2017 avril 03 » Le Blog d'Ecran Noir

Cannes 70 : on a testé pour vous… le festival en mode low cost

Posté par cannes70, le 3 avril 2017

70 ans, 70 textes, 70 instantanés comme autant de fragments épars, sans chronologie mais pas au hasard, pour fêter les noces de platine des cinéphiles du monde entier avec le Festival de Cannes. En partenariat avec le site Critique-Film, nous lançons le compte à rebours : pendant les 70 jours précédant la 70e édition, nous nous replongeons quotidiennement dans ses 69 premières années.

Aujourd'hui, J-45. Et pour retrouver la totalité de la série, c'est par .

Imaginez... Fin avril, un ami vous dit : « On va au Festival de Cannes, c'est dans deux semaines ? ». Vous lui rappelez : « Mais on n'a pas d'accréditation, on n'a pas de logement, on n'a pas d'argent, on ne connaît même pas Cannes. » Lui de rétorquer : « Pas grave, on verra là-bas. » Que faites vous ?

A. Vous l'imaginez là-bas en train de galérer quand vous restez confortablement chez vous.
B. Vous changez d'ami.
C. Vous lui dites « Bon, okay, on y va ».
D. Réponse D.

Nous, on a choisi la C.

Cannes. Ville semi-morte pour retraités qui, depuis près de 70 ans, devient pour dix jours le foyer des people, le rendez-vous des professionnels du cinéma et d'une foule d'anonymes qui veulent pouvoir dire : « J'ai vu une star à moins de 20 mètres ». Parmi eux, certains ne disposant d'aucun sésame pour pénétrer à l'intérieur des salles et se poser sur un siège aimeraient se débrouiller pour voir des films (et oui car il est bon de le rappeler : Cannes c'est aussi quelques films entre deux beuveries). Evidemment, pendant cette décade, les prix s'envolent, et tout ce qui est à vendre ou à louer l'est à prix d'or.

Rien de plus saugrenu donc que cette réponse C. Et pourtant, après l'avoir testé en 2013, on le dit : rien d'impossible là dedans. Il faut juste disposer de quelques jours de liberté. Comment donc faire un festival de Cannes Low-Cost sans badge et avec peu de moyens ?

Déjà, la préparation. Il faut savoir que peu importe qui vous êtes, star ou clochard, les séances du soir ont un dress code. Pour les hommes : costume noir, chemise blanche, souliers noirs, nœud papillon noir. Vous portez du bleu foncé, vous préférez les cravates, vos Doc Martens sont classes, votre chemise est grise : vous ne passez pas, même sur invitation. Pour les femmes c'est robe et chaussures de soirée. Après, que vous portiez du Dior ou du Tati, c'est équivalent : les deux se valent quand il s'agit d'accéder au Grand Palais. Donc premier trajet via Le Bon Coin. Ah ! Un costume à ma taille à 14 euros. Voilà c'est fait.

Le Transport : les trains sont bondés, les avions hors de prix, le stop vous rebute. Comment faire ? Plusieurs solutions, on en retiendra deux. Le covoiturage et pour 60 euros vous descendez et vous remontez soit 120 euros aller/retour. Moins cher ? C'est possible aussi. Ouigo propose un TGV Paris Marseille pour 10 euros, une fois arrivé : covoiturage pour Cannes à 10 euros. Soit l'aller/retour à 40 euros. Plus long mais moins onéreux.

Le logement et la nourriture. 9 mètres carrés pour 400 euros c'est trop cher ? Eh bien à 6 km du festival on trouve deux campings avec toujours quelques places. Vous avez une vieille tente, un sac de couchage alors vous voilà parti. Au tarif de 75 euros par personne pour 8 jours, c'est imbattable. Les bus circulent de 6h à 2h pendant le festival et la carte de bus est à 10 euros la semaine. C'est moins confortable qu'un palace, mais c'est aussi bien moins cher et on ne va pas à Cannes pour dormir ! Le budget nourriture peut être faible si on s'incruste dans des soirées ou si on supporte les sandwichs. Au total on en a eu pour environ 8 euros par jour.

Et le plus important : les films. Là, ça se complique, mais plusieurs solutions s'offrent à vous. Déjà, les invitations sont de deux couleurs. Les meilleures sont censées être les bleues, celles pour les sans badge. Mais les roses fonctionnent aussi. Il suffit de demander à quelqu'un d'accrédité de dire au vigile que vous êtes avec lui, et ça marche. Enfin ça marchait en 2013, on espère que le règlement restera toujours le même .

La première : vous connaissez une personne qui bosse dans le cinéma, ou un ami d'un ami connait quelqu'un qui bosse dans ce milieu ? Il y a 80% de chances qu'il soit là-bas, le monde cannois est tout petit donc vous le croiserez et les accréditations pleuvent bien plus vite qu'on ne l'imagine. Ce fut le cas cette année-là. A peine arrivé devant le palais des festivals, voilà venir deux charmantes attachées de presse de Carlotta : « On a deux places pour le film de demain à 8h, ça vous dit ? ». Et voilà déjà un film.

Deuxième solution : vous ne connaissez absolument personne. Sur place, vous vous retrouverez au milieu de gens avec des affiches : « Une place, SVP. » Une chose à savoir : pour la sélection officielle, les places sont gratuites, impossible d'en acheter et nul n'a le droit de vous en vendre, mais on les donne facilement. Pourquoi ? Imaginez une équipe avec 6 personnes accréditées, ils ont 6 places pour tel film mais ils ne sont que 3 à effectivement aller le voir. Si les 3 places restantes ne sont pas utilisées, leur quota d'invitations diminuera. Ils ont donc tout intérêt à les donner. Toutefois, on déconseillera les affichettes ridicules. Vous pourrez vous promener longtemps sans résultat. La seule méthode efficace consiste à aller voir les gens qui ont des tickets dans les mains et tenter votre chance. Ne vous inquiétez pas, ils ont l'habitude. Pour la sélection officielle, toutes séances sauf celle de 19h, le résultat est surprenant. En 3 minutes, voilà deux places pour Only god forgives, en 5 minutes c'est La Vie d'Adèle ou The Immigrant et 30 minutes Only lovers left alive. Parfois très bien placées, à quelques rangs du jury. Tentez aussi les séances de minuit, les gens boivent déjà et des dizaines de places sont disponibles.

Pour 19h et la fameuse montée des marches, c'est autre chose. La meilleure technique : faire le vautour. Enfilez un costume, allez vers les vigiles et attendez. Vous aurez toujours quelques rebelles pour ne pas croire au pouvoir du dress code. Une fois que les vigiles les auront sortis, vous vous (jetez sur eux) les regardez avec compassion et vous récupérez leur place. Il est trop tard pour trouver un costume adéquat, ils n'auront plus rien à faire de leur ticket, donc ils le donneront si tout va bien ! [NDLR : On a vu des festivaliers si mécontents d'être refoulés qu'ils en ont déchiré leur billet. Mais c'est l'exception qui confirme la règle.]

Pour les autres sélections, c'est plus délicat car les badgés entrent sans invitation donc très peu circulent. Pour La Quinzaine des réalisateurs, vous pourrez acheter des places si le portefeuille vous en dit. La Semaine de la critique est toujours bondée, pas de places à acheter et donc difficile d'y entrer. Reste Un certain regard dans le petit palais. Peu d'invitations mais on parvient à en trouver régulièrement car même si les films sont souvent excellents, ils sont moins médiatisés, plus pointus et peu de gens cherchent. Deux dernières programmations : l'ACID un peu excentrée mais les invitations circulent bien et Cannes Classic avec des tickets jaunes qu'on trouve aussi facilement devant le Palais. Moins le réalisateur est connu, plus le film est ancien, plus la séance est tôt ou tard, et plus les places seront faciles à obtenir.

Au final, en huit jours, on aura obtenu des places pour : Bends de Flora Lau, As I lay dying de James Franco, Sarah préfère la course de Chloé Robichaud, Les Salauds de Claire Denis, La Jaula de oro de Diego Quemada-Diez, Magic magic de Sebastián Silva, My sweet pepper land de Hiner Saleem, Plein soleil de René Clément, Borgman d'Alex van Warmerdam, Only God forgives de Nicolas Winding Refn, Nebraska d'Alexander Payne, The Immigrant de James Gray, La Vie d'Adèle d'Abdellatif Kechiche, Zulu de Jérôme Salle, La Vénus à la fourrure de Roman Polanski, Only lovers left alive de Jim Jarmusch, Blind detective de Johnnie To, la cérémonie de clôture d'Un certain regard, une table ronde professionnelle.

On a aussi obtenu des places pour d'autres films, impossibles à voir car ils chevauchaient certaines séances, preuve que les places sont nombreuses. Seuls trois d'entre eux (Borgman, Plein soleil, Magic magic) ont été vus grâce à des connaissances qui nous ont donnés les billets. Le reste : système D expliqué ci-dessus. Films ratés (car oui tout n'est pas parfait, il faut un temps pour se roder) : Inside Llewyn Davis et Behind the candelabra.

Argent dépensé au total : environ 200 euros pour 8 jours, tout compris.

Et pour les chasseurs de tête, quelques personnalités (un tout petit peu connues) passées devant nous (et pas au loin dans une foule) sans même qu'on le cherche : Steven Spielberg, Nicole Kidman, Ang Lee, Christoph Waltz, Tony Leung, Sean Connery, Agnès Varda, Thomas Vinterberg, Alexander Payne, Max Von Sydow, James Franco, Catherine Deneuve, Chiara Mastroianni, Vincent Lindon, Jane Campion, Kylie Minogue, Leos Carax, Claire Denis, Michael Cera, Mads Mikkelsen, Golshifteh Farahani (deux fois), Alain Delon, Forest Whitaker, et last but not least, le meilleur pour la fin : Bernard Menez (trois fois).

Nicolas Thys de Critique-Film

Cannes 2017: l’ACID dévoile son affiche et une nouvelle « sélection »

Posté par vincy, le 3 avril 2017

Double cadeau de la part de l'ACID (Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion): d'abord le dévoilement de son affiche pour son édition 2017, signée Sébastien Laudenbach, réalisateur du long métrage d’animation La jeune fille sans mains (nommé aux César, et présenté l'an dernier à l'ACID au festival de Cannes). Ensuite une extension de sa programmation cannoise, "offerte à une association étrangère de cinéastes indépendants impliquée dans les problématiques de diffusion des œuvres et de formation des publics" comme l'indique le communiqué.

L’association de cinéastes serbes Bande à part inaugurera donc ACID TRIP les 19, 20 et 21 mai avec une carte blanche de trois séances (un programme de courts, un long métrage de fiction et un long métrage documentaire).

"En ces temps où les horizons politiques dessinent partout le retour des frontières et des refrains nationalistes, le cinéma a plus que jamais son rôle à tenir : celui de décloisonner les regards, de franchir les lignes, pour cultiver ce que Serge Daney décrivait comme « un sentiment d’appartenance à l’humanité à travers un pays supplémentaire ». Ce sentiment d’appartenance se déploie depuis longtemps dans les films et avec les films. Mais pas seulement. Il s’affine aussi dans la chaîne de solidarité internationale inventée entre ceux qui font les films" précise l'ACID.

Depuis 2015, l’ACID a initié une collaboration avec le Festival du Film d’Auteurs de Belgrade, "dont la programmation est faite depuis 2010 par un groupe de jeunes cinéastes, des auteurs qui ont grandi avec ce festival né en 1984 pendant la guerre en ex-Yougoslavie". De nombreux films ACID ont été programmés et achetés en Serbie et en novembre 2016 les premiers Rendez-vous franco-serbes autour de la production et de la diffusion de films indépendants ont été lancés.

ACID TRIP se fera en partenariat avec ce festival serbe mais aussi l’Institut Français de Serbie, l’Institut Français, le Centre du Cinéma Serbe, le CNC et Cannes Cinéma.

La 25e programmation cannoise de L’ACID sera dévoilée le 25 avril. La sélection la plus "off" du Festival de Cannes se déroulera du 18 au 27 mai.

Brie Larson, candidate présidentielle

Posté par vincy, le 3 avril 2017

Brie Larson va incarner une candidate à l'élection présidentielle des Etats-Unis. On avait déjà eu une vice-présidente (Glenn Close dans Air Force One), une Présidente d'un monde parallèle (Carmen Ejogo dans Les animaux fantastiques), une Présidente face à des aliens (Sela Ward dans Independence Day: Resurgence) et pas mal de présidentes dans des récentes séries (Veep, Homeland, Commander in Chief, Scandal...).

Mais, refroidi par l'élection de Donald Trump face à la favorite Hillary Clinton, Hollywood a décidé de rafraîchir les mémoires avec un biopic sur la première femme qui a brigué la Maison Blanche dans l'histoire américaine, Victoria Woodhull (1838-1927). Féministe, première agent de change de sexe féminin, militante de l'amour libre, réclamant le droit de vote des femmes et passionnée d'automobiles, elle s'était présentée à l'élection présidentielle de 1872 sous la bannière du Parti de l'égalité des droits.

Malheureusement, elle n'avait que 34 ans et l'âge légal pour pouvoir se présenter était alors de 35 ans. Les bulletins de votes manuscrits en sa faveur n'ont pas été comptés et son parti n'avait pas pu fournir de bulletins à son nom. Elle fut, en plus, empêchée de faire campagne. Victoria Woodhull a été arrêtée en novembre 1872 pour propos obscènes dans sa revue (où elle faisait le plaidoyer de l'infidélité).

[Finalement ce fut le républicain (et héros de la guerre de Sécession- Ulysses S. Grant qui fut largement réélu, même si ce second mandat fut un calvaire politique.]

Brie Larson interprétera Victoria Woodhull, et produira ce films déjà acquis par Amazon Studios. Le scénario a été rédigé par Ben Kopit.

L'actrice oscarisée en 2016 et actuellement à l'affiche de Kong: Skull Island, sera à l'affiche prochainement de The Glass Castle (de Destin Cretton), Unicorn Store (qu'elle réalise), Basmati Blues (de Dan Baron). Ayant obtenu le rôle de Carol Danvers, elle sera aussi au générique de Avengers: Infinity War et tête d'affiche de Captain Marvel.