2018 juillet 25 » Le Blog d'Ecran Noir

Les reprises de l’été: Kumashiro, les Coen, Stone et Cimino

Posté par vincy, le 25 juillet 2018

Blood Simple (Sang pour sang) de Joel et Ethan Cohen (1984)

L'histoire: Au Texas, un propriétaire de bar découvrant que sa femme le trompe avec le barman, engage un détective texan pour les assassiner. Mais sous des dehors de parfait imbécile, ce dernier va se révéler machiavélique et imprévisible…

Pourquoi il faut le voir? Interdit aux moins de 12 ans. On pouvait déjà voir ce qui était singulier et génial chez les frères Coen dès ce premier film aussi saignant que jubilatoire. Au passage, on admirera Frances McDormand, 27 ans à l'époque et dont ce fut le premier film. L'hémoglobine coule à flots. Ce polar rouge et noir, porté, déjà, par la musique de Carter Burwell et la photo d'un certain Barry Sonnenfeld (Men in Black), a reçu d'emblée le Grand prix du jury à Sundance. Un coup de maître mérité pour ce film devenu culte avec tous les bons ingrédients: le Texas, un détective privé, un mari jaloux, une épouse victime. Pourtant le scénario est retors et déraille assez vite dans une course poursuite où le seul homme à peu près honnête est tué. C'est décalé, un brin cynique, en tout cas ironique et grinçant. Ce ton si particulier qui désamorce l'horreur tout en amorçant la violence.

Platoon d'Oliver Stone (1986)

L'histoire: Septembre 1967: Chris Taylor, dix-neuf ans, rejoint la compagnie Bravo du 25ème régiment d'infanterie, près de la frontière cambodgienne. Chris, issu d'une famille bourgeoise s'est engagé volontairement et, plein d'idéal entend bien servir son pays. Mais la réalité est tout autre et ses illusions vont tomber les unes après les autres. Il sera également temoin de la rivalité sanglante qui oppose deux officiers qu'il admire.

Pourquoi il fait le voir? Interdit aux moins de 12 ans. Oscar du meilleur film et du meilleur réalisateeur en 1987, le film d'Oliver Stone est considéré comme une référence dans le genre, le film hollywoodien sur le Vietnam. Le traumatisme vécu par le réalisateur quand il était soldat le hantait depuis les horreurs vues dans le pays asiatique. Si son projet est d'abord refusé plusieurs fois, il parvient à le finaliser grâce à sa réputation de scénariste, l'un des plus côtés à Hollywood. Il réalise dans la douleur - la révolution aux Philippines, des conditions de tournage assez cauchemardesques - un film fort qui deviendra phare grâce à une psychologie humaine dépeinte de manière subtile face au chaos de la guerre et des images sensationnelles de combats. Il est intéressant de noter que le duel entre Tom Beranger et Willem Dafoe est à contre-emploi, puisque le premier était habitué aux rôles de gentils tandis que le second était enrôlé plutôt pour être le méchant de service. Pourtant ce qui frappe ici c'est le quotidien de ces soldats, démunis, mis à nus. Une version crue d'une guerre effrayante...

Voyage au bout de l'enfer de Michael Cimino (1978)

L'histoire: 1968. Mike, Steven, Nick, Stan et Axel travaillent dans l’aciérie du bourg de Clairton, Pennsylvanie, et forment une bande très liée. À Clairton, les histoires de coeur vont bon train : Steven épouse Angela, bien qu’elle soit enceinte d’un autre, et Nick flirte avec Linda qui semble troubler Mike. Mais cette tranquillité est rattrapée par la guerre du Vietnam lorsque Mike, Steven et Nick sont mobilisés pour partir au combat…

Pourquoi il faut le voir? Interdit aux moins de 16 ans. Restons au Vietnam avec The Deer Hunter. Premier film sur cette guerre, juste avant Apocalypse Now, le casting vaut à lui seul le détour: Robert de Niro, Meryl Streep, Christopher Walken (oscarisé en second rôle et donc c'est le premier rôle majeur), John Savage et John Cazale. Le film a reçu 5 Oscars dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur. Une scène est proprement saisissante: celle de la roulette russe, jeu suicidaire qu'impose les tortionnaires aux prisonniers. Le tournage a aussi été une roulette ruse durant six mois. Des rats, des baffes, des crachats, des maladies. La tension était palpable, d'autant plus que Cimino était réputé perfectionniste. Davantage psychologique que guerrier, le film porte aussi un regard social sur les soldats. Cela n'empêche pas non plus la polémique: nombreux sont ceux qui trouvaient le film trop partisan, trop américain. Cimino montrait le bourbier où s'enlisaient la classe ouvrière américaine plutôt que de rappeler que cette guerre était contestée ou que les Vietnamiens étaient aussi des victimes. Reste que le film est spectaculaire, prenant, tendu et physique. Chasser le cerf ou chasser le "viet" ne produit pas le même impact sur la folie humaine.

Les amants mouillés de Tatsumi Kumashiro (1973)

L'histoire: Katsu travaille comme commis dans un cinéma porno de son petit village natal, où il est revenu après une longue absence. Il refuse toutefois de reconnaître ses amis d'autrefois. Katsu entretient une liaison sans passion avec la patronne du cinéma, mais commence une aventure avec Yoko, qu'il épie en train de faire l'amour avec son ancien camarade Mitsuo. Très vite, une étrange amitié va s'instaurer entre les trois.

Pourquoi il faut le voir? Interdit aux moins de 16 ans. Il faut dire que le film est érotique, et fortement influencé par le porno japonais. Chez Kumashiro, le sexe est naturel, épicurien, jamais moral. On y baise comme on y mange. Ce qui ne veut pas dire qu'on voit tout: les Japonais sont très soucieux de censure. Ce qui rend le spectateur imaginatif et voyeur. Pourtant, on peut s'interroger sur ces mâles dominateurs et un brin sadiques face à ces femmes soumises et violentées. Mais chez le réalisateur, il faut tout voir au seconde degré. Limite burlesque. En fait son "roman porno", genre dont il était le maître dans les seventies, était davantage un pied de nez à la censure et au conservatisme nippon. Il sait filmer magistralement ces parties de jambes en l'air, y comrpis dans les lieux les plus sombres et les plus étroits. Face aux hypocrites, son film balance quand même une partie de saute-moutons nudiste aussi joyeuse qu'hédoniste.

Venise 2018: Assayas, Audiard, les Coen, Cuaron, Greengrass, Lanthimos, Leigh, Nemes et Reygadas en compétition

Posté par vincy, le 25 juillet 2018

C'est un sacré programme que s'offre Venise pour sa 75e édition. De films produits par Netflix en grands noms oscarisables, c'est une fois de plus l'Amérique du nord qui envahit le Lido cette année. Guillermo del Toro, président du jury, aura d'ailleurs deux films mexicains à départager. La compétition est vénitienne est ainsi très occidentale et très peu représentative des cinéphiles mondiales: un seul film asiatique se retrouve isolé dans cette compétition. En revanche, côté stars, Venise tire le gros lot. Et court-circuite Toronto côté films attendus, en s'offrant plusieurs avant-premières mondiales.

Avec trois Palmes d'or cannoises, le Festival de Venise pioche aussi des habitués ou des découvertes de la Croisette. Un glissement de plaques pas si anodin alors que Cannes a cherché cette année à défendre un cinéma pas forcément mainstream et des talents pas forcément connus. Mais son plus beau coup c'est évidemment la présence d'Alfonso Cuaron, de la mini-série des Coen et du film inédit d'Orson Welles, impossible à projeter à Cannes en vertu d'un arrête "anti-Netflix" qui s'avère finalement pervers pour le festival français.

Compétition

  • First Man, Damien Chazelle (USA) - ouverture
  • The Mountain, Rick Alverson (USA)
  • Doubles Vies, Olivier Assayas (France)
  • The Sisters Brothers, Jacques Audiard (France)
  • The Ballad of Buster Scruggs, Ethan and Joel Coen (USA)
  • Vox Lux, Brady Corbet (USA)
  • Roma, Alfonso Cuaron (Mexique)
  • 22 July, Paul Greengrass (Norvège)
  • Suspiria, Luca Guadagnino (Italie)
  • Work Ohne Autor, Florian Henkel Von Donnersmark (Allemagne)
  • The Nightingale, Jennifer Kent (Australie)
  • The Favorite, Yorgos Lanthimos (USA, Grèce)
  • Peterloo, Mike Leigh (Royaume Uni, USA)
  • Capri-Revolution, Mario Martone (Italie, France)
  • What You Gonna Do When The World’s On Fire?, Roberto Minervini (Italie, USA, France)
  • Sunset, Laszlo Nemes (Hongrie, France)
  • Freres Ennemis, David Oelhoffen (France, Belgique)
  • Neustro Tiempo, Carlos Reygadas (Mexique, France, Allemagne, Danemark, Suède)
  • At Eternity’s Gate, Julian Schnabel (USA, France)
  • Killing, Shinya Tsukamoto (Japon)

Hors-compétition

Evénement spécial:

  • The Other Side Of The Wind, Orson Welles (U.SA)
  • They’ll Love Me When I’m Dead, Morgan Neville (USA)

Séances spéciales:

  • My Brilliant Friend, Saverio Costanzo (Italie, Belgique)
  • Il Diario Di Angela – Noi Due Cineasti, Yervant Gianikian (Italie)

Fictions:

  • Una Storia Senza Nome, Roberto Andò (Italie)
  • Les Estivants, Valeria Bruni Tedeschi (France, Italie)
  • A Star is Born, Bradley Cooper (USA)
  • Mi Obra Maestra, Gaston Duprat (Argentine, Espagne)
  • A Tramway in Jerusalem, Amos Gitai (Israel)
  • Un Peuple et Son Roi, Pierre Schoeller (France, Belgique)
  • La Quietud, Pablo Trapero (Argentine)
  • Dragged Across Concrete, S. Craig Zahler (USA)
  • Shadow, Zhang Yimou (Chine)

Documentaires:

  • A Letter To A Friend In Gaza, Amos Gitai (Israel)
  • Aquarela, Victor Kossakovsky (Royaume Uni, Allemagne)
  • El Pepe, Una Vida Suprema, Emir Kusturica (Argentine, Uruguay, Serbie)
  • Process, Sergei Loznitsa (Pays-Bas)
  • Carmine Street Guitars, Ron Mann (Canada)
  • Isis, Tomorrow. The Lost Souls Of Mosul, Francesca Mannocchi, Alessio Romenzi (Italie, Allemagne)
  • American Dharma, Errol Morris (USA, Royaume Uni)
  • Introduzione All’Oscuro, Gaston Solnicki (Argentine, Autriche)
  • 1938 Diversi, Giorgio Treves (Italie)
  • Your Face, Tsai Ming-Liang (Taiwan)
  • Monrovia, Indiana, Frederick Wieseman (USA)

Orizzonti

  • Sulla mia pelle d'Alessio Cremonini - ouverture
  • Kraben Rahu (Manta Ray) de Phuttiphong Aroonpheng
  • Sony d'Ivan Ayr
  • Ozen (the River) d'Emir Baigazin
  • La noche de 12 anos d'Alvaro Brechner
  • Deslembro de Flavia Castro
  • Anons (The Announcement) de Mahmut Fazil Coskun
  • Un giorno all'improvviso de Ciro D'Emilio
  • Charlie says de Mary Harron
  • Amanda de Mikhaël Hers
  • Yom Adaatou Zouli (The day I lost my Shadow) de Soudade Kaadan
  • L'Enkas de Sarah Marx
  • The man who surprised everyone de Natasha Merkulova et Aleksey Chupov
  • Kucumbu Tubuh Indahku (Memories of my Body) de Garin Nugroho
  • Hamchenan ke mimordan (As I Lay Dying) de Mostafa Sayyari
  • La profezia dell'armadillo d'Emanuele Scaringi
  • Erom (Stripped) de Yaron Shani
  • Jinpa de Pema Tseden
  • Tel Aviv on Fire de Sameh Zoabi

Comic-Con 2018 : Warner Bros. dégaine la grosse artillerie côté cinéma

Posté par wyzman, le 25 juillet 2018

Une fois n'est pas coutume, c'est ce week-end qu'avait lieu le San Diego Comic-Con International, soit l'événement le plus prisé au monde par les fans de pop culture (cinéma, séries télé, animes, mangas, jouets, jeux vidéo, etc.).

Acte I : Warner Bros. voit grand

Le moins que l'on puisse dire c'est que malgré ses petits 10,5% de parts de marché sur le territoire marché pour cette année, Warner Bros. était le studio qu'il fallait suivre de près au Comic-Con - comme presque toutes les autres années.

Aquaman

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Sans surprise, le panel que personne ne souhaitait rater était celui d'Aquaman. Le film de James Wan est attendu pour le 19 décembre et Jason Momoa était plus que partant pour faire le show face à des fans hystériques. En quelques heures seulement, la bande-annonce a été vue plus de 18 millions de fois, un joli petit record pour Warner Bros. et DC Comics qui se remettent à peine du semi-échec de Justice League et n'ont décidé de sortir qu'Aquaman cette année !

Shazam!

Nouvel arrivant dans l'univers DC Comics/Warner Bros., Shazam! raconte comment le jeune Billy Batson se retrouve doté de pouvoirs (sagesse, force, endurance, puissance, courage, vitesse) dès lors qu'il dit "SHAZAM". Le film n'a pas encore de date de sortie officielle (bien que le mois d'avril 2019 soit un bon pari) et est réalisé par Savid F. Sandberg (Annabelle 2). Au casting, on retrouve Zachary Levi, Mark Strong ou encore Ross Butler. Perçu comme le Deadpool de DC Comics, le trailer de Shazam a déjà captivé plus de 11 millions de personnes.

Godzilla : King of the Monsters

S'il y a bien une bande annonce qui aura marqué les esprits au Comic-Con 2018, c'est bien celle-ci. Les passionnés ont en effet été incapables de retenir quelques cris en voyant Millie Bobby Brown dès les premières secondes. Absolument impressionnant, le trailer présage de très bonnes choses. Annoncé pour le 20 mai 2019, le film de Michael Dougherty avec Vera Farmiga et Kyle Chandler fait suite à celui de 2014 réalisé par Gareth Edwards.

Les Animaux fantastiques - Les Crimes de Grindelwald

Il semblerait que cette année, J.K. Rowling a officiellement succombé aux sirènes du queerbaiting, cet ensemble de techniques visant à attirer l'attention de l'audience queer. Après avoir annoncé qu'Albus Dumbledore était gay mais sans l'avoir inclus dans la saga Harry Potter, la romancière a déclaré que cette partie de sa vie serait mise en avant dans les films précédent les Harry Potter, c'est-à-dire la saga des Animaux fantastiques. Résultat : la nouvelle bande annonce des Crimes de Grindelwald (qui sort le 14 novembre) n'évoque en rien la sexualité du personnage phare. Plus encore, Jude Law a reconnu n'avoir tourné aucune scène de ce second volet avec Johnny Depp dans Entertainment Weekly. Pourtant, leurs personnages respectifs (Dumbledore et Grindelwald) sont censés être très proches…

Acte II : Fox et Disney voient encore plus grand

Alita : Battle Angel

Robert Rodriguez est de retour par la très grande porte ! Quatre ans après Sin City : J'ai tué pour elle, il s'est associé à son ami de longue date James Cameron pour développer Alita : Battle Angel, l'adaptation en live-action du manga Gunnm de Yukito Kishiro. On y suit le parcours d'Alita, une adolescente cyborg du XXVIe siècle qui lutte dans un monde post-apocalyptique ravagé par la guerre. Le talent combiné des deux hommes promet déjà des scènes d'action révolutionnaires et inédites (comme ont pu l'être celles de Ready Player One plus tôt cette année).

Glass

Peu de temps après les événements relatés dans Split, David Dunn (l'homme incassable) poursuit sa traque de La Bête (Kevin Crumb) que l'on sait capable d'endosser 23 personnalités différentes. Attendue par des millions de fans sur terre, la bande annonce a généré un véritable buzz sans pour autant faire l'unanimité. Comme cela était déjà le cas avec Incassable puis Split, il faudra attendre d'avoir vu le produit fini  (dès le 16 janvier 2019 en salle) pour avoir une idée précise de ce thriller censé conclure la trilogie. D'ici là, les fans vont pouvoir continuer à fantasmer sur la réunion James McAvoy - Bruce Willis - Samuel L. Jackson - Sarah Paulson !

Acte III : Disney vole la vedette grâce à un scandale Les Gardiens de la galaxie 3

Pas de bande annonce ici mais un véritable bad buzz ! Après que des supporteurs de Trump ont décidé de faire remonter dans les internets des tweets du réalisateur James Gunn, Disney l'a tout simplement renvoyé du tournage des Gardiens de la galaxie 3. Dans ces tweets qui datent parfois de 2008 et que vous pouvez retrouver ici, James Gunn, un provocateur notoire à l'époque, plaisante à propos de la pédophilie, d'atteinte à la pudeur ou encore de l'Holocauste... Le co-scénariste et réalisateur des deux premiers Gardiens de la galaxie a présenté des excuses publiques et une pétition a d'ores et déjà été lancée pour le faire revenir à bord mais pour l'instant rien n'y fait.