Pedro Almodovar change son agenda et retrouve Penelope Cruz

Posté par vincy, le 30 juin 2020

penelope cruz

Pedro Almodóvar retrouve Penelope Cruz pour son prochain film, Madres paralelas, qu'il annonce comme un drame sur la maternité. Ce sera leur huitième collaboration si on prend en compte le caméo de l'actrice dans Les amants passagers et le court-métrage La Conseillère anthropophage.

Le tournage débutera en février pour une sortie en Espagne fin 2021. Autant dire que le film ne sera pas à Cannes l'année prochaine et visera plutôt Venise.

Son frère, Agustin, producteur de ses films, a expliqué à Variety que le cinéaste avait cette histoire en tête depuis longtemps mais que le confinement lui avait permis de finir le scénario. Il raconte en parallèle la vie de deux femmes madrilènes qui accouchent le même jour durant leurs deux premières années de maternité.

Le dernier film de Pedro Almodovar, Douleur et Gloire, a été en compétition à Cannes (avec un prix d'interprétation pour Antonio Banderas) et nommé aux Oscars. Il a remporté 7 Goyas, dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur (son 3e dans cette catégorie). Selon Variety le film est sorti dans 64 pays et a cumulé 37M$ au box office international, le rentabilisant largement.

D'ici là, dans deux semaines, avec trois mois de retard du au confinement, Almodovar tournera le court métrage La voix humaine, d'après la pièce de Jean Cocteau, avec Tilda Swinton. Ce sera sa première œuvre entièrement en anglais. Le cinéaste reporte du même coup le tournage de l'adaptation de A Manual for Cleaning Woman (Manuel à l'usage des femmes de ménage), un recueil de nouvelles de Lucia Berlin, qui devait être son premier film en langue anglaise. Mais, selon son frère, le scénario n'est pas encore aboutit (lire notre actualité sur ces deux projets).

Une édition inédite pour le Festival international du film de La Rochelle

Posté par redaction, le 29 juin 2020

Comme beaucoup d’autres manifestations culturelles, le Festival international du film de La Rochelle subit les conséquences du Covid-19 et de la crise sanitaire. Il n’a donc pas lieu dans les conditions habituelles, mais les organisateurs lui ont donné une forme nouvelle pour l’occasion, avec notamment une première partie en ligne, et un week-end de projections devant un public, en présence de réalisateurs en chair et en os.

Ainsi, seize films (neuf longs et sept courts-métrages) sont disponibles en ligne jusqu’au 5 juillet sur la plate-forme Cinetek, créée par les réalisateurs Cédric Klapisch, Pascale Ferran et Laurent Cantet. Au programme de cette 48e édition du Festival La Rochelle Cinéma (FEMA) : des rétrospectives consacrées à Roberto Rossellini (avec La prise du pouvoir par Louis XIV, Le psychodrame, Le Général della Rovere) et à René Clément (La bataille du rail, Jeux interdits), des courts-métrages d’animation réalisés en stop motion, ou encore une séance « Retour de flamme ». Des films de Mathieu Amalric (Mange ta soupe, Barbara Hannigan...), parrain de cette édition virtuelle, seront également proposés aux internautes cinéphiles. Un pass festival, vendu cinq euros, permet d’accéder à l’ensemble de ces films.

En plus de cette édition virtuelle, sept films seront projetés en avant-première les 3, 4 et 5 juillet dans les salles de La Coursive, en présence des réalisateurs François Ozon (pour Eté 85), Michel Leclerc (pour Pingouin & goéland et leurs 500 petits) et Guillaume Brac (pour A l’abordage). Un hommage sera également rendu à Michel Piccoli, décédé le 12 mai dernier, avec la projection de Milou en mai de Louis Malle.

Enfin, du 1er au 4 octobre, le festival, un peu particulier cette année en raison des circonstances, s’achèvera par de nouvelles projections devant un public, avec des films restaurés, des ciné-concerts, des films pour les enfants, et d’autres films présentés en avant-première.

Pierre-Yves Roger

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48e édition du Festival La Rochelle Cinéma
Jusqu'au 5 juillet
Plus d'informations sur le site de la manifestation

Un beau programme en ligne pour le Festival du Film court de Grenoble (privé de plein air)

Posté par MpM, le 29 juin 2020

Son intitulé est cette année un peu trompeur. Crise sanitaire oblige, le Festival du Film court en plein air de Grenoble migre sur une plate-forme en ligne, accessible gratuitement à tous du 30 juin au 4 juillet. Les habitués auront un petit pincement au coeur à l'idée de ne pas retrouver l'ambiance particulière des projections sous le ciel étoilé, mais tout le monde se réjouit du maintien de la manifestation qui propose, comme chaque année, un programme riche et alléchant.

En compétition officielle, on retrouvera avec plaisir des incontournables comme Physique de la tristesse de Théodore Ushev, fraîchement auréolé de son Cristal à Annecy et Genius Loci d'Adrien Merigeau (lui aussi primé à Annecy, après être passé par Angers, Clermont et Berlin), mais aussi Hãy Tinh thuc và san sàng de Pham Thien An, découvert à la Quinzaine des Réalisateurs 2019 ou Un adieu de Mathilde Profit, dont on vous parle depuis des mois, et qui vient d'obtenir le prix du meilleur premier film à Côté Court.

On retrouvera également des réalisateurs repérés comme Salvatore Lista (Rap night), Valérie Leroy (Teen Horses) et William Laboury (Yandere), et des films à ne pas rater à l'image de Sororelle de Frédéric Even et Louise Mercadier, huis clos tchekhovien et minimaliste.

Le Festival proposera par ailleurs des "masterclasses" décalées avec les youtubeurs Le Fossoyeur de Films et Amazing Lucy, des ateliers en ligne, des séances jeune public et une nuit blanche "Horreur et Frissons" déclinée en 24 films dont le classique Do you have the shine de Johan Thurfjell, mais aussi le délirant Wild love de Paul Autric, Quentin Camus, Léa Georges, Maryka Laudet, Zoé Sottiaux et Corentin Yvergniaux, Acide de Just Philippot, Fast film de Virgil Widrich ou encore La Femme qui se poudre de Patrick Bokanowski.

Chaque programme sera mis en ligne à heure fixe pour une durée de 48h.

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43e Festival du Film court en plein air de Grenoble
Du 30 juin au  4 Juillet 2020
https://www.festivalcourtgrenoble.fr/home

[On va tous au cinéma] Milla (2 décembre)

Posté par redaction, le 29 juin 2020

Le pitch: Milla n’est pas une adolescente comme les autres. Pour la première fois, elle tombe amoureuse, mais d'un jeune dealer. C’est toute sa vie et celle de son entourage qui s’en retrouvent bouleversées. Le pire cauchemar pour ses parents survient.

Le cast: Réalisé par Shannon Murphy, avec Toby Wallace, Eliza Scanlen, Michelle Lotters et Ben Mendelsohn.

L'atout: Meilleur espoir au festival de Venise et meilleur acteur à celui de Marrakech pour Toby Wallace, mention spéciale à Zurich, prix de la jeunesse à Luxembourg, et prix du meilleur premier film à Palm Springs et à Sao Paulo, Milla (Babyteeth à l'origine) a conquis la planète festivalière. Ce premier film bénéficie non seulement d'un bon buzz mais aussi d'une esthétique qui le distingue des films du genre, porté par des comédiens qu'il faudra suivre. A commencer par Eliza Scanlen, remarquée dans les filles du Docteur March et qu'on retrouvera chez M. Night Shyamalan ou encore dans un thriller avec Robert Pattinson.

[On va tous au cinéma] Kaamelott – Premier volet (25 novembre)

Posté par redaction, le 28 juin 2020

Le pitch: La suite de la série (6 saisons), où le Roi Arthur, entouré de chevaliers de la Table ronde passablement incompétents, est confronté à la chute de l’Empire romain et aux incessantes incursions barbares...

Le cast: Réalisé par Alexandre Astier, avec lui-même, Lionnel Astier, Jean-Christophe Hembert, Franck Pitiot, Thomas Cousseau, Jacques Chambon, Anne Girouard, Audrey Fleurot, Christian Clavier, François Morel, Antoine de Caunes, Clovis Cornillac, Guillaume Gallienne, Sting et Alain Chabat.

L'atout: Les fans du feuilleton devraient être très nombreux tant la série est culte. La myriade de stars va en plus intriguer (surtout la présence de Sting). Cette locomotive de la comédie française, à moins d'un gros rate, pourrait finir très haut au box office annuel. Car même si la série s'est arrêtée il y a 11 ans, les rediffs continuent de cartonner. A cela il faut ajouter qu'Astier a co-réalisé entre temps deux des meilleurs Astérix en version animée (Astérix : Le Domaine des dieux et Astérix : Le Secret de la potion magique), qui ont cartonné en Europe. Le réalisateur promet une version pleinement cinématographique...

[On va tous au cinéma] Aline! (18 novembre)

Posté par redaction, le 27 juin 2020

Le pitch: Où l'on revisite la vie – de 5 à 55 ans - et la carrière de la star québécoise Céline Dion...

Le cast: Réalisé et avec Valérie Lemercier, mais aussi Sylvain Marcel, Arnaud Préchac et Denis Lefrançois.

L'atout: Pari risqué pour Gaumont avec cette comédie où tout repose sur Valérie Lemercier. Tout sera question d'écriture (ses deux derniers films étaient moyennement convaincants). Mais hormis le dernier, 100% Cachemire, elle n'a jamais fait un flop (Palais Royal cumulant même 2,7 millions d'entrées en France). L'effet de curiosité devrait aussi jouer en sa faveur : Céline Dion, c'est du patrimoine (la chanteuse francophone la plus vendue dans le monde) et un sujet infini de moqueries et de dérision. Enfin, Lemercier a un talent indéniable pour pasticher les personnages les plus singuliers.

[pas de bande annonce pour le moment]

[On va tous au cinéma] Mourir peut attendre (11 novembre)

Posté par redaction, le 26 juin 2020

Le pitch: James Bond a quitté les services secrets et coule des jours heureux en Jamaïque. Mais sa tranquillité est de courte durée car son vieil ami Felix Leiter de la CIA débarque pour solliciter son aide : il s'agit de sauver un scientifique qui vient d'être kidnappé. Mais la mission se révèle bien plus dangereuse que prévu et Bond se retrouve aux trousses d'un mystérieux ennemi détenant de redoutables armes technologiques…

Le cast: Réalisé par Cary Joji Fukunaga, avec Daniel Craig, Rami Malek, Léa Seydoux, Lashana Lynch, Ben Wishaw, Naomie Harris, Ralph Fiennes, Christoph Waltz, Jeffrey Wright, Ana de Armas.

L'atout: On l'aura attendu ce James Bond. Tournage reporté, réalisateur changé sur le fil, scénario modifié (Craig voulait mourir sans attendre), sortie plusieurs fois décalée: le dernier tour de piste de Daniel Craig en 007 a finalement été le premier blockbuster à se retirer du jeu au printemps pour viser l'automne pour cause de coronavirus. Vu le faible nombre de films d'action cette année, ce devrait être un carton, surtout avec la promesse des adieux de Craig. Nul ne doute que ce sera le carton de fin d'année.

Cabourg 2020 : enfin un festival avec des salles et du public

Posté par kristofy, le 25 juin 2020

La pandémie du coronavirus et les différentes mesures sanitaires ont bousculé l'organisation des Festivals de cinéma ainsi que le calendrier des sorties de films.

Le Festival de Cabourg, qui se déroule chaque année à la mi-juin, avait réfléchi à diverses options comme des séances de type drive-in sur la plage durant l'été. Il avait déjà organisé la projection des films en compétition aux jurys à huis-clos à Paris.

Avec l'annonce d'une réouverture des salles le 22 juin, Cabourg va finalement bel et bien organisé son Festival dans ses salles normandes. La 34e édition du Festival du Film de Cabourg se déroulera du 29 juin au 1er juillet. Les jurys y seront présents pour y annoncer leur palmarès, et différentes équipes de films viendront sur le tapis-rouge : y sont attendus des talents comme Lambert Wilson, Zahia Dehar, Benjamin Voisin et Alexandre Wetter, Chiara Mastroianni, Gustave Kervern, Guillaume Brac, Lola Naymark, Gilles Marchand...

Le président du jury des films en compétition est Benoit Magimel, avec, à ses côtés, les actrices Doria Tillier et Isild Le Besco, le scénariste Ahmed Hamidi, Aurélie Dupont (directrice de la danse du ballet de l’Opéra national de Paris), et le compositeur Issam Krimi.
Même si cette édition du Festival de Cabourg sera réduite avec beaucoup moins de films il y a toujours des séances de courts-métrages dont le jury est présidé par Noémie Lvovsky, entourée des actrices Carmen Kassovitz et Aloïse Sauvage et des acteurs Malcolm Conrath et Steve Tientcheu.

Les films en compétition sont :
À L’ABORDAGE de Guillaume Brac, France
BALLOON de Pema Tseden, Tibet/Chine
BROOKLYN SECRET d’Isabel Sandoval, USA/Philippines
EVA EN AOÛT de Jonas Trueba, Espagne
LA FEMME DES STEPPES, LE FLIC ET L’ŒUF de Quan’an Wang, Mongolie
GOODBYE de William Nicholson, Angleterre; avec Annette Bening, Bill Nighy, Josh O'Connor
LES PARFUMS de Grégory Magne, France; avec Emmanuelle Devos, Grégory Montel, Gustave Kervern
POISSONSEXE d’Olivier Babinet, France; avec India Hair, Ellen Dorrit Petersen, Gustave Kervern

Les films en avant-première :
À CŒUR BATTANT de Keren Ben Rafael
THE SINGING CLUB de Peter Cattaneo
REMEMBER ME de Martin Rosete

Les  courts-métrages en compétition :
ALINE de Simon Guélat
BALTRINGUE de Josza Anjembe
DÉSIRÉE de Victoria Jadot
EXTÉRIEUR CRÉPUSCULE de Roman Kané
JAIZKIBEL de Justine Fabre
LA GRANDE NUIT de Sharon Hakim
LITTORALEMENT de Lisa Sallustio
MISS CHAZELLES de Thomas Vernay
SHAKIRA de Noémie Merlant
RAP NIGHT de Salvatore Lista

Un protocole sanitaire particulier est prévu avec notamment du gel hydro-alcoolique à disposition, des masques, des micros fixes pour les présentations en salles, un stylo personnel à chaque invité pour faire ses dédicaces, un distanciation physique avec les photographes... Ce Festival de Cabourg sera le premier rendez-vous cinéma post-confinement avec des projections en salles qui réuniront artistes et public : « Il nous est apparu important de ne pas baisser les bras, de continuer à exercer notre fonction de soutien à la Culture et au Cinéma et plus particulièrement à leurs acteurs dans toutes leurs diversités professionnelles et aussi de répondre au besoin de divertissement et de rêve dont nos spectateurs et festivaliers ont terriblement besoin.Nous pensons que chacun doit tenir, malgré la crise, son rôle aussi modeste soit-il, le nôtre est de faire un Festival, tout en préservant les gestes protecteurs »
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34e Festival de Cabourg
du 29 juin au 1er juillet.
Renseignements sur le site de la manifestation

[On va tous au cinéma] Black Widow (28 octobre)

Posté par redaction, le 25 juin 2020

Le pitch: Natasha Romanoff, alias Black Widow, voit resurgir la part la plus sombre de son passé pour faire face à une redoutable conspiration liée à sa vie d’autrefois. Poursuivie par une force qui ne reculera devant rien pour l’abattre, Natasha doit renouer avec ses activités d’espionne et avec des liens qui furent brisés, bien avant qu’elle ne rejoigne les Avengers.

Le cast: Réalisé par Cate Shortland, avec Scarlett Johansson, Florence Pugh, David Harbour, Rachel Weisz, William Hurt.

L'atout: Ce sera le premier Marvel à sortir depuis la fin des Avengers. Drôle de sortie, reportée pour cause de covid, et qui a décalé l'ensemble du programme du studio. Black Widow c'est aussi un prequel très attendu par les fans du personnage incarné par Scarlett Johansson, pourtant bien morte dans Avengers: Endgame. Une manière de ressusciter l'un des super-héros les plus populaires de la franchise et de mettre en lumière la seule star qui n'avait pas eu son film en solo. Ce sera pour Scarlett un gros test de popularité perso. Et pour Disney un enjeu financier majeur.

Sami Bouajila (Un fils): « Dès la première lecture, j’ai vu que c’était une perle »

Posté par vincy, le 24 juin 2020

Sami Bouajila, primé à Cannes en 2006 et césarisé en 2008, est à l'affiche de La terre et le sang (sur Netflix) et d'Un fils de Mehdi Barsoui, pour lequel il a reçu le prix du meilleur acteur à Venise dans la section Orrizonti. Un fils ressort en salles cette semaine, après un début de carrière prometteur interrompu par le confinement et la fermeture des cinémas. Film bouleversant, subtil et sensible, Un fils est l'histoire d'une famille tunisienne moderne et privilégiée. Mais lors d'un week-end dans le sud du pays, Farès, Meriem et Aziz sont pris pour cible par un groupe terroriste et le jeune garçon est grièvement blessé... Il doit subir une greffe en urgence pour être sauvé.

Avec un scénario solide qui vire vers le thriller politique, avec une dose de pardon et de filiation pour lui donner une tonalité plus universelle, ce drame jamais sirupeux mais très maîtrisé, est un premier film plus que prometteur, confirmant la nouvelle vague du cinéma tunisien.

Nous avions rencontré l'acteur lors du festival de Dinard, où il était membre du jury.

Ecran Noir: Comment est arrivé Un fils?

Sami Bouajila : Le cinéaste a écrit en pensant à moi, il m’a envoyé le scénario. Dès la première lecture, j’ai vu que c’était une perle. Et après la rencontre n’a fait que confirmer mon sentiment. J’ai eu à affaire à un cinéaste comme j’aime, surtout pour un premier film : inspiré, une grande acuité, une belle direction, une écriture très épurée. Nos deux personnages sont aussi en perdition dans des espaces de westerns, déserts. C »était super. Le rôle était magnifique, assez emblématique, parce que partagé, traversé par plein de choses. Ce personnage fonctionnait en duo avec ma partenaire (Najla Ben Abdallah, ndlr). C’était passionnant.

Cela change-t-il quelque chose qu'il soit tunisien?

Sa nationalité n’a rien à voir. Il me fait penser à Bentoumi, Kechiche ou Desplechin. Il faut voir l'artiste comme un artiste. Il faut sortir des cloisons. Le cinéma comme la musique sont universels. J’aime les rôles qui me sont proposés. Je voudrais juste faire la même chose avec plus d'ampleur. J'aime rencontrer des cinéastes étrangers, des auteurs français. J'aime les personnages qui ont des choses à dire, des choses à défendre, qui ont un point de vue et un regard qui surprend.

Qu'entendez-vous par "plus d'ampleur"?

Donner de l’ampleur, c’est comme pour un tableau. On commence quelque chose et puis, le tableau   la dimension qu'on veut bien lui donner. Il n’y a pas de fin dans ce métier-là Je me suis inscris sur la longueur. Ça ne peut-être qu’empirique.

Avec une carrière qui a près de trente ans, est-ce que les propositions évoluent?

Ce sont les projets qui me choisissent. Avec le temps, comme vous le dites si bien, il y a une évidence qui se fait. Et du coup j’acquiers une certaine sérénité, et les choses sont encore plus évidentes. J'ai le sentiment de ne faire que commencer, à maîtriser mon instrument. Ce que vous dîtes, je l’ai initié assez tôt. Faire attention de ne pas me retrouver, cantonné, prisonnier dans un seul registre. Après, je n’ai fait que cultiver cette chose-là. Ce que j'essaie de dire, c'est que j'ai l'impression d'atteindre un âge de maturité en tant que personne. Je pense que dans mon travail, je le ressens ainsi.

Mais depuis Indigènes en 2006, et votre prix d'interprétation collectif à Cannes (partagé avec Jamel Debbouze, Samy Naceri, Roschdy Zem et Bernard Blancan), on a quand même le sentiment que l'ouverture aux acteurs issus de minorités visibles commence seulement?

Vous venez de le dire… je finis vos phrase : qui commence seulement. Ça rejoint ce que je vous disais sur la sérénité.  L’inconscient collectif, notre inconscient collectif à tous, était mûr pour recevoir ce qui se disait dans ce film-là. Ça a déclenché quelque chose dans ce sens là. J’adore mon parcours maintenant et je pense que Roschdy (Zem) pense la même chose. Je n’envie plus les autres. J'aime mon artisanat. J'aime ma place, mes projets. Je crois qu’on écrit une belle histoire du cinéma français.

Quels sont vos projets?

Je viens de finir le film de Farid Bentoumi qui s’appelle Rouge (avec Zita Hanrot et Céline Sallette, en salles le 20 octobre, en sélection à Cannes 2020, ndlr). C'est un petit clin d'œil, en toute modestie, à Ken Loach. J’ai eu affaire encore une fois à un réalisateur en place en phase avec lui-même, avec des sujets qui lui tiennent très fort à cœur, qui viennent de loin.

Et la réalisation, vous y pensez?

Plusieurs tentatives ont avorté. Mais j’ai une idée qui m’accompagne depuis longtemps et je vais enfin la réaliser. J’ai trouvé l’auteur avec qui l’écrire. Ça aurait mis du temps à s’accoucher mais ça va s’accoucher.