Festival Un état du monde : Mohammad Rasoulof et Pablo Larrain invités d’honneur

Posté par MpM, le 17 novembre 2017

Créé par le Forum des images, le festival Un état du monde qui commence ce soir cherche à interroger les évolutions actuelles de la société en confrontant questions géopolitiques et cinéma contemporain. Il réunit ainsi, en présence de nombreux invités, des films récents sur ces questions actuelles, sociales, géopolitiques, culturelles et éminemment humaines.

Pour sa 9e édition, le Festival invite donc deux grands réalisateurs dont le travail s'inscrit évidemment avec beaucoup d'acuité dans la thématique : Pablo Larain, qui présentera notamment No, El Club et Tony Manero, et Mohammad Rasoulof (Au revoir, La vie sur l’eau) qui ne pourra être présent puisqu'il est retenu en Iran par les autorités qui lui ont confisqué son passeport. La soirée d'ouverture, qui propose en avant-première Un homme intègre (prix Un Certain regard au dernier festival de Cannes), sera donc également une soirée de soutien à son égard.

Au programme, de nombreux films en avant-première (Jusqu’à la garde de Xavier Legrand, La Lune de Jupiter de Kornél Mundruczó, L’Insulte de Ziad Doueiri, Western de Valeska Grisebach, Mariana de Marcela Saïd...), des rétrospectives autour du cinéma libanais et de la représentation de la communauté noire dans le cinéma, une carte blanche à Ariane Ascaride et un coup de projecteur sur le duo Xavier Beauvois / Nathalie Baye, avec notamment la projection de leur dernier film, Les gardiennes.

______________________
Un état du monde
9e édition
Du 17 au 26 novembre 2017
Informations et programme sur le site du Forum des images

Quentin Tarantino trouve refuge chez Sony

Posté par vincy, le 17 novembre 2017

quentin tarantino

[Actualisation] Quentin Tarantino a un problème. Son producteur historique n'était autre qu'Harvey Weinstein, désormais aliéné par tout Hollywood, après avoir été accusé par des dizaines de femmes d'agressions sexuelles, de harcèlement sexuel et de viols. The Weinstein Company lutte actuellement pour sa survie. Elle est en faillite et ne peut pas, de toute façon, et hors des considérations morales, épauler le nouveau projet du cinéaste. Tarantino a d'ailleurs quitté les bureaux de la société.

Il devait donc se trouver un nouveau studio et un nouveau producteur. Ce sera finalement Sony Pictures, qui a su emporter la compétition en obtenant les droits mondiaux pour la distribution du film. Officialisé depuis juillet, son prochain film (pour l'instant intitulé #9 puisque c'est son neuvième), sur les meurtres de Charles Manson, avec Margot Robbie dans le rôle de Sharon Tate, l'une des victimes du tueur, est en préparation. La situation étaiturgente. Évidemment, avec 8 longs métrages ayant rapporté 650M$ de recettes en Amérique du nord et une Palme d'or à son actif, le cinéaste était en plus très courtisé.

Tarantino est le transfert de l'année inattendu. Normal qu'il excite les convoitises. Il sait aussi ce qu'il veut: un budget de 100M$ (l'équivalent de Django, son film le plus cher à date), un pourcentage sur les recettes, et le final cut sur son film.

Selon Deadline et Variety, outre Sony, Paramount et Warner Bros étaient les derniers sur les rangs, les seuls qui accepteraient ces (ses) conditions. Les nouveaux indépendants - Amazon Studios, A24, Annapurna et Lionsgate... - n'avaient aucune chance tant que les droits étaient mondiaux.

De tous, cependant, c'est sans doute la Warner qui pouvait être la meilleure option. Le studio a pour lui d'avoir accompagné Clint Eastwood tout au long de sa carrière avec une entière liberté. C'est aussi le studio qui cherche à le séduire à tout prix. Lors de l'audition du réalisateur, la Warner a reconstitué l'ambiance des sixties, logo de l'époque compris, soit la période durant laquelle se déroule le futur film.

Un autre front du côté de 007

Mais la Warner, comme Sony, la Fox, qui est en discussion pour se vendre à Disney, et Universal, sont en plus sur un autre front: les droits de James Bond. Ironie du sort, c'est actuellement Sony qui les possède. Stratégiquement, Sony voudrait garder 007, l'une de ses rares franchises. N'étant pas certain de conserver l'espion de sa majesté, le studio avait besoin d'un (gros) coup pour compenser l'éventuelle perte. Par conséquent, Sony avait aussi mis les bouchées doubles en abordant Tarantino par les sentiments: la stratégie de sortie du film, notamment au niveau international, qui représente environ 60 à 65% des recettes globales des films du cinéaste, un point fort du studio.

Tarantino doit désormais choisir sa star masculine. Leonardo DiCaprio, Brad Pitt et Tom Cruise, avec qui il n'a jamais travaillé, sont parmi ses choix pour le rôle de Manson. Le producteur David Heyman (Harry Potter) a été engagé pour la production.

Le tournage est prévu à Los Angeles pour l'été prochain avec une sortie programmée en 2019.

Robert Hirsch (1925-2017), un monstre sacré oublié par le cinéma

Posté par vincy, le 16 novembre 2017

Robert Hirsch était considéré à juste titre comme un des monstres sacrés du théâtre français. Il est décédé ce jeudi 16 novembre à l'âge de 92 ans à Paris, a annoncé Francis Nani, directeur du théâtre du Palais-Royal.

La scène était sa religion. 65 ans de carrière sur les planches. Une banale chute à son domicile et son cœur a lâché. Danseur de formation, élève du Conservatoire, Sociétaire de la Comédie française durant 22 ans, il cherchait encore un rôle à jouer. Lui qui avait tout incarné: Arlequin, son personnage emblématique, Scapin, Néron, Tartuffe, Richard III, ... De Shakespeare à Feydeau, de Brecht à Guitry, de Beckett à Goldoni, de Pinter à Zeller, il s'était glissé dans les textes les plus variés. Plusieurs fois "moliérisé" (un record de 5 Molière en plus d'un Molière d'honneur), sachant avec précision la limite entre le grotesque et la caricature, jouant les failles humaines avec la même délectation que leur ridicule, Hirsch se lançait sur les planches comme un nageur sautait dans le vide du haut de son plongeoir, profitant ensuite de chaque phrase, de chaque émotion avec gourmandise.

Charismatique au théâtre, il fut sans doute effrayant pour le cinéma. Il laisse derrière lui de multiples seconds-rôles. Guitry (Si Versailles m'était conté), Decoin (Les intrigantes), Delannoy (Notre-Dame de Paris, Maigret et l'affaire Saint-fiacre), Allégret (En effeuillant la marguerite) lui donnèrent des miettes, des personnages secondaires et séducteurs. Car il était beau, jeune.

Dans les années 1960, il fait quelques petits tours chez Yves Robert (Monnaie de singe), Michel Deville (Martin Soldat), et Alex Joffé (Pas question le samedi, dans lequel il interprète 13 personnages, une prouesse). Et ça ne va pas plus loin après: dans les années 1980, il ne tourne qu'un seul film, La crime de Philippe Labro. Il faut finalement attendre le crépuscule de sa vie pour que les grands cinéastes de leur temps imprime son visage vieillissant sur la pellicule.

Sa vie est un théâtre

Hiver 54, l'abbé Pierre en 1990 de Denis Amar, qui lui vaut son unique César, celui du meilleur second-rôle, hochet de consolation ou de pardon d'un 7e art qui l'a oublié. Suivent Mon homme en 1995 de Bertrand Blier, Mortel transfert en 2001 de Jean-Jacques Beinex, Une affaire privée en 2002 de Guillaume Nicloux, et il y a deux ans, L'antiquaire de François Margolin.

Le petit écran aura été presque plus généreux, notamment en diffusant ses pièces les plus populaires comme Un fil à la patte ou les plus marquantes telles Kean, un roi de théâtre.

Robert Hirsch était un Roi de théâtre et un fantassin du cinéma. Il ne vivait que pour le théâtre, entretenant sa mémoire, refusant l'oreillette. De la trempe des Michel Bouquet, il sortait peu, haïssait les mondanités. "Le théâtre, c'est ce qui me fait vivre. De là sont venues mes plus grandes joies et mes plus grandes déceptions. J'ai été heureux pendant un moment dans ma vie privée, mais ce n'est jamais passé avant le théâtre" lui qui ne disait rien de sa vie privée.

Naturellement drôle, et même plaisantin, il rappelait que son premier coup de foudre fut la danse. La scène était dans son sang. "Quand je ne joue pas, je ne fais rien. Je suis complètement inutile. Je ne m'ennuie pas, mais je ne sers à rien. Je regarde beaucoup la télé, je dors très mal alors je passe la nuit devant Planète, Nat Geo Wild. Et je me lève à 14 heures ! Je sors très peu. Je donne sur scène, après faut plus me demander" rappelait-il il n'y a pas si longtemps à la sortie d'une représentation. Il ne donnera plus rien.

Edito: Embouteillage dans l’univers Star Wars

Posté par wyzman, le 16 novembre 2017

La nouvelle est tombée le 9 novembre dernier. Dans un billet publié sur le site officiel, les cadres de Star Wars et Lucasfilm ont annoncé que le réalisateur des Derniers Jedi, Rian Johnson, va écrire et réaliser une nouvelle trilogie. Mais pour rassurer les fans anxieux à l'idée de s'emmêler les pinceaux entre la trilogie pilotée par J.J. Abrams et les films standalone tels que Rogue One et Solo, le communiqué précise bien qu'en "guidant cette nouvelle trilogie, qui est distincte de la saga épisodique des Skywalker, Johnson présentera de nouveaux personnages d'un coin de la galaxie que la tradition Star Wars n'a jamais explorée."

Panne d'inspiration

Êtes-vous rassurés ? Pas nous. Si la nouvelle tombe à pic pour Disney puisque son chiffre d'affaires au quatrième trimestre est légèrement inférieur à celui enregistré un an plus tôt et qu'elle aimerait racheter la Fox, cette décision a de quoi rebuter n'importe quel fan de la saga. En effet, le deuxième volet de la trilogie de J.J. Abrams sort le 13 décembre et le premier épisode, Le Réveil de la Force, n'a pas convaincu tout le monde. Les fans de la première heure étaient ravis de retrouver les interprètes de Han Solo, Princesse Leia et dans une moindre mesure Luke Skywalker. Cette nostalgie bien buzzée a permis au film d'exploser le box-office en 2015 mais le récit ne faisait clairement pas dans l'originalité (hormis la révélation de deux comédiens). C'était encore plus frappant lorsque le mieux réussi Rogue One est sorti. Car les effets spéciaux ne font pas d'immenses progrès ces dernières années, et un film aussi spectaculaire et divertissant ne peut compter que sur de bons personnages et une bonne histoire.

Plus encore, l'ajout de trois nouveaux films a de quoi perturber. Et cela notamment parce que la trilogie de Rian Johnson, la quatrième donc, pourrait s'intéresser à des événements survenus sous l'Ancienne République et donc faire suite à La Revanche des Sith. Une véritable prise de risque lorsque l'on sait que Rogue One s'intéressait déjà à un épisode clé pour l'Alliance rebelle se déroulant entre La Revanche des Sith et Un nouvel espoir et que 19 années seulement séparent l'action des deux films. Vous l'aurez donc compris, au moment où Disney tient à capitaliser encore et toujours plus sur une franchise acquise pour plus de 4 milliards de dollars, c'est un véritable casse-tête chronologique que Rian Johnson va devoir gérer.

Un défi de taille

Aucune date de début de production ou de sortie n'a été annoncée mais parce que Solo sort le 23 mai 2018 et que l'Episode IX est déjà programmé pour le 18 décembre 2019, il y a fort à parier que Rian Johnson a peu de temps devant lui avant de devoir se mettre au travail. Porté aux nues depuis la sortie de Looper, le réalisateur aura donc la lourde tâche de faire aussi bien que J.J. Abrams, voire de prouver qu'il est tout aussi légitime que le fan ultime de la saga.

Bien qu'il ait déjà été applaudi par Kathleen Kennedy pour le travail qu'il a accompli sur Les Derniers Jedi, nous pouvons tout de même émettre quelques doutes sur la capacité de Rian Johnson à porter un tel projet en solo. Il ne serait d'ailleurs pas le premier à quitter le navire en cours de route. Pour rappel, Colin Trevorrow, le réalisateur de Jurassic World, a abandonné la réalisation de l'Episode IX en septembre dernier, quelques mois seulement après le départ de Phil Lord et Christopher Miller qui devaient piloter Solo. La vraie réalisatrice c'est bien la productrice Kathleen Kennedy.

L'appel du streaming

A l'heure où Disney pousse à fond son intégration verticale et cherche à créer un Empire mondial, l'ajout d'une série Star Wars en live action et disponible sur sa plateforme de streaming à venir (pour ne pas à dépendre de Netflix) ne peut être que synonyme de contraintes narratives. Eh oui, pour s'assurer du succès de cette série, l'entreprise ne devrait pas manquer de tenter des cross-overs entre les films et la série. Une stratégie qu'elle a déjà tenté avec les séries Marvel (toutes disponibles sur Netflix à l'exception de Agents of S.H.I.E.L.D.) et ses Avengers. Sans grand succès puisque seuls les personnages secondaires des séries sont apparus (en tant que personnages secondaires) dans les films…

En d'autres termes, face aux 3 milliards de dollars amassés par Le Réveil de la Force et Rogue One, grâce aux milliards que lui rapportent les produits dérivés et attractions autour de la saga, parce que toute nouvelle production sera un produit d'appel sur a chaîne SVàD, Disney joue la carte de la sécurité avec cette franchise. Il ne nous reste plus qu'à voir combien de temps le public sera réceptif à cette dose annuelle de batailles intergalactiques, en plus de celle des comics et des films animés, et s'il ne sera pas épuisé au terme des 4 films déjà attendus. Outre Les Derniers Jedi, Solo et l'Episode IX, un spin-off centré sur Obi-Wan Kenobi a en effet été annoncé cet été. Comme pour l'or ou l'or noir, tout filon s'éteint à force de l'exploiter. Des genres comme le Western et le Péplum en sont morts.

L’école de la vie : quand les rêves se heurtent à la réalité

Posté par redaction, le 16 novembre 2017

Maite Alberdi a suivi le quotidien d'adultes trisomiques fréquentant une institution spécialisée au Chili. Son documentaire, L'école de la vie, poignant, interroge sur la place que la société leur réserve aujourd'hui.

Rita, Ricardo, Anita et Andres sont atteints du syndrome de Down, la trisomie 21. Ils se retrouvent presque quotidiennement dans un atelier pour confectionner des gâteaux. Ils travaillent, mais ne gagnent pas suffisamment d'argent pour mener une vie autonome. Ils ont des rêves, comme les autres, mais ils se heurtent à une société qui ne leur permet pas de les réaliser.

Ainsi, Ricardo aspire à recevoir un salaire qui lui permettrait d'être indépendant. De leur côté, Andres et Anita voudraient se marier et vivre ensemble, mais leurs familles s’y opposent. Et quand Andres veut quand même acheter une alliance à Anita, il se voit refouler par le bijoutier parce que son portefeuille est loin de contenir la somme nécessaire pour l'acquérir. Quant à Rita, ses désirs se limitent à se faire offrir une poupée Barbie pour son anniversaire et à manger du chocolat en cachette.

Réalisatrice et productrice, Maite Alberdi a vécu au contact d'une tante trisomique. C'est de cette expérience que l'idée lui est venue de faire ce film. Elle a prospecté un peu partout au Chili et n'a finalement trouvé qu'une seule institution accueillant des adultes trisomiques. Avec une petite équipe, elle a ensuite tourné sur une année, à raison de quatre fois par semaine, pour s'imprégner du quotidien des personnages. Elle a accumulé 200 heures de rushes et le montage a duré un an. Au final, le résultat est impressionnant. Car elle a pu capter des scènes de vie étonnantes, parfois tristes, parfois joyeuses et drôles, en tous cas jamais ironiques à l'égard des personnages.

"Aucun dialogue n'a été écrit en amont et mes personnages ne jouent pas", raconte Maite Alberdi. "Ils sont intelligents et disent tout ce qu'ils pensent".

Cette spontanéité rend attachant chacun des personnages, pourtant plus ou moins sympathiques, tous différents les uns des autres. Le documentaire ne répond pas aux questions qu’on se pose sur leur situation. Mais on s'interroge sur les peurs d'une société qui, peut-être par facilité, cantonne les trisomiques dans un quotidien cadré, sans donner à ceux qui semblent suffisamment autonomes la possibilité de vivre de manière plus indépendante. Car si le quotient intellectuel moyen chez les jeunes adultes équivaut à celui d'un enfant de 8 ou 9 ans, l'ampleur de cette déficience est très variable d'une personne à l'autre. Certains arrivent à l'âge adulte en étant pratiquement autonomes, sachant lire et écrire, alors que d'autres n’ont pas les mêmes capacités. C’est un nouveau fait de société car l'espérance de vie des personnes trisomiques augmente. Dans les pays développés, elle est aujourd'hui de 65 à 70 ans, contre seulement 12 ans en 1947.

Il ressort malgré tout beaucoup de lumière du documentaire de Maite Alberdi, qui est accompagné par une musique entraînante. Une belle leçon de vie.

Pierre-Yves Roger

3 raisons d’aller voir Diane a les épaules

Posté par vincy, le 15 novembre 2017

Diane a les épaules est le premier long métrage de Fabien Gorgeart. Ses courts métrages s'intéressaient déjà à la parentalité. Le Sens de l’orientation, plusieurs fois sélectionné et récompensé, racontait ainsi l’histoire d’un homme stérile et n'osant pas le dire ; Un chien de ma chienne, avec Clotilde Hesme, suivait l'histoire de deux sœurs dont l'une vivait une interminable et épuisante grossesse.

Ici Diane (Clotilde Hesme de nouveau) a accepté de porter l’enfant de Thomas et Jacques, ses meilleurs amis. C’est dans ces circonstances, pas vraiment idéales, qu’elle tombe amoureuse de Fabrizio. Le choix va devenir compliqué.

C'est frais. Sensible assurément. Le film est une comédie légère, qui n'est pas exempte de gravité. Parce que le scénario et les acteurs sont dévoués à l'histoire, cela fait du film une comédie sociale enlevée où tout le monde lâche prise sans jamais lâcher son personnage. Le charme opère rapidement, avec une "cool attitude" et une justesse précise, une alchimie suffisamment rares pour être soulignée. Ça pétille, c'est émouvant et c'est solaire. Bref tant de finesse et de grâce, ça change des comédies françaises habituelles. Ne nous en privons pas.

"Etre enceinte et avoir un enfant, ça n'a rien à voir! Je le sais puisque je le vis!"

C'est chaud. Evidemment, ça touche à un sujet d'actualité "touchy" pour qui n'est pas "friendly". Pourtant le film évite tous les clichés sur le sujet. La GPA n'est qu'un prétexte pour explorer les nouvelles frontières entre amour et amitié et évoquer les nouveaux codes du couple. Bref c'est l'une des premières comédies intelligentes sur l’éclatement du modèle familial traditionnel. C'est aussi une jolie réflexion sur la maternité et la parentalité où le corps féminin est sans aucun doute l'inspiration première de cette histoire.

C'est vivifiant. Avec une actrice au corps plus androgyne - adolescent qui se retrouve avec un gros ventre de mamma, Fabien Gorgeart a raison quand il dit de Clotilde Hesme qu'elle "est à mi-chemin entre une héroïne rohmérienne et le Lieutenant Ripley. C’est notre Sigourney Weaver " Elle n'appartient à aucun genre, peut-être virile comme séductrice, amicale comme amoureuse. Sous-exploitée par le cinéma français, entourée ici d'une ribambelle de bons acteurs, elle prouve ici qu'elle peut passer du burlesque au dramatique, du vaudeville apparent à la comédie romantique. C'est une combattante et ça vaudrait bien une nomination aux César.

4 questions à Brian Selznick, auteur et scénariste du Musée des merveilles

Posté par vincy, le 15 novembre 2017

Présenté en compétition à Cannes, Le Musée des merveilles (Wonderstruck) est l'adaptation du roman jeunesse éponyme de Brian Selznick (paru chez Bayard jeunesse), l'auteur de Hugo Cabret.

Au sommet du Palais, sur la terrasse du Mouton-Cadet Wine Bar, sous un soleil tapant du mois de mai, nous avions rencontré l'auteur et scénariste du film. Car pour la première fois, il a écrit pour le cinéma. L'homme ne fait pas son âge, tout juste quinquagénaire, a le physique californien, la parole aisée, la séduction facile. Professionnel et sympathique, élégant et souriant, l'écrivain et primo-scénariste répond à nos questions.

Ecran Noir: quand avez-vous eu l'idée d'adapter votre roman Le musée des merveilles?
Brian Selznick: Après la cérémonie des Oscars de 2012, quand Hugo Cabret était nommé, Sandy Powell, la costumière de Hugo, est venue à San Diego, chez nous, et m’a fait rencontré le scénariste du film John Logan. Sandy travaille pour Martin Scorsese et pour Todd Haynes, c'est elle qui a fait les costumes de Carol. Ce soir-là, John Logan m'a lancé l'idée d'adapter mon livre, et il m'a d'ailleurs accompagné durant tout le processus. Quand j’ai revu Sandy Powell, elle était avec Todd Haynes. Ils étaient à Chicago, pour une exposition sur David Bowie. Todd y présentait son film Velvet Goldmine. Il a immédiatement connecté avec l'histoire. Ça lui parlait personnellement. Il a du coup annulé et retardé des projets sur lesquels il s’était engagé juste après Carol.

Ecran Noir: En tant qu'auteur et scénariste, avez-vous du faire des choix , des sacrifices?
Brian Selznick: C’est très fidèle au livre mais le producteur m’avait prévenu qu’à cause du budget, il fallait trouver des moyens pour contourner les problèmes. Un scénario doit avancer. Ainsi la semaine au musée, dans le livre, devient un seule nuit dans l’établissement, dans le film. La séquence où Rose donne la lettre à Ben, où elle lui raconte son histoire, aurait du être filmée avec des décors, des acteurs, comme une vraie longue séquence de flashbacks. Pour palier à ça, Todd Haynes a repris l’idée du Diorama, qui fait écho à Babydolls son premier film, avec des marionnettes qui résument les situations. Franchement, je trouve que c’est une idée brillante.

Ecran Noir: Entre Scorsese et Haynes, ce sont deux styles très opposés. Comment avez-vous perçu cette différence?
Brian Selznick: Martin Scorsese avait changé l’intention du livre Hugo Cabret, qui était un hommage au cinéma à travers un livre. Il en a fait un hommage au livre avec le cinéma. Il a juste utilisé mes dessins pour faire le storyboard. Sur ce film, je n’étais qu’observateur, un observateur privilégié. Tout y était à grande échelle. Un énorme studio réunissait chaque métier, qui disposait chacun de sa propre pièce. Il y avait un accessoiriste pour reproduire une boite d’allumettes française, une équipe de recherche, les costumiers, les décorateurs. Chez Todd Haynes, tout était sur un même étage avec un atelier de costumes qui se replissait chaque jour, les services de la production, le directeur artistique. Et cette fois-ci j’étais sur le tournage. Je pouvais m'impliquer davantage.

Ecran Noir: puisque nous sommes dans les différences, le film repose sur une différence majeure, que certains voient comme un handicap, la surdité. Pourquoi ce sujet?
Brian Selznick: Tout s’est déclenché quand j’ai vu un documentaire sur les malentendants, Through Deaf Eyes, diffusé sur PBS. C'est à partir de là que j'ai trouvé la matière de mon livre. Mais, concernant la surdité, vous avez raison : il faut parler de différence et pas de handicap. En tant qu’homosexuel, je me suis retrouvé dans leur situation. Comme quelqu’un qui veut être peintre dans une famille de médecin ou un Juif se marie avec une goy. Moi j’étais un enfant différent, dans une famille hétérosexuelle. J’ai découvert qu’il y avait d’autres gens comme moi quand je suis arrivé à New York, puis j’ai découvert la culture queer après la fac. Je ne savais pas que Boy George ou Village People étaient gays. J'étais comme un sourd au milieu de personnes entendantes. Chez les malentendants tout est visuel. Tous les messages passent par les yeux, y compris la langue des signes. Mais l’important c’est comment on vit en étant différent. Todd Haynes s’est toujours intéressé à ça. Certes, il est queer, mais ses films ne parlent pas que de ça. Il a cette sensibilité qui se traduit très bien, par exemple, quand il filme la rencontre de Ben et Jaimie. Il y a une connexion. Une amitié immédiate. Ils se reconnaissent. Et il sait filmer ça. Et puis, pour la partie muette, il y avait des acteurs sourds. C’était important de les intégrer à ce film. Au total, on parlait six langues sur le tournage : anglais, espagnole, langue écrite, langue des signes… C'est ce qui le rend universel, à mon avis.

Un film scandinave reçoit le Prix Lux 2017

Posté par vincy, le 14 novembre 2017

Des trois finalistes, c'est le scandinave Sámi Blood qui l'a emporté. Cette coproduction scandinave (Suède, Norvège et Danemark), premier film de la réalisatrice suédoise Amanda Kernell succède à Toni Erdmann de Maren Ade.

C'est la première fois en onze éditions que le Prix du Parlement européen récompense un film venu des pays nordiques. Seul Play de Ruben Östlund (Palme d'or cette année avec The Square) avait réussi à finir dans le trio final depuis 2007.

Sámi Blood faisait face à 120 battements par minute et Western.

Le président du parlement européen Antonio Tajani a rappelé à cette occasion que "Le prix Lux est à l'avant-garde de la promotion du cinéma 'made in Europe', de notre industrie créative et de notre diversité culturelle et linguistique."

Sámi Blood (Le sang Sami) suit une jeune fille sami (ou laponne), Elle Marja, 14 ans. Son peuple est éleveur de rennes et victime du racisme des années 30, qui exige notamment des examens physiologiques sur les races dès l'école. Elle se met alors à rêver d’une nouvelle vie, mais elle va devoir changer d’identité et rompre tous les liens avec sa famille et sa culture si elle veut accomplir son objectif. A savoir: les rôles samis ont tous été interprétés par des Samis eux-mêmes.

Le film n'a pas de distributeur en France. Il tourne depuis plus d'un an dans les festivals: Venice Days à Venise où il a fait son avant-première mondiale en 2016, Toronto, Tokyo, Dubai, Sundance, Créteil, Seattle, Edimbourg... Le film a d'ailleurs reçu plusieurs prix : meilleur film et meilleure actrice à Seattle, meilleur film nordique et meilleure photo à Göteborg, meilleur film étranger à Newport Beach, Prix des valeurs humaines à Thessalonique, Meilleur premier film et Label Europa Cinémas aux Venice Days, prix spécial du jury et meilleure actrice à Tokyo...

Les 36 aspirant.e.s pour les César 2018 dans la catégorie espoir

Posté par redaction, le 13 novembre 2017

Le Comité Révélations de l’Académie des César a dévoilé ce lundi 13 novembre la liste des 36 comédiennes et comédiens qui sera soumise transmise à titre strictement indicatif aux membres votants de l’Académie, afin de faciliter leur vote pour les César 2018 du Meilleur Espoir Féminin et du Meilleur Espoir Masculin.

Ou devra-t-on dire le César Chanel du meilleur espoir féminin/masculin puisque le "Projet Révélations" est officiellement sponsorisé par la marque de luxe, nouveau "Partenaire Officiel de l’Académie des César" (des majuscules partout dans le communiqué, ça impressionne plus).

"La Maison CHANEL, tant dans ses activités Mode, Horlogerie-Joaillerie et Parfums Beauté, soutient le projet des Révélations mais aussi l'ensemble des activités de l'Académie dans la mise en avant, la reconnaissance et la découverte des talents" indique l'Académie des César, qui, en échange, espérons-le, pourra baisser le ticket d'entrée pour être dans le fameux coffret (ceci expliquant que certaines productions indépendantes ne soient jamais nommées).

Inflation et oublis

En regardant la liste (deux de plus que les deux dernières années, quatre de plus qu'en 2014: il y a inflation pour un nombre toujours égal de 10 finalistes) on note que 120 battements par minute place trois de ses acteurs. Le sens de la fête est distingué par deux comédiens et une comédienne. Que Grave et Noces jouent la parité avec une citation dans chaque catégorie. Il y a aussi quelques habitués de cette liste tels Finnegan Oldfield, Alice Isaaz, Solène Rigot et Marc Zinga qui reviennent cette année dans les "nominables".

Parmi les Révélations des années précédentes qui étaient sélectionnables, Félix Moati, Stacy Martin, Sara Giraudeau, Dara Tromboff, Swann Arlaud ont été tous oubliés mais peuvent évidemment se retrouver soit nommés directement par les votants, soient choisis pour d'autres catégories.

Les Révélations 2018 – Comédiennes :

Noée Abita dans Ava
Sveva Alviti dans Dalida
Iris Bry dans Les Gardiennes
Louise Chevillotte dans L’amant d’un jour
Adeline d’Hermy dans Maryline
Laetitia Dosch dans Jeune femme
Lina El Arabi dans Noces
Esther Garrel dans L’amant d’un jour
Ana Girardot dans Ce qui nous lie
Eye Haïdara dans Le sens de la fête
Alice Isaaz dans Espèces menacées
Camélia Jordana dans Le Brio
Lyna Khoudri dans Les Bienheureux
Garance Marillier dans Grave
Daphné Patakia dans Djam
Paméla Ramos dans Tous les rêves du monde
Solène Rigot dans Orpheline
Ella Rumpf dans Grave

Les Révélations 2018 – Comédiens :

Khaled Alouach dans De toutes mes forces
Adam Bessa dans Les Bienheureux
Damien Chapelle dans Espèces menacées
Idir Chender dans Carbone
Redouanne Harjane dans M
Sébastien Houbani dans Noces
Alban Ivanov dans Le sens de la fête
Benjamin Lavernhe dans Le sens de la fête
Matthieu Lucci dans L’Atelier
Rabah Naït Oufella dans Grave
Nekfeu dans Tout nous sépare
Finnegan Oldfield dans Marvin ou la belle éducation
Pablo Pauly dans Patients
Nahuel Pérez Biscayart dans 120 battements par minute
Antoine Reinartz dans 120 battements par minute
Ahmed Sylla dans L’Ascension
Arnaud Valois dans 120 battements par minute
Marc Zinga dans Nos Patriotes

Natation synchronisée et films X pour Gilles Lellouche et Guillaume Canet

Posté par vincy, le 13 novembre 2017

Gilles Lellouche et Guillaume Canet ont terminé le tournage de L'amour est une fête, le nouveau film de Cédric Anger (qui cosigne le scénario de Tout nous sépare, en salles cette semaine). Les deux acteurs interprètent les patrons d'un peep-show de Pigalle qui prend l'eau au début des années 1980. Les deux hommes, pour tenter de se relancer, vont commencer à produire des films pornographiques avec leurs danseuses. Ils se retrouvent rapidement ruinés et doivent sceller une alliance avec leurs rivaux. Tout n'est pas aussi simple puisque les deux "patrons" du X sont en faire des enquêteurs qui veulent frapper la mafia porno parisienne.

Au générique du film on croisera Michel Fau, Camille Razat et Xavier Beauvois. L'amour est une fête doit sortir à l'automne 2018 chez Mars films.

Les deux comédiens ne se quittent plus. On a pu croiser Gilles Lellouche en ami bienveillant de Guillaume Canet dans Rock n'Roll, réalisé par Canet lui-même. On les retrouvera dans Le Grand Bain, 2e film signé de Gilles Lellouche. Si Lellouche n'y joue pas, Guillaume Canet y tient le rôle principal aux côtés de Benoît Poelvoorde, Alban Ivanov, Mathieu Amalric, Jean-Hugues Anglade, Félix Moati et Philippe Katerine. Le film a été tourné l'hiver dernier. StudioCanal devrait sortir le film début 2018.

Le Grand bain suit Bertrand, la quarantaine, dépressif, qui retrouve un sens à sa vie en rejoignant une équipe de natation synchronisée masculine. Ensemble ils se sentent plus forts, et ils vont se lancer dans un pari fou : participer au Championnat Du Monde de natation synchronisée masculine.

Canet et Lellouche c'est une vieille histoire puisqu'ils ont partagé l'affiche ou tourné sous le regard de l'autre dans Ne le dis à personne, Jeux d'enfants, Les Infidèles, Les petits mouchoirs, Narco et Mon idole.