2018 juillet 20 » Le Blog d'Ecran Noir

Bruno Dumont va tourner la suite de Jeannette

Posté par vincy, le 20 juillet 2018


Le 5 août, Bruno Dumont recevra un léopard d'honneur au Festival de Locarno. Il accompagnera également la projection de Coincoin et les z'inhumains, la première série dans l'histoire de la manifestation à être projetée sur la Piazza Grande.

Si Coincoin est la suite du P'tit Quinquin, la folle série diffusée sur Arte en 2014, le prochain film du cinéaste sera aussi une suite. Le Film Français annonce que Bruno Dumont démarrera le tournage de Jeanne, la suite de Jeannette, l'enfance de Jeanne d'arc, le 6 août. Le drame musical est toujours inspiré de l'œuvre de Charles Peggy et Lise Leplat Prudhomme reprend le rôle de "la Pucelle d'Orléans". Cette fois-ci, on retrouve l'héroïne au début de l'année 1429, en pleine Guerre de Cent ans. Elle a délivré la ville d'Orléans. Guerrière qui dérange, elle est faite prisonnière avant d'être livrée aux Anglais, qui vont la conduire au bûcher après son procès.

Le budget est modeste (1,2M€). Les films du Losange distribueront le film l'an prochain alors que Memento avait assuré la distribution du premier opus (qui a été nommé l'an dernier au Prix Louis-Delluc).

Les rencontres animées de l’été (1/6) : Nara Normande, réalisatrice de Guaxuma

Posté par MpM, le 20 juillet 2018

A l'occasion de cette pause estivale, Ecran Noir part à la rencontre du cinéma d'animation. Six réalisatrices et réalisateurs de courts métrages parlent de leur travail, de leurs influences et du cinéma en général.

Pour ce premier épisode, nous avons posé nos questions à Nara Normande, réalisatrice brésilienne révélée dès son premier film Dia estrelado en 2011, puis sélectionnée à la Quinzaine des réalisateurs en 2014 avec Sem Coração, co-réalisé avec Tião.

Au dernier festival d'Annecy, elle présentait Guaxuma, un court métrage intime sur ses souvenirs d'enfance, et la profonde amitié qui la liait à son amie Tayra. Une oeuvre délicate qui donne toute sa mesure à l'animation de sable et évoque la douceur des paradis perdus, avant de se voiler peu à peu d'une mélancolie contagieuse et profonde.

Ecran Noir : Comment est né le film ?

Nara Normande : La plage où j’ai passé mon enfance m’inspire toujours. C’était à Guaxuma, où j’ai tourné mon court précédent (Sem Coração, co-réalisé par Tião). Après la mort de mon amie d’enfance Tayra, j’ai eu envie de parler de cette plage et de cette amitié avec un rapport plus personnel.

EN : Pouvez-vous nous dire quelques mots sur les choix esthétiques ? Comment se sont-ils faits ?

NN : La technique que j’utilise dans mes films dépend de l’histoire que je veux raconter. Guaxuma parle des souvenirs et des rêves, et pour moi le film est arrivé naturellement comme une animation. Utiliser le sable de différentes façons me semblait un bon choix. Je n’avais  jamais travaillé avec du sable, mais j'aime découvrir des nouveaux univers et les défis me motivent.

EN : Le film traite d'un sujet intime. Comment avez-vous abordé cet aspect-là tout au long du processus ?

NN : Au début c’était dur, c’est un sujet très émouvant pour moi.  Mais il y a eu des personnes essentielles dans le processus comme Tião (consultant scénario) - qui m’a suivie depuis la première version - et Eduardo Serrano (monteur) - qui a commencé à travailler au montage depuis les premiers dessins du story-board. Ils avaient une vision plus éloignée de l’histoire et ça m’a aidée. Mais avec le temps, j’ai pu laisser l’émotion de côté et penser plus objectivement au film. J’étais tranquille quand on a commencé la tournage. La décision de laisser ma propre voix (prise juste au dernier moment) était aussi difficile, et l'actrice Maeve Jinkings, qui a fait la direction de voix, a également été essentielle pour le processus.

EN : Quel a été le principal challenge au moment de la réalisation ?

NN : Avoir la persévérance et la patience pour finir le film comme il le méritait et ne pas laisser les animateurs et animatrices perdre leur motivation. C’est un film assez compliqué techniquement, l’animation de sable est une de plus difficiles à faire - chaque personne faisait une moyenne de 5 images par jour.

EN : Quel genre de cinéphile êtes-vous ?

NN : Mauvaise ! S’il y a un film qui m’inspire, je prends des notes, je le revois souvent… mais je ne vais pas nécessairement voir toute la filmographie du réalisateur ou de la réalisatrice. C’est arrivé quelques fois, bien sûr, mais ce n’est pas commun.  Il y a beaucoup de films que je veux voir, mais j’y vais doucement. Mon père, lui, il est un cinéphile! Il connait le cinéma beaucoup mieux que moi et il m’a clairement inspirée pour travailler dans le cinéma…

EN : De quel réalisateur, qu’il soit ou non une référence pour votre travail, admirez-vous les films ?

J’aime beaucoup Lucrecia Martel et Agnès Varda, par exemple. Dans Guaxuma,  j’ai fait un hommage direct à Agnès, à ces plages. Aussi, j’ai choisi de faire le mix du son avec Emmanuel Croset, qui est le mixeur de la plupart de films de Lucrecia. J’aime le cinéma des Dardenne aussi. Ici, au Brésil, il y avait Hector Babenco (Pixote) et Andrea Tonacci (Serras da Desordem). Il y a aussi des films d’animation qui m’ont inspirée pour Guaxuma, comme les courts The man with the beautiful eyes, de Jonathan Hodgson et This Could Be Me, de Michaela Pavlátóva. Dans les longs animés, j’aime bien Persepolis. Il y a pas mal de gens qui m’inspirent !

Quel film (d’animation ou non) auriez-vous aimé réaliser ?

La Cienaga de Lucrecia Martel.

Comment vous êtes-vous tournée vers le cinéma d’animation ?

J’ai toujours aimé le cinéma, mais je n’aimais pas les films d’animation que je voyais pendant l’adolescence (je ne suis pas très partisane de l’animation 3D). J’aimais aussi sculpter des poupées, dessiner. Peu à peu j’ai commencé à découvrir les courts métrages d’animation indépendants et j’ai été fascinée. Au lycée, j’ai fait mes premiers tests de cinéma en stop motion, c’était plus facile car je n’avais pas besoin d’une grande équipe. Après, j’ai écrit mon premier film professionnel en stop motion. J’ai eu un budget pour le faire et j’appris à le réaliser pendant la production avec beaucoup de recherches et d’efforts. En 2010, j’ai commencé à travailler dans un festival international d’animation,  j’étais en charge de la programmation du festival pendant 5 ans. Encore aujourd'hui je travaille dans la programmation de quelques festivals au Brésil (surtout les programmes animés) et cette expérience est super important pour ma formation comme réalisatrice.

Comment vous situez-vous par rapport au long métrage ? Est-ce un format qui vous fait envie ou qui vous semble accessible ?

J’ai un projet de long-métrage avec Tião, co-réalisateur de Sem Coração, qui sera produit par Emilie Lesclaux (Les Bruits de Recife, Aquarius). C’est un film en prise de vues réelles inspiré de l’univers de notre court-métrage Sem Coração. J’ai un projet d’un deuxième long que je vais réaliser toute seule, c’est aussi en prise de vues réelles, mais il y a un rapport avec un monde fantastique et l’univers artistique de l’animation. Je veux réaliser un long-métrage d’animation d’ici quelques années quand j’aurai plus d’expérience. Il faut avoir un bon budget et être encore plus persévérante pour le faire et je ne suis pas prête encore.

Comment voyez-vous l’avenir du cinéma d’animation ?

Je pourrais emprunter beaucoup de chemins pour répondre votre question. Mais je vais en choisir un : je vois aujourd'hui moins de préjugés et de barrières entre le cinéma en prise de vues réelles et le cinéma animé et je pense que c’est un bon signe.  Mais le cinéma animé est encore jugé comme un genre et pas comme un moyen de raconter une histoire, soit-elle fiction, documentaire ou expérimentale. Je pense qu’il faut séparer la façon de les produire et de les financer car c’est un processus technique assez différent, mais pas la façon de les voir.

Nara Normande sur Viméo

* Découvrir le film via Arte

* Découvrir le making-of via Arte

Une nouvelle équipe pour la Quinzaine

Posté par vincy, le 20 juillet 2018

Alors que la Quinzaine des Réalisateurs va changer de Délégué général avec l'arrivée de Paolo Moretti (lire notre article du 2 mars), celui-ci a recruté cinq nouvelles personnalités pour l'épauler pour la prochaine édition (15-25 mai 2019).

Le comité de sélection sera composé de Paolo Bertolin, Anne Delseth, Claire Diao, Valentina Novati et Morgan Pokée.

Paolo Bertolin a été membre du comité de sélection du Festival de Venise, puis son consultant régional chargé de territoires, tels l’Asie du Sud-Est, le sous-continent indien, l’Océanie, la Turquie et la Corée du Sud. Il a ausssi collaboré à différentes manifestations comme le Festival International de Rotterdam, le Doha Film Institute, le Festival de Locarno, Udine Far East Film Festival, Visions du Réel, la Semaine de la Critique à Cannes, et les Festivals Internationaux de Mumbai, Beijing, Hanoï et Bratislava.

Anne Delseth a débuté au Festival international de Films de Fribourg. Elle a également travaillé en tant qu’assistante de production pour des films d’Ursula Meier et de Jean-Stéphane Bron. En 2011 elle est chargée des ventes internationales pour Urban Distribution. Membre du comité de sélection de la Quinzaine des Réalisateurs depuis 2012, elle a rejoint le comité de sélection du Festival de Locarno pour l’édition de 2018. Elle est également consultante pour le Festival du film Fantastique de Neuchâtel et le Festival de Zürich. Enfin elle dirige aussi une salle de cinéma d’art et d’essai à Lausanne, le Cinema City Club.

Claire Diao a initié en 2013 le programme itinérant de courts métrages Quartiers Lointains diffusé entre la France, les États-Unis et plusieurs pays d’Afrique, et co-fondé en 2015 la revue panafricaine de cinéma Awotele avant de créer fin 2016 la société de distribution de films d’Afrique et de la diaspora Sudu Connexion. Auteure de l’essai Double Vague, le nouveau souffle du cinéma français, aux éditions Au Diable Vauvert, elle est aussi animatrice des Expressos du Festival international du court métrage de Clermont-Ferrand et chroniqueuse dans l’émission Le Cercle sur Canal + Cinémas, dans le JT Afrique de TV5 Monde et présentera les films de la chaîne France Ô à partir de septembre 2018.

Valentina Novati a travaillé dans la production, sur les films de Thierry Jousse, Erick Zonca, Eva Ionesco, entre autres. Elle crée en 2010 la société Independencia, qui à partir de 2014 se détachera en deux entités distinctes : Norte Productions et Norte Distribution. Elle a produit une quinzaine de films, dont ceux de Luc Moullet, André S.Labarthe, Antoine d’Agata, Verena Paravel et Lucien Castaing-Taylor, et en a distribué une trentaine.

Enfin, Morgan Pokée, auteur à Critikat et à la revue bimestrielle La Septième Obsessio, a créé en 2012 de Répliques, revue d’entretiens autour du cinéma. Chargé d’enseignement à l’Université de Rennes 2 en 2016, il anime des ateliers autour de la critique et intervient régulièrement dans les salles pour des modérations et des rencontres. Depuis juin 2016, il est le programmateur du cinéma Le Concorde de La Roche-sur-Yon et conseiller de programmation pour le Festival International du Film de La Roche-sur-Yon.