatty et Faye Dunaway présentent l'Oscar du meilleur film. Beatty a un moment d'hésitation, trouvant sans doute étrange ce qu'il lit. Dunaway clame La la Land. L'équipe de Chazelle exulte et monte sur scène! Manque de bol, ce n'était pas la bonne enveloppe ("Ce n'est pas une blague!"). Un accident industriel. C'est bien Moonlight qui l'emporte et un producteur de La La Land, très digne, très classe tend l'Oscar à Barry Jenkins, qui n'en revient pas, assis dans la salle.
On retire tout ce qu'on a dit sur Hollywood qui préfère se regarder dans un miroir et oublie de récompenser des films qui regardent le monde. Pour le coup, cet Oscar du meilleur film est un vrai "face palm" ou une réaction à Trump et à ceux qui l'an dernier accusaient les Oscars de racisme.

Un américain musulman pour la première fois

Dans la catégorie du meilleur second-rôle, ce sont deux afro-américains pour deux films centrés sur des afro-américains, et leurs conditions de vie dans une Amérique qui ne leur fait pas de cadeaux, qui ont gagné. Viola Davis réalise ainsi l'exploit d'être la première interprète afro-américaine à avoir emporté un Emmy, un Tony et un Oscar. Outre l'Oscar du meilleur second-rôle pour Mahershala Ali (et premier acteur musulman à être ainsi lauréat d'un Oscar ce qui a du rendre Trump plus rouge que d'habitude), Moonlight a aussi remporté l'Oscar de la meilleure adaptation. L'auteur de la pièce originelle Tarell Alvin McCraney a d'ailleurs dédié "ce prix à toute la communauté LGBT !" Les minorités assument face à cette Amérique qui tente de revenir en arrière.

Un doublé rare grâce à Farhadi

Et que Le client décroche l'Oscar du meilleur film en langue étrangère (certes les quatre autres nommés n'étaient pas ni meilleurs ni moins bons) et on ne pourra qu'y voir une contestation affichée au Muslim ban du président des Etats-Unis, qui a empêché Asghar Farhadi d'aller sur la scène des Oscars pour la deuxième fois, cinq ans après celui qu'il a reçu pour Une séparation. Boycottant la cérémonie au nom des habitants des sept pays interdits d'entrée aux USA, il a rappelé que les films étaient fait pour partager les valeurs humanistes et abolir les frontières. Il devient le sixième réalisateur à gagner plus d'une fois cet Oscar (après Vittorio De Sica (1948, 1950, 1965, 1972), Federico Fellini (1957, 1958, 1964, 1975), Ingmar Bergman (1961, 1962, 1984), René Clément (1951,1953) et Akira Kurosawa (1952, 1976)).

Le plus jeune cinéaste oscarisé

Cette année, les Oscars ont éparpillé leurs récompenses entre de nombreux films tout en privilégiant Tu ne tueras point, Moonlight, Manchester by the Sea et bien sûr La La Land, qui ont tous gagné plus d'une statuette. Comme si les meilleurs films de l'année avaient chacun leurs propres qualités. De la technique pour le film de Mel Gibson, le scénario et l'acteur pour Manchester by the Sea. Casey Affleck a ainsi logiquement été sacré meilleur acteur, après avoir raflé à peu près tous les prix depuis novembre. la musique et la réalisation pour La La Land, qui récolte 6 Oscars! Damien Chazelle devient le réalisateur le plus jeune à recevoir l'Oscar du meilleur réalisateur, by the way. Dommage qu'il ait fait un discours si banal... Comme on s'y attendait, Emma Stone rapporte elle aussi un Oscar de la meilleure actrice, empêchant Isabelle Huppert de faire son grand chelem américain. "J'ai encore beaucoup à apprendre mais cette statuette c'est un symbole pour poursuivre ce voyage" a rappelé la jeune actrice.

Ce fut donc un palmarès sans réelle surprise, mais assez équilibré pour cette 89e Cérémonie des Oscars, et la preuve, une fois de plus, que les films d'auteur ont réellement dominé l'année hollywoodienne. C'est d'autant plus une bonne nouvelle que chacun des gagnants a été rentable pour leurs producteurs et même, pour certains, de véritables succès publics. On peut regretter que plus les Oscars majeurs passaient, plus les discours s'affadissaient, avec des tonnes de remerciements personnels. La fin de la soirée était ainsi une suite de consécrations attendues, sans la verve de Jimmy Kimmel ou l'engagement des speechs des premiers gagnants.

Mais Kimmel a été bon jusqu'au bout. Profitant de l'incident sur l'Oscar du meilleur film, il a eu la bonne vanne pour conclure: "Je savais que j'allais foirer... Je vous promets de ne plus jamais revenir !"

Meilleur film: Moonlight
Meilleur réalisateur: Damien Chazelle pour La La Land

Meilleure actrice: Emma Stone dans La La Land
Meilleur acteur: Casey Affleck dans Manchester by the Sea
Meilleur second-rôle féminin: Viola Davis dans Fences
Meilleur second-rôle masculin: Mahershala Ali dans Moonlight

Meilleur film en langue étrangère: Le client d'Asghar Farhadi
Meilleur film d'animation: Zootopie de Byron Howard, Rich Moore et Clark Spencer
Meilleur court métrage d'animation: Piper d'Alan Barillaro et Marc Sondheimer
Meilleur documentaire: O.J.: Made in America d'Ezra Edelman et Caroline Waterlow
Meilleur court métrage documentaire: The White Helmets d'Orlando von Einsiedel et Joanna Natasegara
Meilleur court métrage fiction: Mindenki (Sing) de Kristof Deak et Anna Udvardy

Meilleur scénario: Kenneth Lonergan (Manchester by the Sea)
Meilleure adaptation: Barry Jenkins et Tarell Alvin McCraney (Moonlight)
Meilleure musique: Justin Hurwitz (La La Land)
Meilleure chanson: "City of stars" (La La Land)

Meilleure image: Linus Sandgren (La La Land)
Meilleur montage: John Gilbert (Tu ne tueras point)
Meilleurs décors: David Wasco, Sandy Reynolds-Wasco (La La Land)
Meilleurs costumes: Colleen Atwood (Les animaux fantastiques)
Meilleurs maquillages et coiffures: Alessandro Bertolazzi, Giorgio Gregorini, Christopher Allen Nelson (Suicide Squad)
Meilleur montage (son): Sylvain Bellemare (Premier contact)
Meilleur mixage (son): Kevin O'Connell, Andy Wright, Robert Mackenzie, Peter Grace (Tu ne tueras point)
Meilleurs effets visuels: Robert Legato, Adam Valdez, Andrew R. Jones, Dan Lemmon (Le livre de la jungle)

Spirit Awards 2017 : Moonlight au sommet, Isabelle Huppert dans les étoiles

Posté par wyzman, le 26 février 2017

A quelques heures des Oscars 2017, le deuxième long métrage de Barry Jenkins vient de réaliser une magnifique razzia aux Spirit Awards. Eh oui, la cérémonie qui récompense le meilleur du cinéma indépendant n'est pas passée à côté de Moonlight, le film le plus récompensé de l'année qui traite notamment des tourments intérieurs d'un jeune homme noir tentant de comprendre sa sexualité. Déjà récompensé du Golden Globe du meilleur film dramatique en janvier dernier, cette pépite est nommée pas moins de 8 fois aux Oscars de ce soir.

Élu meilleur film de l'année face à American Honey, Chronic, Jackie et Manchester by the Sea, Moonlight a également permis à son réalisateur, Barry Jenkins, de repartir avec le Graal de sa catégorie. Sans surprise, Casey Affleck a été nommé meilleur acteur pour son rôle dans Manchester by the Sea tandis qu'Isabelle Huppert s'est offerte la statuette de meilleure actrice pour son incroyable performance dans Elle. Dans le reste du palmarès, on retiendra bien évidemment The Witch, nommé meilleur premier film, Toni Erdmann, meilleur film étranger et O.J. : Made in America, meilleur film documentaire.

A quelques heures des Oscars, toute l'équipe de Moonlight peut donc sourire. Avec six trophées (dont le prix Robert Altman décerné à l'ensemble du casting), il y a fort à parier que le film ne repartira pas les mains vides du Dolby Theatre de Los Angeles. Par ailleurs, vous êtes cordialement invités à venir célébrer le cinéma américain et les Oscars en notre compagnie ce soir au Club de l'Etoile !

Meilleur film

Moonlight / American Honey Chronic / Jackie / Manchester by the Sea

Meilleur réalisateur

Barry Jenkins - "Moonlight" / Andrea Arnold –”American Honey” / Pablo Larraín –”Jackie”  / Jeff Nichols –”Loving” / Kelly Reichardt –”Certain Women”

Meilleur acteur

Casey Affleck –”Manchester by the Sea” / David Harewood –”Free in Deed” / Viggo Mortensen –”Captain Fantastic” / Jesse Plemons –”Other People” / Tim Roth –”Chronic”

Meilleure actrice

Isabelle Huppert –”Elle” / Annette Bening –”20th Century Women” / Sasha Lane –”American Honey” / Ruth Negga –”Loving” / Natalie Portman –”Jackie”

Meilleur acteur dans un second rôle

Ben Foster –”Hell or High Water”/ Ralph Fiennes –”A Bigger Splash” / Lucas Hedges –”Manchester by the Sea” / Shia LaBeouf –”American Honey” / Craig Robinson –”Morris from America”

Meilleure actrice dans un second rôle

Molly Shannon –”Other People” / Edwina Findley –”Free in Deed” / Paulina García –”Little Men” / Lily Gladstone –”Certain Women” / Riley Keough –”American Honey”

Meilleur scénario

Barry Jenkins et Tarell Alvin McCraney –”Moonlight” / Mike Mills –”20th Century Women” / Taylor Sheridan –”Hell or High Water” / Ira Sachs et Mauricio Zacharias –”Little Men” / Kenneth Lonergan –”Manchester by the Sea”

Meilleur premier scénario

Robert Eggers –”The Witch” / Chris Kelly –”Other People” / Adam Mansbach –”Barry” / Stella Meghie –”Jean of the Joneses” / Craig Shilowich –”Christine”

Meilleur premier film

“The Witch” / “The Childhood of a Leader” / “The Fits” / “Other People” / “Swiss Army Man”

Meilleur film documentaire

“O.J.: Made in America” / “13th” / “I Am Not Your Negro” / “Cameraperson” / “Sonita” / “Under the Sun”

Meilleure photographie

James Laxton –”Moonlight” / Ava Berkofsky –”Free in Deed” / Lol Crawley –”The Childhood of a Leader” / Zach Kuperstein –”The Eyes of My Mother” / Robbie Ryan –”American Honey”

Meilleur montage

Joi McMillon et Nat Sanders –”Moonlight” / Matthew Hannam –”Swiss Army Man” / Jennifer Lame –”Manchester by the Sea” / Jake Roberts –”Hell or High Water” / Sebastián Sepúlveda –”Jackie”

Meilleur film étranger

“Toni Erdmann” (Allemagne/Roumanie) / “Aquarius” (Brésil) / “Chevalier” (Frèce) / “Trois souvenirs de ma jeunesse” (France) / “Under the Shadow” (Iran/UK)

Prix Robert Altman

Moonlight

Prix John Casavetes

Spa Night / Free in Deed / Hunter Gatherer / Lovesong / Nakom

César 2017: Elle, Juste la fin du monde et Divines se partagent les prix

Posté par vincy, le 25 février 2017

La quinzaine des réalisateurs peut s'enorgueillir d'avoir réalisé un carton lors de cette (trop longue et pas très drôle) 42e Cérémonie des César: Divines (3 prix), Ma vie de courgette (deux César pour un film d'animation, du jamais vu), L'effet aquatique (avec un César posthume pour Solveig Anspach) ont raflé de nombreux prix, à chaque fois mérité dans chacune de leurs catégories. La sélection officielle cannoise n'est pas en reste avec notamment le César du meilleur film étranger pour la Palme d'or de Ken Loach. Le cinéaste britannique entre ainsi dans le club fermé des double-césarisés (et seulement la deuxième fois qu'une Palme d'or obtient en plus ce César).

Plus remarquable le doublé de Xavier Dolan - réalisation, montage - en son nom propre. C'est la première fois qu'un cinéaste québécois gagne le César du meilleur réalisateur et cela conforte son Grand prix du jury à Cannes, malgré une critique divisée sur le film. On y ajoute le César du meilleur acteur (enfin!) pour Gaspard Ulliel.

Autre non-surprise venue de Cannes: le deuxième César de la carrière d'Isabelle Huppert (possédant malgré tout un record en nominations), qui a étrangement improvisé son discours (elle ne s'y attendait pas?). Elle a triomphé avec le César du meilleur film.

Sinon, il y a eu des instants inspirés (notamment l'hommage à George Clooney, avec une traduction loufoque de Jean Dujardin et un discours évidemment très politique) et le sauvetage à minuit de Valérie Lemercier (de loin la plus drôle). Il y a eu des remerciements poignants (on pense à l'émotion de Déborah Lukumuena qui cite Annie Girardot) et d'autres plus coup de poing (François Ruffin). La soirée a pourtant été longue à décoller. Les rituels ont été bien respectés (un petit coup de La La Land avec Jérôme Commandeur, le MC, et Marthe Villallonga, un grand hommage à Michèle Morgan en conclusion des disparus de l'année).

Autre hommage attendu, celui pour Belmondo. Un hommage entre copains, pas très bien calibré pour la télévision. Mais au moins ce moment d'émotion, et le montage de ses plus grands films qui l'a précédé, a montré à quel point le comédien est une des plus grandes stars que le cinéma français ait compté.

Après minuit, c'était la fin, un peu accélérée alors que ce sont les plus grands instants attendus. Mais merci à l'Académie d'avoir choisi Pedro Almodovar pour remettre le César du meilleur film (mais pourquoi la musique de La La Land?!). Le cinéma français a montré qu'il ne savait toujours pas organisé une grande cérémonie, mais il a su démontrer qu'il était ouvert et diversifié. C'est déjà ça.

Meilleur film: Elle
Meilleur réalisateur: Xavier Dolan (Juste la fin du monde)

Meilleur film étranger: Moi, Daniel Blake
Meilleur premier film: Divines
Meilleur film d'animation (long métrage): Ma vie de courgette
Meilleur film d'animation (court métrage): Celui qui a deux âmes
Meilleur documentaire: Merci Patron!
Meilleur court-métrage (ex-aequo): Maman(s) ; Vers la tendresse

Meilleure actrice: Isabelle Huppert (Elle)
Meilleur acteur: Gaspard Ulliel (Juste la fin du monde)
Meilleur second-rôle féminin: Déborah Lukumuena (Divines)
Meilleur second-rôle masculin: James Thierrée (Chocolat)
Meilleur espoir féminin: Oulaya Amamra (Divines)
Meilleur espoir masculin: Niels Schneider (Diamant noir)

Meilleur scénario: Solveig Anspach, Jean-Luc Gaget (L'effet aquatique)
Meilleure adaptation: Céline Sciamma (Ma vie de Courgette), d'après le roman Autobiographie d'une courgette de Gilles Paris
Meilleure photo: Pascal Marti (Frantz)
Meilleure musique: Ibrahim Maalouf (Dans les forêts de Sibérie)
Meilleur montage: Xavier Dolan (Juste avant la fin du monde)
Meilleurs décors: Jérémie D. Lignol (Chocolat)
Meilleurs costumes: Anaïs Romand (La Danseuse)
Meilleur son: Marc Engels, Fred Demolder, Sylvain Réty, Jean-Paul Hurier (L'odyssée)

Edito: 2016, Terminus! Tout le monde descend!

Posté par redaction, le 23 février 2017

On en a (presque) fini avec 2016. Le week-end qui vient va sacrer les "meilleurs" films français côté Cesar et les "meilleurs" film américains côté Oscars. 2017 a pourtant déjà bien commencé avec les festivals de Sundance et de Berlin.

On se le dit chaque année, ce n'est pas trop tôt. Deux mois que l'année est révolue, que les Top 10 ont disparu. Bien sur, il reste un film parmi les huit nommé aux Oscars qui n'est pas encore sorti. Quelques films cannois issus d'Un Certain regard, de la Quinzaine des réalisateurs et de la Semaine de la critique attendent leur programmation en salles.

On a envie de se projeter en 2017, mais 2016 nous tire par le mollet. Tardivement, donc, les votants d'ici et d'ailleurs, récompensent des films qui ont de moins en moins besoin de ces statuettes dorées.

Côté Oscars, si on prend le box office comme étalon, Moonlight, Lion et Manchester by the Sea ont le plus à gagner. Ils sont encore en salles et n'ont pas rapporté plus de 50M$. Pour La La Land ou Premier Contact, respectivement 340M$ et 200M$ dans le monde, cela leur donnera surtout un titre de plus ou une aura de prestige. Pour des comédiens, cela peut être une consécration comme une malédiction, l'opportunité de voir sa carrière décoller ou de sceller à jamais sa filmographie sur un dernier bon film. C'est ce que nous vous expliquerons avec le débat que nous organisons, Ecran Noir, Toute la culture et Les Ecrans, dimanche soir au Club de l'Etoile.

Côté César, le distributeur devra ressortir le film en salles puisqu'ils ont déjà tous plus ou moins disparu des écrans. Il y aura certainement quelques milliers de spectateurs à séduire. Aucun des films nommés n'a dépassé les 700000 entrées. Un certain potentiel existe. mais comme ils sont tous déjà disponibles en DVD ou VàD, cela risque surtout de profiter au "home cinema" plutôt qu'aux salles de cinéma. Finalement, ce sont bien les Oscars qui pourraient avoir un véritable impact puisque les deux tiers des nommés sont encore bien présents dans les cinémas. Un paradoxe: les César n'ont plus vraiment d'utilité commerciale, en plus d'être souvent décriés pour leurs choix, et les Oscars continuent d'être "bankable" pour les vainqueurs.

Une chose est certaine, lundi matin, nous en aurons fini avec le crû 2016. Il nous lâchera les baskets. Même si, pour certains, la course aux prix de l'année prochaine a déjà commencé.

Les producteurs de Frantz, Chocolat et Pattaya récompensés par le Prix Daniel Toscan du Plantier 2017

Posté par vincy, le 21 février 2017

© Salomé Oyallon / ENS Louis Lumière pour l'Académie des César 2017 Le Prix Daniel Toscan du Plantier 2017 a été décerné lundi soir à Eric Altmayer et Nicolas Altmayer, les dirigeants de Mandarin. Le prix, remis par Audrey Azoulay, Ministre de la Culture et de la Communication, et Alain Terzian, Président de l’Académie des Arts et Techniques du Cinéma, lors du Dîner des Producteurs, récompense le meilleur producteur de l'année.

"Ce Prix décerné par l'Académie des arts et techniques du cinéma vient récompenser le travail exemplaire d'un tandem qui explore toute la diversité du cinéma français avec une exigence artistique, une prise de risque et l'ambition de s'adresser à un large public", souligne Frédérique Bredin, présidente du CNC

Mandarin a eu une année faste avec Frantz de François Ozon (sélectionné à Venise, 11 nominations aux César, 613000 entrées), Chocolat de Roschdy Zem (5 nominations aux César, 1,921 million d'entrées), Brice 3 de James Huth (1,947 million d'entrées), Pattaya de Franck Gastambide (1,945 million d'entrées), Les Innocentes d'Anne Fontaine (4 nominations aux César, 702000 entrées) et Cigarettes et chocolat chaud de Sophie Reine (154000 entrées).

En 2017, la société a déjà sorti Sahara, en attendant Patients, Bienvenue au Gondwana, Jour J et L'amant double, le prochain Ozon. Mandarin a produit des films aussi divers que Saint-Laurent, De l'autre côté du périph, Les Kaïra, Potiche, Le petit Nicolas, les deux OSS 117, Brice de Nice, Jet Set ou encore L'étudiante et Monsieur Henri.

Ces dernières années, le Prix Daniel Toscan du Plantier a récompensé Why Not productions, Les films du Worso (deux années consécutives), Everybody on Deck et Les Productions du Trésor.