6 séances ciné gratuites pour Okja en France

Posté par vincy, le 23 juin 2017

Finalement, Okja de Bong Joon-ho, en compétition à Cannes, sortira dans quelques salles en France. Après deux mois de polémique et alors qu'il sera diffusé dès mercredi sur Netflix, on apprend par l'AFP que le film sud-coréen sera projeté six fois et gratuitement. La projection qui devait avoir lieu au Forum des Images le 28 juin à 20h30 a été annulée.

Les séances auront lieu en France mercredi 28 juin (et le 6 juillet à Bordeaux). C'est à l'initiative du festival SoFilm que ces projections pourront avoir lieu.

- Paris: Max Linder Panorama (14H00)

- Montreuil: Le Méliès

- Nantes: Sofilm Summercamp, au Stereolux (19H00)

- Nantes: en plein air sous les Nefs des chantiers navals (22H30).

- Bordeaux : le 6 juillet, aux Tropicales by Sofilm à l'Utopia (20H00)

- Bordeaux: le 6 juin en plein air au Darwin (22h30).

Roger Michell enrôle Kate Winslet et Nick Hornby pour une web-série

Posté par wyzman, le 23 juin 2017

De passage à Paris dans le cadre du Champs-Elysées Film Festival son dernier film My Cousin Rachel faisait la clôtureRoger Michell s'est laissé aller à quelques révélations croustillantes.

L'une des plus importantes étant bien évidemment son projet de web-série. Déjà passé par la télévision et le cinéma, le réalisateur de Coup de foudre à Notting Hill entre autres a choisi le web pour sa prochaine fulgurance. En effet, entre deux expressos, le Sud-africain de 61 ans a confirmé travailler en étroite collaboration avec Nick Hornby. La raison ? Elle est toute simple. Ils ont co-écrit une mini-série de 10 épisodes centrée sur un couple “qui tente de traverser une crise en allant régulièrement voir un conseiller conjugal.”

“La télévision est le lieu où il faut être et le format série permet de raconter de vraies histoires” a-t-il reconnu avant d'ajouter que Kate Winslet et Tom Hollander tiendront les deux rôles principaux de cette web-série.

Auteur de romans à succès tels qu'A propos d'un gamin et Juliet, Naked, Nick Hornby a récemment signé les scénarios d'Une éducation et Wild. De son côté, Kate Winslet sera prochainement à l'affiche de The Mountain Between Us avec Idris Elba. Enfin, déjà aperçu dans The Riot Club et Hanna, Tom Hollander a fait sensation dans la série de FX Taboo avec Tom Hardy.

Alors que le tournage de la web-série de Roger Michell et Nick Hornby débute en septembre, le premier a tenu à préciser qu'il n'avait pas encore trouvé de plateforme pour diffuser son nouveau bébé.

Des temps forts gratuits ouverts à tous pour la Fête du cinéma

Posté par MpM, le 23 juin 2017

Du 25 au 27 juin, c'est la fête du cinéma ! Et cette année, en plus de dévorer toutes les nouveautés du moment au tarif unique de 4 euros la séance, les cinéphiles et curieux sont également invités à prendre part à de nombreux événements gratuits organisés par le CNC.

Ainsi, dans toute la France, une programmation spéciale "La Fête du Cinéma" sera proposée dans différentes institutions culturelles : des courts métrages réalisés par des jeunes de différents quartiers sur le thème "Le quartier par mes yeux" au Musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg, une rétrospective Jan Švankmajer à la Cinémathèque de Bourgogne (Dijon), la projection d’Une Partie de campagne de Jean Renoir au Musée des Beaux-Arts d’Angers, une nuit Batman à la Cinémathèque française, une projection-débat autour du film Devine qui vient dîner ce soir ? de Stanley Kramer dans le cadre de l'exposition "Nous et les autres" au Musée de l'Homme...

Par ailleurs, le public pourra découvrir les coulisses du 7e Art dans plusieurs studios et écoles de cinéma ouverts pour l'occasion (La Fémis, Studios VOA, Film France, Studio du Court Métrage, Lagardère Studios...) tandis qu'à l'Opéra Bastille, une journée sera dédiée dimanche 25 juin à la place désormais centrale qu'occupe la création numérique : à la fois dans l'espace scénique traditionnel, mais aussi par l'espace ouvert des plateformes, "l'autre scène".

Les amateurs retrouveront également la "ciné-brocante" sur le Quai de Loire (le 25 juin) et pourront également participer à la grande vente aux enchères événement organisée le 29 juin par le CNC et Drouot au profit de Rêve de Cinéma, une association qui a pour vocation d'organiser des projections dans les hôpitaux pour les enfants malades et dans les centres spécialisés pour adolescents handicapés. Parmi les articles proposés, on retrouve entre autres le costume de Jackie porté par Nathalie Portman, la planche de surf de Brice de Nice ou encore les lunettes de Jean-Luc Godard.

Enfin, la Fête du cinéma s'exporte : avec le concours de l'Institut français, des salles proposent des animations et des projections dédiées afin de faire rayonner l'événement partout dans le monde, de Dakar à Prague en passant par Libreville ou Istanbul. Les Écrans de la paix, projet de cinéma itinérant dans les camps de réfugiés et de déplacés au Kurdistan Irakien, organisent notamment des projections dans 6 camps de réfugiés et de déplacés.

Et ce n'est pas tout ! Pour connaître le programme dans son intégralité, rendez-vous sur le site du CNC, et bonne Fête à tous !

Ron Howard aux commandes du spin-off sur Han Solo

Posté par vincy, le 22 juin 2017

Phil Lord et Chris Miller à peine virés du spin-off de l'univers Star Wars sur la jeunesse d'Han Solo, les producteurs ont misé sur une vieille valeur sûre d'Hollywood, Ron Howard.

La productrice Kathleen Kennedy a assumé l'un des clashs les plus retentissants de ces derniers mois en renvoyant les deux cinéastes en plein tournage du film, toujours prévu dans les salles en mai 2018.

Les "différences créatives" n'ont pas pu être résolues, alors que le film avait déjà bien amorcé sa phase de production. Auteurs de Tempête de boulettes géantes, 21 Jump Street (et sa suite) et de La Grande aventure Lego, ils ont insufflé un ton frais, décalé, parfois provocateur à des films qui ont su être largement rentables. On imagine qu'ils avaient été choisis pour ça: leur insolence et leur sens de l'ironie collaient parfaitement au personnage créé par Harrison Ford dans la trilogie originelle de George Lucas.

Malheureusement, l'alchimie n'a pas fonctionné entre la productrice issue de l'écurie Spielberg et les deux jeunes cinéastes. Les personnalités ne s'accordaient pas. Kathleen Kennedy ne comprenaient pas leur manière de réaliser le film, tout simplement. Et eux ne comprenaient pas pourquoi ils n'étaient pas libres de faire du cinéma comme à leur habitude, sans le contrôle permanent de la productrice.

C'est assez rare, en tout cas depuis que les cinéastes ne sont plus des employés de studios, qu'un réalisateur (et ici une paire de cinéastes même) soit viré en plein milieu du tournage.

Ron Howard a donc du pain sur la planche. La presse professionnelle s'inquiète de dépassements budgétaires (réécritures, scènes à refaire). Car, il reste plusieurs semaines de tournage, et quelques semaines devraient être ajoutées pour refaire des prises plus tard dans l'année. Et qui, au final, sera crédité au générique? Les réalisateurs initiaux ou / et le remplaçant? La décision pourrait revenir à la Director's Guild of America.

Ron Howard a déjà travaillé pour LucasFilm (Willow, 1988). Mais son dernier succès date de 2009... Aux commandes d'un film qu'il réalise sur commande, le réalisateur devrait être un simple chef de projet chargé de mettre en images le scénario de Lawrence Kasdan. Ce qui conviendra parfaitement à Kathleen Kennedy qui veut être seule à décider.

Dans ce film, Alden Ehrenreich incarne le personnage, jeune, créé par Harrison Ford il y a 40 ans. Donald Glover, Thandie Newton, Woody Harrelson, Michael K. Williams et Emilia Clarke complètent le casting.

Edito: le Blockbuster estival K.O.?

Posté par redaction, le 22 juin 2017

Une recette vieille de quatre décennies. Des films divertissants, dans les salles entre mai et la mi-août, au rythme de un ou deux par semaine, portés par des grandes stars ou fondés sur des "marques" et / ou franchises, avaient pour objectifs de ramasser un paquet de dizaines de millions de dollars aux studios. Ce "concept" économico-cinématographique avait été initié par Steven Spielberg et Les dents de la mer en juin 1975 puis confirmé par George Lucas et Star Wars en mai 1977.

Mais depuis deux saisons, Hollywood doute de ce vieux système. Cela fait quelques années déjà que l'été n'est plus dominant dans le box office annuel. Des films qui sortent en novembre et décembre ont régulièrement cartonné davantage que des grosses machines estivales. Cet étalement du calendrier s'est élargi avec des films qui ont encaissé d'énormes recettes alors qu'ils sortaient en mars et en avril. Finalement, seule la période de mi-août à fin octobre et de mi-janvier à début mars restent "creuses" pour les distributeurs et les exploitants.

Colosses aux pieds d'argile

Cependant le modèle a pris du plomb dans l'aile pour d'autres raisons, plus profondes. Afin d'attirer le spectateur dans les salles, les studios ont misé sur les quelques stars "bankables" au niveau international en signant de très gros chèques, voire en leur donnant un contrôle excessif (de Johnny Depp à Tom Cruise, les exemples ne manquent pas). Ils ont aussi gavé leurs productions d'effets visuels coûteux, participé à l'inflation des devis (certaines productions dépassent désormais régulièrement les 200M$) et dépensé de plus en plus en marketing (qui peut représenter autant d'argent que le budget de production). Cela a rendu ces films plus vulnérables financièrement, plus difficiles à rentabiliser, d'autant que le marché vidéo est en déprime. Cette hausse des coûts était "sécurisée" par l'arrivée de nouveaux gros marchés internationaux comme la Chine et la Russie et par les hausses de prix des billets de cinéma, ce qui, dans les deux cas, permettaient d'accroître les recettes de manière conséquente.Prenons un simple exemple: La Belle et la Bête est la 8e plus grosse recette de "tous les temps" mais si on tient compte du prix actuel du ticket de cinéma, le film n'est que 70e de ce classement, à hauteur de Tootsie et du premier Superman.

Les blockbusters deviennent donc "globaux", plus aseptisés (il faut tenir compte de la censure de certains pays ou des mœurs conservatrices dans d'autres), devant cibler aussi bien le spectateur chinois, français, mexicain que celui du Kansas ou de Floride. Ils deviennent aussi dépendants des scores à Shanghai, Moscou, Sao Paulo ou Londres, autant que de New York, El Paso ou Pittsburgh.

Une fréquentation des salles en baisse depuis 15 ans

Hors, cette recette paraît de plus en plus fragile. En mai, le box office américain a chuté de près de 12% par rapport à mai 2016. La hausse depuis le début de l'année s'effrite semaine après semaine. Pour l'instant le box office n'enregistre qu'une modeste augmentation de 1,6% des recettes, soit une baisse du nombre de spectateurs si on prend en compte le prix d'un ticket de cinéma, constamment plus cher comme nous l'avons dit (6,5$ en 2006, 8,1$ en 2013, 8,84$ cette année). Depuis le début des années 2000, les salles ont perdu 200 millions de spectateurs. Au 18 juin, sur les dix films les plus vus, seulement deux sont sortis depuis mai. Une tendance observée déjà l'an dernier.

Le problème est visible: la succession de flops sur le marché nord-américain. 10 gros budgets n'ont pas franchi la barre des 100M$ de recettes, dont La Momie, Le Roi Arthur, Baywatch, Alien : Covenant ou Ghost in the Shell. Malgré la "marque" ou les stars au générique. On ne peut pas dire que Pirates des Caraïbes soit un succès tant ce 5e opus est très en dessous des scores habituels de la franchise. A l'inverse des très petits budgets, sortis avant mai, comme Get Out et Split ont décroché le jackpot.

De toutes ces grosses machines, Les Pirates, xXx et The Great Wall s'en tireront sans trop de bobos avec des recettes mondiales qui les rendent rentables. Mais pour les autres, la facture est salée. Preuve qu'un Tom Cruise (qui s'est mêlé de toute la production, a refait le scénario pour son égo et a choisi ses équipes) n'a plus le poids en spectateurs qui correspond à son pourcentage sur les recettes. Preuve aussi qu'une marque (monstres ou adaptation) ne suffit plus dans un environnement où, pour l'instant, seuls les super-héros, les Disney (de Star Wars à Pixar) et les films d'animation tirent leur épingle du jeu.

Formatage tueur de désir

Certes l'été n'est pas fini. Il y a encore de grosses munitions. Et on attend toujours le film "art et essai" (autre secteur qui souffre) et la comédie "sleeper" qui surprendront le public et s'intégreront dans le tableau d'honneur.

Mais si on regarde bien les derniers véritables cartons au box office mondial, hors films familiaux, on constate que c'est un virus plus profond qui atteint le système immunitaire hollywoodien. A ne pas investir dans les histoires, à ne pas croire à l'émotion, à tout déshumaniser avec des effets spéciaux, à tout investir sur des récits plagiés les uns sur les autres, avec les mêmes enjeux, on ressent une forme de lassitude. Il faut des moyens énormes pour maintenir l'excitation. Finalement on attend davantage le dramatique Dunkirk de Christopher Nolan que le prochain Transformers. Rappelons que La La Land (443M$ dans le monde), Miss Peregrine (300M$), Sully (240M$), ou Premier contact (200M$) ont été d'immenses succès et des films très rentables alors qu'il s'agissait de drames à la narration plus classique. Le dernier Logan, davantage un drame crépusculaire qu'un simple film de héros, a prouvé qu'on pouvait tordre l'aventure stéréotypé du super-héros et séduire les spectateurs (620M$).

Les "univers" sont la nouvelle martingale des gros studios depuis la stratégie payante du groupe Disney, avec l'avènement de Marvel, la relance de Star Wars et le lifting en live-action des dessins animés de Walt Disney. Mais c'est aussi ailleurs qu'il faut investir pour fait revenir le spectateur. Les Cameron, Spielberg et autres Nolan n'hésitent pas à produire des histoires fédératrices, dramatiques, aux allures spectaculaires certes, dans la grande filiation du cinéma américain populaire, loin des "péplums" et "westerns" formatés des temps modernes (Comics).

Netflix et Amazon prêts à combler le vide

Pas sûr qu'Hollywood comprenne tout de suite la leçon de ces dernières années. Tant que les recettes mondiales sont au rendez-vous pour deux ou trois de leurs films par an, ils parviennent à compenser les autres échecs, même les plus cinglants. Ainsi Patty Jenkins a déjà annoncé qu'elle planchait sur un deuxième Wonder Woman. Tom Cruise reste maître à bord de la franchise Mission:Impossible. L'été prochain, en 2018, déjà 15 suites, prequels ou spin-off sont programmés.

Ce serait une grave erreur stratégique. Ce qu'ont très bien compris les Netflix, Amazon et autres nouveaux entrants dans le secteur. Car plus les investissements sont énormes afin de produire du spectacle sans intérêt, moins les studios veulent prendre de risques. Par conséquent les auteurs se tournent vers les nouveaux nababs. Okja (Netflix) a bénéficié d'un budget confortable de 50M$. Manchester by the Sea a obtenu deux Oscars. Les deux avaient des films en compétition à Cannes tandis que les "majors" brillaient par leur absence. Amazon a produit et distribué les derniers Jarmusch, Allen ou Winding Refn. Désormais les auteurs sont capables de zapper la salle ou de se vendre à ces plateformes parce que, outre le cash qu'ils fournissent, ils leur donnent une véritable liberté. l'été dernier des films comme Florence Foster Jenkins ou Hell or High Water ont récolté plus de 20M$ de recettes avec des budgets très modestes (et des nominations aux Oscars au final).

Exactement l'inverse des majors, capables de virer les réalisateurs Phil Lord et Chris Miller en pleine production du film sur Han Solo, pour "divergences artistiques" avec les producteurs. Hollywood refuse la singularité. Et c'est ce qui tue actuellement les blockbusters estivaux. Comme si les studios avaient oublié pourquoi ces blockbusters fonctionnaient si bien auparavant: du fun, de la surprise, un ton et même le style d'un cinéaste, et des sensations. Un jeu-vidéo fait aussi bien l'affaire aujourd'hui. Or, on l'oublie mais des films comme Qui veut la peau de Roger Rabbit, Il fait sauver le Soldat Ryan, Ghost, Top Gun ou E.T. ont été les champions de leurs étés respectifs. On est loin du "blockbuster" pop-corn.

Jean Dujardin et Yolande Moreau au milieu des compagnons d’Emmaüs

Posté par vincy, le 21 juin 2017

Un drôle de tandem et même un duo inédit. Gustave Kervern et Benoît Delépine ont enrôlé leur fidèle amie Yolande Moreau, avec qui ce sera leur sixième collaboration, et Jean Dujardin, nouveau venu dans l'équipe. I Feel Good, en anglais dans le texte, 8e films des réalisateurs, est une comédie qui se déroulera dans le milieu des compagnons d'Emmaüs.

Yolande Moreau sera la sœur de Jean Dujardin, également coproducteur du film. Il y incarne Jacques, un homme ambitieux. Il vivait encore chez ses parents quand ceux-ci l'ont poussé dehors. Voulant devenir riche, il veut se lancer dans la chirurgie esthétique low cost. Réfugié chez sa sœur, il réussit à convaincre des compagnons du village Emmaüs qu'elle dirige d'aller se faire refaire la gueule en Roumanie.

Le tournage est prévu cet été à Pau pour une sortie en 2018.

Yolande Moreau est actuellement à l'affiche de De toutes mes forces. Jean Dujardin vient de tourner Le retour du héros de Laurent Tirard.

Daniel Day-Lewis prend sa retraite. Hommage en 9 extraits de films!

Posté par vincy, le 20 juin 2017

A 60 ans, Daniel Day-Lewis, acteur plutôt rare, a décidé de prendre sa retraite. Il en a fait l'annonce aujourd'hui par communiqué, dans le magazine Variety. "Il s’agit d’une décision personnelle et ni lui, ni ses représentants ne feront de commentaires sur ce sujet" se justifie-t-il, tout en remerciant tous ses collaborateurs et le public.

Fils du célèbre poète britannique Cecil Day-Lewis, marié à Rebecca Miller, la fille du dramaturge Arthur Miller, et ancien compagnon d'Isabelle Adjani, le londonien a commencé au théâtre dans les années 1970 avant de crever l'écran dans My Beautiful Launderette et Chambre avec vue en 1985. Perfectionniste et exigeant, il n'a tourné depuis 33 ans que 16 films, préférant parfois revenir à sa passion du bois (ébéniste) ou même au métier de cordonnier (qu'il a appris en Italie. Au fil de sa carrière il a été nommé 5 fois aux Oscars et a gagné trois (My Left Foot, There Will Be Blood et Lincoln, son dernier film à date, en 2012), 2 Golden Globes, 4 BAFTA et une Berlinale Camera (en 2005). Immense acteur, tour à tour déprimé ou tourmenté, il aura été filmé par Scorsese, Spielberg, Ivory, Frears, Kaufman, Sheridan, Mann et Hytner.

Son dernier film, Phantom Thread, de Paul Thomas Anderson, sur un couturier évoluant dans la haute société et l'aristocratie londonienne des années 1950, doit sortir fin décembre aux Etats-Unis et à l'hiver prochain en Europe.

Voici 9 extraits ou bande annonces de ses plus grands films.

THERE WILL BE BLOOD

LINCOLN

MY BEAUTIFUL LAUNDRETTE

CHAMBRE AVEC VUE

MY LEFT FOOT

GANGS OF NEW YORK

L'INSOUTENABLE LÉGÈRETÉ DE L'ÊTRE

AU NOM DU PÈRE

LE TEMPS DE L'INNOCENCE

Cabourg 2017 : Le romantisme dans tous ses états

Posté par kristofy, le 19 juin 2017

juliette binocheCabourg c'est "Le romantisme est un état dans tout ses états", pour l'écrivain Gonzague Saint Bris qui avait soutenu la création d'un festival de cinéma dans cette ville liée à cet autre écrivain autrement plus célèbre Marcel Proust. Célébration du glamour et ouverture d'esprit vers la découverte, depuis 31 ans Cabourg est autant un évènement pour les films d'aujourd'hui et pour les talents de demain, avec une compétition plus pointue et une sélection grand public qui n'hésite pas à sortir des sentiers battus. Le cœur ici a ses déraisons.

Cabourg, le glamour

Le Festival du film de Cabourg a fêté la 31ème édition de ses Journées Romantiques. Durant quelques jours caniculaires, sa plage normande est devenue un tapis rouge chic avec Marion Cotillard en présidente du jury. Le plus long tapis rouge, partant du Grand Hôtel et s'achevant au Casino. Cotillard le connaît bien puisqu'elle avait été récompensée dès 2000 avec un Swann d'or de la révélation pour Du bleu jusqu’en Amérique puis ensuite en 2007 avec un Swann d'or de la meilleure actrice pour La môme, qui lui vaudra ultérieurement un César et un Oscar.

© ecran noirDeux autres talents oscarisés étaient ici lors de la clôture et à l'occasion de deux séances spéciales : Juliette Binoche pour Un beau soleil intérieur et Michel Hazanavicius (venu avec l'actrice Stacy Martin qui a bien chauffé la piste de danse du Gatsby avec Félix Moati samedi soir) pour Le Redoutable, soit deux films qui étaient au Festival de Cannes en mai dernier.

En effet, de par son placement dans le calendrier, les salles de cinéma de Cabourg bénéficient d'un avantage: le public peut y découvrir avant de nombreux spectateurs certains films de la Croisette : Ava de Léa Mysius, Cuori Puri de Roberto De Paolis, Mobile Homes de Vladimir de Fontenay (mention spéciale du jury), Une vie violente de Thierry de Peretti, Jeune femme de Léonor Serraille (qui avait gagné laCaméra d'or), 120 battements par minute de Robin Campillo (Grand prix du jury à Cannes et prix du public à Cabourg), Le ciel étoilé au-dessus de ma tête d'Ilan Klipper, avec Camille Chamoux, Marilyne Canto et Alma Jodorowsky.

Quand on est romantique on fait des déclarations d'amour, c'est ce que Cabourg fait avec un Swann d'or remis à une personnalité qui a fait battre le coeur du cinéma français durant l'année. Le palmarès a donc fait briller Rabah Nait Oufella (révélation masculine), Doria Tillier (révélation féminine et excellente en chanteuse au piano-bar), Reda Kateb (meilleur acteur), Béatrice Dalle (meilleure actrice). Et pour le meilleur film Sage femme de Martin Provost : "Faire des films c’est apprendre quelque chose de soi pour le donner aux autres ."

Le Festival du film de Cabourg c'est environ une soixantaine de séances avec beaucoup de films européens (Espagne, Islande, Danemark, Allemagne, Italie...), et pour les 7 films en compétition pour la moitié il s'agit de premiers films.

Cabourg, les découvertes

L'amour a ses raisons que la raison ignore, et le romantisme à Cabourg c'est bien plus que de la comédie ou du drame selon Suzel Piétri, la déléguée générale : "des intermittences du coeur, des pulsions amoureuses, artistiques, politiques, des questions d'écologie, d'identité et de genre, des questions raciales et sociétales...". Ainsi on chante Céline Dion avec Anne Dorval, on plonge dans le décolleté d'Elodie Frégé, on se fait dédicacer le livre d'Aure Atika: il y a tant de manières de déclarer sa flamme à ce festival.

Pour la compétition il y a un film qui se détache des autres en ayant été récompensé à la fois par le jury de la compétition et par le jury de la jeunesse : Une femme fantastique (Una mujer fantástica) du chilien Sebastian Lelio, à découvrir dans les salles le 12 juillet. L'héroïne est confrontée à la famille de son amant décédé, car en plus d'être beaucoup plus jeune cette Marina s’appelait avant Daniel... Depuis quelques années Cabourg organise aussi une cérémonie pour le Prix du Premier Rendez-vous pour encourager la première apparition marquante dans un long-métrage, qu'on espère retrouver ensuite. Ont été ainsi remarqués pour ce prix la jeune actrice Léna Magnien dans Jamais contente de Emilie Deleuze et l'acteur Soufiane Guerrab dans Patients de Grand Corps Malade er Mehdi Idir. Dans la section courts-métrages certains réalisateurs sont d'ailleurs déjà en train de préparer leur prochain projet de film.
En plus des multiples sections (panorama, jeunesse, par amour de la musique...), le festival inaugure une nouvelle petite sélection au nom fleuri de Catleya, une variété d'orchidée chère à Marcel Proust qui avait fait de Cabourg son lieu de villégiature : Catleya compile quelques séances pour public majeur et averti. L'occasion de revoir Mademoiselle de Park Chan-wook mais surtout de découvrir en avant-première Passade avec Fanny Valette et Amaury de Crayencour dans une chambre d'hôtel, et Even lovers get the blues du belge Laurent Micheli.

Cabourg, la fête du cinéma avant l'été...

Le Festival de Cabourg c'est donc pour son public toujours quantité de films en avant-première : Les Ex de Maurice Barthélémy venu avec Stéfi Celma, Alice David, Amaury de Crayencour et Baptiste Lecaplain, le réjouissant Cherchez la femme présenté par Félix Moati, Willima Leghhil et Camélia Jordana, en salles le 28 juin, Loue-Moi! présenté par Déborah François, Alison Wheeler, prévu le 5 juillet, l'excellent 120 battements par minute de Robin Campillo à découvrir le 23 août, le surprenant Le chemin de Jeanne Labrune avec Agathe Bonitzer au Cambodge calé pour le 6 septembre... Il y en a pour tous les goûts: errances asiatiques entre fantômes et tentations pour Agathe Bonitzer ou duel névrotique entre Lars Eidinger et Adèle Haenel, voyage à Hiroshima avec un réalisateur japonais parisien ou questionnements d'un trentenaire parisien d'origine chinoise, deuil d'une jeune enfant espagnole ou battements du cœur d'adolescents islandais.

N'oublions pas le coup de cœur Their Finest réalisé par Lone Scherfig, avec la crème du cinéma britannique - Gemma Aterton, Bill Nighy, Sam Claflin, Eddie Marsan )- qui suit une femme devenue scénariste dans une société de production dominée par les hommes. Cela se déroule durant la guerre. La société doit produire un film à propos d'une opération de sauvetage de soldats à Dunkerque (ce qui fait écho au Dunkirk de Christopher Nolan). C'est le film romantique idéal : de la romance compliquée bien sûr, du féminisme, de l'humour, la passion de faire de continuer à faire du cinéma quoiqu'il arrive en temps de guerre... Their Finest sera prochainement distribué par EuropaCorp.

Annecy 2017 : retour sur le palmarès

Posté par MpM, le 18 juin 2017

Si la Chine était officiellement à l'honneur en cette 41e édition, c'est finalement le Japon qui tire son épingle du jeu en remportant deux des trois principaux prix de la compétition longs métrages : le Cristal pour Lou et l'île aux sirènes de Masaaki Yuasa, l'histoire d'un jeune garçon se liant d'amitié avec une sirène, malgré les superstitions des habitants de son village ; et la mention du jury pour Dans un recoin de ce monde de Sunao Katabuchi, qui aborde la catastrophe nucléaire d'Hiroshima. Le troisième long métrage récompensé n'est autre que La Passion Van Gogh de Dorota Kobiela et Hugh Welchman, dont nous vous parlions il y a quelques jours.

Côté courts métrages, on ne peut que se réjouir de la victoire de l'incroyable comédie musicale animalière en stop-motion de Niki Lindroth Von Bahr, The burden, qui oscille entre dérision hilarante et constat désespéré, mais aussi de l'attribution du prix du jury au très beau Vilaine fille de Ayce Kartal qui met son animation libre et inventive au service du sujet sensible, traité avec beaucoup de pudeur, des viols collectifs d'enfants en Turquie. Belle surprise également que ce prix du public obtenu par Pépé le morse de Lucrèce Andreae, chronique familiale tendre sur le deuil et les différentes manières d'y faire face.

Trois autres films ont été eux-aussi particulièrement remarqués : L'Ogre de Laurène Braibant qui cumule mention du jury et Prix "CANAL+ aide à la création" avec son histoire mi poétique, mi monstrueuse d'un ogre qui se laisse soudainement aller à sa vraie nature ; Negative Space de Max Porter et Ru Kuwahata, une histoire très simple de connivence entre un père et son fils à travers la confection d'une valise, qui remporte prix Fipresci et Mention spéciale André-Martin ; et enfin le bien nommé Nothing Happens de Uri et Michelle Kranot, dans lequel des gens se rassemblent et attendent quelque chose qui n'arrive jamais, reçoit les Prix Festivals Connexion – Région Auvergne-Rhône-Alpes et André-Martin.

Evidemment chaque jury est souverain, mais on pourra malgré tout déplorer à titre personnel l'absence au palmarès du court métrage Tesla : Lumière mondiale de Matthew Rankin, biopic électrique, inventif et ultra-maîtrisé du scientifique Nicolas Tesla, ainsi que du long métrage Téhéran Tabou d'Ali Soozandeh, plongée oppressante dans la vie de plusieurs femmes, victimes du carcan social iranien.

Tous les prix

Longs métrages


Cristal du long métrage : Lou et l'île aux sirènes de Masaaki Yuasa (Japon)
Mention du jury : Dans un recoin de ce monde de Sunao Katabuchi (Japon)
Prix du public : La Passion Van Gogh de Dorota Kobiela et Hugh Welchman (Pologne, Royaume-Uni)

Courts métrages


Cristal du court métrage : The Burden de Niki Lindroth Von Bahr (Suède)
Prix du jury : Vilaine fille de Ayce Kartal (France, Turquie)
Prix "Jean-Luc Xiberras" de la première oeuvre : The Blissful Accidental Death de Sergiu Negulici (Roumanie)
Mention du Jury : L'Ogre de Laurène Braibant (France)
Prix du public : Pépé le morse de Lucrèce Andreae (France)

Courts métrages "Off-Limits"

Prix du film "Off-Limits" : Dix puissance moins quarante trois secondes de Francis (France)

Prix spéciaux


Prix Festivals Connexion – Région Auvergne-Rhône-Alpes : Nothing Happens de Uri et Michelle Kranot (Danemark, France)
Prix du jury junior pour un film de fin d'études : What a Peaceful Day de Eden (Kai-Hsun) Chan (Taiwan)
Prix du jury junior pour un court métrage : La Vallée des oiseaux blancs de Cloud Yang (Chine)
Prix Jeune public : Hedgehog's Home de Eva Cvijanovic (Canada, Croatie)
Prix FIPRESCI : Negative Space de Max Porter, Ru Kuwahata (France)
Prix de la meilleure musique originale : Radio Dolores de Katariina Lillqvist et Kusti Vuorinen (Finlande)
Prix Fondation Gan à la Diffusion : Petit Vampire de Joann Sfar (France)
Prix "CANAL+ aide à la création" pour un court métrage : L’Ogre de Laurène Braibant (France)
Prix André-Martin pour un long métrage français produit en 2016 : La Jeune Fille sans mains de Sébastien Laudenbach (France)
Prix André-Martin pour un court métrage français : Nothing Happens de Uri et Michelle Kranot (Danemark, France)
Mention spéciale André-Martin pour un court métrage français : Negative Space de Max Porter, Ru Kuwahata (France)
Prix de la Ville d’Annecy : Le Curry de poisson d'Abhishek Verma (Inde)

Annecy 2017 : des nouvelles du cinéma d’animation

Posté par MpM, le 17 juin 2017

Au festival du cinéma d'animation d'Annecy, les habitués le savent, les compétitions de courts métrages focalisent l'attention des professionnels et des amateurs éclairés, car ce sont elles qui donnent l'instantané le plus représentatif de l'état de l'animation dans le monde. Si on est en quête d'audace, de singularité et de recherche formelle, c'est en effet clairement de ce côté-là qu'il faut regarder, tant le format court est adapté à la créativité et à la prise de risque, loin du carcan parfois formaté imposé par l'économie du long métrage. Tout au long de la semaine, on a ainsi pu découvrir (ou retrouver) des univers, des techniques, des styles et des cinéastes émergents ou confirmés qui dynamitent les clichés éculés sur le cinéma d'animation.

Préambule évident (mais ça va toujours mieux en le disant tant ça ne semble pas encore clair pour tout le monde), non, animation ne rime pas systématiquement avec jeune public. C'est juste une manière parmi d'autres de faire du cinéma (recouvrant d'ailleurs des réalités extrêmement différentes), et qui, exactement comme pour la prise de vues réelles, peut aborder toutes les thématiques. Y compris l'érotisme, la violence ou l'horreur. On en a eu quelques exemples en compétition, avec le très ouvertement érotique Vénus de Savio Leite (Brésil) ou le particulièrement glauque et oppressant The escape de Jaroslaw Konopka (Pologne).

Virtuosité et maîtrise


Autre constat qui s'impose à la vision de la compétition de courts métrages, la sélection de cette année comportait énormément d’œuvres visuelles fortes, avec une virtuosité notable dans la réalisation et les techniques employées. Beaucoup de films étaient même clairement dans la démonstration, parfois au détriment du sujet, du sens, ou tout simplement de l'émotion. Là encore, on peut citer The escape de Jaroslaw Konopka qui anime à la perfection ses marionnettes, donnant l'illusion d'un film live à la fluidité exemplaire et aux plans parfaitement conçus, tout en laissant le spectateur un peu déconcerté sur le sens du film.

Mais également l'époustouflant Aenigma d'Antonios Ntoussias et Aris Fatouros (Grèce), une évocation puissante et surréaliste en 3D relief qui mêle images somptueuses inspirées de l'oeuvre du peintre Theodoros Pantaleon et musique ultra lyrique, ou encore The Blissful accidental death de Sergiu Negulici (Roumanie) qui commence dans une veine très minimaliste de papiers découpés et de dessins au crayon avant de se transformer en un délire visuel époustouflant et spectaculaire, dont là encore on ne parvient pas toujours à saisir le sens.

La famille tout au centre


Un peu paradoxalement, ce sont pourtant les sujets intimistes et / ou humoristiques, voire absurdes, qui semblaient le plus représentés. La famille, notamment, est au cœur d'un nombre important de films souvent nostalgiques, parfois introspectifs. On pense notamment à The full story de Daisy Jacobs et Chris Wilder (Royaume-Uni) dans lequel un homme se souvient de différents moments de son enfance vécus dans la demeure familiale qu'il est sur le point de vendre, ou, dans un registre assez proche, à After all de Michael Cusack (Australie), sur un fils vidant la maison de sa mère après son décès.

Dans Negative space de Max Porter et Ru Kuwahata (France), c'est là aussi un fils qui se remémore le passé, en l’occurrence la relation tendre et complice qui l'unissait à son père, et qui passait par la recherche de l'agencement idéal des valises. On est ici clairement à mi-chemin entre une tonalité douce-amère et une forme assez efficace d'humour. Même chose pour Pépé le morse de Lucrèce Andreae (France) qui aborde lui-aussi la question du deuil, entre comédie, cinéma fantastique et chronique familiale plus mélancolique, tandis qu'avec Amalimbo de Juan Pablo Libossart (Suède), on penche plus clairement vers la tragédie de la perte et du travail de deuil. Citons enfin J'aime les filles de Diane Obomsawin (Canada), portrait intimiste et léger de quatre jeunes femmes qui racontent leur première histoire d'amour, celle qui leur a fait réaliser ou affirmer qu'elles étaient homosexuelles.

L'humour en embuscade


L'humour, lui, flirte d'ailleurs assez souvent avec l'absurde, comme dans The poet of horrible things de Guy Charnaux (Brésil), version trash de la comédie familiale, dans laquelle le fils s'évertue à écrire les pires horreurs sur ses parents, sous couvert de "poésie", ou la satire Double king de Felix Colgrave (Australie), dans lequel une créature sans trône ni sujets décide de tuer tous les souverains alentours pour piquer leur couronne. Sans oublier deux parangons du genre, Manivald de Chintis Lundgren (Canada), dans lequel un renard introverti s'amourache d'un beau loup sexy et pas farouche, et Wednesday with Goddard de Nicolas Ménard (Royaume-Uni) qui met en scène un personnage à la recherche de Dieu. Ton décalé, scènes cocasses et humour loufoque garantis.

Tout aussi décalés, mais avec un fond loin d'être absurde ou satirique, deux ovnis ont marqué cette 41e édition du festival d'Annecy. Le premier est une comédie musicale animalière en stop motion, The burden de Niki Lindroth bon Bahr, dans lequel des poissons solitaires, des singes travaillant dans un centre d'appel et des souris employées de fast-food chantent leur mal de vivre, dans un manifeste hilarant et désespéré à la fois. Le second, Tesla : Lumière mondiale de Matthew Rankin, est un biopic électrique, portrait halluciné mais ultra-précis du scientifique Nicolas Tesla, dans lequel chaque élément formel fait référence à un détail de la vie du personnage.

Sujets historiques et cinéma engagé


Une autre veine importante de la compétition cette année était le cinéma politique, engagé ou historique. La guerre, notamment, était comme le fil rouge d'un nombre important de films : celles qui ont secoué l'Irak dans Train to peace de Jakob Weyde et Jost Althoff (Allemagne), la deuxième guerre mondiale dans Moczarski's Case de Tomasz Siwinski (Pologne) et KL de William Henne et Yann Bonnin (Belgique), la guerre d'Espagne dans Radio Dolores de Katariina Lillqvist (Finlande).

De son côté, The escape de Jaroslaw Konopka (Pologne) semble cristalliser toutes les peurs liées à une situation post-apocalyptique, tandis que c'est la dictature soviétique qui est implicitement au coeur de Empty space de Ulo Pikkov (Estonie) et la question des réfugiés qui hante Airport de Michaela Müller (Suisse). Et puis il y a Vilaine fille d'Ayce Kartal (Turquie) qui traite avec beaucoup de pudeur du fléau des viols collectifs en Turquie.

Science fiction et abstraction


Enfin, on peut relever deux autres grandes tendances présentes cette année : les films d'anticipation comme Adam de Veselin Efremov (Danemark) et I want Pluto to be a planet again de Vladimir Mavounia-Kouka et Marie Amachoukeli (France), dans lesquels est interrogée la notion d'humanité, et les films qui s'apparentent à des recherches plus abstraites, voire des performances d'art contemporain, à l'image de When time moves faster d'Anna Vasof (Autriche) qui dévoile les illusions visuelles permises par le cinéma, ou Dead reckoning de Paul Wenninger et Susan Young (Autriche) qui suit un même homme dans toute la ville.

Et les techniques dans tout ça ? Multiples, évidemment, et souvent mixtes. Marionnettes, vues réelles, pixilation, rotoscopie, ordinateur 2 ou 3 D, animation d'objets, dessin sur papier, peinture sur verre, éléments découpés, dessin sur pellicule, animation de poudres, pâte à modeler, photos... De quoi rappeler que l'appellation "animation" recouvre des réalités diverses qui vont bien au-delà du simple "dessin animé" de notre enfance. C'est un peu comme si, dans ce domaine cinématographique, l'imagination était la seule limite formelle. Rendez-vous l'année prochaine pour la repousser à nouveau.