Tarantino: en attendant Cannes, l’affiche et la date de sortie de Once Upon A Time in Hollywood

Posté par vincy, le 18 mars 2019

once upon a time in hollywood posterVoilà un film qui n'est pas concerné par la polémique Netflix et qui est logiquement calé pour une avant-première mondiale à Cannes. Le nouveau et neuvième long métrage de Quentin Tarantino, Once upon a time in Hollywood, a dévoilé son poster photoshopé aujourd'hui. La création graphique réutilise des clichés déjà vus dans la presse.

Once Upon a Time in Hollywood de Quentin Tarantino revisite le Los Angeles de 1969, quand tout est en train de changer. La star de télévision Rick Dalton (Leonardo DiCaprio) et le cascadeur Cliff Booth (Brad Pitt), sa doublure de longue date, poursuivent leurs carrières au sein d’une industrie qu’ils ne reconnaissent plus. Le neuvième film de l’auteur-réalisateur, à travers ses multiples intrigues, rend hommage aux derniers moments de l’âge d’or d’Hollywood selon le synopsis de Sony.

Le film sortira le 14 août en France (et le 26 juillet aux Etats-Unis). Outre DiCaprio et Pitt, on retrouvera Al Pacino, dans le rôle de l'agent de DiCaprio, Margot Robbie, Damian Lewis, Emile Hirsch, James Marsden, Dakota Fanning et Luke Perry dans son dernier rôle. Burt Reynolds, qui devait aussi être de l'aventure, est décédé avant de tourner ses scènes. Bruce Dern l'a remplacé.

Il ne reste plus qu'à faire monter l'attente avec un teaser, puis une bande annonce et une belle montée des marches sur la Croisette...

Cartoon movie 2019 : trois longs métrages attendus en 2019

Posté par MpM, le 18 mars 2019

Heureusement, le Cartoon Movie n'est pas seulement ce lieu de frustration où sont présentés des projets prometteurs qu'il faudra ensuite attendre pendant des années. C'est aussi l'occasion d'avoir un avant-goût de films terminés, que l’on découvrira dans les semaines ou les mois à venir, en festivals ou même en salles. En montrer quelques minutes permet à la fois de faire naître (ou de confirmer) les attentes et de « prendre la température » des spectateurs constitués exclusivement de professionnels. Le cri de désappointement collectif lorsque s’est brutalement interrompue la projection du début de Bunuel après l'âge d'or de Salvador Simo en dit par exemple assez long sur la frustration ressentie par le public. Ça tombe bien, puisque le film arrive sur nos écrans le 19 juin.

Bunuel après l'âge d'or de Salvador Simo


Nous vous avions déjà parlé l’an passé lors du précédent Cartoon Movie de ce projet qui mêle animation et images d’archives pour raconter la genèse du film Terre sans pain de Luis Bunuel. Il s'agit du seul documentaire du cinéaste, tourné dans la région très pauvre des Hurdes au printemps 1932, grâce à l'argent gagné à la loterie nationale par son ami Ramon Acin. Le projet de Bunuel est de montrer sans fard ni surenchère la misère endémique de la région. Le film sera censuré en Espagne (accusé de donner une vision misérabiliste du pays) puis diffusé dans une version intégrale en 1965.

Bunuel après l'âge d'or, adapté d'un livre de Fermin Solis, commence après le scandale créé par la projection du chef d'oeuvre du surréalisme à Paris. Bunuel, rejeté de toute part, se lance alors dans un projet radicalement différent qu'il nommera "essai cinématographique de géographie humaine". Ce que l'on a vu du long métrage de Salvador Simo privilégie une forme de légèreté et d'humour, notamment dans le personnage haut en couleurs de Bunuel. Les rêves fantastiques du cinéaste s'incarnent également dans des séquences oniriques prometteuses. De quoi trancher avec la noirceur de la réalité qui apparaît à la fois dans la partie fictionnelle, et dans les images d'époque.

Le film explore ainsi cette période charnière dans l'oeuvre de Bunuel et notamment sa confrontation avec les réalités sociales les plus cruelles de son pays au moment même où il cherche à comprendre qui il est vraiment, et dans quelle direction il souhaite aller.

Le voyage fantastique de Marona d'Anca Damian


Autre film dont nous avions découvert les premières images en 2018, L'extraordinaire voyage de Marona d'Anca Damian (Le voyage de M. CrulicLa montagne magique) est attendu dans les salles à l'automne prochain. Nous avons déjà eu l'occasion de vous dire la fresque virtuose et intense qu'il devrait être, portée par l’incroyable inventivité de sa réalisatrice et le talent graphique du directeur artistique, l'illustrateur Brecht Evens. Raconté à la première personne par son héroïne, une petite chienne qui a connu plusieurs foyers, il mêle différentes techniques (2D, 3D, papiers découpés) et propose une profusion d'idées visuelles et poétiques.

Les larges extraits que nous a montrés la réalisatrice cette année viennent confirmer la beauté et l'ambition formelles du film. Dans la première partie, la petite chienne (noire et blanche, avec un nez en forme de cœur) est adoptée par un acrobate. L'occasion de créer un personnage virevoltant dont le costume jaune est constitué de fils rouges qui ne cessent de se mouvoir et de se transformer au gré des situations. Une autre séquence montre Marona flottant au milieu des crêpes en apesanteur, puis des planètes, en hommage à 2001. Dans la dernière partie, elle rencontre une petite fille elle-aussi rouge et jaune, dans un parc à la végétation luxuriante, puis dans une maison aux murs roses. Dans cet univers ultra coloré, rien n'est acidulé ou mièvre, mais c'est au contraire comme une explosion de teintes vives et chatoyantes qui illuminent le récit.

Avec son histoire simple et touchante (l'amour inconditionnel de la petite chienne pour ses maîtres successifs), Le voyage fantastique de Marona s'annonce à la fois comme une fable sensible à destination de tous les publics, et comme une oeuvre de cinéma ambitieuse et maîtrisée, qui met la barre très haut en terme d'expérimentation formelle.

J'ai perdu mon corps de Jérémy Clapin


Adapté du roman Happy Hand de Guillaume Laurant, J'ai perdu mon corps est le (très attendu) premier long métrage de Jérémy Clapin, découvert avec ses courts métrages Une histoire cérébrale, Skhizein (sélectionné à la Semaine de la Critique à Cannes) ou encore Palmipedarium. Son résumé, l'histoire d'une main droite prénommée Rosalie, et à la recherche du reste de son corps, intrigue. Les extraits vus à Bordeaux aussi, qui révèlent une esthétique assez réaliste alliée à une tonalité tour à tour onirique, romantique et épique.

Le récit suit le parcours de Rosalie, en alternance avec des flash-backs qui dévoilent peu à peu la vie de Naoufel, à qui elle appartenait autrefois. S'il se dégage (dans ce que l'on a vu) une certaine douceur des séquences passées, celles qui mettent en scène Rosalie séparée de Naoufel sont beaucoup plus froides, dans une gamme chromatique de bleus et de gris, et avec des épisodes glaçants comme celui où la main isolée est attaquée par des rats.

Inutile de préciser qu'il s'agit d'un long métrage ambitieux, plutôt à destination des adultes et des adolescents, qui s'inscrit dans un mouvement plus large de décloisonnement du cinéma d'animation. Malgré notre incompétence crasse en matière de pronostics, on veut croire qu'il pourrait célébrer sa première mondiale à Cannes.

Asian Film Awards 2019: quatre films cannois récompensés

Posté par vincy, le 17 mars 2019

Une affaire de famille a triomphé aux Asian Film Awards cette nuit à Hong Kong, dans un match qui opposaient les cinémas japonais, chinois et coréen. Le film de Hirokazu Kore-eda, Palme d'or l'an dernier à Cannes, est reparti avec le convoité prix du meilleur film, en plus de celui de la meilleure musique. C'est la première fois que le cinéaste remporte ce prix. Un seul autre Japonais avait été sacré depuis la création de la cérémonie en 2006 (Kiyoshi Kurosawa en 2008). C'est aussi la première fois depuis 2011 qu'un film non produit par la Chine est couronné.

Autre cinéaste en compétition à Cannes l'an dernier, le sud-coréen Lee Chang-dong a remporté le prix de la mise en scène pour Burning pour la troisième fois de sa carrière. Le film était favori avec 8 nominations, en plus d'un prix pour l'ensemble de la carrière du cinéaste. Les Asian Film Awards ont aussi distingué la Kazakh Samal Yeslyamova pour son rôle dans Ayka. Elle avait été récompensé à Cannes avec un prix d'interprétation féminine. Cannes a aussi dominé dans la catégorie scénario avec Les éternels de Jia Zhangke.

Sinon, le japonais Koji Yakusho a reçu le prix du meilleur acteur (The Blood of Wolves), en plus d'un prix d'excellence pour l'ensemble de sa carrière. Le chinois Zhang Yu a obtenu le prix du meilleur second-rôle masculin (Dying to Survive) et la hong-kongaise Kara Wai le prix du meilleur second-rôle féminin (Tracey), où elle incarne l'épouse d'une femme transsexuelle. Le cinéma de Chine continentale et d'Hong Kong a d'ailleurs numériquement remporté la partie avec un prix du Meilleur nouveau réalisateur à  Oliver Chan pour Still Human, celui du Meilleur premier film pour le blockbuster Operation Red Sea de Johnny Huang (également primé comme film le plus populaire de l'année), les prix de la meilleure image, du meilleur son, des meilleurs décors et des meilleurs costumes pour Shadow de Zhang Yimou et le prix des meilleurs effets visuels (Project Gutenberg).

Le japonais Tsukamoto Shinya a réussi à obtenir le prix du meilleur montage avec Killing. Les AFA ont aussi consacré deux stars de la K Pop, Kim Jaejoong (Prix nouvelle génération) et Park Seo-joon (Prix du meilleur Espoir).

Le premier long de Joséphine Mackerras plébiscité par le jury du festival SXSW

Posté par vincy, le 16 mars 2019

Pour son premier long métrage, la Française Joséphine Mackerras a remporté le gros lot au festival South by Southwest (SXSW) d'Austin (Texas) avec le Grand prix du jury dans la catégorie fiction. Alice a aussi récolté le prix du meilleur premier film réalisé par une femme.

Présenté en avant-première mondiale dans le festival de plus en plus hype de la capitale texane, le film a été produit (à travers sa société OnEarth productions), réalisé et écrit par Joséphine Mackerras. Le casting est composé d'Emilie Piponnier, Benjamin Bourgois, Martin Swabey, Chloe Boreham, Christophe Favre, David Coburn, Philippe de Monts, Rébecca Finet, Juliette Tresanini, Nicolas Buchoux et Robert Burns.

Alice, une épouse et mère de famille aussi parfaite qu'heureuse, voit sa vie chamboulée quand elle apprend que son mari a une vie secrète, peuplée de prostituée, qui la quitte en partant avec l'héritage de sa mère. Elle se retrouve sans un sou et avec leur jeune fils à charge. En voulant se battre pour ne pas sombrer, elle découvre le monde de son mari et se découvre elle-même, capable de devenir une travailleuse du sexe pour survivre...

Joséphine Mackerras a réalisé plusieurs courts métrage dont Diva (2007), L'enfance perdue (2008) et Prière (2010). Alice a été réalisé avec un très petit budget.

Cartoon movie 2019 – Florence Miailhe, Alain Ughetto et Simone Massi : l’animation pour adultes au firmament

Posté par MpM, le 12 mars 2019

© CARTOON
© CARTOON

Dans les travées du Cartoon Movie 2019, carrefour professionnel du long métrage d’animation, la question de l’animation adulte a comme toujours occupé les conversations. Si tout le monde est d’accord pour vanter la richesse et le caractère indispensable de cette forme de cinéma, elle continue d’un point de vue économique à ne pas toujours aller de soi. Ou plus précisément, alors que la critique plébiscite semaine après semaine des films tels que Chris the Swiss ou Funan, à destination d’un public d’adultes et d’adolescents, les producteurs rencontrent eux des difficultés à les financer, et les diffuseurs restent frileux à l’idée de les montrer, et donc de les acheter.

L'animation adulte : plus ambitieuse et plus risquée ?


Et c'est vrai : le public n’est pas assez souvent au rendez-vous. D'une manière générale, l’animation adulte peine à capitaliser autant qu’un film « familial » à plus gros potentiel commercial, ce qui en fait un domaine plus risqué que la moyenne (s'il existait une formule magique pour qu'un film marche en salles, évidemment, ça simplifierait les choses pour tout le monde). Et pour cause, puisqu’on parle d’œuvres forcément plus ambitieuses, abordant des sujets pas faciles, et sortant des sentiers battus. Exactement le type de films qui, lorsqu’ils sont en prise de vue continue, peuvent malgré tout trouver leur public, et même atteindre de très beaux scores. On ne dira jamais assez le mal que l’assimilation dessins animés = jeune public a fait au cinéma d’animation.

On a donc parfois l’impression de deux mondes qui se croient séparés par un fossé profond et infranchissable, sans voir les multiples passerelles qui vont de l’un à l’autre. D’autant que la question de la tranche d’âge à laquelle est destiné un film reste floue, et subjective. Rien n’empêche de voir Parvana vers 10 ans, Wardi à 8 et Funan à 12, par exemple. Tout dépend des enfants, et de la manière dont on accompagne chaque film. Ce qui, en passant, est vrai pour toutes les formes de cinéma.

Bien entendu, les professionnels ont conscience de la nécessité d'agir.  Un groupe de travail créé en 2018 par Nicolas Schmerkin de la société Autour de Minuit, et coordonné par l'AFCA (Association française du Cinéma d'animation), réfléchit ainsi à des solutions concrètes pour accompagner les films d'animation pour adultes lors de leur sortie en salles,  par exemple en intervenant très en amont. L'idée serait notamment de mobiliser un réseau de salles et d'exploitants qui soient sensibilisés aux problématiques propres à ce type de cinéma, et informées régulièrement des projets existants.

Trois projets intimes, universels et indispensables

C'est dans ce contexte que l'on a découvert à Bordeaux trois projets de longs métrages qui viennent tout azimuts réaffirmer l'urgence de désenclaver l'animation adulte et de mettre fin au gâchis consistant à sacrifier film après film le potentiel artistique gigantesque qu'elle recèle. Car ce qui se joue dans ces trois films en devenir va au-delà de la question de la création et de l'oeuvre cinématographique : c'est une manière d'éclairer le présent par le prisme de l'Histoire collective et des destins individuels. Interdit aux chiens et aux Italiens d'Alain Ughetto, La traversée de Florence Miailhe et Trois enfances de Simone Massi ont en effet en commun de partir d'un matériau très intime pour rappeler le passé récent, et rendre hommage à ceux qui l'ont vécu, mais aussi pour éclairer notre propre époque dans laquelle subsistent les échos de ces destins personnels.

Interdit aux chiens et aux Italiens d'Alain Ughetto (produit par Les Films du Tambour de Soie, Vivement lundi ! Foliascope, Graffiti Doc, Nadasdy Film)


Après Jasmine, dans lequel il racontait poétiquement son histoire d'amour avec une jeune femme iranienne à la fin des années 70, Alain Ughetto propose un deuxième long métrage qui s'avère tout aussi ambitieux que le premier. Il s'agit cette fois d'une chronique familiale entre la Suisse, la France et l'Italie, doublée d'une grande fresque du XXe siècle qui fait évidemment écho avec aujourd'hui. Le réalisateur y racontera avec émotion et humour le périple de Luigi et de ses frères qui quittent au début des années 20 leur village natal du Piémont dans l'espoir d'une vie meilleure à l'étranger.

Luigi, c'était le propre grand-père d'Alain Ughetto. Le réalisateur a remonté le fil de ses souvenirs personnels pour retracer son parcours et raconter ainsi toute l'histoire de ce qui fut dans la première partie du XXe siècle une main d'oeuvre nomade et déconsidérée. Le titre fait ainsi référence à des pancartes ayant réellement été affichées dans des vitrines de cafés ou de restaurants français. Difficile, bien sûr, de ne pas voir un parallèle entre cette attitude d'exclusion et les comportements d'intolérance et de rejet qui se succèdent depuis à l'égard de tous ceux qui viennent d'ailleurs.

C'est évidemment un projet profond et bouleversant, universel, mais aussi extrêmement personnel, qui met en scène la famille et les souvenirs d'enfance d'Alain Ughetto. "De tous ces gens, il ne reste plus rien" explique-t-il. Ce qui l'a amené à s'interroger sur ce qui, en lui, subsiste de ce monde englouti dont il est directement issu. Pour lui redonner vie, il aura recours à des matériaux artisanaux pour les décors (des brocolis, des châtaignes, du sucre...) et à des marionnettes pour les personnages. La séquence que l'on a pu découvrir lors du Cartoon movie se passe en 1922, et montre avec un mélange d'humour et de suspense la manière dont les trois protagonistes franchissent la frontière vers la France au nez et à la barbe des soldats italiens en train d'écouter un discours de Mussolini. Des images qui confirment l'immense tendresse dont le réalisateur entoure ses personnages, et le ton à la fois sensible et léger qui sera celui du film.

La traversée de Florence Miailhe (produit par Les films de l'Arlequin, Xbo Films, MAUR Film, Balance Film)


Voilà un projet qui a démarré il y a plus de dix ans, attendus depuis presque aussi longtemps par les admirateurs (nombreux) de Florence Miailhe, cette incontournable réalisatrice de courts métrages récompensée notamment d'un César pour Au premier dimanche d'août en 2002, et d'une mention spéciale à Cannes pour Conte de quartier en 2006. A l'origine de ce magnifique projet en peinture animée, dont on a pu découvrir à Bordeaux un montage de 12 minutes qui nous a tout simplement éblouis, il y a le désir de la réalisatrice de faire un pont entre la situation actuelle et l'histoire de sa famille obligée de fuir l'Ukraine à cause des pogroms, au début du XXe siècle.

Accompagnée par l'écrivaine Marie Despleschins, elle a finalement réduit le nombre de personnages à deux enfants jetés seuls sur la route, et qui traversent tout le continent à la recherche d'un havre d'accueil et de liberté. Malgré tout, l'influence familiale persiste, notamment à travers le carnet de croquis de la mère de la réalisatrice, qui lui a servi d'inspiration pour les différents personnages du film.

En six chapitres, le film racontera le parcours presque "traditionnel" des réfugiés de tous les pays et de toutes les époques : obligés de fuir pour sauver leur vie, puis sans cesse pourchassés, menacés, exploités, vendus ou emprisonnés. On a déjà pu admirer le travail exceptionnel mené sur les couleurs, les contrastes et les mouvements, qui promettent une oeuvre d'une grande beauté formelle. Sur le fond, l'émotion est perceptible dans les quelques minutes que l'on a pu découvrir, de même que la dénonciation du système qui profite du malheur des réfugiés, et de notre propre indifférence. Vraisemblablement l'un des grands chocs de l'année prochaine, que l'on attend évidemment à Cannes.

Trois enfances de Simone Massi (produit par Offshore et Minimum Fax Media)


Simone Massi, illustrateur et réalisateur de courts métrages (La memoria dei cani, Nuvole mani...), travaille lui-aussi sur son premier long métrage après avoir signé 45 minutes d'animation dans le documentaire Samouni road présenté à Cannes en 2018. Il y racontera l'histoire d'une même famille sur trois générations, entre 1918 et les années 70, dans la région des Marche, en Italie, dont il est originaire. Lui aussi s'inspire en effet de ses racines, de sa terre natale et de sa famille, pour une histoire sensible et universelle qui parle à la fois des courants migratoires, de l'Histoire du XXe siècle et de l'évolution de l'Italie. Ses personnages sont trois enfants qui voient passer à trois époques successives le "manège sanglant de l'Histoire" et observent la manière dont il bouleverse à la fois leur territoire et leur existence.

Simone Massi explique qu'il souhaitait s'inscrire à contre-courant d'un contexte où tout le monde a l'obligation de tout comprendre. "L'Histoire du XXe siècle est très compliquée. Pas aussi simple qu'on la raconte. C'est pourquoi embrasser le regard d'enfants permet de la raconter du point de vue de ceux qui ne comprennent pas vraiment ce qui se passe." On assistera donc avec les personnages à deux guerres mondiales puis à une quasi guerre civile, croisant fascisme et terrorisme, famine et terreur, reconstruction et injustices. Le désir de Simone Massi est ainsi de partir d'une histoire personnelle, celle de sa famille, pour montrer comment les événements historiques conditionnent l'histoire personnelle des individus.

Visuellement, le film sera dans la lignée du travail de Massi, avec cette technique particulière en noir et blanc (et quelques taches de couleur rouge) qu'il obtient en grattant du papier enduit de pastel noir. On pourrait s'attendre à ce que le procédé soit terriblement long, et pourtant les 45 minutes d'animation de Samouni road avaient été réalisées en seulement un an, grâce notamment à la rotoscopie. Trois enfances passera également par cette technique, sans pour autant renoncer aux aspects les plus minutieux, et artisanaux du travail de Simone Massi, et devrait être prêt pour mai 2022.

C’est la Fête du court métrage du 13 au 19 mars !

Posté par MpM, le 11 mars 2019

Déjà la troisième édition pour La Fête du court métrage qui commence ce mercredi 13 mars ! Ce grand événement public gratuit propose pendant une semaine, en France et à l'international, des séances spéciales, ateliers et rencontres autour du format court.

En tout, 195 films seront montrés au cours de plus de 10 000 projections organisées dans environ 4000 lieux différents, parmi lesquels des cinémas bien sûr, mais aussi des bibliothèques, des mairies et même des hôpitaux ! En parallèle, les spectateurs pourront assister à des rencontres, masterclass et débats et participer à des ateliers d’éducation à l’image en rapport avec le maquillage FX, le scénario, l'éclairage et la machinerie ou encore le stop-motion.

Cette année, la manifestation propose quatre thématiques (Les incontournables, Jeune public, Les amis du court métrage et Mouvements) et met en avant 14 "talents", c'est-à-dire 14 réalisatrices et réalisateurs qui "représentent l’excellence et la diversité de la création cinématographique au format court".

On est heureux d'y retrouver entre autres Josza Anjembe (qui avait fait sensation avec un récit intime sur l'identité, dans Le bleu blanc rouge de mes cheveux) ; Félix Imbert (dont le premier court-métrage produit, Basses, questionne singulièrement l'amitié profonde entre deux adolescents) ; Momoko Seto qui nous éblouit notamment avec sa séries des "Planètes" depuis la fin des années 2000 ; Sarah van der Boom (qui était récemment sélectionnée aux César avec Raymonde ou l'évasion verticale, un conte humoristique et décalé porté par la voix de Yolande Moreau) ou encore Justine Vuylsteker dont nous vous avons déjà souvent parlé du très sensible et délicat Etreintes.

Pour tout connaître du (riche) programme ville par ville, rendez-vous sur le site de la manifestation, il y a forcément une séance pour vous !

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La Fête du court métrage du 13 au 19 Mars 2019
www.lafeteducourt.com

Julie Andrews recevra un Lion d’or d’honneur à Venise

Posté par vincy, le 9 mars 2019

La 76e Mostra de Venise (28 août - 7 septembre) décernera un Lion d'or d'honneur à l'actrice Julie Andrews, 83 ans, l’ensemble de sa carrière qui a débuté en 1949 - il y a 70 ans donc - avec un programme de la BBC.

"Je suis très honorée de recevoir le Lion d’or, a déclaré l’actrice. La Mostra de Venise est depuis longtemps considérée comme l’un des festivals les plus importants et je remercie la Biennale pour la reconnaissance de mon travail. Je suis impatiente d’arrivée dans cette ville magnifique pour cette occasion si spéciale" a déclaré la comédienne.

Lauréate d'un Golden Globe et d'un Oscar pour Mary Poppins en 1965, et d'un autre Golden Globe pour Victor Victoria en 1983, récompensée par un Disney Legends en 1991 pour sa contribution à la magie de Disney, elle a aussi été nommée à l'Oscar de la meilleure actrice pour La mélodie du bonheur et pour Victor Victoria, et sept fois aux Golden Globes (Millie, Star !, Darling Lili, The Julie Andrews Hour, Elle, That's Life! et Duo pour une soliste). Comédienne sur les planches de Boradway, elle a aussi reçu trois nominations aux Tony Awards (My Fair Lady, Camelot, Victor Victoria).

Parmi ses autres distinctions, soulignons ses trois Grammy Awards (dont un pour l'ensemble de sa carrière), un Bafta de la meilleure actrice, deux Emmy Awards, un prix pour l'ensemble de sa carrière des Screen Actors Guild Awards. Elle a son étoile à Hollywood depuis 1979.

Pour Alberto Barbera, le président du Festival, "le succès de son premier film hollywoodien, Mary Poppins, lui a donné son statut de star, qui s'est confirmé par la suite avec un autre trésor du cinéma, La mélodie du bonheur. Ces deux rôles la projettent dans l’Olympe de la célébrité internationale, faisant d’elle une figure iconique adorée de nombreuses générations de cinéphiles."

Mais il rappelle aussi que "Julie Andrews a elle-même contribué à éviter de rester enfermée dans le cinéma familial, en choisissant d’incarner des rôles dramatiques, ouvertement provocateurs ou tintés d’ironie. C’est le cas dans Les jeux de l'amour et de la guerre d’Arthur Hiller, ou dans les nombreux films dans lesquels elle a tourné sous la direction de son mari Blake Edwards. Le Lion d’or est la reconnaissance légitime d’une carrière extraordinaire qui a admirablement réussi à concilier succès populaire et ambitions artistiques sans jamais céder à la facilité."

Julie Andrews a en effet une jolie liste de cinéastes dans sa filmographie avec Le Rideau déchiré d'Alfred Hitchcock, Millie de George Roy Hill, Duo pour une soliste d'Andreï Kontchalovski, mais aussi deux films de Robert Wise (La Mélodie du bonheur et Star!). Evidemment sa collaboration avec Blake Edwards - 6 films ensemble - reste l'une des plus importantes contributions au cinéma américain tout en lui permettant de casser son image "Disney".

Ces 20 dernières années, Julie Andrews a surtout été au casting de comédies familiales (la série En coulisse avec Julie, sur Netflix) ou romantiques (Princesse malgré elle de Garry Marshall). Mais c'est sa voix qui a été avant tout sollicitée puisque l'actrice est Karathen dans Aquaman, la reine Lillian de Shrek et de Marlena Gru dans Moi moche et méchant, ou encore la narratrice de Il était une fois (Enchanted).

Le meilleur du long métrage d’animation européen se retrouve au Cartoon Movie de Bordeaux

Posté par MpM, le 5 mars 2019

Rendez-vous européen des professionnels du film d'animation depuis 1999, le Cartoon Movie voit passer chaque année les projets de longs métrages les plus divers, qu'ils soient attendus ou confidentiels, classiques ou complètement fous, modestes ou extrêmement ambitieux. Si tous ne voient malheureusement pas le jour, chacun d'eux a la possibilité d'être présenté devant les producteurs, investisseurs, distributeurs, agents de vente, sociétés de jeux vidéos ou encore new media players présents, en tout 900 professionnels en quête de contenus, de coopérations ou de coproductions.

Cette année, ce sont 66 projets en provenance de 22 pays, dont 22 films français, qui ont été sélectionnés pour participer à cette 21e édition du Cartoon Movie. Si les deux tiers sont seulement à l’état de concept ou en développement, 7 sont en production et 7 seront présentés en sneak preview, ce qui signifie qu'ils sont pratiquement terminés. Parmi ceux-là, on retrouve notamment L’Extraordinaire Voyage de Marona d'Anca Damian (qui présente aussi un projet à un stade moins avancé, intitulé The Island) et Bunuel dans le labyrinthe des tortues de Salvador Simo, que l'on avait tous deux eu la chance de découvrir lors de l'édition 2018.

La répartition des projets entre comédies familiales (67%) et films à destination d'un public jeunes adultes / adultes (20%) est assez représentative de l'image que l'on se fait du cinéma d'animation, et reste constante. C'est pourtant parmi ces films pour adultes et adolescents que l'on trouve certains des projets d'ores et déjà les plus attendus, tels que Saules Aveugles, Femme Endormie de Pierre Földes, adapté de Murakami, La Traversée de Florence Miailhe, dont il s'agit du premier long métrage après une très belle carrière dans le format court, Interdit aux Chiens et aux Italiens d'Alain Ughetto, à qui l'on doit notamment Jasmine, J'ai perdu mon corps de Jérémy Clapin (adapté de Happy Hand de Guillaume Laurant), Trois enfances de Simone Massi, l'animateur derrière les plus belles séquences de Samouni road, ou encore Kiki de Peter Dodd, sur la vie d'Alice Prin, plus connue sous le nom de Kiki de Montparnasse.

Mais on suivra également de près certains projets plus "familiaux" comme Linda veut du poulet ! de Chiara Malta & Sébastien Laudenbach (La Jeune Fille sans Mains), Terra Willy d'Eric Tosti (Les as de la jungle) qui sort le 3 avril, ou Where is Anne Frank d'Ari Folman (Valse avec Bachir).

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Cartoon Movie 2019
Du 5 au 7 mars
Informations sur le site de la manifestation

Jusqu’à la garde reçoit le premier César des lycéens

Posté par vincy, le 27 février 2019

On se demandait bien pourquoi le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer assistait aux César. on avait oublié que le César des lycéens, sur le modèle du Goncourt des lycéens, allait être décerné pour la première fois.

Le Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse et l’Académie des Arts et Techniques du Cinéma ont donc annoncé le lauréat de ce premier "César des Lycéens". Et les votants ont suivi les professionnels de la profession en choisissant parmi les nommés, Jusqu'à la garde de Xavier Legrand. Le film avait remporté vendredi soir 4 prix: Meilleur film, Meilleure actrice (Léa Drucker), Meilleur scénario (Xavier Legrand) et Meilleur montage (Yorgos Lamprinos). Le film a séduit près de 400000 sectateurs en France. Haut et Court a décidé de le remettre en avant avec 70 salles supplémentaires (soit une centaine au total) ce mercredi.

"Ce "César des Lycéens" a été attribué par un corps électoral de 1 276 élèves de terminale issus de 54 lycées généraux, technologiques et professionnels situés sur tout le territoire métropolitain, en Angleterre et à Mayotte, choisis par le Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse" précise le communiqué. Les lycéens ont visionné en compagnie de leur professeur référent les sept films nommés au César du Meilleur Film.

La remise du "César des Lycéens" s’effectuera le mercredi 13 mars 2019 à 13h30 au Grand Amphithéâtre de la Sorbonne, à l’occasion d’une rencontre-débat avec les lycéens et en présence du lauréat et de son équipe, du Ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse et du Président de l'Académie des César.

Couac aux César: Hirokazu Kore-eda « triste et contrarié » que son message n’ait pas été lu

Posté par vincy, le 25 février 2019

C'était l'un des moments embarrassants des César vendredi soir. La cérémonie, qui a attiré à peine1,6 million de téléspectateurs, a connu beaucoup de flottements, mais lors de la remise du césar du meilleur film étranger, le summum a été atteint. Et pour cause, après le dévoilement du lauréat - Une affaire de famille - personne n'est venu chercher la récompense et remercier les votants. Le JDD a révélé que le réalisateur Hirokazu Kore-eda était "très triste et contrarié". On le comprend. retenu à Los Angeles pour les Oscars, d'où il est reparti bredouille cette nuit, il avait transmis une lettre "au cas où".

Or personne n'a pris le temps de lire son message. "J'avais rédigé et confié un message à mon équipe française au cas où le film serait primé. Mais il semblerait qu'un petit couac ait empêché le message de vous parvenir et que personne n'ait été présent dans la salle pour recevoir le prix à ma place. Au nom de toute l'équipe du film, je présente mes plus sincères excuses à l'Académie des César pour cette impolitesse" explique-t-il au journal.

Le JDD s'est donc procuré le courrier du réalisateur, qui, malicieusement, espère être présent l'année prochaine avec son premier film français.

"Chers amis français, bonjour.

Si ce message vous parvient, c'est que mon film Une affaire de famille a reçu le César du meilleur film ­étranger. Merci infiniment.

Il se trouve que je vous écris ce message avant même de connaître les résultats car, à mon grand regret, je ne pourrai pas être présent parmi vous lors de la cérémonie du palmarès. Une affaire de famille a reçu un excellent accueil en France et je remercie les spectateurs français d'être allés si nombreux en salle pour le découvrir. Le parcours du film a brillamment démarré par une Palme d'or et je suis heureux de voir qu'il se conclut également de la plus heureuse des manières grâce à ce César. Je voudrais exprimer toute ma gratitude aux organisateurs du Festival de Cannes ainsi qu'au distributeur français du film, Le Pacte, et au vendeur international, Wild Bunch, qui ont accompagné la sortie française du film avec succès.

Je suis actuellement en train de finaliser le montage du dernier film que j'ai tourné entre octobre et décembre dernier. Le film mettra en scène Catherine Deneuve et Juliette Binoche dans une histoire de famille [La vérité, ndlr].

J'espère sincèrement que l'an prochain, je serai à nouveau nommé aux César avec ce film et que cette fois je pourrai être avec vous pour la cérémonie de remise des prix. Merci beaucoup."